L'album est intéressant sur le principe (faire découvrir des luttes pour défendre l'intérêt général, contre la pollution et/ou la destruction de paysages ou d'écosystème, mais aussi certaines personnes qui ont animé ces luttes), et je ne peux que souscrire aux actions ici présentées, et à la nécessité de les faire connaître au plus grand nombre, tant notre époque semble être révisionniste, et tant l'urgence d'infléchir la dérive environnementale et climatique est devenu de plus en plus forte.
Mais c'est pourtant une lecture qui m'a un peu laissé sur ma faim. Car chaque exemple est traité trop rapidement, on n'a pas forcément le temps de connaître en profondeur le sujet ou les personnes qui nous sont présentées et qui ont - avec d'autres - incarné ces luttes.
Chaque court chapitre évoque donc une lutte collective, au travers d'un témoin ayant participé à ces luttes (je ne connaissais que José Bové), des citations d'archives de l'INA: il faut dire que l'album s'inspire du film reportage/documentaire "Irréductibles" d'Olivier Dubuquoy). On n'a finalement ici qu'un résumé, un "digest" de ce film je pense, et ça se sent.
Reste que ces luttes méritent d'être (re)découvertes, car toujours d'actualité pour des cas similaires. Elles montrent que l'action collective, de gens "ordinaires", peut faire évoluer les choses, même à l'heure où le pouvoir utilise la violence (répression disproportionnée, décrédibilisation des luttes dans les médias - voir le terme d'écoterroriste !) pour museler ceux qui veulent freiner les ravages liés à l'exploitation à outrance des ressources et aux divers dénis de démocratie réelle (voir les poubelles nucléaires par exemple).
Un album qui aurait mérité d'être plus épais, avec des témoins et des situations davantage mis en perspective, développés, car c'est un peu frustrant à ce niveau.
Note réelle 2,5/5.
J’ai lu les trois albums sans réellement m’ennuyer, mais je n’y ai pas non plus trop trouvé mon compte.
Dessin (un peu manga « old school » je trouve pour les visages) et colorisation (informatique visiblement) ne sont pas vraiment mon truc. Mais c’est affaire de goûts, car c’est quand même très lisible, et assez dynamique.
L’histoire se laisse lire. Dans un monde futuriste (à Paris tout d’abord, puis vers l’Espagne à partir du deuxième tome), Humains et Robots sont en conflit/concurrence. Conflit attisé par les intérêts politiques d’un humain (méchant franchement caricatural), et par une passionaria bot, qui cherche à les soulever pour les faire sortir de l’exploitation qu’ils subissent.
Au cœur de l’intrigue, une histoire d’amour entre une jeune femme, Elle, et un robot, Karel. Leur idylle ne plait pas à tous, et surtout l’obsolescence de Karel les jettent tous les deux dans l’aventure, pour lutter contre cette mort quasi programmée de Karel – et sauvegarder leur amour.
Bon, c’est assez rythmé, on ne s’ennuie pas vraiment. Mais cette histoire d’amour est quand même un peu trop sirupeuse à mon goût. Et le happy end et la dernière page sont trop marqués par cet aspect pour moi.
PS : j’ai trouvé les titres des albums obscures et un peu nazes…
Note réelle 2,5/5.
Un Japon contemporain où le folklore japonais vient s'inviter avec les yokais, vous savez ces monstres bizarres, et plus particulièrement les kappas, sortes de tortues semi humaines. Un récit qui va nous faire découvrir cette culture animiste à travers les différentes tribus qui vivent dans le marais. Mais l'avidité humaine mettra en péril ce microcosme. En effet, après le décès d'un kappa une sphère apparaît, elle renferme les souvenirs du défunt et ces souvenirs peuvent être absorbés par celui qui ingurgite cette sphère.
Un récit en lien avec la nature et la famille (et ses secrets). Le rythme est soutenu, mais rien de bien surprenant malgré la diversité des kappas (nombreux clans) et la présence d'une sorcière, ça reste trop convenu. Un récit qui conviendra plutôt à des adolescents ou à de jeunes adultes.
Un dessin avec beaucoup de charme. Ramiro Borrallo s'inspire des Tortues Ninja pour créer les kappas, sans pour autant les plagier. Il crée un univers riche et varié. Un trait souple, parfois maladroit, qui rend bien l'atmosphère inquiétante du marais. Une colorisation réussie.
Du bon boulot.
Une lecture sympathique, mais je n'y reviendrai pas.
