Les derniers avis (48582 avis)

Couverture de la série Tchesmé
Tchesmé

Une bataille et une guerre sur lesquelles je n’avais quasiment aucune connaissance. J’ai donc appris quelques petites choses sur cette lutte entre l’Empire russe et l’Empire ottoman (qui est déjà sur le déclin). Delitte se fait plaisir au dessin avec ses vieux gréements. Et, une fois n’est pas coutume dans cette collection, il laisse une place relativement importante à la bataille elle-même, et donc son dessin se révèle un atout. Mais, revers de la médaille, toute la partie « romancée » censée densifier le récit et donner plus de corps à la bataille, est maigre. Et « l’embrouille » entre l’officier russe et le matelot est à la fois artificielle, trop « longue » et sans réel intérêt, si ce n’est remplir quelques vides du récit. L’album se laisse lire, est agréable à feuilleter (même si les têtes des personnages sont comme à l’accoutumée chez Delitte toutes sorties du même moule « carré »). Mais la bataille elle-même – et la guerre dont elle est l’une des scories – manquent quand même de force, d’importance, pour totalement nous captiver. Comme d’habitude un petit dossier historique clôt l’album, Delitte s'en chargeant lui-même cette fois-ci (il aurait sans doute pu y ajouter une petite bibliographie…). Note réelle 2,5/5.

07/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Bellem
Bellem

Du Servais classique, au niveau des thématiques et du dessin, les amateurs de l’auteur y trouveront leur compte. Surtout que là, contrairement à quelques récentes lectures de cet auteur, j’ai trouvé qu’on ne tombait pas dans le n’importe quoi, l’histoire – sans être trop originale – se laisse lire agréablement. Il faut dire que Servais joue ici en terrain connu. A savoir les contes se déroulant dans les forêts des Ardennes (ici une légende locale), avec décors forestiers, vieux châteaux, etc. C’est encore l’occasion d’admirer son trait léché, « apprêté » – un chouia trop sans doute, un peu statique. Mais qui fait merveille dès qu’il s’agit de nous plonger dans les sous-bois, et la « nature » en général (je trouve ses personnages moins captivants, même s’ils sont quand même réussis). L’histoire se laisse lire donc – même si je n’y reviendrai pas – mais elle est joliment mise en image, et donc la lecture est toujours plaisante.

07/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Le Transperceneige
Le Transperceneige

Noir blanc et gris, dessin assez brutal pour s'accorder à celle de l'histoire sans parler d'un style reconnaissable : je dis que ça vaut au moins une lecture. Sans être un chef d'œuvre, il y a le pitch relativement original : une histoire de survie dans un train lancée dans le froid, arche de survie avec lutte entre les riches et les pauvres pour les ressources. Et qui accroche : on reste assis comme actuellement, sauf qu'on voyage vers nulle part : ce qui est absurde face au monde contemporain, mais qui ne l'est pas dans ce monde car cela assure la survie. Le dernier des derniers, un des passagers de dernière classe remonte jusqu'à la première, on découvre ce monde, on s'attache au survivant, et peut-être surtout à une idéaliste promouvant de meilleures conditions de vie pour les dernières classes. Sinon, beaucoup de choses sont téléphonées, l'attitude des dirigeants, des privilégiés, de leurs servants. Cette bd me fait penser que j'aimerais en lire de meilleures sur la survie après quelque catastrophe, sur le train, ou un mélange des deux si cette bd et ses suites n'ont pas trop gâchées le sujet.

06/02/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Nouvelle France
Nouvelle France

La superbe couverture a de suite attiré mon attention avec ce guerrier Iroquois sur un cheval. L'histoire se déroule pendant la guerre de sept ans (1756-1763). Pierre Archange est un français expatrié en Nouvelle France, il a adopté la vie de coureur des bois. Il passe l'hiver chez les Shawnees où il trouve l'amour en la personne de Lune Pâle qui lui donne un fils. La guerre va le rattraper, il va devoir retourner sur le continent européen pour se battre contre les prussiens, en laissant son enfant au père de sa défunte épouse. Il aura eu le temps de se faire pour ennemi Akaash, un Iroquois qui ne rêve que de vengeance. A son retour en Nouvelle France, après plusieurs années, Archange part à la recherche de son fils. Une fresque Historique, Stephen Desberg a bien bossé son sujet. Lieux, personnages illustres et batailles : rien à redire. Par contre, pour la géopolitique c'est plus succinct. Un récit qui part sur de bonnes bases, mêmes si très classiques, mais il s'essouffle vite hélas. Une narration trop centré sur la partie Histoire et sur la dénonciation de la guerre, elle en devient trop studieuse, chaotique et manquant de lyrisme. Un coureur des bois qui m'a laissé indifférent. Je trouve la conclusion fade et prévisible. Le point fort de cet album c'est le dessin de Bernard Vrancken, il est magnifié par des couleurs directes, je pense même à l'aquarelle pour certains paysages. Le rendu est magnifique avec le travail sur la luminosité et le dépaysement est garanti (forêt enneigée). La mise en page aérée fait la part belle aux grands espaces en n'omettant pas les gros plans sur les personnages. Je me dois de louer la qualité du bouquin des éditions Daniel Maghen, comme toujours. Pour les amateurs du genre.

