Si ce n'était pas pour le film de Cronenberg, je n'aurais jamais regardé plus d'une fois cette version comics. Bien que A History of Violence propose une intrigue intéressante, la version dessinée peine à me convaincre. Le principal point faible réside dans les dessins de Vince Locke, je crois. Son style, très brut et minimaliste, manque de finesse et d'expressivité. Les personnages présentent des visages rigides et des émotions peu nuancées.
De plus, les décors sont parfois simplifiés à l'excès et donnent une impression d'inachèvement. Les séquences d'action, essentielles au récit, souffrent également d'un manque de dynamisme et de fluidité, rendant certaines scènes confuses.
Même si le côté graphique peut correspondre à l'atmosphère sombre et violente de l'œuvre originale, les dessins de Locke constituent, pour moi, le principal point faible de cette version et limitent son potentiel, malgré l’interêt du scénario.
Ouf, c'était laborieux comme lecture ! J'ai accéléré pour la finir le plus vite possible, assez lassé du ton résolument enfantin, bien trop enfantin, de l'histoire linéaire dont les enjeux et le message étaient franchement trop martelés, le tout dans une trame franchement pas folle.
C'est clairement un récit à destination de la jeunesse, plein de jolis messages, dans un monde peu crédible (même pour des comics) avec des enfants de 13 ans aux super-pouvoirs qui apprennent à se découvrir l'un l'autre. C'est cousu de fil blanc mais surtout, et ça je déteste, c'est souligné en permanence. L'exemple que j'ai, c'est la scène d'action au début où chaque action est commentée par les protagonistes à bases de "je dois aller voir", "elle détruit mes drones", etc ... C'est clairement une redondance de ce qu'on voit, ça me donne l'impression que les auteurs n'ont pas confiance dans ma capacité à comprendre ... Bref, ça m'agace, prodigieusement.
Le dessin n'est franchement pas fou non plus. C'est presque stéréotypé dans le style comics pour enfant. Et c'est d'autant plus désagréable que l'action passe à toute vitesse sur des points parfois importants, rendant certaines scènes parfois confuses et accélérant bien trop lorsque c'est nécessaire de plus détailler. Il y a eu plusieurs passages où j'ai du relire pour comprendre le détail de l'action tant ça passait vite. Bref, pas assez marqué comme dessin, trop superficiel dans le découpage, pas intéressant dans l'histoire ... Une BD de plus pour remplir les bacs jeunesse, sans saveur et sans âme à mon gout.
Ce recueil d’histoires de Nicky se présente comme plus soft que Royal Gentlemen Club et plus varié en termes de références et d’influences. Du manga à la ligne claire européenne, en passant par les comics américains des années 50, les images ne sont pas dépourvues de qualités sur le plan esthétique. Dans un noir et blanc d'un bel effet, les tenues fétichistes, découpées de manière à mettre en valeur les attributs généreux des jeunes femmes, ne sont pas désagréables à regarder.
Mais tout devient très répétitif et prévisible. Le trait d’unité des histoires reste le BDSM humoristique. Dans le programme, on trouve un Far-West lesbien, une pensionnat de jeunes filles, du ligotage, des fessés, de la discipline et de la soumission ou encore quelques gifles et coups de verge: même si simulée ou consentie, je ne trouve pas la violence attirante, et touts ces fantasmes ne font pas mon genre. Rapidement lu et vite oublié.
On est une fois de plus dans une BD d'humour à thème typique de chez Bamboo. On y suit une équipe de policiers scientifiques incompétents qui tentent de résoudre des enquêtes criminelles à travers une succession de gags parodiant les séries télévisées consacrées à la police scientifique.
Le dessin est plutôt réussi, dynamique et agréable à regarder, et les quelques personnages récurrents, malgré leur stupidité assumée, fonctionnent plutôt bien ensemble. J'ai apprécié leurs interactions, leurs dialogues et leurs raisonnements absurdes qui donnent souvent envie de sourire au fil de la lecture. Donc l'ambiance visuelle est sympa, les échanges sont amusants... mais dès qu'on arrive à la chute des gags, ça devient nul. À une ou deux rares exceptions près, je n'ai quasiment jamais ri. Certaines chutes m'ont même paru franchement affligeantes, comme si les auteurs ne savaient plus comment produire leur gag autrement que par une absurdité gratuite.