Tiens, encore une BD-documentaire qui porte sur les philosophes quoiqu'ici on se focalise sur une période précise de l'histoire, on va pas de la Grèce antique à nos jours avec un survol des mêmes philosophes qu'on voit tout le temps.
Alors certes, ici on retrouve des visages connus comme Descartes, mais on développe aussi des figures que je connais moins comme Leibniz. J'ai bien aimé aussi que les auteurs montrent les différents combats idéologiques entre les philosophes, cela permet de bien cerner leurs idéologies et leurs arguments. On a aussi une bonne vue d'ensemble des différents bouleversements de cette époque, marquée par les guerres de religions entre catholiques et protestants. Vraiment, c'est une bonne synthèse pour un lecteur qui ne connait pas trop cette période historique. Il y a du texte, mais à aucun moment cela parait trop verbeux.
Le seul vrai défaut de cet ouvrage en ce qui me concerne est le dessin que je n'ai pas trop aimé, surtout la manière dont sont dessinés les visages des personnages.
J'ai acheté cet album dans une librairie spécialisée en thèmes religieux au début des années 90, non sans avoir d'abord jeté un coup d'œil aux dessins. Mais j'ai eu honte au moment de payer à la caisse, je l'avoue.
C'est une combinaison riche d'information scientifique, historique et humoristique aussi. Les dessins sont un peu irréguliers, mais aussi efficaces quand c'est justifié. Il ne traite pas seulement de la mécanique du sexe, mais aussi de l'art de la séduction. Aujourd'hui, beaucoup sera dépassé, mais même si nous pensons tout savoir sur le sujet, il y a toujours quelques astuces à apprendre ou à se rappeler.
La jeune fille renfrognée et le chien qui ne l'est pas moins mais plus agressif se complètent. Bien sûr, c'est attendu mais pas impossible, et il n'y a pas que ça par exemple: faut-il ou pas rendre trop heureux les chiens fantômes ? Il y a du pour et du contre, pour ceux qui n'ont pas lu le manga. La grand-mère et l'apprenti boulanger ne sont pas mal, il n'y a pas de mal à lire un manga voire une série qu'on oubliera sans doute vite mais qui du moins aura fait passer un bon moment.
Je ne pense pas que ce soit aussi mauvais que cela. J'ai seulement lu le premier tome dans l'édition originale des Humanoides, avec la colorisation assez vive, et j'aime beaucoup les dessins de Bilal. L'influence de Moebius est assez évidente.
Le scénario de Dionnet est quelque peu simpliste et paresseux : une variation SF de la révolte de Spartacus, combinée avec des conquêtes impérialistes et le désir d'immortalité. Rien de très complexe.
Une fillette aux cheveux mauves et son protecteur à tête de citrouille tiennent une herboristerie dans une campagne semi-merveilleuse où humains, animaux anthropomorphes et créatures féériques se côtoient au quotidien. Entre cueillette, remèdes à base de plantes et petites aventures, ils accueillent une galerie de personnages attachants dans un univers où le fantastique se mêle à la douceur de la vie rurale.
J'ai bien apprécié cette série qui mélange conte fantastique, roman graphique, petit documentaire sur les plantes et récit de tranche de vie dans un monde plein de charme. Le principal atout de l'ensemble réside pour moi dans son univers visuel. Je suis tombé sous le charme des décors bucoliques de campagne, de forêts et, dans une moindre mesure, des passages urbains du troisième tome. Les paysages sont très beaux, pleins de douceur de vivre, les couleurs très réussies et il est agréable de se laisser porter par ces promenades dans un environnement aussi chaleureux et apaisant. Le dessin des personnages est également réussi et dynamique, même si je lui trouve un peu moins de finesse que celui des décors.
Chaque album raconte une histoire complète tout en poursuivant discrètement l'évolution des personnages, avec en bonus à chaque fois un dossier final consacré aux plantes rencontrées et à leurs usages. J'ai trouvé cet aspect pédagogique bien intégré au récit, sans jamais donner l'impression de lire un guide d'herboristerie.
Le premier tome constitue une agréable introduction à cet univers et à ses protagonistes. En revanche, Mauve ne m'a pas toujours semblé très attachante. Son caractère boudeur, sa jalousie et son côté parfois assez pénible m'ont régulièrement agacé. Heureusement, Crookneck apporte beaucoup de douceur à l'ensemble grâce à sa bienveillance et à sa maturité, tandis qu'Anaïs, qui rejoint rapidement le duo, se révèle immédiatement plus sympathique et équilibrée.
