Les derniers avis (48720 avis)

Couverture de la série Spectateurs
Spectateurs

Je ressors assez mitigé de Spectateurs de Brian K. Vaughan. L’idée de départ est vraiment intéressante, notamment dans la manière dont le récit traite du voyeurisme et de la frontière entre observation et implication. Il y a une vraie volonté de proposer quelque chose de psychologique, presque dérangeant par moments. Malgré cela, je trouve que l’exécution ne va pas totalement au bout de ses promesses. Le rythme est parfois inégal et certains développements manquent d’impact émotionnel. J’avais l’impression qu’on pouvait aller encore plus loin dans la tension ou dans la profondeur des personnages. En revanche, l’aspect graphique est clairement un point fort. Le dessin fonctionne bien et accompagne efficacement l’ambiance du récit, renforçant le côté introspectif et parfois pesant de l’histoire. Les thèmes sont pertinents et la réflexion est là, mais l’ensemble me laisse un peu sur ma faim. Ce n’est pas une mauvaise lecture, mais ce n’est pas non plus une œuvre qui m’a marqué durablement.

01/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série L'Oeil du chasseur
L'Oeil du chasseur

J'ai moi aussi lu la réédition de cet album. Réédition qui contient un dossier fort intéressant sur la réalisation de l'album, mais qui m'a aussi semblé glorifier un récit au final pas très extraordinaire et qui n'aurait sans doute jamais été réédité si le nom des auteurs n'étaient pas connus. C'est donc un polar comme Berthet on a fait beaucoup dans sa vie. On reconnait son style et j'aime bien. C'est beaucoup plus étonnant de retrouver Foerster dans ce type de récit. En effet, le ton est très classique pendant la majeur partie de l'histoire....jusqu'au dernier tiers où je me suis aperçu que le scénario est beaucoup plus tordu et original que je le croyais. Les dernières pages sont vraiment prenantes, mais le problème est qu'avant toutes les révélations, où on retrouve la patte de Foerster pour les histoires tordus, le déroulement de l'histoire ainsi que les personnages sont trop classiques pour moi. Je pense que c'était voulu de la part des auteurs, prendre des clichés pour ensuite les retournés à la fin, mais cela reste que pendant un bon moment c'est un road trip banal avec un pauvre type qui se fait poursuivre par de mystérieux méchants et par un représentant de la loi sévère et impitoyable. Je conseillerais un emprunt à la bibliothèque.

01/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Eileen Gray - Une maison sous le soleil
Eileen Gray - Une maison sous le soleil

Je ne suis a priori pas passionné par l’architecture en elle-même, mais j’ai quand même lu cet album avec plaisir. Il se lit d’ailleurs très rapidement. C’est même sans doute un petit reproche que je ferais aux auteurs que de n’avoir pas plus développée cette histoire. Même si un petit dossier final complète la lecture, il reste l’impression d’avoir effleuré, survolé la vie de cette dame, dont j’ignorais l’existence. Je suis intéressé par la vie intellectuelle du début du XXème siècle – même si mes préférences vont davantage aux milieux littéraires proches des surréalistes – et le contexte dans lequel se développent les relations entre Eileen Gray et Jean Badovici m’a attiré. Mais, comme je l’ai écrit plus haut, les milieux intellectuels lesbiens, ou même artistiques auraient mérité d’être plus développés. Reste une histoire d’amour – et une création originale, une maison créée par Gray pour elle et son amant, dans une Côte d’Azur encore presque vierge de touristes. Et l’amertume d’une femme qui s’est sentie trahie en tant que femme, mais aussi – et surtout – en tant que créatrice. En cela j’ai surtout retenu de cet album le côté mesquin, égocentrique, mégalomane et détestable de Le Corbusier, qui a saccagé la création de Gray avec ses peintures, pour ensuite laisser entendre que cette maison était son œuvre. Une lecture intéressante, mais aussi frustrante, car un peu « légère ». Mais c’est aussi l’occasion de redécouvrir une femme oubliée des livres d’histoire de l’art ou d’architecture… Note réelle 2,5/5.

