Jesus Blasco Monterde, un grand auteur depuis les années 40 du siècle dernier. C’est dommage qu’il soit si peu connu en France, à part Paul Foran. Son personnage Cuto a été un idole en Espagne et au Portugal jusqu’aux années 80. Los Guerrilleros n’est pas mal, l’intrigue est peut-être un paella-western? Mais il faut voir les dessins de Blasco en noir et blanc! Bien qu’autodidacte, il a été un maître de la BD pour plusieurs générations. Son travail a également été très publié en Angleterre, avec des personnages originaux : Steel Claw, par exemple.
Ce récit possède de réelles qualités, et les messages sous-jacents sont tous hautement défendables. Mais j’ai été nettement moins touché et captivé par cet album que mon prédécesseur.
Le dessin déjà, n’est pas forcément mon truc. Il y a quelque chose de « maladroit » dans le rendu. J’ai par contre bien aimé la colorisation, le rendu crayonné m’a bien plu.
C’est l’histoire de trois copines, qui fantasment sur un chanteur, une star, qui va ensuite profiter de cette « attraction » pour séduire l’une d’entre-elle (elles ont seize ans à l’époque). Cela provoque la rupture entre elles, et la mort de celle qui, « jetée » rapidement par la star – personnage plutôt antipathique au demeurant – et par ses ex-copines, disparait dans un incendie (suicide ?).
Quelques années plus tard, les deux « survivantes » ont l’occasion de « tourner la page ».
Le pouvoir des « stars », l’aveuglement des groupies, la nature des liens amicaux, une forme de pédocriminalité, le récit est riche. Mais il n’en fait pas grand-chose une fois ces thèmes exposés. C’est trop léger, la narration manque parfois de nuances, et j’ai eu du mal à m’intéresser aux personnages, pas assez creusés.
Bon, c’est quand même très lisible. Mais pas aussi fort que ça aurait pu l’être je pense.
Je continue d'explorer les récits de guerres scénarisé par Garth Ennis. Ce genre de récit n'est pas ce que j'aime le plus de lui, mais il fait parti des auteurs dont j'ai envie de lire le plus possible d'oeuvres.
Ce sont donc des histoires courtes qui se situent durant la seconde guerre et seulement la première moitié de cette série a pour l'instant été traduite en français. J'ai trouvé le résultat pas trop mal, mais avec quelques défauts. Déjà, le dessinateur change à chaque numéro et si j'ai bien aimé les trois premiers, je n'ai pas du tout accroché au quatrième et du coup je ne suis jamais rentré dans cette historie tellement le graphisme et particulièrement les couleurs. Ennis aurait pu raconter la meilleure histoire de guerre de tous les temps et je n'aurais pas aimé à cause du dessin. Alors ça peut être sympa d'avoir un dessinateur différent pour chaque histoire surtout si des gros noms comme Dave GIbbons participent, mais cela peut aussi dire qu'on peut tomber sur un dessinateur qu'on n'aime pas.
Pour ce qui est du scénario, Garth Ennis montre souvent l'étendu de son talent dans des scènes chocs qui montrent l'horreur et l'absurdité de la guerre. Les histoires sont complémentaires parce qu'on voit différentes armés et différents type d'unités de combats. Le ton peut aussi être différent, la troisième étant un peu plus orientée vers la comédie avec l'humour trash que le scénariste affectionne. Le problème est que chaque récit fait plus de 50 pages et si ça peut paraitre une bonne idée qu'Ennis ait assez d'espace pour bien traiter son scénario, j'ai surtout trouvé que les récits étaient un peu trop longs. C'est particulièrement vrai pour le second récit qui devient uniquement intéressant sur les dernières pages lorsqu'on reproduits un poème qui répond à Lady Astor qui avait insulté des soldats qui participaient à une bataille en Italie et que le dessin montre ce qui est arrivé à de nombreux soldats participant à cette bataille.
