Sans être un vrai fan, j'aime la musique des Beatles. Et en même temps, je connais peu leur oeuvre complète et encore moins bien leur biographie. Je ne connaissais notamment rien des circonstances de leur séparation, ni presque rien du parcours de Paul McCartney juste après celle-ci. C'est donc avec intérêt et curiosité que j'ai lu cet album.
Et j'y ai trouvé ce qu'il me promettait, sans toutefois susciter davantage d'enthousiasme.
On suit ainsi le parcours de Paul de 1969 à 1974, en commençant par les causes de la séparation, puis par le traumatisme psychologique que celle-ci représente pour lui, avant d'aborder la manière dont il remonte la pente en repartant de zéro, tant sur le plan du groupe que des expérimentations musicales. L'ensemble est mis en images dans un style très libre, aux couleurs légèrement psychédéliques, doté d'une jolie personnalité sans pour autant totalement me convaincre.
Globalement, j'ai trouvé cette lecture instructive, d'autant plus que j'écoutais les dernières musiques des Beatles et celles de Wings en parallèle de ma lecture afin de me mettre davantage dans l'ambiance. Mais rien ne m'a vraiment emporté. J'en ressors avec encore un peu plus de sympathie pour un Paul McCartney que j'appréciais déjà, ainsi qu'un certain respect pour son parcours, mais l'album ne m'a pas véritablement touché.
Le récit est construit autour de la lutte entre grandes familles de vampires, qui toutes utilisent pour leurs basses œuvres des humains, « D-Men », capables d’agir durant le jour, d’éliminer des concurrents, de « nettoyer » les scènes où eux ou leurs vampires d’employeurs ont commis quelques carnages. Le héros, David, est l’un de ces D Men, à la solde d’une des plus puissantes familles de vampires.
Le mélange entre vampires et humains est relativement original ici, mais en fait le récit bascule assez vite dans un registre bien plus classique, puisque l’affrontement entre les familles de vampires, et les combats entre leurs hommes de main, les trafics divers, tout nous ramène à un univers de luttes mafieuses, auquel les vampires donnent une certaine originalité.
Ce mélange fonctionne globalement plutôt bien, et permet au lecteur de passer outre le déjà-vu en matière de polar. Du coup ça se laisse lire, c’est assez rythmé, même si ça manque quand même de surprise (on découvre assez rapidement quel groupe complote en sous-main pour prendre le pouvoir en poussant les autres à s’entretuer). De même, j'ai trouvé que David avec sa canne était vraiment très fort face à une meute de types surarmés...
Dessin et colorisation font le travail. Du comics classique – je n’en suis pas fan, mais ça passe bien (les visages sont un chouia trop « anguleux »).
Je suis moins convaincu par les scènes de bagarre, en particulier le long combat occupant le dernier tiers du second tome.
Note réelle 2,5/5.
A découvrir à l’occasion. Plus qu’une série sur les vampires, une série mafieuse avec des vampires…
J'avais entendu parler de cette série en bien depuis si longtemps, d'autant plus depuis la sortie de son adaptation animée, que j'avais été surprise en constatant que la série n'avait toujours pas été ajoutée au site. Je profite donc de ma lecture découverte des 14 tomes sortis à présent pour l'ajouter à la banque de données.
L'histoire est celle de Rudo, fils d'un meurtrier vivant dans un bidonville où sont parqués les descendant-e-s de criminel-le-s, un passionné de la réparation qui voue un amour inconditionnel à tous les objets jetés parfois sans même de remords par les habitants de sa cité. Au début l'histoire semble toute tracée : un récit sur la différence et la ségrégation entre deux strates de la population, un jeune héros à la vision unique qui va chambouler le monde qui l'entoure et changer les mœurs à sa manière, une destinée toute tracée même, qui sait ? Eh bien oui, c'est exactement ce qui va se passer (ou en tout cas dans les grandes lignes), mais l'histoire cache un dernier atout dans sa manche qui fait son charme : ce n'est pas dans cette cité que se déroulera l'intrigue mais en bas, dans le monde des détritus. La cité de départ est une cité volante, se déplaçant de part et d'autres du monde et jetant ses déchets par dessus bords sans le moindre état d'âme. Et c'est dans ce monde complètement pollué d'en bas que notre héros va se retrouver plongé après avoir été accusé à tort du meurtre de son père adoptif et condamné à mort. Devant faire ses preuves dans un monde différent de celui qu'il avait connu jusque là, un monde rempli d'amas de détritus vivants, de magiciens capables d’insuffler la vie à leurs objets adorés et de conflits de factions en veux-tu en voilà que notre bon Rudo va devoir faire ses preuves et, il l'espère, pouvoir un jour trouver le moyen de remonter au sein de la cité volante pour se venger.