Par conséquent, j'ai davantage apprécié les quelques histoires qui s'étalent sur plusieurs pages plutôt que sur une seule car elles ont le temps d'installer une situation, de développer les personnages et de multiplier les échanges humoristiques. Mais, là encore, leur chute vient gâcher tout ce qui fonctionnait jusque-là.
Donc malgré un dessin et des personnages plutôt sympas, l'humour est beaucoup trop souvent consternant pour me faire rire.
Encore jeune, j'ai lu le livre de Fenimore Cooper et plus tard j'ai vu le film de Michael Mann, avec des acteurs que j'adore. Depuis, je cherche une version BD qui rende justice à ma représentation mentale des personnages, de l'action et de l'intrigue. Je continue ma quête…
L'adaptation du Dernier des Mohicans par Marc Bourque et Marcel Uderzo (frère D’Albert) peine à restituer la richesse du roman. Si le dessin parait agréable, le récit souffre d'un excès de simplification. En cherchant à condenser une intrigue complexe dans en bande dessinée, l'adaptation sacrifie plusieurs scènes importantes et tombe dans la superficialité.
Les dessins de M. Uderzo peinent aussi à convaincre totalement. Le style manque de personnalité et semble souvent figé, ce qui réduit l'intensité dramatique de l'histoire. Les expressions des personnages paraissent répétitives et peu naturelles, rendant difficile l'attachement. De plus, certaines scènes d'action souffrent d'un manque de dynamisme, avec une mise en page qui ne parvient pas toujours à transmettre le rythme ou la tension, bien que le travail soit techniquement correct.
Mais ce que je n'arrive vraiment pas à surmonter et à pardonner, c'est le personnage de « Yeux-d'aigle » ou « Longue-Carabine »: il a toujours la même expression ou attitude, quoi qu'il arrive tout au long de l'histoire ! Sir Daniel Day-Lewis, tu me manques!
La guerre entre Anglais et Français en Amérique du Nord au XVIIIe siècle, la « guerre de Sept Ans », a fait des victimes, surtout parmi les Amérindiens : Hurons, Iroquois et pas seulement. La mort d'Uncas m'a toujours beaucoup attristé, mais cela finit par avoir du sens par rapport à toute cette tragédie, tant individuelle que collective et surtout historique.
L’auteur de l’œuvre originale avait sa position bien définie dès le départ et cette BD s’y conforme sans rien remettre en question, malgré le dossier final. Là, au moins, une certaine remise en question critique devrait être présente.
J'aime le film, les BD m'ont été offertes. Ma sœur aînée ne voulait pas les avoir à la maison parce que mes nièces avaient très peur de l'histoire et des images ! Les parents se transformant en cochons !
Je pense que je vais, pour ma part, les offrir à la bibliothèque municipale.
J'en suis un peu triste, mais c'est vraiment redondant : il vaut mieux conserver le film de Miyazaki. Les BD sont une reproduction presque automatique du film et prennent plus de place.
Je me sens un peu comme le grincheux de service en n'ayant pas vraiment apprécié cette BD car je vois bien pourquoi elle a plu à beaucoup de lecteurs et je ne peux pas dire qu'elle soit mal réalisée. Elle repose sur une idée de départ inspirée d'un fait réel (des ballots de cocaïne régulièrement retrouvés en mer ou échoués sur les côtes après avoir été abandonnés par des trafiquants), et il est facile d'imaginer que des marins pêcheurs puissent un jour tomber sur une telle "pêche miraculeuse" : des gens ordinaires confrontés à une tentation extraordinaire mais risquée.
Graphiquement, c'est un travail solide. Le dessin est agréable, les personnages sont bien caractérisés, les décors sont soignés, avec une mention particulière pour les scènes à bord du chalutier qui installent une ambiance très convaincante. L'ensemble est lisible et bien raconté.
Là où je décroche, c'est sur le scénario. Dès le départ, j'ai trouvé évident que récupérer cette drogue dans l'espoir d'en tirer un bénéfice était une idée catastrophique. Les personnages évoquent d'ailleurs eux-mêmes les risques, mais les écartent trop facilement en décidant malgré tout de débarquer avec les ballots. À partir de là, toutes les craintes se réalisent... et même bien au-delà. J'ai eu l'impression d'assister à une véritable loi de Murphy où absolument tout ce qui peut mal tourner finit par arriver. Les catastrophes s'enchaînent à un rythme tel que cela finit presque par devenir burlesque, d'autant que les deux principaux antagonistes ont un côté presque débile par moments.
