Un Batman qui sort du lot sur la forme.
Tout d'abord, ce n'est pas tous les jours qu'un auteur d'origine africaine fait du Batman et j'ai tout de suite aimé son dessin. Je l'ai trouvé dynamique et plus agréable à l'œil que le dessin formaté et sans vie qu'on retrouve dans plein de comics de super-héros modernes. Le scénario est raconté comme un conte et de plus il se passe des choses dans chaque chapitre, on n'a pas l'impression que l'histoire fait du surplace afin d'avoir le nombre minimum de pages requis pour sortir en format paperback.
Le scénario est toutefois un peu moins original si on a déjà lu des aventures mettant en vedette Damian, le Robin qui est le fils de Batman et Talia. Il y a rien de nouveau sous le soleil dans le traitement des personnages qu'on aperçoit dans ce récit, mais cela ne m'a pas dérangé parce que c'est bien fait et aussi on voit un aspect de Batman que j'aime bien, à savoir la Bat-family. Pour moi la famille est un thème important de l'univers de Batman et c'est bien exploité ici. Les personnages ne tombent pas dans leurs pires travers (pas de Batman sociopathe par exemple) et il y a un ton optimiste que j'aimerais bien retrouver plus souvent dans les Batman récents.
Un bon divertissement.
Pour enfants, surtout qui aiment la mythologie ! C'est tendre, frais… Les images ne sont pas inoubliables, mais plaisantes, idem pour les histoires, un adulte peut les revoir pour retrouver son enfance s'il les a vues enfant, sinon pour voir ce que lit son enfant, mais on n'est pas dans l'indispensable, je trouve. Sinon, à une époque où il n'y avait pas tant d'héroïnes que ça, la centaure vaut bien le centaure. Décalage : dans le mythe, les centaures sont très puissants et souvent déplaisants, là, ils fuient mais aident parfois plus malheureux qu'eux !
Si c'est dit, je ne me rappelle plus pourquoi les dieux ne vont pas récupérer ces deux pauvres centaures. Commenter cette série me fait y repenser même si j'ai oublié presque tout le reste !
Piatzszek situe son intrigue durant le règne de Néron, juste au moment du grand incendie qui a en partie ravagé Rome. Un cadre relativement original, proposant naturellement une tension dramatique intéressante.
Si le personnage de Néron est finalement en retrait (tout en impulsant, directement ou indirectement certaines actions essentielles, il n’apparait que dans les dernières cases du second tome), l’incendie, et les persécutions contre les Chrétiens sont bien là pour dynamiser l’action.
Mais surtout, nous avons surtout droit à un polar antique, puisque le personnage principal se lance dans une enquête (commanditée par l’un des favoris de l’empereur, mais aussi pour son propre compte), tout en cherchant à comprendre qui était réellement son père, mort dans l’incendie, mais qui semblait jouer un rôle important dans les complots qui agitaient les hautes sphères du pouvoir.
Un polar qui dynamise l’action donc, qui est globalement bien fichu, même si la résolution finale m’est apparu un peu trop facile et expédiée.
Le second tome paru conclut globalement le récit, mais la fin est quelque peu ouverte, les auteurs ayant peut-être eu l’intention de poursuivre l’aventure, ce qui n’a semble-t-il pas été le cas.
Le dessin, réaliste et classique, est plutôt bon. Mais le rendu surprend un peu : on a presque des crayonnés plus ou moins colorisés, pas forcément désagréable (même si certaines cases, du fait d’un trait gras mal dégrossi à la colorisation, ne sont pas du plus bel effet), mais parfois pas suffisamment lisible, et le sentiment de lire une ébauche, un story-board amélioré. Le second tome est toutefois mieux travaillé et le rendu plus clair, avec un encrage qui reste très gras.
Le commissaire obèse qui se soigne est le tout de l'histoire, qui en fait le sel et la limite. Le dessin sait le rendre, mais le reste manque trop de grâce, de force, de stylisation, de style… enfin, de tout ! Dommage de ne pas avoir donné plus de chances à une bonne histoire !
