La série « Cyborgs » est celle qui m’a le moins convaincu parmi toutes les séries de science-fiction et de fantasy que j’ai lues de Jean-Luc Istin.
J’ai découvert Cyborgs après avoir déjà lu Androïdes, Elfes / Mages / Orcs / Nains, I.S.S. Snipers et Conquests. Comparée à ces séries, Cyborgs m’a semblé la plus faible du point de vue de la construction des intrigues et de la cohérence narrative. On y trouve beaucoup trop de clichés, des rebondissements peu réfléchis, et des « deus ex machina » qui apparaissent soudainement — tantôt pour sauver les héros, tantôt pour leur compliquer la vie. À force, cela devient très visible.
Par moments, cela commence à ressembler à un comics américain conçu principalement pour la vente et la commercialisation. On y retrouve moins ce qui fait souvent la force de la BD : une idée forte, un véritable propos d’auteur — quelque chose que l’on percevait, à des degrés divers, dans les autres séries mentionnées.
L’histoire reste malgré tout intéressante, mais elle contient trop d’éléments invraisemblables qui ne sont jamais expliqués et qui finissent par affaiblir l’ensemble. Un exemple frappant : une jeune fille parvient à soulever une voiture au-dessus de sa tête grâce à un bras cybernétique qui commence à l’épaule. On nous dit : « oui, mais son bras est cybernétique ». Je peux accepter cela. Mais lever deux tonnes au-dessus de la tête ne dépend pas seulement des bras : la charge est supportée par le dos, le tronc et les jambes — qui, dans ce cas, restent celles d’une adolescente de quinze ans, parfaitement ordinaires.
Ce type de situation apparaît plusieurs fois dans la série. Et ce genre d’incohérence finit par briser la « suspension d’incrédulité ». C’est un peu comme voir quelqu’un crier dans l’espace — où il n’y a pas de son — ou rouler sur des roues carrées : cela sort immédiatement le lecteur de l’histoire.
Peut-être que cette série s’adresse avant tout à un public plus adolescent, pour qui ce type de détails a moins d’importance. Mais pour moi, en tant qu’amateur des œuvres de Jean-Luc Istin et des séries de science-fiction publiées par Soleil en général, « Cyborgs » m’a laissé une impression nettement moins forte que les autres.
Une histoire que l’adulte que je suis a lue plutôt avec plaisir, même si je pense qu’elle s’adresse avant tout à des adolescents – qui pourront s’identifier aux personnages de leur âge.
Une histoire fantastique qui m’a parfois fait penser à « Harry Potter » (un mal oppressant et de plus en plus menaçant, des jeunes en premières ligne, des pouvoirs magiques, etc.), mais qui se révèle quand même original, avec une construction qui, par étapes, nous fait découvrir un univers dans lequel on (en tout cas les « Particuliers » peut passer d’une époque à l’autre. Leur univers « parallèle » s’imbrique dans celui des gens « normaux » (on accepte facilement certaines facilités à ce propos).
Je m’attendais à ce que l’époque de la bataille d’Angleterre ou les exactions nazies, soient davantage exploitées (directement ou sous forme d’analogie), mais ça reste généralement lointain.
Même si je pense ne pas être le cœur de cible, et si l’intrigue ne m’a pas non plus passionné, j’admets volontiers que d’autres lecteurs (surtout ados donc, mais pas seulement) puissent y trouver davantage leur compte.
La narration est assez aérée. Peu de texte, un dessin réaliste agréable – même si détails, décors et arrière-plans ne sont pas développés – donne une bonne fluidité de lecture.
Certes Tout public, cet album s’adresse avant tout à un jeune lectorat (et c’est à cette aune que je l’évalue).
En effet, j’ai trouvé l’ensemble un peu – beaucoup même, parfois – facile et naïf. C’est d’ailleurs une des choses qui m’a un peu gêné.
L’histoire proposée par Corbeyran met en avant de belles valeurs : lutte contre le racisme et plus généralement les préjugés, lutte contre les violences faites aux femmes (Wakanda partage le premier rôle et se révèle une forte personnalité – presque anachronique d’ailleurs), mélange entre Blancs et Indiens, dénonciation de l’esclavage, etc.