C'est précisément ce mélange qui ne m'a pas convaincu. J'ai constamment eu l'impression que le récit voulait rester un polar sérieux, presque une fable morale sur les ravages de l'appât du gain et de la drogue, tout en flirtant sans cesse avec le ridicule ou au minimum une forme de comédie noire. Le résultat me laisse le cul entre deux chaises : je n'ai jamais ri, mais je n'ai pas non plus réussi à prendre totalement au sérieux cette accumulation de malheurs qui finit par perdre en crédibilité à force de surenchère.
Je comprends tout à fait ce que l'auteur a voulu raconter, et la BD est sincère, bien construite et correctement réalisée. Simplement, je ne suis jamais parvenu à me laisser emporter par cette descente aux enfers, qui m'a davantage fait lever les yeux au ciel que retenir mon souffle.
Cette série est une BD d'humour à thème, du genre qu'on aurait très bien imaginé paraître chez Bamboo. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard puisque le scénario est signé Cazenove. Le principe consiste à enchaîner les gags autour de la vie quotidienne à bord d'un porte-avions, en l'occurrence un bâtiment qui évoque très clairement le Charles de Gaulle.
Il y a visiblement un travail de documentation réalisé en amont. Beaucoup de termes propres à l'aéronavale ou à la vie sur un porte-avions m'étaient totalement inconnus, et on sent que de vrais pilotes et membres d'équipage ont aidé à la réalisation de l'album afin de rendre crédibles les situations et le vocabulaire employé. De ce point de vue, la BD remplit plutôt bien son rôle et permet d'apprendre quelques petites choses au passage.
En revanche, l'ensemble m'a donné une étrange impression de "bon amateurisme". C'est difficile à expliquer, car Jytéry avait déjà une certaine expérience professionnelle au moment de réaliser cette série. Son trait est maîtrisé, les avions sont détaillés avec soin et les personnages ne dépareraient pas dans une série d'humour franco-belge à gros nez. Pourtant, quelque chose ne fonctionne pas à mes yeux. Les protagonistes sont souvent très caricaturaux, parfois même assez laids (à l'exception du second-maître Périne qui apporte le petit atout charme de la série), alors que les avions et certains décors recherchent un réalisme plus poussé. À cela s'ajoute une colorisation informatique qui manque de naturel, coincée entre les couleurs franches d'une BD humoristique classique et une approche plus réaliste sans jamais trouver le bon équilibre. Rien de tout cela n'est objectivement rédhibitoire, mais je n'accroche vraiment pas au rendu d'ensemble.
Ce ne serait finalement qu'un détail si les gags étaient réussis. Or c'est là que la série me déçoit le plus. J'ai trouvé l'humour très poussif, souvent convenu, parfois même un peu beauf. Les chutes tombent presque systématiquement à plat et je n'ai pas décroché le moindre sourire durant toute ma lecture.
Il ne me reste donc que la petite curiosité d'avoir découvert quelques aspects de la vie quotidienne à bord d'un porte-avions et du fonctionnement de l'aéronavale française. C'est un sujet original et plutôt bien documenté, mais il est desservi par un humour qui, pour moi, manque totalement sa cible.
Cet album recueille l'adaptation de cinq courtes nouvelles de Lovecraft, pas parmi ses plus connues, même si la plupart ont déjà été adaptées ailleurs.
Je n'ai pas du tout aimé le graphisme de Hernan Rodriguez. J'ai eu l'impression de lire des planches dessinées par un adolescent, tant au niveau du trait que des couleurs, mais aussi et surtout de la mise en scène. Je trouve l'ensemble immature, presque pompier. Moi qui ne suis pourtant pas un grand amateur des adaptations de Gou Tanabe, je ne peux que constater à quel point son style est nettement supérieur à celui proposé ici. En comparant leurs adaptations de L'Etranger, de La Cité sans nom et du Temple, je réalise à quel point les images de Tanabe sont plus évocatrices, plus élégantes et plus inspirées. Celles de Rodriguez me paraissent au contraire très convenues, presque naïves, avec un dessin qui me fait vraiment penser à celui d'un grand ado. Quant à la colorisation, je la trouve très moche.