L'histoire est on ne peut plus classique, c'est son défaut le plus notable. Je commence par ça parce que j'ai déjà un peu abordé le problème dans mon résumé de l'histoire. Cette série est un shonen de type nekketsu, un type de récit à la construction narrative extrêmement connue et codifiée, ce qui n'est pas un mal en soi mais qui le devient dès lors que la formule ne se renouvelle pas. Ici, malheureusement (et c'est potentiellement personnel, vu comme beaucoup d'amateur-ice-s du genre semblent adorer cette série), je n'ai pas eu l'impression de voir la forme narrative pleinement renouvelée, ou a minima originale. La forme est on ne peut plus agréable - et je compte bien m'étendre là-dessus après - mais le fond, bien trop prévisible par moment, m'a un peu gêné.
Le défaut n'est pas énorme, je reproche surtout le côté trop linéaire de certains moments et enchaînements. En revanche, pour ce qui est des reproches plus notables je mentionnerais tout de même rapidement l'exposition on ne peut plus maladroite et tombant bien souvent comme un cheveux sur la soupe (ça manque de naturel, quoi). Le récit fait scripté, en fait, c'est ça le problème. Je sais que ce problème découle du manque de prise de risque narrative susmentionné, mais il n'empêche que ça fait chier quand au milieu de ma lecture je ne peux pas m'empêcher de me dire que tout ceci sonne parfois un peu trop comme un vieux JRPG, où l'on devine dès le premier regard quel personnage sera important ou non et où les ficelles scénaristiques se voient parfois un peu trop.
En vrai la comparaison vidéoludique n'est pas tant un défaut à mes yeux, car les ficelles scénaristiques mises à part, ce monde donne envie d'être exploré, et tous ces propos de grandes zones pleines de dangers, de conflits de factions et de quête à la recherche d'une légendaire série d'équipement aux propriétés extraordinaires et fondamentalement liée au lore local sont le terreau propice à un petit jeu-vidéo dont je ne dirais certainement pas non.
Bon, allez, le positif maintenant !
Graphiquement c'est charmant. L'artiste a un coup de crayon vraiment sympathique, ses designs sont joliment exagérés (qu'il s'agisse des expressions bariolés des personnages ou bien de leurs vêtements aux proportions chaotiques), ce monde "dépotoir" a une patte, une culture vraiment sympathique, on ressent bien dans les vêtements, les bâtiments, les objets du quotidiens que tout est fait de bric et de broc, que les gens ici ont beau subir les chutes de déchets d'en haut et leurs conséquences iels ont tout de même réussi à maintenir une civilisation stable (enfin aussi stable que possible). L'ambiance garbage punk où l'on rafistole ce que l'on peut, où le moindre déchet peut se révéler être un trésor, les graffitis aux murs traités comme des œuvres d'art légitimes et l'expression sincère d'être conscients, la camaraderie et l’entraide qui régit notre groupe de héros mis en contraste avec le monde froid et cruel (et toxique, surtout), ... Tout ça fait de cette série une formule on ne peut plus charmante, et c'est selon moi par là que la série tire sa force.
J'ai déjà brièvement mentionné le travail des expressions mais je vais m'étendre un peu plus ! Le dessin étant déjà ouvertement exagéré, les personnages ne détonnent pas lorsque interviennent les cassures comiques, les déformations de visages pour appuyer les moments drôles, et j'avoue même avoir trouvé certains de ces moments honnêtement amusants.
Voilà ! Même si c'est classique dans le fond c'est fun et entraînant dans la forme, et c'est déjà très bien.
