Delitte en est de plus en plus réduit à racler les fonds de tiroirs pour trouver de nouvelles « grandes batailles ». Si ça peut permettre de faire connaitre des batailles peu ou pas connues, la raison qu’elles soient si peu connues s’explique aussi par le fait qu’elles n’ont pas eu un déroulé ou une importance intéressante.
Et avec cet album, je n’y ai pas trouvé mon compte.
Comme de plus en plus souvent dans cette collection, la bataille elle-même est réduite à la portion congrue (2/3 pages vite expédiées), le gros de l’album servant d’exposition. D’ailleurs, singulièrement, le titre donné à l’album, « Opium war » dilue et/ou déclasse d’office la bataille elle-même, celle de « Fatshan Creek » - par ailleurs bataille fluviale presque autant que terrestre. Il s’agit donc plus de traiter d’une « guerre », plus que d’une bataille.
Et cette longue exposition n’est ici pas très intéressante, on ne s’attache à aucun protagoniste, ni au récit, assez convenu et peu dynamique.
Le dossier final est lui aussi l’œuvre de Delitte. Il est intéressant, même si peu développé. Mais surtout, comme je l’avais remarqué déjà pour plusieurs albums de cette collection, mais ici le procédé est encore plus utilisé, plusieurs pages de texte de la partie Bd (ces textes explicatifs hors phylactères) reprennent mots pour mots le texte du dossier. Cela accentue l’aspect dispensable du récit Bd, et donne une connotation de flemme au travail Bd de Delitte.
Dessin et colorisation sont lisible, mais manquent de détails – que ce soit pour les décors, les navires, ou pour les visages des personnages. Ils font le boulot, mais ça n’est pas ma tasse de thé.
Je connaissais Lucas Nine par ses albums généralement publiés chez Les Rêveurs, avec un dessin original, clivant, mais que j’avais très bien apprivoisé. Et des récits influencés par le surréalisme.
Ici j’ai moins accroché à son travail graphique. Il utilise visiblement pas mal de photos retouchées, sur lesquelles il ajoute sa touche, plus proche de la peinture que du dessin le plus souvent. Mais malheureusement ça n’est pas toujours très clair.
En tout cas ça colle plutôt bien à l’ambiance des récits qu’il illustre. Ce sont des adaptations de quatre nouvelles de Mariana Enriquez (je ne la connaissais pas du tout), qui ont toutes pour point commun de se développer dans une ambiance noire, glauque, avec souvent des enfants victimes (parfois en plus bourreau dans celle racontant les méfaits d’un très jeune tueur en série sadique).
Le problème, c’est que chaque histoire n’a que très peu de place pour se développer, et qu’il manque le plus souvent quelque chose pour la rendre plus captivante. Elles m’ont laissé de côté – celle du tueur en série, à l’origine d’un circuit touristique morbide ressemble presque à un documentaire malsain.
C’est un album qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Au lieu de rejoindre son bureau, un homme erre dans les rues de Nice, traverse différents quartiers, multiplie les rencontres fugaces et se laisse porter par ses pensées dans une longue déambulation contemplative où l'important semble moins être ce qui arrive que la manière dont il perçoit le monde.
C'est encore un album de Baudoin qui me tombe entre les mains par hasard, et c'est encore un échec dans ma tentative d'apprécier cet auteur. Ou plutôt cet artiste, car je comprends parfaitement que son oeuvre puisse susciter une véritable admiration. En revanche, je reste toujours aussi perplexe devant l'enthousiasme presque mystique qu'il provoque chez certains lecteurs tant son univers continue de me laisser à distance.
Pourtant, ce n'est sans doute pas le Baudoin qui m'a le plus rebuté graphiquement. Au contraire même. Son trait à l'encre noire est ici assez doux, maîtrisé et lisible. Surtout, il évite ces grands ombrages charbonneux qui me rebutent souvent dans ses autres albums. J'ai également apprécié ses trouvailles visuelles pour représenter l'esprit de Mathieu littéralement ouvert sur le monde. Sa tête se dissout, se remplit d'images, de souvenirs, d'objets ou de paysages, comme si ses pensées débordaient constamment dans la réalité. C'est une façon élégante de montrer un personnage dont l'esprit vagabonde en permanence et qui ne perçoit pas le monde comme les autres.
J'ai aussi pris un certain plaisir à cette promenade graphique dans Nice, ses rues, son port, ses plages ou ses quartiers plus populaires.
