Dans cette petite ville japonaise, certains chats particuliers sont chargés d'apporter le bonheur aux humains Ces créatures spéciales, appelées fukuneko, sont vues comme de simples chats par les gens sauf ceux auxquels ils s'attachent qui les voient alors comme de petits personnages tout mignons à qui ils peuvent parler.
L'idée est plutôt charmante. Mais ce qui frappe surtout à la lecture, c'est l'insistance sur le côté kawaii. Les chats, déjà symboles du mignon pour les japonais, apparaissent sous forme de petits personnages chibi (petits corps, grosses têtes), tout en rondeur et avec des expressions exagérément attendrissantes. La mangaka pousse même le concept jusqu'à multiplier les scènes où ces petites créatures mangent des daifuku bien ronds avec leurs patounes toutes rondes. L'ensemble est clairement pensé pour susciter un maximum de mignonnerie.
Graphiquement, c'est effectivement très doux et très propre. Les personnages sont adorables et le design de la petite Fuku fonctionne bien dans ce registre. Mais cette esthétique sucrée finit par devenir envahissante, tant tout semble conçu pour provoquer un attendrissement permanent.
La structure du récit n'aide pas vraiment à relancer l'intérêt. Le manga est composé d'une succession de chapitres très courts qui fonctionnent comme de petites saynètes du quotidien. On suit Ako et ses proches dans leur nouvelle vie après leur installation dans la ville, entourés de ces fameux chats porte-bonheur. Chaque épisode raconte un petit moment de vie, une rencontre ou une anecdote liée aux fukuneko. Mais au final, il se passe très peu de choses. Le seul véritable fil conducteur reste l'écoulement du temps dans cette petite ville paisible où, grâce aux danses magiques des gentils chats protecteurs, tout finit toujours par s'arranger. Un léger mystère est certes entretenu autour de la disparition des parents d'Ako, censé apporter un peu de tension au récit. Pourtant, lorsque l'explication arrive enfin dans le quatrième tome, elle m'a laissé totalement indifférent. La révélation et ses conséquences se lisent presque sans réaction, un simple "ah, d'accord" avant de passer à autre chose.
Au bout du compte, Fukuneko m'a surtout donné l'impression d'une série extrêmement sucrée, presque mielleuse. Tout y est gentil, attendrissant et rassurant, au point que l'ensemble finit par manquer cruellement de relief. J'ai eu le sentiment que le manga s'adressait à un public trop jeune pour moi alors que c'est censé être un seinen. Pour ma part, je m'y suis assez vite ennuyé.
Les Carnets de Cerise est clairement une très bonne BD pour les enfants. L’univers est doux, le dessin est très joli et l’ensemble est plein de bonnes intentions.
J’avais acheté les trois premiers tomes après avoir lu de nombreux avis très positifs, et surtout parce que je les ai trouvés d’occasion. Malheureusement, après la lecture du premier tome, je me suis rendu compte que ce n’était tout simplement pas pour moi. Par contre, mention spéciale pour les dessins de Aurélie Neyret.
Cela reste une lecture agréable, mais j’ai senti que je n’étais pas vraiment le public visé. Je pense donc que je vais offrir les tomes à une de mes petites cousines… ou peut-être les revendre. :)
Le témoignage de Ponthus m'a enthousiasmé, aussi étais-je véritablement curieux de voir ce que donnerait son adaptation en roman graphique. Mais j'ai bien vite déchanté. Les illustrations sont certes élégantes, mais bien sages ! Nulle rage ici, nulle âpreté, nulle dureté ! Notre héros a par exemple une petite bouille ronde bien joviale quand j'escomptais lire dans son visage l'hargneuse ironie prolétarienne d'un punk anar' quelque peu revenu de ses illusions de jeunesse. De même, le récit surdécoupe les scénettes de l'essai, ne parvenant à en rendre ni la puissance poétique, ni la détresse sociale, ni même (chose plus surprenante) la dureté du travail déshumanisant. Le parcours de cet homme brisé se découvre ici paisiblement, sa vie de famille est tout juste survolée oubliant combien le travail, notamment de nuit, use les couples. Enfin, le regard sur la condition ouvrière et les ouvriers côtoyés vient presque contredire le militantisme originel : la bd insiste sur l'humour sexiste de l'insupportable collègue, sur les avantages contractuels des grévistes syndiqués, mais autrement moins sur le regard empli d'humanité, sur l'unité de classe malgré les inégalités de statut. Au risque de modifier le regard général et d'inviter son lecteur au mépris à l'égard de ces supposés "illettrés".