L’album nous propose, dans une forme qui mélange roman graphique et quasi documentaire, de suivre la radicalisation de certaines personnes après mai 1968, dans la mouvance de « l’ultra gauche », cette gauche réellement extrême (contrairement à ce que certains média set politiques cherchent à nous faire croire de Mélenchon aujourd’hui…), ces hommes et femmes qui ont cru « le grand soir » tout prêt d’advenir.
Les auteurs ont déjà publié des séries romancées autour de ces sujets, la vie politique, les barbouzeries, la traque des « gauchistes/maoïstes », mais ici ils ont donné une coloration un peu plus documentaire à leur récit, avec des faits et des personnages que l’on peut aussi rencontrer dans L'Escamoteur, sorti l’année dernière.
Le récit se laisse lire, n’est pas inintéressant. On voit que les auteurs se sont documentés, l’arrière-plan et les mécanismes de radicalisation sont bien décrits, comme le sont les procédés hypocrites et plus que borderline des services spéciaux, SAC et autres organisations policières (avec des calculs politiques qui donnent envie de vomir – mais c’est autre chose).
Si le sujet m’intéresse, et qu’il est globalement bien présenté, plusieurs choses m’ont quand même un peu gêné. D’abord j’aurais préféré un angle purement documentaire (mais c’est affaire de goût) plutôt que cet entre-deux.
Ensuite le dessin de Wachs – une sorte de crayonné amélioré en Noir et Blanc avec diverses nuances de gris n’est pas désagréable, mais il est aussi terne, et certains personnages au début sont difficiles à différencier.
Note réelle 3,5/5.
L’album nous propose un documentaire/reportage, sous le couvert d’une sorte de roman graphique. Il reprend l’enquête/étude menée par Sébastien Carcelle, qui adapte lui-même celle-ci.
Plusieurs thématiques se croisent dans cet album, qui nous donne à voir le travail d’un chercheur doctorant, qui mêle pour son étude anthropologie, ethnologie et recherche sur l’agroécologie, en observant sur le terrain d’une région déshéritée du Brésil divers personnes ou collectifs, mais aussi en accompagnant des chercheurs et travailleurs sociaux brésiliens.
Un autre aspect est très présent – il occupe même le cœur de l’album – c’est la politique : les soubresauts autour de l’accession au pouvoir de Bolsonaro (et les manœuvres pour rendre inéligible Lula da Silva), alors que la quasi-totalité des interlocuteurs du chercheur français sont proches du Parti des Travailleurs (PT) de Lula. Il est vrai que l’agroécologie s’oppose frontalement aux intérêts des tenants de l’agrobusiness et de l’agriculture intensive : certains passages en montrent les effets.
L’album se laisse lire facilement, même si je l’ai parfois trouvé un peu trop « léger », comme si on hésitait entre le documentaire solide et aride et l’histoire plus « personnelle » du chercheur.
J’avais déjà croisé le dessin de Laurent Houssin, mais dans des séries bien moins sérieuses, en tout cas franchement marquées humour, noir ou con. Ici, avec son style moderne et simple, il nous propose quelque chose de très lisible. J’ai juste été surpris par l’utilisation parcimonieuse de la couleur, qui s’invite de temps en temps, sans que j’aie pu comprendre la logique de ces choix.
Encore une figure historique féminine que je ne connaissais pas. Invisibilisation des femmes ou inculture crasse de ma part ? Vous me direz, je ne me vexerai pas.
Hannah Arendt est une philosophe et politologue du XXe siècle. Née en Allemagne et de confession juive, sa vie fut on se doute mouvementée.
La biographie suit trois étapes clefs de son cheminement de vie : sa jeunesse et ses études à Berlin, puis avec le régime hitlérien sa fuite à Paris et finalement l’ultime fuite vers New-York suite à l’avancée des troupes allemandes.
