Les différentes communications de l'éditeur annonçaient des révélations fracassantes au sujet de Gisela, dont le fils et la petite-fille sont chargés de vider son appartement à sa mort.
Partis d'Angleterre, père et fille traversent alors quatre pays afin de rejoindre Fribourg, en Allemagne, afin de faire rapidement du tri, et de charger vaille que vaille un gros fourgon pour tout ramener outre-Manche où le reste de la famille pourra se servir. L'occasion pour eux de discuter de l'histoire familiale, de l'exil de Gisela en Rhodésie, dans le sud du continent africain, alors qu'une autre branche de la famille part elle vers Amsterdam, la Guyane néerlandaise, et les Etats-Unis. Une véritable odyssée familiale, dont Astrid semble se désintéresser, pour mettre en avant l'inefficacité chronique dont semble souffrir l'intégralité de sa famille : l'enterrement de sa grand-mère ailleurs que dans le vieux cimetière juif de sa ville, saturé, les injonctions contradictoires de sa mère, de sa sœur, les penchants autoritaires d'une cousine... C'est, à ma connaissance, le premier album de l'autrice, dont le métier est celui d'une animatrice spécialiste du stop motion. Et ça se sent : la construction est chaotique, elle se perd dans les différents éléments sans les utiliser vraiment, et l'élément qui donne son nom à l'album apparaît lors d'une brève séquence à la fin de l'histoire. Il reste quand même quelques petits moments d'émotion, comme lorsque le père raconte une drôle d'anecdote de l'époque où il jouait dans une adaptation en théâtre de Peter Pan jeune...
Le dessin quant à lui est statique la plupart du temps, un peu minimaliste, on dirait de la ligne claire par moments. Bref, c'est dommage que cette histoire arrive aussi tôt dans l'œuvre de l'autrice, avec plus de bouteille elle aurait pu en faire quelque chose de plus pêchu.
Reliefs de l'ancien monde rassemble une série d'histoires courtes publiées entre la fin des années 80 et le début des années 2000 dans diverses revues et collectifs. Aucun réel lien entre elles, même si on y retrouve souvent des tranches de vie, souvent estivales, centrées sur des personnages ordinaires, entre petites ironies du quotidien et légères désillusions.
J'aime beaucoup le dessin de Jean-Claude Denis. Sa ligne claire souple, immédiatement identifiable, me plaît énormément, surtout lorsqu'elle est associée à sa colorisation légèrement désaturée. Il y présente une élégance feutrée et une atmosphère un peu mélancolique qui fonctionnent très bien. Même si le style graphique n'est pas strictement identique pour chaque histoire de cet album et que certaines sont plus soignées que d'autres, l'ensemble est visuellement agréable à parcourir, avec des ambiances lumineuses, souvent estivales, qui donnent envie de s'attarder sur les planches.
Malheureusement, aucune de ces histoires ne m'a convaincu. Elles donnent vraiment l'impression de "fonds de tiroir" : des récits mineurs, anecdotiques, le premier ayant même été refusé par l'Echo des Savanes qui n'a pas jugé intéressant de le publier à l'époque. L'humour, censé être grinçant ou tendre, ne m'a quasiment jamais fait sourire. Certains personnages sont même franchement agaçants, enfermés dans des postures stériles ou stéréotypées. Trop souvent, je me suis demandé où l'auteur voulait en venir, sans ressentir d'émotion particulière. Seule l'histoire de l'amour de vacances m'a semblé sortir du lot, avec une petite touche de nostalgie et quelque chose de plus incarné.
Je trouve aussi dommage que les notes explicatives sur l'origine et le contexte de création des récits soient regroupées en fin d'album. Elles sont intéressantes mais j'aurais aimé les avoir avant chaque histoire, ou juste après chacune d'elles. Cela m'aurait sans doute permis de mieux les apprécier, de les replacer dans leur contexte éditorial ou personnel, et peut-être d'y trouver davantage de relief.
On a donc là un album globalement séduisant graphiquement, mais très dispensable à moins d'être un collectionneur de tout ce que JC Denis a pu réaliser.
Pour moi encore un exemple de conclusion ratée qui vient détruire ce qui semblait être une très bonne BD.
Notre histoire se déroule dans un monde postapocalyptique où l'essentiel de la planète est à priori invivable, et se déroule au début dans un parc d'attraction abandonné/désaffecté consacré au Japon médiéval, où des robots-samourai se livrent encore et toujours à des duels pour un public qui n'existe plus.
