Les derniers avis (49097 avis)

Couverture de la série Les Mantes Religieuses
Les Mantes Religieuses

Après lecture des deux tomes parus, je reste sur un ressenti mitigé. En fait, au vu des premières pages, je m’attendais à quelque chose de plus drôle. Car il y a de bonnes idées, quelques dialogues, gags, situations qui font mouche, et qui permettent, grâce à certains décalages, anachronismes, de suivre plaisamment les aventures de ces « agents secrets » moyenâgeux. Mais dans l’ensemble c’est inégal – au niveau de l’humour et du rythme – et peine à entretenir sur la durée ce que j’avais entrevu au début. Du loufoque parfois pas forcément drôle et quelques longueurs, c’est dommage. Ça reste lisible, pas désagréable, mais ça me laisse avec l’impression d’un potentiel pas exploité au maximum. Sympathique, un peu frustrant.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série La Neige était sale
La Neige était sale

N’ayant pas lu le roman auparavant, j’ai surtout découvert ici une œuvre de guerre très sombre, volontairement dérangeante et parfois assez insaisissable. On ne sait pas toujours exactement où le scénario veut nous emmener, mais c’est probablement aussi ce qui fait une partie de sa force. Le récit laisse souvent songeur et propose une vision particulièrement froide, dure et parfois gratuite de l’humain en temps de guerre. Le scénario fonctionne davantage par tableaux successifs que par véritable fil rouge parfaitement structuré. Certaines scènes semblent presque divaguer autour du thème de la guerre et de la déchéance humaine plutôt que construire un récit totalement maîtrisé. Cela crée parfois quelques incohérences ou une impression de flottement narratif, même si cela participe aussi au malaise général recherché. Graphiquement, le travail de Yslaire colle parfaitement au propos. Le dessin est cru, rugueux et très terne, avec quelques touches de couleurs bien utilisées pour donner de la profondeur et renforcer l’atmosphère glaciale du récit. Les visages sont expressifs, légèrement caricaturaux sans excès, et les faciès des personnages correspondent très bien à cet univers moralement sale et étouffant.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Messaline - La Déesse aux miroirs
Messaline - La Déesse aux miroirs

Delcourt développe sa collection des « reines de sang » et trouve tout naturellement dans les premiers temps de l’Empire romain des personnalités à même de l’intégrer. Sont d’ailleurs publiées quasiment en même temps trois séries, sur trois femmes contemporaines, Poppée, Agrippine, et donc cette Messaline (toutes ces séries ayant au scénario Luca Blengino). Et d’ailleurs Agrippine apparait très souvent dans cet album – et joue un rôle central dans la chute de Messaline. Si Messaline n’a été que peu longtemps au sommet de l’État – à partir du moment où son mari Claude devient empereur, elle appartient aux cercles du pouvoir, via sa famille, dès son plus jeune âge, et elle a été la maîtresse de Caligula. Si Blengino nous la présente au départ pas mal ballottée par les événements, rapidement elle prend de l’assurance et, pour mieux contrôler le pouvoir qu’elle possède – même par procuration – et satisfaire ses besoins – sexuels par exemple – elle va plonger dans une surenchère d’assassinat, ce qui justifie sa présence dans la collection. La biographie est bouclée en un tome (3 seront consacrés à Agrippine), ce qui montre le passage éphémère au sommet de l’État. L’album se laisse lire, plutôt agréablement, et le personnage de Messaline reste ambivalent. Presque attachant même, malgré le sang qu’elle a sur les mains. La fin de l’album sert presque d’introduction à la série sur Agrippine… Dessin et colorisation font honnêtement le travail, le rendu est suffisamment précis et agréable pour bien accompagner cette plongée dans les turpitudes du 1er siècle, durant lequel les empereurs se succèdent très rapidement – les impératrices aussi donc…

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Oiseau de Tazmamart
L'Oiseau de Tazmamart

