Les derniers avis (49037 avis)

Couverture de la série Nautilus
Nautilus

Si le titre et les premières pages font évidemment penser à Verne, c’est aussi et avant tout à Kipling que cette série fait référence, avec ces aventures asiatiques, loin des océans en tout cas dans le premier album. Némo fait son apparition en fin de premier album, et le Nautilus devient central par la suite. Un Némo surprenant, chantre de la nation indienne, luttant contre la colonisation, totalement nihiliste et cherchant à déclencher un conflit entre grandes puissances pour assouvir ses envies de solder les comptes. Finalement, après avoir lu les trois tomes, c’est le premier qui m’a le plus intéressé. Les autres restent dans la veine d’aventure/espionnage, mais c’est moins crédible, cela joue sur trop de facilités (déjà tout ce qui tourne autour de l’attentat et de la recherche des preuves dans un paquebot coulé en plein port de Bombay force trop notre tolérance au possible), et dans le troisième tome il y a bien trop de retournements de situation, de situations improbables – le Nautilus semble-t-il dans la Seine ? Les bisbilles entre Kimball et Jaya sont aussi un peu lassantes, et la fin de Némo est elle aussi improbable… Ça se laisse lire, c’est rythmé, et le dessin est plutôt bon, ce qui me fait arrondir aux trois étoiles, mais je n’y ai pas retrouvé le charme de Verne. Note réelle 2,5/5.

06/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Buz Sawyer
Buz Sawyer

Buz Sawier est une série typique de la production américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, exaltant les exploits de l'armée. Je préfère les histoires du personnage après son retour à la vie civile, en tant que détective. Les dessins sont de très bonne qualité, cependant Roy Crane se plaignait du travail et du temps qu'il passait à dessiner les avions avec tant de détails. Mais il a été reçu à la Maison-Blanche pour ses réalisations dans les comics ! Les aventures du héros sont un bon divertissement et ont évolué en termes d'humour, ainsi que dans le rôle de plus en plus important de belles jeunes filles très bien dessinées.

06/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Dans l'ombre (Ito)
Dans l'ombre (Ito)

Un autre recueil d'histoires d'horreur par Junji Ito. J'en avais déjà lu une dans un autre recueil publié par le même éditeur et j'ai vu qu'une autre a servit de titre dans un des bouquins publiés par Tonkam il y a une quinzaine d'années (La Ville sans rue). Ça serait bien d'éviter les doublons. Les histoires de ce recueil ont été publiées dans la première moitié des années 90, lorsque l'auteur avait déjà quelques années de carrière professionnelle derrière lui. On retrouve son dessin si reconnaissable, mais il n'y a pas encore le style qui va avoir par la suite vers la fin des années 90-débuts années 00. La plupart des histoires ne sont pas trop mal. On retrouve quelques défauts récurrents de l'auteur comme des fins abruptes ou encore une histoire où le paranormal n'a pas d'explication alors que j'aime bien quand on m'explique la source du paranormal (un esprit vengeur, un monstre, etc) et je ne suis pas fan de 'il s'est passé un truc bizarre et puis s'est tout alors accepte-le'. Un bon point de cet album est qu'Ito ne tombe pas dans le grandguignolesque comme c'est trop souvent le cas avec lui et d'autres auteurs japonais spécialisés dans l'horreur. Les émotions des personnages sont mesurés et l'histoire qui me semblait décousu fini par être plus cohérent lorsqu'on lit les dernières pages. Certaines histoires sont plus psychologique et c'est le type d'horreur que j'apprécie le plus.

06/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Chambre de verre
La Chambre de verre

C'est le deuxième album d'Axel que je lis, et ce que j'apprécie vraiment dans son travail, c'est sa manière de mettre en scène des personnages qui paraissent authentiques. Ni idéalisés, ni caricaturaux, ni trop jeunes ni trop beaux, ils donnent une impression de réalisme assez rare dans ce registre, et ça rend les situations plus crédibles et plus émoustillantes. Ici encore, on retrouve cette approche, avec une héroïne qui sort des standards habituels et un traitement assez naturaliste du corps et de la relation. Le dessin, réaliste et sensuel, fonctionne très bien, avec des scènes érotiques réussies sans tomber dans une surenchère artificielle. En revanche, j'ai été moins embarqué que dans La Tentation, l'autre album de l'auteur que j'ai lu. L'histoire est ici plus simple, plus rapide, presque un peu plate, et se résume vite. Elle aborde l'exhibitionnisme et ses implications dans une relation amoureuse, mais comme je ne suis pas particulièrement sensible à ce fantasme, la petite réflexion proposée autour du sujet ne m'a pas vraiment parlé. Ça reste une lecture agréable, portée par le dessin et par ce réalisme qui accentue l'érotisme, mais elle m'a laissé un peu à distance..