Malheureusement, cela n'a pas suffi à me faire entrer dans le récit. il m'a souvent évoqué L'Étranger de Camus : un personnage qui semble flotter en dehors du réel, à la fois totalement détaché de ce qui l'entoure et paradoxalement hypersensible à des détails insignifiants pour le reste du monde. Par moments, cela ressemble presque à une expérience hallucinatoire ou à un délire sous substance, où chaque détail paraît porteur d'un sens caché que personne d'autre ne perçoit.
Je comprends plus ou moins l'intention de Baudoin d'exprimer à travers cette disponibilité au monde, une forme de poésie du quotidien. Mais je suis resté totalement hermétique à cette démarche. La narration m'a semblé souvent absconse, pénible à lire, les réflexions parfois impénétrables, et les textes littéraires qui accompagnent chaque page en bas de planche m'ont paru n'entretenir qu'un rapport très lointain avec ce que je lisais.
Comme son protagoniste, l'album erre, digresse et divague constamment. Certains lecteurs y verront probablement une expérience poétique ou philosophique. Pour ma part, malgré quelques qualités graphiques évidentes, je me suis clairement ennuyé.
Une sorte d'hommage au "Piège diabolique".
On y retrouve le même décor (La Roche-Guyon), la structure en sauts dans le temps, et un clin d'oeil à Jacobs dans le prénom du héros.
Edgar navigue entre différentes époques dans des séquences assez décousues : 2e guerre mondiale, siècle des Lumières, guerre de cent ans...
A chaque période, il rencontre des célébrités contemporaines et une mystérieuse dame rousse qui sert de fil conducteur à l'ensemble.
Malgré ces sauts temporels réguliers, Edgar parvient toujours à s'adapter et à influer sur les évènements en cours.
J'ai trouvé l'ensemble plutôt artificiel, pas suffisamment astucieux ou amusant. Ce récit dégage une certaine fantaisie, mais le talent de la dessinatrice et l'érudition du scénariste n'ont pas suffi à maintenir mon intérêt.
Enfin lu cette mini-série qui était très connu dans les années 2000 pour avoir prit beaucoup de temps pour se terminer avec des années sans publications entre deux numéros. Pour ceux qui ne savent pas, les numéros d'une mini-série d'un comics sont censé ¸¸être publié sur une base régulière du genre 1 numéro par mois.
J'avais lu des avis positifs et négatifs sur cette mini-série et je me range dans le deuxième camp. En fait, au début l'histoire est pas trop mal et j'aimais bien comment Kevin Smith utilisait Spider-Man et Black Cat, mais plus on avance dans le récit plus les défauts s'accumulent, surtout dans les numéros qui sont sortis avec plusieurs années de retards. Smith veut utiliser le thème sérieux du viol et le fait de manière vraiment cliché. C'est un problème avec plusieurs comics de super-héros qui veut montrer qu'ils sont sérieux, mais on a plus l'impression que les auteurs ne savent pas bien exploité les sujets graves. Les changements dans l'histoire de Félicia Hardy servent à rien et dénature le personnage. Le nouveau méchant est sans charisme. J'ai bien commencé la lecture de cette histoire et je l'ai finit dans l'ennuie le plus total.
Le genre d'album de Baudoin que je n'aime pas du tout lire.
Il faut dire aussi que la danse n'est pas un sujet qui me passionne grandement et comme au moins le tiers de l'album est composé de croquis que Baudoin a faits sur un groupe de danseurs. Sinon, on est dans du pur Baudoin avec des pages d'art séquentiel et d'autres qui sont plus des carnets de croquis et à la narration on a Baudoin qui saute d'un sujet à l'autre.
Tout est décousu comme si l'auteur écrivait et dessinait ce qui lui passait par la tête sans aucun plan. La sensibilité artistique de l'auteur est bien différente de la mienne, donc rien ne m'a ému dans ma lecture, qui heureusement n'a pas duré longtemps. C'est simple, si on est déjà fan de cet auteur atypique, c'est un album pour vous. Si au contraire, vous n'accrochez pas à son style cela va être encore un album qui va vous sembler hermétique.
À la frontière entre la science-fiction et l'érotisme, cette série de l'Argentin Solano López est bien loin de ce qu'il sera capable d'atteindre à l'avenir. L'intrigue est simple : le héros spatial doit affronter des défis et des épreuves dans une arène, y compris combattre un scorpion géant, devant une population exclusivement féminine et dominante.