Le deuxième tome est celui qui m'a le plus séduit. Le voyage vers le festival des lucioles, l'ambiance qui se dégage de celui-ci et surtout son magnifique final nocturne lui confèrent une belle dimension poétique et envoutante. C'est l'album qui exploite le mieux le potentiel merveilleux de la série et celui qui m'a le plus marqué.
Le troisième tome est un peu plus terre à terre et davantage tourné vers la ville. Il apporte plusieurs éléments de réponse concernant le mystère qui entoure l'homme à tête de citrouille et j'ai apprécié que le récit privilégie une conclusion assez inattendue et empreinte de sagesse plutôt qu'une simple révélation spectaculaire, même si certains mystères demeurent volontairement ouverts.
J'ai donc passé un bon moment avec cette série bucolique. Je regrette juste la grande simplicité des intrigues ainsi que le caractère pas toujours attachant de son héroïne. En revanche, la beauté des décors, l'atmosphère réconfortante et la poésie qui se dégage de certaines scènes compensent largement ces réserves. Une lecture douce, chaleureuse et dépaysante, idéale pour se plonger dans un petit monde merveilleux où la nature et les plantes occupent une place centrale.
Un documentaire qui a comme sujet Ali Oulkadi et comment sa vie a basculé lorsqu'il a aidé sans le savoir des amis qui étaient impliqués dans les attentats du Bataclan. En plus, lorsqu'il a compris la vérité il a eu trop peur d'aller tout dire à la police et cela va lui causer bien des ennuis.
Au travers la vie d'Ali Oulkadi, on voit surtout un homme dont la vie est chamboulée à cause de la radicalisation de certains de ses proches dont un de ses meilleurs amis à savoir Brahim Abdeslam. Cela fait peur de voir que des gens autours de nous qu'on croit bien connaitre peuvent avoir une part sombre qu'on ne soupçonne même pas. En garde à vue pendant des mois, le pauvre Ali va pouvoir se souvenir d'événements qui semblaient anodin sur le moment, mais qui prennnent une tournure différente après les attentats terroristes. Il va aussi se demander pendant longtemps pourquoi ses soi-disant amis ont décidé de l'impliquer malgré lui dans cette affaire.
J'avoue que je ne connaissais pas trop les aboutissements de l'enquête sur le Bataclan et cet album est un bon résumé de l'affaire. Tout est clair et précis. Il y a quelques moments émouvants, notamment les témoignages de survivants des attaques. Le dessin est pas trop mal quoique parfois je trouvais que certains personnages se ressemblaient un peu trop, ce qui apportait de la confusion par moment.
Étrange album, sur lequel j’ai du mal à revenir pour l’aviser. Ma remarque est valable pour le dessin, la colorisation, comme pour le scénario. Car, en effet, tous s’écartent des canons habituels.
Les couleurs sont tapantes, tranchées, refusent le réalisme, et le dessin (pas forcément mon truc à la base) est lui aussi étrange, loin du franco-belge classique. Mais au final ça passe bien.
Quant au scénario, il prend le temps d’installer une ambiance, autour de quelques personnages. Peu à peu – c’est en tout cas comme ça qu’on peut ou doit le voir, se dessine une critique de notre société.
Les « oracles », vieux bonhommes murmurant des borborygmes, qu’une « pythie » moderne (sorte de working girl tout droit issue des grandes écoles et de la haute société « interprète » pour renforcer une doxa froide et intangible, celle du libéralisme, de l’exploitation des masses au profit des nantis – dont elle fait partie. Voilà le triste tableau qui prend corps sur la fin, alors qu’on suit un couple se débattant dans la mouise (madame ayant des difficultés à sortir de son lit, procrastinant, quasi archétype du chômeur stigmatisé par médias et groupes dominant).
Disons que le message qui sourd de ce récit n’est pas pour me déplaire. Mais la lecture s’est révélée moins captivante.
Une seconde lecture infirmera peut-être ce ressenti mitigé. En tout cas je salue l’originalité des auteurs, qui ont fait des choix – esthétiques et narratifs – sortant des sentiers battus, pour traiter de l’insécurité sociale (voir la famille obligée de sous louer une partie de son petit domicile à des touristes américains), celle qui est occultée – allez savoir pourquoi – au profit d’un sentiment d’insécurité plus flous servant à détourner l’attention.
Note réelle 2,5/5.