01/03/2026 (modifier)
Par Titanick
Note: 3/5
Couverture de la série India Dreams
India Dreams

J’ai lu l’intégrale du premier cycle et je croyais que la série s’arrêtait là. Je ne sais pas si je lirai la suite, même si ce fut plutôt agréable. Agréable d’abord par le dessin et l’atmosphère qui s’en dégage. Le trait et la colorisation donnent ce côté suranné que j’ai trouvé délicieux. Et l’histoire d’Amalia venue en Inde avec son époux nous plonge dans cette époque, ici largement fantasmée, de l’empire britannique et des rajahs. C’est la partie que j’ai préférée, même si l’histoire d’amour entre la belle anglaise et le maharajah est hautement improbable, mon coeur d’artichaut a bien aimé. Quelques personnages intéressants, comme l’ami du couple, mettent un peu de piment dans l’histoire. Celle de la jeune Emmy n’est pas mal non plus, mais devient plus improbable encore. Il reste néanmoins un peu de cette ambiance avec ses choix de vie. Je n’aurais peut-être pas dû lire l’intégrale d’une traite, parce que j’ai trouvé, mais c’est personnel, que la troisième génération était de trop. Ses recherches sur sa grand-mère sont trop faciles, trop de coïncidences , et mon intérêt s’est largement émoussé, surtout que l’ambiance n’y est plus vraiment à mes yeux. Et pour trouver quoi ? Des révélations trop faciles dont je ne suis pas sûre qu’elles collent finalement avec de déroulé des évènements et je n’ai pas eu le courage de refeuilleter pour vérifier. Voilà, mais c’était beau et se balader dans ces paysages et ces ambiances était charmant.

28/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Geisha ou Le jeu du shamisen
Geisha ou Le jeu du shamisen

C'est peut-être pour donner une certaine atmosphère ? Raté, le dessin est souvent assez moyen, et en plus, baveux ! Mais la bd est sauvée par le scénario : on découvre un aspect du Japon ancien, on s'attache à l'héroïne… La malheureuse ! Soit pour être prostituée, soit pour être artiste, il vaut mieux être belle, et on ne peut dire que ce soit son cas. Mais avec sa farouche volonté d'échapper au sort de prostituée ou de servante, et son amour pour une musique bien plus plaisante que les gens ne le sont avec elle, elle trouve une planche de salut. Elle donne même envie d'écouter sa musique, c'est dire ! Tant qu'à ses amours, je dois avouer que depuis le temps que j'ai lu cette bd, je les ai un peu oublié, commentant cette œuvre parce que tombé dessus à lire des critiques des uns et des autres, au hasard.

28/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Meilleur des deux mondes
Le Meilleur des deux mondes

L’album est influencé et coédité par la Cité des sciences et de l’industrie, et ça se sent. Au niveau scientifique, mais aussi le côté un peu didactique de l’ensemble. On cherche vraiment à nous faire passer des idées, et à le faire clairement. L’album propose une narration un peu hétéroclite, décousue, mêlant informations scientifiques, enquêtes et parties plus « romancées ». Mais ce mélange fonctionne très bien. La lecture est fluide, instructive, intéressante. Le constat est bien sûr amer. Mais les idées qui permettraient de faire évoluer les choses dans le bon sens sont développées dans la seconde moitié de l’album (pour lutter contre « l’éco-anxiété » liée à la prise de conscience des problèmes écologiques et à une sorte de stress lié à notre impuissance ressentie face aux défis. Avec un dodo comme personnage récurrent, à la fois mascotte et commentateur, nous avons là une lecture revigorante, qui permet de faire le point sur les enjeux environnementaux – et plus largement sociétaux – qui impactent la vie de tous. Et qui sont de plus en plus négligés et recouverts par des discours hypocrites (voir Macron), voire carrément niés et attaqués (de la droite jusqu’à ses extrêmes en passant par les milieux d’affaires ou la FNSEA ou les Trumpistes où qu’ils soient).

28/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Frieren
Frieren

La grande quête contre le roi démon est terminée et le groupe de héros se sépare pour reprendre le cours de sa vie. L'elfe mage Frieren, quasi immortelle, voit ses anciens compagnons humains vieillir puis disparaître et, des années plus tard, elle reprend la route pour tenter de comprendre ce qu'elle n'avait pas su percevoir à l'époque : la valeur des liens et du temps partagé. Ce qui m'a d'abord frappé, c'est le ton très original de la série. On est loin d'un shonen d'action classique : ici, la fantasy sert surtout d'écrin à la nostalgie et à la mélancolie. L'action est souvent éludée, les combats expédiés ou relégués au second plan, au profit de chapitres presque autonomes où il ne se passe finalement pas grand-chose. On suit des rencontres, des souvenirs, des fragments de vie. Cela attise la curiosité, mais il faut accepter un rythme très lent et de nombreux épisodes contemplatifs qui forment chacun un petit récit en soi, sans enjeu dramatique majeur. Les personnages participent à cette étrangeté. Frieren est impassible, distante, presque froide, et beaucoup gravitent autour d'elle avec la même retenue. À d'autres moments, elle et ses compagnons réagissent au contraire comme des enfants hypersensibles, ce qui crée un contraste parfois déroutant. Cette oscillation donne une identité forte à la série, mais elle rend aussi l'attachement plus difficile : je suis souvent resté à distance émotionnelle de ces personnages dont j'aurais pourtant aimé partager davantage le voyage. Paradoxalement, les arcs plus longs composés de plusieurs chapitres successifs sont les plus accrocheurs, car ils renouent avec des codes plus typiques du shonen nekketsu : adversaires redoutables, tension plus marquée, et même une sorte de tournoi pour intégrer l'élite des mages. Là, il y a un véritable enjeu, une progression et une dynamique de groupe plus stimulante. Mais ces passages, que je trouve nettement plus prenants, ne suffisent pas à rendre l'ensemble totalement captivant, car il manque une ligne directrice forte qui donnerait en permanence envie de connaître la suite. Au bout d'une quinzaine de tomes (la publication étant actuellement ralentie en raison de soucis de santé du ou des auteurs), je garde l'impression d'une série singulière, élégante et parfois touchante, mais trop lente, portée par des personnages un peu trop distants et dépourvue d'une tension continue suffisamment affirmée.