Martinière ne parvient pas non plus à intégrer suffisamment d'éléments dans son récit pour que son lecteur comprenne véritablement combien le fait de fredonner en travaillant est bien plus qu'un moyen de combler l'ennui : il s'agit là véritablement d'une nécessité pour surmonter les terribles conditions de travail.
La liste des remontrances paraît longue comme le bras, mais le matériau demeure de qualité, le projet davantage maladroitement mené que trahi. Néanmoins, mieux vaut relire Ceux qui me touchent ou le témoignage de Ponthus, et espérer que Julien Martinière parvienne à l'avenir à mieux structurer ses récits, à mieux découper ses BD, à s'éloigner du scénario pour en respecter davantage l'esprit que la trame séquencée.
Je ne suis pas du tout rentré dans cet album qui a une histoire bien absurde dont je ne suis pas certain d'avoir bien compris les aboutissements.
Il faut dire que la mise en scène n'aide pas trop. Souvent, on a une vue d'ensemble d'une partie de ce grand immeuble où se passe l'action et c'est un peu dur de s'attacher à des personnages qui ne sont que des petits points dans un grand paysage. C'est vrai que visuellement c'est splendide et intéressant, mais le scénario en lui-même ne m'a pas captivé. J'ai eu l'impression que c'était encore une fois une BD où on a uniquement privilégié le dessin. Si tout ce qui compte dans une BD c'est le dessin, pourquoi alors se casser la tête à imaginer un scénario et même écrire des dialogues ?
Donc, si visuellement il y a effectivement des planches qui restent en mémoire, le reste m'a paru superficiel et le ton du récit est trop absurde pour moi. Peut-être que si le scénario était plus conventionnel, j'aurais mieux accroché. Après une 50aine de pages, j'en avais marre de lire une histoire qui ne m'attirait pas (surtout que sur certaines pages je ne savais pas trop quel personnage disait le texte de telle bulle). En tout cas, pour moi c'est clairement une BD clivante. Certains vont adorer et d'autres vont rester en dehors du récit et s'ennuyer ferme.
Je ne suis généralement pas fan de ce type d’album, qui cumule a priori plusieurs handicaps. D’abord la forte hétérogénéité de l’ensemble (surtout au niveau graphique). Ensuite la place réduite – pour ne pas dire minimaliste ici (sauf exceptions rares une seule page) – laissée à chacun pour sa contribution. Enfin, et c’est très fortement visible ici, on ne peut se départir du sentiment d’avoir entre les mains le résultat d’une simple opération mercantile. En effet, le soixantième anniversaire de la création de l’univers d’Astérix par Goscinny et Uderzo a bon dos. Uderzo et les éditions Albert René y ont vu l’occasion de gratter encore un peu plus de sous.
C’est une vision cynique, mais plusieurs choses la justifient. D’abord le côté artificiel de plusieurs contributions.
Pour chaque auteur (et il y en a beaucoup), une page de gauche donne une courte biographie, une non moins courte bibliographie (parfois très partielle – et partiale), et en bas un petit témoignage de la rencontre de l’auteur avec Astérix. Si plusieurs de ces petits textes sont amusants (celui de Trondheim en particulier), sincères, originaux, certains sont plats et sans intérêt, quand plusieurs auteurs n’ont même pas écrit ce texte (et leur dessin /présence n’est donc là que pour faire le nombre – voir Manara). Mention spéciale à la présence de Peyo, mort bien avant la rédaction de cet album, mais qui « témoigne » quand même – à partir de citations, alors que son « dessin » est réalisé par le studio Peyo !...