J’arrondis aux trois étoiles parce que ce témoignage est important et permet de découvrir l’horreur occultée par les médias et autres politiques ou « people » (Rachida Dati ou Jamel Debbouzze par exemple) lorsqu’il s’agit d’évoquer la monarchie marocaine. Un bagne dans lequel ont été emmurés et torturés psychologiquement des centaines de personnes, désignées comme opposants. L’album s’inspire du récit de l’un d’eux, embarqué à son insu dans une tentative de coup d’État assez foireux, et qui a passé de très nombreuses années dans le bagne de Tazmamart perdu dans le Sahara (secret, inconnu des cartes). On suit la coup d’État, puis l’arrestation, la torture et l’incarcération. Le personnage principal survit, jusqu’à ce que, des informations ayant filtré à l’étranger, le pouvoir décide de fermer ce bagne et de faire sortir les quelques survivants. Notre héros malgré lui a pu tenir en partie grâce à un oiseau, qu’il a secrètement recueilli, soigné et nourri, cet oiseau devenant pour les détenus un espoir. Hélas, le récit manque de souffle, la narration comme le dessin sont un peu ternes, ça manque de dynamisme. Mais le sujet sauve l’ensemble et maintient l’intérêt (de toute façon l’album se lit très vite). Note réelle 2,5/5.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Ombre des Lumières
L'Ombre des Lumières

Pour ma part, j’ai trouvé ça vraiment sympa et agréable à suivre, très classe dans sa réalisation. D’abord une belle qualité d’édition : le format et le touché de l’album font honneur (bon après c’est pas le prix le plus abordable non plus ;) L’intérieur l’est tout autant, peut être le meilleur lu de Richard Guérineau, c’est parfaitement orchestré et lisible : construction, trait et couleurs (ça change des Stryges tiens !!). J’aime le soin apporté à ses planches. Et enfin le récit, même si pour l’instant ce dernier se révèle relativement convenu pour l’époque, l’ensemble est bien amené et je suis vraiment rempli d’optimisme pour la suite. La narration ne m’a pas gêné, bien au contraire, ça demande un peu d’attention sur les noms mais j’aime bien l’idée de cette correspondance en fond, ça ajoute du charme et j’espère que l’identité de Mme de *** surprendra. Une bonne entrée en matière pour cette trilogie annoncée, je comprends les réserves de mes prédécesseurs mais bizarrement je suis absolument confiant et serein pour le fin mot de l’histoire. MàJ tome 3 : Alors que je partais plutôt confiant, la suite m’a moins enthousiasmé. La réalisation n’est pas en cause, c’est toujours aux petits oignons. La faute vient de la localisation, je ne raffole pas des aventures dans le nouveau monde, ça m’avait déjà fait ça avec "Plume au vent". Mon intérêt c’est donc doucement délité, ne faisant plus beaucoup d’effort à suivre ce petit monde, mauvais choix car j’ai fini ma lecture un peu perplexe. Après une parenthèse de l’autre côté de l’océan qui ne m’a pas emballé, le retour et le fin mot en France m’a un peu perdu. Ce n’est pas vraiment la fin ni la révélation attendu, que ce soit pour la série ou un cycle. Il y a sans doute un truc qui m’a échappé (ou alors c’est pas une trilogie ?), mais en l’état mon plaisir de lecture était moindre. Ça reste une œuvre bien réalisée et qui mérite certainement davantage d’attention que j’ai pu lui donner pour savourer tout son sel.

14/11/2023 (MAJ le 17/05/2026) (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Avila
Avila