05/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Les Mémoires de la Shoah
Les Mémoires de la Shoah

Et ben maintenant on adapte des reportages qui sont parus il y a des décennies ! Le thème de la shoah n'est pas nouveau dans le monde de la bande dessinée et je me demandais si cet album allait apporter quelques choses de neuf. Et ben on a un peu ça dans la seconde partie. Si j'ai déjà lu des témoignages de survivants de la shoah et comment ce génocide a influencé leurs enfants qui sont nés après le conflit, je n'avais jamais lu de témoignages d'enfants de nazis. C'est très intéressant et on voit une variétée de témoignages, entre ceux qui renient leurs parents et d'autres qui les défendent et vont jusqu'à nier la réalité en tombant dans le négationnisme. Il y a des passages vraiment intéressants, notamment ceux portant sur les rencontres entre les enfants de survivants de l'holocauste et d'enfants de nazis. Cela dit, même si le propos est passionnant, ce n'est pas raconté de manière passionnante. La faute au dessin réaliste que j'ai trouvé franchement laid. La mise en scène est plate, même lorsque la dessinatrice essai des truc dynamiques. Dommage cela fait baisser la qualité de l'album.

05/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Adam et Eve - La Genèse
Adam et Eve - La Genèse

Cet album ne se contente pas de raconter le seul récit d'Adam et Ève comme son titre pourrait le laisser penser. Il va plus loin en intégrant aussi l'histoire d'Abel et Caïn, puis en développant l'errance de Caïn, la naissance d'Hénoch et le devenir de la ville qui porte son nom. Cette dernière partie m'a d'ailleurs surpris, car elle n'est pas détaillée de cette manière dans la Genèse (en tout cas pas à ma connaissance), contrairement à ce que pourrait laisser entendre le sous-titre de l'album. Et à l'inverse, le récit ne dit absolument rien de Seth, pourtant troisième fils d'Adam et Ève et ancêtre supposé de l'humanité dans la tradition biblique, ce qui est assez étonnant. Pour le reste, on est face à une adaptation globalement fidèle au texte. Il n'y a donc pas de grandes surprises pour qui connaît déjà la Genèse, mais l'ensemble est raconté de manière fluide, bien rythmée, et plutôt agréable à lire. Le dessin est classique mais solide, et accompagne efficacement le récit sans vraiment marquer durablement. Cette fidélité a aussi pour effet de laisser apparaître assez clairement les incohérences du texte biblique. La malédiction qui frappe Caïn est présentée comme terrible, mais ne l'empêche visiblement ni de survivre ni de fonder une famille, voire une civilisation. Et surtout, rien n'explique l'origine de sa femme, qui apparaît au détour d'une case alors qu'Adam et Ève sont censés être les seuls humains sur Terre. Le dossier documentaire en fin d'album n'apporte, lui non plus, aucun éclairage sur ces zones d'ombre : il préfère s'orienter vers une réflexion plus philosophique sur le Bien, le Mal et la figure du Diable, ce qui peut être intéressant en soi, mais laisse de côté certaines questions concrètes que le récit soulève pourtant assez naturellement. C'est une adaptation sérieuse et plutôt bien menée dans sa forme, mais qui reste très sage, sans prise de risque, et qui n'exploite pas forcément tout le potentiel de questionnement que ce texte fondateur pourrait offrir.

04/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Off
Off

Franchement bien me parait un peu excessif mais « pas mal » me semble a contrario très réducteur… Off est en fait un bon récit sans doute trop prévisible. Je suis plutôt amateur du genre (thriller d’anticipation) et je ne vais donc pas bouder mon plaisir car j’ai retrouvé les éléments attendus : des références scientifiques, des clins d’œil politiques, une vision assez sombre du futur, un dessin efficace, un rythme soutenu, un bon casting avec des personnages plus complexes qu’il n’y parait au premier abord… Et, pour le Belge que je suis, un ancrage national bien marqué avec pas mal de références faites à la situation actuelle de la Belgique. Tout est bon… mais rien n’est vraiment exceptionnel. Il manque LA super idée ou LE personnage envoûtant. Ici, le récit ronronne. Ça sent le téléfilm grand public, que l’on suit avec un plaisir coupable, en appréciant les références et le soin apporté mais durant lequel on sait pouvoir fermer les yeux cinq minutes sans perdre le fil d’un récit à la trajectoire annoncée. C’est le genre de lecture que je conseille vivement aux lecteurs ‘classiques’ (Yann135, tu devrais bien accrocher) mais je crains qu’il ne laisse sur leur faim les plus aventureux. Pas mal du tout… mais il manque un petit quelque chose pour atteindre le cran supérieur.

