Les derniers avis (48791 avis)

Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Kar War
Kar War

La deuxième publication de Voss dans la collection Pied Jaloux et la troisième aux Huma si on compte Heilman. Le dessin de Voss atteint ici sa pleine maturité artistique. Il y a une maîtrise du noir, un souci maniaque du détail dans chaque vignette... Les bolides terrestres et les engins spatiaux sont sublimes. Kar War se classe sans conteste sur le podium des plus belles bandes publiées dans cette collection. C'est d'autant plus dommage que l'histoire n'est pas toujours au niveau des images. En effet, on a droit à une intrigue trop convenue de bandes rivales cherchant à s'emparer du pouvoir sur une planète lointaine. La narration ne nous laisse pas souffler, on est souvent noyé sous les péripéties. De manière générale, le récit m'a moins emballé que L'Arbre à came qui était plus agréable à suivre. On a droit à une seconde histoire assez réussie de 10 pages, Vol de Lune, en fin d'album. Une très belle bande, passée pas loin du chef d'oeuvre si la narration avait été mieux maîtrisée.

15/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Sanson et l'Amateur de souffrances
Les Sanson et l'Amateur de souffrances

Je m’attendais à lire une biographie d’une « dynastie » de bourreaux, célèbre pour avoir officié dans la capitale aux XVIIème et XVIIIème siècles (voire un peu au-delà). C’est un peu ça bien sûr. Mais, rapidement, l’intrigue bifurque vers autre chose. L’amateur de souffrances n’est pas le bourreau, comme je l’avais au départ imaginé, mais un personnage – puis d’autres, qui puisent dans la vision des souffrances infligées une sorte de remède miracle contre le vieillissement, une jouissance pas seulement sadique, mais aussi quasi orgasmique. Cet aspect de l’histoire rapproche cette série de certains romans gothiques, avec un fantastique noir et inquiétant, vaguement horrifique. Toutefois, une fois la situation mise en place, j’ai trouvé que le scénario en rajoutait un peu trop au niveau des pouvoirs de nuisance de cet « amateur ». Qu’il soit une sorte de Gilles de Rais moderne passe encore, mais qu’il soit l’instigateur de plusieurs régicides, voire de la Révolution française, en influençant à ce point certains personnages – et à travers eux la marche de l’Histoire – ça fait un peu trop. Ce travers s’accentue dans le deuxième, encore plus dans le dernier album – ce que je regrette un peu (j'aurais sans doute arrondis au supérieur sans ça). Au final, ça reste quand même une série plaisante, qui exploite bien l’Histoire, nous présente le « métier » de bourreau (et ici on est même surpris de découvrir des bourreaux presque humanistes, cherchant à limiter les souffrances de leurs « clients »), avec un dessin au trait gras mais lisible et pas désagréable. Note réelle 3,5/5.

15/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Rupture
Rupture

Une première remarque pour commencer : je ne sais pas si c'est Chantal Montellier ou une autre personne des Humas qui validait ses couvertures, mais elles appartiennent au panthéon de la bd indépendante des années 80. Ici le style de Montellier est en parfaite adéquation avec le propos. Une rupture amoureuse et en parallèle une interrogation sur la condition d'artiste. C'est très punk, très contemporain aussi. L'histoire n'est pas dure à suivre mais les partis pris esthétiques peuvent être plus ou moins appréciés en fonction du lecteur. C'est dans les œuvres à lire si on apprécie l'auteure.

15/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Magical Buffs - L'éveil de l'enchanteur polyvalent
Magical Buffs - L'éveil de l'enchanteur polyvalent

2.5 Encore une adaptation d'un light novel qui se passe dans un monde de fantasy inspiré des jeux de rôles. Il y a vraiment peu d'originalité dans cette série, les personnages étant des archétypes qu'on a vu des centaines de fois. Mention spécial pour l'amie d'enfance du héros qui est amoureuse de lui, qui jalouse et possessive et aussi elle une poitrine plate alors les filles à gros seins la rendre furieuse ! En plus, le dessin est vraiment moyen. Malgré tout, j'ai lu les 4 premiers tomes, qui forment le premier arc de la série, sans trop de problème. Certaines scènes plus humoristiques marchent bien et j'ai été surpris par l'évolution psychologique du héros. Depuis quelques années, il y a eu plusieurs light novels où le héros est traité comme une merde par les autres personnages et il devient un gros méchant qui fait des trucs horribles et c'est justifié par le scénario même si le héros fait les pires trucs imaginables. Ici, le héros a été maltraité par son ancienne équipe et au fil d'aller abuser tout se qui bouge, il a peu confiance en lui même s'il possède un grand potentiel et il est surpris lorsqu'on est gentil avec lui. Je trouve ça rafraichissant même si je ne trouve pas son histoire particulièrement captivante. En fait, j'ai surtout accroché à la sous-intrigue tournant autour de l'ancienne équipe du héros. Ils ont engagé une nouvelle équipière pour le remplacer et celle-ci va vite se rendre compte qu'il y a quelques choses d'étrange et de toxique dans ce groupe. Donc voilà c'est pas le manga du siècle et je ne sais pas trop si j'ai envie de lire la suite, mais j'ai vu bien pire dans le même genre.

