C'est une histoire assez longue sur la vie d'un humanitaire dans une ONG au coeur de l'Afghanistan au début des années 2000. A vrai dire on a un peu de mal à se rendre compte de la réalité de son travail à part rencontrer des gens, faire en sorte qu'ils s'entendent sur tel ou tel projet pour leur village.
On se situe post attentats du 11 Septembre, c'est un pays à la population jeune qui ne connait que le conflit depuis l'invasion soviétique de la fin des années 1970. Les gens survivent plus qu'ils ne vivent dans un pays figé sans grande trace du progrès. Pas de loisirs, et certains habitants sont très isolés dans les montagnes. Le pays est le refuge des produits de consommation périmés que les autres ne veulent pas.
La poussière, des paysages arides, tout cela est bien rendu par le dessin noir et blanc assez épuré. L'album contient plusieurs chapitres sur différents points de la société afghane, parfois comique et pleine de paradoxe. Sur les relations homme femme par exemple, la question du voile et de la burqa, les hommes draguent notamment à Kaboul, mais pour leur mariage ils ne veulent pas une femme "délurée" qui accepte d'aller manger une glace. Non il leur faut une femme "pure", un objet en réalité tant elle ne peut rien faire sans l'aval d'un homme.
Un bon travail d'édition des Requins Marteaux avec ce livre épais. Néanmoins je relève plusieurs fautes d'orthographe notamment dans une page d'intertitre (ascène au lieu d'ascèse...), horripilant. Il y a un chapitre un peu plus long que les autres où un homme raconte son long et coûteux périple pour tenter de rejoindre l'Angleterre. Il serait intéressant de savoir ce qu'il en est 20 ans après, sans doute pas mieux voire pire.
Je n'étais pas prêt pour cette lecture... Jodorowsky pousse le curseur du délire assez loin ici en adoptant l'angle de la comedie de mœurs (à la sauce piquante !).
Le premier tome est brillant à tous les niveaux. Moebius livre de très belles planches, s'amuse avec la gamme chromatique des couleurs pour illustrer certaines scènes tandis que Jodo met en place un canevas drôle et très original.
Malheureusement ça se gâte un peu à partir du tome 2. Moebius choisit de rajeunir son dessin pour une raison inconnue et cela réduit l'histoire à sa dimension humoristique. Pour enfoncer le clou, Jodorowsky nous abreuve tout à coup de citations philosophiques faisant l'effet d'un somnifère.
Cette direction est assumée et s'accélère au troisième et dernier tome. On lit sans déplaisir d'autant que Jodo est assez inspiré pour conclure son histoire.
J'ai eu un peu de mal avec le running gag régressif qui sert de fil marron - haha - à l'intrigue.
Le changement de style visuel est le principal défaut de cette bande. C'est fort dommage d'autant que ça partait bien avec cette couverture sublime qui sera malheureusement censurée à partir de l'édition 2020.
Une BD réalisée à quatre mains à tous les niveaux : scénario, graphisme et couleurs par Élodie Portela Vidal et Quentin Rigaud.
Un récit post-apocalyptique qui se veut ambitieux.
Une comète est entrée en collision avec notre planète. Le monde d'avant n'est plus, celle-ci a transformé la faune et la flore. Et ces mutations ont décimé les humains dont il ne reste que quelques groupes isolés qui survivent tant bien que mal. Pour survivre, quelques rescapés se voient attribuer des dons grâce à la poussière de la comète (lire la galerie pour de plus amples explications), un rituel qui n'est pas sans danger. Et grâce à ces dons spécifiques, ils peuvent ainsi créer des armures géantes pour se protéger du monde extérieur et de ses créatures chimériques.
Un récit qui ne m'a pas totalement convaincu, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. De un, je ne me suis jamais attaché aux personnages lors de leur quête du cratère laissé par la comète pour y trouver des réponses. De deux, les réflexions sur notre relation avec mère nature et notre place dans le monde m'ont paru assez communes. De trois, je trouve le scénario manquant de crédibilité dans la succession des péripéties de nos survivants. Et de quatre, on voit arriver la conclusion de loin.