Cette mise en scène, que je trouve dépourvue de finesse, m'empêche également de ressentir ce que ces nouvelles transmettent dans leur version littéraire. Dans L'Etranger, le fait de montrer autant le héros dès les premières pages affaiblit la révélation finale, et la représentation de la chose à la fin ne m'a pas convaincu du tout. Dans La Musique d'Erich Zann, le dessin rend difficile à comprendre ce qui se trouve derrière le rideau de la fenêtre, et j'ai eu beaucoup de mal à saisir ce qui se passe dans les dernières pages. Nyarlathotep m'a semblé bien plus plat que la nouvelle originale, sans retrouver son caractère universel et inquiétant. La Cité sans nom évoque ici davantage un récit de science-fiction fantastique hollywoodien qu'un véritable récit lovecraftien, où l'indicible et l'effroi devraient dominer. Enfin, Le Temple est, à mes yeux, tellement mal raconté que toute l'intrigue, ainsi que le suspense angoissant qui fait la force de la nouvelle, tombent complètement à plat.
Bref, hormis la couverture qui avait attiré mon attention, j'ai trouvé ce recueil d'adaptations assez médiocre.
PAco a terminé son avis en précisant que ce n'est pas pour tout le monde qui va apprécier ce premier tome et il a raison parce que je suis complétement passé à côté de ce récit.
C'est dommage parce que cette histoire qui mélange le fantastique et la science-fiction possède des qualités. La mise en scène est très bien travaillée et on voit toute l'énergie que l'auteur a mis pour créer une œuvre originale. L'univers qu'il a imaginé est bien intéressant. Le problème est que je n'ai pas trop compris ce que j'étais en train de lire. J'ai rien contre les scénarios qui nous larguent un peu au début et petit à petit on finit par comprendre, mais ici je trouve que cela prend trop de temps. Lorsqu'on commence enfin à comprendre, c'était trop tard pour moi j'étais complétement en dehors du récit et j'en avais plus grand chose à foutre. Les discussions entre les personnages m'ont grandement ennuyé.
Cela reste tout de même un album intéressant et original dont je conseille la lecture, mais attention il faut faire un emprunt. Je pense que c'est typique le genre d'album qui divise entre ceux qui entrent dans le récit et ceux pour qui tout va rester hermétique.
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A History of Violence
Si ce n'était pas pour le film de Cronenberg, je n'aurais jamais regardé plus d'une fois cette version comics. Bien que A History of Violence propose une intrigue intéressante, la version dessinée peine à me convaincre. Le principal point faible réside dans les dessins de Vince Locke, je crois. Son style, très brut et minimaliste, manque de finesse et d'expressivité. Les personnages présentent des visages rigides et des émotions peu nuancées. De plus, les décors sont parfois simplifiés à l'excès et donnent une impression d'inachèvement. Les séquences d'action, essentielles au récit, souffrent également d'un manque de dynamisme et de fluidité, rendant certaines scènes confuses. Même si le côté graphique peut correspondre à l'atmosphère sombre et violente de l'œuvre originale, les dessins de Locke constituent, pour moi, le principal point faible de cette version et limitent son potentiel, malgré l’interêt du scénario.
Antihéros
Ouf, c'était laborieux comme lecture ! J'ai accéléré pour la finir le plus vite possible, assez lassé du ton résolument enfantin, bien trop enfantin, de l'histoire linéaire dont les enjeux et le message étaient franchement trop martelés, le tout dans une trame franchement pas folle. C'est clairement un récit à destination de la jeunesse, plein de jolis messages, dans un monde peu crédible (même pour des comics) avec des enfants de 13 ans aux super-pouvoirs qui apprennent à se découvrir l'un l'autre. C'est cousu de fil blanc mais surtout, et ça je déteste, c'est souligné en permanence. L'exemple que j'ai, c'est la scène d'action au début où chaque action est commentée par les protagonistes à bases de "je dois aller voir", "elle détruit mes drones", etc ... C'est clairement une redondance de ce qu'on voit, ça me donne l'impression que les auteurs n'ont pas confiance dans ma capacité à comprendre ... Bref, ça m'agace, prodigieusement. Le dessin n'est franchement pas fou non plus. C'est presque stéréotypé dans le style comics pour enfant. Et c'est d'autant plus désagréable que l'action passe à toute vitesse sur des points parfois importants, rendant certaines scènes parfois confuses et accélérant bien trop lorsque c'est nécessaire de plus détailler. Il y a eu plusieurs passages où j'ai du relire pour comprendre le détail de l'action tant ça passait vite. Bref, pas assez marqué comme dessin, trop superficiel dans le découpage, pas intéressant dans l'histoire ... Une BD de plus pour remplir les bacs jeunesse, sans saveur et sans âme à mon gout.