15/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Moby Dick (Gillon)
Moby Dick (Gillon)

On est au début des années 80, la publication des Naufragés du temps est doucement en train de se terminer et Gillon éprouve à cette epoque le besoin de changer de registre. Ce sera d'abord Les Leviathans publié en 1982 et donc Moby Dick en 1983, l'adaptation d'un classique du roman d'aventures. C'est Ollivier Jean qui adapte l'oeuvre d'Hermann Melville. Le choix de Gillon au dessin est assez logique au regard de son expérience acquise dans les années 70 avec "Jérémie", autre aventure se déroulant sur les mers. La narration d'Ollivier est de qualité et respecte bien le récit original. Le trait de Gillon est parfois un peu trop statique pour dessiner une aventure aussi tumultueuse, mais il réussit très bien son capitaine Achab. On a l'impression de revoir un peu l'incarnation tourmentée de Grégory Peck dans le film éponyme de John Huston. Les couleurs sont correctes mais n'atteigne pas la qualité des naufragés du temps. Sans atteindre des sommets, une lecture agréable et une bande de Gillon à redécouvrir.

15/03/2026 (modifier)
Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Cyborgs
Cyborgs

La série « Cyborgs » est celle qui m’a le moins convaincu parmi toutes les séries de science-fiction et de fantasy que j’ai lues de Jean-Luc Istin. J’ai découvert Cyborgs après avoir déjà lu Androïdes, Elfes / Mages / Orcs / Nains, I.S.S. Snipers et Conquests. Comparée à ces séries, Cyborgs m’a semblé la plus faible du point de vue de la construction des intrigues et de la cohérence narrative. On y trouve beaucoup trop de clichés, des rebondissements peu réfléchis, et des « deus ex machina » qui apparaissent soudainement — tantôt pour sauver les héros, tantôt pour leur compliquer la vie. À force, cela devient très visible. Par moments, cela commence à ressembler à un comics américain conçu principalement pour la vente et la commercialisation. On y retrouve moins ce qui fait souvent la force de la BD : une idée forte, un véritable propos d’auteur — quelque chose que l’on percevait, à des degrés divers, dans les autres séries mentionnées. L’histoire reste malgré tout intéressante, mais elle contient trop d’éléments invraisemblables qui ne sont jamais expliqués et qui finissent par affaiblir l’ensemble. Un exemple frappant : une jeune fille parvient à soulever une voiture au-dessus de sa tête grâce à un bras cybernétique qui commence à l’épaule. On nous dit : « oui, mais son bras est cybernétique ». Je peux accepter cela. Mais lever deux tonnes au-dessus de la tête ne dépend pas seulement des bras : la charge est supportée par le dos, le tronc et les jambes — qui, dans ce cas, restent celles d’une adolescente de quinze ans, parfaitement ordinaires. Ce type de situation apparaît plusieurs fois dans la série. Et ce genre d’incohérence finit par briser la « suspension d’incrédulité ». C’est un peu comme voir quelqu’un crier dans l’espace — où il n’y a pas de son — ou rouler sur des roues carrées : cela sort immédiatement le lecteur de l’histoire. Peut-être que cette série s’adresse avant tout à un public plus adolescent, pour qui ce type de détails a moins d’importance. Mais pour moi, en tant qu’amateur des œuvres de Jean-Luc Istin et des séries de science-fiction publiées par Soleil en général, « Cyborgs » m’a laissé une impression nettement moins forte que les autres.

