J'ai souvent de la difficulté avec les scénarios de Roy Thomas. J'aime bien ses scénarios pour Conan et les Avengers et son run avec Neal Adams sur X-Men était très bon, mais le reste de ce que j'ai lu de lui me laisse au mieux indifférent.
C'est le cas ici avec cette série qui se passe durant la seconde guerre mondiale et mets en vedette les trois grosses vedettes du Marvel des années 40: Captain America, Namor et la première Torche Humaine. Roy Thomas est un gros fan des comics books des années 40 alors il va avoir pleins de références et d'hommages à d'autres séries que je ne connais pas et dont je me fous un peu. La caractérisation des personnages est vraiment simpliste. Namor, par exemple, perds le coté ambiguë et même méchant qu'il avait dans ses propres aventures au cours de la décennie des années 40. Ce sont des bêtes aventures bourrés d'actions et même pas divertissant. Comme c'est toujours le cas avec Thomas, il y a beaucoup de dialogues et vers la fin de l'album j'en avais marre de les lire et je les ai juste survolés.
La plupart des épisodes sont dessinés par Frank Robbins, un dessinateur qui a débuté dans les années 30-40 alors il était le dessinateur idéal pour une série qui rends hommage à cette période, mais son dessin est trop daté et pas du tout excitant. En fait, je ne suis pas un grand fan des comics books de cette période, mais il y a certaines séries qui surnagent du lot et qui possèdent un certain charme. Ici, il n'y a pas ce charme. Vous avez déjà lu une série BD qui rends hommage aux bds des années 50-60 ou à un auteur en particulier (comme c'est le cas avec Maurice Tillieux) et vous avez eu l'impression que c'était plus daté et niais que ce qu'on faisait à l'époque ? Ben ici c'est la même chose, mais pour les comics !
Comme sur les très bon Quartier lointain et Le Journal de mon père, Taniguchi prend le temps de nous conter son histoire.
Toutefois, contrairement aux deux albums précédents, il n'aura jamais réussi à m'embarquer avec lui dans ce voyage au Louvre.
La seule partie qui aura réussi à retenir mon attention fut celle ou il nous explique comment les oeuvres d'art exposées au Louvre furent protégées de l'invasion nazie de 1940.
Pour le reste ses rencontres avec différents peintres, n'auront pas su capter mon attention même si je ne doute pas que pour certains elles se révèleront d'un intérêt particulier.
Reste son coup de crayon qui comme bien souvent est relativement identifiable mais surtout agréable.
Au final c'est le premier ouvrage de Taniguchi qui me déçoit, il ne figurait pas dans ma PAL et je suis tombé dessus par hasard en bibliothèque. Heureusement ...
Eric Stanton (1926-1999) est un classique de l'illustration et aussi de la bande dessinée érotique, de l'underground et du bizarre.
J'ai retrouvé ce livre, le retour de Gwendoline (deuxième tome de l'édition ancienne), en faisant le ménage dans le garage. Je me souviens l'avoir acheté il y a de nombreuses années dans un kiosque, avec quelques revues. Ensuite, je l'ai caché avec honte, mais je ne jette jamais de BD à la poubelle: c'est un péché!
C'est un objet étrange, un ovni chez les Humanoïdes. Mais entre-temps, l'auteur est devenu culte et l'éditeur Taschen lui a consacré quelques livres monumentaux que j'ai achetés. Les dessins sont datés mais pas sans intérêt. Ses fétiches et obsessions sexuels sont devenus assez courants aujourd'hui: soumission, travestissement, fessées soft; les uniformes de servantes, d'infirmières, de cavalières, les vêtements en cuir, les talons aiguilles et les bottes hautes. En bref, tout le fatras du bondage et du sadomasochisme conventionnel mais sans violence excessive. Au maximum, les bagarres entre femmes très sexy...
Ce roman graphique s'annonçait comme un événement, finalement le soufflé retomba bien vite suite à un accueil critique insuffisamment favorable, malgré un sujet particulièrement propice aux exaltations.
Qu'en est-il aujourd'hui, alors que cette "3e Kamera" est retombée dans un anonyme oubli ?
