Comme NoirDésir, je trouve que cette biographie est un peu "raide", autant dans le dessin que dans le propos. C'est du formel, trop à mon gout, un peu détaché et froid dans l'exécution.
Je ne connais pas spécialement la vie de Tolkien, je sais juste qu'il avait une pensée politique proche de l'anarchie vers la fin de sa vie. Mais étant très fan du Seigneur des anneaux (que j'ai déjà relu deux fois) et de son œuvre en générale, j'ai apprécié découvrir sa jeunesse et son rapport à la guerre qui va profondément le marquer. La BD n'explore pas beaucoup plus que la Première Guerre Mondiale, ce qui est dommage puisque les années suivantes vont aussi être marquantes avec les différents liens politiques ou le travail qu'il mènera ensuite. C'est dommage de ne pas voir cet ensemble qui va fortement l'influencer aussi et le mener à construire son oeuvre de façon si magistrale.
En fait je crois que la BD est prisonnière de son formalisme : ne voulant pas déborder du cadre fixée, elle reste très factuelle et rigide. La lecture n'est jamais lourde ou chiante, mais jamais entrainante non plus. C'est un déroulé trop classique, qui ne fait pas passer les émotions alors que sa vie en fut chargée, mais qui ne laisse pas non plus passer l'empathie pour Tolkien. J'étais détaché de tout ce qu'il faisait en le regardant de loin, jusqu'à la dernière planche. J'en sors avec des connaissances, mais ni touché ni marqué. C'est dommage, je pense que la BD aurait pu faire mieux. En l'état, j'ai plus envie d'aller voir si d'autres personnes se sont mieux emparées du sujet.
Un "Pas mal" qui aurait pu tirer vers plus, notamment avec Matz au scénario qui n'est pas le dernier pour nous pondre des biographies que j'apprécie. Mais cette BD laisse un gout d'inachevée, peut-être parce que la BD s'est justement limitée à une biographie simple.
Le personnage est truculent, étonnant et fascinant, Julio Popper est un aventurier du XIXè, polyglotte, audacieux, inventif, créatif, leader charismatique tout autant que personnage violent, parfois trop, sur de lui, parfois trop. Un vrai personnage d'aventure qu'on aime suivre pour son caractère et son génie. Malheureusement, la BD est en fait trop courte, trop proche de la réalité sans doute aussi, trop sage dans son déroulé biographique. Je comprend l'intention et la volonté de Matz dans cette écriture, s'éloignant peu des détails connus et des informations rares de cette époque. Sauf qu'au vu du personnage, j'aurais aimé une vraie biographie qui va loin, ose faire de l'aventure avec un grand A et s'éloigner de la réalité pour en faire un vrai personnage.
Ce qui est dommage, c'est que ce choix de rester dans une biographie semble avoir ligotée l'histoire à cette conquête de la Terre de feu sans jamais s'éloigner des actions que Popper y mena. J'aurais aimé avoir une histoire qui se sert de ça pour parler d'autre chose, extrapoler, quitte à utiliser le personnage comme agent d'un propos plus contemporain. En voyant ce que semblait être Popper, je me dis que la liste des sujets qu'il aurait pu permettre d'évoquer étaient légions mais que malheureusement nous avons une simple biographie.
Si je semble très négatif dans la critique, ce n'est pas pour autant que la BD est mauvaise. Elle est juste bonne, malheureusement sans dépasser ce stade et aller jusqu'à une histoire vraiment prenante, des considérations et des morales qui m'auraient attirés et dont je sais que Matz est capable. En l'état, c'est juste une bonne histoire, une BD sympa que je recommande de lire mais qui ne me parait clairement pas indispensable.
XVIIe siècle, à l'époque des mousquetaires et des films de cape et d'épée, des complots ésotériques se déroulent dans l'ombre, engendrés par le conflit d'avatars immortels issus d'un zodiaque diabolique dont les triades s'affrontent depuis des siècles. Notre héros est un duelliste de talent que le destin va être amené à endosser le costume de Gueule de cuir, un justicier solitaire opérant la nuit dans les rues de Paris, et à devenir lui-même l'un de ces fameux avatars du zodiaque pour s'opposer à la menace du plus démoniaque d'entre eux, un nécromant qui veut terroriser la capitale.
Cette série reprend la plupart des codes des comics de super-héros et les adapte dans un cadre bien français, celui de d'Artagnan mais aussi de séries d'aventure ésotérique tels que l'univers d'Arcanes. Sans parler d'un bon soupçon d'Assassin's Creed dans les talents guerriers du héros, ses parcours sur les toits parisiens et toute la trame de conflit secret entre organisations concurrentes. Beaucoup d'influences donc mais pour un résultat qui tient sacrément la route et capte vite le lecteur.