Ce sont surtout les chapitres à Berlin et New-York qui permettent au lecteur de comprendre l’évolution de ses idées politiques et philosophiques. Et on y voit surtout tout l’environnement dans lequel elle a passé ses années universitaires et les échanges qui ont pu nourrir sa réflexion. Une multitude d’intellectuels et d’artistes défilent, Einstein, Chagall..., Mais surtout son professeur Heidegger avec lequel elle nouera une relation amoureuse. Curieuse relation entre elle la juive et lui séduit par l’idéologie nazie.
On retrouve, après sa fuite en Amérique, toute l’intelligentsia à laquelle Hannah participe. Elle y obtient un poste à l’université et retrouve toute une communauté avec laquelle elle peut partager et développer ses idées politiques sur les régimes totalitaires.
Curieusement, même si leur relation est terminée, elle ne remettra jamais en cause son admiration pour Heidegger et continuera à le défendre.
C’est surtout sur cette partie de la biographie qu’on pourra avoir un aperçu, mais visiblement succinct, de son travail philosophique et de réflexion politique.
Un peu léger donc, mais l’ouvrage a eu le mérite de me faire découvrir cette penseuse. D’autant que la partie graphique, même si ce n’est pas ma tasse de thé d’habitude, m’a paru bien adaptée au sujet, avec des personnages reconnaissables. Pas mal donc.
Pfiou, ça y est je suis arrivé au bout des 12 tomes de ce manga... Mais que ce fut long...
Pourtant l'idée de départ est très bonne et j'ai dévoré les premiers tomes qui installent les personnages et l'idée conductrice à savoir, le fait de débarrasser le monde de tous ses meurtriers et voyous peut-il s’apparenter à de la justice ou à de simples meurtres ? Et ce nouveau monde ainsi créé serait-il meilleur ?
Mais ensuite, l'histoire s'enlise et la narration est d'une telle lourdeur que j'avais parfois envie de sauter des pages pour aller plus vite dans ma lecture. J'ai notamment trouvé interminables et répétitives les scènes où les protagonistes réfléchissent aux différentes hypothèses : "Si L-Kira a contacté X-Kira pour dire au 3ème Kira de tuer des gens, alors L-Kira ne peut pas être Light". LOURD, dis-je...
De plus, certains personnages ne sont vraiment pas crédibles avec une mention spéciale pour Near qui est capable de réfléchir comme un astrophysicien tout en jouant avec des figurines en plastique et un train électrique... La surenchère depuis le personnage de L qui avait déjà un comportement et des manières très décalés par rapport à son intelligence hors norme en devient un peu ridicule. Mais bon, la série étant un succès, il a fallu étirer au delà du 6ème tome...
Enfin, j'aurais peut-être préféré une fin moins convenue quitte à faire triompher le mal, Light Yagami méritant nettement mieux que cette fin rapide après 12 tomes.
Côté dessin, c'est plutôt bien réalisé dans la plus pure tradition des mangas. Les scènes sont habilement découpées, bien que le texte est parfois un peu trop présent entre les dialogues et les pensées des différents personnages.
Un petit 3/5 pour l'excellente idée de départ et pour le dessin.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 12/20
2.5
Je ne sais pas trop quoi penser de cet album qui a des qualités et des défauts.
Le début est prenant et j'aime bien le contexte historique de l'intrigue: l'Indochine avec toutes les magouilles du temps des colonies. J'ai vraiment bien le premier tiers de l'album, mais au fil des pages j'ai commencé à être moins enthousiaste. Il y a trop de sous-intrigues et le récit tire en longueur. Lorsque j'ai lu sur un autre site que le roman de base fait 700 pages que la bande dessinée est un résumé condensé, ben je pense qu'il y a des bonnes chances que j'aurais jamais fini l'œuvre original ! En tout cas, lorsqu'on arrive enfin à la fin j'en avais plus grand chose à foutre de cette famille et de ses secrets.
