L’intrigue a été conçue avant le Covid, et de toute façon le virus en question est une création de toutes pièces des chercheurs liés au complexe militaro-industriel (bizarrement ici avec une sorte de collaboration entre USA et France).
Si cet aspect dégueugueu des armes bactériologiques passe au second plan rapidement (pour revenir en touche finale quand même !), il n’en est pas moins qu’il y a quelques résonnances avec le Covid, et les épisodes de confinements forcés, et de mise entre parenthèses des libertés et des droits de chacun, au profit d’une prétendue raison d’Etat.
Ricar plante très bien le décor dans le premier tome, avec une belle galerie de personnages, souvent archétypes, voire clichés (la journaliste sans scrupules pour trouver un scoop, les conseillers du Président froids calculateurs, des militaires sans état d’âme, et quelques « touristes » plus ou moins bien embouchés). Il utilise aussi très bien le huis-clos – il est vrai assez étendu quand même – avec ce paquebot géant où un homme suspecté d’être contaminé par un virus échappé d’un laboratoire travaillant pour l’armée a trouvé refuge, au milieu de milliers de touristes, dans une promiscuité propice à la propagation dudit virus, extrêmement mortel.
Les deux premiers tomes sont vraiment bien fichus, avec une montée en tension, un rythme haletant, au milieu de diverses hypocrisies.
Mes seuls bémols serait une inutile surenchère avec ces navires militaires pris d’assaut par des confinés désespérés : c’est trop improbable et artificiel.
Par ailleurs, si le dessin de Rica est lisible et fluide, il y a quelques imprécisions, en particulier lorsque des personnages sont en mouvement (ou pour quelques visages).
Mais bon, ça reste une série intéressante. De l’aventure dynamique. Mais aussi quelques questionnements pas dénués d’intérêt : quid des armes bactériologiques secrètes ? Peut-on sacrifier sciemment des centaines, voire des milliers d’individus, pour espérer en sauver plus ? Ces questions d’éthique traversent le récit et le densifient.
Note réelle 3,5/5.
C'est la rencontre entre une famille pauvre en plein hiver et un sympathique prestidigitateur qui vient apporter un peu de chaleur, d'espoir et de réconfort dans leur quotidien difficile.
C'est un conte quasi muet, rapide à lire, qui repose avant tout sur ses ambiances et ses intentions. Tout passe par les gestes, les regards et quelques éléments symboliques, avec une narration claire et accessible, qui conviendra sans doute très bien à un jeune lectorat.
L'ensemble est indéniablement soigné : le trait est doux, les couleurs sont belles, et certaines planches dégagent une vraie poésie, notamment dans les jeux de lumière et les atmosphères hivernales.
Pour autant, j'ai eu du mal à être pleinement emporté. Le récit m'a semblé assez linéaire et surtout très appuyé dans ses intentions. Ce personnage qui dispense joie et espoir à coups de petits tours de magie, de pétales et de musique donne parfois une impression un peu trop douce et convenue, presque naïve, qui limite l'implication.
L'ensemble reste agréable et délicat, avec une vraie sensibilité dans la mise en images, mais il manque sans doute de relief, de surprise ou de second niveau de lecture pour marquer davantage, en particulier pour un lecteur adulte.
Deux auteurs que j’aime bien, sur un concept qui peut être sympa, jouant sur un humour un peu con et décalé, voilà une série qui avaient pas mal d’atouts pour me plaire.
Mais j’en suis sorti déçu. J’ai lu les deux premiers tomes, et ça va me suffire je pense.
Chaque page est composée de deux séries de six cases, qui chacune est conclue par un gag, l’ensemble pouvant vaguement constituer une histoire – en tout cas les relations entre le héros et son robot domestique se développent au fur et à mesure des gags, et un certain nombre d’entre eux se suivent et se réponde, il y a quelques séries (au bureau, aux courses, avec un pote, avec une copine draguée, avec la conseillère Pôle emploi, etc). Mais, globalement, chaque série de six cases peut la plupart du temps se lire indépendamment, ce sont presque des recueils de strips gags sur le même thème.
A savoir un jeune homme, Clunch, gros flemmard célibataire, et son robot domestique, « Rob », nettement plus dynamique et efficace (il ne le remplace pas que pour les tâches ménagères, puisqu’il lui pique la place au boulot, tente de le faire auprès d’une copine, etc.). Ça joue pas mal sur les dialogues entre les deux (les passages centrés sur eux sont les meilleurs, les parties – parfois assez longues – où Rob est absent sont souvent moins intéressantes.