Un jeune garçon et son père, poursuivis par des mercenaires, se réfugient dans le parc. Le père se fera rapidement assassiner par les poursuivants, mais le fils sera protégé par certains des robots sur place, dont celui surnommé Yojimbot, qui donne son nom à la série.
Les robots ne parlent pas, il s'agit donc d'une œuvre à base avant tout visuelle et muette.
Les 2 premiers tomes sont franchement brillants. Cette absence de dialogue (seul le garçon parle) est une idée assez géniale, car elle renforce l'aspect visuelle et scénique.
A partir du tome 3, les humains jouent un rôle beaucoup plus important, le cadre posé commence à se fissurer, mais cela reste potable. Ce d'autant qu'il se termine sur un cliffhanger qui laisse pantois.
Le tome 4, conclusif (la série n'est donc pas "en cour", mais bien terminée), pourrit tout. Le cadre là s'effondre... On change de décor, les robots sont assez secondaires, on apprend que + ou - tout ce qu'on nous avait raconté avant sur ce monde postapo était bidon, les révélations sont enchaînées (voire torchées) en quelques pages (surtout sur le cliffhanger du tome 3), sur le mode "haha, c'était un piège, on vous a bien eu"...Cela devient relativement imbuvable et on se demande à la dernière page "tout ça pour ça?".
Mouais. Il y a peut-être de bonnes intentions derrière cet album (qui alterne commentaires off avec uniquement du texte, et passages avec phylactères). Mais je ne l’ai clairement trouvé ni bon ni intéressant – indépendamment du fait qu’il s’adresse avant tout à un lectorat bien plus jeune que moi.
La narration est bien trop naïve, manichéenne, et la fin m'est apparue bâclée – la confiscation du portable de la jeune héroïne (on parle ici de gamin d’une douzaine d’années) parvient quasi instantanément à résoudre tous les problèmes de la gamine (scolaire, amoureux - la bonne nouvelle arrive d'ailleurs via un SMS..., familiaux).
Le scénario est bien trop édifiant, presque autant qu’une publication de patronage d’il y a un siècle.
Je rejoins l'avis précédent et j'ajoute qu'en plus je n'aime pas trop le dessin. C'est le style réaliste froid, sans saveur et sans âme comme on en voit trop dans les comics modernes. Je pense que je n'aurais jamais lu cette série s'il n'y avait pas le nom de Garth Ennis sur la couverture.
Alors Garth Ennis est un scénariste (trop) prolifique qui est capable du meilleur comme du pire. Celle-ci n'est pas parmi les plus mauvaises qu'il ait faites, mais ce n'est pas terrible. En effet, le début est pas trop mal. Il y a un bon mystère qui donne envie de savoir la suite. Sauf que si le premier tome est d'un niveau correct, on finit par se perdre dans le tome 2 qui est inutilement complexe. Je me demande même si Ennis lui-même serait capable de bien comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux.
Une série vraiment pas terrible au final, malgré un bon départ.
Mouais. Voilà un album qui ne m’a pas convaincu. La déception est d’autant plus grande que je l’avais emprunté – au hasard certes – après être tombé sur cette belle couverture, intrigante, qui me laissait entrevoir de chouettes planches, un peu comme pour « Contes mécaniques ».
Sur ce point graphique, ça tient l’essentiel de ses promesses. Malnati nous propose en effet quelques chouettes personnages, mêlant parties métalliques, esprit steampunk et décors victoriens. Je suis moins intéressé par les personnages de sauterelles avec de gros yeux.
Mais, après un très long prologue (près du tiers de l’album quand même !?), j’ai été rapidement et complètement perdu par l’intrigue, la foule de personnages. Au point qu’au bout d’un moment, j’ai survolé certains passages, me contentant de regarder les beaux dessins.
Ce que j’ai saisi du propos est a priori louable (le tout mécanique, l’artificiel, face à la nature et au bonheur), mais manque aussi de nuance.
Le ramage ne vaut pas le plumage.
Note réelle 2,5/5.
