Les derniers avis (49161 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Spectregraph
Spectregraph

J'ai un avis assez mitigé sur ce comics, mais pas vraiment négatif. J'ai pris un certain plaisir à le lire par moments, surtout grâce à son ambiance et à son identité graphique très fortes. Christian Ward offre un travail visuel vraiment réussi, notamment dans la représentation des différentes couches spectrales et de cette maison hantée transformée en espèce de machine métaphysique. Il y a des images marquantes et toute cette idée d'un riche occultiste prêt à expérimenter sur l'âme humaine pour vaincre la mort m'a rappelé les expériences de Burgess et de son amant au début de la série Sandman. On retrouve ce mélange de pseudo-science, d'occultisme et d'obsession amoureuse qui finit par tout corrompre. Les dialogues sont globalement bons, le déroulement des actes aussi, et malgré quelques longueurs j'ai trouvé l'ensemble prenant. Toutefois, j'ai trouvé qu'il y avait un peu trop de flashbacks. Certains sont utiles et nourrissent bien la relation entre l'occultiste et son compagnon, mais à force le récit finit par se disperser et ralentir inutilement son rythme. Ça délaie la sauce plus que ça ne l'enrichit. J'ai bien aimé le duo principal. La relation entre les deux femmes fonctionne plutôt bien, justement parce qu'elles semblent au départ enfermées dans des archétypes un peu faciles avant de brusquement s'inverser. Au début, Janie, la jeune mère, paraît presque fade et un peu idiote, mais dès qu'il est question de retrouver son enfant, elle devient nettement plus volontaire, courageuse et active. Ce basculement là, lui, fonctionne. En revanche, j'ai moins été convaincu par Vesper. Son changement de personnalité est trop brutal. Elle est introduite comme une jeune femme hautaine, mystérieuse et intimidante, censée être bien renseignée sur cette maison et sur ce qui s'y trouve, puis dès que les événements commencent elle se transforme en adolescente fragile et craintive. Ça sonne faux, d'autant plus qu'elle aurait théoriquement dû comprendre presque immédiatement ce qu'il s'était réellement passé dans cette maison. Le lecteur, lui, le devine quasiment immédiatement, ce qui rend la révélation finale beaucoup trop prévisible, à tel point que je croisais les doigts en vain pour que ce ne soit pas si évident. Et puis je n'ai pas aimé la toute fin. Le châtiment brutal qui frappe sans raison valable l'un des protagonistes m'a paru inutilement cruel et presque banal dans sa manière de chercher une dernière touche d'horreur choc. Le récit était plus intéressant quand il jouait sur le malaise, les couches spectrales, l'obsession amoureuse et la peur de la mort que lorsqu'il bascule dans une conclusion plus grossièrement punitive. Bref, un comics qui m'a séduit par sa forme, son ambiance, certaines idées visuelles et son mélange d'horreur occulte et de pseudo-science, mais qui m'a aussi frustré par une révélation finale beaucoup trop prévisible, plusieurs facilités narratives et quelques flashbacks de trop. Note : 2,5/5

28/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Le Livre de la Jungle
Le Livre de la Jungle

Cette BD a fonctionné pendant de nombreuses années comme souvenir d'un des premiers films que je suis allé voir au cinéma. Évidemment, le film (1967) est bien supérieur. Les dessins sont assez fidèles, mais même dans les éditions les plus récentes du livre, les couleurs restent plates et criardes, et l'absence de décors détaillés se fait trop ressentir. La musique manque également, la marche des éléphants, la chanson de Baloo, il faut les entendre intérieurement... Des adaptations plus récentes du célèbre classique de R. Kipling sont disponibles aujourd'hui, mais je continue à aimer cette version. Je pense que les figures des animaux et surtout de Mowgli restent attractifs pour les enfants. Elles continuent d'être inspirantes pour les petits scouts louveteaux !