Malgré des défauts, cela reste un album dont je recommande l'emprunt si on n'est pas allergique aux récits de guerres.
Un comics qui est basé sur un jeu de guerre que je ne connaissais pas vu que je ne joue jamais à ce type de jeu vidéo, mais cela n'est pas important parce qu'en lisant ce comics on ne dirait jamais que c'est une adaptation d'un jeu vidéo, mais juste un des 1000 séries de guerre que Garth Ennis a scénarisé jusqu'à présent. En tout cas on n'a pas besoin de connaitre l'œuvre original pour lire cet album.
Le résultat est dans la moyenne de ce que fait Garth Ennis: ça se laisse lire et il y a des moments qui sortent du lot, mais globalement c'est juste une histoire de guerre de plus. Il faut dire que ce qui n'aide pas est le changement de dessinateur en cours de route. Le premier avait un style qui me plaisait bien alors que j'ai moins accroché au dessin du second. Ce que je n'ai pas aimé est que les expressions du visage m'ont souvent semblé trop exagérées, sur certaines cases j'avais presque la sensation de lire une parodie et non une histoire de guerre sérieuse.
On va dire que les gros fans de récits de guerres faites par ce scénariste emblématique vont adorés.
Les récits de guerres de Garth Ennis ne sont pas ce que je préfère de lui, mais parfois il arrive de traiter d'un sujet qui m'intéresse et c'est le cas-ici. Ennis mets en scène un escadron 100% afro-américaine à l'époque. On va donc voir des soldats noirs combattre pour la liberté alors que c'est encore la ségrégation aux États-Unis.
Je connaissais vaguement le sujet parce que les parents sont du genre à regarder tous les films et documentaires sur la seconde guerre mondiale qui passe à la télé et ils ont déjà regardé un film qui portait sur cette escadron. Il y a même des scènes du comics qui m'ont rappelé les quelques scènes du film dont je me souviens, mais il faut dire que rien ne ressemble plus à une bataille d'avions qu'une autre bataille d'avions. Le résultat est pas mal. Le scénario d'Ennis est efficace et le dessin est du réaliste correct, mais un peu froid. Ennis a la bonne idée de mettre en parallèle ce qu'ont accomplis ses soldats noirs et la lutte pour les droits civils qui se sont déroulé 20 ans plus tard. Cela donne les meilleurs moments de ce one-shot, le dernier chapitre m'a terriblement ému.
Sans doute le meilleur comics de guerre d'Ennis que j'ai lu jusqu'à présent.
J’avais découvert il y a quelques temps Elena Ominetti sur plusieurs séries, mais elle n’était je crois qu’au dessin. Je la retrouve ici auteure complète, et c’est plutôt une belle découverte.
En effet, c’est un album qui se distingue de la masse du genre par sa volonté d’élaborer un vrai scénario – même si bien sûr ça n’est pas non plus hyper développé – pour ne pas empiler uniquement les scènes de sexe.
Une fois avalées quelques facilités (une grand-mère alitée devient le cobaye d’une expérience lui permettant de transférer son corps et son esprit dans ceux d’une jeune – et jolie – femme), nous sommes embarqués dans la (re)découverte de la sexualité par une vieille jeune femme passée à côté de sa vie, malmenée par un mari possessif : l’occasion de ne pas avoir de regrets !
En parallèle, les histoires d’amour lesbien de la petite fille…
C’est un sujet sur lequel j’aurais bien imaginé voir Axel travailler – tout à fait le genre de récit qu’il aurait pu développer. Mais Ominetti s’en sort bien, nous présente quelque chose de plaisant. Les scènes de sexe sont sensuelles, bien rendues, son trait est agréable.
Les éditions Tabou ont ici une auteure à suivre…
Voici venir une nouvelle série dans la collection Kbooks de chez Delcourt : PUBG Battlegrounds - 100.