La BD aborde la fin du nazisme sous l'angle original de la photographie non-officielle, clandestine. Le problème est que ce sujet est finalement à moitié oublié, perdu au milieu d'autres (pour certains également intéressants : le lynchage des collabos, les exactions des militaires US, la survie et le jusqu'au boutisme des derniers SS, la survie de la population civile après 6 années de guerre dans un Berlin désormais en ruines). Aussi, notre enquête iconographique sur les preuves de l'horreur nazie, sur les preuves d'une responsabilité assez collective, est éclipsée par ces multiples autres développements. Cette BD manque singulièrement de structures et il eut sans doute fallu se contenter d'un unique sujet lié à la quête des fameuses 3e kamera.
Il n'empêche, à l'instar du tout récent film de Giannoli "Les Rayons et les ombres", il s'agissait d'offrir au lecteur le désagréable point de vue d'une humanité perdue, de personnes ayant préféré s'adapter à l'inimaginable plutôt que de choisir la dangereuse opposition. La conclusion sur la tragique banalité du basculement est horriblement vertigineuse, mais la complaisance n'est pas totalement évitée.
Une BD fort intéressante, dépassée par son sujet, plutôt confuse.
J'ai acheté toute la série à la fin des années 90 pour deux raisons: les dessins très détaillés (surtout les paysages urbains et les machines) et parce qu'elle était en promotion, très bon marché! Mais j'étais déjà trop vieux pour une histoire qui s'adressait surtout aux garçons adolescents. Aujourd'hui, je pense que la façon dont le thème post-apocalyptique a été traité est dépassée, même pour les jeunes. Tout ça continue d'avoir un certain intérêt historique, rien de plus.
Un gros bof.
On nous promet un peu de souffre et de l'imaginaire.
On n'aura ni l'un ni l'autre.
Pour le souffre cette bd faussement érotique n'en est pas une, et ce n'est pas grave, mais l'amorce et le coeur de l'histoire sont centrés là dessus. Ce thème n'est au fond pas traité.
Pour l'imaginaire rebelotte. L'histoire et les personnages ont été vus, revus milles fois. Tous les personnages sont des caricatures, l'histoire un cliché de mauvais scénario.
Les dessins sont sympathiques mais souvent sans forces, voir plats.
Je ne comprends pas comment cette série a pu être sélectionnée aux Will Eisner puis traverser l'Atlantique pour être éditée en France.
A lire en tant que jeune ado peut être ?
Mo/CDM est un auteur assez prolifique, qui joue toujours sur le même registre de l’humour gras et con. Un registre qui m’intéresse a priori. Mais ses productions – entre chaque série, mais aussi à l’intérieur d’un même album – sont assez inégales.
C’est encore le cas avec ce recueil d’histoires courtes. Mais l’ensemble m’a globalement déçu. Bien sûr j’ai souri, voire ri, à plusieurs reprises, et quelques chutes sont bien amenées. Surtout dans les histoires les plus courtes d’ailleurs.
Car lorsque l’auteur développe, ça tombe trop souvent dans du n’importe quoi qui s’étale trop, moins drôle. Voire pas drôle du tout.
Concernant le dessin, c’est du classique pour cet auteur. Un trait adapté à son humour, qui passe bien, avec une colorisation qui elle aussi ne joue pas sur les détails et la finesse.
Comme pour les histoires, le trop est ici ennemi du bien, et certaines planches sont trop surchargées, avec les couleurs tapantes ça rend un peu indigeste la lecture, et accentue sur certaines histoires un peu plus longues l’impression de vacuité. Mais globalement j’aime bien son dessin caricatural, simple et dynamique.
Clairement, sur ce type de recueil, Mo/CDM est bien plus efficace sur des gags courts, punchy (même si, sur Cosmik Roger il a su être percutant sur la durée). Par exemple le gag très con (même si prévisible) sur les déchets envoyés dans l’espace sur une planète éloignée est réussi.
Note réelle 2,5/5.
Je ne suis pas un geek, je ne connaissais donc pas l'existence de ce jeu vidéo, ici, adapté en BD.
Je me suis profondément ennuyé durant les 112 pages de ce premier verset. Un récit où culte et dévotion seront les enjeux de cette intrigue. Dans une étrange forêt, différentes religions vont se battre pour ne pas disparaître. Rien de bien nouveau, on va y découvrir tous les mauvais penchants des croyances anciennes.
