Les derniers avis (48471 avis)

Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Juste après la vague
Juste après la vague

Dominique Monféry signe ici l'adaptation d'un roman post apocalyptique plutôt original. Le monde que nous connaissons a été submergé par une vague immense qui a tout englouti. La surface de la Terre ressemble à un lac immense duquel dépasse quelques iles, reliques des montagnes d'avant la catastrophe. L'univers dépeint n'est pourtant pas si glauque, au contraire, il est presque poétique. La famille de nos héros a organisé sa survie dans une bonne humeur apparente : Leur maison isolée se dresse en haut d'un pic qui dépasse encore de l'eau. La mère prépare le café et fait des tartines à ses enfants le matin, le père s'occupe du potager et des poules, quand il bricole pas dans son garage. Et à part quelques cauchemars les enfants s'accommodent très bien de ce mode de vie. Malgré cette situation précaire et incertaine, on ne sent pas une menace imminente... Et pourtant. Les parents ont bien compris que l'eau continue à monter et que leur rocher de fortune sera bientôt submergé lui aussi. Pour fuir, ils ont une vielle barque, dans laquelle il n'y a pas de places pour emmener toute la famille. Il va leur falloir choisir quels enfants emmener avec eux et quels enfants laisser derrière eux... L'histoire prend alors une dimension bien plus dramatique. Cette séparation forcée va être le début de la fin. Chaque groupe va s'organiser, s'inquiéter pour l'autre et subir des déconvenues. La situation va aller de mal en pis, et la tension va monter crescendo. Le ton sonne juste, et les péripéties successives agrémentent habilement le récit. On jongle entre espoir et déconvenues, c'est assez efficace et plaisant. De son coté, le dessin élégant et coloré contraste avec la noirceur de la situation. C'est bien vu et contribue à l'originalité de l'ensemble.

17/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Lightfall
Lightfall

Même si le vieil adulte que je suis a plutôt apprécié la lecture des trois premiers tomes, c’est à un jeune lectorat – ou lectorat adolescent – qu’elle s’adresse en priorité. De par le dessin, assez simple et parfois enfantin, l’intrigue, finalement pas hyper étoffée, ou les dialogues. Mais ceci dit c’est bien fichu, dynamique, et cela plaira au public cible, qui pourra s’identifier à la jeune héroïne, Béa (une héroïne loin d’être infaillible et monolithique, qui est souvent en proie à des angoisses – matérialisées par des sortes de fumeroles noires l’enveloppant) ou son principal compagnon rondouillard, Cad. On est ici dans une fantasy relativement classique, une sorte de Tolkien « adouci » (même si la noirceur est présente !) : un groupe de personnages hétéroclites progressivement constitué lancé dans une quête au cœur d’un monde que la noirceur menace, le sorcier cochon Alfirid ayant de faux airs de Gandalf. C’est assez rythmé, quelques pointes d’humour accompagnent le récit (autour de Cad surtout). C’est une série à recommander à de jeunes lecteurs. Malgré la pagination conséquente de chaque tome, elle se lit relativement vite : peu de textes, pas mal de pages muettes, et une intrigue « classique » du genre, sans trop d’intrigues annexes. Note réelle 3,5/5.

17/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Cinq Vies de Lee Miller
Les Cinq Vies de Lee Miller