C'est le fantasme sexuel central de cette œuvre qui, finalement, contient très peu de science-fiction. Les traits des personnages sont assez grossiers mais les dessins montrent déjà les petits traits et les pointillés caractéristiques de l'auteur.
L'édition française est relativement courte, mais dans d'autres pays et en différentes langues (espagnol, anglais, néerlandais) elle a eu d'autres épisodes, avec des scénarios de Ricardo Barreiro.
Comme d'autres adaptations de livres, je trouve que cette BD rate complètement le coche de l'adaptation. Pour une raison simple de forme : on est dans un texte illustré, purement récupéré du livre et mis en cartouche au-dessus d'images qui sont une simple illustration qui n'apporte pas grand chose. En terme d'adaptation, on est sur la forme la plus littérale et la moins BD.
En dehors de cette considération, donc, la BD est une histoire en Allemagne des années 30, lors des JO d'hiver. L'histoire est celle d'un homme dont le couple est en perte de vitesse, qui retombe amoureux et a des ennuis avec la Gestapo par rapport à son manque de conviction en tant que journaliste, selon le régime nazi. On est donc dans le contexte d'installation d'une dictature, tout en ayant des JO qui servent la propagande et un régime qui cache encore sa volonté pour ne pas effrayer une opinion internationale.
La BD est assez lente, trop pour son propre bien, et ne va pas très loin non plus. Le final fait un peu pétard mouillé et n'apporte pas un dialogue que j'aurais aimé voir, celui entre le type et sa femme. De même que plein de choses sont évoqués mais jamais développées. Le tout semble arrêté trop vite, trop brusquement, sans qu'on ne sache où tout ça a mené. Je dois dire que j'ai même du voir à quoi correspond le message global, donc pas une BD que je recommanderais.
William Green est un ranger justicier écologiste tellement extrême qu'il finit par devenir le pire ennemi de la planète qu'il veut sauver.
Une fois de plus pour une BD dessinée par Julien Solé, je trouve le dessin très bon mais l'humour pas du tout à la hauteur.
La série repose trop sur la bêtise du personnage principal. William Green est tellement con qu'il m'a lassé dès les premiers gags, les chutes jouant presque toujours sur son incapacité à comprendre les situations et sur des catastrophes annoncées dès le départ. Les rebondissements sont trop prévisibles et certains passages misent davantage sur la vulgarité que sur un véritable effet comique.
C'est dommage, car le dessin de Julien Solé est comme souvent excellent : expressif, caricatural et parfaitement adapté à ce type d'humour. Ses personnages et ses décors donnent envie de parcourir les pages, mais ils ne suffisent pas à compenser un scénario qui ne m'a jamais fait rire.
Une succession de gags trop répétitifs autour d'un héros dont la stupidité est plus agaçante qu'amusante.
Je reconnais à Clowes de réelles qualités. Graphiques et narratives. Mais c’est un auteur avec lequel j’ai souvent du mal. Et cet album ne fait pas exception hélas.
Le travail éditorial de Cornélius est une nouvelle fois excellent, et le dessin de Clowes reconnaissable, et globalement agréable.
Mais ce dessin accentue la froideur de son récit, et ses qualités se retournent presque contre lui serais-je tenté de dire. En effet, si ça renforce le malaise mis en avant par Clowes, ça renforce aussi une certaine langueur, pour ne pas dire mollesse de certains passages, qui sont un peu ennuyeux.
Comme souvent, Clowes dépeint une Amérique qui s’ennuie, loin de la béatification de la joie, des loisirs et du « amazing » à tout va. Il ajoute ici une touche de super-héros justicier. Un poncif de la culture comics, mais qui est ici atténué, voire totalement retourné, tant notre héros et son pistolet semblent ridicules et peu crédibles. C’est pourtant dans cette direction que j’espérais voir Clowes aller à fond, jouant sur l’absurde et une certaine parodie. J’ai l’impression qu’il n’a su choisir. Ou alors qu’il a préféré rester dans quelque chose qu’il maitrise mieux, à savoir le portrait de losers, d’une Amérique des à-côtés (en cela le dialogue du début entre le héros Andy et son pote Louie donne le ton, triste, pathétique, un peu mélancolique).
Note réelle 2,5/5.