Je m'interrogeais lors de ma lecture sur le partage des taches tant au niveau du dessin que de la colorisation. J'ai eu la réponse en fin d'album. Ils se sont d'abord répartis le storyboard. Ensuite, Quentin Rigaud (au trait singulier) a dessiné les personnages et les structures humaines (objets et bâtiments) et il en fait la colorisation. Enfin, Élodie Portela Vidal peint numériquement par-dessus tout ce qui a été altéré par la comète (faune et flore). Un processus de création qui donne un résultat surprenant et une ambiance post-apocalyptique réussie. J'ai particulièrement aimé les trois premières planches (non présentes dans la galerie), ainsi que les quatre dernières, dans un style pariétal/médiéval tout en horizontalité. Par contre, certaines planches montrant les rares combats entre armures et créatures chimériques manquent de lisibilité (le seul bémol).
Du bon boulot.
Pour les curieux.
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man.
Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie.
Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit.
Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes !
Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
2.5
Cela faisait depuis un certain temps que j'avais lu une nouvelle aventure de Daredevil, un super-héros que j'aime bien et j'ai lu cet album qui se situe dans une période du personnage que j'aime bien. Malheureusement, ce n'est pas du très grand comics de super-héros.
Cet album contient l'arc qui introduit Echo, un personnage que je connais peux, mais qui semble avoir réussi à s'imposer dans l'univers Marvel. Le personnage en lui-même est intéressant, mais malheureusement pour la pauvre Echo l'histoire qui l'introduit est trop banale pour être captivante. En gros, c'est encore une histoire où un méchant fait croire à quelqu'un que le héros est un méchant (ici le Caid fait croire à Echo que Daredevil a tué son père) et la personne s'en va tuer le héros sans se douter qu'il est manipulé. Ajoutons qu'en plus Echo devient amoureuse de Matt Murdock donc on a une méchante qui hais un super-héros tout en l'aimant sous son identité civil. Ouah c'est trop original !
En plus, la romance entre Echo et Daredevil va trop vite et semble forcé. Dommage parce qu'aurais voulu aimer leur couple. Ça se laisse lire parce que le dessin est dynamique et il y a quelques bons moments, mais c'est tout.
Je suis un bon client du productif Mathieu Sapin. Il se trouve qu'il devait faire un album pour un éditeur portugais et sans avoir vraiment d'idée il se décide finalement à faire un album au sujet de son beau-père, un inconnu qui a eu une vie tellement incroyable qu'on pourrait penser que c'est un mythomane.
Mais Sapin fait son enquête, retrouve des traces, des photos et même un film de la vie de cet homme qui a navigué du Portugal à différents pays, s'est retrouvé tout jeune à Paris, a traversé un champ de mines, a vécu sous une dictature et en est depuis toujours parano.
Son dessin reste plaisant, l'auteur se met en scène comme il a pu le faire dans des récits précédents, on voit des lieux réels et on apprend différentes anecdotes historiques. La recette fonctionne même si le sujet peut sembler moins attirant que les albums qu'il a pu faire sur Depardieu ou la politique.
Pirus et Schlingo sur une couverture, cela attire le regard. Voici un grand album mettant en scène Canetor dans de courtes histoires de 2 planches avec Canetorine et Canetorette, sa soeur qui parle qu'avec des dictons et sa copine qu'il ne ménage pas. C'est bien souvent drôle sans être hilarant, le pauvre Canetor prend souvent cher.
Cela parodie évidemment des productions Disney. Le dessin est hyper propre, ligne claire, planche dans un format strict de 6 cases.
Le titre littéralement signifie boite à bébé, j'en connaissais le concept qui se trouve surtout en Asie il me semble. J'avais aussi vu un film dont le titre ne me revient pas.
