Cinq histoires courtes scenarisées par Abuli (Torpedo) et dessinées par Puech (Wolfram), l'association de départ était séduisante.
Malheureusement Abuli était en vacances niveau écriture.
L'auteur nous plonge dans les déboires de Jo, un type lambda souvent scotché au volant de sa caisse. Porté par un ton graveleux et glauque digne d'un mauvais pulp, le récit évite au moins de sombrer dans la banalité.
Les dialogues sont vraiment niveau zéro, j'ai pas vu pire pour le moment.
Le dessin de Puech fait très deuxième division mais possède un charme. Par contre la mise en scène fait de la peine.
Je n'ai pas mis 1/5 car il y a un peu de cul gratuit et Jo peut parfois nous faire esquisser un sourire, mais ça ne rembourse pas l'achat.
Pour l'instant, c'est album de Frans Masereel auquel j'ai le moins accroché. Il faut dire aussi qu'au lieu de suivre un personnage, on va voir ce qui arrive dans une grande ville tout le long de la même journée.
Si au début il y a de l'art séquentiel avec des cases qui se suivent plus ou mois bien (par exemple, une page on voit un gros building et dans la suivante on voit l'intérieur du dit building), il y a des passages où on saute du coq à l'âne et on est à la limite de ce qu'on peut considérer comme de la BD. Mais bon les images racontent vraiment une histoire (une journée complète) et au fil des pages il y a des personnages qui reviennent (enfin, c'est l'impression que j'ai eue, les personnages de Masereel ayant un peu tendance à se ressembler un peu trop) alors on est dans une zone floue sur si c'est vraiment de la BD ou non.
De toute façon, l'album ne m'a pas trop intéressé. Suivre la vie dans une ville pendant une journée est pas mal, mais le fait que tout est muet et qu'on saute vite d'un endroit à l'autre fait en sorte qu'aucun personnage n'est attachant ou qu'on prend bien le temps de développer quelque chose. Sinon, il y a un coté adulte qui m'a un peu surpris. En effet, on voit des seins nus ! Si le style de Masereel n'est pas très émoustillant, c'est rigolo de trouver des images comme ça dans un truc aussi vieux.
Guy Delisle est décidément un auteur touche à tout qui change souvent de genre. Malheureusement, le résultat n'est pas toujours excellent et ce fut le cas ici.
L'album adapte une courte nouvelle et on précise qu'il y a le texte intégral. Disons que ça se voit un peu trop. Il y a des tournures de phrases qui sonnent bien dans une œuvre littéraire et qui sonnent moins naturelles dans une BD. La présentation est simple: il y a des images et en dessous il y a du texte. Heureusement, la présentation est aérée et il y a seulement quelques phrases par case, contrairement à certains vieux illustrés du genre Les Pieds Nickelés qui mettaient des pavés en dessous des images. Lorsqu'un personnage parle, il y a une bulle...et le texte qui accompagne la case commence avec des 's'écria' ou des 'dit'. C'est bien d'être fidèle au texte, mais parfois cela donne des situations incongrues. En BD, pas besoin de préciser quand un personnage parle !
Ça fait un peu penser à tous ces albums qui adaptent des poèmes et des chansons en BD et souvent le dessin ne sert à rien. J'aime bien le style de Delisle, mais hormis donner un physique aux personnages, je ne vois pas en quoi les dessins apportent un plus à cette nouvelle. Mais bon tous ces problèmes ne m'auraient pas trop dérangé si au moins l'histoire était pas mal, mais je ne suis jamais rentré dans le récit. Je n'ai rien ressenti au cours de ma lecture hormis l'ennui, je ne me suis pas attaché aux personnages et je me foutais de tout ce qui leur arrivait. Je ne suis pas certain d'avoir très bien compris où l'auteur de la nouvelle voulait en venir avec son récit et franchement je m'en fous.
Heureusement que ça se lit vite !
Mélange d'Orwell pour la réécriture du passé, et de Huxley pour le bonheur obligatoire et de ressemblance avec notre société avec la mise à l'écart des vieux. Le dessin est lisible, c'est tout ce qu'on peut en dire. Je ne me rappelais plus de cette bd, c'est en furetant dans le site que je suis tombé dessus et alors mon devoir m'est apparu : dissuader de lire ça si on peut trouver mieux. Ne pas même l'ouvrir ! En tout cas quand on est comme moi : les dystopies ont quelque chose de fascinant, mais en somme, beaucoup n'en valent pas la peine.