La fin du XIXe et le début du XXe siècle paraissent aujourd'hui comme une drôle de période, durant laquelle de jeunes femmes belles et fortunées pouvaient user de leur charme et de leur statut social pour devenir des célébrités évoluant dans des milieux artistiques et extrêmement privilégiés. J'ai l'impression d'avoir déjà croisé ce type de parcours féminin à plusieurs reprises, notamment dans La Casati - La Muse égoïste, Eve sur la balançoire - Conte cruel de Manhattan, et sans doute dans d'autres biographies que j'ai oubliées. Et je dois dire que j'ai peu de considération pour ces enfants gâtées par la vie, évoluant très au-dessus de la plèbe, dans des cercles ultra favorisés, portés par une certaine idée de l'Art et coupés de la réalité. C'est aussi le cas ici d'Elizabeth Miller, qui papillonne entre sa carrière de mannequin pour Vogue, ses voyages à travers le monde, et son statut de muse auprès de divers artistes ou riches admirateurs. Mais comme l'indique le titre, Lee Miller a eu plusieurs vies. Au-delà de son activité réelle et reconnue de photographe portraitiste professionnelle, c'est surtout son engagement comme reporter pendant la Seconde Guerre mondiale qui force le respect. Elle s'est rendue sur le terrain, souvent dans des conditions difficiles, et s'est retrouvée en première ligne lorsqu'il a fallu documenter la libération des camps de concentration. La photographie la plus célèbre la représentant, dans la baignoire d'Hitler le jour même de son suicide, avec ses bottes encore couvertes de la boue de Dachau salissant le tapis de bain au premier plan, résume à elle seule le basculement radical de son parcours. Avec cette BD, j'ai découvert la vie d'une personnalité que je ne connaissais absolument pas. J'ai éprouvé peu d'empathie pour elle, mais une certaine curiosité quant à ce qui pouvait la rendre digne d'intérêt. Autant je reste assez distant vis-à-vis de la première moitié de sa vie, autant je reconnais la valeur de son travail comme photographe de guerre. La mise en scène est solide, avec quelques originalités dans la mise en page, et une narration globalement claire et bien rythmée. Sans jamais m'emporter ni me passionner, le récit m'a néanmoins paru intéressant et correctement construit.

16/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Caballero Bueno - Une enquête de l'inspecteur Valverde
Caballero Bueno - Une enquête de l'inspecteur Valverde

3.5 Un polar sympathique qui se passe dans un cadre historique qu'on voit peu dans le monde de la bande dessinée: l'ile de Pâques au temps de la colonisation. Le scénario est du polar classique, mais efficace. Le personnage principal est un inspecteur haut en couleurs dans la tradition des détectives un peu excentriques comme Sherlock Holmes et qui va se révéler être un personnage très complexe. J'ai bien aimé explorer cette ile où les colons et les indigènes ne sont pas traités de la même façon. L'intrigue est captivant pendant une bonne partie de l'album et malheureusement mon intérêt a un peu baissé une fois qu'on comprend pourquoi la victime a été tuée. Ce qui n'aide pas est qu'après qu'on a la résolution de l'énigme, l'intrigue traine un peu avec cette longue conclusion qui ne semble pas finir. Quant au dessin, c'est du semi-réaliste dynamique et expressif comme je l'aime.

16/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Histoire de Siloë
L'Histoire de Siloë

Série de science-fiction d’anticipation solide, portée par une intrigue politico-scientifique cohérente mais sans réel effet de surprise. Le postulat est intéressant et les enjeux sont clairs, toutefois la progression narrative manque de tension : le récit avance lentement, avec des phases de stagnation et plusieurs questions laissées en suspens ou insuffisamment clarifiées. Les motivations de certains personnages restent floues, ce qui affaiblit l’impact global. Malgré ces limites, l’ensemble demeure agréable à lire. La construction reste maîtrisée et l’univers fonctionne, sans dérives excessives ni complexité artificielle. On est sur une SF efficace, bien tenue, mais qui ne cherche ni ne parvient à marquer durablement. Graphiquement, le dessin est propre et lisible, avec une approche pragmatique adaptée au genre. Rien de spectaculaire, mais une exécution sérieuse et cohérente, au service du récit sans le surplomber.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Un printemps à Tchernobyl
Un printemps à Tchernobyl

Lecture ambivalente. L’album assume pleinement une approche documentaire et contemplative, proche du carnet de voyage. Cette lenteur crée une belle atmosphère réflexive et offre un regard singulier sur Tchernobyl, volontairement décalé de la seule dimension catastrophiste. Le choix de se concentrer presque exclusivement sur l’humain — habitants, survivants, rencontres — apporte une profondeur sensible à un sujet largement médiatisé. En contrepartie, le propos peine parfois à se structurer. On cherche un fil directeur plus net, un sens global plus affirmé. Le fond reste diffus, comme si l’errance volontaire du récit prenait le pas sur une véritable démonstration ou un point de vue clairement posé. Les codes du docu-aventure sont bien présents, mais ils accentuent ce sentiment de balade plus que d’analyse. Graphiquement, l’album est déroutant. Le dessin est éclectique, hétérogène, parfois très beau — certaines planches sont réellement marquantes — mais aussi inégal. Certaines cases paraissent plus caricaturales, voire expédiées, donnant l’impression d’une application variable selon les passages. Un style qui ne correspond pas forcément au style et propos de la BD, mais qui participe malgré tout à l’identité du projet.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Trahie
Trahie