14/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Miss Peregrine et les enfants particuliers
Miss Peregrine et les enfants particuliers

Une histoire que l’adulte que je suis a lue plutôt avec plaisir, même si je pense qu’elle s’adresse avant tout à des adolescents – qui pourront s’identifier aux personnages de leur âge. Une histoire fantastique qui m’a parfois fait penser à « Harry Potter » (un mal oppressant et de plus en plus menaçant, des jeunes en premières ligne, des pouvoirs magiques, etc.), mais qui se révèle quand même original, avec une construction qui, par étapes, nous fait découvrir un univers dans lequel on (en tout cas les « Particuliers » peut passer d’une époque à l’autre. Leur univers « parallèle » s’imbrique dans celui des gens « normaux » (on accepte facilement certaines facilités à ce propos). Je m’attendais à ce que l’époque de la bataille d’Angleterre ou les exactions nazies, soient davantage exploitées (directement ou sous forme d’analogie), mais ça reste généralement lointain. Même si je pense ne pas être le cœur de cible, et si l’intrigue ne m’a pas non plus passionné, j’admets volontiers que d’autres lecteurs (surtout ados donc, mais pas seulement) puissent y trouver davantage leur compte. La narration est assez aérée. Peu de texte, un dessin réaliste agréable – même si détails, décors et arrière-plans ne sont pas développés – donne une bonne fluidité de lecture.

14/03/2026 (modifier)
Couverture de la série La Piste de l'Oregon
La Piste de l'Oregon

Certes Tout public, cet album s’adresse avant tout à un jeune lectorat (et c’est à cette aune que je l’évalue). En effet, j’ai trouvé l’ensemble un peu – beaucoup même, parfois – facile et naïf. C’est d’ailleurs une des choses qui m’a un peu gêné. L’histoire proposée par Corbeyran met en avant de belles valeurs : lutte contre le racisme et plus généralement les préjugés, lutte contre les violences faites aux femmes (Wakanda partage le premier rôle et se révèle une forte personnalité – presque anachronique d’ailleurs), mélange entre Blancs et Indiens, dénonciation de l’esclavage, etc. Centrée autour d’un convoi en partance du Missouri pour l’Oregon, l’intrigue abandonne rapidement cet aspect « voyage au long cours (à mon grand regret), pour bifurquer vers quelque chose ressemblant presque à un polar, avec un jeune esclave fugitif accusé de plusieurs délits/crimes, sur le point d’être lynché, mais qui est défendu par le duo de guide du convoi, un couple étonnant – une Sioux et un trappeur d’origine française, qui vont tout faire pour le disculper, et pour trouver les vrais responsables. Mais les personnages sont trop manichéens, et l’intrigue manque elle aussi de subtilité, voire de crédibilité (pour tout ce qui tourne autour du pasteur accompagnant le convoi et le responsable des vols par exemple). Tous les aspects « dangereux », toutes les actions des « méchants », sont bien souvent édulcorés et, contre toute attente en ces temps et en ces lieux, il y a toujours quelqu’un pour calmer le jeu, faire entendre raison (le juge, le chef du convoi, etc.), et même la tentative de viol contre Wakanda reste une péripétie sans importance. Tous ces aspects « gentils » (personnages et intrigue) passe moins pour un lecteur adulte je pense. Et les Indiens (on mêle ici Mandans, Sioux et Hurons) ne sont qu’un décor. Enfin, autre frustration me concernant : cette « piste de l’Oregon », annoncée dans le titre, mise en avant par la carte et le texte de présentation en ouverture et conclusion de l’album, est escamotée. En effet, si j’en crois l’intrigue, les personnages ont quasiment fait du surplace, et son encore au point de départ de cette piste, au Missouri, et ce qui m’intéressait au départ, à savoir ce long voyage, n’est en fait jamais traité. Du coup en refermant l’album, je me suis dit que celui-ci inaugurait une série, mais le gros « Fin » concluant l’histoire me laisse perplexe donc… Le dessin est lisible (il manque un peu de détails) mais il penche lui aussi plutôt du côté d’un lectorat assez jeune. Note réelle 2,5/5.

