Les derniers avis (20551 avis)

Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série À qui le tour ?
À qui le tour ?

À qui le tour ? est un recueil d'histoires courtes d'humour noir, toutes construites autour de faits divers, de meurtres absurdes ou sordides, et de chutes plus ou moins cruelles. Le principe est simple et assumé : prendre la lie de la société humaine et ses pulsions les plus glauques pour en tirer des récits grinçants et très noirs. Ce type d'histoires s'inscrit clairement dans la tradition de Fluide Glacial, voire de Hara-Kiri. On pense à Tronchet ou à Vuillemin, mais aussi, évidemment, aux personnages volontairement abjects et misérables que Lindingre lui-même a déjà mis en scène dans ses premiers ouvrages (Chez Francisque, Titine au bistrot ou encore La Famille Legroin). Certaines histoires sont efficaces, avec des chutes bien amenées et une noirceur assumée qui fonctionne à plein régime. D'autres sont moins mémorables, souvent parce que la fin est un peu attendue ou trop plate. Et puis il y a des récits qui m'ont laissé froid, soit parce qu'ils donnent une impression de déjà-vu par rapport aux précédents, soit parce que l'humour graveleux ou la facilité de la trame m'ont paru trop appuyés, voire gratuits. J'ai en effet ressenti un effet de répétition, avec des constructions reposant toujours sur le même mécanisme (montée en tension puis chute cruelle), des idées déjà exploitées, et parfois une recherche du choquant pour le choquant sans que cela soit réellement drôle. Et c'est dommage car, graphiquement, j'aime beaucoup le travail de Jean-Christophe Chauzy. Son dessin est expressif, nerveux, parfois presque agressif, avec une mise en couleurs directes qui rend les planches belles tout en renforçant le malaise et la noirceur des situations. C'est un style qui colle parfaitement à ce type de récits, capable d'être à la fois caricatural et cru tout en restant maîtrisé. Le graphisme porte clairement l'album. Par conséquent, je suis navré d'avoir trouvé ces histoires si peu drôles et souvent prévisibles dans leur manière d'explorer la médiocrité humaine à travers des personnages tous plus malsains les uns que les autres.

19/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Le Monde à Malec
Le Monde à Malec

À mi-chemin entre le blog BD et le strip comics, Le Monde à Malec raconte pêle-mêle le quotidien de son auteur, parti vivre a Tokyo avec sa femme coréenne, son travail, les chocs culturels, Internet et une multitude de digressions plus ou moins liées à ces thèmes. Il en découle une accumulation de tranches de vie, de strips et de récits courts, sans véritable colonne vertébrale narrative. Le dessin est volontairement simple et caricatural, très expressif, avec une mise en page libre. Le format paysage évoque clairement le strip, et l'album en contient d'ailleurs plusieurs. L'énergie graphique est indéniable : ça bouge, ça se lit sans effort et l'ensemble reste clair. En revanche, cela ne cherche jamais la finesse ni la sophistication visuelle. On est sur un registre de blog BD humoristique. Côté scénario, c'est là que mon avis se divise nettement. Comme évoqué plus haut, l'ensemble est très foutraque. On trouve parfois quelques fragments du quotidien et, plus rarement, des passages réellement consacrés à la vie au Japon. Mais l'album accumule surtout les digressions, les dialogues de couple, les prises de position sur la société et de nombreux extraits issus d'anciennes publications internet de l'auteur. L'humour se veut décomplexé, cynique et souvent autoréflexif, avec quelques brisages du quatrième mur. Malgré cela, l'ensemble m'a laissé une impression de vide assez persistante. Beaucoup de gags reposent sur un humour potache, volontiers vulgaire, fréquemment scato, ou sur des stéréotypes qui finissent par lasser. La relation avec Kirika, présentée de manière très infantilisante, n'apparait ni touchante ni réellement signifiante, tout au plus anecdotique. Malgré un cadre théoriquement riche (Tokyo, expatriation, différences culturelles, monde de l'animation), l'album en exploite très peu les possibilités et survole ces sujets de manière trop superficielle. L'auteur semble avoir finalement peu de choses à dire au-delà de lui-même, sans jamais chercher à dépasser l'anecdote ou le gag immédiat. J'y ai donc surtout vu un exercice autocentré, effleurant des thèmes intéressants mais s'attardant trop longuement sur des considérations mineures et sur un humour qui ne m'a jamais fait décrocher un sourire.

19/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 2/5
Couverture de la série Le Chat
Le Chat

Bd bien surévaluée. Dessin, arrive à rendre un chat moche et banal, comme on jetterait un diamant dans la boue. Gag ? Rien de génial, qu'est-ce qu'on descend par rapport à tant de séries comiques… On s'ennuie à cause d'une banalité pompeuse, moche et sans mouvement. Les couleurs sont aussi grises que l'humour passe-partout. L'auteur est bien meilleur comme invité à la télé, je pense que c'est la raison pour laquelle une bulle spéculative comme des dessins nuls et des gags passables où il s'écoute parler ne crève pas. Lises plutôt Calvin et Hobbes !