New Rodeo Girls - Rose Garden School
Ce recueil d’histoires de Nicky se présente comme plus soft que Royal Gentlemen Club et plus varié en termes de références et d’influences. Du manga à la ligne claire européenne, en passant par les comics américains des années 50, les images ne sont pas dépourvues de qualités sur le plan esthétique. Dans un noir et blanc d'un bel effet, les tenues fétichistes, découpées de manière à mettre en valeur les attributs généreux des jeunes femmes, ne sont pas désagréables à regarder. Mais tout devient très répétitif et prévisible. Le trait d’unité des histoires reste le BDSM humoristique. Dans le programme, on trouve un Far-West lesbien, une pensionnat de jeunes filles, du ligotage, des fessés, de la discipline et de la soumission ou encore quelques gifles et coups de verge: même si simulée ou consentie, je ne trouve pas la violence attirante, et touts ces fantasmes ne font pas mon genre. Rapidement lu et vite oublié.
Les Scientiflics
On est une fois de plus dans une BD d'humour à thème typique de chez Bamboo. On y suit une équipe de policiers scientifiques incompétents qui tentent de résoudre des enquêtes criminelles à travers une succession de gags parodiant les séries télévisées consacrées à la police scientifique. Le dessin est plutôt réussi, dynamique et agréable à regarder, et les quelques personnages récurrents, malgré leur stupidité assumée, fonctionnent plutôt bien ensemble. J'ai apprécié leurs interactions, leurs dialogues et leurs raisonnements absurdes qui donnent souvent envie de sourire au fil de la lecture. Donc l'ambiance visuelle est sympa, les échanges sont amusants... mais dès qu'on arrive à la chute des gags, ça devient nul. À une ou deux rares exceptions près, je n'ai quasiment jamais ri. Certaines chutes m'ont même paru franchement affligeantes, comme si les auteurs ne savaient plus comment produire leur gag autrement que par une absurdité gratuite. Par conséquent, j'ai davantage apprécié les quelques histoires qui s'étalent sur plusieurs pages plutôt que sur une seule car elles ont le temps d'installer une situation, de développer les personnages et de multiplier les échanges humoristiques. Mais, là encore, leur chute vient gâcher tout ce qui fonctionnait jusque-là. Donc malgré un dessin et des personnages plutôt sympas, l'humour est beaucoup trop souvent consternant pour me faire rire.
Le Dernier des Mohicans (Glénat)
Encore jeune, j'ai lu le livre de Fenimore Cooper et plus tard j'ai vu le film de Michael Mann, avec des acteurs que j'adore. Depuis, je cherche une version BD qui rende justice à ma représentation mentale des personnages, de l'action et de l'intrigue. Je continue ma quête… L'adaptation du Dernier des Mohicans par Marc Bourque et Marcel Uderzo (frère D’Albert) peine à restituer la richesse du roman. Si le dessin parait agréable, le récit souffre d'un excès de simplification. En cherchant à condenser une intrigue complexe dans en bande dessinée, l'adaptation sacrifie plusieurs scènes importantes et tombe dans la superficialité. Les dessins de M. Uderzo peinent aussi à convaincre totalement. Le style manque de personnalité et semble souvent figé, ce qui réduit l'intensité dramatique de l'histoire. Les expressions des personnages paraissent répétitives et peu naturelles, rendant difficile l'attachement. De plus, certaines scènes d'action souffrent d'un manque de dynamisme, avec une mise en page qui ne parvient pas toujours à transmettre le rythme ou la tension, bien que le travail soit techniquement correct. Mais ce que je n'arrive vraiment pas à surmonter et à pardonner, c'est le personnage de « Yeux-d'aigle » ou « Longue-Carabine »: il a toujours la même expression ou attitude, quoi qu'il arrive tout au long de l'histoire ! Sir Daniel Day-Lewis, tu me manques! La guerre entre Anglais et Français en Amérique du Nord au XVIIIe siècle, la « guerre de Sept Ans », a fait des victimes, surtout parmi les Amérindiens : Hurons, Iroquois et pas seulement. La mort d'Uncas m'a toujours beaucoup attristé, mais cela finit par avoir du sens par rapport à toute cette tragédie, tant individuelle que collective et surtout historique. L’auteur de l’œuvre originale avait sa position bien définie dès le départ et cette BD s’y conforme sans rien remettre en question, malgré le dossier final. Là, au moins, une certaine remise en question critique devrait être présente.