J'ai trouvé les personnages stéréotypés et manquant de charisme. Une narration énergique et équilibrée, les scènes d'action et les moments développant la personnalité des personnages se partagent équitablement le nombre de planches. Un ensemble léger qui ne m'a pas convaincu.
La partie graphique dénote avec le sujet proposé. Un style caricatural proche du manga associé à des couleurs tapantes. Ça bouge dans tous les sens.
Pas mal.
Un premier tome qui ne m'a pas donné envie de poursuive l'aventure.
À réserver aux inconditionnels du jeu vidéo, enfin, peut-être...
Premier album de Jon McNaught que je lis et franchement je ne pense pas en lire un autre avant longtemps.
Le dessin m'a fait un peu penser à du Chris Ware, surtout la manière dont l'auteur aime bien faire de très petites cases. Heureusement, il y a souvent peu de dialogues alors les pages se lisent vite malgré le nombre de cases. Quant au scénario, on est dans du contemplatif. On suit le personnage principal au travers de différentes tranches de vies. C'est un ado un peu timide et mal dans sa peau qui se retrouve à jouer dans une pièce de théâtre. J'ai trouvé les personnages et les situations vraiment banales. J'ai rien contre les récits qui ne font que montrer la vie quotidienne de quelqu'un, mais ici j'ai eu l'impression que l'auteur n'avait rien de très intéressant à dire. Il ne se passe pas grand chose de bien intéressant et j'ai lu le récit dans une indifférence générale.
Pas pour moi.
Alors que je garde de l'affection pour la collection Les Meilleurs Récits du Journal de Spirou grâce à mes lectures de jeunesse, ce recueil-ci est trop inégal et, dans l'ensemble, décevant.
La thématique autour des animaux reste assez vague : il peut s'agir aussi bien d'intégrer un animal comme simple élément d'intrigue que d'aborder réellement la condition animale, voire simplement de mettre en scène des personnages animaliers, ce qui n'apporte finalement pas grand-chose puisque ces personnages pourraient tout aussi bien être humains.
Sur les sept histoires proposées, une seule m'a vraiment plu, les autres allant du moyen à l'anecdotique.
Dans le détail :
- L'île du Boumpteryx, par Ley Kip (pseudonyme regroupant Marcel Denis et André Franquin au scénario, avec Jidéhem et Jean Roba au dessin), est un récit d'aventure humoristique typique de l'école de Marcinelle des années 50. Les nombreuses péripéties, censées amuser, me paraissent aujourd'hui très datées, avec un ton très enfantin. J'aime néanmoins la bouille mélancolique de l'oiseau.
- Mély-mélodrame, par Mitteï et Walthéry, dénonce de manière assez convenue et un peu naïve l'abandon des animaux de compagnie. Ce n'est pas mauvais mais encore une fois un peu trop enfantin pour moi. Le dessin est réussi, même si je préfère le trait de Walthéry à celui de Mitteï.
- Cravate, héros de l'Aéropostale, par Wasterlain, est le fameux récit aux personnages animaliers dont je parlais plus haut. Le dessin est sympathique, mais l'histoire manque d'intérêt, ni vraiment drôle ni captivante, et est un peu trop bavarde.
- Broussaille, de Frank et Bom, est pour moi la meilleure du lot : une histoire simple mais très belle, à la fois intelligente, bien menée et poétique.
- Le Hérisson, par Malik, est trop anecdotique. Le propos sur la dureté imposée aux animaux sauvages par les humains est louable, mais le traitement comme le dessin assez réaliste ne m'ont pas enthousiasmé.
- Sombre printemps, par Mitteï et Séron, est un court récit mi-conte mi-humoristique autour des coucous, qui s'oublie trop vite.
- Le Long Voyage, par Desberg et Warnants, m'a séduit par son dessin, très réussi. En revanche, l'histoire, qui dénonce la capture et la vivisection d'animaux exotiques, m'a semblé assez plate, avec un message un peu simpliste et appuyé.
Globalement, malgré quelques qualités graphiques indéniables et une ou deux bonnes idées, l'ensemble manque de consistance. Je n'ai réellement accroché qu'à Broussaille, là où le reste m'a laissé assez indifférent, voire déçu.