Le dessin de De Metter est toujours aussi élégant, mais je le trouve trop froid. Lorsqu'il y avait des scènes plus émotives, je ne ressentais rien du tout.
C’est je crois la première publication d’Alex, mais c’est le dernier album de lui qu'il me restait à lire. Et j’en suis sorti une nouvelle fois conquis. Même si, comme souvent, le scénario léger fait qu’on traverse cette lecture très rapidement.
Mais Alex, dans le genre particulier des BD de cul, propose à ses lecteurs quelque chose d’original. En effet, là encore, ce n’est pas une bimbo, jeune et à forte poitrine, mais plutôt une femme mûre (ici la quarantaine), « ordinaire » (sans que cet adjectif ait quelque chose de péjoratif) que nous suivons.
Et, même si ici l’homme et la femme que nous suivons quasi exclusivement (seuls quelques rares personnages secondaires apparaissent furtivement) ont des pratiques qui sortent de l’ordinaire (la femme est exhibitionniste et tout chez elle est filmé, elle ne cache rien de son intimité), Alex nous les rend familier et « normaux », presque banals.
Et du coup le scénario – un peu maigre hélas – passe très bien, c’est fluide, crédible, on peut s’attacher aux personnages.
Et les amateurs du genre ne seront pas déçus. En effet, Alex a un très bon coup de crayons, les scènes de sexe sont émoustillantes, avec un dessin au rendu presque hyperréaliste parfois.
Et la colorisation, au trait un peu granuleux, accentue le côté « réaliste » et des personnages – en tout cas j’aime bien le travail de cet auteur.
Vite lu donc, mais avec plaisir, c’est un auteur qui n’a jamais eu besoin de sexes et de poitrines gonflés pour développer une forte sensualité.
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Robin - The Boy Wonder
Un Batman qui sort du lot sur la forme. Tout d'abord, ce n'est pas tous les jours qu'un auteur d'origine africaine fait du Batman et j'ai tout de suite aimé son dessin. Je l'ai trouvé dynamique et plus agréable à l'œil que le dessin formaté et sans vie qu'on retrouve dans plein de comics de super-héros modernes. Le scénario est raconté comme un conte et de plus il se passe des choses dans chaque chapitre, on n'a pas l'impression que l'histoire fait du surplace afin d'avoir le nombre minimum de pages requis pour sortir en format paperback. Le scénario est toutefois un peu moins original si on a déjà lu des aventures mettant en vedette Damian, le Robin qui est le fils de Batman et Talia. Il y a rien de nouveau sous le soleil dans le traitement des personnages qu'on aperçoit dans ce récit, mais cela ne m'a pas dérangé parce que c'est bien fait et aussi on voit un aspect de Batman que j'aime bien, à savoir la Bat-family. Pour moi la famille est un thème important de l'univers de Batman et c'est bien exploité ici. Les personnages ne tombent pas dans leurs pires travers (pas de Batman sociopathe par exemple) et il y a un ton optimiste que j'aimerais bien retrouver plus souvent dans les Batman récents. Un bon divertissement.
Les Centaures
Pour enfants, surtout qui aiment la mythologie ! C'est tendre, frais… Les images ne sont pas inoubliables, mais plaisantes, idem pour les histoires, un adulte peut les revoir pour retrouver son enfance s'il les a vues enfant, sinon pour voir ce que lit son enfant, mais on n'est pas dans l'indispensable, je trouve. Sinon, à une époque où il n'y avait pas tant d'héroïnes que ça, la centaure vaut bien le centaure. Décalage : dans le mythe, les centaures sont très puissants et souvent déplaisants, là, ils fuient mais aident parfois plus malheureux qu'eux ! Si c'est dit, je ne me rappelle plus pourquoi les dieux ne vont pas récupérer ces deux pauvres centaures. Commenter cette série me fait y repenser même si j'ai oublié presque tout le reste !