Bref, un album prétexte de peu d’intérêt. Quelques beaux dessins quand même (il y a quelques pointures), celui de Vallée est simple et sincère (un crobar de lui gamin sur un album d’Astérix…), plusieurs auteurs plaçant leurs personnages fétiches au milieu des Gaulois, d’autres cherchant à copier le style Uderzo. Rares sont ceux ayant fait preuve d’une grande originalité : le dessin de Ferri est celui qui m’a le plus surpris – agréablement – à ce niveau.
J’ai trouvé certains dialogues et situations assez drolatiques ainsi que l’effort louable de mêler l’intrigue principale à des évènements majeurs du XXe siècle.
Je n’ai pas lu le roman et je ne sais pas si cette interprétation lui est fidèle en termes d’atmosphère ressentie.
Mais je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotions à la lecture, j’ai trouvé cela plutôt froid, un côté papier glacé, avec des longueurs, et au bout d’un moment une envie de sauter plusieurs passages pour avoir le fin mot de l’histoire.
Reprend l'idée du Club du suicide de Stevenson, à mon avis… Mais l'écrivain d'Exit n'est pas Stevenson, et les auteurs de la bd non plus ! Bref, mais il y a du rythme, ce qui est presque l'alpha et l'oméga des romans, bd et autres films d'action. Attention, je n'appelle pas ça de l'aventure, tout de même, parce qu'en fait, il advient quoi ? Les courses poursuites, c'est un peu… court. Le dessin est assez impersonnel, bref, le sujet me semble un peu gâché, sur les bords. Dommage, il y a tant de thématiques là-dedans, si on y songe. Allez, Exit !
J’ai acheté cet album – très peu cher il est vrai, et heureusement ! – à la vue de la couverture. Une couverture moche, avec un titre qui fleurait bon le gros truc naze trashouille et énième degré. Bref, l’espoir d’avoir dégotté une petite pépite inconnue.
Bon, on ne peut pas gagner à tous les coups, hein ? Car je comprends pourquoi cet album est resté méconnu.
Le seul point pour lequel la couverture ne surjoue rien, c’est le dessin, que j’ai trouvé vraiment mauvais, avec une colorisation souvent terne.
Concernant l’histoire, c’est effectivement du n’importe quoi, mais hélas jamais drôle. Parfois un tout petit peu trash, souvent déjanté, mais que c’est pauvre ! au point que je me suis vraiment demandé si les auteurs jouaient vraiment du second degré. On perçoit quelques efforts pour caricaturer, tenter des traits d’humour, mais là non, c’est franchement raté.
Je suis pourtant bon client pour l’humour crétin, débile, absurde, mais ici je n’y ai pas trouvé mon compte.
A noter qu'un autre album était annoncé, "2 Salopards pour l'enfer", mais qui visiblement n'est jamais paru (il est fort probable que le premier album ait été un échec commercial).
Voilà un album qui va se retrouver dans une boîte à livre rapidement.
Voici un récit de cape et d'épée des plus classiques.
Une histoire de vengeance qui réclamera qu'une jeune femme se travestisse pour apprendre à manier l'épée, progresse dans ce domaine (avec une gestion dramatique de cette progression à la façon d'un shônen) afin d'avoir une chance de vaincre l'une des plus fines lames ru royaume.
Le récit est habile et dynamique, mais se complaît trop souvent dans la facilité, aussi bien dans sa gestion des péripéties liées au jeu sur le genre, que dans sa manière de figurer un univers où la luxure s'invite bien souvent gratuitement.
Une BD qui aurait mérité d'être moins racoleuse, qui à force de rechercher la séduction (plus encore dans le tome 2) lasse plutôt son lecteur.
Dans la première partie du XXème siècle, JRR Tolkien posa les bases d'un nouveau genre de littérature, la Fantasy, avec Le Hobbit puis Le Seigneur des anneaux
Il fallut attendre le début des années 70 pour que le public francophone ait droit à une traduction.
Dans les années 80 le genre est encore cantonné aux aficionados des jeux de rôle.
Toutefois certains auteurs du 9ème art tentent de le rendre accessible au plus grand nombre. C'est notamment le cas du duo Le Tendre/Loisel avec La Quête de l'Oiseau du Temps en 1983 ou encore du duo Van Hamme/Rosinski avec Le Grand Pouvoir du Chninkel en 1988.