28/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Nos Coeurs de chats
Nos Coeurs de chats

Un jeune employé de bureau surnommé le Prince parce qu'il est beau, brillant et très serviable découvre par hasard qu'une collègue froide et asociale change complètement de visage lorsqu'elle s'occupe de chats errants dans un parc après le travail. En partageant ce secret, les deux vont peu à peu se rapprocher et apprendre à se montrer tels qu'ils sont réellement. Au départ, j'avais peur de tomber une fois de plus sur un nouveau "manga sur les chats" où les auteurs passent leur temps à montrer des chats supposément troooop mignons, troooop adorables dans chacune de leurs actions, un registre qui me lasse très vite. Ici, ce n'est pas vraiment ça. Les chats restent importants, mais davantage comme lien entre les personnages et comme reflet de leurs comportements. Le manga rappelle assez justement que les chats sont avant tout des animaux instinctifs, méfiants, parfois affectueux mais jamais totalement domestiqués mentalement. Il y a un petit aspect documentaire discret sur les chats errants, leur comportement et les soins à leur apporter, sans que cela devienne pesant ou démonstratif. Le cœur du récit reste bien une romance. Une romance assez classique dans sa structure, presque hollywoodienne, mais avec des personnages suffisamment attachants pour qu'on se laisse prendre avec plaisir. D'un côté, on a ce fameux "Prince", le collègue parfait admiré par toute l'entreprise, toujours prêt à rendre service au point d'en être épuisé intérieurement. De l'autre, cette jeune femme renfermée, incapable de gérer correctement les relations sociales et qui repousse instinctivement ceux qui tentent de l'approcher. Le contraste fonctionne bien parce qu'aucun des deux n'est réellement heureux dans le rôle qu'il joue au quotidien. Leur rapprochement devient alors autant sentimental qu'humain : lui découvre enfin un endroit où il peut arrêter de jouer le garçon parfait, tandis qu'elle commence lentement à laisser quelqu'un entrer dans son espace personnel. La dynamique rappelle l'idée du "chat échaudé craint l'eau froide" appliquée à une personne : elle reste constamment sur ses gardes, mais prend progressivement plaisir à partager sa passion avec quelqu'un qui ne cherche pas à la forcer à devenir plus sociable qu'elle ne l'est réellement. La narration est un peu brouillonne au tout début. Les premières pages donnent presque l'impression d'un shojo qui peine à poser clairement son contexte et ses personnages. Mais assez rapidement, le récit devient plus fluide et linéaire, ce qui permet de mieux s'attacher aux protagonistes et à leur relation. L'ensemble reste assez doux, calme et sans énorme surprise, mais c'est aussi ce qui fait son charme. Et la série a l'intelligence de se terminer en seulement trois tomes, lui permettant d'éviter de se diluer ou de tourner en rond jusqu'à devenir lassante.

28/05/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 3/5
Couverture de la série Le Baron perché
Le Baron perché

Adaptation d'un roman d'Italo Calvino, "Le Baron perché nous conte l'histoire de Côme, qui à la suite d'une brouille avec son père décida de ne plus mettre pied à terre, quitte à vivre de très loin les joies et les drames de sa vie. L'histoire, que je ne connaissais pas, n'est pas dépourvue d'intérêt même si on a du mal à comprendre l'entêtement du baron à rester perché. On pourra toutefois saluer sa volonté à rester fidèle à sa promesse et ce jusqu'à la fin. Le petit garçon que j'étais envie la jolie cabane dans les arbres du jeune Côme. Une fois dis ça, on est spectateur des différents évènements sans arriver à les vivre pleinement et c'est peut être le plus gros reproche que l'on peut faire à cette ouvrage J'ai trouvé le graphisme très honorable (en tout cas je n'y suis pas allergique) mais assez figé. La colorisation est pour sa part assez bien faite. Au final "Le Baron perché" permet à l'occasion de passer un bon moment mais ne restera pas forcément en mémoire. Note réelle : 2,5/5

28/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Valhalla Bunker
Valhalla Bunker