L'Aigle et la Salamandre
Piatzszek situe son intrigue durant le règne de Néron, juste au moment du grand incendie qui a en partie ravagé Rome. Un cadre relativement original, proposant naturellement une tension dramatique intéressante. Si le personnage de Néron est finalement en retrait (tout en impulsant, directement ou indirectement certaines actions essentielles, il n’apparait que dans les dernières cases du second tome), l’incendie, et les persécutions contre les Chrétiens sont bien là pour dynamiser l’action. Mais surtout, nous avons surtout droit à un polar antique, puisque le personnage principal se lance dans une enquête (commanditée par l’un des favoris de l’empereur, mais aussi pour son propre compte), tout en cherchant à comprendre qui était réellement son père, mort dans l’incendie, mais qui semblait jouer un rôle important dans les complots qui agitaient les hautes sphères du pouvoir. Un polar qui dynamise l’action donc, qui est globalement bien fichu, même si la résolution finale m’est apparu un peu trop facile et expédiée. Le second tome paru conclut globalement le récit, mais la fin est quelque peu ouverte, les auteurs ayant peut-être eu l’intention de poursuivre l’aventure, ce qui n’a semble-t-il pas été le cas. Le dessin, réaliste et classique, est plutôt bon. Mais le rendu surprend un peu : on a presque des crayonnés plus ou moins colorisés, pas forcément désagréable (même si certaines cases, du fait d’un trait gras mal dégrossi à la colorisation, ne sont pas du plus bel effet), mais parfois pas suffisamment lisible, et le sentiment de lire une ébauche, un story-board amélioré. Le second tome est toutefois mieux travaillé et le rendu plus clair, avec un encrage qui reste très gras.
L'Outremangeur
Le commissaire obèse qui se soigne est le tout de l'histoire, qui en fait le sel et la limite. Le dessin sait le rendre, mais le reste manque trop de grâce, de force, de stylisation, de style… enfin, de tout ! Dommage de ne pas avoir donné plus de chances à une bonne histoire !
Le Grand Soir - Une histoire de l'extrême gauche française
L’album nous propose, dans une forme qui mélange roman graphique et quasi documentaire, de suivre la radicalisation de certaines personnes après mai 1968, dans la mouvance de « l’ultra gauche », cette gauche réellement extrême (contrairement à ce que certains média set politiques cherchent à nous faire croire de Mélenchon aujourd’hui…), ces hommes et femmes qui ont cru « le grand soir » tout prêt d’advenir. Les auteurs ont déjà publié des séries romancées autour de ces sujets, la vie politique, les barbouzeries, la traque des « gauchistes/maoïstes », mais ici ils ont donné une coloration un peu plus documentaire à leur récit, avec des faits et des personnages que l’on peut aussi rencontrer dans L'Escamoteur, sorti l’année dernière. Le récit se laisse lire, n’est pas inintéressant. On voit que les auteurs se sont documentés, l’arrière-plan et les mécanismes de radicalisation sont bien décrits, comme le sont les procédés hypocrites et plus que borderline des services spéciaux, SAC et autres organisations policières (avec des calculs politiques qui donnent envie de vomir – mais c’est autre chose). Si le sujet m’intéresse, et qu’il est globalement bien présenté, plusieurs choses m’ont quand même un peu gêné. D’abord j’aurais préféré un angle purement documentaire (mais c’est affaire de goût) plutôt que cet entre-deux. Ensuite le dessin de Wachs – une sorte de crayonné amélioré en Noir et Blanc avec diverses nuances de gris n’est pas désagréable, mais il est aussi terne, et certains personnages au début sont difficiles à différencier. Note réelle 3,5/5.