Et entre les deux se trouve donc notre trilogie imaginée par Chevalier et mis en scène par Ségur à la fin de l'année 1987 (comme la chanson de Calogero)
Et si pour ma part c'est grâce au Lanfeust de Troy d'Arleston que je tombais amoureux du genre, il était évident que je ne pouvais passer à côté de ses trois séries phares, pionnières du genre.
Si mes voyages en compagnie de la belle Pelisse et du vieux Bragon ou encore du petit Chninkel J'on se sont révélés fort agréables, il en a été tout autrement de celui en compagnie de Noren, le nain et de Firfin, le Lin.
Je ne suis tout simplement jamais rentré dans le monde de Chevalier. Le scénario est assez basique avec une guerre entre divinités qui prennent en otages, marionnettes, un peuple, les Nains en l'occurrence.
Mais que c'est plat. Aucune originalité, aucun rebondissement, limite que l'on connait déjà la fin dès le 1er tome.
Je ne me suis jamais pris d'empathie ou d'affection pour les nains ou autres personnages. Je les ai trouvés dans le meilleur des cas insipides, voire détestables dans le cas de Firfin. Finalement seul l'idiot Morkaï avec ses réactions très binaires a su trouver grâce à mes yeux.
Enfin le dessin ne m'a jamais transporté. J'ai eu toutes les peines du monde à distinguer les 3 nains. Et les couleurs m'ont franchement fait mal aux yeux. Je n'aime pas du tout cette colorisation pastel. Pour être franc j'en suis même à préférer le graphisme de Chroniques de la lune noire, c'est tout dire
Mais du coup pourquoi ne pas mettre 1 seule étoile, me direz vous.
Eh bien parce que la lecture reste facile et que le rythme en 3 temps est le bon.
C'est uniquement ça qui sauve "Légendes des Contrées Oubliées" du bonnet d'âne.
Ca et l'envie d'avoir un avis en commun avec Bamiléké, ce qui est suffisamment rare pour être relevé. :-)
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Fukuneko - Les Chats du bonheur
Dans cette petite ville japonaise, certains chats particuliers sont chargés d'apporter le bonheur aux humains Ces créatures spéciales, appelées fukuneko, sont vues comme de simples chats par les gens sauf ceux auxquels ils s'attachent qui les voient alors comme de petits personnages tout mignons à qui ils peuvent parler. L'idée est plutôt charmante. Mais ce qui frappe surtout à la lecture, c'est l'insistance sur le côté kawaii. Les chats, déjà symboles du mignon pour les japonais, apparaissent sous forme de petits personnages chibi (petits corps, grosses têtes), tout en rondeur et avec des expressions exagérément attendrissantes. La mangaka pousse même le concept jusqu'à multiplier les scènes où ces petites créatures mangent des daifuku bien ronds avec leurs patounes toutes rondes. L'ensemble est clairement pensé pour susciter un maximum de mignonnerie. Graphiquement, c'est effectivement très doux et très propre. Les personnages sont adorables et le design de la petite Fuku fonctionne bien dans ce registre. Mais cette esthétique sucrée finit par devenir envahissante, tant tout semble conçu pour provoquer un attendrissement permanent. La structure du récit n'aide pas vraiment à relancer l'intérêt. Le manga est composé d'une succession de chapitres très courts qui fonctionnent comme de petites saynètes du quotidien. On suit Ako et ses proches dans leur nouvelle vie après leur installation dans la ville, entourés de ces fameux chats porte-bonheur. Chaque épisode raconte un petit moment de vie, une rencontre ou une anecdote liée aux fukuneko. Mais au final, il se passe très peu de choses. Le seul véritable fil conducteur reste l'écoulement du temps dans cette petite ville paisible où, grâce aux danses magiques des gentils chats protecteurs, tout finit toujours par s'arranger. Un léger mystère est certes entretenu autour de la disparition des parents d'Ako, censé apporter un peu de tension au récit. Pourtant, lorsque l'explication arrive enfin dans le quatrième tome, elle m'a laissé totalement indifférent. La révélation et ses conséquences se lisent presque sans réaction, un simple "ah, d'accord" avant de passer à autre chose. Au bout du compte, Fukuneko m'a surtout donné l'impression d'une série extrêmement sucrée, presque mielleuse. Tout y est gentil, attendrissant et rassurant, au point que l'ensemble finit par manquer cruellement de relief. J'ai eu le sentiment que le manga s'adressait à un public trop jeune pour moi alors que c'est censé être un seinen. Pour ma part, je m'y suis assez vite ennuyé.
