2.5
Un album dans la moyenne des autres one-shot qui commencent par les mots 'L'incroyable histoire de....''. C'est scénarisé par un spécialiste du sujet, un maitre conférencier en sciences de l'éducation et disons que ça se voit un peu trop.
C'est très verbeux et dense, ce n'est pas un album qui se lit rapidement. Comme souvent avec les documentaires, le propos est intéressant, mais ce n'est pas très captivant à lire. La faute en partie au dessin. Je ne pense pas qu'Eva Rollin soit la dessinatrice idéale pour un documentaire, son trait va bien mieux à une BD humoristique. Parlant d'humour, les tentatives d'humour pour détendre l'atmosphère n'ont pas marché sur moi, et du coup cela a surtout servi à alourdir la narration et me donner plutôt envie d'arrêter de lire l'album.
À lire si on veut voir comment était l'éducation à travers différentes périodes historiques.
J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce récit, que ce soit au niveau du dessin, de la colorisation, ou de l’intrigue – en grande partie bâtie sur des flash-backs, ayant du mal à m’accrocher à ce personnage féminin un peu spécial (et qui pour son âge a quand même su garder de beaux restes – improbables si on n’y songe sérieusement – vu son expédition en parapente dans Paris !).
Mais finalement je me suis fait au dessin, et l’intrigue a pris corps, avec cette évocation d’un engagement politique de jeunesse qui ressurgit quelques décennies plus tard.
On oublie les quelques facilités scénaristiques (dont celle évoquée plus haut), et le côté un peu « gentil » de certains passages, pour enter dans ce récit mêlant polar et politique, finalement de façon plus classique que je ne le pensais au départ.
La lecture est rapide, et plutôt agréable.
Bonne bd, très beaux dessins mais une histoire poussive qui prend trop de temps à se mettre en place, sans sortir des sentiers battus. On aurait aimé un peu plus de prise de risque.
Dans les faits, le dessin est charmant, avec une ligne efficace, de belles couleurs et un univers attrayant. Cependant, la bd ne m'a pas vraiment plu. J'ia pris du temps à comprendre pourquoi et je pense que c'est un mélange entre le rythme et la profondeur de l'histoire. On a une mise en scène dynamique proche du manga qui cependant prend du coup trop de pages et de temps à mettre en place ses premiers enjeux.
Ceux-ci, en plus sont très classiques et ne surprennent pas tellement, difficile d'être ému dans ces conditions.
Il faudrait être un peu plus exigeant sur le rythme et l'histoire, peut-être moins expliquer les basiques pour aller plus en profondeur dans les enjeux et les éléments. Mieux gérer la pagination pour que les moments de tensions ressortent et les mises en scène dynamiques soient exceptionnelles et ainsi vraiment haletantes.
des idées intéressantes, un dessin formidable mais un album qui manque de densité et de profondeur à mon goût.
Deux auteurs habitués au bd du type carnet de voyage s'en vont rencontrer des inuit un peu partout dans le nord canadien.
J'ai bien aimé le coté éducatif de l'album. On a droit à plusieurs témoignages d'inuit, mais pas que, et au traves leurs témoignages ont fait un bon tour des problèmes que subit ce peuple. On parle aussi d'art inuit et on voit la sensibilité artistique de Baudoin, un auteur définitivement à part dans le paysage de la BD Franco-Belge.
Même si le propos de l'album est intéressant, j'ai quand même trouvé l'album un peu trop aride. On retrouve le gros défaut des albums de Baudoin et de Troubs: la mise en scène est plate. Je comprends que d'autres lecteurs puissent apprécier le coté carnet de l'album, mais moi je trouve cela parfois dur à lire lorsqu'il y a pleins de textes. On est loin du journalisme à la Joe Sacco que je trouve plus accessible et facile à lire. Même lorsque le propos des inuit est intéressant, ce n'est pas présenté de manière passionnante.
Cela reste un album à lire pour découvrir un peuple autochtone sans clichés ou angélisme.
Édouard Baudoin raconte la vie de son grand-père qui a passé plusieurs années aux États-Unis à la fin du 19ème siècle.
Je ne sais pas trop si la vie de son grand-père a été exagéré par la légende familiale parce que certaines anecdotes, surtout lorsqu'il rencontre une figure historique, me semble un peu trop gros pour être vrai. Il faut tout de même avouer que la réalité dépasse souvent la fiction alors peut-être que tout est vrai, mais j'ai vraiment l'impression que le grand-père a exagéré certaines choses à sa famille lors de son retour des États-Unis, un pays qui était encore exotique pour les français de l'époque.