28/02/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Plongée en addicto
Plongée en addicto

J'aime bien Pauline Aubry ; depuis son premier album, "Les Mutants", elle n'a de cesse de s'intéresser à l'autre, à ses travers, ses penchants, de manière très sensible, respectueuse, sans jugement. C'est encore une fois le cas ici. Elle parle de ses deux expériences auprès de l'Hôpital Marmottan, à Paris. La première, en accompagnant une sortie "vacances" proposées à des patientes qui essaient de lutter contre leurs addictions et leurs familles. Et la deuxième quelques années plus tard, pour tenter de comprendre, d'approfondir le sujet. Et peut-être, se rend-elle compte en cours de route, pour mettre des mots sur ses démons, ses fêlures à elle. Encore une fois, elle retranscrit le témoignage des patients, des soignants, donne des pistes d'explication (notamment au niveau sanitaire, chimique) des racines de l'addiction. C'est très intéressant, elle nous livre tout ça avec ses mots à elle, sa réinterprétation, sous contrôle bien sûr de plusieurs personnes travaillant à Marmottan. Elle a toujours ce style graphique si naïf, si expressif, qui parvient à faire passer beaucoup de choses, de par sa fragilité. Mais une fois les 140 pages de l'album lues, il reste un goût d'inachevé, dont elle-même est consciente. On aurait aimé rentrer un peu plus dans la vie de ces patients, ce qui a provoqué, individuellement, dans leurs parcours, cette situation d'addiction dont ils tentent de sortir. On arait aimé passer plus de temps dans les différents services de l'hôpital, a plus près du quotidien des soignants et des patients. Il n'empêche qu'on a un aperçu assez significatif de l'aspect expérimental des soins prodigués dans cette structure, et qu'on aimerait bien que ce modèle soit repris ailleurs...

28/02/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Le Dessin
Le Dessin

Ce n’est pas mon livre préféré de M. A. Mathieu... mais j’ai quand même aimé l’idée et certaines séquences de dessins. La figure humaine, les visages en particulier, restent horribles, mais c’est son style! Les jeux de mots ne sont pas mauvais... Je pense que le mystère et la mémoire de l’amitié sont le point fort de l’album, mais ils auraient pu être davantage explorés et développés.

28/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Royal Fondement - L'Histoire vraie de la face cachée du Roi Soleil
Le Royal Fondement - L'Histoire vraie de la face cachée du Roi Soleil

Une BD plutôt sympathique, avec un angle original qui attire l’attention. L’ensemble est agréable à lire, bien documenté, et on sent clairement un vrai travail de recherche historique. Cela donne une base solide au récit, crédible et cohérente. Pour autant, l’engouement autour de l’album me paraît un peu excessif. Le ton est léger du début à la fin, ce qui rend la lecture fluide et plaisante, mais limite aussi la profondeur. On reste un peu en surface, là où le sujet aurait pu permettre davantage de tension dramatique ou d’exploration des enjeux humains et politiques. L’humour fonctionne par touches, avec quelques bons mots bien sentis, mais sans provoquer de véritables éclats de rire. Graphiquement, le dessin est en adéquation avec cette tonalité : clair, lisible, plutôt expressif, au service d’un récit accessible. Rien de révolutionnaire, mais un ensemble cohérent et maîtrisé. Au final, une lecture agréable, intelligente sans être marquante, qui se laisse lire avec plaisir mais ne laisse pas une empreinte durable.

28/02/2026 (modifier)