Avant de se lancer dans la présente série, il est plus que conseillé de déjà connaître la 1ere trilogie : Valhalla hôtel. Le lecteur se sera déjà fait une idée du ton assumé (un rien décalé et parfois un peu lourdingue), si vous n’avez pas un tantinet adhéré, inutile de poursuivre l’aventure, d’autant que l’on retrouve ici la même formule ainsi que les mêmes personnages mais « 10 ans après ». J’avoue que ce n’est pas une suite que j’attendais spécialement, mais l’occasion s’étant présentée je n’ai pas boudé mon plaisir. J’ai d’abord pesté sur le premier tome que j’ai trouvé un peu bavard et moins groovy qu’espérais, ne voyant pas de grande pertinence à ce 2eme cycle. Le 2eme tome se lâche un peu plus niveau action et moments WTF, j’y ai davantage adhéré, retrouvant mon plaisir de lecture dans les délires de l’auteur. Finalement toujours dans la même veine que le 1er cycle niveau folie. Pas un indispensable mais une œuvre bien troussée pour les amateurs de série B.

27/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Deviation
Deviation

C’est le troisième volet du triptyque des mêmes auteurs, chaque album pouvant se lire séparément (je n’avais lu que le deuxième volet pour le moment). Si la lecture est sympathique et finalement très agréable, j’ai quand même eu plus de mal que pour le précédent opus à entrer dans l’histoire. En effet, la première moitié est monocentrée sur l’héroïne, Mary, qu’on devine peu à peu fuyant un mari toxique, violent. Mais ce dernier n’apparait que via les messages agressifs qu’il laisse sur le téléphone de Mary, et on ne sait pas trop où Mary et l’intrigue vont nous mener. Peu à peu les choses se mettent en place, et, comme Mary dans la seconde moitié du récit, on reprend pied. La narration prend son temps (on pourrait presque reprocher à l’intrigue sa « légèreté », son manque de densité), pour un récit feel good ma foi sympathique (Mary a quand eu de la chance de tomber sur la famille de Lucy !). Le dessin est lui aussi agréable, fluide, avec une colorisation elle aussi réussi. Bref, avec cet album, les deux auteurs ont développé encore leur univers (ça n’est que dans les dernières pages que Mary fait le lien avec Jane, que j’avais pu croiser dans Lady Jane). Des albums sans prétention, mais loin d’être sans intérêt.

27/05/2026 (modifier)
Par Titanick
Note: 3/5
Couverture de la série Pénis de table
Pénis de table

J’ai l’impression que les autres avis sur cet album sont masculins. Donc un avis de fille hétéro que la chose intéresse :-). J’ai trouvé l’intention de l’auteur très louable. Faire parler des hommes de leur rapport à la sexualité, sans tabou et en exprimant leur ressenti sur les différents angles d’attaque proposés par le meneur de jeu. Belle réussite du projet et on sent l’implication des intervenants pour essayer de développer la façon dont ils appréhendent leur sexualité. Et bons les angles d’attaque justement, il me semble que c’est cette approche qui a permis de libérer la parole tout en canalisant la conversation, bien vu. Parole libérée qui m’a semblé bien sincère et sans gêne ni tabou. Bien qu’il reste quand même un dernier bloquage sur le sujet (ultime ?) de ...la taille du pénis bien sur. J’ai donc bien apprécié d’en apprendre un peu plus sur le regard que portent les hommes sur le sujet (c’est vrai que ce n’est pas celui qui vient spontanément dans mes conversations avec des potes). Mais j’ai, un peu comme certains aviseurs précédents, quelques regrets sur la représentativité de l’échantillonnage de ces messieurs. Certes, on a une heureuse diversité des orientations sexuelles, peut-être un peu trop d’ailleurs, l’homme ‘’hétéro-classique’’ semble quasi minoritaire mais pourquoi pas, il est présent. En revanche j’aurais bien vu aussi plus de diversité dans les âges des protagonistes (c’est une vieille qui parle), pas de quinqua ou de soixantenaire (ou plus), c’est un peu dommage, j’aurais aimé aussi avoir leur ressenti. Après, je ne sais pas si l'édition augmentée apporte quelque chose à ce niveau. Mais c’est peu de chose, j’ai quand même apprécié le fond, et la forme qui ne manque pas d’humour dans la présentation.