Centrée autour d’un convoi en partance du Missouri pour l’Oregon, l’intrigue abandonne rapidement cet aspect « voyage au long cours (à mon grand regret), pour bifurquer vers quelque chose ressemblant presque à un polar, avec un jeune esclave fugitif accusé de plusieurs délits/crimes, sur le point d’être lynché, mais qui est défendu par le duo de guide du convoi, un couple étonnant – une Sioux et un trappeur d’origine française, qui vont tout faire pour le disculper, et pour trouver les vrais responsables.
Mais les personnages sont trop manichéens, et l’intrigue manque elle aussi de subtilité, voire de crédibilité (pour tout ce qui tourne autour du pasteur accompagnant le convoi et le responsable des vols par exemple).
Tous les aspects « dangereux », toutes les actions des « méchants », sont bien souvent édulcorés et, contre toute attente en ces temps et en ces lieux, il y a toujours quelqu’un pour calmer le jeu, faire entendre raison (le juge, le chef du convoi, etc.), et même la tentative de viol contre Wakanda reste une péripétie sans importance.
Tous ces aspects « gentils » (personnages et intrigue) passe moins pour un lecteur adulte je pense. Et les Indiens (on mêle ici Mandans, Sioux et Hurons) ne sont qu’un décor.
Enfin, autre frustration me concernant : cette « piste de l’Oregon », annoncée dans le titre, mise en avant par la carte et le texte de présentation en ouverture et conclusion de l’album, est escamotée. En effet, si j’en crois l’intrigue, les personnages ont quasiment fait du surplace, et son encore au point de départ de cette piste, au Missouri, et ce qui m’intéressait au départ, à savoir ce long voyage, n’est en fait jamais traité. Du coup en refermant l’album, je me suis dit que celui-ci inaugurait une série, mais le gros « Fin » concluant l’histoire me laisse perplexe donc…
Le dessin est lisible (il manque un peu de détails) mais il penche lui aussi plutôt du côté d’un lectorat assez jeune.
Note réelle 2,5/5.
Cette BD a le mérite de lister l'ensemble des atrocités que subissent certains enfants d'Afrique, à la fois victimes de la mondialisation (récolte de minerais rares pour les pays industrialisés) mais également de l'avidité de chefs de milices locales ou de profiteurs en tout genre (esclavagistes, passeurs, réseaux d'exploitation dans les pays européens, etc).
Mais elle n'a pas vraiment eu l'effet escompté sur moi, au vu des nombreuses critiques élogieuses précédentes et du ressenti des autres lecteurs. Pour ma part, j'ai traversé cette lecture de manière assez froide, sans vraiment ressentir grand chose. La faute je pense à une entrée trop rapide dans le vif du sujet, sans poser les bases de l'histoire de nos deux héros, Nivek et Joseph, ce qui aurait pu me permettre de m'y attacher, mais également à un personnage central au profil de guerrier taiseux qui n'a pas réussi à m'émouvoir. Pourtant, beaucoup de scènes horribles et choquantes parsèment cette BD, du meurtre de sa famille par le jeune Nivek lui-même (je vous passe les détails sur le cannibalisme...) au viol puis à l'assassinat des femmes des tribus attaquées par les milices locales voisines...
La densité du récit et le changement brutal d'un décor/pays à un autre en finalement peu de pages, m'a donné l'impression d'une liste à la Prévert, les auteurs souhaitant aborder un grand nombre de sujets sur la réalité des migrants et les rites en Afrique, au détriment de la crédibilité et de la poésie de l'ensemble. Si on aborde cette œuvre sous l'angle du conte ou de la fable comme le proposent certains aviseurs précédents, on peut effectivement l'appréhender différemment.
S'agissant du graphisme, bien que je ne sois pas particulièrement fan du trait de Sergio García Sánchez avec ses personnages déformés et de la colorisation très tranchée, il faut bien avouer que cela colle plutôt bien avec l'ambiance Africaine de cette BD.