Le dessin met en exergue la beauté des corps masculins et du décor Renaissance, mais est-ce que cela suffit ? Tout dépend des goûts de chacun, disons qu'on peut lire ça à la limite mais investir là-dedans, s'encombrer voire relire : non ! La réalité historique passe par perte et profits, légende dorée et légendes noires se valent. J'aimerais qu'on montre des personnages tout à la fois possédés par leur croyance et le sexe, vu que c'est le cas de la plupart des gens à l'époque. L'esprit de domination des dominants serait un plus… Et tout cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas d'amour, l'être humain étant complexe. Mais il y a une chose simple, basique, pour faire une explosion intellectuelle et artistique, la concurrence, entre cités grecques dans l'Antiquité, et italiennes à la Renaissance. De ce point de vue, la contenu des croyances, païennes ou chrétiennes, est absolument anecdotique. Bref, ici on est dans un livre d'images dynamique comme dans Les Borgia, a dit quelqu'un sauf que c'est mieux dessiné. Si on veut être vraiment dans l'esprit de la Renaissance, il y a une série de manga à propos de César Borgia qui est parfaite.
Je suis d’accord avec Pol pour dire que la première histoire est celle qui est la plus intéressante. Malheureusement la suite ne m’a jamais réellement captivé.
En effet, on a quand même l’impression de lire des fonds de tiroirs, des idées jetées en l’air et rattrapées par un copain, mais qui n’ont pas été développées (deux histoires sont même hyper courtes, et m’ont un temps fait croire qu’elles constituaient un simple chapitre d’un ensemble plus conséquent, mais non, il faut s’en contenter.
L’ensemble est hétéroclite, même si la présence assez récurrente de squelettes permet de justifier une petite unité, et le titre du recueil. Un arrière-plan médiéval (plus ou moins historique ou fantastique), mâtiné de Fantasy sur certains récits : il y a quelques bouts d’idées, mais c’est le plus souvent frustrant et décevant.
Quant au dessin de Mignola, on reconnait sa patte, mais, là aussi, j’ai trouvé que c’était un service minimum qui nous était proposé. C’est assez minimaliste au niveau des détails. Lisible, mais peu emballant. La colorisation de Steward accentue le côté « brut » et le côté ébauche de ces récits.
Une lecture qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Une série qui n’est jamais parvenu à me captiver. Pourtant, elle pouvait avoir quelques atouts, avec ces barbouzes qui écument s’étripent dans toute l’Europe au temps de la guerre d’Algérie. Du thriller politique en arrière-plan, des coups foirés en veux-tu en voilà.
Mais voilà justement, j’en voulais plus. Car l’intrigue est franchement trop linéaire, manque de consistance. Elle ne se résume le plus souvent qu’en une succession d’assassinats, de vengeance. Là où Lautner apporter de l’humour à ce type de scénario répétitif sans profondeur, ici rien du tout, c’est sérieux, et ennuyeux.
On ne s’attache pas non plus aux personnages, et l’intrigue ne leur donne ni profondeur ni crédibilité.
Quant au dessin, je n’en suis pas vraiment fan. Des défauts, et un rendu – les visages en particulier, mais aussi certaines postures – qui ne m’a pas convenu.
La belle déception que voilà !
BD sur les thématiques du désir féminin et de la chasse aux sorcières dont le traitement laisse assez songeur. Cette BD officiellement érotique (qui ne l'est dans les faits pas) nous propose un discours véritablement réactionnaire. La "sorcière" y mériterait son traitement, a minima pour avoir succombé (uniquement dans ses rêves) à des fantasmes charnels. Qui plus est avec une figure proche du Diable légitimant pleinement le procès en sorcellerie. Le conjoint est tout pardonné de condamner sa propre épouse, tout harassé qu'il est de "servir Dieu" et de "protéger les hommes". L'amoralité de la meilleure amie qui trahit pour se sauver révèle moins une perfidie intéressante dramatiquement que les faiblesses de l'intrigue un temps policière.
On pense à "Eyes wide shut" de Kubrick pour cet emballement autour de simples rêves, à la jolie BD L'Imprimerie du diable pour cette confrontation entre représentant de l'inquisition et femme supposée sorcière, mais l'on n'atteint nullement le niveau et l'intérêt de ces fictions-là.
L'Amérique réactionnaire nous surprendra toujours. Sa manière d'adopter faussement les discours et thématiques progressistes pour mieux disperser son fiel n'est nullement machiavélique et intelligente, mais simplement risible sinon pathétique.