Les Carnets de Cerise
Les Carnets de Cerise est clairement une très bonne BD pour les enfants. L’univers est doux, le dessin est très joli et l’ensemble est plein de bonnes intentions. J’avais acheté les trois premiers tomes après avoir lu de nombreux avis très positifs, et surtout parce que je les ai trouvés d’occasion. Malheureusement, après la lecture du premier tome, je me suis rendu compte que ce n’était tout simplement pas pour moi. Par contre, mention spéciale pour les dessins de Aurélie Neyret. Cela reste une lecture agréable, mais j’ai senti que je n’étais pas vraiment le public visé. Je pense donc que je vais offrir les tomes à une de mes petites cousines… ou peut-être les revendre. :)
A la ligne
Le témoignage de Ponthus m'a enthousiasmé, aussi étais-je véritablement curieux de voir ce que donnerait son adaptation en roman graphique. Mais j'ai bien vite déchanté. Les illustrations sont certes élégantes, mais bien sages ! Nulle rage ici, nulle âpreté, nulle dureté ! Notre héros a par exemple une petite bouille ronde bien joviale quand j'escomptais lire dans son visage l'hargneuse ironie prolétarienne d'un punk anar' quelque peu revenu de ses illusions de jeunesse. De même, le récit surdécoupe les scénettes de l'essai, ne parvenant à en rendre ni la puissance poétique, ni la détresse sociale, ni même (chose plus surprenante) la dureté du travail déshumanisant. Le parcours de cet homme brisé se découvre ici paisiblement, sa vie de famille est tout juste survolée oubliant combien le travail, notamment de nuit, use les couples. Enfin, le regard sur la condition ouvrière et les ouvriers côtoyés vient presque contredire le militantisme originel : la bd insiste sur l'humour sexiste de l'insupportable collègue, sur les avantages contractuels des grévistes syndiqués, mais autrement moins sur le regard empli d'humanité, sur l'unité de classe malgré les inégalités de statut. Au risque de modifier le regard général et d'inviter son lecteur au mépris à l'égard de ces supposés "illettrés". Martinière ne parvient pas non plus à intégrer suffisamment d'éléments dans son récit pour que son lecteur comprenne véritablement combien le fait de fredonner en travaillant est bien plus qu'un moyen de combler l'ennui : il s'agit là véritablement d'une nécessité pour surmonter les terribles conditions de travail. La liste des remontrances paraît longue comme le bras, mais le matériau demeure de qualité, le projet davantage maladroitement mené que trahi. Néanmoins, mieux vaut relire Ceux qui me touchent ou le témoignage de Ponthus, et espérer que Julien Martinière parvienne à l'avenir à mieux structurer ses récits, à mieux découper ses BD, à s'éloigner du scénario pour en respecter davantage l'esprit que la trame séquencée.
La Trahison d'Olympe
Je ne suis pas du tout rentré dans cet album qui a une histoire bien absurde dont je ne suis pas certain d'avoir bien compris les aboutissements. Il faut dire que la mise en scène n'aide pas trop. Souvent, on a une vue d'ensemble d'une partie de ce grand immeuble où se passe l'action et c'est un peu dur de s'attacher à des personnages qui ne sont que des petits points dans un grand paysage. C'est vrai que visuellement c'est splendide et intéressant, mais le scénario en lui-même ne m'a pas captivé. J'ai eu l'impression que c'était encore une fois une BD où on a uniquement privilégié le dessin. Si tout ce qui compte dans une BD c'est le dessin, pourquoi alors se casser la tête à imaginer un scénario et même écrire des dialogues ? Donc, si visuellement il y a effectivement des planches qui restent en mémoire, le reste m'a paru superficiel et le ton du récit est trop absurde pour moi. Peut-être que si le scénario était plus conventionnel, j'aurais mieux accroché. Après une 50aine de pages, j'en avais marre de lire une histoire qui ne m'attirait pas (surtout que sur certaines pages je ne savais pas trop quel personnage disait le texte de telle bulle). En tout cas, pour moi c'est clairement une BD clivante. Certains vont adorer et d'autres vont rester en dehors du récit et s'ennuyer ferme.