Reste tout de même une œuvre utile, qui permettra à certains, je l'espère, de se rendre compte que derrière les migrants arrivant sur des bateaux de fortune aux portes de nos frontières, il y a surtout des femmes et des hommes apeurés ayant vécu les mêmes atrocités que Nivek.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10
NOTE GLOBALE : 12/20
C'est un album absurde classique, enchaînant les scénettes à chutes au gré d'un fil rouge prétexte. La formule est connue, l'exécution est ici sans grande surprise, et c'est malheureusement le reproche que j'adresserais à l'album.
L'humour absurde a la côte ces dernières années, les créations pullulent et malheureusement la créativité et le renouvellement ne suivent pas toujours. Karibou brillait par ses débuts (Dialogues et Salade César pour ne citer que ses premiers - et ses meilleurs à mes yeux par la même occasion) mais peine à se renouveler je trouve. La magie n'opère plus chez moi, le rythme est prévisible, sans grande prise de risque. Dommage.
Bon, je commence cet avis par un constat amer, celui que l'album est loin d'être révolutionnaire et répète ses quelques bonnes idées sans grande variations ou génie, mais loin de moi de dire que tout est à jeter ici. Même si l'humour s'essouffle au fil des pages les premières m'ont bien fait rire avec cette insistance idiote sur les "anecdotes savoureuses à raconter en soirée" et la déformation et la dramatisation absurde de ce qui n'était à la base qu'un bête cambriolage. L'histoire parodie et critique la machine médiatique, répétant ad nauseam les mêmes pensées, s'acharnant sans cesse sur les mêmes boucs émissaires, quitte à y rattacher tout et (surtout) n'importe quoi. Les chaînes d'info en continu, les journalistes obséquieux avec les puissants et odieux avec l'opposition, le racisme et la xénophobie normalisé-e-s dans l'espace public, … bref, on pointe du doigt l'hypocrisie du discours public d'aujourd'hui.
Mais j'avoue que, au delà-même de l'humour qui s'essouffle (problème tout de même notable quand l'album se veut humoristique), je regrette que la critique ne soit pas aussi acerbe qu'elle aurait pu être. Pas de réel coup de pied dans la fourmilière, de réelle critique ouverte, de proposition de solution (si ce n'est, je l'admets, un passage sur les autres formes de terrorisme déjà en place et normalisées chez nous car alliées au bord politique actuellement en vigueur). Allez, il y a une caricature claire de Pascal Praud, on pointe quand-même du doigt des chaînes comme BFMTV et LCI sans les nommer, ce n'est pas non plus lisse comme critique. J'aurais seulement apprécié quelque chose qui pousse davantage à la réflexion ou bien qui propose de véritables remises en question relativement méconnues.
Bref, un album qui n'est pas mauvais, qui possède même de bons gags, mais qui n'est pas allé aussi loin que ce que j'aurais voulu, tant dans le délire que dans la critique politique et médiatique.
Après Lanfeust de Troy, Lanfeust des Étoiles élargit fortement l’univers imaginé par Christophe Arleston et Didier Tarquin. L’aventure quitte le monde de Troy pour prendre une dimension intergalactique, avec de nouveaux mondes et de nouvelles civilisations.
Même si l’ensemble reste bien réalisé, j’ai personnellement moins accroché que pour la série originale. J’ai trouvé qu’il y avait moins d’humour et que les personnages étaient moins attachants que dans Lanfeust de Troy, qui possédait une fraîcheur et une simplicité qui faisaient tout son charme.
Cela reste une suite correcte et intéressante pour les fans de l’univers, mais pour ma part, la première saga reste largement la plus marquante.
Une BD touchante mais assez simple
Elle raconte l’histoire d’un chiot très laid, abandonné à la naissance, qui tente de survivre et surtout de trouver une famille humaine prête à l’accepter. Ce qui donne un récit original, parfois drôle et parfois émouvant. On suit ce pauvre chiot rejeté dès sa naissance et ses tentatives de comprendre les humains, avec leurs contradictions et leurs caprices.
Le scénario, adapté du roman de Daniel Pennac, fonctionne bien et transmet un message clair sur l’abandon des animaux et la relation entre l’homme et le chien.
Les dessins de Grégory Panaccione sont expressifs et dynamiques, même si le style ne m’a pas particulièrement marqué.