Tiré semble-t-il d'un jeu vidéo (que je ne connaissais pas), cette adaptation en webtoon oscille entre "Battle Royal" et Fortnite. On ajoute une petite trame scénaristique et des personnages bien déglingos, et vas-y que ça va défourailler, gicler et clamser tranquillement. Notre personnage principal, Cheo Hoyoung est un agent des services de renseignement contraint d'intégrer ce jeu illégal pour tenter de sauver un homme politique caché parmi les participants. Petit détail : tous les autres participants sont des assassins ou des criminels de la pire espèce et tout ce petit monde est largué sur une île où tous les coups sont permis...
Alors oui, ça sent un peu le réchauffé et le déjà vu/lu, mais il faut reconnaître que certains personnages secondaires sont plutôt intéressants (et bien déjantés !), ce qui donne du peps au récit. C'est rythmé, les rebondissements s'enchainent et on se laisse porter par ce survival pour peu qu'on apprécie le genre. Côté dessin, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé par contre, le graphisme fait très informatisé et ne brille pas par la qualité de ses décors. Heureusement, la gestion des scènes de combat ou d'action sont maîtrisées et donnent tout son élan à la série.
(2.5/5)
Succession de saynètes absurdes sur les petites lâchetés et contradictions du quotidien des environs de 2020 : COVID, médias, couple, boulot, racisme ordinaire, égoïsme social… Avec un ton décalé et un peu d'humour noir, ça dresse un portrait assez grinçant de notre époque.
L'esprit m'a pas mal rappelé les ouvrages de Ruppert et Mulot, en un peu moins subversif et expérimental. On retrouve ce même goût pour le décalage, l'absurde froid, les dialogues qui tournent en rond jusqu'à la gêne, cette façon de pousser des raisonnements très ordinaires jusqu'au malaise comique.
Graphiquement, le trait paraît un peu raide, très informatisé, avec des personnages figés qui ont parfois l'air bêtement mécaniques. Mais paradoxalement, j'aime bien cette clarté. Les décors sont nets, lisibles, bien posés, comme par un auteur ayant bossé dans l'architecture. Et en même temps cette rigidité donne aux visages des personnages un côté un peu débile qui colle bien avec l'humour pince-sans-rire. Ça renforce le côté absurde plutôt que de le desservir.
Côté gags, c'est inégal. Tout ne fait pas mouche, certaines chutes sont prévisibles ou tombent un peu à plat, et sur la longueur la mécanique de ce type d'humour se voit. Mais malgré ça, j'ai sincèrement ri plusieurs fois, ce qui est pour moi un très bon indicateur.
Au final, pas un album révolutionnaire, ni indispensable, mais une lecture sympa, caustique sans être trop méchante, et dont je garde une bonne impression d'ensemble.
Je n'avais pas prêté attention au fait que ce soit l'auteur de Solo qui se lance dans cette réappropriation de Conan, mais Oscar Martin s'en sort plutôt très bien en s'attaquant à ce personnage mythique de la fantasy. Il s'adjoint l'efficace Leonel Castellani au dessin avec qui il avait déjà collaboré pour le spin-off Solo - Lyra. Le tout nous donne un one shot rondement mené et efficace.
L'avantage avec ce genre de personnage c'est qu'on y va pas par quatre chemins : ça turbine et ça bourine ! Le dessin de Leonel Castellani se prête parfaitement à l'exercice, nous gratifiant de magnifiques doubles pages qui mettent parfaitement son graphisme en valeur tout en imposant des ambiances adéquates. Côté scénario, si ça ne donne pas dans la dentelle (c'est Conan quoi !), le récit nous réserve pour autant son de surprises et de rebondissements, pimentant à loisir notre lecture.
Au final, un très bon moment pop-corn qui devrait ravir les amateurs de fantasy et certainement les fans du personnage.