Ca faisait plusieurs jours que j'avais fini de lire cette BD et que j'attendais pour l'aviser. Il faut dire que je ne suis pas sur de mon avis, qui est mitigé, tout comme celui de grogro. J'aime beaucoup le duo Radice-Turconi qui ont réussi de très belles BD et que j'ai apprécié de suivre à chaque fois. Ici, la BD est tournée autour d'une figure de sorcière (encore, dirais-je) mais pour une fois en proie à l'inquisition dans le bon siècle, c'est déjà ça ! D'ailleurs la partie historique est oscillante, mais avec au moins un intérêt, celui de mêler dans le récit de nombreux tableaux classiques (que je ne prétendrais pas avoir tous reconnus) de l'art flamand et aussi des paysages de France qui sentent bon les récits de capes et d'épée. L'ensemble est très beau à voir, avec de nombreux passages plus lents qui font profiter du dessin, un petit régal. Niveau histoire, c'est plus complexe. On a un mélange entre la traque d'une sorcière, un récit à la Faust de pacte démoniaque et un commentaire sur l'obscurantisme religieux qui s'oppose aux rebouteuses des campagnes. Un cliché légèrement éculé et à contre-courant des faits historiques, mais bon, disons que c'est pour enfant. Et c'est d'ailleurs ce que je retiens surtout de la BD : c'est léger, un peu trop, mignon, un peu trop. Enfantin, en somme, qui plaira sans doute aux plus jeunes (collèges) avec des bons sentiments et des résolutions un peu facile. A ce niveau, je trouve qu'il y a un faux air de Disney dans l'ensemble du récit : les nobles personnages paternalistes, les méchants rigolos et légèrement inquiétant, le récit qui oscille autour des figures familiales ... D'ailleurs la fin est un peu décevante et m'a assez moyennement convaincu. Ce n'est pas mauvais, c'est plutôt simple, trop simple. En fait je crois que la BD a cherché à faire beaucoup de choses en peu de temps, dans un récit qui voulait surtout être beau et prendre son temps. Quelque part j'aurais apprécié une plus longue dissertation sur les plantes médicinales dans un siècle où la démocratisation de l'imprimerie permet de transmettre plus vite des savoirs aussi précieux, mais le récit est en deux parties assez mal équilibrées qui se finissent sur une certaine résolution qui ne m'a jamais semblé centrale à l'histoire. Bref, un récit plein de bons sentiments, une histoire bancale et un très beau dessin, dans un ensemble qui me parait destinée bien plus aux enfants. Donc je ne recommande pas spécialement, dommage !

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Et ils eurent beaucoup d'emmerdes !
Et ils eurent beaucoup d'emmerdes !

C’est un album qui m’a fait sourire à plusieurs reprises, même s’il n’est jamais vraiment hilarant. Comme souvent dans ce genre d’entreprise parodique, ça joue su de l’humour con, des décalages par rapport à des personnages ou schémas connus de tous. Ici des contes donc (même une histoire tourne autour de Tarzan…), en centrant sur les gamins. Mioches qui chialent et dont il faut s’occuper et changer les couches dans la première histoire, mais le plus souvent ce sont les « fils de » qui interviennent, les héros connus étant soit absents, soit vieux ou vieux jeu, en tout cas refoulés des premiers rôles par leur progéniture. Le problème vient d’un humour et de chutes pas forcément très percutants. Et du fait que ce créneau (contes revisités, humour con/décalé, avec contrepèteries graveleuses parfois en plus ici) est passablement encombré depuis quelques temps. Du coup, difficile de surprendre et de faire preuve d’originalité. Le lecteur amateur de ce type d’humour que je suis est un peu blasé, et il en aurait sans doute fallu davantage pour me faire vraiment rire. Mais bon, ça se laisse lire. Note réelle 2,5/5.