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Invaders - L'intégrale
J'ai souvent de la difficulté avec les scénarios de Roy Thomas. J'aime bien ses scénarios pour Conan et les Avengers et son run avec Neal Adams sur X-Men était très bon, mais le reste de ce que j'ai lu de lui me laisse au mieux indifférent. C'est le cas ici avec cette série qui se passe durant la seconde guerre mondiale et mets en vedette les trois grosses vedettes du Marvel des années 40: Captain America, Namor et la première Torche Humaine. Roy Thomas est un gros fan des comics books des années 40 alors il va avoir pleins de références et d'hommages à d'autres séries que je ne connais pas et dont je me fous un peu. La caractérisation des personnages est vraiment simpliste. Namor, par exemple, perds le coté ambiguë et même méchant qu'il avait dans ses propres aventures au cours de la décennie des années 40. Ce sont des bêtes aventures bourrés d'actions et même pas divertissant. Comme c'est toujours le cas avec Thomas, il y a beaucoup de dialogues et vers la fin de l'album j'en avais marre de les lire et je les ai juste survolés. La plupart des épisodes sont dessinés par Frank Robbins, un dessinateur qui a débuté dans les années 30-40 alors il était le dessinateur idéal pour une série qui rends hommage à cette période, mais son dessin est trop daté et pas du tout excitant. En fait, je ne suis pas un grand fan des comics books de cette période, mais il y a certaines séries qui surnagent du lot et qui possèdent un certain charme. Ici, il n'y a pas ce charme. Vous avez déjà lu une série BD qui rends hommage aux bds des années 50-60 ou à un auteur en particulier (comme c'est le cas avec Maurice Tillieux) et vous avez eu l'impression que c'était plus daté et niais que ce qu'on faisait à l'époque ? Ben ici c'est la même chose, mais pour les comics !
Les Gardiens du Louvre
Comme sur les très bon Quartier lointain et Le Journal de mon père, Taniguchi prend le temps de nous conter son histoire. Toutefois, contrairement aux deux albums précédents, il n'aura jamais réussi à m'embarquer avec lui dans ce voyage au Louvre. La seule partie qui aura réussi à retenir mon attention fut celle ou il nous explique comment les oeuvres d'art exposées au Louvre furent protégées de l'invasion nazie de 1940. Pour le reste ses rencontres avec différents peintres, n'auront pas su capter mon attention même si je ne doute pas que pour certains elles se révèleront d'un intérêt particulier. Reste son coup de crayon qui comme bien souvent est relativement identifiable mais surtout agréable. Au final c'est le premier ouvrage de Taniguchi qui me déçoit, il ne figurait pas dans ma PAL et je suis tombé dessus par hasard en bibliothèque. Heureusement ...
Gwendoline
Eric Stanton (1926-1999) est un classique de l'illustration et aussi de la bande dessinée érotique, de l'underground et du bizarre. J'ai retrouvé ce livre, le retour de Gwendoline (deuxième tome de l'édition ancienne), en faisant le ménage dans le garage. Je me souviens l'avoir acheté il y a de nombreuses années dans un kiosque, avec quelques revues. Ensuite, je l'ai caché avec honte, mais je ne jette jamais de BD à la poubelle: c'est un péché! C'est un objet étrange, un ovni chez les Humanoïdes. Mais entre-temps, l'auteur est devenu culte et l'éditeur Taschen lui a consacré quelques livres monumentaux que j'ai achetés. Les dessins sont datés mais pas sans intérêt. Ses fétiches et obsessions sexuels sont devenus assez courants aujourd'hui: soumission, travestissement, fessées soft; les uniformes de servantes, d'infirmières, de cavalières, les vêtements en cuir, les talons aiguilles et les bottes hautes. En bref, tout le fatras du bondage et du sadomasochisme conventionnel mais sans violence excessive. Au maximum, les bagarres entre femmes très sexy...