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Le Vase de cristal
Les différentes communications de l'éditeur annonçaient des révélations fracassantes au sujet de Gisela, dont le fils et la petite-fille sont chargés de vider son appartement à sa mort. Partis d'Angleterre, père et fille traversent alors quatre pays afin de rejoindre Fribourg, en Allemagne, afin de faire rapidement du tri, et de charger vaille que vaille un gros fourgon pour tout ramener outre-Manche où le reste de la famille pourra se servir. L'occasion pour eux de discuter de l'histoire familiale, de l'exil de Gisela en Rhodésie, dans le sud du continent africain, alors qu'une autre branche de la famille part elle vers Amsterdam, la Guyane néerlandaise, et les Etats-Unis. Une véritable odyssée familiale, dont Astrid semble se désintéresser, pour mettre en avant l'inefficacité chronique dont semble souffrir l'intégralité de sa famille : l'enterrement de sa grand-mère ailleurs que dans le vieux cimetière juif de sa ville, saturé, les injonctions contradictoires de sa mère, de sa sœur, les penchants autoritaires d'une cousine... C'est, à ma connaissance, le premier album de l'autrice, dont le métier est celui d'une animatrice spécialiste du stop motion. Et ça se sent : la construction est chaotique, elle se perd dans les différents éléments sans les utiliser vraiment, et l'élément qui donne son nom à l'album apparaît lors d'une brève séquence à la fin de l'histoire. Il reste quand même quelques petits moments d'émotion, comme lorsque le père raconte une drôle d'anecdote de l'époque où il jouait dans une adaptation en théâtre de Peter Pan jeune... Le dessin quant à lui est statique la plupart du temps, un peu minimaliste, on dirait de la ligne claire par moments. Bref, c'est dommage que cette histoire arrive aussi tôt dans l'œuvre de l'autrice, avec plus de bouteille elle aurait pu en faire quelque chose de plus pêchu.
Reliefs de l’Ancien Monde
Reliefs de l'ancien monde rassemble une série d'histoires courtes publiées entre la fin des années 80 et le début des années 2000 dans diverses revues et collectifs. Aucun réel lien entre elles, même si on y retrouve souvent des tranches de vie, souvent estivales, centrées sur des personnages ordinaires, entre petites ironies du quotidien et légères désillusions. J'aime beaucoup le dessin de Jean-Claude Denis. Sa ligne claire souple, immédiatement identifiable, me plaît énormément, surtout lorsqu'elle est associée à sa colorisation légèrement désaturée. Il y présente une élégance feutrée et une atmosphère un peu mélancolique qui fonctionnent très bien. Même si le style graphique n'est pas strictement identique pour chaque histoire de cet album et que certaines sont plus soignées que d'autres, l'ensemble est visuellement agréable à parcourir, avec des ambiances lumineuses, souvent estivales, qui donnent envie de s'attarder sur les planches. Malheureusement, aucune de ces histoires ne m'a convaincu. Elles donnent vraiment l'impression de "fonds de tiroir" : des récits mineurs, anecdotiques, le premier ayant même été refusé par l'Echo des Savanes qui n'a pas jugé intéressant de le publier à l'époque. L'humour, censé être grinçant ou tendre, ne m'a quasiment jamais fait sourire. Certains personnages sont même franchement agaçants, enfermés dans des postures stériles ou stéréotypées. Trop souvent, je me suis demandé où l'auteur voulait en venir, sans ressentir d'émotion particulière. Seule l'histoire de l'amour de vacances m'a semblé sortir du lot, avec une petite touche de nostalgie et quelque chose de plus incarné. Je trouve aussi dommage que les notes explicatives sur l'origine et le contexte de création des récits soient regroupées en fin d'album. Elles sont intéressantes mais j'aurais aimé les avoir avant chaque histoire, ou juste après chacune d'elles. Cela m'aurait sans doute permis de mieux les apprécier, de les replacer dans leur contexte éditorial ou personnel, et peut-être d'y trouver davantage de relief. On a donc là un album globalement séduisant graphiquement, mais très dispensable à moins d'être un collectionneur de tout ce que JC Denis a pu réaliser.