Le dessin de Stéphane Créty est très maîtrisé. Il faut dire qu'il commence à avoir une sacrée expérience derrière lui et beaucoup de séries à succès. Sa représentation du Paris de l'époque et de sa vie nocturne et menaçante est réussie et détaillée à souhait. Mais ce sont surtout ses personnages qui marquent, les scènes d'action intenses, les costumes d'époque, et en particulier ce costume de Gueule de cuir aux petits airs de Spawn, là encore un rappel à l'univers des super-héros. Le graphisme de cette série est de très haut niveau.
L'histoire n'en est pas moins bonne. Certes elle aligne beaucoup de références et d'éléments convenus mais le cocktail est réussi et la mayonnaise prend bien. Très vite, on veut en savoir plus sur ce zodiaque diabolique et les motivations de chacun de ses membres. Et c'est avec plaisir qu'on suit un vrai héros à l'ancienne, le mâle viril mi-mousquetaire mi-super-héros, prêt à sauter de toits en toits et à pourfendre tous les méchants pour atteindre la vérité et faire régner la justice. C'est de l'aventure-action sans ambages, avec une dose d'ésotérisme et de mystère pour encore mieux capter l'attention du lecteur, et un excellent cadre de cape et d'épée.
Alors que le zodiaque diabolique comporte 13 éléments et 4 triades, on aurait pu imaginer facilement 4 cycles de trois tomes et un album final si la série se révélait véritablement à succès. Toutefois, l'intrigue prend une tournure qui amène à une conclusion inéluctable au bout d'une unique trilogie d'albums. Et malgré une belle mise en place et beaucoup de potentiel, les évènements s'enchainent un peu vite pour atteindre cette fin qui m'a laissé un peu perplexe et sur une réelle frustration. A l'exception de l'épéiste et du Roi des Tombes, on ne saura finalement quasiment rien des autres membres du zodiaque, de leurs capacités et de leurs motivations. Il y avait matière à développer un chouette univers ésotérique et aventureux mais l'ambition est tuée dans l'œuf avec le déroulement de l'intrigue : je trouve ça dommage.
Je ressors de ma lecture un peu frustré car je voyais davantage de potentiel à cette série qui s'achève finalement de manière douce-amère.
Fondée en 2024, Nöpp est un nouvel éditeur jeunesse basé en Espagne mais publiant des auteurs internationaux donc des français. Bourricorne est leur première BD, un album qui s'adresse aux lecteurs de 6 à 10 ans mais dont le ton malicieux peut amuser les adultes aussi.
C'est l'histoire de Bruno, un âne qui s'ennuie ferme dans sa condition et rêve d'une vie plus flamboyante. Quand un cirque s'installe près de la ferme, il saisit sa chance et se déguise en licorne pour se faire embaucher. Et là, malgré la fragilité de son costume, il a un vrai succès auprès des enfants, à tel point qu'il va bientôt se faire rejoindre par d'autres camarades qui choisissent comme lui de se déguiser en ce qu'ils ne sont pas.
Vous l'aurez compris, l'idée est de jouer avec le thème de l'identité et du désir de sortir du rôle qui nous est assigné.
Visuellement, l'album déborde d’énergie avec un style à mi-chemin du comic strip et de l'illustration humoristique pour la jeunesse. Le trait est volontairement caricatural, très expressif, avec une palette de couleurs pastels qui renforcent le ton joyeusement absurde du récit. Ce graphisme fonctionne bien pour ce type de récit, avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène.
Le ton est résolument humoristique, parfois proche du cartoon, mais sans être creux. Pourtant les premières pages m'ont fait craindre un récit pour enfants très convenu avec un héros qui s'ennuie dans sa vie bien bornée et qui va vouloir partir à l'aventure en s'éloignant de sa propre nature : une thématique de la quête d’émancipation et de l’acceptation de soi que je craignais trop moralisatrice et déjà vue. Heureusement, la suite se révèle plus originale, grâce à des développements un peu inattendus mais aussi grâce à ses propositions de gags et de situations loufoques qui amuseront petits et grands. Ça reste un récit pour enfants, mais il réussit à parler aussi aux adultes grâce à son humour et un niveau de lecture pas uniquement premier degré.
Tout n'est pas parfait pour autant. La narration assume un côté un peu foutraque, avec une succession de situations parfois plus guidées par l'idée de faire rire que par une vraie progression dramatique. Cela fait partie du charme, mais pourra laisser certains lecteurs sur leur faim.
J'ai aussi été un peu rebuté par la typographie très informatique : c'est bien simple, c'est quasiment du Comic Sans MS. Je regrette ce choix de lettrage qui gâche la vivacité du dessin.
Bourricorne est une bande dessinée jeunesse plaisante, portée par des personnages amusants et un univers plein de fantaisie. La morale de l'histoire est certes simple mais certains développements inattendus et un bon humour font qu'on passe un sympathique moment de lecture.