Sertao - En quête d'agroécologie au Brésil
L’album nous propose un documentaire/reportage, sous le couvert d’une sorte de roman graphique. Il reprend l’enquête/étude menée par Sébastien Carcelle, qui adapte lui-même celle-ci. Plusieurs thématiques se croisent dans cet album, qui nous donne à voir le travail d’un chercheur doctorant, qui mêle pour son étude anthropologie, ethnologie et recherche sur l’agroécologie, en observant sur le terrain d’une région déshéritée du Brésil divers personnes ou collectifs, mais aussi en accompagnant des chercheurs et travailleurs sociaux brésiliens. Un autre aspect est très présent – il occupe même le cœur de l’album – c’est la politique : les soubresauts autour de l’accession au pouvoir de Bolsonaro (et les manœuvres pour rendre inéligible Lula da Silva), alors que la quasi-totalité des interlocuteurs du chercheur français sont proches du Parti des Travailleurs (PT) de Lula. Il est vrai que l’agroécologie s’oppose frontalement aux intérêts des tenants de l’agrobusiness et de l’agriculture intensive : certains passages en montrent les effets. L’album se laisse lire facilement, même si je l’ai parfois trouvé un peu trop « léger », comme si on hésitait entre le documentaire solide et aride et l’histoire plus « personnelle » du chercheur. J’avais déjà croisé le dessin de Laurent Houssin, mais dans des séries bien moins sérieuses, en tout cas franchement marquées humour, noir ou con. Ici, avec son style moderne et simple, il nous propose quelque chose de très lisible. J’ai juste été surpris par l’utilisation parcimonieuse de la couleur, qui s’invite de temps en temps, sans que j’aie pu comprendre la logique de ces choix.
Les Trois Vies de Hannah Arendt
Encore une figure historique féminine que je ne connaissais pas. Invisibilisation des femmes ou inculture crasse de ma part ? Vous me direz, je ne me vexerai pas. Hannah Arendt est une philosophe et politologue du XXe siècle. Née en Allemagne et de confession juive, sa vie fut on se doute mouvementée. La biographie suit trois étapes clefs de son cheminement de vie : sa jeunesse et ses études à Berlin, puis avec le régime hitlérien sa fuite à Paris et finalement l’ultime fuite vers New-York suite à l’avancée des troupes allemandes. Ce sont surtout les chapitres à Berlin et New-York qui permettent au lecteur de comprendre l’évolution de ses idées politiques et philosophiques. Et on y voit surtout tout l’environnement dans lequel elle a passé ses années universitaires et les échanges qui ont pu nourrir sa réflexion. Une multitude d’intellectuels et d’artistes défilent, Einstein, Chagall..., Mais surtout son professeur Heidegger avec lequel elle nouera une relation amoureuse. Curieuse relation entre elle la juive et lui séduit par l’idéologie nazie. On retrouve, après sa fuite en Amérique, toute l’intelligentsia à laquelle Hannah participe. Elle y obtient un poste à l’université et retrouve toute une communauté avec laquelle elle peut partager et développer ses idées politiques sur les régimes totalitaires. Curieusement, même si leur relation est terminée, elle ne remettra jamais en cause son admiration pour Heidegger et continuera à le défendre. C’est surtout sur cette partie de la biographie qu’on pourra avoir un aperçu, mais visiblement succinct, de son travail philosophique et de réflexion politique. Un peu léger donc, mais l’ouvrage a eu le mérite de me faire découvrir cette penseuse. D’autant que la partie graphique, même si ce n’est pas ma tasse de thé d’habitude, m’a paru bien adaptée au sujet, avec des personnages reconnaissables. Pas mal donc.