Au final, c’est une BD touchante et agréable à lire, mais l’histoire reste assez simple et peut paraître un peu jeunesse pour certains lecteurs. Une bonne lecture, sans être un album marquant.
Le récit de Spider-Man: Blue est plus intime que les histoires classiques de Spider-Man et revient sur les souvenirs de Peter Parker, notamment sa relation avec Gwen Stacy. L’ambiance mélancolique fonctionne très bien et le dessin de Tim Sale est toujours aussi charmant.
Par contre, j’ai été déçu par le manque d’originalité de l’écriture de Jeph Loeb cette fois-ci. J’ai eu l’impression de lire un copié-collé de Daredevil: Yellow, avec une structure et une approche similaires.
Cela n’enlève pas le plaisir de lecture, mais c’est un peu dommage car l’histoire aurait peut-être pu se démarquer davantage.
J’ai apprécié certains aspects de Freaks Squeele, notamment les dessins, la découpe des cases et le ton général de la BD. L’univers est original et assez moderne, avec un mélange de super-héros, d’humour et d’ambiance étudiante qui fonctionne bien.
La lecture est très rythmée et les personnages sont attachants, ce qui rend l’ensemble agréable à suivre. Cependant, l’histoire ne m’a pas totalement emporté. J’ai l’impression que c’est une BD qui vise davantage un public adolescent.
Malgré cela, je reconnais que l’œuvre reste créative, dynamique et possède une identité graphique forte.
Ressemble à Rahan en moins crédible : est-ce qu'un médecin est confronté à un tel festival de malfrats ? Et si jamais il tombait sur des mafieux ou multinationales commettant quelque abus ou des dictatures, que pourrait-il avec son cri qui tue ? Cela même avant de fouiller les motivations de chacun… Mais bon, on s'en moque un peu, c'est une série d'action avec un côté sagesse de Chine. Ceci dit, dans le genre et en feuilleton télé, Kum Fu était bien plus vivant, subtil, nom d'un Petit Scarabée !
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Cyborgs
La série « Cyborgs » est celle qui m’a le moins convaincu parmi toutes les séries de science-fiction et de fantasy que j’ai lues de Jean-Luc Istin. J’ai découvert Cyborgs après avoir déjà lu Androïdes, Elfes / Mages / Orcs / Nains, I.S.S. Snipers et Conquests. Comparée à ces séries, Cyborgs m’a semblé la plus faible du point de vue de la construction des intrigues et de la cohérence narrative. On y trouve beaucoup trop de clichés, des rebondissements peu réfléchis, et des « deus ex machina » qui apparaissent soudainement — tantôt pour sauver les héros, tantôt pour leur compliquer la vie. À force, cela devient très visible. Par moments, cela commence à ressembler à un comics américain conçu principalement pour la vente et la commercialisation. On y retrouve moins ce qui fait souvent la force de la BD : une idée forte, un véritable propos d’auteur — quelque chose que l’on percevait, à des degrés divers, dans les autres séries mentionnées. L’histoire reste malgré tout intéressante, mais elle contient trop d’éléments invraisemblables qui ne sont jamais expliqués et qui finissent par affaiblir l’ensemble. Un exemple frappant : une jeune fille parvient à soulever une voiture au-dessus de sa tête grâce à un bras cybernétique qui commence à l’épaule. On nous dit : « oui, mais son bras est cybernétique ». Je peux accepter cela. Mais lever deux tonnes au-dessus de la tête ne dépend pas seulement des bras : la charge est supportée par le dos, le tronc et les jambes — qui, dans ce cas, restent celles d’une adolescente de quinze ans, parfaitement ordinaires. Ce type de situation apparaît plusieurs fois dans la série. Et ce genre d’incohérence finit par briser la « suspension d’incrédulité ». C’est un peu comme voir quelqu’un crier dans l’espace — où il n’y a pas de son — ou rouler sur des roues carrées : cela sort immédiatement le lecteur de l’histoire. Peut-être que cette série s’adresse avant tout à un public plus adolescent, pour qui ce type de détails a moins d’importance. Mais pour moi, en tant qu’amateur des œuvres de Jean-Luc Istin et des séries de science-fiction publiées par Soleil en général, « Cyborgs » m’a laissé une impression nettement moins forte que les autres.