Le roman vaut mieux que la bd aux images certes soignées… Pas assez de caractère et de poésie ! Sinon, oui, l'histoire ne démarre pas très vite, mais on est dans la campagne anglaise dans ce qu'elle a de plus rassurant, alors… Ne lire le roman ou la bd que si on a envie d'entendre Le vent dans les saules : le titre est assez explicite, non ?
Sinon, oui, les animaux sont curieusement un mixte entre humain et animal : une convention à accepter comme dans Le roman de renard, par exemple. C'est aussi à prendre ou à laisser, comme les chants dans l'opéra. Non, je trouve juste que la bd est bien jolie, mais pas belle comme le livre. Elle manque de souffle et l'humour au dépens du crapaud ne peut la rendre aussi grosse que le bœuf ! Offrons par exemple Calvin et Hobbes à un enfant, et le roman Le vent dans les saules à un adolescent. Avec Calvin et Hobbes on offre des bd pour la vie. Avec Le vent dans les saules, l'amour de la nature anglaise à un adolescent, un âge où on n'aime pas juste des animaux, mais les paysages, la nature, et où on désire être rassuré mais aussi l'aventure, et se sentir en lien avec le monde, comme dans ce livre discrètement panthéiste.
Je retrouve Fred Fordham après son excellent Terremer, il adapte de nouveau un roman à succès. Il se spécialise dans le genre lorsqu'on regarde sa production.
Une petite ville de l'Alabama, Maycomb, en 1933. Le choc boursier de 1929 se fait encore ressentir. On va suivre le quotidien de deux gamins, un frère et une sœur (ils seront rejoint par un autre garçon pendant les grandes vacances) dans cette Amérique désœuvrée. C'est à travers les yeux de Scout (la sœur) que l'on va suivre cette histoire.
Un début de récit qui nous emmène sur une fausse piste avec la blessure de son frère, c'est bien plus tard que le récit prend une autre dimension avec le procès d'un noir accusé de viol sur une jeune femme blanche. Et de fait, le métier du père de Scout prend tout son sens, il est avocat, mais un avocat que l'on regarde de travers, il défend les noirs.
Une narration sur un rythme mou avec quelques longueurs, surtout au début du bouquin avec le quotidien des gamins, mais ce rythme mou permet de ressentir le poids de la ségrégation qui pèse sur cette période Historique aux États-Unis. Par contre, je suis un peu déçu par le peu de place que prend le procès.
Un rendu graphique agréable avec ce style simple, réaliste et lisse à la colorisation réussie, il est en adéquation avec le récit.
Une lecture recommandable.
Je vais rester sur trois étoiles, une note reflétant mon sentiment mitigé, alors que qualités et défauts s’équilibrent à peu près. Disons que j’en suis sorti un peu déçu. Pas forcément intrinsèquement, mais plutôt parce que je pense que Delitte aurait pu mieux exploiter le potentiel de sa série.
Connaissant plutôt bien la bibliographie de cet auteur, et au vu des couvertures, je m’attendais à une série purement historique, ayant pour cadre la guerre sous-marine en fin de second conflit mondial. En fait il n’en est rien, même si une partie du récit s’insère dans cette trame.
La seule chose qui ne m’ait pas surpris, c’est la qualité du dessin de Delitte. Bien sûr il est excellent pour tout ce qui est navire ou engin (même s’il n’a évidemment pas pu placer de vieux gréements !). Il l’est aussi pour les décors – y compris pour des choses éloignées de ses séries habituelles, comme ici les déserts des États-Unis. Les personnages sont aussi intéressants, même si, comme toujours chez lui, les personnages sont un peu raides, les visages un peu « carrés », quasi tous sur le même moule pour les hommes (quasiment pas de personnages féminins – un seul en fait -, ce qu’il peine à réussir, deux points communs qu’il partage avec Hermann…).
Visuellement plutôt agréable donc. Quant à l’intrigue, elle s’étale sur un peu plus d’un siècle, de la fin de la Seconde guerre mondiale aux années 2050. Commençant comme un récit historique classique, elle bascule ensuite vers quelque chose de différent, mêlant uchronie et Science-Fiction, en multipliant les lieux où se déroulent les événements : Atlantique ; Amazonie ; déserts nord-américains ; Tchernobyl ; Peenemünde dans le Nord de l’Allemagne ; une Venise futuriste, Argentine, etc.).
Pour dynamiser son récit, Delitte multiplie les allers-retours à la fois temporels et géographiques entre ces lieux et ces périodes.
Si l’ensemble se laisse lire, et si on ne s’ennuie jamais, plusieurs choses m’ont quand même plus ou moins gêné.
D’abord quelques facilités. Par exemple Himmel dirigeant quelques temps tout seul (alors qu’il n’a évidemment aucune notion technique pour le faire) le sous-marin jusqu’à son échouage en Amazonie – mais aussi sa « survie », ainsi que les caisses et documents qui l’accompagnaient durant 6 ans en pleine jungle au milieu de l’humidité…
A l’autre bout de l’histoire, j’ai trouvé que la Venise de 2059 était en partie improbable au niveau de certaines nouveauté technologique…
Mais ce sont surtout les nombreux flashbacks et allers-retours qui m’ont gêné. Ça hache parfois trop le récit, ça manque de fluidité. Surtout qu’à certains moments c’est très saccadé, et que ça ne se justifie pas toujours (certains passages à Peenemünde n’apportent pas grand-chose). J’aurais préféré voir mieux développé la situation en 2059 (et élagués certains passages ou flashbacks antérieurs).