Sinon, on est dans un album de Baudoin alors on alterne entre la BD et des pages qui ressemblent plus à un carnet de notes. On passe d'un sujet à l'autre et c'est raconté de manière un peu aride. Même lorsqu'il raconte une anecdote excitante, la mise en scène de Baudoin était un peu trop plat. Ça se laisse lire parce que la vie du grand-père Baudoin est intéressante, mais il faut ne pas être allergique au style de Baudoin.
Je termine maintenant ma première lecture des intégrales de Bouddha. J'ai commandé les quatre et je ne le regrette pas encore. Les dessins combinent Manga et Disney dans les animaux, réalisme dans les paysages aussi.
L'histoire, avec tous ses personnages, est vraiment intéressante et je commence à m'attacher à certains.
Ce n'était pas le Bouddha que j'attendais, tant mieux !
Je donnerai des nouvelles prochainement.
Tranche-Trognes est un bourreau médiéval persuadé d'exercer le plus noble des métiers, mais dont les maladresses et les échecs répétés font davantage de lui un personnage attachant et comique qu'une figure inquiétante.
J'ai du mal à cerner le public cible de cette série. Le dessin, très aéré, rond et caricatural, donne l'impression de s'adresser aux enfants de moins de dix ans, tandis que le texte, certains jeux de mots et quelques gags plus caustiques semblent plutôt destinés à des lecteurs un peu plus âgés. On y trouve même par moments un humour qui parlera davantage aux adultes. Malgré ce positionnement un peu flou, j'ai trouvé l'ensemble plutôt plaisant.
Le principal atout de la série est son ambiance. Bien que le héros soit un bourreau, il n'y a jamais de véritable torture ni de mort à l'écran. Tout est constamment désamorcé par l'humour, souvent contre la volonté du principal intéressé d'ailleurs. Tranche-Trognes est un personnage assez attachant : fier de son métier et convaincu de son importance, il accumule pourtant les maladresses avec une bonne humeur inaltérable. Il ne devient jamais ronchon ou amer malgré ses échecs répétés et conserve en permanence un enthousiasme communicatif.
La série est construite sous la forme de chapitres courts, proches de petites histoires indépendantes, tout en conservant une certaine continuité d'un épisode à l'autre. Ce format fonctionne bien et rend la lecture légère et très fluide. J'ai souvent souri devant les situations, les personnages ou les dialogues.
En revanche, j'ai rarement ri devant les chutes elles-mêmes. Les conclusions des histoires me paraissent souvent assez prévisibles ou basiques. À mes yeux, l'humour fonctionne davantage dans le déroulement des récits que dans leur punchline finale.
Ce n'est donc pas une série hilarante, mais plutôt une lecture chaleureuse et sympathique qui entretient constamment une bonne humeur communicative.
La Fiancée du clan Kyougane nous raconte l'histoire d'un couple inhabituel : lui est le descendant d'une longue lignée d'exorcistes, qui a voué sa vie à la traque des démons, et elle est une jeune femme intrépide qui se retrouve avec un corps hybride à la suite d'une rencontre avec un célèbre démon. Mais loin de vouloir la tuer, Kuro Kyougane va tout faire pour protéger son épouse et essayer de lever l'anathème qui pèse sur elle.
C'est ma foi assez sympathique, l'action est quasi omniprésente, on ne s'ennuie pas, et avec l'arrivée d'un groupe d'inspecteurs de la guilde des exorcistes, les choses se corsent en fin de volume. Un premier volume plus épais que la moyenne, puisqu'il compte plus de 200 pages. Le dessin me semble manquer encore d'un peu de maturité, mais c'est ma foi assez agréable, et le design des démons rencontrés est plutôt inventif. Mention spéciale pour le démon de classe inférieure, assez semblable à un totoro, qui se fait estourbir pour être servie en ragoût à ce couple surprenant. cela ressemble à un running gag.
Curieux de lire la suite.
2.5
Ann Nocenti a commencé sa carrière de scénariste avec des séries de super-héros Marvel et même en faisant du comics mainstream elle écrivait souvent des histoires étranges où soit on embarquait dans son délire, soit on restait en dehors du récit. Ayant déjà lu des récits d'elle, je n'ai pas été surpris par le ton de cet album bien particulier.
On retrouve selon moi les forces et les faibles de la scénariste. Oui, elle a un ton original qui la fait sortir du lot, mais parfois c'est parfois un peu trop original pour être bien compréhensible. Le scénario mélange plusieurs thématiques et parfois c'est un peu dur de comprendre où l'autrice voulait en venir. C'est aussi un peu trop décousu à mon gout. Je pense que le plus gros défaut est le dessin que j'ai trouvé froid. Il est dénué d'émotions et d'ailleurs je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions durant ma lecture. Lorsque je regarde ce que j'ai aimé de Nocenti, je me rends compte que j'ai surtout aimé son run sur Daredevil et cela venait en parti du talent des dessinateurs qui collaboraient avec elle.