Je m'en veux sincèrement d'avoir autant insisté sur le côté parfois trop artificiel de la narration, surtout parce qu'il n'est pas si grave que ça (sauf en ce qui concerne l'exposition, je le trouve vraiment maladroit à ce niveau-là), mais c'est bien parce que le dessin et le monde m'ont semblé si intéressants que ce petit défaut a parasité mon appréciation.
Pas un chef d’œuvre (comme j'ai parfois cru entendre parler de cette série) mais assurément une œuvre suffisamment intéressante pour valoir le coup d’œil.
Je compte bien garder le nom de l'autrice dans un coin de ma tête et voir ce qu'elle comptera proposer d'autre après cette série.
J'ai bien aimé lire cette bd, je l'ai finie en un soir. Les dessin sont beaux, et je les ai autant appréciés que l'histoire. Ce livre est toutefois intéressant car il reprend l'histoire vraie du berger Elzéard Bouffier. Bref, une œuvre que je conseille car grâce à lui, les forêts existent !!
Malgré des imperfections dans le dessin et dans le rythme, on s'attache au personnage principal… et à son rat, ce qui n'est pas gagné, avec moi. La jeune SDF ne doit pas dire qu'elle n'a pas couché avec un garçon, dans la rue, car le prestige de ce dernier en pâtirait, alors qu'avant, elle a subi des abus qu'elle ne pouvait dire et qui l'ont déterminé à se réfugier dans la rue ! Les personnages autour d'elle ne sont pas caricaturaux.
On voit aussi comment elle se reconstruit. J'imagine que c'est pour cela et pour faire écho avec la jeunesse de l'héroïne que le dessin est tendre. Et pour adoucir ou redoubler en contraste la beauté du monde ? Il y a le contraste entre la rue et la nature, le passé et le présent, et pourtant, j'ai dû lutter contre l'ennui pour finir la bd que je n'ai pourtant pas oubliée après des années.
Note réelle 3.5
Distrayant. Rythme et dessins vifs et anguleux mitigés de couleurs vives et parfois douces. On ne croit pas une seconde à l'intrigue, mais on n'est pas là pour ça, non pas plus qu'avec Les trois mousquetaires. Complot ? Cela fait dramatique et donne une causalité unique, on peut presque lire la bd en dormant, j'en ai parcouru quelques-unes et ai arrêté. Maintenant, je soulève un problème : pourquoi les gens croient-ils aux théories du complot, désir de diaboliser, de causalité unique, de drame ? Autant la violence en art peut purger, autant je me demande si le complot qui explique tout en art purge ou au contraire encourage les théories du complot. En attendant, je trouve normal que le héros ait un visage anguleux : un désir de vengeance tend tout, y compris la peau du visage, et il n'en est pas moins beau pour autant, les autres eux ont des physiques variés. Je sais que les fictions trop prises de tête peuvent lasser, mais des actions répétitives et le manque d'idées aussi. Est-ce que c'est pour rien que je loue les meilleures fictions ? La réussite est si difficile !
Et pourquoi pas une série d'espionnage autour du comte de Champignac, l'excentrique savant créé par Franquin ?
Les auteurs Béka et Etien nous proposent une plongée dans la seconde guerre mondiale, un récit d'espionnage particulièrement calibré jeunesse, tant dans sa structure narrative, son humour, sa gestion des éléments de comédie romantique, que le rajout de scènes trépidantes. L'ensemble fonctionne plutôt bien : c'est agréable à lire, construit autour d'illustrations chaleureuses et colorées, d'une grande bienveillance et donc très rythmé.
Le revers de cet efficace calibrage touche surtout le public adulte : la romance est fort mièvre, certaines scènes d'action artificielles et trop rocambolesques, le raccord avec le personnage de Franquin (l'obsession pour les champignons, les expressions farfelues) trop insistant pour être charmant, et la bienveillance vis-à-vis de l'ensemble des personnages du village de Champignac inadaptée à l'impertinence originelle (qu'est-ce que c'est que cette Résistance qui ne sied pas du tout au tempérament des différents personnages ?).
Il ne faut néanmoins pas bouder son plaisir : c'est réussi, même si un peu trop "Béka" pour être fidèle à l'anticonformiste Franquin.