C’est un peu artificiel et parfois pénible.
Enfin, le titre de la série et les couvertures ne sont pas vraiment bien choisie, tant elles n’ont qu’un rapport ténu avec le cœur – et même la quasi-totalité – de l’intrigue.
Une série qui surprend dans l’œuvre de Delitte, qui a du potentiel, mais qui se perd dans une mise en scène trop « alambiquée », alors qu’un récit plus « linéaire » (sans l’être totalement bien sûr) et jouant plus sur la partie futuriste aurait gagné en richesse et intérêt. Ça se laisse lire plutôt agréablement toutefois.
Je pourrais recopier mon avis sur Villes et infrastructure. Ce manga de Kago au titre interminable se situe dans la même lignée avec de courtes histoires mêlant le gore et l'érotisme.
A réserver bien sûr à un public adulte et averti, qui ne serait pas rebuté par différentes tortures physiques, découpage d'orteils, ou autres parties du corps, démembrements etc. Contrairement à beaucoup de mangas, Kago représente aussi des sexes et des poils sans censure. Une minorité d'histoires est tellement absurde que je n'ai pas tout compris, je pense à celle sur des combattants surmontés d'hommes nus. Je mets "pas mal" car aucune histoire n'est particulièrement mémorable, même si l'auteur a une imagination débordante.
L'histoire qui donne son titre au recueil est autour d'une expérience d'un savant tordu qui vise à télescoper un garçon et une fille au coin d'une rue pour voir si une bonne synchronisation peut conduire au bisou, en vérité plutôt à un crash test sanglant...
Rien d’extraordinaire, mais un album qui plaira aux amateurs ne recherchant pas forcément la surprise. Ici, après un avant-propos rappelant les principaux fantasmes féminins selon des sondages (si en plus c’est une lecture sociologique !), nous entrons de plain-pied dans une histoire qui va en illustrer un certain nombre.
Une jeune femme rencontre un jeune homme dans le train qui les ramène à Paris, il la drague, elle minaude et résiste, puis le rejoint dans sa suite d’hôtel. La suite est une nuit d’orgie durant laquelle elle va assouvir ses fantasmes – et ceux de l’homme, jusqu’à une chute un chouia surprenante.
Une fois le scénario mis en place, les scènes de sexe s’enchainent – souvent émoustillantes il faut dire – sans que l’intrigue ait une réelle importance.
Le dessin est bon, précis, agréable pour les scènes de cul (je regrette juste des visages un petit peu trop « manga », et une colorisation informatique qui n’est pas mon truc).
Note réelle 2,5/5.
On ne présente plus Blacksad, une série qui a su s’imposer, dès son 1er tome, dans le paysage de tous amateurs du 9eme art.
C’est très naturellement (et sans but mercantile nn nn ;) qu’un dérivé de l’univers voit le jour. Blacksad Stories (si j’ai bien tout compris) s’attachera à un personnage secondaire le temps d’un album. Weekly, notre journaliste fouineur et malodorant, ouvre logiquement le bal.
J’avoue que j’ai gentiment snobé l’album à sa sortie mais j’étais tout content de le trouver déjà dans les rayons d’une de mes médiathèques.
Si j’ai bien aimé ma lecture, je serai plus avare que Ro dans ma note. L’album est pro mais il m’a manqué un truc pour arriver à la hauteur de son aîné.
En fait mes attentes se sont inversés en cours de lecture. Alors que je m’attendais à être déçu par la partie graphique, je l’ai finalement trouvée très réussie, on atteint pas les sommets du travail de Guardino mais ça reste du superbe boulot. La narration, couleurs et un trait plus cartoon assurent la comparaison. Autre registre mais en tout cas, j’ai plutôt été agréablement surpris sur ce point. Malheureusement ça n’a pas été le même cas pour le scénario, je ne saurai trop dire où ça pêche vraiment, les ingrédients sont là mais l’alchimie m’est apparue bien neutre. Si j’ai aimé l’origine story de notre héros (un peu téléphoné quand même), j’ai été moins convaincu par le côté polar, enquête, coupable, motivation … un rien classique, sans réel suspense à mes yeux et trop précipité dans sa résolution.
Rien de honteux, je reste bien curieux de suivre un autre récit dans l’univers. Même dessinateur ? Quel personnage ? Mais je me contenterai personnellement d’un emprunt.