Il y a des idées amusantes, des dialogues et des situations bien sentis, et ça devait sans doute mieux passer en petites pastilles dans le journal de Spirou où ça a été au préalable publié. Mais lire d’une traite plusieurs album passe moins. Surtout que c’est inégal, et que nombre de gags m’ont paru moins drôles, percutants, surprenants.
Le dessin de Mirroir est assez minimaliste (idem pour la colorisation), mais ça passe très bien pour ce type de production.
Note réelle 2,5/5.
Je découvre les auteurs avec cet album, et si j’ai aimé l’ambiance j’avoue que je suis tout de même resté sur ma faim.
Background et scénario me plaisent bien mais j’ai trouvé que le récit s’enlisait un peu, et la fin ne m’a pas vraiment convaincu. Ça reste un voyage pas désagréable mais qui ne me restera pas vraiment en mémoire.
Je n’y ai pas pensé pendant ma lecture mais maintenant ça me fait un peu penser à "L’héritage fossile" dans certains ingrédients (duo de héros, monde hostile, marche en avant, quête …), sauf que dans ce dernier le mystère, la tension … sont bien plus présents et la narration est bien plus astucieuse.
La partie graphique m’a laissé un meilleur a priori que l’histoire. J’ai apprécié le trait (même si parfois j’ai des petites choses à redire) mais c’est surtout les couleurs que je retiendrais, elles donnent beaucoup de corps à l’ensemble, les bonus en fin d’album le démontrent bien, les pages en N&B m’ont semblé bien tristounes.
Pas honteux mais le sentiment de peut mieux faire persiste.
J'ai trouvé dans cet album un honnête polar, porté par un cadre assez original, celui du Hollywood des années 50, qui lui donne par moments de petits accents de polar noir. Sans aller jusqu'au côté vraiment poisseux du genre, l'ambiance reste suffisamment sombre et désabusée pour installer une tension intéressante, d'autant que les coulisses du cinéma apportent un décor assez savoureux.
L'intrigue tient plutôt bien la route, avec ses rebondissements et ses différents fils qui finissent par se recouper de manière cohérente. Ce n'est pas particulièrement surprenant sur le fond, et certains éléments se devinent assez tôt, mais l'ensemble reste efficace et se suit avec plaisir.
En revanche, j'ai eu plus de mal avec le personnage principal. Ce n'est clairement pas quelqu'un d'attachant : il a des réactions souvent trop brutales, parfois excessives, ce qui rend difficile toute forme d'identification ou d'empathie.
De même, si le dessin est globalement sympathique et soigné, j'ai été un peu agacé par la tendance à donner à de nombreux protagonistes des mines patibulaires, aux sourcils systématiquement froncés, à commencer par le héros et le flic qui lui en veut.
La fin m'a également laissé un peu sur ma faim. Elle donne le sentiment de s'interrompre trop tôt : au vu de ce que la police sait à ce moment-là, il est évident que des conséquences vont suivre très rapidement, et c'est frustrant de ne pas les voir.
Cela reste une lecture agréable, un polar classique mais plutôt solide, qui vaut surtout pour son ambiance et son efficacité, même s'il lui manque sans doute un peu de profondeur et une conclusion plus aboutie pour vraiment marquer durablement.
2.5
Je serais moins enthousiasmé que les autres posteurs. Il faut dire que je connais bien la période de la prohibition incluant la vie d'Al Capone donc on ne peut pas dire que j'ai appris grand chose de nouveau en lisant cet album.
Cela n'est pas nécessairement un défaut, je pense que j'aurais arroché si la narration était dynamique, mais ce n'est pas le cas. La mise en scène est un plate, surtout si je la compare aux séries sur la mafia de David Chauvel. L'idée qu'Al Capone narre sa vie à sa mère en se présentant dans la narration comme une innocence victime alors que les images montrent le contraire est rigolo, mais très vite cela devient répétitif et j'ai fini par trouver le temps un peu long.
Cela reste toutefois une biographie complète pour ceux qui ne connaisse pas trop la vie d'Al Capone. Je recommande vraiment que pour les lecteurs dont les connaissances sur cette période de l'histoire américaine sont faibles.
Bois Willys est une bande assez réputée chez les connaisseurs des Humanos.
Denis Sire a trouvé son style et emprunte moins à d'autres. La couleur fait son apparition et permet de mettre en valeur les belles carrosseries...
Certaines cases font la moitié ou bien l'intégralité d'une planche, on se rapproche de l'illustration par moment.