06/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Mécaniques du fouet
Mécaniques du fouet

Un album étrange, original, sur une personne et un sujet qui l’est tout autant. Dabitch a visiblement été envoûté par le personnage d’Eugénie. Elle a laissé très peu de traces – essentiellement dans quelques archives de police, mais suffisamment pour intriguer l’auteur, qui cherche à nous transmettre le virus. Il faut dire qu’Eugénie est des plus atypiques. Ayant reçu une très bonne éducation, mais ayant souffert du déclassement consécutif à la ruine de ses parents, elle devient nonne, puis, peu à peu de retour à Paris, devient une sorte de prostituée/proxénète, adepte d’un certain SM. Peu de document pour étayer cette biographie. Dabitch invente donc pas mal, et développe, en plusieurs chapitres, une sorte de dialogue entre lui et Eugénie, comme s’il recevait témoignage ou confession, comme si d’enquêteur -et elle en a connu des enquêteurs de police qui la traquait !) il se transformait en confident. Le procédé est étonnant, mais donne vie à cette femme à la fois libre et pleine de contradictions, emportée par son élan, se cherchant jusqu’au bout. L’ensemble est inégal, avec des longueurs, des passages un peu obscurs (à plusieurs reprises Dabitch intercale entre les chapitres quelques pages de texte, mêlant monologue et commentaires ressemblant à un documentaire). Mais ça se laisse lire agréablement, on est immanquablement intrigué par cette destinée improbable. Pour accompagner ce récit, je retrouve le dessin de Jorge Gonzalez. Un travail à l’aquarelle, qui vire parfois à l’abstrait. Comme pour la vie d’Eugénie, on ne peut qu’être intrigué par l’aspect graphique. Gonzalez a vraiment beaucoup de talent. Son style ne conviendra sans doute pas à tous (on est à des années lumières du franco-belge classique, et parfois proche de la peinture), mais on ne peut lui dénier de la force et de la beauté. Il convient bien au sujet, avec une ambiguïté, une vision un peu diaphane des choses – même si parfois éclate la couleur. A noter que les auteurs, sur un sujet qui aurait pu être scabreux, ne tombent jamais dans le voyeurisme, l’obscénité.

06/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Southern Bastards
Southern Bastards

Bon, ça se laisse lire, c’est dynamique, et les amateurs de comics moderne tendance violente y trouveront sans doute leur compte – d’où les trois étoiles. Me concernant, je suis resté un chouia sur ma faim. Le dessin n’est pas forcément mon truc, mais c’est vraiment dans la lignée des comics modernes, et c’est globalement lisible. Mais colorisation et dessin ne cherchent pas à peaufiner les détails, c’est du travail à gros trait je trouve. Mais c’est raccord avec l’intrigue et le ton développé finalement, car là aussi on ne joue pas dans la finasse (voir en particulier les nombreux gros plans sur les personnages massacrés à coups de battes, ou sur les personnages marchant dans de la merde de chien !). Une ambiance violente et presque nihiliste, dans une Amérique profonde quasi caricaturale. On est dans du thriller poisseux, dans lequel la frontière entre Bien et Mal est tenue, où la morale et la loi se sont égarées, loin. Aaron use d’une technique classique faisant intervenir les uns après les autres les personnages, qui n’apparaissent qu’une fois que le personnage précédent a épuisé toutes les possibilités scénaristiques. C’est un peu artificiel, mais globalement efficace (voir par exemple la fille du héros), même si je ne suis pas convaincu par certains personnages – comme le sauve qui vit et chasse à l’arc dans les marais par exemple). Par-delà les facilités habituelles (c’est fou quand même ce qui peut se passer dans ce type de coin paumé, sans que cela ne transpire « à l’extérieur » - police, justice, etc…), les très très nombreux passages autour du football américain m’ont lassé. C’est trop long (parfois répétitif) et cela aurait pu et dû être élagué. Outre que le sujet ne me passionne pas a priori, c’est long et n’apporte pas toujours quelque chose à l’intrigue, cela fait parfois un peu remplissage. Et l'abandon nous laisse en plan concernant le pétage de plomb annoncé de la fille...