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Opium war
Delitte en est de plus en plus réduit à racler les fonds de tiroirs pour trouver de nouvelles « grandes batailles ». Si ça peut permettre de faire connaitre des batailles peu ou pas connues, la raison qu’elles soient si peu connues s’explique aussi par le fait qu’elles n’ont pas eu un déroulé ou une importance intéressante. Et avec cet album, je n’y ai pas trouvé mon compte. Comme de plus en plus souvent dans cette collection, la bataille elle-même est réduite à la portion congrue (2/3 pages vite expédiées), le gros de l’album servant d’exposition. D’ailleurs, singulièrement, le titre donné à l’album, « Opium war » dilue et/ou déclasse d’office la bataille elle-même, celle de « Fatshan Creek » - par ailleurs bataille fluviale presque autant que terrestre. Il s’agit donc plus de traiter d’une « guerre », plus que d’une bataille. Et cette longue exposition n’est ici pas très intéressante, on ne s’attache à aucun protagoniste, ni au récit, assez convenu et peu dynamique. Le dossier final est lui aussi l’œuvre de Delitte. Il est intéressant, même si peu développé. Mais surtout, comme je l’avais remarqué déjà pour plusieurs albums de cette collection, mais ici le procédé est encore plus utilisé, plusieurs pages de texte de la partie Bd (ces textes explicatifs hors phylactères) reprennent mots pour mots le texte du dossier. Cela accentue l’aspect dispensable du récit Bd, et donne une connotation de flemme au travail Bd de Delitte. Dessin et colorisation sont lisible, mais manquent de détails – que ce soit pour les décors, les navires, ou pour les visages des personnages. Ils font le boulot, mais ça n’est pas ma tasse de thé.
Ce que nous avons perdu dans le feu
Je connaissais Lucas Nine par ses albums généralement publiés chez Les Rêveurs, avec un dessin original, clivant, mais que j’avais très bien apprivoisé. Et des récits influencés par le surréalisme. Ici j’ai moins accroché à son travail graphique. Il utilise visiblement pas mal de photos retouchées, sur lesquelles il ajoute sa touche, plus proche de la peinture que du dessin le plus souvent. Mais malheureusement ça n’est pas toujours très clair. En tout cas ça colle plutôt bien à l’ambiance des récits qu’il illustre. Ce sont des adaptations de quatre nouvelles de Mariana Enriquez (je ne la connaissais pas du tout), qui ont toutes pour point commun de se développer dans une ambiance noire, glauque, avec souvent des enfants victimes (parfois en plus bourreau dans celle racontant les méfaits d’un très jeune tueur en série sadique). Le problème, c’est que chaque histoire n’a que très peu de place pour se développer, et qu’il manque le plus souvent quelque chose pour la rendre plus captivante. Elles m’ont laissé de côté – celle du tueur en série, à l’origine d’un circuit touristique morbide ressemble presque à un documentaire malsain. C’est un album qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Le Premier Voyage
Au lieu de rejoindre son bureau, un homme erre dans les rues de Nice, traverse différents quartiers, multiplie les rencontres fugaces et se laisse porter par ses pensées dans une longue déambulation contemplative où l'important semble moins être ce qui arrive que la manière dont il perçoit le monde. C'est encore un album de Baudoin qui me tombe entre les mains par hasard, et c'est encore un échec dans ma tentative d'apprécier cet auteur. Ou plutôt cet artiste, car je comprends parfaitement que son oeuvre puisse susciter une véritable admiration. En revanche, je reste toujours aussi perplexe devant l'enthousiasme presque mystique qu'il provoque chez certains lecteurs tant son univers continue de me laisser à distance. Pourtant, ce n'est sans doute pas le Baudoin qui m'a le plus rebuté graphiquement. Au contraire même. Son trait à l'encre noire est ici assez doux, maîtrisé et lisible. Surtout, il évite ces grands ombrages charbonneux qui me rebutent souvent dans ses autres albums. J'ai également apprécié ses trouvailles visuelles pour représenter l'esprit de Mathieu littéralement ouvert sur le monde. Sa tête se dissout, se remplit d'images, de souvenirs, d'objets ou de paysages, comme si ses pensées débordaient constamment dans la réalité. C'est une façon élégante de montrer un personnage dont l'esprit vagabonde en permanence et qui ne perçoit pas le monde comme les autres. J'ai aussi pris un certain plaisir à cette promenade graphique dans Nice, ses rues, son port, ses plages ou ses quartiers plus populaires. Malheureusement, cela n'a pas suffi à me faire entrer dans le récit. il m'a souvent évoqué L'Étranger de Camus : un personnage qui semble flotter en dehors du réel, à la fois totalement détaché de ce qui l'entoure et paradoxalement hypersensible à des détails insignifiants pour le reste du monde. Par moments, cela ressemble presque à une expérience hallucinatoire ou à un délire sous substance, où chaque détail paraît porteur d'un sens caché que personne d'autre ne perçoit. Je comprends plus ou moins l'intention de Baudoin d'exprimer à travers cette disponibilité au monde, une forme de poésie du quotidien. Mais je suis resté totalement hermétique à cette démarche. La narration m'a semblé souvent absconse, pénible à lire, les réflexions parfois impénétrables, et les textes littéraires qui accompagnent chaque page en bas de planche m'ont paru n'entretenir qu'un rapport très lointain avec ce que je lisais. Comme son protagoniste, l'album erre, digresse et divague constamment. Certains lecteurs y verront probablement une expérience poétique ou philosophique. Pour ma part, malgré quelques qualités graphiques évidentes, je me suis clairement ennuyé.