Au final, une curiosité à lire si on aime les scénarios bizarres, mais c'est pas très palpitant à lire.
L’ouvrage possède des qualités, se laisse lire facilement, mais il m’a aussi laissé un peu sur ma faim.
Il m’a déjà permis de connaitre cette femme, Hypathie – sans doute une des premières scientifiques féminines à propos de laquelle beaucoup d’informations nous sont parvenues. Et les auteurs utilisent ces informations, sur sa formation (avec son père), et sur le rôle important qu’elle a joué, au tournant des IVème et Vème siècle, à Alexandrie, dans le développement des sciences et plus généralement de leur enseignement. Le contexte historique est aussi assez bien rendu.
Le destin d’Hypathie est finalement tragique. Mais durant toute sa vie, elle a incarné une forte liberté intellectuelle – que sa naissance parmi la « bonne société » a bien sûr facilité. Et elle a fait face à beaucoup de misogynie, sa détermination et son talent lui permettant de passer outre, jusqu’au drame final. D’ailleurs c’est plutôt après sa mort que son « féminismes » a été mis en avant (contre elle pour en faire une préfiguration des « sorcières » de la part de ses détracteurs, et plus près de nous pour en faire une pionnière du féminisme – ce qui est sans doute anachronique.
J’ai juste trouvé le récit parfois un peu « sec ». Il y a aussi parfois quelques tournures qui m’ont semblé quelque peu anachroniques. En particulier le passage d’Hypathie dans « l’école d’Athènes » ressemble un peu trop dans certains dialogues à la vie estudiantine du XXème siècle (voir certains dialogues entre « étudiants »). Ils ont aussi pris la liberté de lier le destin tragique d’Hypathie avec la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie, ce qui n’est en réalité pas le cas (on ne sait d’ailleurs pas grand-chose de cette destruction).
Mais bon, le récit est instructif (aussi sur les conflits religieux des débuts du christianisme en Égypte), et donc intéressant.
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L'Incroyable Histoire de l'éducation
2.5 Un album dans la moyenne des autres one-shot qui commencent par les mots 'L'incroyable histoire de....''. C'est scénarisé par un spécialiste du sujet, un maitre conférencier en sciences de l'éducation et disons que ça se voit un peu trop. C'est très verbeux et dense, ce n'est pas un album qui se lit rapidement. Comme souvent avec les documentaires, le propos est intéressant, mais ce n'est pas très captivant à lire. La faute en partie au dessin. Je ne pense pas qu'Eva Rollin soit la dessinatrice idéale pour un documentaire, son trait va bien mieux à une BD humoristique. Parlant d'humour, les tentatives d'humour pour détendre l'atmosphère n'ont pas marché sur moi, et du coup cela a surtout servi à alourdir la narration et me donner plutôt envie d'arrêter de lire l'album. À lire si on veut voir comment était l'éducation à travers différentes périodes historiques.
L'Invisible
J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce récit, que ce soit au niveau du dessin, de la colorisation, ou de l’intrigue – en grande partie bâtie sur des flash-backs, ayant du mal à m’accrocher à ce personnage féminin un peu spécial (et qui pour son âge a quand même su garder de beaux restes – improbables si on n’y songe sérieusement – vu son expédition en parapente dans Paris !). Mais finalement je me suis fait au dessin, et l’intrigue a pris corps, avec cette évocation d’un engagement politique de jeunesse qui ressurgit quelques décennies plus tard. On oublie les quelques facilités scénaristiques (dont celle évoquée plus haut), et le côté un peu « gentil » de certains passages, pour enter dans ce récit mêlant polar et politique, finalement de façon plus classique que je ne le pensais au départ. La lecture est rapide, et plutôt agréable.
Yojimbot
Bonne bd, très beaux dessins mais une histoire poussive qui prend trop de temps à se mettre en place, sans sortir des sentiers battus. On aurait aimé un peu plus de prise de risque. Dans les faits, le dessin est charmant, avec une ligne efficace, de belles couleurs et un univers attrayant. Cependant, la bd ne m'a pas vraiment plu. J'ia pris du temps à comprendre pourquoi et je pense que c'est un mélange entre le rythme et la profondeur de l'histoire. On a une mise en scène dynamique proche du manga qui cependant prend du coup trop de pages et de temps à mettre en place ses premiers enjeux. Ceux-ci, en plus sont très classiques et ne surprennent pas tellement, difficile d'être ému dans ces conditions. Il faudrait être un peu plus exigeant sur le rythme et l'histoire, peut-être moins expliquer les basiques pour aller plus en profondeur dans les enjeux et les éléments. Mieux gérer la pagination pour que les moments de tensions ressortent et les mises en scène dynamiques soient exceptionnelles et ainsi vraiment haletantes. des idées intéressantes, un dessin formidable mais un album qui manque de densité et de profondeur à mon goût.