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Tolkien - Eclairer les ténèbres
Comme NoirDésir, je trouve que cette biographie est un peu "raide", autant dans le dessin que dans le propos. C'est du formel, trop à mon gout, un peu détaché et froid dans l'exécution. Je ne connais pas spécialement la vie de Tolkien, je sais juste qu'il avait une pensée politique proche de l'anarchie vers la fin de sa vie. Mais étant très fan du Seigneur des anneaux (que j'ai déjà relu deux fois) et de son œuvre en générale, j'ai apprécié découvrir sa jeunesse et son rapport à la guerre qui va profondément le marquer. La BD n'explore pas beaucoup plus que la Première Guerre Mondiale, ce qui est dommage puisque les années suivantes vont aussi être marquantes avec les différents liens politiques ou le travail qu'il mènera ensuite. C'est dommage de ne pas voir cet ensemble qui va fortement l'influencer aussi et le mener à construire son oeuvre de façon si magistrale. En fait je crois que la BD est prisonnière de son formalisme : ne voulant pas déborder du cadre fixée, elle reste très factuelle et rigide. La lecture n'est jamais lourde ou chiante, mais jamais entrainante non plus. C'est un déroulé trop classique, qui ne fait pas passer les émotions alors que sa vie en fut chargée, mais qui ne laisse pas non plus passer l'empathie pour Tolkien. J'étais détaché de tout ce qu'il faisait en le regardant de loin, jusqu'à la dernière planche. J'en sors avec des connaissances, mais ni touché ni marqué. C'est dommage, je pense que la BD aurait pu faire mieux. En l'état, j'ai plus envie d'aller voir si d'autres personnes se sont mieux emparées du sujet.
Julio Popper - Le Dernier Roi de Terre de Feu
Un "Pas mal" qui aurait pu tirer vers plus, notamment avec Matz au scénario qui n'est pas le dernier pour nous pondre des biographies que j'apprécie. Mais cette BD laisse un gout d'inachevée, peut-être parce que la BD s'est justement limitée à une biographie simple. Le personnage est truculent, étonnant et fascinant, Julio Popper est un aventurier du XIXè, polyglotte, audacieux, inventif, créatif, leader charismatique tout autant que personnage violent, parfois trop, sur de lui, parfois trop. Un vrai personnage d'aventure qu'on aime suivre pour son caractère et son génie. Malheureusement, la BD est en fait trop courte, trop proche de la réalité sans doute aussi, trop sage dans son déroulé biographique. Je comprend l'intention et la volonté de Matz dans cette écriture, s'éloignant peu des détails connus et des informations rares de cette époque. Sauf qu'au vu du personnage, j'aurais aimé une vraie biographie qui va loin, ose faire de l'aventure avec un grand A et s'éloigner de la réalité pour en faire un vrai personnage. Ce qui est dommage, c'est que ce choix de rester dans une biographie semble avoir ligotée l'histoire à cette conquête de la Terre de feu sans jamais s'éloigner des actions que Popper y mena. J'aurais aimé avoir une histoire qui se sert de ça pour parler d'autre chose, extrapoler, quitte à utiliser le personnage comme agent d'un propos plus contemporain. En voyant ce que semblait être Popper, je me dis que la liste des sujets qu'il aurait pu permettre d'évoquer étaient légions mais que malheureusement nous avons une simple biographie. Si je semble très négatif dans la critique, ce n'est pas pour autant que la BD est mauvaise. Elle est juste bonne, malheureusement sans dépasser ce stade et aller jusqu'à une histoire vraiment prenante, des considérations et des morales qui m'auraient attirés et dont je sais que Matz est capable. En l'état, c'est juste une bonne histoire, une BD sympa que je recommande de lire mais qui ne me parait clairement pas indispensable.