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L'album est intéressant sur le principe (faire découvrir des luttes pour défendre l'intérêt général, contre la pollution et/ou la destruction de paysages ou d'écosystème, mais aussi certaines personnes qui ont animé ces luttes), et je ne peux que souscrire aux actions ici présentées, et à la nécessité de les faire connaître au plus grand nombre, tant notre époque semble être révisionniste, et tant l'urgence d'infléchir la dérive environnementale et climatique est devenu de plus en plus forte. Mais c'est pourtant une lecture qui m'a un peu laissé sur ma faim. Car chaque exemple est traité trop rapidement, on n'a pas forcément le temps de connaître en profondeur le sujet ou les personnes qui nous sont présentées et qui ont - avec d'autres - incarné ces luttes. Chaque court chapitre évoque donc une lutte collective, au travers d'un témoin ayant participé à ces luttes (je ne connaissais que José Bové), des citations d'archives de l'INA: il faut dire que l'album s'inspire du film reportage/documentaire "Irréductibles" d'Olivier Dubuquoy). On n'a finalement ici qu'un résumé, un "digest" de ce film je pense, et ça se sent. Reste que ces luttes méritent d'être (re)découvertes, car toujours d'actualité pour des cas similaires. Elles montrent que l'action collective, de gens "ordinaires", peut faire évoluer les choses, même à l'heure où le pouvoir utilise la violence (répression disproportionnée, décrédibilisation des luttes dans les médias - voir le terme d'écoterroriste !) pour museler ceux qui veulent freiner les ravages liés à l'exploitation à outrance des ressources et aux divers dénis de démocratie réelle (voir les poubelles nucléaires par exemple). Un album qui aurait mérité d'être plus épais, avec des témoins et des situations davantage mis en perspective, développés, car c'est un peu frustrant à ce niveau. Note réelle 2,5/5.
Love love love
J’ai lu les trois albums sans réellement m’ennuyer, mais je n’y ai pas non plus trop trouvé mon compte. Dessin (un peu manga « old school » je trouve pour les visages) et colorisation (informatique visiblement) ne sont pas vraiment mon truc. Mais c’est affaire de goûts, car c’est quand même très lisible, et assez dynamique. L’histoire se laisse lire. Dans un monde futuriste (à Paris tout d’abord, puis vers l’Espagne à partir du deuxième tome), Humains et Robots sont en conflit/concurrence. Conflit attisé par les intérêts politiques d’un humain (méchant franchement caricatural), et par une passionaria bot, qui cherche à les soulever pour les faire sortir de l’exploitation qu’ils subissent. Au cœur de l’intrigue, une histoire d’amour entre une jeune femme, Elle, et un robot, Karel. Leur idylle ne plait pas à tous, et surtout l’obsolescence de Karel les jettent tous les deux dans l’aventure, pour lutter contre cette mort quasi programmée de Karel – et sauvegarder leur amour. Bon, c’est assez rythmé, on ne s’ennuie pas vraiment. Mais cette histoire d’amour est quand même un peu trop sirupeuse à mon goût. Et le happy end et la dernière page sont trop marqués par cet aspect pour moi. PS : j’ai trouvé les titres des albums obscures et un peu nazes… Note réelle 2,5/5.
Kappa (Komics Initiative)
Un Japon contemporain où le folklore japonais vient s'inviter avec les yokais, vous savez ces monstres bizarres, et plus particulièrement les kappas, sortes de tortues semi humaines. Un récit qui va nous faire découvrir cette culture animiste à travers les différentes tribus qui vivent dans le marais. Mais l'avidité humaine mettra en péril ce microcosme. En effet, après le décès d'un kappa une sphère apparaît, elle renferme les souvenirs du défunt et ces souvenirs peuvent être absorbés par celui qui ingurgite cette sphère. Un récit en lien avec la nature et la famille (et ses secrets). Le rythme est soutenu, mais rien de bien surprenant malgré la diversité des kappas (nombreux clans) et la présence d'une sorcière, ça reste trop convenu. Un récit qui conviendra plutôt à des adolescents ou à de jeunes adultes. Un dessin avec beaucoup de charme. Ramiro Borrallo s'inspire des Tortues Ninja pour créer les kappas, sans pour autant les plagier. Il crée un univers riche et varié. Un trait souple, parfois maladroit, qui rend bien l'atmosphère inquiétante du marais. Une colorisation réussie. Du bon boulot. Une lecture sympathique, mais je n'y reviendrai pas.