Claire l'héroïne apprend à l'âge adulte en fouillant dans des papiers de famille que ses parents immigrés coréens en France ne sont pas ses parents biologiques, elle est issue d'une "boîte". Elle part en Corée du Sud avec son jeune frère sur la trace de ses origines et par la même visiter sa tante. Le dessin de Jung est plutôt subtil avec la couleur rouge bien mise en avant et fil conducteur de l'histoire, les coquelicots, les cheveux, le communisme, le sang etc.
Dans la veine d'autres récits d'adoption et sur la Corée de l'auteur, cet album d'une centaine de pages se laisse lire assez rapidement.
Je n’ai lu que les trois premiers albums, et depuis longtemps déjà je trouvais ça répétitif. C’est typiquement le genre de série qu’il faut lire par petits bouts : un album entier d’un coup suffit quasiment pour une overdose !
Typiquement le genre de série qui, resserrée sur un seul tome, aurait été des plus chouettes.
Car, même si je suis resté un peu sur ma faim, et si c’est répétitif et surtout inégal, dans le lot il y a un certain nombre de gags qui fonctionnent, qui m’ont vraiment fait rire, d’autres sourire. D’où les trois étoiles.
Les auteurs se défoulent autour de gobelins qui sont tous débiles, très très cons, et très très malchanceux. De gros losers qui s’en prennent plein la gueule (d’à peu près tout le monde – de tous genres et époques, les anachronismes ne faisant pas peur aux scénaristes), se font arnaquer dans les grandes largeurs (voir le gag récurrent du marchand ambulant), se font écraser, débiter, percer, noyer, etc.
L’humour est aussi con que les gobelins, ça ne vole jamais haut, mais certains gags fonctionnent. Mais dès le premier album je sentais que ça peinait à suffisamment se renouveler.
A emprunter un album, à piocher dedans, on trouve quand même de quoi rire (des trois lus, le premier est clairement celui qui m’a le plus plu).
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La Première Fleur du pays sans arbre
C'est une histoire assez longue sur la vie d'un humanitaire dans une ONG au coeur de l'Afghanistan au début des années 2000. A vrai dire on a un peu de mal à se rendre compte de la réalité de son travail à part rencontrer des gens, faire en sorte qu'ils s'entendent sur tel ou tel projet pour leur village. On se situe post attentats du 11 Septembre, c'est un pays à la population jeune qui ne connait que le conflit depuis l'invasion soviétique de la fin des années 1970. Les gens survivent plus qu'ils ne vivent dans un pays figé sans grande trace du progrès. Pas de loisirs, et certains habitants sont très isolés dans les montagnes. Le pays est le refuge des produits de consommation périmés que les autres ne veulent pas. La poussière, des paysages arides, tout cela est bien rendu par le dessin noir et blanc assez épuré. L'album contient plusieurs chapitres sur différents points de la société afghane, parfois comique et pleine de paradoxe. Sur les relations homme femme par exemple, la question du voile et de la burqa, les hommes draguent notamment à Kaboul, mais pour leur mariage ils ne veulent pas une femme "délurée" qui accepte d'aller manger une glace. Non il leur faut une femme "pure", un objet en réalité tant elle ne peut rien faire sans l'aval d'un homme. Un bon travail d'édition des Requins Marteaux avec ce livre épais. Néanmoins je relève plusieurs fautes d'orthographe notamment dans une page d'intertitre (ascène au lieu d'ascèse...), horripilant. Il y a un chapitre un peu plus long que les autres où un homme raconte son long et coûteux périple pour tenter de rejoindre l'Angleterre. Il serait intéressant de savoir ce qu'il en est 20 ans après, sans doute pas mieux voire pire.