Inuit
Deux auteurs habitués au bd du type carnet de voyage s'en vont rencontrer des inuit un peu partout dans le nord canadien. J'ai bien aimé le coté éducatif de l'album. On a droit à plusieurs témoignages d'inuit, mais pas que, et au traves leurs témoignages ont fait un bon tour des problèmes que subit ce peuple. On parle aussi d'art inuit et on voit la sensibilité artistique de Baudoin, un auteur définitivement à part dans le paysage de la BD Franco-Belge. Même si le propos de l'album est intéressant, j'ai quand même trouvé l'album un peu trop aride. On retrouve le gros défaut des albums de Baudoin et de Troubs: la mise en scène est plate. Je comprends que d'autres lecteurs puissent apprécier le coté carnet de l'album, mais moi je trouve cela parfois dur à lire lorsqu'il y a pleins de textes. On est loin du journalisme à la Joe Sacco que je trouve plus accessible et facile à lire. Même lorsque le propos des inuit est intéressant, ce n'est pas présenté de manière passionnante. Cela reste un album à lire pour découvrir un peuple autochtone sans clichés ou angélisme.
Les Enfants de Sitting Bull
Édouard Baudoin raconte la vie de son grand-père qui a passé plusieurs années aux États-Unis à la fin du 19ème siècle. Je ne sais pas trop si la vie de son grand-père a été exagéré par la légende familiale parce que certaines anecdotes, surtout lorsqu'il rencontre une figure historique, me semble un peu trop gros pour être vrai. Il faut tout de même avouer que la réalité dépasse souvent la fiction alors peut-être que tout est vrai, mais j'ai vraiment l'impression que le grand-père a exagéré certaines choses à sa famille lors de son retour des États-Unis, un pays qui était encore exotique pour les français de l'époque. Sinon, on est dans un album de Baudoin alors on alterne entre la BD et des pages qui ressemblent plus à un carnet de notes. On passe d'un sujet à l'autre et c'est raconté de manière un peu aride. Même lorsqu'il raconte une anecdote excitante, la mise en scène de Baudoin était un peu trop plat. Ça se laisse lire parce que la vie du grand-père Baudoin est intéressante, mais il faut ne pas être allergique au style de Baudoin.
La Vie de Bouddha
Je termine maintenant ma première lecture des intégrales de Bouddha. J'ai commandé les quatre et je ne le regrette pas encore. Les dessins combinent Manga et Disney dans les animaux, réalisme dans les paysages aussi. L'histoire, avec tous ses personnages, est vraiment intéressante et je commence à m'attacher à certains. Ce n'était pas le Bouddha que j'attendais, tant mieux ! Je donnerai des nouvelles prochainement.
Tranche-Trognes
Tranche-Trognes est un bourreau médiéval persuadé d'exercer le plus noble des métiers, mais dont les maladresses et les échecs répétés font davantage de lui un personnage attachant et comique qu'une figure inquiétante. J'ai du mal à cerner le public cible de cette série. Le dessin, très aéré, rond et caricatural, donne l'impression de s'adresser aux enfants de moins de dix ans, tandis que le texte, certains jeux de mots et quelques gags plus caustiques semblent plutôt destinés à des lecteurs un peu plus âgés. On y trouve même par moments un humour qui parlera davantage aux adultes. Malgré ce positionnement un peu flou, j'ai trouvé l'ensemble plutôt plaisant. Le principal atout de la série est son ambiance. Bien que le héros soit un bourreau, il n'y a jamais de véritable torture ni de mort à l'écran. Tout est constamment désamorcé par l'humour, souvent contre la volonté du principal intéressé d'ailleurs. Tranche-Trognes est un personnage assez attachant : fier de son métier et convaincu de son importance, il accumule pourtant les maladresses avec une bonne humeur inaltérable. Il ne devient jamais ronchon ou amer malgré ses échecs répétés et conserve en permanence un enthousiasme communicatif. La série est construite sous la forme de chapitres courts, proches de petites histoires indépendantes, tout en conservant une certaine continuité d'un épisode à l'autre. Ce format fonctionne bien et rend la lecture légère et très fluide. J'ai souvent souri devant les situations, les personnages ou les dialogues. En revanche, j'ai rarement ri devant les chutes elles-mêmes. Les conclusions des histoires me paraissent souvent assez prévisibles ou basiques. À mes yeux, l'humour fonctionne davantage dans le déroulement des récits que dans leur punchline finale. Ce n'est donc pas une série hilarante, mais plutôt une lecture chaleureuse et sympathique qui entretient constamment une bonne humeur communicative.