27/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Nocturnes
Les Nocturnes

Grosse curiosité que cet album qui intéressera forcément les fans de Régis Loisel. Les Nocturnes est un recueil d'histoires courtes dessinées entre 1973 et 1977 environ, issues de différentes publications de jeunesse de Loisel, notamment du fanzine Tousse-Bourrin qu'il avait cofondé à l'époque. Rien que pour cela, l'album possède un vrai intérêt historique et permet de découvrir les tout débuts d'un auteur qui deviendra ensuite célèbre avec La Quête de l'Oiseau du Temps puis Peter Pan. On y découvre l'évolution rapide de son dessin sur seulement quelques années. Les premières histoires n'ont pratiquement rien à voir avec le style qu'on lui associe aujourd'hui. Le trait est encore assez rigide, parfois réaliste, avec des influences visibles et finalement assez peu de personnalité propre. On sent déjà du talent et une vraie énergie graphique, mais pas encore cette nervosité ni cette expressivité qui deviendront sa signature. Au fil des récits, notamment dans les différentes histoires intitulées Nocturnes, son dessin commence progressivement à se transformer et à devenir beaucoup plus vivant, souple et personnel. On se rapproche alors davantage du style de Norbert le Lézard, paru peu après, étape intermédiaire vers La Quête de l'Oiseau du Temps. En revanche, il faut être honnête : en dehors de cet aspect "archéologie de carrière", l'ensemble reste très marqué par son origine fanzine. Les scénarios, pourtant parfois signés par des noms qui deviendront fameux plus tard, restent très adolescents dans l'esprit. L'humour noir, la gaudriole et le côté grand-guignol sont omniprésents, souvent avec un goût du mauvais esprit ou de la provocation gratuite typique des jeunes auteurs de l'époque. Certaines histoires fonctionnent mieux que d'autres, mais globalement cela reste assez prévisible, inégal et pas franchement mémorable sur le fond. Même matériellement, l'album trahit son statut de publication de récupération patrimoniale. Les éditions Kesselring ont manifestement fait ce qu'elles pouvaient avec les sources disponibles, mais la qualité de reproduction est parfois médiocre, avec des images un peu abîmées et certains textes difficilement lisibles. Les Nocturnes vaut surtout comme document de curiosité pour suivre les débuts et l'évolution graphique d'un futur très grand dessinateur. Pour les admirateurs de Loisel, c'est intéressant à feuilleter parce qu'on y voit littéralement son style se construire sous nos yeux. Mais comme véritable lecture de bande dessinée, c'est quand même très mineur et pas franchement indispensable en dehors de cet intérêt historique.

27/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Assassins - Les Psychopathes célèbres
Assassins - Les Psychopathes célèbres