06/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Crépuscule des Idiots
Le Crépuscule des Idiots

Rhésus, un singe issu d'une capsule spatiale, atterrit au sein d'une tribu de macaques dominée par un chef brutal. Profitant de leur crédulité, il se fait passer pour un prophète et fonde un culte qui, de croyances en dogmes, finit par installer un nouveau système de pouvoir, tout aussi oppressif que l'ancien. Athée depuis toujours, et ayant déjà beaucoup réfléchi aux religions comme mécanismes sociaux et politiques de domination, je n'ai rien trouvé de vraiment édifiant ou nouveau dans le propos. La démonstration est limpide, mais très frontale, presque scolaire par moments. Tout ce qui arrive est prévisible : l'invention du dogme, l'assimilation par une populace trop naïve, la récupération du pouvoir, la concurrence entre prêtres, la manipulation des foules... J'avais souvent l'impression d'assister à une thèse illustrée plutôt qu'à un vrai récit. En plus, j'avais déjà lu il y a longtemps le diptyque Destin Farceur dans la série Pacush Blues, qui racontait sensiblement la même chose dans un décor animalier comparable, avec plus de finesse et de mordant. Du coup, difficile pour moi de ne pas ressentir un fort goût de déjà-vu. Côté dessin, c'est plutôt réussi. Le trait est dynamique, expressif, les singes sont très vivants et les planches à l'aquarelle apportent une belle atmosphère. La lecture est fluide et agréable. Cela dit, la mise en scène reste assez répétitive et les décors évoluent peu, ce qui accentue encore la sensation de longueur sur près de 300 pages. Par ailleurs, cette société de singes comme miroir instinctif de l'humanité m'a aussi rappelé Le Singe qui aimait les fleurs du même auteur, ce qui renforce cette impression de redite. Au final, je reconnais la cohérence et l'efficacité du propos, mais entre la longueur, le côté démonstratif et le déjà-vu, je ne me suis certes pas ennuyé mais je n'ai jamais été vraiment transporté.

06/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Calle Málaga
Calle Málaga

Avec un dessin et une intrigue tout en épure, presque stylisés et minimalistes, j’ai trouvé que cet album ressemblait un peu à ce que peuvent nous proposer Nury et Brüno (sur Tyler Cross par exemple). C’est plutôt agréable à regarder et à lire, globalement bien fichu. Le seul hic, c’est que c’est très très vite lu. Les 80 pages sont lues en peu de temps, tant l’intrigue en elle-même est squelettique, avec des personnages taiseux. C’est presque un exercice de style. Mais qui vaut quasi exclusivement par son ambiance – belle et noire au demeurant. A emprunter, la lecture – rapide – est plaisante. Mais elle n’est pas inoubliable – même pour le rebondissement final, qui se laisse deviner longtemps à l’avance.