La Dame de La Roche
Une sorte d'hommage au "Piège diabolique". On y retrouve le même décor (La Roche-Guyon), la structure en sauts dans le temps, et un clin d'oeil à Jacobs dans le prénom du héros. Edgar navigue entre différentes époques dans des séquences assez décousues : 2e guerre mondiale, siècle des Lumières, guerre de cent ans... A chaque période, il rencontre des célébrités contemporaines et une mystérieuse dame rousse qui sert de fil conducteur à l'ensemble. Malgré ces sauts temporels réguliers, Edgar parvient toujours à s'adapter et à influer sur les évènements en cours. J'ai trouvé l'ensemble plutôt artificiel, pas suffisamment astucieux ou amusant. Ce récit dégage une certaine fantaisie, mais le talent de la dessinatrice et l'érudition du scénariste n'ont pas suffi à maintenir mon intérêt.
Spider-Man / Black Cat - L'Enfer de la violence
Enfin lu cette mini-série qui était très connu dans les années 2000 pour avoir prit beaucoup de temps pour se terminer avec des années sans publications entre deux numéros. Pour ceux qui ne savent pas, les numéros d'une mini-série d'un comics sont censé ¸¸être publié sur une base régulière du genre 1 numéro par mois. J'avais lu des avis positifs et négatifs sur cette mini-série et je me range dans le deuxième camp. En fait, au début l'histoire est pas trop mal et j'aimais bien comment Kevin Smith utilisait Spider-Man et Black Cat, mais plus on avance dans le récit plus les défauts s'accumulent, surtout dans les numéros qui sont sortis avec plusieurs années de retards. Smith veut utiliser le thème sérieux du viol et le fait de manière vraiment cliché. C'est un problème avec plusieurs comics de super-héros qui veut montrer qu'ils sont sérieux, mais on a plus l'impression que les auteurs ne savent pas bien exploité les sujets graves. Les changements dans l'histoire de Félicia Hardy servent à rien et dénature le personnage. Le nouveau méchant est sans charisme. J'ai bien commencé la lecture de cette histoire et je l'ai finit dans l'ennuie le plus total.
Le Corps collectif - Danser l'invisible
Le genre d'album de Baudoin que je n'aime pas du tout lire. Il faut dire aussi que la danse n'est pas un sujet qui me passionne grandement et comme au moins le tiers de l'album est composé de croquis que Baudoin a faits sur un groupe de danseurs. Sinon, on est dans du pur Baudoin avec des pages d'art séquentiel et d'autres qui sont plus des carnets de croquis et à la narration on a Baudoin qui saute d'un sujet à l'autre. Tout est décousu comme si l'auteur écrivait et dessinait ce qui lui passait par la tête sans aucun plan. La sensibilité artistique de l'auteur est bien différente de la mienne, donc rien ne m'a ému dans ma lecture, qui heureusement n'a pas duré longtemps. C'est simple, si on est déjà fan de cet auteur atypique, c'est un album pour vous. Si au contraire, vous n'accrochez pas à son style cela va être encore un album qui va vous sembler hermétique.