(3.5/5)
J'ai mis du temps avant d'écrire un avis sur Lefranc, tout simplement parce que je suis loin d'avoir lu toute la série et je n'ai lu quasiment aucun des albums parus après l'an 2000. Aucun d'entre eux ne m'a jamais vraiment passionné au point d'enchaîner les tomes, et je picore plutôt au hasard, au gré des trouvailles ou des relectures.
Globalement, je retrouve les limites habituelles de Jacques Martin : des dialogues très écrits, parfois pesants, des personnages un peu raides, très sérieux, et une narration qui manque de naturel. Lefranc lui-même est un héros lisse, presque caricatural dans sa perfection et donc difficilement attachant.
Et pourtant, malgré ça, j'y reviens régulièrement. Il y a un plaisir un peu régressif à feuilleter ces albums. Le dessin, certes guindé et rigide, possède ce charme rétro très ligne claire, élégant et presque académique, qui donne aux décors, aux voitures, aux architectures une vraie classe. Ce côté suranné fait aujourd'hui partie de l'attrait que je peux avoir pour cette série comme je peux l'avoir pour Alix ou Blake et Mortimer sans qu'aucune de ces séries ne soient une de mes passions.
Ce qui m'a aussi surpris chez Lefranc, c'est de voir à quel point certains scénarios osent carrément bifurquer vers la science-fiction ou le fantastique pur, parfois sans prévenir. Je ne m'attendais pas à ce que la série parte aussi franchement dans ces terrains-là, comme dans l'album Les Portes de l'Enfer par exemple, qui assume presque totalement une ambiance étrange et irréelle. C'est inattendu dans une série aussi classique sur le fond, voire datée dans le style, mais curieusement audacieux.
Je ne dirais pas que c'est une grande série ni que je la recommanderais avec enthousiasme. Mais j'y trouve un petit confort nostalgique, une lecture tranquille quoique souvent trop bavarde, un témoin d'une autre époque de la BD. Pas passionnant, rarement prenant, mais étrangement attachant à sa façon.
Note : 2,5/5
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Les Guerilleros (Los Guerrilleros)
Jesus Blasco Monterde, un grand auteur depuis les années 40 du siècle dernier. C’est dommage qu’il soit si peu connu en France, à part Paul Foran. Son personnage Cuto a été un idole en Espagne et au Portugal jusqu’aux années 80. Los Guerrilleros n’est pas mal, l’intrigue est peut-être un paella-western? Mais il faut voir les dessins de Blasco en noir et blanc! Bien qu’autodidacte, il a été un maître de la BD pour plusieurs générations. Son travail a également été très publié en Angleterre, avec des personnages originaux : Steel Claw, par exemple.
Des filles normales
Ce récit possède de réelles qualités, et les messages sous-jacents sont tous hautement défendables. Mais j’ai été nettement moins touché et captivé par cet album que mon prédécesseur. Le dessin déjà, n’est pas forcément mon truc. Il y a quelque chose de « maladroit » dans le rendu. J’ai par contre bien aimé la colorisation, le rendu crayonné m’a bien plu. C’est l’histoire de trois copines, qui fantasment sur un chanteur, une star, qui va ensuite profiter de cette « attraction » pour séduire l’une d’entre-elle (elles ont seize ans à l’époque). Cela provoque la rupture entre elles, et la mort de celle qui, « jetée » rapidement par la star – personnage plutôt antipathique au demeurant – et par ses ex-copines, disparait dans un incendie (suicide ?). Quelques années plus tard, les deux « survivantes » ont l’occasion de « tourner la page ». Le pouvoir des « stars », l’aveuglement des groupies, la nature des liens amicaux, une forme de pédocriminalité, le récit est riche. Mais il n’en fait pas grand-chose une fois ces thèmes exposés. C’est trop léger, la narration manque parfois de nuances, et j’ai eu du mal à m’intéresser aux personnages, pas assez creusés. Bon, c’est quand même très lisible. Mais pas aussi fort que ça aurait pu l’être je pense.