Death Note
Pfiou, ça y est je suis arrivé au bout des 12 tomes de ce manga... Mais que ce fut long... Pourtant l'idée de départ est très bonne et j'ai dévoré les premiers tomes qui installent les personnages et l'idée conductrice à savoir, le fait de débarrasser le monde de tous ses meurtriers et voyous peut-il s’apparenter à de la justice ou à de simples meurtres ? Et ce nouveau monde ainsi créé serait-il meilleur ? Mais ensuite, l'histoire s'enlise et la narration est d'une telle lourdeur que j'avais parfois envie de sauter des pages pour aller plus vite dans ma lecture. J'ai notamment trouvé interminables et répétitives les scènes où les protagonistes réfléchissent aux différentes hypothèses : "Si L-Kira a contacté X-Kira pour dire au 3ème Kira de tuer des gens, alors L-Kira ne peut pas être Light". LOURD, dis-je... De plus, certains personnages ne sont vraiment pas crédibles avec une mention spéciale pour Near qui est capable de réfléchir comme un astrophysicien tout en jouant avec des figurines en plastique et un train électrique... La surenchère depuis le personnage de L qui avait déjà un comportement et des manières très décalés par rapport à son intelligence hors norme en devient un peu ridicule. Mais bon, la série étant un succès, il a fallu étirer au delà du 6ème tome... Enfin, j'aurais peut-être préféré une fin moins convenue quitte à faire triompher le mal, Light Yagami méritant nettement mieux que cette fin rapide après 12 tomes. Côté dessin, c'est plutôt bien réalisé dans la plus pure tradition des mangas. Les scènes sont habilement découpées, bien que le texte est parfois un peu trop présent entre les dialogues et les pensées des différents personnages. Un petit 3/5 pour l'excellente idée de départ et pour le dessin. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 12/20
Le Grand Monde
2.5 Je ne sais pas trop quoi penser de cet album qui a des qualités et des défauts. Le début est prenant et j'aime bien le contexte historique de l'intrigue: l'Indochine avec toutes les magouilles du temps des colonies. J'ai vraiment bien le premier tiers de l'album, mais au fil des pages j'ai commencé à être moins enthousiaste. Il y a trop de sous-intrigues et le récit tire en longueur. Lorsque j'ai lu sur un autre site que le roman de base fait 700 pages que la bande dessinée est un résumé condensé, ben je pense qu'il y a des bonnes chances que j'aurais jamais fini l'œuvre original ! En tout cas, lorsqu'on arrive enfin à la fin j'en avais plus grand chose à foutre de cette famille et de ses secrets. Le dessin de De Metter est toujours aussi élégant, mais je le trouve trop froid. Lorsqu'il y avait des scènes plus émotives, je ne ressentais rien du tout.
La Chambre de verre
C’est je crois la première publication d’Alex, mais c’est le dernier album de lui qu'il me restait à lire. Et j’en suis sorti une nouvelle fois conquis. Même si, comme souvent, le scénario léger fait qu’on traverse cette lecture très rapidement. Mais Alex, dans le genre particulier des BD de cul, propose à ses lecteurs quelque chose d’original. En effet, là encore, ce n’est pas une bimbo, jeune et à forte poitrine, mais plutôt une femme mûre (ici la quarantaine), « ordinaire » (sans que cet adjectif ait quelque chose de péjoratif) que nous suivons. Et, même si ici l’homme et la femme que nous suivons quasi exclusivement (seuls quelques rares personnages secondaires apparaissent furtivement) ont des pratiques qui sortent de l’ordinaire (la femme est exhibitionniste et tout chez elle est filmé, elle ne cache rien de son intimité), Alex nous les rend familier et « normaux », presque banals. Et du coup le scénario – un peu maigre hélas – passe très bien, c’est fluide, crédible, on peut s’attacher aux personnages. Et les amateurs du genre ne seront pas déçus. En effet, Alex a un très bon coup de crayons, les scènes de sexe sont émoustillantes, avec un dessin au rendu presque hyperréaliste parfois. Et la colorisation, au trait un peu granuleux, accentue le côté « réaliste » et des personnages – en tout cas j’aime bien le travail de cet auteur. Vite lu donc, mais avec plaisir, c’est un auteur qui n’a jamais eu besoin de sexes et de poitrines gonflés pour développer une forte sensualité.