Gueule de cuir
XVIIe siècle, à l'époque des mousquetaires et des films de cape et d'épée, des complots ésotériques se déroulent dans l'ombre, engendrés par le conflit d'avatars immortels issus d'un zodiaque diabolique dont les triades s'affrontent depuis des siècles. Notre héros est un duelliste de talent que le destin va être amené à endosser le costume de Gueule de cuir, un justicier solitaire opérant la nuit dans les rues de Paris, et à devenir lui-même l'un de ces fameux avatars du zodiaque pour s'opposer à la menace du plus démoniaque d'entre eux, un nécromant qui veut terroriser la capitale. Cette série reprend la plupart des codes des comics de super-héros et les adapte dans un cadre bien français, celui de d'Artagnan mais aussi de séries d'aventure ésotérique tels que l'univers d'Arcanes. Sans parler d'un bon soupçon d'Assassin's Creed dans les talents guerriers du héros, ses parcours sur les toits parisiens et toute la trame de conflit secret entre organisations concurrentes. Beaucoup d'influences donc mais pour un résultat qui tient sacrément la route et capte vite le lecteur. Le dessin de Stéphane Créty est très maîtrisé. Il faut dire qu'il commence à avoir une sacrée expérience derrière lui et beaucoup de séries à succès. Sa représentation du Paris de l'époque et de sa vie nocturne et menaçante est réussie et détaillée à souhait. Mais ce sont surtout ses personnages qui marquent, les scènes d'action intenses, les costumes d'époque, et en particulier ce costume de Gueule de cuir aux petits airs de Spawn, là encore un rappel à l'univers des super-héros. Le graphisme de cette série est de très haut niveau. L'histoire n'en est pas moins bonne. Certes elle aligne beaucoup de références et d'éléments convenus mais le cocktail est réussi et la mayonnaise prend bien. Très vite, on veut en savoir plus sur ce zodiaque diabolique et les motivations de chacun de ses membres. Et c'est avec plaisir qu'on suit un vrai héros à l'ancienne, le mâle viril mi-mousquetaire mi-super-héros, prêt à sauter de toits en toits et à pourfendre tous les méchants pour atteindre la vérité et faire régner la justice. C'est de l'aventure-action sans ambages, avec une dose d'ésotérisme et de mystère pour encore mieux capter l'attention du lecteur, et un excellent cadre de cape et d'épée. Alors que le zodiaque diabolique comporte 13 éléments et 4 triades, on aurait pu imaginer facilement 4 cycles de trois tomes et un album final si la série se révélait véritablement à succès. Toutefois, l'intrigue prend une tournure qui amène à une conclusion inéluctable au bout d'une unique trilogie d'albums. Et malgré une belle mise en place et beaucoup de potentiel, les évènements s'enchainent un peu vite pour atteindre cette fin qui m'a laissé un peu perplexe et sur une réelle frustration. A l'exception de l'épéiste et du Roi des Tombes, on ne saura finalement quasiment rien des autres membres du zodiaque, de leurs capacités et de leurs motivations. Il y avait matière à développer un chouette univers ésotérique et aventureux mais l'ambition est tuée dans l'œuf avec le déroulement de l'intrigue : je trouve ça dommage. Je ressors de ma lecture un peu frustré car je voyais davantage de potentiel à cette série qui s'achève finalement de manière douce-amère.
Bourricorne
Fondée en 2024, Nöpp est un nouvel éditeur jeunesse basé en Espagne mais publiant des auteurs internationaux donc des français. Bourricorne est leur première BD, un album qui s'adresse aux lecteurs de 6 à 10 ans mais dont le ton malicieux peut amuser les adultes aussi. C'est l'histoire de Bruno, un âne qui s'ennuie ferme dans sa condition et rêve d'une vie plus flamboyante. Quand un cirque s'installe près de la ferme, il saisit sa chance et se déguise en licorne pour se faire embaucher. Et là, malgré la fragilité de son costume, il a un vrai succès auprès des enfants, à tel point qu'il va bientôt se faire rejoindre par d'autres camarades qui choisissent comme lui de se déguiser en ce qu'ils ne sont pas. Vous l'aurez compris, l'idée est de jouer avec le thème de l'identité et du désir de sortir du rôle qui nous est assigné. Visuellement, l'album déborde d’énergie avec un style à mi-chemin du comic strip et de l'illustration humoristique pour la jeunesse. Le trait est volontairement caricatural, très expressif, avec une palette de couleurs pastels qui renforcent le ton joyeusement absurde du récit. Ce graphisme fonctionne bien pour ce type de récit, avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène. Le ton est résolument humoristique, parfois proche du cartoon, mais sans être creux. Pourtant les premières pages m'ont fait craindre un récit pour enfants très convenu avec un héros qui s'ennuie dans sa vie bien bornée et qui va vouloir partir à l'aventure en s'éloignant de sa propre nature : une thématique de la quête d’émancipation et de l’acceptation de soi que je craignais trop moralisatrice et déjà vue. Heureusement, la suite se révèle plus originale, grâce à des développements un peu inattendus mais aussi grâce à ses propositions de gags et de situations loufoques qui amuseront petits et grands. Ça reste un récit pour enfants, mais il réussit à parler aussi aux adultes grâce à son humour et un niveau de lecture pas uniquement premier degré. Tout n'est pas parfait pour autant. La narration assume un côté un peu foutraque, avec une succession de situations parfois plus guidées par l'idée de faire rire que par une vraie progression dramatique. Cela fait partie du charme, mais pourra laisser certains lecteurs sur leur faim. J'ai aussi été un peu rebuté par la typographie très informatique : c'est bien simple, c'est quasiment du Comic Sans MS. Je regrette ce choix de lettrage qui gâche la vivacité du dessin. Bourricorne est une bande dessinée jeunesse plaisante, portée par des personnages amusants et un univers plein de fantaisie. La morale de l'histoire est certes simple mais certains développements inattendus et un bon humour font qu'on passe un sympathique moment de lecture.