Générations Astérix
Je ne suis généralement pas fan de ce type d’album, qui cumule a priori plusieurs handicaps. D’abord la forte hétérogénéité de l’ensemble (surtout au niveau graphique). Ensuite la place réduite – pour ne pas dire minimaliste ici (sauf exceptions rares une seule page) – laissée à chacun pour sa contribution. Enfin, et c’est très fortement visible ici, on ne peut se départir du sentiment d’avoir entre les mains le résultat d’une simple opération mercantile. En effet, le soixantième anniversaire de la création de l’univers d’Astérix par Goscinny et Uderzo a bon dos. Uderzo et les éditions Albert René y ont vu l’occasion de gratter encore un peu plus de sous. C’est une vision cynique, mais plusieurs choses la justifient. D’abord le côté artificiel de plusieurs contributions. Pour chaque auteur (et il y en a beaucoup), une page de gauche donne une courte biographie, une non moins courte bibliographie (parfois très partielle – et partiale), et en bas un petit témoignage de la rencontre de l’auteur avec Astérix. Si plusieurs de ces petits textes sont amusants (celui de Trondheim en particulier), sincères, originaux, certains sont plats et sans intérêt, quand plusieurs auteurs n’ont même pas écrit ce texte (et leur dessin /présence n’est donc là que pour faire le nombre – voir Manara). Mention spéciale à la présence de Peyo, mort bien avant la rédaction de cet album, mais qui « témoigne » quand même – à partir de citations, alors que son « dessin » est réalisé par le studio Peyo !... Bref, un album prétexte de peu d’intérêt. Quelques beaux dessins quand même (il y a quelques pointures), celui de Vallée est simple et sincère (un crobar de lui gamin sur un album d’Astérix…), plusieurs auteurs plaçant leurs personnages fétiches au milieu des Gaulois, d’autres cherchant à copier le style Uderzo. Rares sont ceux ayant fait preuve d’une grande originalité : le dessin de Ferri est celui qui m’a le plus surpris – agréablement – à ce niveau.
Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
J’ai trouvé certains dialogues et situations assez drolatiques ainsi que l’effort louable de mêler l’intrigue principale à des évènements majeurs du XXe siècle. Je n’ai pas lu le roman et je ne sais pas si cette interprétation lui est fidèle en termes d’atmosphère ressentie. Mais je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotions à la lecture, j’ai trouvé cela plutôt froid, un côté papier glacé, avec des longueurs, et au bout d’un moment une envie de sauter plusieurs passages pour avoir le fin mot de l’histoire.
Exit
Reprend l'idée du Club du suicide de Stevenson, à mon avis… Mais l'écrivain d'Exit n'est pas Stevenson, et les auteurs de la bd non plus ! Bref, mais il y a du rythme, ce qui est presque l'alpha et l'oméga des romans, bd et autres films d'action. Attention, je n'appelle pas ça de l'aventure, tout de même, parce qu'en fait, il advient quoi ? Les courses poursuites, c'est un peu… court. Le dessin est assez impersonnel, bref, le sujet me semble un peu gâché, sur les bords. Dommage, il y a tant de thématiques là-dedans, si on y songe. Allez, Exit !