Histoires de guerre
Je continue d'explorer les récits de guerres scénarisé par Garth Ennis. Ce genre de récit n'est pas ce que j'aime le plus de lui, mais il fait parti des auteurs dont j'ai envie de lire le plus possible d'oeuvres. Ce sont donc des histoires courtes qui se situent durant la seconde guerre et seulement la première moitié de cette série a pour l'instant été traduite en français. J'ai trouvé le résultat pas trop mal, mais avec quelques défauts. Déjà, le dessinateur change à chaque numéro et si j'ai bien aimé les trois premiers, je n'ai pas du tout accroché au quatrième et du coup je ne suis jamais rentré dans cette historie tellement le graphisme et particulièrement les couleurs. Ennis aurait pu raconter la meilleure histoire de guerre de tous les temps et je n'aurais pas aimé à cause du dessin. Alors ça peut être sympa d'avoir un dessinateur différent pour chaque histoire surtout si des gros noms comme Dave GIbbons participent, mais cela peut aussi dire qu'on peut tomber sur un dessinateur qu'on n'aime pas. Pour ce qui est du scénario, Garth Ennis montre souvent l'étendu de son talent dans des scènes chocs qui montrent l'horreur et l'absurdité de la guerre. Les histoires sont complémentaires parce qu'on voit différentes armés et différents type d'unités de combats. Le ton peut aussi être différent, la troisième étant un peu plus orientée vers la comédie avec l'humour trash que le scénariste affectionne. Le problème est que chaque récit fait plus de 50 pages et si ça peut paraitre une bonne idée qu'Ennis ait assez d'espace pour bien traiter son scénario, j'ai surtout trouvé que les récits étaient un peu trop longs. C'est particulièrement vrai pour le second récit qui devient uniquement intéressant sur les dernières pages lorsqu'on reproduits un poème qui répond à Lady Astor qui avait insulté des soldats qui participaient à une bataille en Italie et que le dessin montre ce qui est arrivé à de nombreux soldats participant à cette bataille. Malgré des défauts, cela reste un album dont je recommande l'emprunt si on n'est pas allergique aux récits de guerres.
World of Tanks - Roll Out
Un comics qui est basé sur un jeu de guerre que je ne connaissais pas vu que je ne joue jamais à ce type de jeu vidéo, mais cela n'est pas important parce qu'en lisant ce comics on ne dirait jamais que c'est une adaptation d'un jeu vidéo, mais juste un des 1000 séries de guerre que Garth Ennis a scénarisé jusqu'à présent. En tout cas on n'a pas besoin de connaitre l'œuvre original pour lire cet album. Le résultat est dans la moyenne de ce que fait Garth Ennis: ça se laisse lire et il y a des moments qui sortent du lot, mais globalement c'est juste une histoire de guerre de plus. Il faut dire que ce qui n'aide pas est le changement de dessinateur en cours de route. Le premier avait un style qui me plaisait bien alors que j'ai moins accroché au dessin du second. Ce que je n'ai pas aimé est que les expressions du visage m'ont souvent semblé trop exagérées, sur certaines cases j'avais presque la sensation de lire une parodie et non une histoire de guerre sérieuse. On va dire que les gros fans de récits de guerres faites par ce scénariste emblématique vont adorés.
Dreaming Eagles
Les récits de guerres de Garth Ennis ne sont pas ce que je préfère de lui, mais parfois il arrive de traiter d'un sujet qui m'intéresse et c'est le cas-ici. Ennis mets en scène un escadron 100% afro-américaine à l'époque. On va donc voir des soldats noirs combattre pour la liberté alors que c'est encore la ségrégation aux États-Unis. Je connaissais vaguement le sujet parce que les parents sont du genre à regarder tous les films et documentaires sur la seconde guerre mondiale qui passe à la télé et ils ont déjà regardé un film qui portait sur cette escadron. Il y a même des scènes du comics qui m'ont rappelé les quelques scènes du film dont je me souviens, mais il faut dire que rien ne ressemble plus à une bataille d'avions qu'une autre bataille d'avions. Le résultat est pas mal. Le scénario d'Ennis est efficace et le dessin est du réaliste correct, mais un peu froid. Ennis a la bonne idée de mettre en parallèle ce qu'ont accomplis ses soldats noirs et la lutte pour les droits civils qui se sont déroulé 20 ans plus tard. Cela donne les meilleurs moments de ce one-shot, le dernier chapitre m'a terriblement ému. Sans doute le meilleur comics de guerre d'Ennis que j'ai lu jusqu'à présent.