Miss Peregrine et les enfants particuliers
Une histoire que l’adulte que je suis a lue plutôt avec plaisir, même si je pense qu’elle s’adresse avant tout à des adolescents – qui pourront s’identifier aux personnages de leur âge. Une histoire fantastique qui m’a parfois fait penser à « Harry Potter » (un mal oppressant et de plus en plus menaçant, des jeunes en premières ligne, des pouvoirs magiques, etc.), mais qui se révèle quand même original, avec une construction qui, par étapes, nous fait découvrir un univers dans lequel on (en tout cas les « Particuliers » peut passer d’une époque à l’autre. Leur univers « parallèle » s’imbrique dans celui des gens « normaux » (on accepte facilement certaines facilités à ce propos). Je m’attendais à ce que l’époque de la bataille d’Angleterre ou les exactions nazies, soient davantage exploitées (directement ou sous forme d’analogie), mais ça reste généralement lointain. Même si je pense ne pas être le cœur de cible, et si l’intrigue ne m’a pas non plus passionné, j’admets volontiers que d’autres lecteurs (surtout ados donc, mais pas seulement) puissent y trouver davantage leur compte. La narration est assez aérée. Peu de texte, un dessin réaliste agréable – même si détails, décors et arrière-plans ne sont pas développés – donne une bonne fluidité de lecture.
La Piste de l'Oregon
Certes Tout public, cet album s’adresse avant tout à un jeune lectorat (et c’est à cette aune que je l’évalue). En effet, j’ai trouvé l’ensemble un peu – beaucoup même, parfois – facile et naïf. C’est d’ailleurs une des choses qui m’a un peu gêné. L’histoire proposée par Corbeyran met en avant de belles valeurs : lutte contre le racisme et plus généralement les préjugés, lutte contre les violences faites aux femmes (Wakanda partage le premier rôle et se révèle une forte personnalité – presque anachronique d’ailleurs), mélange entre Blancs et Indiens, dénonciation de l’esclavage, etc. Centrée autour d’un convoi en partance du Missouri pour l’Oregon, l’intrigue abandonne rapidement cet aspect « voyage au long cours (à mon grand regret), pour bifurquer vers quelque chose ressemblant presque à un polar, avec un jeune esclave fugitif accusé de plusieurs délits/crimes, sur le point d’être lynché, mais qui est défendu par le duo de guide du convoi, un couple étonnant – une Sioux et un trappeur d’origine française, qui vont tout faire pour le disculper, et pour trouver les vrais responsables. Mais les personnages sont trop manichéens, et l’intrigue manque elle aussi de subtilité, voire de crédibilité (pour tout ce qui tourne autour du pasteur accompagnant le convoi et le responsable des vols par exemple). Tous les aspects « dangereux », toutes les actions des « méchants », sont bien souvent édulcorés et, contre toute attente en ces temps et en ces lieux, il y a toujours quelqu’un pour calmer le jeu, faire entendre raison (le juge, le chef du convoi, etc.), et même la tentative de viol contre Wakanda reste une péripétie sans importance. Tous ces aspects « gentils » (personnages et intrigue) passe moins pour un lecteur adulte je pense. Et les Indiens (on mêle ici Mandans, Sioux et Hurons) ne sont qu’un décor. Enfin, autre frustration me concernant : cette « piste de l’Oregon », annoncée dans le titre, mise en avant par la carte et le texte de présentation en ouverture et conclusion de l’album, est escamotée. En effet, si j’en crois l’intrigue, les personnages ont quasiment fait du surplace, et son encore au point de départ de cette piste, au Missouri, et ce qui m’intéressait au départ, à savoir ce long voyage, n’est en fait jamais traité. Du coup en refermant l’album, je me suis dit que celui-ci inaugurait une série, mais le gros « Fin » concluant l’histoire me laisse perplexe donc… Le dessin est lisible (il manque un peu de détails) mais il penche lui aussi plutôt du côté d’un lectorat assez jeune. Note réelle 2,5/5.