Mouais. Je suis sorti quand même moins convaincu ou enthousiaste que mes prédécesseurs de la lecture de ce diptyque. Il se laisse lire, il y a une réelle dimension psychologique oppressante, une tension permanente, donc je comprends que des amateurs de polar nordique y aient trouvé leur compte. Mais plusieurs petites choses m’ont chagriné. D’abord le dessin. Lisible, mais je n’aime pas trop le rendu des visages, parfois manquant de détails, parfois trop secs ou « ridés ». Mais bon, ça fait quand même le boulot. La construction narrative ensuite. Certes, les allers-retours entre périodes et personnages différents apportent quelque chose. Mais ici ça hache un peu le récit et surtout ça n’est franchement pas toujours très clair ! j’ai dû à de nombreuses reprises revenir en arrière pour bien saisir qui était qui, qui faisait quoi (quelques personnages se ressemblent en plus physiquement). Bref, cette gymnastique m’a apporté moins de plaisir de lecture que cela semble avoir été le cas pour d’autres.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Dernier Vol de Dan Cooper
Le Dernier Vol de Dan Cooper

L’album se laisse lire sans problème – assez vite d’ailleurs, eu égard à une intrigue finalement assez légère, et des dialogues peu abondants. Mais il m’a quand même laissé un chouia sur ma faim. Lorsque j’avais vu l’album dans les bacs, je l’avais au départ laissé de côté, pensant y trouver une énième relance de vieille série à papa (je ne connais pas Dan Cooper, et ne suis pas vraiment attiré par cette série en plus). En fait il n’en est rien, même si Cornette fait plusieurs clins d’œil appuyé à Dan Cooper, le héros éponyme montrant ostensiblement l'album "Le secret de Dan Cooper"de la série dans ses affaires… Bref, rien à voir avec la série du même nom donc, et inspiré d’un homme et d’un événement réels. J’ai un temps cru à une invention du scénariste, mais la postface et une rapide recherche sur le net m’ont renseigné sur ce braquage réel et franchement original – même si semble-t-il par la suite plusieurs braqueurs ont tenté la même chose (cela se finissant mal à chaque fois). Car notre « Dan Cooper » fait mine dans les années 1970 de détourner un avion pour obtenir une rançon, et s’enfuir avec en sautant en parachute. Dans la vraie vie on n’a jamais retrouvé Cooper, ni son butin, l’affaire a été classée il y a peu. C’est là que Cornette se positionne, « inventant » la suite. Pourquoi pas ? Il y a matière à alimenter les fantasmes. Mais hélas, si on ne s’ennuie pas vraiment, l’histoire est un peu décevante. En effet, il ne se passe finalement pas grand-chose, on n’apprend rien sur Cooper (et sur sa préparation du braquage avec sa complice – je n’ai même pas complètement saisi quels liens les unissaient vraiment, ni comment ils s’étaient rencontrés), et la conclusion, ouverte, ne nous propose même pas une fin claire. Sympathique, sans plus, avec un goût de trop peu.

15/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série De Cape et de Mots
De Cape et de Mots

Encore l'adaptation d'un roman que je ne connaissais pas et le résultat est pas mal.. On ne voit pas du tout que c'est tiré d'un roman, il y a pas de textes inutiles et on a bien compris que la BD est un art visuel. Il faut dire aussi que le dessinateur et coscénariste de l'adaptation a de l'expérience dans le métier. Le dessin de Kerascoët est toujours aussi agréable à l'œil et va très bien pour ce type d'histoire. C'est un conte remplit de bons mots, le genre d'album parfait pour un jeune qui a une bonne connaissance de la langue française. J'ai trouvé la lecture agréable, mais avec quelques défauts. Si l'héroïne est terriblement attachante, c'est moins le cas des autres personnages qui m'ont semblé trop réduit à un trait de caractère pour être intéressant. Cela n'est pas trop dérangé vu que c'est un conte et que dans ce type de récit les personnages sont souvent stéréotypée à l'extrême, mais cela a tout de même contribué à ce que je ne trouve pas le récit extraordinaire. Un autre défaut est que je trouve que toute la partie où l'héroïne est un demoiselle finit par trainer un peu longueur. Cela reste un bon album, mais je la mets pas dans mes lectures indispensables.