Je ne sais pas trop quoi penser de cet album. Des qualités, un certain plaisir de lecture. Mais au sortir, je suis frustré et reste sur ma faim.
Le dessin joue bien avec un Noir et Blanc plus ou moins nébuleux et quelques nuances de gris. Simple, avare de détails et de décors, il passe plutôt bien.
C’est plutôt l’intrigue qui m’a un peu déçu. En effet, l’histoire de cet homme, revenant dans le village de son enfance, pour enregistrer vieilles histoires, légendes et anecdotes de la voix de tous les « anciens » promettait quelques révélations, un peu de fantastique, bref, pas mal de choses à même de dynamiser le récit. Or rapidement le soufflé retombe, et des longueurs entraînent même un peu d’ennui (la brève "aventure" entre le héros et une jeune femme n'y change rien), jusqu’à la fin, aussi obscure que ces dernières cases.
Dessin et intrigue misent sur l’ambiance, mais ça ne suffit pas.
Note réelle 2,5/5.
Avis ne portant que sur le seul tome posthume illustré par Larcenet.
Manu Larcenet rend hommage à Pétillon en illustrant un scénario demeuré un projet inachevé. L'hommage se prolonge visuellement avec le souhait de Larcenet d'imiter le style de Pétillon : un style à gros nez néanmoins relativement proche de celui de Manu, quoique plus brouillon.
L'ensemble se lit sans déplaisir, tout y est léger et assez sympathique. Mais tant du côté de l'intrigue policière (décousue certes volontairement), que de l'humour (au rythme aléatoire), l'album laisse sur sa faim. Trop de clins d’œil à "L'Enquête Corse", pas assez d'impertinence, trop de légèreté dans la gestion de l'intrigue policière.
L'hommage est beau et respectueux, charmant, mais condamné à l'anecdotique quasiment dès son projet.
Mais un renouvèlement possiblement salvateur pour Larcenet.
2.5
Cet album qui regroupe des épisodes de Superman a attiré mon attention parce qu'il y avait le nom de Kurt Busiek sur la couverture. C'est un scénariste qui a écrit plusieurs histoires que j'aime bien, mais aussi d'autres que j'aime moins. En tout cas, c'est un auteur dont j'ai bien envie de lire le plus d'œuvres possibles.
Cet album fait parti des œuvres les moins convaincants que j'ai lu de lui, mais je m'en doutais un peu vu que c'est du comics de super-héros mainstream chez un gros éditeur qui a un cahier de charge et c'est pas une série personnelle chez un plus petit éditeur. C'est du comics de plus divertissement ce qui n'est pas un mal en soit, mais le scénario est trop banal si comme moi on a bouffés des centaines d'histoires de super-héros de DC ou Marvel. Alors Superman sauve le monde comme d'habitude et soudainement un nouveau personnage mystérieux débarque et explique que Superman et les super-héros sont néfastes pour les humains parce qu'il peut voir l'avenir et il prédit un futur apocalyptique en parti causé par les super-héros. S'en suit donc Superman qui va pour faire pour que ce futur n'arrive pas.
Le récit est cousu de fil blanc. Par exemple, Superman va finir par faire un discours optimiste et affronter le magicien-prophète fataliste et tout ce que ses deux personnages disent est prévisible et la fin l'est également. Le scénario est de Busiek alors il y a quand même de bons dialogues et de bonnes idées (j'aime bien comment il utilise le Farceur), mais ça ne dépasse jamais le stade du correct sans plus. En plus, l'album souffre du problème récurrent lorsqu'on ne sélectionne qu'une poigné de numéros: il y a des intrigues qui semblent disparaitre parce que leurs conclusions a été traité dans un numéro pas collecté dans l'album (non parce qu'il arrive quoi avec l'Intergang ?).
Quant au dessin, c'est le style que l'on trouvait dans les comics de l'époque. C'est pas ce que j'aime, mais ça fait le job. Le seul vrai reproche que j'ai est que le dessinateur aime bien dessiner les femmes sexy....mais elles ne sont pas du tout sexy à moins d'aimer les gros seins format ballon de plages.