Seconde chance (Ominetti)
J’avais découvert il y a quelques temps Elena Ominetti sur plusieurs séries, mais elle n’était je crois qu’au dessin. Je la retrouve ici auteure complète, et c’est plutôt une belle découverte. En effet, c’est un album qui se distingue de la masse du genre par sa volonté d’élaborer un vrai scénario – même si bien sûr ça n’est pas non plus hyper développé – pour ne pas empiler uniquement les scènes de sexe. Une fois avalées quelques facilités (une grand-mère alitée devient le cobaye d’une expérience lui permettant de transférer son corps et son esprit dans ceux d’une jeune – et jolie – femme), nous sommes embarqués dans la (re)découverte de la sexualité par une vieille jeune femme passée à côté de sa vie, malmenée par un mari possessif : l’occasion de ne pas avoir de regrets ! En parallèle, les histoires d’amour lesbien de la petite fille… C’est un sujet sur lequel j’aurais bien imaginé voir Axel travailler – tout à fait le genre de récit qu’il aurait pu développer. Mais Ominetti s’en sort bien, nous présente quelque chose de plaisant. Les scènes de sexe sont sensuelles, bien rendues, son trait est agréable. Les éditions Tabou ont ici une auteure à suivre…
PUBG - Battleground 100
Voici venir une nouvelle série dans la collection Kbooks de chez Delcourt : PUBG Battlegrounds - 100. Tiré semble-t-il d'un jeu vidéo (que je ne connaissais pas), cette adaptation en webtoon oscille entre "Battle Royal" et Fortnite. On ajoute une petite trame scénaristique et des personnages bien déglingos, et vas-y que ça va défourailler, gicler et clamser tranquillement. Notre personnage principal, Cheo Hoyoung est un agent des services de renseignement contraint d'intégrer ce jeu illégal pour tenter de sauver un homme politique caché parmi les participants. Petit détail : tous les autres participants sont des assassins ou des criminels de la pire espèce et tout ce petit monde est largué sur une île où tous les coups sont permis... Alors oui, ça sent un peu le réchauffé et le déjà vu/lu, mais il faut reconnaître que certains personnages secondaires sont plutôt intéressants (et bien déjantés !), ce qui donne du peps au récit. C'est rythmé, les rebondissements s'enchainent et on se laisse porter par ce survival pour peu qu'on apprécie le genre. Côté dessin, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé par contre, le graphisme fait très informatisé et ne brille pas par la qualité de ses décors. Heureusement, la gestion des scènes de combat ou d'action sont maîtrisées et donnent tout son élan à la série. (2.5/5)
Vivons décomplexés
Succession de saynètes absurdes sur les petites lâchetés et contradictions du quotidien des environs de 2020 : COVID, médias, couple, boulot, racisme ordinaire, égoïsme social… Avec un ton décalé et un peu d'humour noir, ça dresse un portrait assez grinçant de notre époque. L'esprit m'a pas mal rappelé les ouvrages de Ruppert et Mulot, en un peu moins subversif et expérimental. On retrouve ce même goût pour le décalage, l'absurde froid, les dialogues qui tournent en rond jusqu'à la gêne, cette façon de pousser des raisonnements très ordinaires jusqu'au malaise comique. Graphiquement, le trait paraît un peu raide, très informatisé, avec des personnages figés qui ont parfois l'air bêtement mécaniques. Mais paradoxalement, j'aime bien cette clarté. Les décors sont nets, lisibles, bien posés, comme par un auteur ayant bossé dans l'architecture. Et en même temps cette rigidité donne aux visages des personnages un côté un peu débile qui colle bien avec l'humour pince-sans-rire. Ça renforce le côté absurde plutôt que de le desservir. Côté gags, c'est inégal. Tout ne fait pas mouche, certaines chutes sont prévisibles ou tombent un peu à plat, et sur la longueur la mécanique de ce type d'humour se voit. Mais malgré ça, j'ai sincèrement ri plusieurs fois, ce qui est pour moi un très bon indicateur. Au final, pas un album révolutionnaire, ni indispensable, mais une lecture sympa, caustique sans être trop méchante, et dont je garde une bonne impression d'ensemble.