Le tétrarque est mou et peut-être dépressif, sa femme a des comptes à régler, entre autre avec le prophète qui ne fait pas que dire du mal d'elle et d'autres mais aurait déclenché un lynchage contre sa personne - et celle de sa fille ? Je ne m'en rappelle plus. J'aimerais savoir si ce fait est historique : si oui, on se demande pourquoi Jésus serait censé avoir estimé le prophète, si non, pourquoi les auteurs font qu'il n'y pas un personnage pour en racheter un autre…. Quand le truc se présente comme historique, pas comme une charge.
Tous les personnages sont un mélange de déplaisant et d'ennuyeux, et ce n'est pas possible : si Rome n'avait pas eu mieux en stock, elle n'aurait pas conquis et administré le monde, si les Juifs n'avaient pas plus intéressants non plus, ils n'auraient pas résisté si longtemps.
Les dessins ne semblent pas mal, mais finalement, ils sont loin de valoir Murena, et j'en dirais de même de l'intrigue. Quand on pense aux enjeux : Rome, le judaïsme au moment où Jésus prêche, le mythe d'Hérodiade, et on n'obtient que de l'ennui, le seul intérêt, pervers, est de se demander où vont nous mener les auteurs.
J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un nouveau tome de la collection "Les reines sanglantes", mais non. Dufaux, scénariste reconnu, nous livre donc ici sa version de l'histoire de Salomé, personnage féminin important des Evangiles qui réclama la tête de Jean-Baptiste, avec Eduard Torrents au dessin et Bertrand Denoulet à la colorisation.
Voilà donc un personnage plus proche de ce qu'on nomme la tragédie grecque que romaine, propice à littérature, Flaubert ou Oscar Wilde se sont d'ailleurs emparé de son mythe. Pour autant, je me suis un peu ennuyé à la lecture de cet album, n'étant déjà pas fan de cette période historique où j'ai du mal à m'y retrouver. Le dessin d'Eduard Torrents est plutôt bon, mais j'avoue avoir eu beaucoup de mal avec la colorisation de Bertrand Denoulet ; ses personnages donnent l'impression d'avoir été retouché à l'aérographe, ce qui n'est pas du tout ma came.
Le tout s'est laissé lire, mais les frasques de ces dignitaires romains en terre judaïque et le personnage de Salomé n'auront pas réussi à me captiver.
Dommage.
J'ai vraiment de la difficulté avec les œuvres de Lukasz Wojciechowski.
J'ai rien contre son dessin minimaliste que je trouve même sympa, mais j'ai l'impression qu'il écrit des histoires qui ne sont pas adaptées à son style. C'est trop froid pour une biographie où il se passe des choses tragiques. À la limite, ça peut aller lorsqu'il dessine des bâtiments, son style est parfait pour l'architecture, mais ce l'est moins pour les personnages et surtout lorsqu'ils ont des émotions. Je n'ai rien ressenti en lisant les tragédies qu'ont vécues les membres de la famille de l’auteur qui ont eu la malchance de connaitre la Pologne communiste. C'est trop froid et mécanique pour me séduire.
Ajoutons que je trouve que certains dialogues manquaient de naturel. En effet, lorsqu'un personnage parlait de la période historique où se situe l'histoire, ça sonnait comme quelqu'un qui doit expliquer ce que les autres personnages savaient déjà. Bref, je suis passé à côté de l'album.
Même si l'auteur portugais était très médiatisé à l’époque, je ne me suis jamais senti attiré par l’achat des albums de Victor Mesquita. J’ai préféré investir dans l’original : Philippe Druillet. Je pense que j’ai bien fait, Lone Sloane, Salammbô… restent importants dans ma bibliothèque personnelle.
Les albums de Mesquita n’ont pas beaucoup d’histoire, ils se limitent à mélanger des paysages urbains portugais avec des évocations spatiales un peu kitsch. Un peu de SF aussi, inspirée des écrivains a la vogue.
Ça m’étonne encore qu’ils aient été publiés, même à cette époque, et surtout à l'étranger.