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Paul
Sans être un vrai fan, j'aime la musique des Beatles. Et en même temps, je connais peu leur oeuvre complète et encore moins bien leur biographie. Je ne connaissais notamment rien des circonstances de leur séparation, ni presque rien du parcours de Paul McCartney juste après celle-ci. C'est donc avec intérêt et curiosité que j'ai lu cet album. Et j'y ai trouvé ce qu'il me promettait, sans toutefois susciter davantage d'enthousiasme. On suit ainsi le parcours de Paul de 1969 à 1974, en commençant par les causes de la séparation, puis par le traumatisme psychologique que celle-ci représente pour lui, avant d'aborder la manière dont il remonte la pente en repartant de zéro, tant sur le plan du groupe que des expérimentations musicales. L'ensemble est mis en images dans un style très libre, aux couleurs légèrement psychédéliques, doté d'une jolie personnalité sans pour autant totalement me convaincre. Globalement, j'ai trouvé cette lecture instructive, d'autant plus que j'écoutais les dernières musiques des Beatles et celles de Wings en parallèle de ma lecture afin de me mettre davantage dans l'ambiance. Mais rien ne m'a vraiment emporté. J'en ressors avec encore un peu plus de sympathie pour un Paul McCartney que j'appréciais déjà, ainsi qu'un certain respect pour son parcours, mais l'album ne m'a pas véritablement touché.
Day Men
Le récit est construit autour de la lutte entre grandes familles de vampires, qui toutes utilisent pour leurs basses œuvres des humains, « D-Men », capables d’agir durant le jour, d’éliminer des concurrents, de « nettoyer » les scènes où eux ou leurs vampires d’employeurs ont commis quelques carnages. Le héros, David, est l’un de ces D Men, à la solde d’une des plus puissantes familles de vampires. Le mélange entre vampires et humains est relativement original ici, mais en fait le récit bascule assez vite dans un registre bien plus classique, puisque l’affrontement entre les familles de vampires, et les combats entre leurs hommes de main, les trafics divers, tout nous ramène à un univers de luttes mafieuses, auquel les vampires donnent une certaine originalité. Ce mélange fonctionne globalement plutôt bien, et permet au lecteur de passer outre le déjà-vu en matière de polar. Du coup ça se laisse lire, c’est assez rythmé, même si ça manque quand même de surprise (on découvre assez rapidement quel groupe complote en sous-main pour prendre le pouvoir en poussant les autres à s’entretuer). De même, j'ai trouvé que David avec sa canne était vraiment très fort face à une meute de types surarmés... Dessin et colorisation font le travail. Du comics classique – je n’en suis pas fan, mais ça passe bien (les visages sont un chouia trop « anguleux »). Je suis moins convaincu par les scènes de bagarre, en particulier le long combat occupant le dernier tiers du second tome. Note réelle 2,5/5. A découvrir à l’occasion. Plus qu’une série sur les vampires, une série mafieuse avec des vampires…
Gachiakuta
J'avais entendu parler de cette série en bien depuis si longtemps, d'autant plus depuis la sortie de son adaptation animée, que j'avais été surprise en constatant que la série n'avait toujours pas été ajoutée au site. Je profite donc de ma lecture découverte des 14 tomes sortis à présent pour l'ajouter à la banque de données. L'histoire est celle de Rudo, fils d'un meurtrier vivant dans un bidonville où sont parqués les descendant-e-s de criminel-le-s, un passionné de la réparation qui voue un amour inconditionnel à tous les objets jetés parfois sans même de remords par les habitants de sa cité. Au début l'histoire semble toute tracée : un récit sur la différence et la ségrégation entre deux strates de la population, un jeune héros à la vision unique qui va chambouler le monde qui l'entoure et changer les mœurs à sa manière, une destinée toute tracée même, qui sait ? Eh bien oui, c'est exactement ce qui va se passer (ou en tout cas dans les grandes lignes), mais l'histoire cache un dernier atout dans sa manche qui fait son charme : ce n'est pas dans cette cité que se déroulera l'intrigue mais en bas, dans le monde des détritus. La cité de départ est une cité volante, se déplaçant de part et d'autres du monde et jetant ses déchets par dessus bords sans le moindre état d'âme. Et c'est dans ce monde complètement pollué d'en bas que notre héros va se retrouver plongé après avoir été accusé à tort du meurtre de son père adoptif et condamné à mort. Devant faire ses preuves dans un monde différent de celui