Cette BD propose une galerie de psychopathes célèbres, de Jack l'Éventreur à Hitler en passant par Charles Manson ou encore le docteur Petiot, en mélangeant récit documentaire, humour noir et mises en scène décalées autour de narrateurs souvent très particuliers. J'ai trouvé l'ensemble assez difficile à cerner, parce que l'album oscille constamment entre le documentaire criminel et la comédie noire un peu absurde. Sur le fond, il raconte globalement les faits réels connus autour de ces différents tueurs et psychopathes, avec un vrai travail de synthèse et des fiches récapitulatives qui donnent les éléments essentiels sur chaque personnage. Il y a donc un vrai aspect documentaire, parfois assez instructif, notamment sur certaines figures moins connues comme Belle Gunness, Mary Bell ou le couple West. Mais la particularité du livre vient surtout du choix de narration. Chaque histoire est racontée à travers des personnages extérieurs souvent assez loufoques : un numérologue obsessionnel, un assureur un peu étrange, un prêtre exorciste, une psychologue de comptoir, un élu local vulgaire ou d'autres figures du quotidien qui servent de filtres au récit. Cela donne un ton très décalé, parfois caustique, avec un humour noir omniprésent mais assez variable selon les chapitres. Le résultat change beaucoup d'une histoire à l'autre. Sur certains récits très documentés comme celui consacré à Hitler, le côté historique et documentaire domine naturellement parce qu'il y a énormément de matière à raconter. À l'inverse, sur Jack l'Éventreur où les faits restent plus flous et limités, la mise en scène autour des narrateurs prend beaucoup plus de place, avec quelque chose de plus fantaisiste et loufoque. C'est justement ce mélange qui m'a laissé un ressenti assez mitigé. L'ensemble est volontairement bigarré, parfois presque chaotique dans le ton, et je n'ai pas toujours su comment appréhender son humour. Certaines idées fonctionnent bien, d'autres tombent un peu à plat ou deviennent inutilement vulgaires ou appuyées. Globalement, l'humour m'a peu amusé même si je comprends la logique du décalage pour éviter un traitement purement glauque ou morbide. Côté documentaire, c'est également variable. Certaines histoires donnent vraiment envie d'en apprendre davantage sur les personnages évoqués, tandis que d'autres restent assez superficielles et résument surtout des faits déjà relativement connus du grand public. Cela donne parfois une impression de survol, comme une succession de condensés plus que de véritables plongées dans la psychologie ou l'histoire de ces criminels. Graphiquement, en revanche, le style fonctionne plutôt bien avec ce mélange de caricature, de réalisme sale et de couleurs très appuyées qui renforcent l'ambiance malsaine et grotesque du livre. Cela colle assez bien à ce ton entre humour noir et récit macabre. Je trouve l'approche originale et parfois intéressante dans sa manière de mélanger vulgarisation criminelle et satire grinçante, mais le résultat reste assez inégal et ne m'a pas totalement convaincu, ni sur le plan humoristique ni sur le plan réellement documentaire.

27/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Hemingway, la jeune fille et la mer
Hemingway, la jeune fille et la mer

Dans le Key West des années 30, un Ernest Hemingway en panne d'inspiration, alcoolique, bagarreur et un peu perdu dans sa vie personnelle voit son quotidien bouleversé par la rencontre avec une jeune fille débrouillarde qui l'entraîne dans une aventure entre contrebande de rhum, boxe et horizons marins. Je connais finalement assez mal Hemingway, dont je n'ai lu qu'un ou deux romans, et ce n'est pas un auteur ou une figure littéraire qui m'a particulièrement fasciné jusque-là. Pourtant, le Hemingway présenté ici fonctionne immédiatement comme personnage de BD. On est clairement dans une version romancée et un peu caricaturale du personnage, mais une caricature attachante : une sorte de gros nounours bourru, riche, alcoolisé en permanence, bagarreur, excessif, mais aussi profondément humain et généreux. Pas besoin d'être spécialiste de l'écrivain pour s'attacher à lui. L'autre grande réussite de l'album, c'est son ambiance. Ce Key West des années 30, à moitié américain et à moitié hors du monde, avec ses bars, ses couchers de soleil, ses petits ports, ses îlots presque sauvages et cette galerie d'habitués qui semblent tous se connaître, dégage quelque chose de très confortable et envoutant. Le dessin semi-caricatural et les couleurs chaudes participent énormément au charme de l'ensemble. Il y a une vraie douceur dans les lumières, les ambiances maritimes et les scènes de fin de journée qui donnent presque envie de rester sur cette île avec eux. Je m'y suis senti bien. Toute cette petite communauté un peu paumée mais chaleureuse fonctionne très bien, tout comme le duo formé par Hemingway et Janet, la jeune fille vive et dégourdie qui vient secouer son quotidien. Le récit en lui-même est assez simple et léger. Il ne faut pas attendre une vraie biographie ni une plongée profonde dans la psychologie d'Hemingway. L'histoire tient davantage de la fable aventureuse et feel good que du portrait littéraire. Elle manque peut-être un peu d'ampleur et d'impact émotionnel pour vraiment marquer durablement, mais elle reste constamment sympathique et agréable à suivre. Elle transforme au passage Hemingway en personnage de fiction attachant plus qu'en monument littéraire intimidant. Et si cette vision reflète même partiellement son véritable état d'esprit, ça me donnerait presque envie de lire ou relire certains de ses romans, notamment Le Vieil Homme et la Mer auquel l'album fait évidemment référence.

27/05/2026 (modifier)