17/05/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Avila
Avila

J’avais gardé de très bons souvenirs de lecture de La Terre, le ciel, les corbeaux, des mêmes auteurs, raison pour laquelle je me suis embarqué dans cette lecture qui avait l’air vraiment très bien et que j’avais très envie d’aimer. Côté graphique (et même du point de vue scénaristique d’ailleurs), elle est même assez étonnante si on la compare à la BD précitée. En effet, on a l’impression que ce ne sont pas du tout les mêmes auteurs. Le trait est ici beaucoup plus fluide et rond, les couleurs plus lumineuses, et l’histoire plus pétillante. C’est surtout le dessin qui procure cette impression. Mais s’il donne effectivement la sensation de n’être pas produit par le même dessinateur, il est néanmoins très agréable. Le travail sur la couleur est soigné, apportant un dynamisme bienvenu. Les architectures sont très convaincantes, occasionnant même de très belles cases. L’histoire est touchante et les personnages plutôt bien troussés. Pourtant, il y a un petit truc qui m’a laissé un goût un peu amer. Plusieurs petits trucs en fait. D’abord, le personnage du narrateur, vieux colporteur battant la campagne avec son chien, est tout à fait agaçant. Outre le fait que son existence n’apporte absolument rien au récit, le ton qu’il adopte m’a tout à fait agacé, et s’il n’est heureusement pas omniprésent, on termine quand même sur lui. Et puis bon, à partir de la seconde moitié, je n’ai jamais pu me départir d’un sentiment de vacuité, sentiment qui domine une fois la BD refermée. Oui, tout ça pour ça. Si chaque élément pris individuellement reste intéressant (personnages bien campés, chouette dessins et couleurs, contexte historique…), on a quand même l’impression qu’Avila passe un peu à côté de son sujet, que les éléments s’enchainent sans vraiment parvenir à faire monter les blancs en neige. L’âme noire d’Avila, matérialisée par son ombre maléfique, n’est pas assez noire. On ne ressent pas assez les émotions unissant la mère et la fille. Globalement, les choses s’emmanchent un peu trop facilement, et les situations critiques se dénouent tout aussi facilement… Voilà pour ce qui m’a laissé sur ma faim. Mais je ne voudrais pas non plus torpiller cette BD qui au demeurant m’a donné quelques motifs de satisfaction tout de même (le dessin principalement). Mais bon, il faut être honnête : c'est une déception !

17/05/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Terre ou Lune
Terre ou Lune

Étrange roman graphique que celui-ci, attisant le feu et la glace. L'histoire est pour le moins originale puisque s'articulant abondamment autour de la thématique de l'ornithologie, laquelle est travaillée par celle puissante du parricide, l'ensemble est enfin intégré à un univers SF envisageant une colonisation de la Lune et un rapport tendu entre les habitants des deux astres. Tout s'imbrique pour le moment assez maladroitement : l'univers SF notamment s'efface puis revient, sans véritablement travailler ses thématiques sociétales (migrations de populations, dépendance alimentaire, intimidation guerrière, mouvements sociaux). Le traitement poétique de la dystopie engendre de beaux moments (l'épisode du géant de pierre est assez réussi), mais sa déclinaison technologique est plus triviale (les véhicules volants, le train... tels des copies gratuites de machines aperçues chez Miyazaki). Le récit joue avec les temporalités, présentant des épisodes de l'enfance, de l'adolescence, des évocations du passé via souvenirs ou apparitions, au sein d'une tranche de vie avançant lentement, sans véritable direction. Il ne s'agit pas véritablement de reconstruire l'histoire d'un drame familial, ni de comprendre l'histoire de cette colonisation lunaire, ou de proposer une tranche de vie naturaliste ; le récit tente d'entremêler ces trois voies sans y parvenir avantageusement : l'anecdotique cohabitant trop souvent avec le dramatique, hurlant son incapacité à organiser avec cohérence et pertinence une dramaturgie en roue libre. Néanmoins, ce récit fascine régulièrement, proposant ici ou là des visuels d'une belle puissance évocatrice (la couverture et tout l'épisode autour du géant de pierre, la splendide représentation de la lumière, etc.) et le traitement genré des personnages est assez intéressant dans sa manière d'accompagner l'inquiétante étrangeté dont se pare occasionnellement le récit. Une réussite en demi-teinte, qui ne laisse pas indifférent et attise une curiosité quelque peu inquiète à l'égard du futur second tome.

16/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Little Monsters
Little Monsters

Un récit de vampires qui possède sa part d’originalité, agréable à lire mais sur lequel je ne pense pas revenir. L’esthétisme graphique assure bien l’ambiance mais finalement je préfère le style de l’auteur dans des tonalités plus colorées. L’histoire se laisse lire mais il a manqué quelque chose pour m’attraper. En fait, j’ai trouvé que c’était à la fois original et sans surprise, les personnages mêmes si bien campés sont peu attachants. Une série sympa avec des qualités mais qui ne m’ont pas tant parlé.

16/05/2026 (modifier)