Les derniers avis (49540 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Germaine Richier - La Femme sculpture
Germaine Richier - La Femme sculpture

2.5 La biographie d'une sculptrice que je ne connaissais pas, ne m'intéressant pas du tout à cet art et dont je ne connais que deux-trois noms connus. On est dans de la biographie en BD typique. On montre les moments forts de la vie d'une personne qui a marqué l'histoire, il y a souvent des grosses éclipses entre les scènes et plusieurs éléments du scénario sont rapidement passé. Par exemple, on nous dit que Richier a fait des trucs pour que la vie en pension s'améliore pour elle et les autres étudiantes, mais ne demandais pas comment elle a fait ! Ça se laisse lire, mais sans plus. Cela n'aide pas que cela parle d'un art dont j'en ai rien à foutre, mais je trouve le dessin et la narration manquent un peu de vie. Il y a peu d'émotions qui se dégage de l'album, tout est austère. À emprunter si on veut voit la vie d'une femme qui a révolutionné l'art de la sculpture.

26/07/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série La Statue de Gilgamesh
La Statue de Gilgamesh

C’est mon intérêt pour l’Antiquité qui m’a porté vers cette BD, bien plus que son dessin que je ne trouvais pas très folichon, intérêt qui a été moyennement satisfait puisqu’en fait de récit historique, il s’agit plutôt d’un conte et non des moindres puisqu’il propose une lecture du mythe du Déluge. Néanmoins, La statue de Gilgamesh possède des qualités indéniables et recèle des petites surprises. Mais commençons par le dessin. Je le disais : ce n’est pas le gros kif. Les visages sont trop anguleux, si bien que deux ou trois fois, on n’est plus tout à fait certain de suivre le personnage de la scène précédente, ou celui que l’on avait quitté quelques pages auparavant. Mais surtout, il manque cruellement de détails. Les fonds sont trop souvent (pour ne pas dire systématiquement) réduits à des aplats de couleurs conférant à cette histoire l’aspect d’une pièce de théâtre moderne jouée sur une scène nue. C’est dommage, mais ça ne gâte cependant pas la narration, par ailleurs très fluide. Parmi les petites surprises que l’on peut trouver dans cet album, les dialogues figurent en bonne place. Ils sont bien vus et ne manquent pas d’humour. Le ton est un peu décalé, reprenant parfois des expressions modernes (on pense aux Olives noires) ou faisant explicitement référence à notre présent. Le procédé apporte ici un brin de fraicheur, sans compter qu’il est bien dosé. Le scénario est assez cool. On ne s’ennuie pas. De plus, il y a là encore une volonté évidente de l’ancrer dans le présent. En effet, sont évoqués notamment les problèmes environnementaux ; par exemple le fait que les racines des arbres que l’on arrache afin d’ériger une statue géante à la gloire du roi Gilgamesh ne parviennent plus à retenir les terrains et les eaux, provoquant inondations en cascade, dans tous les sens du terme. Par le biais d’un groupe d’activistes politique, ça parle aussi de politique, donc, d’inégalités sociales, de consommation, de salariat… En vrac, quelques chouettes trucs : j’ai beaucoup aimé la manière dont les auteurs empoignent l’histoire des tablettes d’argiles, et comment ils imaginent que cette technique utilisée au départ pour la comptabilité, a pu devenir un véritable support de mémoire (et par conséquent comment elle a pu fixer cette histoire de Déluge). Ce ne sont bien entendu que des élucubrations, mais c’est très « fun », bien intégré à l’histoire, tout en apportant un surcroit de sens. Aussi, j’ai aimé cette vision d’un Déluge lié à des causes environnementales. Si je ne la partage pas (j’ai de tout autres croyances à ce sujet), elle fait résonner le présent. Enfin, les personnages sont plutôt fouillés, et l’on s’attache à eux. On regrettera en revanche une fin plutôt brutale. Un bon 3,5 en ce qui me concerne.