19/01/2026 (modifier)
Par Gilles
Note: 2/5
Couverture de la série Little Gotham
Little Gotham

Je voulais un Batman un peu décalé, avec des références... Je me retrouve avec un peu de fan service et une succession de jeux de mots qui rend les histoires dures à lire et comprendre. Je déconseille. Humour vraiment bas de gamme.

18/01/2026 (modifier)
Par Battle
Note: 2/5
Couverture de la série Une luciole dans la ville
Une luciole dans la ville

J'avais beaucoup apprécié le Moine Fou autant le dessin que le scénario. Pour ce One Shot de Vink, le dessin est toujours très allégé et poétique comme à son habitude. Du coté du scénario, par contre, le bât blesse vraiment... Cette histoire n'a vraiment ni queue ni tête ; en tout cas il n'y a aucune structure et la fin se termine comme un gros plouf dans l'eau. On peut rêver sur les beaux dessins de Vink, mais l'incohérence de l'histoire nous amène à rester sur notre faim ! 2 étoiles pour le dessin, 1,5 pour le reste...

16/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 2/5
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

Re-la-ti-vi-sons ! Cette bd est pas pas mal, sans plus. Le dessin a une relative personnalité mais est moche, et on a tué… un animal ! Je préfère qu'une communauté se réconcilie sur le dos d'une bête que d'un humain, soit l'une des raisons qui font que j'estime que les corridas ont une utilité sociale. Il faut se remettre dans le contexte historique, aussi, quand on a découvert les singes on a eu du mal à les différencier des humains. Et les Noirs en ont fait les frais, ravalés au niveau de la bête, ou du moins entre les Blancs et elle. Même si j'ai plains le pauvre singe, je m'inquiétais plus du jeune garçon jeté du navire pour le crime de parler la langue de Shakespeare, et qui arrivé en Angleterre risquait aussi beaucoup de la part des sujets de Sa Gracieuse Majesté ! La légende - ou la réalité ? - de ce qui est arrivé au singe a une part d'odieux et de ridicule, mais qu'est-ce par rapport à tant de drames ? On a pu parler de mépris pour les gens du peuple, mais n'oublions pas que le capitaine du navire, donc de l'élite, donne, lui, l'ordre d'exécuter un enfant pour cause de haine délirante envers l'ennemi anglais. A cela répond un médecin qui n'est pas n'importe qui, grand père de Darwin, avec ce dernier, enfant : difficile de faire mieux ! Et si les gens du peuple sont montrés ignorants et très remontés contre les mangeurs de grenouilles, il y a chez de pauvres gens abandonné par toute élite le désir de faire de son mieux, en ne tuant pas comme ça le singe qu'ils prennent pour un ennemi, mais en essayant de lui accorder un procès avec un avocat. Dans cette œuvre, je pense qu'il y a le procès des nations, qui mèneraient à des illusions sur son groupe et à la haine des autres groupes. Ou bien c'est le mot de la fin qui m'y fait songer ? C'est un reproche qu'on peut faire à tous les groupes. D'un autre côté, sans groupe pour l'élever, un humain ne développe pas son potentiel comme on le voit pour les enfants sauvages. Les heureux sont ceux qui ont eu le plus grand capital culturel du groupe, comme le savant grand-père de Darwin, et s'éloignent des groupes quand ils sont en pleine crise de violence. Une grand-mère du village, forcément moins instruite, arrive à la même attitude par une réflexion sans doute plus personnelle. Il n'est pas naturel que les plus lucides fassent réfléchir les autres : s'ils le sont, ils voient bien la difficulté, parfois le danger, voire si on est pessimiste, la futilité de l'entreprise.

15/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série Nimuë
Nimuë

J'aime beaucoup le mythe arthurien, et cette adaptation m'intéressait pour son intérêt à la Dame du Lac, personnage récurrent mais assez rarement développé quant à son origine. L'idée me semblait donc bonne, malheureusement je n'ai pas été convaincu. C'est une BD que j'ai du relire pour écrire cette avis, tant elle ne m'avait pas imprimé l'esprit. En fin de compte, c'est une histoire assez classique de gamine différente, qu'on traite de sorcière, qui est réellement une fille issue d'un peuple féérique qui lutte contre les humains. Le tout saupoudré de questions sur la violence des hommes, incarnée par Merlin et son harem. Bref, c'est assez classique dans le déroulé et l'idée, avec des commentaires dans l'air du temps sur le statut des femmes, les questions de liens avec la nature ... Mais tout est traité un peu légèrement, rapidement, sans vraiment que je n'y trouve un intérêt. C'est sans doute que ça me semble aller dans le même sens que plein de BD que j'ai lu dans le même type et qui ne m'ont pas accroché non plus. Une BD qui me semble assez oubliable, personnellement elle m'a assez vite indifféré et je ne pense pas que j'en retiendrais quelque chose. Je ne recommande pas vraiment.