14/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Escadron bleu, 1945
L'Escadron bleu, 1945

L'Escadron bleu est le surnom donné à une unité mobile de la Croix-Rouge française, composée de jeunes infirmières et ambulancières chargées, à partir de 1945, de rapatrier en France les prisonniers de guerre blessés. Ayant d'abord opéré entre l'Allemagne et la France, elles furent ensuite envoyées en Pologne afin de récupérer les survivants des camps, mais aussi les Malgré-Nous, ces Alsaciens et Lorrains enrôlés de force par les Nazis et considérés comme des traitres et des ennemis par les Russes. Elles se retrouvent alors confrontées à la situation complexe d'une Pologne en train de passer entièrement sous la coupe soviétique, où les autorités voient d'un très mauvais oeil ces Françaises susceptibles de témoigner des exactions de l'Armée Rouge sur la population locale et de faire évader des blessés que les Russes considèrent comme des prisonniers ne méritant que la mort. C'est un pan de l'Histoire qui m'était totalement inconnu, cette période charnière entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la tombée du Rideau de Fer. J'ignorais également tout du travail à la fois extrêmement compliqué et dangereux de ces femmes engagées dans la Croix-Rouge française, qui ont mis leurs efforts et parfois leurs vies au service du rapatriement des anciens prisonniers et blessés français à partir de 1945. Rappeler leurs actions et mettre en lumière qui elles étaient afin qu'elles ne soient pas oubliées constitue une initiative très louable. L'album se révèle d'ailleurs passionnant par tout ce qu'il montre de la complexité de la situation locale et des risques pris par ces femmes, notamment sous le commandement du medecin-lieutenant Madeleine Pauliac. Certaines situations témoignent d'une audace incroyable, qui aurait valu à n'importe quel autre soldat ou infirmier français l'emprisonnement, voire la mort, et condamné des centaines de blessés à une issue tragique. Des faits héroïques, un contexte très instructif et une intention exemplaire, donc, mais une BD malheureusement en demi-teinte en raison d'un manque de clarté narrative. La situation est complexe et reste trop peu expliquée. Il faut déjà disposer de solides connaissances historiques ou réussir à capter des informations disséminées au fil des pages pour bien comprendre ce qui est en jeu, et même dans ce cas, la lecture manque d'une vue d'ensemble ou de repères récapitulatifs permettant de tout assimiler. La narration multiplie par ailleurs les sauts dans le temps et l'espace, sans indiquer clairement où et quand l'on se situe, ce qui rend la lecture confuse. À cela s'ajoute une galerie de personnages très fournie et un dessin des visages parfois changeant, qui conduit facilement à confondre les protagonistes. Il m'a fallu par exemple un certain nombre de pages pour réaliser que la fameuse Madeleine ne faisait pas partie de l'Escadron bleu lors de leurs missions en Allemagne. Sans parler de l'agencement des bulles de dialogues qui sont placées de manière non intuitive et se lisent trop souvent dans le désordre ce qui est assez agaçant. Le dessin lui-même est inégal. Globalement plaisant, il fonctionne bien pour les décors et rend régulièrement les personnages de manière convaincante. Mais il se montre aussi inconstant, avec des visages parfois moins réussis ou trop variables pour être reconnus sans ambiguïté. Cela reste toutefois un ensemble de belles planches, dont j'apprécie en particulier le travail sur les couleurs et la lumière. Et il faut dire qu'il y avait énormément à raconter, tant les actions menées par ces femmes entre 1945 et 1946 furent nombreuses et intenses. J'ai donc apprécié l'ouvrage pour sa dimension historique et son travail de mémoire, qui rappelle au grand public l'œuvre héroïque de ces femmes au sortir de la Seconde Guerre mondiale. En revanche, j'ai davantage souffert de la confusion de sa narration et de la difficulté, en tant que lecteur, à me repérer entre les lieux et les époques pour pleinement assimiler ce qui m'était raconté.

14/01/2026 (modifier)