25/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Secrets de Léa
Les Secrets de Léa

J'ai commencé par plutôt bien apprécier le premier tome. Il s'agit clairement d'un manga destiné aux jeunes filles d'une dizaine d'années qui commencent à découvrir les changements de la puberté. L'ensemble est assez enfantin (ou plutôt pré-adolescent), avec tous les codes du shôjo de cet âge : une narration parfois un peu confuse, des personnages aux visages qui se ressemblent beaucoup et quelques stéréotypes du genre. Malgré cela, l'histoire fonctionne bien. Les explications sur les premiers changements du corps sont intégrées avec assez de naturel dans une intrigue touchante, agrémentée d'une petite romance toute innocente. J'ai aussi apprécié la fin, centrée sur la petite sœur de l'héroïne, qui apporte une autre forme d'émotion et conclut ce premier volume de manière réussie. En ouvrant le deuxième tome, je pensais naturellement retrouver ces personnages... avant de découvrir que chaque volume raconte en réalité une histoire totalement indépendante. Chaque héroïne s'appelle Léa, a plus ou moins le même physique, est entourée de personnages qui se ressemblent également mais n'ont ni les mêmes noms ni les mêmes rôles. Chaque récit introduit un élément fantastique ou de science-fiction (fantôme, extraterrestre, robot, échange de corps, objet magique...) servant surtout de prétexte pour reparler des mêmes étapes de la puberté. C'est là que la série m'a progressivement perdu. D'abord parce que j'étais frustré de ne jamais retrouver les personnages auxquels je m'étais attaché dans le premier tome. Ensuite parce que les intrigues sont d'un intérêt très variable. Certaines sont bonnes, d'autres beaucoup moins, mais surtout elles réintègrent systématiquement les mêmes thèmes : les premières règles, les premiers poils, le premier soutien-gorge, les différences entre filles et garçons... À partir du troisième ou quatrième tome où on voit le même sujet réabordé comme si c'était la première fois, la sensation de répétition devient franchement pesante. Même constat avec les nombreuses scènes où un adulte mal intentionné tente d'attirer une petite fille pour rappeler qu'il ne faut jamais suivre un inconnu : le message est évidemment utile pour le jeune public, mais il est répété lourdement d'un album à l'autre. C'est dommage, car la série possède de vraies qualités. Les dialogues sonnent juste, les personnages sont souvent attachants et les relations entre eux sont crédibles. J'ai notamment apprécié que les garçons du même âge soient le plus souvent présentés comme bienveillants, protecteurs ou simplement maladroits dans leurs premiers émois amoureux, loin des clichés du petit macho. En parallèle, les éléments fantastiques renouvellent régulièrement les situations et permettent d'aborder certains sujets sous un angle original. Je pense que Les Secrets de Léa n'est pas une série à lire dans son intégralité. Chaque tome étant indépendant, il est sans doute préférable de n'en lire qu'un ou deux. Pris isolément, plusieurs volumes remplissent leur rôle de manga pédagogique, tendre et accessible, alors qu'en les enchaînant, les répétitions deviennent pénibles. Si je devais en conseiller un, je garderais juste le premier tome, que j'ai trouvé le plus touchant et le plus équilibré. Note : 2.5/5

25/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Misères
Misères

Jacinto fuit un danger inconnu et trouve refuge dans un étrange village perché au sommet d'une montagne, constitué d'une unique enfilade de maisons qu'il devra traverser une à une, en passant une journée chez chacun de leurs habitants. La grande force de cet album est incontestablement son dessin. Francesc Grimalt possède un style magnifique, proche de l'illustration tout en restant parfaitement lisible en bande dessinée. Chaque planche est un plaisir pour les yeux, avec un remarquable travail sur les couleurs, la lumière et les architectures. Le village de Misères, immense couloir de maisons construit sur la crête d'une montagne, est une idée narrative et visuelle superbe qui donne immédiatement envie de découvrir ce qui se cache derrière chaque porte. L'histoire, elle, relève davantage du conte que du récit classique. Elle suit sa propre logique, légèrement absurde et légèrement poétique, en prenant soin de ne pas tout expliquer. Beaucoup de questions resteront volontairement sans réponse : qui poursuit réellement Jacinto ? Pourquoi ce village existe-t-il ? D'où viennent ses habitants ? Le récit n'offre ni véritable commencement ni véritable conclusion, préférant enchaîner les rencontres insolites, parfois drôles, parfois touchantes, comme autant de petites fables. L'ensemble est agréable à lire, plutôt bien raconté et porté par quelques jolies idées, aussi bien dans son univers que dans certains personnages. En revanche, mon côté assez matérialiste est resté un peu sur sa faim. J'aime comprendre les règles d'un monde et sentir que les événements ont une raison d'être. Ici, tout repose sur l'étrangeté et la poésie, avec un fin tout en symbolisme ouvert à interprétation, au risque de donner parfois une impression de gratuité. Cela ne m'a pas empêché d'apprécier la lecture. Misères est un album original, beau et délicat, qui séduira sans doute davantage les amateurs de contes symboliques et de récits oniriques que les lecteurs en quête d'une intrigue solidement construite et pleinement expliquée.