La Bête du nord
Je n'avais pas prêté attention au fait que ce soit l'auteur de Solo qui se lance dans cette réappropriation de Conan, mais Oscar Martin s'en sort plutôt très bien en s'attaquant à ce personnage mythique de la fantasy. Il s'adjoint l'efficace Leonel Castellani au dessin avec qui il avait déjà collaboré pour le spin-off Solo - Lyra. Le tout nous donne un one shot rondement mené et efficace. L'avantage avec ce genre de personnage c'est qu'on y va pas par quatre chemins : ça turbine et ça bourine ! Le dessin de Leonel Castellani se prête parfaitement à l'exercice, nous gratifiant de magnifiques doubles pages qui mettent parfaitement son graphisme en valeur tout en imposant des ambiances adéquates. Côté scénario, si ça ne donne pas dans la dentelle (c'est Conan quoi !), le récit nous réserve pour autant son de surprises et de rebondissements, pimentant à loisir notre lecture. Au final, un très bon moment pop-corn qui devrait ravir les amateurs de fantasy et certainement les fans du personnage. (3.5/5)
Lefranc
J'ai mis du temps avant d'écrire un avis sur Lefranc, tout simplement parce que je suis loin d'avoir lu toute la série et je n'ai lu quasiment aucun des albums parus après l'an 2000. Aucun d'entre eux ne m'a jamais vraiment passionné au point d'enchaîner les tomes, et je picore plutôt au hasard, au gré des trouvailles ou des relectures. Globalement, je retrouve les limites habituelles de Jacques Martin : des dialogues très écrits, parfois pesants, des personnages un peu raides, très sérieux, et une narration qui manque de naturel. Lefranc lui-même est un héros lisse, presque caricatural dans sa perfection et donc difficilement attachant. Et pourtant, malgré ça, j'y reviens régulièrement. Il y a un plaisir un peu régressif à feuilleter ces albums. Le dessin, certes guindé et rigide, possède ce charme rétro très ligne claire, élégant et presque académique, qui donne aux décors, aux voitures, aux architectures une vraie classe. Ce côté suranné fait aujourd'hui partie de l'attrait que je peux avoir pour cette série comme je peux l'avoir pour Alix ou Blake et Mortimer sans qu'aucune de ces séries ne soient une de mes passions. Ce qui m'a aussi surpris chez Lefranc, c'est de voir à quel point certains scénarios osent carrément bifurquer vers la science-fiction ou le fantastique pur, parfois sans prévenir. Je ne m'attendais pas à ce que la série parte aussi franchement dans ces terrains-là, comme dans l'album Les Portes de l'Enfer par exemple, qui assume presque totalement une ambiance étrange et irréelle. C'est inattendu dans une série aussi classique sur le fond, voire datée dans le style, mais curieusement audacieux. Je ne dirais pas que c'est une grande série ni que je la recommanderais avec enthousiasme. Mais j'y trouve un petit confort nostalgique, une lecture tranquille quoique souvent trop bavarde, un témoin d'une autre époque de la BD. Pas passionnant, rarement prenant, mais étrangement attachant à sa façon. Note : 2,5/5