14/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Ciel dans la tête
Le Ciel dans la tête

Cette BD a le mérite de lister l'ensemble des atrocités que subissent certains enfants d'Afrique, à la fois victimes de la mondialisation (récolte de minerais rares pour les pays industrialisés) mais également de l'avidité de chefs de milices locales ou de profiteurs en tout genre (esclavagistes, passeurs, réseaux d'exploitation dans les pays européens, etc). Mais elle n'a pas vraiment eu l'effet escompté sur moi, au vu des nombreuses critiques élogieuses précédentes et du ressenti des autres lecteurs. Pour ma part, j'ai traversé cette lecture de manière assez froide, sans vraiment ressentir grand chose. La faute je pense à une entrée trop rapide dans le vif du sujet, sans poser les bases de l'histoire de nos deux héros, Nivek et Joseph, ce qui aurait pu me permettre de m'y attacher, mais également à un personnage central au profil de guerrier taiseux qui n'a pas réussi à m'émouvoir. Pourtant, beaucoup de scènes horribles et choquantes parsèment cette BD, du meurtre de sa famille par le jeune Nivek lui-même (je vous passe les détails sur le cannibalisme...) au viol puis à l'assassinat des femmes des tribus attaquées par les milices locales voisines... La densité du récit et le changement brutal d'un décor/pays à un autre en finalement peu de pages, m'a donné l'impression d'une liste à la Prévert, les auteurs souhaitant aborder un grand nombre de sujets sur la réalité des migrants et les rites en Afrique, au détriment de la crédibilité et de la poésie de l'ensemble. Si on aborde cette œuvre sous l'angle du conte ou de la fable comme le proposent certains aviseurs précédents, on peut effectivement l'appréhender différemment. S'agissant du graphisme, bien que je ne sois pas particulièrement fan du trait de Sergio García Sánchez avec ses personnages déformés et de la colorisation très tranchée, il faut bien avouer que cela colle plutôt bien avec l'ambiance Africaine de cette BD. Reste tout de même une œuvre utile, qui permettra à certains, je l'espère, de se rendre compte que derrière les migrants arrivant sur des bateaux de fortune aux portes de nos frontières, il y a surtout des femmes et des hommes apeurés ayant vécu les mêmes atrocités que Nivek. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10 NOTE GLOBALE : 12/20

14/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Braquage et anecdotes savoureuses à raconter en soirée
Braquage et anecdotes savoureuses à raconter en soirée

C'est un album absurde classique, enchaînant les scénettes à chutes au gré d'un fil rouge prétexte. La formule est connue, l'exécution est ici sans grande surprise, et c'est malheureusement le reproche que j'adresserais à l'album. L'humour absurde a la côte ces dernières années, les créations pullulent et malheureusement la créativité et le renouvellement ne suivent pas toujours. Karibou brillait par ses débuts (Dialogues et Salade César pour ne citer que ses premiers - et ses meilleurs à mes yeux par la même occasion) mais peine à se renouveler je trouve. La magie n'opère plus chez moi, le rythme est prévisible, sans grande prise de risque. Dommage. Bon, je commence cet avis par un constat amer, celui que l'album est loin d'être révolutionnaire et répète ses quelques bonnes idées sans grande variations ou génie, mais loin de moi de dire que tout est à jeter ici. Même si l'humour s'essouffle au fil des pages les premières m'ont bien fait rire avec cette insistance idiote sur les "anecdotes savoureuses à raconter en soirée" et la déformation et la dramatisation absurde de ce qui n'était à la base qu'un bête cambriolage. L'histoire parodie et critique la machine médiatique, répétant ad nauseam les mêmes pensées, s'acharnant sans cesse sur les mêmes boucs émissaires, quitte à y rattacher tout et (surtout) n'importe quoi. Les chaînes d'info en continu, les journalistes obséquieux avec les puissants et odieux avec l'opposition, le racisme et la xénophobie normalisé-e-s dans l'espace public, … bref, on pointe du doigt l'hypocrisie du discours public d'aujourd'hui. Mais j'avoue que, au delà-même de l'humour qui s'essouffle (problème tout de même notable quand l'album se veut humoristique), je regrette que la critique ne soit pas aussi acerbe qu'elle aurait pu être. Pas de réel coup de pied dans la fourmilière, de réelle critique ouverte, de proposition de solution (si ce n'est, je l'admets, un passage sur les autres formes de terrorisme déjà en place et normalisées chez nous car alliées au bord politique actuellement en vigueur). Allez, il y a une caricature claire de Pascal Praud, on pointe quand-même du doigt des chaînes comme BFMTV et LCI sans les nommer, ce n'est pas non plus lisse comme critique. J'aurais seulement apprécié quelque chose qui pousse davantage à la réflexion ou bien qui propose de véritables remises en question relativement méconnues. Bref, un album qui n'est pas mauvais, qui possède même de bons gags, mais qui n'est pas allé aussi loin que ce que j'aurais voulu, tant dans le délire que dans la critique politique et médiatique.

13/03/2026 (modifier)