qu'il avait connu jusque là, un monde rempli d'amas de détritus vivants, de magiciens capables d’insuffler la vie à leurs objets adorés et de conflits de factions en veux-tu en voilà que notre bon Rudo va devoir faire ses preuves et, il l'espère, pouvoir un jour trouver le moyen de remonter au sein de la cité volante pour se venger. L'histoire est on ne peut plus classique, c'est son défaut le plus notable. Je commence par ça parce que j'ai déjà un peu abordé le problème dans mon résumé de l'histoire. Cette série est un shonen de type nekketsu, un type de récit à la construction narrative extrêmement connue et codifiée, ce qui n'est pas un mal en soi mais qui le devient dès lors que la formule ne se renouvelle pas. Ici, malheureusement (et c'est potentiellement personnel, vu comme beaucoup d'amateur-ice-s du genre semblent adorer cette série), je n'ai pas eu l'impression de voir la forme narrative pleinement renouvelée, ou a minima originale. La forme est on ne peut plus agréable - et je compte bien m'étendre là-dessus après - mais le fond, bien trop prévisible par moment, m'a un peu gêné. Le défaut n'est pas énorme, je reproche surtout le côté trop linéaire de certains moments et enchaînements. En revanche, pour ce qui est des reproches plus notables je mentionnerais tout de même rapidement l'exposition on ne peut plus maladroite et tombant bien souvent comme un cheveux sur la soupe (ça manque de naturel, quoi). Le récit fait scripté, en fait, c'est ça le problème. Je sais que ce problème découle du manque de prise de risque narrative susmentionné, mais il n'empêche que ça fait chier quand au milieu de ma lecture je ne peux pas m'empêcher de me dire que tout ceci sonne parfois un peu trop comme un vieux JRPG, où l'on devine dès le premier regard quel personnage sera important ou non et où les ficelles scénaristiques se voient parfois un peu trop. En vrai la comparaison vidéoludique n'est pas tant un défaut à mes yeux, car les ficelles scénaristiques mises à part, ce monde donne envie d'être exploré, et tous ces propos de grandes zones pleines de dangers, de conflits de factions et de quête à la recherche d'une légendaire série d'équipement aux propriétés extraordinaires et fondamentalement liée au lore local sont le terreau propice à un petit jeu-vidéo dont je ne dirais certainement pas non. Bon, allez, le positif maintenant ! Graphiquement c'est charmant. L'artiste a un coup de crayon vraiment sympathique, ses designs sont joliment exagérés (qu'il s'agisse des expressions bariolés des personnages ou bien de leurs vêtements aux proportions chaotiques), ce monde "dépotoir" a une patte, une culture vraiment sympathique, on ressent bien dans les vêtements, les bâtiments, les objets du quotidiens que tout est fait de bric et de broc, que les gens ici ont beau subir les chutes de déchets d'en haut et leurs conséquences iels ont tout de même réussi à maintenir une civilisation stable (enfin aussi stable que possible). L'ambiance garbage punk où l'on rafistole ce que l'on peut, où le moindre déchet peut se révéler être un trésor, les graffitis aux murs traités comme des œuvres d'art légitimes et l'expression sincère d'être conscients, la camaraderie et l’entraide qui régit notre groupe de héros mis en contraste avec le monde froid et cruel (et toxique, surtout), ... Tout ça fait de cette série une formule on ne peut plus charmante, et c'est selon moi par là que la série tire sa force. J'ai déjà brièvement mentionné le travail des expressions mais je vais m'étendre un peu plus ! Le dessin étant déjà ouvertement exagéré, les personnages ne détonnent pas lorsque interviennent les cassures comiques, les déformations de visages pour appuyer les moments drôles, et j'avoue même avoir trouvé certains de ces moments honnêtement amusants. Voilà ! Même si c'est classique dans le fond c'est fun et entraînant dans la forme, et c'est déjà très bien. Je m'en veux sincèrement d'avoir autant insisté sur le côté parfois trop artificiel de la narration, surtout parce qu'il n'est pas si grave que ça (sauf en ce qui concerne l'exposition, je le trouve vraiment maladroit à ce niveau-là), mais c'est bien parce que le dessin et le monde m'ont semblé si intéressants que ce petit défaut a parasité mon appréciation. Pas un chef d’œuvre (comme j'ai parfois cru entendre parler de cette série) mais assurément une œuvre suffisamment intéressante pour valoir le coup d’œil. Je compte bien garder le nom de l'autrice dans un coin de ma tête et voir ce qu'elle comptera proposer d'autre après cette série.