La Folle du Sacré-Coeur (Le Coeur couronné)
Je n'étais pas prêt pour cette lecture... Jodorowsky pousse le curseur du délire assez loin ici en adoptant l'angle de la comedie de mœurs (à la sauce piquante !). Le premier tome est brillant à tous les niveaux. Moebius livre de très belles planches, s'amuse avec la gamme chromatique des couleurs pour illustrer certaines scènes tandis que Jodo met en place un canevas drôle et très original. Malheureusement ça se gâte un peu à partir du tome 2. Moebius choisit de rajeunir son dessin pour une raison inconnue et cela réduit l'histoire à sa dimension humoristique. Pour enfoncer le clou, Jodorowsky nous abreuve tout à coup de citations philosophiques faisant l'effet d'un somnifère. Cette direction est assumée et s'accélère au troisième et dernier tome. On lit sans déplaisir d'autant que Jodo est assez inspiré pour conclure son histoire. J'ai eu un peu de mal avec le running gag régressif qui sert de fil marron - haha - à l'intrigue. Le changement de style visuel est le principal défaut de cette bande. C'est fort dommage d'autant que ça partait bien avec cette couverture sublime qui sera malheureusement censurée à partir de l'édition 2020.
Le Tombeau de la comète
Une BD réalisée à quatre mains à tous les niveaux : scénario, graphisme et couleurs par Élodie Portela Vidal et Quentin Rigaud. Un récit post-apocalyptique qui se veut ambitieux. Une comète est entrée en collision avec notre planète. Le monde d'avant n'est plus, celle-ci a transformé la faune et la flore. Et ces mutations ont décimé les humains dont il ne reste que quelques groupes isolés qui survivent tant bien que mal. Pour survivre, quelques rescapés se voient attribuer des dons grâce à la poussière de la comète (lire la galerie pour de plus amples explications), un rituel qui n'est pas sans danger. Et grâce à ces dons spécifiques, ils peuvent ainsi créer des armures géantes pour se protéger du monde extérieur et de ses créatures chimériques. Un récit qui ne m'a pas totalement convaincu, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. De un, je ne me suis jamais attaché aux personnages lors de leur quête du cratère laissé par la comète pour y trouver des réponses. De deux, les réflexions sur notre relation avec mère nature et notre place dans le monde m'ont paru assez communes. De trois, je trouve le scénario manquant de crédibilité dans la succession des péripéties de nos survivants. Et de quatre, on voit arriver la conclusion de loin. Je m'interrogeais lors de ma lecture sur le partage des taches tant au niveau du dessin que de la colorisation. J'ai eu la réponse en fin d'album. Ils se sont d'abord répartis le storyboard. Ensuite, Quentin Rigaud (au trait singulier) a dessiné les personnages et les structures humaines (objets et bâtiments) et il en fait la colorisation. Enfin, Élodie Portela Vidal peint numériquement par-dessus tout ce qui a été altéré par la comète (faune et flore). Un processus de création qui donne un résultat surprenant et une ambiance post-apocalyptique réussie. J'ai particulièrement aimé les trois premières planches (non présentes dans la galerie), ainsi que les quatre dernières, dans un style pariétal/médiéval tout en horizontalité. Par contre, certaines planches montrant les rares combats entre armures et créatures chimériques manquent de lisibilité (le seul bémol). Du bon boulot. Pour les curieux.
Invincible Univers - Wolfman
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man. Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie. Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit. Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Oms en série
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes ! Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
Daredevil & Écho - Tranches de vide
2.5 Cela faisait depuis un certain temps que j'avais lu une nouvelle aventure de Daredevil, un super-héros que j'aime bien et j'ai lu cet album qui se situe dans une période du personnage que j'aime bien. Malheureusement, ce n'est pas du très grand comics de super-héros. Cet album contient l'arc qui introduit Echo, un personnage que je connais peux, mais qui semble avoir réussi à s'imposer dans l'univers Marvel. Le personnage en lui-même est intéressant, mais malheureusement pour la pauvre Echo l'histoire qui l'introduit est trop banale pour être captivante. En gros, c'est encore une histoire où un méchant fait croire à quelqu'un que le héros est un méchant (ici le Caid fait croire à Echo que Daredevil a tué son père) et la personne s'en va tuer le héros sans se douter qu'il est manipulé. Ajoutons qu'en plus Echo devient amoureuse de Matt Murdock donc on a une méchante qui hais un super-héros tout en l'aimant sous son identité civil. Ouah c'est trop original ! En plus, la romance entre Echo et Daredevil va trop vite et semble forcé. Dommage parce qu'aurais voulu aimer leur couple. Ça se laisse lire parce que le dessin est dynamique et il y a quelques bons moments, mais c'est tout.