Le Voyage de Chihiro
J'aime le film, les BD m'ont été offertes. Ma sœur aînée ne voulait pas les avoir à la maison parce que mes nièces avaient très peur de l'histoire et des images ! Les parents se transformant en cochons ! Je pense que je vais, pour ma part, les offrir à la bibliothèque municipale. J'en suis un peu triste, mais c'est vraiment redondant : il vaut mieux conserver le film de Miyazaki. Les BD sont une reproduction presque automatique du film et prennent plus de place.
Marée Blanche
Je me sens un peu comme le grincheux de service en n'ayant pas vraiment apprécié cette BD car je vois bien pourquoi elle a plu à beaucoup de lecteurs et je ne peux pas dire qu'elle soit mal réalisée. Elle repose sur une idée de départ inspirée d'un fait réel (des ballots de cocaïne régulièrement retrouvés en mer ou échoués sur les côtes après avoir été abandonnés par des trafiquants), et il est facile d'imaginer que des marins pêcheurs puissent un jour tomber sur une telle "pêche miraculeuse" : des gens ordinaires confrontés à une tentation extraordinaire mais risquée. Graphiquement, c'est un travail solide. Le dessin est agréable, les personnages sont bien caractérisés, les décors sont soignés, avec une mention particulière pour les scènes à bord du chalutier qui installent une ambiance très convaincante. L'ensemble est lisible et bien raconté. Là où je décroche, c'est sur le scénario. Dès le départ, j'ai trouvé évident que récupérer cette drogue dans l'espoir d'en tirer un bénéfice était une idée catastrophique. Les personnages évoquent d'ailleurs eux-mêmes les risques, mais les écartent trop facilement en décidant malgré tout de débarquer avec les ballots. À partir de là, toutes les craintes se réalisent... et même bien au-delà. J'ai eu l'impression d'assister à une véritable loi de Murphy où absolument tout ce qui peut mal tourner finit par arriver. Les catastrophes s'enchaînent à un rythme tel que cela finit presque par devenir burlesque, d'autant que les deux principaux antagonistes ont un côté presque débile par moments. C'est précisément ce mélange qui ne m'a pas convaincu. J'ai constamment eu l'impression que le récit voulait rester un polar sérieux, presque une fable morale sur les ravages de l'appât du gain et de la drogue, tout en flirtant sans cesse avec le ridicule ou au minimum une forme de comédie noire. Le résultat me laisse le cul entre deux chaises : je n'ai jamais ri, mais je n'ai pas non plus réussi à prendre totalement au sérieux cette accumulation de malheurs qui finit par perdre en crédibilité à force de surenchère. Je comprends tout à fait ce que l'auteur a voulu raconter, et la BD est sincère, bien construite et correctement réalisée. Simplement, je ne suis jamais parvenu à me laisser emporter par cette descente aux enfers, qui m'a davantage fait lever les yeux au ciel que retenir mon souffle.
Les Héros Navals
Cette série est une BD d'humour à thème, du genre qu'on aurait très bien imaginé paraître chez Bamboo. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard puisque le scénario est signé Cazenove. Le principe consiste à enchaîner les gags autour de la vie quotidienne à bord d'un porte-avions, en l'occurrence un bâtiment qui évoque très clairement le Charles de Gaulle. Il y a visiblement un travail de documentation réalisé en amont. Beaucoup de termes propres à l'aéronavale ou à la vie sur un porte-avions m'étaient totalement inconnus, et on sent que de vrais pilotes et membres d'équipage ont aidé à la réalisation de l'album afin de rendre crédibles les situations et le vocabulaire employé. De ce point de vue, la BD remplit plutôt bien son rôle et permet d'apprendre quelques petites choses au passage. En revanche, l'ensemble m'a donné une étrange impression de "bon amateurisme". C'est difficile à expliquer, car Jytéry avait déjà une certaine expérience professionnelle au moment de réaliser cette série. Son trait est maîtrisé, les avions sont détaillés avec soin et les personnages ne dépareraient pas dans une série d'humour franco-belge à gros nez. Pourtant, quelque chose ne fonctionne pas à mes yeux. Les protagonistes sont souvent très caricaturaux, parfois même assez laids (à l'exception du second-maître Périne qui apporte le petit atout charme de la série), alors que les avions et certains décors recherchent un réalisme plus poussé. À cela s'ajoute une colorisation informatique qui manque de naturel, coincée entre les couleurs franches d'une BD humoristique classique et une approche plus réaliste sans jamais trouver le bon équilibre. Rien de tout cela n'est objectivement rédhibitoire, mais je n'accroche vraiment pas au rendu d'ensemble. Ce ne serait finalement qu'un détail si les gags étaient réussis. Or c'est là que la série me déçoit le plus. J'ai trouvé l'humour très poussif, souvent convenu, parfois même un peu beauf. Les chutes tombent presque systématiquement à plat et je n'ai pas décroché le moindre sourire durant toute ma lecture. Il ne me reste donc que la petite curiosité d'avoir découvert quelques aspects de la vie quotidienne à bord d'un porte-avions et du fonctionnement de l'aéronavale française. C'est un sujet original et plutôt bien documenté, mais il est desservi par un humour qui, pour moi, manque totalement sa cible.