Le troisième et même quatrième degré fait aussi partie des nouveautés hélas (ou tant mieux?) : ça part complètement en sucette à partir de la moitié de l'intrigue et bon courage à celui qui arrivera à y comprendre quelque-chose.
De l'espionnage, des androïdes, des pin-up : ça fait donc 3/5, une notation fantaisiste pour un album qui n'en manque pas (de fantaisie, suivez un peu).
Une bonne petite récréation cette première bande publiée aux Humanos.
Denis Sire nous embarque dans un voyage inspiré du raypunk où l'érotisme chic rencontre l'aventure spatiale, où le glamour du récit se mêle aux fantasmes futuristes.
J'ai tout de suite pensé à Barbarella de Roger Vadim.
C'est intemporel puisque c'est un exercice de style qui ne recherche pas le réalisme.
La carte maîtresse de Sire sont les pin-up anachroniques qui fournissent un alibi pour entrainer le héros dans toutes sortes d'aventures.
Le format feuilletonesque nuit un peu à la qualité de l'intrigue.
Il vaut mieux connaître ce que fait l'auteur avant de se lancer.
Une lecture difficile tant le fil narratif m’a paru décousu et complexe.
J’avais pourtant beaucoup d’attente pour cette BD après une lecture enthousiasmante de @Raptor…
Alors certes, la diversité des techniques graphiques utilisées (dessin, peinture, collage) donne un super résultat, c’est indéniable.
De par le style artistique et le thème abordé, j’ai d’ailleurs vu plusieurs similitudes avec le travail du peintre allemand Otto Dix.
Toutefois, je trouve que cet aspect prédominant de l’art finit par desservir le récit.
J’en viens même à me questionner sur l’intérêt d’utiliser la bande dessinée ici. Un livrable composé de différents tableaux (légendés ou non) aurait été tout aussi pertinent, quitte à le publier par la suite sous forme papier pour une plus large diffusion (dans le cadre de l’hommage à l’œuvre de Paul Nash pour lequel Dave McKean a été sollicité).
J’ai finalement une analyse plutôt semblable à celle des précédents aviseurs mais un ressenti qui diverge.
Note réelle : 2.5/5 que je pousse à 3 pour l’originalité ainsi que la beauté de certains poèmes !
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Virus
L’intrigue a été conçue avant le Covid, et de toute façon le virus en question est une création de toutes pièces des chercheurs liés au complexe militaro-industriel (bizarrement ici avec une sorte de collaboration entre USA et France). Si cet aspect dégueugueu des armes bactériologiques passe au second plan rapidement (pour revenir en touche finale quand même !), il n’en est pas moins qu’il y a quelques résonnances avec le Covid, et les épisodes de confinements forcés, et de mise entre parenthèses des libertés et des droits de chacun, au profit d’une prétendue raison d’Etat. Ricar plante très bien le décor dans le premier tome, avec une belle galerie de personnages, souvent archétypes, voire clichés (la journaliste sans scrupules pour trouver un scoop, les conseillers du Président froids calculateurs, des militaires sans état d’âme, et quelques « touristes » plus ou moins bien embouchés). Il utilise aussi très bien le huis-clos – il est vrai assez étendu quand même – avec ce paquebot géant où un homme suspecté d’être contaminé par un virus échappé d’un laboratoire travaillant pour l’armée a trouvé refuge, au milieu de milliers de touristes, dans une promiscuité propice à la propagation dudit virus, extrêmement mortel. Les deux premiers tomes sont vraiment bien fichus, avec une montée en tension, un rythme haletant, au milieu de diverses hypocrisies. Mes seuls bémols serait une inutile surenchère avec ces navires militaires pris d’assaut par des confinés désespérés : c’est trop improbable et artificiel. Par ailleurs, si le dessin de Rica est lisible et fluide, il y a quelques imprécisions, en particulier lorsque des personnages sont en mouvement (ou pour quelques visages). Mais bon, ça reste une série intéressante. De l’aventure dynamique. Mais aussi quelques questionnements pas dénués d’intérêt : quid des armes bactériologiques secrètes ? Peut-on sacrifier sciemment des centaines, voire des milliers d’individus, pour espérer en sauver plus ? Ces questions d’éthique traversent le récit et le densifient. Note réelle 3,5/5.