Le Ciel dans la tête
Cette BD a le mérite de lister l'ensemble des atrocités que subissent certains enfants d'Afrique, à la fois victimes de la mondialisation (récolte de minerais rares pour les pays industrialisés) mais également de l'avidité de chefs de milices locales ou de profiteurs en tout genre (esclavagistes, passeurs, réseaux d'exploitation dans les pays européens, etc). Mais elle n'a pas vraiment eu l'effet escompté sur moi, au vu des nombreuses critiques élogieuses précédentes et du ressenti des autres lecteurs. Pour ma part, j'ai traversé cette lecture de manière assez froide, sans vraiment ressentir grand chose. La faute je pense à une entrée trop rapide dans le vif du sujet, sans poser les bases de l'histoire de nos deux héros, Nivek et Joseph, ce qui aurait pu me permettre de m'y attacher, mais également à un personnage central au profil de guerrier taiseux qui n'a pas réussi à m'émouvoir. Pourtant, beaucoup de scènes horribles et choquantes parsèment cette BD, du meurtre de sa famille par le jeune Nivek lui-même (je vous passe les détails sur le cannibalisme...) au viol puis à l'assassinat des femmes des tribus attaquées par les milices locales voisines... La densité du récit et le changement brutal d'un décor/pays à un autre en finalement peu de pages, m'a donné l'impression d'une liste à la Prévert, les auteurs souhaitant aborder un grand nombre de sujets sur la réalité des migrants et les rites en Afrique, au détriment de la crédibilité et de la poésie de l'ensemble. Si on aborde cette œuvre sous l'angle du conte ou de la fable comme le proposent certains aviseurs précédents, on peut effectivement l'appréhender différemment. S'agissant du graphisme, bien que je ne sois pas particulièrement fan du trait de Sergio García Sánchez avec ses personnages déformés et de la colorisation très tranchée, il faut bien avouer que cela colle plutôt bien avec l'ambiance Africaine de cette BD. Reste tout de même une œuvre utile, qui permettra à certains, je l'espère, de se rendre compte que derrière les migrants arrivant sur des bateaux de fortune aux portes de nos frontières, il y a surtout des femmes et des hommes apeurés ayant vécu les mêmes atrocités que Nivek. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10 NOTE GLOBALE : 12/20
Braquage et anecdotes savoureuses à raconter en soirée
C'est un album absurde classique, enchaînant les scénettes à chutes au gré d'un fil rouge prétexte. La formule est connue, l'exécution est ici sans grande surprise, et c'est malheureusement le reproche que j'adresserais à l'album. L'humour absurde a la côte ces dernières années, les créations pullulent et malheureusement la créativité et le renouvellement ne suivent pas toujours. Karibou brillait par ses débuts (Dialogues et Salade César pour ne citer que ses premiers - et ses meilleurs à mes yeux par la même occasion) mais peine à se renouveler je trouve. La magie n'opère plus chez moi, le rythme est prévisible, sans grande prise de risque. Dommage. Bon, je commence cet avis par un constat amer, celui que l'album est loin d'être révolutionnaire et répète ses quelques bonnes idées sans grande variations ou génie, mais loin de moi de dire que tout est à jeter ici. Même si l'humour s'essouffle au fil des pages les premières m'ont bien fait rire avec cette insistance idiote sur les "anecdotes savoureuses à raconter en soirée" et la déformation et la dramatisation absurde de ce qui n'était à la base qu'un bête cambriolage. L'histoire parodie et critique la machine médiatique, répétant ad nauseam les mêmes pensées, s'acharnant sans cesse sur les mêmes boucs émissaires, quitte à y rattacher tout et (surtout) n'importe quoi. Les chaînes d'info en continu, les journalistes obséquieux avec les puissants et odieux avec l'opposition, le racisme et la xénophobie normalisé-e-s dans l'espace public, … bref, on pointe du doigt l'hypocrisie du discours public d'aujourd'hui. Mais j'avoue que, au delà-même de l'humour qui s'essouffle (problème tout de même notable quand l'album se veut humoristique), je regrette que la critique ne soit pas aussi acerbe qu'elle aurait pu être. Pas de réel coup de pied dans la fourmilière, de réelle critique ouverte, de proposition de solution (si ce n'est, je l'admets, un passage sur les autres formes de terrorisme déjà en place et normalisées chez nous car alliées au bord politique actuellement en vigueur). Allez, il y a une caricature claire de Pascal Praud, on pointe quand-même du doigt des chaînes comme BFMTV et LCI sans les nommer, ce n'est pas non plus lisse comme critique. J'aurais seulement apprécié quelque chose qui pousse davantage à la réflexion ou bien qui propose de véritables remises en question relativement méconnues. Bref, un album qui n'est pas mauvais, qui possède même de bons gags, mais qui n'est pas allé aussi loin que ce que j'aurais voulu, tant dans le délire que dans la critique politique et médiatique.