Yojimbot
Pour moi encore un exemple de conclusion ratée qui vient détruire ce qui semblait être une très bonne BD. Notre histoire se déroule dans un monde postapocalyptique où l'essentiel de la planète est à priori invivable, et se déroule au début dans un parc d'attraction abandonné/désaffecté consacré au Japon médiéval, où des robots-samourai se livrent encore et toujours à des duels pour un public qui n'existe plus. Un jeune garçon et son père, poursuivis par des mercenaires, se réfugient dans le parc. Le père se fera rapidement assassiner par les poursuivants, mais le fils sera protégé par certains des robots sur place, dont celui surnommé Yojimbot, qui donne son nom à la série. Les robots ne parlent pas, il s'agit donc d'une œuvre à base avant tout visuelle et muette. Les 2 premiers tomes sont franchement brillants. Cette absence de dialogue (seul le garçon parle) est une idée assez géniale, car elle renforce l'aspect visuelle et scénique. A partir du tome 3, les humains jouent un rôle beaucoup plus important, le cadre posé commence à se fissurer, mais cela reste potable. Ce d'autant qu'il se termine sur un cliffhanger qui laisse pantois. Le tome 4, conclusif (la série n'est donc pas "en cour", mais bien terminée), pourrit tout. Le cadre là s'effondre... On change de décor, les robots sont assez secondaires, on apprend que + ou - tout ce qu'on nous avait raconté avant sur ce monde postapo était bidon, les révélations sont enchaînées (voire torchées) en quelques pages (surtout sur le cliffhanger du tome 3), sur le mode "haha, c'était un piège, on vous a bien eu"...Cela devient relativement imbuvable et on se demande à la dernière page "tout ça pour ça?".
La Vie sans portable
Mouais. Il y a peut-être de bonnes intentions derrière cet album (qui alterne commentaires off avec uniquement du texte, et passages avec phylactères). Mais je ne l’ai clairement trouvé ni bon ni intéressant – indépendamment du fait qu’il s’adresse avant tout à un lectorat bien plus jeune que moi. La narration est bien trop naïve, manichéenne, et la fin m'est apparue bâclée – la confiscation du portable de la jeune héroïne (on parle ici de gamin d’une douzaine d’années) parvient quasi instantanément à résoudre tous les problèmes de la gamine (scolaire, amoureux - la bonne nouvelle arrive d'ailleurs via un SMS..., familiaux). Le scénario est bien trop édifiant, presque autant qu’une publication de patronage d’il y a un siècle.
A walk through Hell - Une promenade en Enfer
Je rejoins l'avis précédent et j'ajoute qu'en plus je n'aime pas trop le dessin. C'est le style réaliste froid, sans saveur et sans âme comme on en voit trop dans les comics modernes. Je pense que je n'aurais jamais lu cette série s'il n'y avait pas le nom de Garth Ennis sur la couverture. Alors Garth Ennis est un scénariste (trop) prolifique qui est capable du meilleur comme du pire. Celle-ci n'est pas parmi les plus mauvaises qu'il ait faites, mais ce n'est pas terrible. En effet, le début est pas trop mal. Il y a un bon mystère qui donne envie de savoir la suite. Sauf que si le premier tome est d'un niveau correct, on finit par se perdre dans le tome 2 qui est inutilement complexe. Je me demande même si Ennis lui-même serait capable de bien comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une série vraiment pas terrible au final, malgré un bon départ.
Un Battement d'aile de papillon
Mouais. Voilà un album qui ne m’a pas convaincu. La déception est d’autant plus grande que je l’avais emprunté – au hasard certes – après être tombé sur cette belle couverture, intrigante, qui me laissait entrevoir de chouettes planches, un peu comme pour « Contes mécaniques ». Sur ce point graphique, ça tient l’essentiel de ses promesses. Malnati nous propose en effet quelques chouettes personnages, mêlant parties métalliques, esprit steampunk et décors victoriens. Je suis moins intéressé par les personnages de sauterelles avec de gros yeux. Mais, après un très long prologue (près du tiers de l’album quand même !?), j’ai été rapidement et complètement perdu par l’intrigue, la foule de personnages. Au point qu’au bout d’un moment, j’ai survolé certains passages, me contentant de regarder les beaux dessins. Ce que j’ai saisi du propos est a priori louable (le tout mécanique, l’artificiel, face à la nature et au bonheur), mais manque aussi de nuance. Le ramage ne vaut pas le plumage. Note réelle 2,5/5.