Hérétiques ! - Les merveilleux (et périlleux) débuts de la philosophie moderne
Tiens, encore une BD-documentaire qui porte sur les philosophes quoiqu'ici on se focalise sur une période précise de l'histoire, on va pas de la Grèce antique à nos jours avec un survol des mêmes philosophes qu'on voit tout le temps. Alors certes, ici on retrouve des visages connus comme Descartes, mais on développe aussi des figures que je connais moins comme Leibniz. J'ai bien aimé aussi que les auteurs montrent les différents combats idéologiques entre les philosophes, cela permet de bien cerner leurs idéologies et leurs arguments. On a aussi une bonne vue d'ensemble des différents bouleversements de cette époque, marquée par les guerres de religions entre catholiques et protestants. Vraiment, c'est une bonne synthèse pour un lecteur qui ne connait pas trop cette période historique. Il y a du texte, mais à aucun moment cela parait trop verbeux. Le seul vrai défaut de cet ouvrage en ce qui me concerne est le dessin que je n'ai pas trop aimé, surtout la manière dont sont dessinés les visages des personnages.
Le Savoir-Aimer - La Sexualité en bande dessinée
J'ai acheté cet album dans une librairie spécialisée en thèmes religieux au début des années 90, non sans avoir d'abord jeté un coup d'œil aux dessins. Mais j'ai eu honte au moment de payer à la caisse, je l'avoue. C'est une combinaison riche d'information scientifique, historique et humoristique aussi. Les dessins sont un peu irréguliers, mais aussi efficaces quand c'est justifié. Il ne traite pas seulement de la mécanique du sexe, mais aussi de l'art de la séduction. Aujourd'hui, beaucoup sera dépassé, mais même si nous pensons tout savoir sur le sujet, il y a toujours quelques astuces à apprendre ou à se rappeler.
Shiba Inu Rooms
La jeune fille renfrognée et le chien qui ne l'est pas moins mais plus agressif se complètent. Bien sûr, c'est attendu mais pas impossible, et il n'y a pas que ça par exemple: faut-il ou pas rendre trop heureux les chiens fantômes ? Il y a du pour et du contre, pour ceux qui n'ont pas lu le manga. La grand-mère et l'apprenti boulanger ne sont pas mal, il n'y a pas de mal à lire un manga voire une série qu'on oubliera sans doute vite mais qui du moins aura fait passer un bon moment.
Exterminateur 17
Je ne pense pas que ce soit aussi mauvais que cela. J'ai seulement lu le premier tome dans l'édition originale des Humanoides, avec la colorisation assez vive, et j'aime beaucoup les dessins de Bilal. L'influence de Moebius est assez évidente. Le scénario de Dionnet est quelque peu simpliste et paresseux : une variation SF de la révolte de Spartacus, combinée avec des conquêtes impérialistes et le désir d'immortalité. Rien de très complexe.
Mauve Bergamotte
Une fillette aux cheveux mauves et son protecteur à tête de citrouille tiennent une herboristerie dans une campagne semi-merveilleuse où humains, animaux anthropomorphes et créatures féériques se côtoient au quotidien. Entre cueillette, remèdes à base de plantes et petites aventures, ils accueillent une galerie de personnages attachants dans un univers où le fantastique se mêle à la douceur de la vie rurale. J'ai bien apprécié cette série qui mélange conte fantastique, roman graphique, petit documentaire sur les plantes et récit de tranche de vie dans un monde plein de charme. Le principal atout de l'ensemble réside pour moi dans son univers visuel. Je suis tombé sous le charme des décors bucoliques de campagne, de forêts et, dans une moindre mesure, des passages urbains du troisième tome. Les paysages sont très beaux, pleins de douceur de vivre, les couleurs très réussies et il est agréable de se laisser porter par ces promenades dans un environnement aussi chaleureux et apaisant. Le dessin des personnages est également réussi et dynamique, même si je lui trouve un peu moins de finesse que celui des décors. Chaque album raconte une histoire complète tout en poursuivant discrètement l'évolution des personnages, avec en bonus à chaque fois un dossier final consacré aux plantes rencontrées et à leurs usages. J'ai trouvé cet aspect pédagogique bien intégré au récit, sans jamais donner l'impression de lire un guide d'herboristerie. Le premier tome constitue une agréable introduction à cet univers et à ses protagonistes. En revanche, Mauve ne m'a pas toujours semblé très attachante. Son caractère boudeur, sa jalousie et son côté parfois assez pénible m'ont régulièrement agacé. Heureusement, Crookneck apporte beaucoup de douceur à l'ensemble grâce à sa bienveillance et à sa maturité, tandis qu'Anaïs, qui rejoint rapidement le duo, se révèle immédiatement plus sympathique et équilibrée. Le deuxième tome est celui qui m'a le plus séduit. Le voyage vers le festival des lucioles, l'ambiance qui se dégage de celui-ci et surtout son magnifique final nocturne lui confèrent une belle dimension poétique et envoutante. C'est l'album qui exploite le mieux le potentiel merveilleux de la série et celui qui m'a le plus marqué. Le troisième tome est un peu plus terre à terre et davantage tourné vers la ville. Il apporte plusieurs éléments de réponse concernant le mystère qui entoure l'homme à tête de citrouille et j'ai apprécié que le récit privilégie une conclusion assez inattendue et empreinte de sagesse plutôt qu'une simple révélation spectaculaire, même si certains mystères demeurent volontairement ouverts. J'ai donc passé un bon moment avec cette série bucolique. Je regrette juste la grande simplicité des intrigues ainsi que le caractère pas toujours attachant de son héroïne. En revanche, la beauté des décors, l'atmosphère réconfortante et la poésie qui se dégage de certaines scènes compensent largement ces réserves. Une lecture douce, chaleureuse et dépaysante, idéale pour se plonger dans un petit monde merveilleux où la nature et les plantes occupent une place centrale.