15/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Amuse-gueules
Amuse-gueules

Un album collectif sur le thème du rapport à la bouffe, composé tantôt d'anecdotes personnelles, tantôt de réflexions sur la société, tantôt de sujets plus fictionnels, voire d’un petit conte pour la fin. Réalisés par des auteurs québécois, j'ai trouvé que les dessins de chaque histoire étaient réussis, chacun dans son style bien distinct. Il n'y a que la dernière, le fameux petit conte, que j'ai trouvée trop simplement dessinée et faible en termes de couleurs. Toutes les autres histoires montrent un vrai talent, que j'ai apprécié. Par contre, les scénarios sont beaucoup trop anecdotiques. Les tentatives d'humour tombent à plat, les sujets personnels manquent d'intérêt (et les multiples références québécoises ne parlent pas forcément à un lecteur français) et les fictions laissent indifférent. On a l'impression que le thème n'a pas vraiment inspiré les auteurs, qui se sont contentés de livrer leur copie en respectant le sujet, sans avoir grand-chose à raconter. Je me suis bien ennuyé.

14/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Guerrilleros
Les Guerrilleros

Lorsque j’étais tombé par hasard sur cet album en farfouillant dans des bacs d’occasion, je croyais avoir découvert une vieille publication de Jordi Bernet – un auteur dont j’avais déjà apprécié plusieurs séries (je ne sais pas pourquoi, je m’étais uniquement focalisé sur Bernet, et pas sur Toledano…). En fait il s’agit d’un autre auteur bien sûr – même si je crois que c’est un oncle de Jordi Bernet. Le petit texte de présentation présente « Les Guerrilleros » comme une sorte d’Astérix et Obélix espagnols. Certes, il y a bien l’idée d’une résistance a priori déséquilibrée entre un envahisseur surpuissant et des patriotes malins et courageux, certes, les envahisseurs sont vraiment bêtes. Mais la comparaison s’arrête là, tant j’ai trouvé l’humour vraiment poussif, et les personnages sans réelle profondeur. Péripéties et dialogues manquent en effet de percussion (n’est pas Goscinny qui veut !), et seuls quelques rares moments m’ont fait sourire, l’essentiel de l’album me laissant de marbre. La série a été au préalable publié dans la revue espagnole Trinca, au tout début des années 1970. Le contexte dans lequel se déroule la série, la révolte espagnole de mai 1808 face aux troupes napoléoniennes a rarement été exploité – du moins en France. Mais c’est surtout le contexte de création et de publication qui prime ici. En effet, on est dans les dernières années de la dictature franquiste, et on comprend que celle-ci voit d’un bon œil la mise en avant du patriotisme espagnol, les idées nationalistes proches des phalangistes (par ricochet, on comprend aussi que cette dictature devait encore singulièrement brider la liberté créatrice). De fait, on est très loin ici des séries qui sortiront après la chute de Franco, dans des revues autrement plus irrévérencieuses, ça reste très ampoulé, convenu, avec un humour qui fait quand même daté (le gag de la banane sur laquelle glisse un officier français…). Sur la même période historique, et avec un dessin assez proche, j’avais quand même préféré Godaille et Godasse. Le dessin d’ailleurs, sans être excellent, est quand même ce qui passe le mieux. Du caricatural plus ou moins gentillet (pas très détaillé), mais qui peine à relever le plat des intrigues.

13/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série La Bureautique des Sentiments
La Bureautique des Sentiments

Je serais tenté de dire que je n'ai vraiment pas aimé cet album, si ce n'est pour un point : le dessin de Ju/CDM, qui reste très réussi et constitue le principal atout de l'ouvrage. Pour le reste, cela ne fonctionne pas pour moi. Il s'agit d'une succession de gags centrés sur Michel, un nerd socialement inadapté, obsédé par les fichiers Excel et incapable de réussir la moindre interaction avec ses collègues ou avec les femmes. Sur le papier, le sujet aurait pourtant pu m'amuser, étant moi-même volontiers geek et introverti. Mais ici, l'humour ne prend jamais. Les gags et les dialogues tombent systématiquement à plat. L'humour est poussif, répétitif, mal rythmé, et ne provoque pas le moindre sourire. Il s'appuie sur une caricature facile et un jusqu'au-boutisme qui va trop vite dans le mur. Surtout, le personnage de Michel est profondément antipathique. Égocentrique, parfois violent et simplement stupide, il n'éveille aucune empathie et se révèle bien plus pénible qu'amusant ou touchant. Je m'en suis lassé au bout de quelques pages et j'ai terminé l'album avec difficulté. Les auteurs tentent bien de faire évoluer légèrement la situation sur la fin, en entraînant le personnage vers une nouvelle obsession (le death metal), mais cela reste tout aussi stéréotypé, sans être ni drôle ni attachant. Au final, je n'ai pas aimé cet album. Mais il est bien dessiné.

13/01/2026 (modifier)