Une accumulation peu convaincante de clichés. Une fois n’est pas coutume: ici, mes plaintes ne concernent pas tant les dessins que l’histoire. À trop vouloir aborder tous les sujets, thèmes et époques, J. Van Hamme se perd et produit des intrigues vraiment superflues et inutiles. J’ai l’album devant moi, et je me demande : est-ce que Rosinski n’a dessiné ça que parce que Van Hamme le lui a beaucoup demandé ?
Dans le western, les tandems d’autrefois me manquent : Giraud et Charlier, Hermann et Greg...
Le Papillon des étoiles raconte le voyage interstellaire d'un immense vaisseau générationnel transportant des milliers de colons vers une exoplanète censée accueillir une nouvelle humanité après mille ans de trajet.
J'aime la science-fiction lorsqu'elle parvient soit à me faire rêver par son imagination, soit à me convaincre par sa crédibilité. Ici, malheureusement, ça a coincé dès les premières pages. J'ai eu l'impression que Bernard Werber avait sa conclusion en tête et qu'il a construit tout le reste de son récit pour atteindre au forceps cette idée, quitte à multiplier les facilités, les incohérences et les raccourcis au point de rendre l'ensemble difficile à prendre au sérieux.
Le dessin n'aide pas vraiment. Le photoréalisme de Jean-Michel Ponzio donne l'impression de feuilleter un roman-photo de science-fiction. Les personnages semblent figés dans des poses artificielles, comme des acteurs photographiés puis redessinés, ce qui enlève beaucoup de naturel aux scènes et aux dialogues.
Mais c'est surtout le scénario qui m'a constamment sorti de l'histoire. Tout repose sur des éléments bien trop bancals. Qu'un milliardaire finance un programme spatial ambitieux, pourquoi pas. Qu'il construise en secret un cylindre d'O'Neill de plusieurs dizaines de kilomètres capable d'accueillir 144 000 personnes sans que les besoins colossaux en matériaux, en infrastructures orbitales et en lancements de fusées ne soient connus de toute la planète des décennies avant son achèvement me paraît déjà beaucoup plus difficile à avaler. Sans parler de cette navette spatiale capable d'accueillir plus de 100 000 passagers à bord et son décollage dans une scène digne de la fin du générique d'Il était une fois l'Homme. La suite accumule les invraisemblances du même genre : une destination mystérieuse connue d'un seul homme, un savoir vital concentré entre les mains de deux personnes seulement au mépris de toute prudence, une planète miraculeusement habitable découverte à l'avance, des révoltes caricaturales avant leur départ de Terre puis à bord du vaisseau, des décisions absurdes à tous les niveaux et des conflits internes qui semblent n'exister que pour faire avancer artificiellement le récit.
Le voyage lui-même souffre du même problème. Les siècles défilent, les générations se succèdent, mais tout paraît simplifié à l'extrême. Les personnages sont réduits à des archétypes, les comportements collectifs semblent improbables et les énormes défis sociaux, techniques ou culturels qu'un tel projet devrait poser sont constamment survolés voire piétinés. Même l'arrivée sur la planète donne une impression de facilité déconcertante, en passant en deux pages d'un voyage interstellaire vers l'inconnu à une mise en orbite parfaite réalisée par une poignée d'adolescents autour de la planète promise, où comme par hasard il y a de l'eau, de l'air respirable et de la vie.
Ce qui me déçoit le plus, c'est que tout cet échafaudage d'invraisemblances semble n'exister que pour conduire à un dernier chapitre dont on devine dès son début la très maladroite intention symbolique : dès que certains noms et certaines situations apparaissent, il devient évident où l'auteur veut en venir. Et lorsque cette révélation arrive enfin, il n'y a aucun émerveillement ni profondeur philosophique, juste l'impression d'avoir traversé une longue succession de clichés, d'incohérences et de raccourcis pour aboutir à une métaphore lourde et peu convaincante.
Quelques idées de départ avaient pourtant du potentiel, notamment la question du vaisseau générationnel et de la transmission d'une civilisation sur mille ans. Mais elles sont constamment sacrifiées au profit d'un récit qui privilégie le symbole à la logique. Je ressors donc de cette lecture avec le sentiment d'un gros ratage, incapable de croire à ce qu'on me raconte et donc incapable d'être touché par ce que l'histoire cherche à démontrer.