Slot Barr
À la frontière entre la science-fiction et l'érotisme, cette série de l'Argentin Solano López est bien loin de ce qu'il sera capable d'atteindre à l'avenir. L'intrigue est simple : le héros spatial doit affronter des défis et des épreuves dans une arène, y compris combattre un scorpion géant, devant une population exclusivement féminine et dominante. C'est le fantasme sexuel central de cette œuvre qui, finalement, contient très peu de science-fiction. Les traits des personnages sont assez grossiers mais les dessins montrent déjà les petits traits et les pointillés caractéristiques de l'auteur. L'édition française est relativement courte, mais dans d'autres pays et en différentes langues (espagnol, anglais, néerlandais) elle a eu d'autres épisodes, avec des scénarios de Ricardo Barreiro.
La Désobéissance d'Andreas Kuppler
Comme d'autres adaptations de livres, je trouve que cette BD rate complètement le coche de l'adaptation. Pour une raison simple de forme : on est dans un texte illustré, purement récupéré du livre et mis en cartouche au-dessus d'images qui sont une simple illustration qui n'apporte pas grand chose. En terme d'adaptation, on est sur la forme la plus littérale et la moins BD. En dehors de cette considération, donc, la BD est une histoire en Allemagne des années 30, lors des JO d'hiver. L'histoire est celle d'un homme dont le couple est en perte de vitesse, qui retombe amoureux et a des ennuis avec la Gestapo par rapport à son manque de conviction en tant que journaliste, selon le régime nazi. On est donc dans le contexte d'installation d'une dictature, tout en ayant des JO qui servent la propagande et un régime qui cache encore sa volonté pour ne pas effrayer une opinion internationale. La BD est assez lente, trop pour son propre bien, et ne va pas très loin non plus. Le final fait un peu pétard mouillé et n'apporte pas un dialogue que j'aurais aimé voir, celui entre le type et sa femme. De même que plein de choses sont évoqués mais jamais développées. Le tout semble arrêté trop vite, trop brusquement, sans qu'on ne sache où tout ça a mené. Je dois dire que j'ai même du voir à quoi correspond le message global, donc pas une BD que je recommanderais.
Planet Ranger
William Green est un ranger justicier écologiste tellement extrême qu'il finit par devenir le pire ennemi de la planète qu'il veut sauver. Une fois de plus pour une BD dessinée par Julien Solé, je trouve le dessin très bon mais l'humour pas du tout à la hauteur. La série repose trop sur la bêtise du personnage principal. William Green est tellement con qu'il m'a lassé dès les premiers gags, les chutes jouant presque toujours sur son incapacité à comprendre les situations et sur des catastrophes annoncées dès le départ. Les rebondissements sont trop prévisibles et certains passages misent davantage sur la vulgarité que sur un véritable effet comique. C'est dommage, car le dessin de Julien Solé est comme souvent excellent : expressif, caricatural et parfaitement adapté à ce type d'humour. Ses personnages et ses décors donnent envie de parcourir les pages, mais ils ne suffisent pas à compenser un scénario qui ne m'a jamais fait rire. Une succession de gags trop répétitifs autour d'un héros dont la stupidité est plus agaçante qu'amusante.
Le Rayon de la Mort
Je reconnais à Clowes de réelles qualités. Graphiques et narratives. Mais c’est un auteur avec lequel j’ai souvent du mal. Et cet album ne fait pas exception hélas. Le travail éditorial de Cornélius est une nouvelle fois excellent, et le dessin de Clowes reconnaissable, et globalement agréable. Mais ce dessin accentue la froideur de son récit, et ses qualités se retournent presque contre lui serais-je tenté de dire. En effet, si ça renforce le malaise mis en avant par Clowes, ça renforce aussi une certaine langueur, pour ne pas dire mollesse de certains passages, qui sont un peu ennuyeux. Comme souvent, Clowes dépeint une Amérique qui s’ennuie, loin de la béatification de la joie, des loisirs et du « amazing » à tout va. Il ajoute ici une touche de super-héros justicier. Un poncif de la culture comics, mais qui est ici atténué, voire totalement retourné, tant notre héros et son pistolet semblent ridicules et peu crédibles. C’est pourtant dans cette direction que j’espérais voir Clowes aller à fond, jouant sur l’absurde et une certaine parodie. J’ai l’impression qu’il n’a su choisir. Ou alors qu’il a préféré rester dans quelque chose qu’il maitrise mieux, à savoir le portrait de losers, d’une Amérique des à-côtés (en cela le dialogue du début entre le héros Andy et son pote Louie donne le ton, triste, pathétique, un peu mélancolique). Note réelle 2,5/5.