Le Temple
Cet album recueille l'adaptation de cinq courtes nouvelles de Lovecraft, pas parmi ses plus connues, même si la plupart ont déjà été adaptées ailleurs. Je n'ai pas du tout aimé le graphisme de Hernan Rodriguez. J'ai eu l'impression de lire des planches dessinées par un adolescent, tant au niveau du trait que des couleurs, mais aussi et surtout de la mise en scène. Je trouve l'ensemble immature, presque pompier. Moi qui ne suis pourtant pas un grand amateur des adaptations de Gou Tanabe, je ne peux que constater à quel point son style est nettement supérieur à celui proposé ici. En comparant leurs adaptations de L'Etranger, de La Cité sans nom et du Temple, je réalise à quel point les images de Tanabe sont plus évocatrices, plus élégantes et plus inspirées. Celles de Rodriguez me paraissent au contraire très convenues, presque naïves, avec un dessin qui me fait vraiment penser à celui d'un grand ado. Quant à la colorisation, je la trouve très moche. Cette mise en scène, que je trouve dépourvue de finesse, m'empêche également de ressentir ce que ces nouvelles transmettent dans leur version littéraire. Dans L'Etranger, le fait de montrer autant le héros dès les premières pages affaiblit la révélation finale, et la représentation de la chose à la fin ne m'a pas convaincu du tout. Dans La Musique d'Erich Zann, le dessin rend difficile à comprendre ce qui se trouve derrière le rideau de la fenêtre, et j'ai eu beaucoup de mal à saisir ce qui se passe dans les dernières pages. Nyarlathotep m'a semblé bien plus plat que la nouvelle originale, sans retrouver son caractère universel et inquiétant. La Cité sans nom évoque ici davantage un récit de science-fiction fantastique hollywoodien qu'un véritable récit lovecraftien, où l'indicible et l'effroi devraient dominer. Enfin, Le Temple est, à mes yeux, tellement mal raconté que toute l'intrigue, ainsi que le suspense angoissant qui fait la force de la nouvelle, tombent complètement à plat. Bref, hormis la couverture qui avait attiré mon attention, j'ai trouvé ce recueil d'adaptations assez médiocre.
Tongues
PAco a terminé son avis en précisant que ce n'est pas pour tout le monde qui va apprécier ce premier tome et il a raison parce que je suis complétement passé à côté de ce récit. C'est dommage parce que cette histoire qui mélange le fantastique et la science-fiction possède des qualités. La mise en scène est très bien travaillée et on voit toute l'énergie que l'auteur a mis pour créer une œuvre originale. L'univers qu'il a imaginé est bien intéressant. Le problème est que je n'ai pas trop compris ce que j'étais en train de lire. J'ai rien contre les scénarios qui nous larguent un peu au début et petit à petit on finit par comprendre, mais ici je trouve que cela prend trop de temps. Lorsqu'on commence enfin à comprendre, c'était trop tard pour moi j'étais complétement en dehors du récit et j'en avais plus grand chose à foutre. Les discussions entre les personnages m'ont grandement ennuyé. Cela reste tout de même un album intéressant et original dont je conseille la lecture, mais attention il faut faire un emprunt. Je pense que c'est typique le genre d'album qui divise entre ceux qui entrent dans le récit et ceux pour qui tout va rester hermétique.