L'Homme du dernier kilomètre
Un documentaire qui a comme sujet Ali Oulkadi et comment sa vie a basculé lorsqu'il a aidé sans le savoir des amis qui étaient impliqués dans les attentats du Bataclan. En plus, lorsqu'il a compris la vérité il a eu trop peur d'aller tout dire à la police et cela va lui causer bien des ennuis. Au travers la vie d'Ali Oulkadi, on voit surtout un homme dont la vie est chamboulée à cause de la radicalisation de certains de ses proches dont un de ses meilleurs amis à savoir Brahim Abdeslam. Cela fait peur de voir que des gens autours de nous qu'on croit bien connaitre peuvent avoir une part sombre qu'on ne soupçonne même pas. En garde à vue pendant des mois, le pauvre Ali va pouvoir se souvenir d'événements qui semblaient anodin sur le moment, mais qui prennnent une tournure différente après les attentats terroristes. Il va aussi se demander pendant longtemps pourquoi ses soi-disant amis ont décidé de l'impliquer malgré lui dans cette affaire. J'avoue que je ne connaissais pas trop les aboutissements de l'enquête sur le Bataclan et cet album est un bon résumé de l'affaire. Tout est clair et précis. Il y a quelques moments émouvants, notamment les témoignages de survivants des attaques. Le dessin est pas trop mal quoique parfois je trouvais que certains personnages se ressemblaient un peu trop, ce qui apportait de la confusion par moment.
Les Marchés
Étrange album, sur lequel j’ai du mal à revenir pour l’aviser. Ma remarque est valable pour le dessin, la colorisation, comme pour le scénario. Car, en effet, tous s’écartent des canons habituels. Les couleurs sont tapantes, tranchées, refusent le réalisme, et le dessin (pas forcément mon truc à la base) est lui aussi étrange, loin du franco-belge classique. Mais au final ça passe bien. Quant au scénario, il prend le temps d’installer une ambiance, autour de quelques personnages. Peu à peu – c’est en tout cas comme ça qu’on peut ou doit le voir, se dessine une critique de notre société. Les « oracles », vieux bonhommes murmurant des borborygmes, qu’une « pythie » moderne (sorte de working girl tout droit issue des grandes écoles et de la haute société « interprète » pour renforcer une doxa froide et intangible, celle du libéralisme, de l’exploitation des masses au profit des nantis – dont elle fait partie. Voilà le triste tableau qui prend corps sur la fin, alors qu’on suit un couple se débattant dans la mouise (madame ayant des difficultés à sortir de son lit, procrastinant, quasi archétype du chômeur stigmatisé par médias et groupes dominant). Disons que le message qui sourd de ce récit n’est pas pour me déplaire. Mais la lecture s’est révélée moins captivante. Une seconde lecture infirmera peut-être ce ressenti mitigé. En tout cas je salue l’originalité des auteurs, qui ont fait des choix – esthétiques et narratifs – sortant des sentiers battus, pour traiter de l’insécurité sociale (voir la famille obligée de sous louer une partie de son petit domicile à des touristes américains), celle qui est occultée – allez savoir pourquoi – au profit d’un sentiment d’insécurité plus flous servant à détourner l’attention. Note réelle 2,5/5.