La Fiancée du clan Kyougane
La Fiancée du clan Kyougane nous raconte l'histoire d'un couple inhabituel : lui est le descendant d'une longue lignée d'exorcistes, qui a voué sa vie à la traque des démons, et elle est une jeune femme intrépide qui se retrouve avec un corps hybride à la suite d'une rencontre avec un célèbre démon. Mais loin de vouloir la tuer, Kuro Kyougane va tout faire pour protéger son épouse et essayer de lever l'anathème qui pèse sur elle. C'est ma foi assez sympathique, l'action est quasi omniprésente, on ne s'ennuie pas, et avec l'arrivée d'un groupe d'inspecteurs de la guilde des exorcistes, les choses se corsent en fin de volume. Un premier volume plus épais que la moyenne, puisqu'il compte plus de 200 pages. Le dessin me semble manquer encore d'un peu de maturité, mais c'est ma foi assez agréable, et le design des démons rencontrés est plutôt inventif. Mention spéciale pour le démon de classe inférieure, assez semblable à un totoro, qui se fait estourbir pour être servie en ragoût à ce couple surprenant. cela ressemble à un running gag. Curieux de lire la suite.
Semences
2.5 Ann Nocenti a commencé sa carrière de scénariste avec des séries de super-héros Marvel et même en faisant du comics mainstream elle écrivait souvent des histoires étranges où soit on embarquait dans son délire, soit on restait en dehors du récit. Ayant déjà lu des récits d'elle, je n'ai pas été surpris par le ton de cet album bien particulier. On retrouve selon moi les forces et les faibles de la scénariste. Oui, elle a un ton original qui la fait sortir du lot, mais parfois c'est parfois un peu trop original pour être bien compréhensible. Le scénario mélange plusieurs thématiques et parfois c'est un peu dur de comprendre où l'autrice voulait en venir. C'est aussi un peu trop décousu à mon gout. Je pense que le plus gros défaut est le dessin que j'ai trouvé froid. Il est dénué d'émotions et d'ailleurs je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions durant ma lecture. Lorsque je regarde ce que j'ai aimé de Nocenti, je me rends compte que j'ai surtout aimé son run sur Daredevil et cela venait en parti du talent des dessinateurs qui collaboraient avec elle. Au final, une curiosité à lire si on aime les scénarios bizarres, mais c'est pas très palpitant à lire.
Sorcières - Hypathie
L’ouvrage possède des qualités, se laisse lire facilement, mais il m’a aussi laissé un peu sur ma faim. Il m’a déjà permis de connaitre cette femme, Hypathie – sans doute une des premières scientifiques féminines à propos de laquelle beaucoup d’informations nous sont parvenues. Et les auteurs utilisent ces informations, sur sa formation (avec son père), et sur le rôle important qu’elle a joué, au tournant des IVème et Vème siècle, à Alexandrie, dans le développement des sciences et plus généralement de leur enseignement. Le contexte historique est aussi assez bien rendu. Le destin d’Hypathie est finalement tragique. Mais durant toute sa vie, elle a incarné une forte liberté intellectuelle – que sa naissance parmi la « bonne société » a bien sûr facilité. Et elle a fait face à beaucoup de misogynie, sa détermination et son talent lui permettant de passer outre, jusqu’au drame final. D’ailleurs c’est plutôt après sa mort que son « féminismes » a été mis en avant (contre elle pour en faire une préfiguration des « sorcières » de la part de ses détracteurs, et plus près de nous pour en faire une pionnière du féminisme – ce qui est sans doute anachronique. J’ai juste trouvé le récit parfois un peu « sec ». Il y a aussi parfois quelques tournures qui m’ont semblé quelque peu anachroniques. En particulier le passage d’Hypathie dans « l’école d’Athènes » ressemble un peu trop dans certains dialogues à la vie estudiantine du XXème siècle (voir certains dialogues entre « étudiants »). Ils ont aussi pris la liberté de lier le destin tragique d’Hypathie avec la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie, ce qui n’est en réalité pas le cas (on ne sait d’ailleurs pas grand-chose de cette destruction). Mais bon, le récit est instructif (aussi sur les conflits religieux des débuts du christianisme en Égypte), et donc intéressant.