Capitaine Tonnerre
J’ai acheté cet album – très peu cher il est vrai, et heureusement ! – à la vue de la couverture. Une couverture moche, avec un titre qui fleurait bon le gros truc naze trashouille et énième degré. Bref, l’espoir d’avoir dégotté une petite pépite inconnue. Bon, on ne peut pas gagner à tous les coups, hein ? Car je comprends pourquoi cet album est resté méconnu. Le seul point pour lequel la couverture ne surjoue rien, c’est le dessin, que j’ai trouvé vraiment mauvais, avec une colorisation souvent terne. Concernant l’histoire, c’est effectivement du n’importe quoi, mais hélas jamais drôle. Parfois un tout petit peu trash, souvent déjanté, mais que c’est pauvre ! au point que je me suis vraiment demandé si les auteurs jouaient vraiment du second degré. On perçoit quelques efforts pour caricaturer, tenter des traits d’humour, mais là non, c’est franchement raté. Je suis pourtant bon client pour l’humour crétin, débile, absurde, mais ici je n’y ai pas trouvé mon compte. A noter qu'un autre album était annoncé, "2 Salopards pour l'enfer", mais qui visiblement n'est jamais paru (il est fort probable que le premier album ait été un échec commercial). Voilà un album qui va se retrouver dans une boîte à livre rapidement.
La Duelliste
Voici un récit de cape et d'épée des plus classiques. Une histoire de vengeance qui réclamera qu'une jeune femme se travestisse pour apprendre à manier l'épée, progresse dans ce domaine (avec une gestion dramatique de cette progression à la façon d'un shônen) afin d'avoir une chance de vaincre l'une des plus fines lames ru royaume. Le récit est habile et dynamique, mais se complaît trop souvent dans la facilité, aussi bien dans sa gestion des péripéties liées au jeu sur le genre, que dans sa manière de figurer un univers où la luxure s'invite bien souvent gratuitement. Une BD qui aurait mérité d'être moins racoleuse, qui à force de rechercher la séduction (plus encore dans le tome 2) lasse plutôt son lecteur.
Légendes des Contrées Oubliées
Dans la première partie du XXème siècle, JRR Tolkien posa les bases d'un nouveau genre de littérature, la Fantasy, avec Le Hobbit puis Le Seigneur des anneaux Il fallut attendre le début des années 70 pour que le public francophone ait droit à une traduction. Dans les années 80 le genre est encore cantonné aux aficionados des jeux de rôle. Toutefois certains auteurs du 9ème art tentent de le rendre accessible au plus grand nombre. C'est notamment le cas du duo Le Tendre/Loisel avec La Quête de l'Oiseau du Temps en 1983 ou encore du duo Van Hamme/Rosinski avec Le Grand Pouvoir du Chninkel en 1988. Et entre les deux se trouve donc notre trilogie imaginée par Chevalier et mis en scène par Ségur à la fin de l'année 1987 (comme la chanson de Calogero) Et si pour ma part c'est grâce au Lanfeust de Troy d'Arleston que je tombais amoureux du genre, il était évident que je ne pouvais passer à côté de ses trois séries phares, pionnières du genre. Si mes voyages en compagnie de la belle Pelisse et du vieux Bragon ou encore du petit Chninkel J'on se sont révélés fort agréables, il en a été tout autrement de celui en compagnie de Noren, le nain et de Firfin, le Lin. Je ne suis tout simplement jamais rentré dans le monde de Chevalier. Le scénario est assez basique avec une guerre entre divinités qui prennent en otages, marionnettes, un peuple, les Nains en l'occurrence. Mais que c'est plat. Aucune originalité, aucun rebondissement, limite que l'on connait déjà la fin dès le 1er tome. Je ne me suis jamais pris d'empathie ou d'affection pour les nains ou autres personnages. Je les ai trouvés dans le meilleur des cas insipides, voire détestables dans le cas de Firfin. Finalement seul l'idiot Morkaï avec ses réactions très binaires a su trouver grâce à mes yeux. Enfin le dessin ne m'a jamais transporté. J'ai eu toutes les peines du monde à distinguer les 3 nains. Et les couleurs m'ont franchement fait mal aux yeux. Je n'aime pas du tout cette colorisation pastel. Pour être franc j'en suis même à préférer le graphisme de Chroniques de la lune noire, c'est tout dire Mais du coup pourquoi ne pas mettre 1 seule étoile, me direz vous. Eh bien parce que la lecture reste facile et que le rythme en 3 temps est le bon. C'est uniquement ça qui sauve "Légendes des Contrées Oubliées" du bonnet d'âne. Ca et l'envie d'avoir un avis en commun avec Bamiléké, ce qui est suffisamment rare pour être relevé. :-)