La 3e Kamera
Ce roman graphique s'annonçait comme un événement, finalement le soufflé retomba bien vite suite à un accueil critique insuffisamment favorable, malgré un sujet particulièrement propice aux exaltations. Qu'en est-il aujourd'hui, alors que cette "3e Kamera" est retombée dans un anonyme oubli ? La BD aborde la fin du nazisme sous l'angle original de la photographie non-officielle, clandestine. Le problème est que ce sujet est finalement à moitié oublié, perdu au milieu d'autres (pour certains également intéressants : le lynchage des collabos, les exactions des militaires US, la survie et le jusqu'au boutisme des derniers SS, la survie de la population civile après 6 années de guerre dans un Berlin désormais en ruines). Aussi, notre enquête iconographique sur les preuves de l'horreur nazie, sur les preuves d'une responsabilité assez collective, est éclipsée par ces multiples autres développements. Cette BD manque singulièrement de structures et il eut sans doute fallu se contenter d'un unique sujet lié à la quête des fameuses 3e kamera. Il n'empêche, à l'instar du tout récent film de Giannoli "Les Rayons et les ombres", il s'agissait d'offrir au lecteur le désagréable point de vue d'une humanité perdue, de personnes ayant préféré s'adapter à l'inimaginable plutôt que de choisir la dangereuse opposition. La conclusion sur la tragique banalité du basculement est horriblement vertigineuse, mais la complaisance n'est pas totalement évitée. Une BD fort intéressante, dépassée par son sujet, plutôt confuse.
Akira
J'ai acheté toute la série à la fin des années 90 pour deux raisons: les dessins très détaillés (surtout les paysages urbains et les machines) et parce qu'elle était en promotion, très bon marché! Mais j'étais déjà trop vieux pour une histoire qui s'adressait surtout aux garçons adolescents. Aujourd'hui, je pense que la façon dont le thème post-apocalyptique a été traité est dépassée, même pour les jeunes. Tout ça continue d'avoir un certain intérêt historique, rien de plus.
Somna
Un gros bof. On nous promet un peu de souffre et de l'imaginaire. On n'aura ni l'un ni l'autre. Pour le souffre cette bd faussement érotique n'en est pas une, et ce n'est pas grave, mais l'amorce et le coeur de l'histoire sont centrés là dessus. Ce thème n'est au fond pas traité. Pour l'imaginaire rebelotte. L'histoire et les personnages ont été vus, revus milles fois. Tous les personnages sont des caricatures, l'histoire un cliché de mauvais scénario. Les dessins sont sympathiques mais souvent sans forces, voir plats. Je ne comprends pas comment cette série a pu être sélectionnée aux Will Eisner puis traverser l'Atlantique pour être éditée en France. A lire en tant que jeune ado peut être ?
C'était demain
Mo/CDM est un auteur assez prolifique, qui joue toujours sur le même registre de l’humour gras et con. Un registre qui m’intéresse a priori. Mais ses productions – entre chaque série, mais aussi à l’intérieur d’un même album – sont assez inégales. C’est encore le cas avec ce recueil d’histoires courtes. Mais l’ensemble m’a globalement déçu. Bien sûr j’ai souri, voire ri, à plusieurs reprises, et quelques chutes sont bien amenées. Surtout dans les histoires les plus courtes d’ailleurs. Car lorsque l’auteur développe, ça tombe trop souvent dans du n’importe quoi qui s’étale trop, moins drôle. Voire pas drôle du tout. Concernant le dessin, c’est du classique pour cet auteur. Un trait adapté à son humour, qui passe bien, avec une colorisation qui elle aussi ne joue pas sur les détails et la finesse. Comme pour les histoires, le trop est ici ennemi du bien, et certaines planches sont trop surchargées, avec les couleurs tapantes ça rend un peu indigeste la lecture, et accentue sur certaines histoires un peu plus longues l’impression de vacuité. Mais globalement j’aime bien son dessin caricatural, simple et dynamique. Clairement, sur ce type de recueil, Mo/CDM est bien plus efficace sur des gags courts, punchy (même si, sur Cosmik Roger il a su être percutant sur la durée). Par exemple le gag très con (même si prévisible) sur les déchets envoyés dans l’espace sur une planète éloignée est réussi. Note réelle 2,5/5.