Pétales
C'est la rencontre entre une famille pauvre en plein hiver et un sympathique prestidigitateur qui vient apporter un peu de chaleur, d'espoir et de réconfort dans leur quotidien difficile. C'est un conte quasi muet, rapide à lire, qui repose avant tout sur ses ambiances et ses intentions. Tout passe par les gestes, les regards et quelques éléments symboliques, avec une narration claire et accessible, qui conviendra sans doute très bien à un jeune lectorat. L'ensemble est indéniablement soigné : le trait est doux, les couleurs sont belles, et certaines planches dégagent une vraie poésie, notamment dans les jeux de lumière et les atmosphères hivernales. Pour autant, j'ai eu du mal à être pleinement emporté. Le récit m'a semblé assez linéaire et surtout très appuyé dans ses intentions. Ce personnage qui dispense joie et espoir à coups de petits tours de magie, de pétales et de musique donne parfois une impression un peu trop douce et convenue, presque naïve, qui limite l'implication. L'ensemble reste agréable et délicat, avec une vraie sensibilité dans la mise en images, mais il manque sans doute de relief, de surprise ou de second niveau de lecture pour marquer davantage, en particulier pour un lecteur adulte.
Rob
Deux auteurs que j’aime bien, sur un concept qui peut être sympa, jouant sur un humour un peu con et décalé, voilà une série qui avaient pas mal d’atouts pour me plaire. Mais j’en suis sorti déçu. J’ai lu les deux premiers tomes, et ça va me suffire je pense. Chaque page est composée de deux séries de six cases, qui chacune est conclue par un gag, l’ensemble pouvant vaguement constituer une histoire – en tout cas les relations entre le héros et son robot domestique se développent au fur et à mesure des gags, et un certain nombre d’entre eux se suivent et se réponde, il y a quelques séries (au bureau, aux courses, avec un pote, avec une copine draguée, avec la conseillère Pôle emploi, etc). Mais, globalement, chaque série de six cases peut la plupart du temps se lire indépendamment, ce sont presque des recueils de strips gags sur le même thème. A savoir un jeune homme, Clunch, gros flemmard célibataire, et son robot domestique, « Rob », nettement plus dynamique et efficace (il ne le remplace pas que pour les tâches ménagères, puisqu’il lui pique la place au boulot, tente de le faire auprès d’une copine, etc.). Ça joue pas mal sur les dialogues entre les deux (les passages centrés sur eux sont les meilleurs, les parties – parfois assez longues – où Rob est absent sont souvent moins intéressantes. Il y a des idées amusantes, des dialogues et des situations bien sentis, et ça devait sans doute mieux passer en petites pastilles dans le journal de Spirou où ça a été au préalable publié. Mais lire d’une traite plusieurs album passe moins. Surtout que c’est inégal, et que nombre de gags m’ont paru moins drôles, percutants, surprenants. Le dessin de Mirroir est assez minimaliste (idem pour la colorisation), mais ça passe très bien pour ce type de production. Note réelle 2,5/5.
Origines
Je découvre les auteurs avec cet album, et si j’ai aimé l’ambiance j’avoue que je suis tout de même resté sur ma faim. Background et scénario me plaisent bien mais j’ai trouvé que le récit s’enlisait un peu, et la fin ne m’a pas vraiment convaincu. Ça reste un voyage pas désagréable mais qui ne me restera pas vraiment en mémoire. Je n’y ai pas pensé pendant ma lecture mais maintenant ça me fait un peu penser à "L’héritage fossile" dans certains ingrédients (duo de héros, monde hostile, marche en avant, quête …), sauf que dans ce dernier le mystère, la tension … sont bien plus présents et la narration est bien plus astucieuse. La partie graphique m’a laissé un meilleur a priori que l’histoire. J’ai apprécié le trait (même si parfois j’ai des petites choses à redire) mais c’est surtout les couleurs que je retiendrais, elles donnent beaucoup de corps à l’ensemble, les bonus en fin d’album le démontrent bien, les pages en N&B m’ont semblé bien tristounes. Pas honteux mais le sentiment de peut mieux faire persiste.
Balle tragique pour une série Z
J'ai trouvé dans cet album un honnête polar, porté par un cadre assez original, celui du Hollywood des années 50, qui lui donne par moments de petits accents de polar noir. Sans aller jusqu'au côté vraiment poisseux du genre, l'ambiance reste suffisamment sombre et désabusée pour installer une tension intéressante, d'autant que les coulisses du cinéma apportent un décor assez savoureux. L'intrigue tient plutôt bien la route, avec ses rebondissements et ses différents fils qui finissent par se recouper de manière cohérente. Ce n'est pas particulièrement surprenant sur le fond, et certains éléments se devinent assez tôt, mais l'ensemble reste efficace et se suit avec plaisir. En revanche, j'ai eu plus de mal avec le personnage principal. Ce n'est clairement pas quelqu'un d'attachant : il a des réactions souvent trop brutales, parfois excessives, ce qui rend difficile toute forme d'identification ou d'empathie. De même, si le dessin est globalement sympathique et soigné, j'ai été un peu agacé par la tendance à donner à de nombreux protagonistes des mines patibulaires, aux sourcils systématiquement froncés, à commencer par le héros et le flic qui lui en veut. La fin m'a également laissé un peu sur ma faim. Elle donne le sentiment de s'interrompre trop tôt : au vu de ce que la police sait à ce moment-là, il est évident que des conséquences vont suivre très rapidement, et c'est frustrant de ne pas les voir. Cela reste une lecture agréable, un polar classique mais plutôt solide, qui vaut surtout pour son ambiance et son efficacité, même s'il lui manque sans doute un peu de profondeur et une conclusion plus aboutie pour vraiment marquer durablement.