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Joe Breakdown
Cinq histoires courtes scenarisées par Abuli (Torpedo) et dessinées par Puech (Wolfram), l'association de départ était séduisante. Malheureusement Abuli était en vacances niveau écriture. L'auteur nous plonge dans les déboires de Jo, un type lambda souvent scotché au volant de sa caisse. Porté par un ton graveleux et glauque digne d'un mauvais pulp, le récit évite au moins de sombrer dans la banalité. Les dialogues sont vraiment niveau zéro, j'ai pas vu pire pour le moment. Le dessin de Puech fait très deuxième division mais possède un charme. Par contre la mise en scène fait de la peine. Je n'ai pas mis 1/5 car il y a un peu de cul gratuit et Jo peut parfois nous faire esquisser un sourire, mais ça ne rembourse pas l'achat.
La Ville (Frans Masereel)
Pour l'instant, c'est album de Frans Masereel auquel j'ai le moins accroché. Il faut dire aussi qu'au lieu de suivre un personnage, on va voir ce qui arrive dans une grande ville tout le long de la même journée. Si au début il y a de l'art séquentiel avec des cases qui se suivent plus ou mois bien (par exemple, une page on voit un gros building et dans la suivante on voit l'intérieur du dit building), il y a des passages où on saute du coq à l'âne et on est à la limite de ce qu'on peut considérer comme de la BD. Mais bon les images racontent vraiment une histoire (une journée complète) et au fil des pages il y a des personnages qui reviennent (enfin, c'est l'impression que j'ai eue, les personnages de Masereel ayant un peu tendance à se ressembler un peu trop) alors on est dans une zone floue sur si c'est vraiment de la BD ou non. De toute façon, l'album ne m'a pas trop intéressé. Suivre la vie dans une ville pendant une journée est pas mal, mais le fait que tout est muet et qu'on saute vite d'un endroit à l'autre fait en sorte qu'aucun personnage n'est attachant ou qu'on prend bien le temps de développer quelque chose. Sinon, il y a un coté adulte qui m'a un peu surpris. En effet, on voit des seins nus ! Si le style de Masereel n'est pas très émoustillant, c'est rigolo de trouver des images comme ça dans un truc aussi vieux.
L'Occupation des sols
Guy Delisle est décidément un auteur touche à tout qui change souvent de genre. Malheureusement, le résultat n'est pas toujours excellent et ce fut le cas ici. L'album adapte une courte nouvelle et on précise qu'il y a le texte intégral. Disons que ça se voit un peu trop. Il y a des tournures de phrases qui sonnent bien dans une œuvre littéraire et qui sonnent moins naturelles dans une BD. La présentation est simple: il y a des images et en dessous il y a du texte. Heureusement, la présentation est aérée et il y a seulement quelques phrases par case, contrairement à certains vieux illustrés du genre Les Pieds Nickelés qui mettaient des pavés en dessous des images. Lorsqu'un personnage parle, il y a une bulle...et le texte qui accompagne la case commence avec des 's'écria' ou des 'dit'. C'est bien d'être fidèle au texte, mais parfois cela donne des situations incongrues. En BD, pas besoin de préciser quand un personnage parle ! Ça fait un peu penser à tous ces albums qui adaptent des poèmes et des chansons en BD et souvent le dessin ne sert à rien. J'aime bien le style de Delisle, mais hormis donner un physique aux personnages, je ne vois pas en quoi les dessins apportent un plus à cette nouvelle. Mais bon tous ces problèmes ne m'auraient pas trop dérangé si au moins l'histoire était pas mal, mais je ne suis jamais rentré dans le récit. Je n'ai rien ressenti au cours de ma lecture hormis l'ennui, je ne me suis pas attaché aux personnages et je me foutais de tout ce qui leur arrivait. Je ne suis pas certain d'avoir très bien compris où l'auteur de la nouvelle voulait en venir avec son récit et franchement je m'en fous. Heureusement que ça se lit vite !
Utopie
Mélange d'Orwell pour la réécriture du passé, et de Huxley pour le bonheur obligatoire et de ressemblance avec notre société avec la mise à l'écart des vieux. Le dessin est lisible, c'est tout ce qu'on peut en dire. Je ne me rappelais plus de cette bd, c'est en furetant dans le site que je suis tombé dessus et alors mon devoir m'est apparu : dissuader de lire ça si on peut trouver mieux. Ne pas même l'ouvrir ! En tout cas quand on est comme moi : les dystopies ont quelque chose de fascinant, mais en somme, beaucoup n'en valent pas la peine.