Le Pape Terrible
Le dessin met en exergue la beauté des corps masculins et du décor Renaissance, mais est-ce que cela suffit ? Tout dépend des goûts de chacun, disons qu'on peut lire ça à la limite mais investir là-dedans, s'encombrer voire relire : non ! La réalité historique passe par perte et profits, légende dorée et légendes noires se valent. J'aimerais qu'on montre des personnages tout à la fois possédés par leur croyance et le sexe, vu que c'est le cas de la plupart des gens à l'époque. L'esprit de domination des dominants serait un plus… Et tout cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas d'amour, l'être humain étant complexe. Mais il y a une chose simple, basique, pour faire une explosion intellectuelle et artistique, la concurrence, entre cités grecques dans l'Antiquité, et italiennes à la Renaissance. De ce point de vue, la contenu des croyances, païennes ou chrétiennes, est absolument anecdotique. Bref, ici on est dans un livre d'images dynamique comme dans Les Borgia, a dit quelqu'un sauf que c'est mieux dessiné. Si on veut être vraiment dans l'esprit de la Renaissance, il y a une série de manga à propos de César Borgia qui est parfaite.
Le Carnaval des cadavres
Je suis d’accord avec Pol pour dire que la première histoire est celle qui est la plus intéressante. Malheureusement la suite ne m’a jamais réellement captivé. En effet, on a quand même l’impression de lire des fonds de tiroirs, des idées jetées en l’air et rattrapées par un copain, mais qui n’ont pas été développées (deux histoires sont même hyper courtes, et m’ont un temps fait croire qu’elles constituaient un simple chapitre d’un ensemble plus conséquent, mais non, il faut s’en contenter. L’ensemble est hétéroclite, même si la présence assez récurrente de squelettes permet de justifier une petite unité, et le titre du recueil. Un arrière-plan médiéval (plus ou moins historique ou fantastique), mâtiné de Fantasy sur certains récits : il y a quelques bouts d’idées, mais c’est le plus souvent frustrant et décevant. Quant au dessin de Mignola, on reconnait sa patte, mais, là aussi, j’ai trouvé que c’était un service minimum qui nous était proposé. C’est assez minimaliste au niveau des détails. Lisible, mais peu emballant. La colorisation de Steward accentue le côté « brut » et le côté ébauche de ces récits. Une lecture qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Du côté de l'enfer
Une série qui n’est jamais parvenu à me captiver. Pourtant, elle pouvait avoir quelques atouts, avec ces barbouzes qui écument s’étripent dans toute l’Europe au temps de la guerre d’Algérie. Du thriller politique en arrière-plan, des coups foirés en veux-tu en voilà. Mais voilà justement, j’en voulais plus. Car l’intrigue est franchement trop linéaire, manque de consistance. Elle ne se résume le plus souvent qu’en une succession d’assassinats, de vengeance. Là où Lautner apporter de l’humour à ce type de scénario répétitif sans profondeur, ici rien du tout, c’est sérieux, et ennuyeux. On ne s’attache pas non plus aux personnages, et l’intrigue ne leur donne ni profondeur ni crédibilité. Quant au dessin, je n’en suis pas vraiment fan. Des défauts, et un rendu – les visages en particulier, mais aussi certaines postures – qui ne m’a pas convenu.
Somna
La belle déception que voilà ! BD sur les thématiques du désir féminin et de la chasse aux sorcières dont le traitement laisse assez songeur. Cette BD officiellement érotique (qui ne l'est dans les faits pas) nous propose un discours véritablement réactionnaire. La "sorcière" y mériterait son traitement, a minima pour avoir succombé (uniquement dans ses rêves) à des fantasmes charnels. Qui plus est avec une figure proche du Diable légitimant pleinement le procès en sorcellerie. Le conjoint est tout pardonné de condamner sa propre épouse, tout harassé qu'il est de "servir Dieu" et de "protéger les hommes". L'amoralité de la meilleure amie qui trahit pour se sauver révèle moins une perfidie intéressante dramatiquement que les faiblesses de l'intrigue un temps policière. On pense à "Eyes wide shut" de Kubrick pour cet emballement autour de simples rêves, à la jolie BD L'Imprimerie du diable pour cette confrontation entre représentant de l'inquisition et femme supposée sorcière, mais l'on n'atteint nullement le niveau et l'intérêt de ces fictions-là. L'Amérique réactionnaire nous surprendra toujours. Sa manière d'adopter faussement les discours et thématiques progressistes pour mieux disperser son fiel n'est nullement machiavélique et intelligente, mais simplement risible sinon pathétique.