Le Vent dans les Saules
Le roman vaut mieux que la bd aux images certes soignées… Pas assez de caractère et de poésie ! Sinon, oui, l'histoire ne démarre pas très vite, mais on est dans la campagne anglaise dans ce qu'elle a de plus rassurant, alors… Ne lire le roman ou la bd que si on a envie d'entendre Le vent dans les saules : le titre est assez explicite, non ? Sinon, oui, les animaux sont curieusement un mixte entre humain et animal : une convention à accepter comme dans Le roman de renard, par exemple. C'est aussi à prendre ou à laisser, comme les chants dans l'opéra. Non, je trouve juste que la bd est bien jolie, mais pas belle comme le livre. Elle manque de souffle et l'humour au dépens du crapaud ne peut la rendre aussi grosse que le bœuf ! Offrons par exemple Calvin et Hobbes à un enfant, et le roman Le vent dans les saules à un adolescent. Avec Calvin et Hobbes on offre des bd pour la vie. Avec Le vent dans les saules, l'amour de la nature anglaise à un adolescent, un âge où on n'aime pas juste des animaux, mais les paysages, la nature, et où on désire être rassuré mais aussi l'aventure, et se sentir en lien avec le monde, comme dans ce livre discrètement panthéiste.
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
Je retrouve Fred Fordham après son excellent Terremer, il adapte de nouveau un roman à succès. Il se spécialise dans le genre lorsqu'on regarde sa production. Une petite ville de l'Alabama, Maycomb, en 1933. Le choc boursier de 1929 se fait encore ressentir. On va suivre le quotidien de deux gamins, un frère et une sœur (ils seront rejoint par un autre garçon pendant les grandes vacances) dans cette Amérique désœuvrée. C'est à travers les yeux de Scout (la sœur) que l'on va suivre cette histoire. Un début de récit qui nous emmène sur une fausse piste avec la blessure de son frère, c'est bien plus tard que le récit prend une autre dimension avec le procès d'un noir accusé de viol sur une jeune femme blanche. Et de fait, le métier du père de Scout prend tout son sens, il est avocat, mais un avocat que l'on regarde de travers, il défend les noirs. Une narration sur un rythme mou avec quelques longueurs, surtout au début du bouquin avec le quotidien des gamins, mais ce rythme mou permet de ressentir le poids de la ségrégation qui pèse sur cette période Historique aux États-Unis. Par contre, je suis un peu déçu par le peu de place que prend le procès. Un rendu graphique agréable avec ce style simple, réaliste et lisse à la colorisation réussie, il est en adéquation avec le récit. Une lecture recommandable.
U-Boot
Je vais rester sur trois étoiles, une note reflétant mon sentiment mitigé, alors que qualités et défauts s’équilibrent à peu près. Disons que j’en suis sorti un peu déçu. Pas forcément intrinsèquement, mais plutôt parce que je pense que Delitte aurait pu mieux exploiter le potentiel de sa série. Connaissant plutôt bien la bibliographie de cet auteur, et au vu des couvertures, je m’attendais à une série purement historique, ayant pour cadre la guerre sous-marine en fin de second conflit mondial. En fait il n’en est rien, même si une partie du récit s’insère dans cette trame. La seule chose qui ne m’ait pas surpris, c’est la qualité du dessin de Delitte. Bien sûr il est excellent pour tout ce qui est navire ou engin (même s’il n’a évidemment pas pu placer de vieux gréements !). Il l’est aussi pour les décors – y compris pour des choses éloignées de ses séries habituelles, comme ici les déserts des États-Unis. Les personnages sont aussi intéressants, même si, comme toujours chez lui, les personnages sont un peu raides, les visages un peu « carrés », quasi tous sur le même moule pour les hommes (quasiment pas de personnages féminins – un seul en fait -, ce qu’il peine à réussir, deux points communs qu’il partage avec Hermann…). Visuellement plutôt agréable donc. Quant à l’intrigue, elle s’étale sur un peu plus d’un siècle, de la fin de la Seconde guerre mondiale aux années 2050. Commençant comme un récit historique classique, elle bascule ensuite vers quelque chose de différent, mêlant uchronie et Science-Fiction, en multipliant les lieux où se déroulent les événements : Atlantique ; Amazonie ; déserts nord-américains ; Tchernobyl ; Peenemünde dans le Nord de l’Allemagne ; une Venise futuriste, Argentine, etc.). Pour dynamiser son récit, Delitte multiplie les allers-retours à la fois temporels et géographiques entre ces lieux et ces périodes. Si l’ensemble se laisse lire, et si on ne s’ennuie jamais, plusieurs choses m’ont quand même plus ou moins gêné. D’abord quelques facilités. Par exemple Himmel dirigeant quelques temps tout seul (alors qu’il n’a évidemment aucune notion technique pour le faire) le sous-marin jusqu’à son échouage en Amazonie – mais aussi sa « survie », ainsi que les caisses et documents qui l’accompagnaient durant 6 ans en pleine jungle au milieu de l’humidité… A l’autre bout de l’histoire, j’ai trouvé que la Venise de 2059 était en partie improbable au niveau de certaines nouveauté technologique… Mais ce sont surtout les nombreux flashbacks et allers-retours qui m’ont gêné. Ça hache parfois trop le récit, ça manque de fluidité. Surtout qu’à certains moments c’est très saccadé, et que ça ne se justifie pas toujours (certains passages à Peenemünde n’apportent pas grand-chose). J’aurais préféré voir mieux développé la situation en 2059 (et élagués certains passages ou flashbacks antérieurs). C’est un peu artificiel et parfois pénible. Enfin, le titre de la série et les couvertures ne sont pas vraiment bien choisie, tant elles n’ont qu’un rapport ténu avec le cœur – et même la quasi-totalité – de l’intrigue. Une série qui surprend dans l’œuvre de Delitte, qui a du potentiel, mais qui se perd dans une mise en scène trop « alambiquée », alors qu’un récit plus « linéaire » (sans l’être totalement bien sûr) et jouant plus sur la partie futuriste aurait gagné en richesse et intérêt. Ça se laisse lire plutôt agréablement toutefois.