La Légende de Salomé
Le tétrarque est mou et peut-être dépressif, sa femme a des comptes à régler, entre autre avec le prophète qui ne fait pas que dire du mal d'elle et d'autres mais aurait déclenché un lynchage contre sa personne - et celle de sa fille ? Je ne m'en rappelle plus. J'aimerais savoir si ce fait est historique : si oui, on se demande pourquoi Jésus serait censé avoir estimé le prophète, si non, pourquoi les auteurs font qu'il n'y pas un personnage pour en racheter un autre…. Quand le truc se présente comme historique, pas comme une charge. Tous les personnages sont un mélange de déplaisant et d'ennuyeux, et ce n'est pas possible : si Rome n'avait pas eu mieux en stock, elle n'aurait pas conquis et administré le monde, si les Juifs n'avaient pas plus intéressants non plus, ils n'auraient pas résisté si longtemps. Les dessins ne semblent pas mal, mais finalement, ils sont loin de valoir Murena, et j'en dirais de même de l'intrigue. Quand on pense aux enjeux : Rome, le judaïsme au moment où Jésus prêche, le mythe d'Hérodiade, et on n'obtient que de l'ennui, le seul intérêt, pervers, est de se demander où vont nous mener les auteurs.
La Légende de Salomé
J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un nouveau tome de la collection "Les reines sanglantes", mais non. Dufaux, scénariste reconnu, nous livre donc ici sa version de l'histoire de Salomé, personnage féminin important des Evangiles qui réclama la tête de Jean-Baptiste, avec Eduard Torrents au dessin et Bertrand Denoulet à la colorisation. Voilà donc un personnage plus proche de ce qu'on nomme la tragédie grecque que romaine, propice à littérature, Flaubert ou Oscar Wilde se sont d'ailleurs emparé de son mythe. Pour autant, je me suis un peu ennuyé à la lecture de cet album, n'étant déjà pas fan de cette période historique où j'ai du mal à m'y retrouver. Le dessin d'Eduard Torrents est plutôt bon, mais j'avoue avoir eu beaucoup de mal avec la colorisation de Bertrand Denoulet ; ses personnages donnent l'impression d'avoir été retouché à l'aérographe, ce qui n'est pas du tout ma came. Le tout s'est laissé lire, mais les frasques de ces dignitaires romains en terre judaïque et le personnage de Salomé n'auront pas réussi à me captiver. Dommage.
Loin de Paris
J'ai vraiment de la difficulté avec les œuvres de Lukasz Wojciechowski. J'ai rien contre son dessin minimaliste que je trouve même sympa, mais j'ai l'impression qu'il écrit des histoires qui ne sont pas adaptées à son style. C'est trop froid pour une biographie où il se passe des choses tragiques. À la limite, ça peut aller lorsqu'il dessine des bâtiments, son style est parfait pour l'architecture, mais ce l'est moins pour les personnages et surtout lorsqu'ils ont des émotions. Je n'ai rien ressenti en lisant les tragédies qu'ont vécues les membres de la famille de l’auteur qui ont eu la malchance de connaitre la Pologne communiste. C'est trop froid et mécanique pour me séduire. Ajoutons que je trouve que certains dialogues manquaient de naturel. En effet, lorsqu'un personnage parlait de la période historique où se situe l'histoire, ça sonnait comme quelqu'un qui doit expliquer ce que les autres personnages savaient déjà. Bref, je suis passé à côté de l'album.
Eternus 9
Même si l'auteur portugais était très médiatisé à l’époque, je ne me suis jamais senti attiré par l’achat des albums de Victor Mesquita. J’ai préféré investir dans l’original : Philippe Druillet. Je pense que j’ai bien fait, Lone Sloane, Salammbô… restent importants dans ma bibliothèque personnelle. Les albums de Mesquita n’ont pas beaucoup d’histoire, ils se limitent à mélanger des paysages urbains portugais avec des évocations spatiales un peu kitsch. Un peu de SF aussi, inspirée des écrivains a la vogue. Ça m’étonne encore qu’ils aient été publiés, même à cette époque, et surtout à l'étranger.