Al Capone
2.5 Je serais moins enthousiasmé que les autres posteurs. Il faut dire que je connais bien la période de la prohibition incluant la vie d'Al Capone donc on ne peut pas dire que j'ai appris grand chose de nouveau en lisant cet album. Cela n'est pas nécessairement un défaut, je pense que j'aurais arroché si la narration était dynamique, mais ce n'est pas le cas. La mise en scène est un plate, surtout si je la compare aux séries sur la mafia de David Chauvel. L'idée qu'Al Capone narre sa vie à sa mère en se présentant dans la narration comme une innocence victime alors que les images montrent le contraire est rigolo, mais très vite cela devient répétitif et j'ai fini par trouver le temps un peu long. Cela reste toutefois une biographie complète pour ceux qui ne connaisse pas trop la vie d'Al Capone. Je recommande vraiment que pour les lecteurs dont les connaissances sur cette période de l'histoire américaine sont faibles.
Bois Willys (Ziblyne et Bettie)
Bois Willys est une bande assez réputée chez les connaisseurs des Humanos. Denis Sire a trouvé son style et emprunte moins à d'autres. La couleur fait son apparition et permet de mettre en valeur les belles carrosseries... Certaines cases font la moitié ou bien l'intégralité d'une planche, on se rapproche de l'illustration par moment. Le troisième et même quatrième degré fait aussi partie des nouveautés hélas (ou tant mieux?) : ça part complètement en sucette à partir de la moitié de l'intrigue et bon courage à celui qui arrivera à y comprendre quelque-chose. De l'espionnage, des androïdes, des pin-up : ça fait donc 3/5, une notation fantaisiste pour un album qui n'en manque pas (de fantaisie, suivez un peu).
Menace diabolique
Une bonne petite récréation cette première bande publiée aux Humanos. Denis Sire nous embarque dans un voyage inspiré du raypunk où l'érotisme chic rencontre l'aventure spatiale, où le glamour du récit se mêle aux fantasmes futuristes. J'ai tout de suite pensé à Barbarella de Roger Vadim. C'est intemporel puisque c'est un exercice de style qui ne recherche pas le réalisme. La carte maîtresse de Sire sont les pin-up anachroniques qui fournissent un alibi pour entrainer le héros dans toutes sortes d'aventures. Le format feuilletonesque nuit un peu à la qualité de l'intrigue. Il vaut mieux connaître ce que fait l'auteur avant de se lancer.
Il était une fois l'escalade
Pas mal du tout. Mais un peu trop long et pas accrocheur. Heureusement de magnifiques illustrations et des annexes très instructives.
Black Dog - Les Rêves de Paul Nash
Une lecture difficile tant le fil narratif m’a paru décousu et complexe. J’avais pourtant beaucoup d’attente pour cette BD après une lecture enthousiasmante de @Raptor… Alors certes, la diversité des techniques graphiques utilisées (dessin, peinture, collage) donne un super résultat, c’est indéniable. De par le style artistique et le thème abordé, j’ai d’ailleurs vu plusieurs similitudes avec le travail du peintre allemand Otto Dix. Toutefois, je trouve que cet aspect prédominant de l’art finit par desservir le récit. J’en viens même à me questionner sur l’intérêt d’utiliser la bande dessinée ici. Un livrable composé de différents tableaux (légendés ou non) aurait été tout aussi pertinent, quitte à le publier par la suite sous forme papier pour une plus large diffusion (dans le cadre de l’hommage à l’œuvre de Paul Nash pour lequel Dave McKean a été sollicité). J’ai finalement une analyse plutôt semblable à celle des précédents aviseurs mais un ressenti qui diverge. Note réelle : 2.5/5 que je pousse à 3 pour l’originalité ainsi que la beauté de certains poèmes !