L'Homme qui plantait des arbres
J'ai bien aimé lire cette bd, je l'ai finie en un soir. Les dessin sont beaux, et je les ai autant appréciés que l'histoire. Ce livre est toutefois intéressant car il reprend l'histoire vraie du berger Elzéard Bouffier. Bref, une œuvre que je conseille car grâce à lui, les forêts existent !!
L'Histoire d'un vilain rat
Malgré des imperfections dans le dessin et dans le rythme, on s'attache au personnage principal… et à son rat, ce qui n'est pas gagné, avec moi. La jeune SDF ne doit pas dire qu'elle n'a pas couché avec un garçon, dans la rue, car le prestige de ce dernier en pâtirait, alors qu'avant, elle a subi des abus qu'elle ne pouvait dire et qui l'ont déterminé à se réfugier dans la rue ! Les personnages autour d'elle ne sont pas caricaturaux. On voit aussi comment elle se reconstruit. J'imagine que c'est pour cela et pour faire écho avec la jeunesse de l'héroïne que le dessin est tendre. Et pour adoucir ou redoubler en contraste la beauté du monde ? Il y a le contraste entre la rue et la nature, le passé et le présent, et pourtant, j'ai dû lutter contre l'ennui pour finir la bd que je n'ai pourtant pas oubliée après des années. Note réelle 3.5
Le Scorpion
Distrayant. Rythme et dessins vifs et anguleux mitigés de couleurs vives et parfois douces. On ne croit pas une seconde à l'intrigue, mais on n'est pas là pour ça, non pas plus qu'avec Les trois mousquetaires. Complot ? Cela fait dramatique et donne une causalité unique, on peut presque lire la bd en dormant, j'en ai parcouru quelques-unes et ai arrêté. Maintenant, je soulève un problème : pourquoi les gens croient-ils aux théories du complot, désir de diaboliser, de causalité unique, de drame ? Autant la violence en art peut purger, autant je me demande si le complot qui explique tout en art purge ou au contraire encourage les théories du complot. En attendant, je trouve normal que le héros ait un visage anguleux : un désir de vengeance tend tout, y compris la peau du visage, et il n'en est pas moins beau pour autant, les autres eux ont des physiques variés. Je sais que les fictions trop prises de tête peuvent lasser, mais des actions répétitives et le manque d'idées aussi. Est-ce que c'est pour rien que je loue les meilleures fictions ? La réussite est si difficile !
Champignac
Et pourquoi pas une série d'espionnage autour du comte de Champignac, l'excentrique savant créé par Franquin ? Les auteurs Béka et Etien nous proposent une plongée dans la seconde guerre mondiale, un récit d'espionnage particulièrement calibré jeunesse, tant dans sa structure narrative, son humour, sa gestion des éléments de comédie romantique, que le rajout de scènes trépidantes. L'ensemble fonctionne plutôt bien : c'est agréable à lire, construit autour d'illustrations chaleureuses et colorées, d'une grande bienveillance et donc très rythmé. Le revers de cet efficace calibrage touche surtout le public adulte : la romance est fort mièvre, certaines scènes d'action artificielles et trop rocambolesques, le raccord avec le personnage de Franquin (l'obsession pour les champignons, les expressions farfelues) trop insistant pour être charmant, et la bienveillance vis-à-vis de l'ensemble des personnages du village de Champignac inadaptée à l'impertinence originelle (qu'est-ce que c'est que cette Résistance qui ne sied pas du tout au tempérament des différents personnages ?). Il ne faut néanmoins pas bouder son plaisir : c'est réussi, même si un peu trop "Béka" pour être fidèle à l'anticonformiste Franquin.