Western
Une accumulation peu convaincante de clichés. Une fois n’est pas coutume: ici, mes plaintes ne concernent pas tant les dessins que l’histoire. À trop vouloir aborder tous les sujets, thèmes et époques, J. Van Hamme se perd et produit des intrigues vraiment superflues et inutiles. J’ai l’album devant moi, et je me demande : est-ce que Rosinski n’a dessiné ça que parce que Van Hamme le lui a beaucoup demandé ? Dans le western, les tandems d’autrefois me manquent : Giraud et Charlier, Hermann et Greg...
Le Papillon des étoiles
Le Papillon des étoiles raconte le voyage interstellaire d'un immense vaisseau générationnel transportant des milliers de colons vers une exoplanète censée accueillir une nouvelle humanité après mille ans de trajet. J'aime la science-fiction lorsqu'elle parvient soit à me faire rêver par son imagination, soit à me convaincre par sa crédibilité. Ici, malheureusement, ça a coincé dès les premières pages. J'ai eu l'impression que Bernard Werber avait sa conclusion en tête et qu'il a construit tout le reste de son récit pour atteindre au forceps cette idée, quitte à multiplier les facilités, les incohérences et les raccourcis au point de rendre l'ensemble difficile à prendre au sérieux. Le dessin n'aide pas vraiment. Le photoréalisme de Jean-Michel Ponzio donne l'impression de feuilleter un roman-photo de science-fiction. Les personnages semblent figés dans des poses artificielles, comme des acteurs photographiés puis redessinés, ce qui enlève beaucoup de naturel aux scènes et aux dialogues. Mais c'est surtout le scénario qui m'a constamment sorti de l'histoire. Tout repose sur des éléments bien trop bancals. Qu'un milliardaire finance un programme spatial ambitieux, pourquoi pas. Qu'il construise en secret un cylindre d'O'Neill de plusieurs dizaines de kilomètres capable d'accueillir 144 000 personnes sans que les besoins colossaux en matériaux, en infrastructures orbitales et en lancements de fusées ne soient connus de toute la planète des décennies avant son achèvement me paraît déjà beaucoup plus difficile à avaler. Sans parler de cette navette spatiale capable d'accueillir plus de 100 000 passagers à bord et son décollage dans une scène digne de la fin du générique d'Il était une fois l'Homme. La suite accumule les invraisemblances du même genre : une destination mystérieuse connue d'un seul homme, un savoir vital concentré entre les mains de deux personnes seulement au mépris de toute prudence, une planète miraculeusement habitable découverte à l'avance, des révoltes caricaturales avant leur départ de Terre puis à bord du vaisseau, des décisions absurdes à tous les niveaux et des conflits internes qui semblent n'exister que pour faire avancer artificiellement le récit. Le voyage lui-même souffre du même problème. Les siècles défilent, les générations se succèdent, mais tout paraît simplifié à l'extrême. Les personnages sont réduits à des archétypes, les comportements collectifs semblent improbables et les énormes défis sociaux, techniques ou culturels qu'un tel projet devrait poser sont constamment survolés voire piétinés. Même l'arrivée sur la planète donne une impression de facilité déconcertante, en passant en deux pages d'un voyage interstellaire vers l'inconnu à une mise en orbite parfaite réalisée par une poignée d'adolescents autour de la planète promise, où comme par hasard il y a de l'eau, de l'air respirable et de la vie. Ce qui me déçoit le plus, c'est que tout cet échafaudage d'invraisemblances semble n'exister que pour conduire à un dernier chapitre dont on devine dès son début la très maladroite intention symbolique : dès que certains noms et certaines situations apparaissent, il devient évident où l'auteur veut en venir. Et lorsque cette révélation arrive enfin, il n'y a aucun émerveillement ni profondeur philosophique, juste l'impression d'avoir traversé une longue succession de clichés, d'incohérences et de raccourcis pour aboutir à une métaphore lourde et peu convaincante. Quelques idées de départ avaient pourtant du potentiel, notamment la question du vaisseau générationnel et de la transmission d'une civilisation sur mille ans. Mais elles sont constamment sacrifiées au profit d'un récit qui privilégie le symbole à la logique. Je ressors donc de cette lecture avec le sentiment d'un gros ratage, incapable de croire à ce qu'on me raconte et donc incapable d'être touché par ce que l'histoire cherche à démontrer.