Edgar
Je suis un bon client du productif Mathieu Sapin. Il se trouve qu'il devait faire un album pour un éditeur portugais et sans avoir vraiment d'idée il se décide finalement à faire un album au sujet de son beau-père, un inconnu qui a eu une vie tellement incroyable qu'on pourrait penser que c'est un mythomane. Mais Sapin fait son enquête, retrouve des traces, des photos et même un film de la vie de cet homme qui a navigué du Portugal à différents pays, s'est retrouvé tout jeune à Paris, a traversé un champ de mines, a vécu sous une dictature et en est depuis toujours parano. Son dessin reste plaisant, l'auteur se met en scène comme il a pu le faire dans des récits précédents, on voit des lieux réels et on apprend différentes anecdotes historiques. La recette fonctionne même si le sujet peut sembler moins attirant que les albums qu'il a pu faire sur Depardieu ou la politique.
Canetor
Pirus et Schlingo sur une couverture, cela attire le regard. Voici un grand album mettant en scène Canetor dans de courtes histoires de 2 planches avec Canetorine et Canetorette, sa soeur qui parle qu'avec des dictons et sa copine qu'il ne ménage pas. C'est bien souvent drôle sans être hilarant, le pauvre Canetor prend souvent cher. Cela parodie évidemment des productions Disney. Le dessin est hyper propre, ligne claire, planche dans un format strict de 6 cases.
Babybox
Le titre littéralement signifie boite à bébé, j'en connaissais le concept qui se trouve surtout en Asie il me semble. J'avais aussi vu un film dont le titre ne me revient pas. Claire l'héroïne apprend à l'âge adulte en fouillant dans des papiers de famille que ses parents immigrés coréens en France ne sont pas ses parents biologiques, elle est issue d'une "boîte". Elle part en Corée du Sud avec son jeune frère sur la trace de ses origines et par la même visiter sa tante. Le dessin de Jung est plutôt subtil avec la couleur rouge bien mise en avant et fil conducteur de l'histoire, les coquelicots, les cheveux, le communisme, le sang etc. Dans la veine d'autres récits d'adoption et sur la Corée de l'auteur, cet album d'une centaine de pages se laisse lire assez rapidement.
Goblin's
Je n’ai lu que les trois premiers albums, et depuis longtemps déjà je trouvais ça répétitif. C’est typiquement le genre de série qu’il faut lire par petits bouts : un album entier d’un coup suffit quasiment pour une overdose ! Typiquement le genre de série qui, resserrée sur un seul tome, aurait été des plus chouettes. Car, même si je suis resté un peu sur ma faim, et si c’est répétitif et surtout inégal, dans le lot il y a un certain nombre de gags qui fonctionnent, qui m’ont vraiment fait rire, d’autres sourire. D’où les trois étoiles. Les auteurs se défoulent autour de gobelins qui sont tous débiles, très très cons, et très très malchanceux. De gros losers qui s’en prennent plein la gueule (d’à peu près tout le monde – de tous genres et époques, les anachronismes ne faisant pas peur aux scénaristes), se font arnaquer dans les grandes largeurs (voir le gag récurrent du marchand ambulant), se font écraser, débiter, percer, noyer, etc. L’humour est aussi con que les gobelins, ça ne vole jamais haut, mais certains gags fonctionnent. Mais dès le premier album je sentais que ça peinait à suffisamment se renouveler. A emprunter un album, à piocher dedans, on trouve quand même de quoi rire (des trois lus, le premier est clairement celui qui m’a le plus plu).