Une collision accidentelle sur le chemin de l'école peut-elle donner lieu à un baiser ?
Je pourrais recopier mon avis sur Villes et infrastructure. Ce manga de Kago au titre interminable se situe dans la même lignée avec de courtes histoires mêlant le gore et l'érotisme. A réserver bien sûr à un public adulte et averti, qui ne serait pas rebuté par différentes tortures physiques, découpage d'orteils, ou autres parties du corps, démembrements etc. Contrairement à beaucoup de mangas, Kago représente aussi des sexes et des poils sans censure. Une minorité d'histoires est tellement absurde que je n'ai pas tout compris, je pense à celle sur des combattants surmontés d'hommes nus. Je mets "pas mal" car aucune histoire n'est particulièrement mémorable, même si l'auteur a une imagination débordante. L'histoire qui donne son titre au recueil est autour d'une expérience d'un savant tordu qui vise à télescoper un garçon et une fille au coin d'une rue pour voir si une bonne synchronisation peut conduire au bisou, en vérité plutôt à un crash test sanglant...
Pour une nuit - Fantasmes au féminin
Rien d’extraordinaire, mais un album qui plaira aux amateurs ne recherchant pas forcément la surprise. Ici, après un avant-propos rappelant les principaux fantasmes féminins selon des sondages (si en plus c’est une lecture sociologique !), nous entrons de plain-pied dans une histoire qui va en illustrer un certain nombre. Une jeune femme rencontre un jeune homme dans le train qui les ramène à Paris, il la drague, elle minaude et résiste, puis le rejoint dans sa suite d’hôtel. La suite est une nuit d’orgie durant laquelle elle va assouvir ses fantasmes – et ceux de l’homme, jusqu’à une chute un chouia surprenante. Une fois le scénario mis en place, les scènes de sexe s’enchainent – souvent émoustillantes il faut dire – sans que l’intrigue ait une réelle importance. Le dessin est bon, précis, agréable pour les scènes de cul (je regrette juste des visages un petit peu trop « manga », et une colorisation informatique qui n’est pas mon truc). Note réelle 2,5/5.
Blacksad Stories
On ne présente plus Blacksad, une série qui a su s’imposer, dès son 1er tome, dans le paysage de tous amateurs du 9eme art. C’est très naturellement (et sans but mercantile nn nn ;) qu’un dérivé de l’univers voit le jour. Blacksad Stories (si j’ai bien tout compris) s’attachera à un personnage secondaire le temps d’un album. Weekly, notre journaliste fouineur et malodorant, ouvre logiquement le bal. J’avoue que j’ai gentiment snobé l’album à sa sortie mais j’étais tout content de le trouver déjà dans les rayons d’une de mes médiathèques. Si j’ai bien aimé ma lecture, je serai plus avare que Ro dans ma note. L’album est pro mais il m’a manqué un truc pour arriver à la hauteur de son aîné. En fait mes attentes se sont inversés en cours de lecture. Alors que je m’attendais à être déçu par la partie graphique, je l’ai finalement trouvée très réussie, on atteint pas les sommets du travail de Guardino mais ça reste du superbe boulot. La narration, couleurs et un trait plus cartoon assurent la comparaison. Autre registre mais en tout cas, j’ai plutôt été agréablement surpris sur ce point. Malheureusement ça n’a pas été le même cas pour le scénario, je ne saurai trop dire où ça pêche vraiment, les ingrédients sont là mais l’alchimie m’est apparue bien neutre. Si j’ai aimé l’origine story de notre héros (un peu téléphoné quand même), j’ai été moins convaincu par le côté polar, enquête, coupable, motivation … un rien classique, sans réel suspense à mes yeux et trop précipité dans sa résolution. Rien de honteux, je reste bien curieux de suivre un autre récit dans l’univers. Même dessinateur ? Quel personnage ? Mais je me contenterai personnellement d’un emprunt.