04/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Mina Loween
Mina Loween

Une adolescente en deuil se retrouve entraînée, le soir d'Halloween, dans le monde des morts, où elle tente de retrouver sa mère tout en affrontant des forces qui la dépassent. J'ai été assez surpris, et même un peu peiné, de découvrir que Mina Loween s'était arrêtée dès son premier tome, parce que ce début n'avait rien de honteux, loin de là. On sent clairement une œuvre encore en construction, avec des défauts de jeunesse, mais aussi un vrai potentiel qui donnait envie de lire la suite. Le dessin, notamment, démarre de manière un peu hésitante, avec des proportions parfois approximatives et un manque de volume sur certaines planches. Mais assez vite, le trait gagne en assurance, affirme une jolie personnalité et s'accompagne de couleurs travaillées qui apportent beaucoup à l'ambiance. Il y a quelque chose de sincère et de déjà assez singulier dans ce style, qui ne demandait qu'à mûrir. Même impression côté scénario. Le début peut donner l'impression d'un récit un peu adolescent, avec un cadre et des codes assez familiers autour de cette jeune héroïne plongée dans le monde des morts. Mais plus on avance, plus l'univers se révèle intéressant, avec des idées qui sortent un peu des sentiers battus, des personnages qui sonnent juste dans leurs réactions et leurs dialogues, et surtout plusieurs éléments de mystère (les crâmés, les nécromanciens, le fonctionnement de ce monde des morts) qui donnent envie d'en apprendre davantage. Ce n'est pas parfait, il y a parfois un peu trop d'informations qui s'accumulent et une narration encore un peu maladroite, mais l'ensemble est agréable à suivre. On sent qu'il y avait matière à développer quelque chose de plus ambitieux sur la durée. Du coup, difficile de ne pas regretter l'arrêt prématuré de la série. Savoir que cela tient en partie aux conditions compliquées chez Les Humanoïdes Associés à l'époque, avec des auteurs mal rémunérés, rend la chose d'autant plus amère, d'autant que cela semble s'être répété pour d'autres auteurs ces derniers temps. Quand on voit ce que ce premier tome laissait entrevoir, on se dit qu'il y avait les éléments pour construire une sympathique série.

04/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Folles Anecdotes de l'Histoire
Les Folles Anecdotes de l'Histoire

J'ai globalement apprécié ces deux tomes, déjà parce que le niveau graphique est vraiment solide du début à la fin. Le fait de faire appel à plusieurs dessinateurs aurait pu donner quelque chose d'inégal, mais ce n'est pas le cas : les styles varient, bien sûr, mais l'ensemble reste de bon, voire très bon niveau, avec même plusieurs signatures particulièrement marquantes. Le premier tome, consacré au sport, est celui que j'ai le plus apprécié. N'étant pas particulièrement amateur du sujet, j'y ai découvert pas mal d'anecdotes que j'ignorais complètement, parfois étonnantes, parfois franchement édifiantes, et toujours racontées avec ce mélange d'humour et de pédagogie qui fonctionne bien. Il y a un vrai plaisir à apprendre des choses sans avoir l'impression de lire quelque chose de scolaire. Le second tome m'a aussi plutôt plu, mais pour des raisons un peu différentes. Le thème des mystères et des arnaques est intéressant, mais comme je connaissais déjà une bonne partie des histoires abordées, l'effet de découverte est forcément moins présent. Et surtout, beaucoup de récits aboutissent assez rapidement à la même conclusion : les gens peuvent être étonnamment crédules, voire franchement stupides, face à certaines supercheries. Cela finit par créer une forme de répétition dans le propos, même si ça reste souvent amusant. À ce titre, l'anecdote des harengs 'pêteurs', que je ne connaissais pas du tout, est clairement celle qui m'a le plus amusé. Dans les deux cas, le format en histoires courtes fonctionne bien, même si tout est forcément un peu survolé. On picore plus qu'on ne creuse, mais l'ensemble reste divertissant, bien dessiné, bien rythmé et suffisamment instructif pour donner envie, parfois, d'aller voir plus loin.

03/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Sage
Sage

J’ai déjà lu plusieurs albums de Quentin Zuttion. Tous évoquaient largement l’homosexualité. Mais dans cet album autobiographique il le fait de façon beaucoup plus forte, prenante (même si dans son adaptation de Salon de beauté il y avait déjà une certaine noirceur – liée au développement du Sida dans la « communauté » gay. Ici Zuttion se met à vif, et propose à ses lecteurs une sorte d’analyse, de psychanalyse ouverte, ne cachant pas grand-chose de ses douleurs (l’homophobie « ordinaire » de sa famille, les violences subies durant sa jeunesse avant son coming out), et c’est un homme tiraillé par toutes sortes d’angoisses – qui le rendent presque allergique aux relations sociales, dépendant comme d’une drogue de certains réseaux sociaux. Ces angoisses sont matérialisées par des « zombies » aux yeux brillants qui le poursuivent un peu partout. L’album est vite lu, il y a peu de texte, Zuttion usant d’une narration préférant les silences et les murmures aux longues tirades. C’est une lecture intéressante, qui nous fait entrer profondément dans la psyché de l’auteur.

03/05/2026 (modifier)