05/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Kaël
Kaël

Dans ce monde de fantasy existent trois nations : celle des Anges, celle des Démons leurs ennemis, et la nation des animistes qui est coincée entre les deux. Dans celle-ci, les jeunes humains découvrent leur animal totem lors d'un rite de passage marquant leur transformation dans la forme humanoïde de cet animal, chacun ayant un rôle spécifique dédié au service de leur pays. Sauf que lorsque Kaël passe enfin ce rituel, aucun animal-totem ne s'offre à lui et il se retrouve avec le statut de Sans-totem, voué aux plus basses tâches de la société et au mépris de ses anciens pairs. Mais en réalité quelque chose s'est bien offert à lui, une entité différente qui va tenter de le corrompre. C'est un récit de fantasy tous publics mais plutôt adressé aux jeunes lecteurs ados et préados. Cela se retrouve dans la légèreté de son ton mais aussi dans son dessin. Le style de Kan-J est moderne, fait de nombreuses influences, franco-belge pour les décors et la mise en scène, manga pour les visages, et Disney pour l'aisance à représenter des personnages animaliers. C'est du bon boulot, avec une narration graphique claire et bien rythmée. J'aime beaucoup la représentation graphique de l'entité qui accompagne le héros et des ailes qu'elle lui donne. Seul les décors un peu trop souvent vides réduisent mon enthousiasme. L'histoire est sympathique. Si elle part d'un concept assez original, avec cette nation coincée entre deux dangereuses rivales et ses habitants se transformant définitivement en leur animal totem, elle emprunte ensuite quelques sentiers convenus dans les récits de fantasy jeunesse. Certaines scènes et comportements de personnages sont très cousues de fil blanc. Difficile de ne pas soupirer devant le harcèlement caricatural que subit le héros (qui trouve toutefois plus tard une explication), ou devant la réaction des autorités qui sont comme par hasard au bon endroit au bon moment, devant le manichéisme des démons méchants par nature, ou encore devant les facilités scénaristiques qu'implique la révélation de fin du premier tome quand on pense aux pouvoirs de ses instigateurs et comment avec de tels capacités ils auraient pu faire les choses de manière bien moins alambiquée. Là encore, cela trouve une explication par la suite, mais celle-ci n'est pas très convaincante. Ces points un peu immatures laissent penser que le public visé est jeune. Et enfin, les évènements s'enchainent un peu trop vite et facilement dans la dernière partie du second tome. Et comme celui-ci se termine sur un mot Fin qu'il n'y avait pas dans le premier tome, on dirait bien que c'est soit une fin de série, soit au minimum une fin de diptyque, et cette fin un peu trop abrupte est un peu frustrante, même si sa dernière page laisse une porte ouverte vers plus de développements. Bref, j'ai été diverti par cette série qui présente quelques idées sympathiques et un rythme assez prenant, mais aussi pas mal de facilités ou de séquences clichés qui laisse sur un léger sentiment de manque de maturité et qui semble indiquer que la série s'adresse avant tout à un public jeune.

25/03/2025 (MAJ le 05/02/2026) (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Batman - Mad Love
Batman - Mad Love

Je n'ai jamais regardé la série Batman des années 90, mais je connais bien son influence et son aura. Elle aura imposé un style pour Batman dans les années suivantes et contribué à diffuser l'aura du Chevalier noir, devenu l'un des super-héros les plus populaires de l'univers DC pour les années suivantes. C'est dans cette série que naitra donc Harley Quin, acolyte du Joker excentrique mais également développée en profondeur. Par rapport à beaucoup de personnages crée auparavant, les créateurs (Paul Dini et Bruce Timm) ont pu développer son origine et son caractère de façon plus poussé. Harley Quinn devient la psychiatre du Joker, personnage étant tombé amoureuse de son patient et vivant une relation d'amour toxique avec ce dernier. C'est son origine développée dans cette BD, avec Harley se remémorant son parcours tandis qu'elle tente de capturer Batman pour faire plaisir à son amour. Si l'histoire est assez basique, hélas, j'aime bien le fait que les créateurs aient eut cette idée de noirceur dans le ton. Harley Quinn est un archétype de femme dans une relation toxique, mélange entre la femme battue et l'amoureuse perpétuellement rejetée. Une figure qui va être reprise de façon très intéressante pour dire des choses dans d'autres oeuvres, notamment l'excellent Harleen. Maintenant, la Bd en elle-même est assez moyenne. L'origine est bien faite, mais dans une histoire assez banale et qui n'a pas grand intérêt en dehors de cette explication du passée de Harley Quinn. De même, le volume est une petite arnaque avec les planches crayonnées et les planches colorisées, qui sont intéressantes pour les collectionneurs mais gonflent aussi le pages artificiellement. Je suis content de ne pas l'avoir acheté pour le coup ! Deux autres histoires sont présentes, en peu de pages, mettant en scène d'autres personnages de Gotham mais c'est clairement plus dispensable et ça fait un peu ajout pour mettre du gras. Niveau dessin, c'est celui du dessin animé pur jus, avec ce trait assez cartoon dans la forme mais restant en style polar pour enfant. C'est un style qu'on peut ne pas aimer, mais c'est propre dans le traitement et carrément réussi en terme de cohérence. Harley Quinn est un personnage iconique notamment par ce dessin qui joue sur l'aspect enfantin et la gravité de ce qui se passe, contraste qui forgera sa personnalité. Une BD pour curieux du personnage et fan de Batman, mais pas indispensable en l'état.

05/02/2026 (modifier)