Lanfeust des Etoiles
Après Lanfeust de Troy, Lanfeust des Étoiles élargit fortement l’univers imaginé par Christophe Arleston et Didier Tarquin. L’aventure quitte le monde de Troy pour prendre une dimension intergalactique, avec de nouveaux mondes et de nouvelles civilisations. Même si l’ensemble reste bien réalisé, j’ai personnellement moins accroché que pour la série originale. J’ai trouvé qu’il y avait moins d’humour et que les personnages étaient moins attachants que dans Lanfeust de Troy, qui possédait une fraîcheur et une simplicité qui faisaient tout son charme. Cela reste une suite correcte et intéressante pour les fans de l’univers, mais pour ma part, la première saga reste largement la plus marquante.
Cabot-Caboche
Une BD touchante mais assez simple Elle raconte l’histoire d’un chiot très laid, abandonné à la naissance, qui tente de survivre et surtout de trouver une famille humaine prête à l’accepter. Ce qui donne un récit original, parfois drôle et parfois émouvant. On suit ce pauvre chiot rejeté dès sa naissance et ses tentatives de comprendre les humains, avec leurs contradictions et leurs caprices. Le scénario, adapté du roman de Daniel Pennac, fonctionne bien et transmet un message clair sur l’abandon des animaux et la relation entre l’homme et le chien. Les dessins de Grégory Panaccione sont expressifs et dynamiques, même si le style ne m’a pas particulièrement marqué. Au final, c’est une BD touchante et agréable à lire, mais l’histoire reste assez simple et peut paraître un peu jeunesse pour certains lecteurs. Une bonne lecture, sans être un album marquant.
Spider-Man - Bleu
Le récit de Spider-Man: Blue est plus intime que les histoires classiques de Spider-Man et revient sur les souvenirs de Peter Parker, notamment sa relation avec Gwen Stacy. L’ambiance mélancolique fonctionne très bien et le dessin de Tim Sale est toujours aussi charmant. Par contre, j’ai été déçu par le manque d’originalité de l’écriture de Jeph Loeb cette fois-ci. J’ai eu l’impression de lire un copié-collé de Daredevil: Yellow, avec une structure et une approche similaires. Cela n’enlève pas le plaisir de lecture, mais c’est un peu dommage car l’histoire aurait peut-être pu se démarquer davantage.
Freaks' Squeele
J’ai apprécié certains aspects de Freaks Squeele, notamment les dessins, la découpe des cases et le ton général de la BD. L’univers est original et assez moderne, avec un mélange de super-héros, d’humour et d’ambiance étudiante qui fonctionne bien. La lecture est très rythmée et les personnages sont attachants, ce qui rend l’ensemble agréable à suivre. Cependant, l’histoire ne m’a pas totalement emporté. J’ai l’impression que c’est une BD qui vise davantage un public adolescent. Malgré cela, je reconnais que l’œuvre reste créative, dynamique et possède une identité graphique forte.
Docteur Justice
Ressemble à Rahan en moins crédible : est-ce qu'un médecin est confronté à un tel festival de malfrats ? Et si jamais il tombait sur des mafieux ou multinationales commettant quelque abus ou des dictatures, que pourrait-il avec son cri qui tue ? Cela même avant de fouiller les motivations de chacun… Mais bon, on s'en moque un peu, c'est une série d'action avec un côté sagesse de Chine. Ceci dit, dans le genre et en feuilleton télé, Kum Fu était bien plus vivant, subtil, nom d'un Petit Scarabée !