Cult of the Lamb
Je ne suis pas un geek, je ne connaissais donc pas l'existence de ce jeu vidéo, ici, adapté en BD. Je me suis profondément ennuyé durant les 112 pages de ce premier verset. Un récit où culte et dévotion seront les enjeux de cette intrigue. Dans une étrange forêt, différentes religions vont se battre pour ne pas disparaître. Rien de bien nouveau, on va y découvrir tous les mauvais penchants des croyances anciennes. J'ai trouvé les personnages stéréotypés et manquant de charisme. Une narration énergique et équilibrée, les scènes d'action et les moments développant la personnalité des personnages se partagent équitablement le nombre de planches. Un ensemble léger qui ne m'a pas convaincu. La partie graphique dénote avec le sujet proposé. Un style caricatural proche du manga associé à des couleurs tapantes. Ça bouge dans tous les sens. Pas mal. Un premier tome qui ne m'a pas donné envie de poursuive l'aventure. À réserver aux inconditionnels du jeu vidéo, enfin, peut-être...
Hors scène
Premier album de Jon McNaught que je lis et franchement je ne pense pas en lire un autre avant longtemps. Le dessin m'a fait un peu penser à du Chris Ware, surtout la manière dont l'auteur aime bien faire de très petites cases. Heureusement, il y a souvent peu de dialogues alors les pages se lisent vite malgré le nombre de cases. Quant au scénario, on est dans du contemplatif. On suit le personnage principal au travers de différentes tranches de vies. C'est un ado un peu timide et mal dans sa peau qui se retrouve à jouer dans une pièce de théâtre. J'ai trouvé les personnages et les situations vraiment banales. J'ai rien contre les récits qui ne font que montrer la vie quotidienne de quelqu'un, mais ici j'ai eu l'impression que l'auteur n'avait rien de très intéressant à dire. Il ne se passe pas grand chose de bien intéressant et j'ai lu le récit dans une indifférence générale. Pas pour moi.
Spécial animaux
Alors que je garde de l'affection pour la collection Les Meilleurs Récits du Journal de Spirou grâce à mes lectures de jeunesse, ce recueil-ci est trop inégal et, dans l'ensemble, décevant. La thématique autour des animaux reste assez vague : il peut s'agir aussi bien d'intégrer un animal comme simple élément d'intrigue que d'aborder réellement la condition animale, voire simplement de mettre en scène des personnages animaliers, ce qui n'apporte finalement pas grand-chose puisque ces personnages pourraient tout aussi bien être humains. Sur les sept histoires proposées, une seule m'a vraiment plu, les autres allant du moyen à l'anecdotique. Dans le détail : - L'île du Boumpteryx, par Ley Kip (pseudonyme regroupant Marcel Denis et André Franquin au scénario, avec Jidéhem et Jean Roba au dessin), est un récit d'aventure humoristique typique de l'école de Marcinelle des années 50. Les nombreuses péripéties, censées amuser, me paraissent aujourd'hui très datées, avec un ton très enfantin. J'aime néanmoins la bouille mélancolique de l'oiseau. - Mély-mélodrame, par Mitteï et Walthéry, dénonce de manière assez convenue et un peu naïve l'abandon des animaux de compagnie. Ce n'est pas mauvais mais encore une fois un peu trop enfantin pour moi. Le dessin est réussi, même si je préfère le trait de Walthéry à celui de Mitteï. - Cravate, héros de l'Aéropostale, par Wasterlain, est le fameux récit aux personnages animaliers dont je parlais plus haut. Le dessin est sympathique, mais l'histoire manque d'intérêt, ni vraiment drôle ni captivante, et est un peu trop bavarde. - Broussaille, de Frank et Bom, est pour moi la meilleure du lot : une histoire simple mais très belle, à la fois intelligente, bien menée et poétique. - Le Hérisson, par Malik, est trop anecdotique. Le propos sur la dureté imposée aux animaux sauvages par les humains est louable, mais le traitement comme le dessin assez réaliste ne m'ont pas enthousiasmé. - Sombre printemps, par Mitteï et Séron, est un court récit mi-conte mi-humoristique autour des coucous, qui s'oublie trop vite. - Le Long Voyage, par Desberg et Warnants, m'a séduit par son dessin, très réussi. En revanche, l'histoire, qui dénonce la capture et la vivisection d'animaux exotiques, m'a semblé assez plate, avec un message un peu simpliste et appuyé. Globalement, malgré quelques qualités graphiques indéniables et une ou deux bonnes idées, l'ensemble manque de consistance. Je n'ai réellement accroché qu'à Broussaille, là où le reste m'a laissé assez indifférent, voire déçu.