Malanotte - La Malédiction de la Pantafa
Je ne sais pas trop quoi penser de cet album. Des qualités, un certain plaisir de lecture. Mais au sortir, je suis frustré et reste sur ma faim. Le dessin joue bien avec un Noir et Blanc plus ou moins nébuleux et quelques nuances de gris. Simple, avare de détails et de décors, il passe plutôt bien. C’est plutôt l’intrigue qui m’a un peu déçu. En effet, l’histoire de cet homme, revenant dans le village de son enfance, pour enregistrer vieilles histoires, légendes et anecdotes de la voix de tous les « anciens » promettait quelques révélations, un peu de fantastique, bref, pas mal de choses à même de dynamiser le récit. Or rapidement le soufflé retombe, et des longueurs entraînent même un peu d’ennui (la brève "aventure" entre le héros et une jeune femme n'y change rien), jusqu’à la fin, aussi obscure que ces dernières cases. Dessin et intrigue misent sur l’ambiance, mais ça ne suffit pas. Note réelle 2,5/5.
Les Aventures de Jack Palmer
Avis ne portant que sur le seul tome posthume illustré par Larcenet. Manu Larcenet rend hommage à Pétillon en illustrant un scénario demeuré un projet inachevé. L'hommage se prolonge visuellement avec le souhait de Larcenet d'imiter le style de Pétillon : un style à gros nez néanmoins relativement proche de celui de Manu, quoique plus brouillon. L'ensemble se lit sans déplaisir, tout y est léger et assez sympathique. Mais tant du côté de l'intrigue policière (décousue certes volontairement), que de l'humour (au rythme aléatoire), l'album laisse sur sa faim. Trop de clins d’œil à "L'Enquête Corse", pas assez d'impertinence, trop de légèreté dans la gestion de l'intrigue policière. L'hommage est beau et respectueux, charmant, mais condamné à l'anecdotique quasiment dès son projet. Mais un renouvèlement possiblement salvateur pour Larcenet.
Superman – La Chute de Camelot
2.5 Cet album qui regroupe des épisodes de Superman a attiré mon attention parce qu'il y avait le nom de Kurt Busiek sur la couverture. C'est un scénariste qui a écrit plusieurs histoires que j'aime bien, mais aussi d'autres que j'aime moins. En tout cas, c'est un auteur dont j'ai bien envie de lire le plus d'œuvres possibles. Cet album fait parti des œuvres les moins convaincants que j'ai lu de lui, mais je m'en doutais un peu vu que c'est du comics de super-héros mainstream chez un gros éditeur qui a un cahier de charge et c'est pas une série personnelle chez un plus petit éditeur. C'est du comics de plus divertissement ce qui n'est pas un mal en soit, mais le scénario est trop banal si comme moi on a bouffés des centaines d'histoires de super-héros de DC ou Marvel. Alors Superman sauve le monde comme d'habitude et soudainement un nouveau personnage mystérieux débarque et explique que Superman et les super-héros sont néfastes pour les humains parce qu'il peut voir l'avenir et il prédit un futur apocalyptique en parti causé par les super-héros. S'en suit donc Superman qui va pour faire pour que ce futur n'arrive pas. Le récit est cousu de fil blanc. Par exemple, Superman va finir par faire un discours optimiste et affronter le magicien-prophète fataliste et tout ce que ses deux personnages disent est prévisible et la fin l'est également. Le scénario est de Busiek alors il y a quand même de bons dialogues et de bonnes idées (j'aime bien comment il utilise le Farceur), mais ça ne dépasse jamais le stade du correct sans plus. En plus, l'album souffre du problème récurrent lorsqu'on ne sélectionne qu'une poigné de numéros: il y a des intrigues qui semblent disparaitre parce que leurs conclusions a été traité dans un numéro pas collecté dans l'album (non parce qu'il arrive quoi avec l'Intergang ?). Quant au dessin, c'est le style que l'on trouvait dans les comics de l'époque. C'est pas ce que j'aime, mais ça fait le job. Le seul vrai reproche que j'ai est que le dessinateur aime bien dessiner les femmes sexy....mais elles ne sont pas du tout sexy à moins d'aimer les gros seins format ballon de plages.