25/07/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série La Nuit retrouvée
La Nuit retrouvée

Sympathique tranche de vie scénarisée par la romancière Lola Lafon (« Chavirer », « La Petite communiste qui ne souriait jamais », etc.) et illustrée par Pénélope Bagieu. L'histoire d'une femme de 50 ans, divorcée et mère de trois enfants, confiant à sa fille une de ses rares audaces survenue 20 ans auparavant. « La Nuit retrouvée » se singularise dans sa manière de conduire son intrigue. Certains reprocheront sans doute à celle-ci d'avancer lentement ou de ne ménager aucune surprise. Ce serait oublier l'ambition davantage sociologique du récit. Il ne s'agit nullement de préparer un cliffhanger avec une révélation finale bouleversante, les autrices elles-mêmes s'échinent à préparer leurs lecteurs afin que le secret soit bien vite éventé. L'idée n'était donc pas de construire une dramaturgie survoltée ni même surprenante, plutôt de crédibiliser une confidence, en façonnant progressivement une relation mère-fille, en la contextualisant minutieusement afin de désinvisibiliser le quotidien des femmes « d'un certain âge », de raconter sous une forme épurée, la beauté d'un élan simple et pourtant réfréné, de permettre aux lecteurs d'appréhender les carcans sociétaux enfermant les femmes, de comprendre le refoulement d'un élan amoureux, de saisir la logique du secret et la beauté d'une révélation à demi-mot. Je regrette simplement l'usage de stéréotypes pour définir tant les enfants que la surfeuse, néanmoins légitimés par le souci premier de fluidifier la narration. Les illustrations de Bagieu épousent le souhait d'arrondir la dramaturgie via d'amples cases vivement colorées et une accentuation de l'expressivité des regards, bouches et gestes. Le soin apporté aux détails parachève cette intention de crédibiliser la tranche de vie. Voilà donc une BD d'une merveilleuse simplicité, très agréable à lire et assumant l'évidence de son sujet, banalement naturel mais pourtant si souvent ostracisé : la femme de cinquante ans. Il n'est jamais trop tard pour rêver.

25/07/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Dust to dust
Dust to dust

1935, la petite ville de New Hope dans l'Oklahoma se vide de ses habitants, le Dust Bowl a transformé les terres agricoles en désert. Le shérif de ce bled paumé va devoir faire face à une série de meurtres, un shérif vétéran de la grande guerre avec un penchant pour le whisky. Un récit qui repose principalement sur les personnages. Le récit prend le temps de développer leur personnalité. Un shérif qui veut arrêter coûte que coûte ce tueur en série, une photographe qui s'obstine pour réaliser son reportage sur la misère qui frappe ce coin perdu et un maire qui veut protéger sa ville, enfin surtout ses investissements. Des intérêts divergents. Et ces intérêts divergents pimentent cette histoire, elle m'a accroché dès le départ, les scènes d'assassinats passent d'ailleurs au second plan et elles ne sont que suggérées. La tension monte crescendo jusqu'au final qui ressemble à un soufflé au fromage qui serait sorti du four trop tôt. Je suis sûrement sévère, mais la conclusion ne me convainc pas, je la trouve vite expédiée et manquant de crédibilité. Le dessin de J.G. Jones est immersif, dans un style réaliste à la colorisation sobre et poussiéreuse. L'expressivité des personnages est à souligner, ainsi que le soin apporté aux décors. Mais ce choix du « ultra réaliste » dessert parfois la narration visuelle, de nombreuses vignettes font « taches » dans les postures des personnages en les rendant raides comme des piquets. La mise en page cinématographique permet d'apprécier les mornes paysages. Une lecture toutefois recommandable pour les amateurs du genre.

24/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Maus
Maus

Comme beaucoup de lecteurs avant moi, il m'est difficile de donner un avis sur cette série devenue culte et couronnée de nombreux prix. D'un côté, il s'agit d'une œuvre incontournable qui participe de manière essentielle au devoir de mémoire sur la Shoah. Elle rend un hommage vibrant au père d'Art Spiegelman, sans pour autant le sanctifier. Cette démarche de transparence est d'ailleurs remarquable : l'auteur n'idéalise pas les victimes mais dépeint son père dans toute sa complexité, avec des défauts dont il est difficile de dire s'ils sont intrinsèques ou hérités des traumatismes passés (avarice, hypocondrie, etc). La scène où il fait preuve de racisme envers une personne noire m'a particulièrement frappé, marquant un contraste saisissant avec ce qu'il a lui-même subi dans les camps. D'un autre côté, je dois avouer que j'ai traversé ce livre sans ressentir beaucoup de chose sur le plan émotionnel. Les événements relatés m'étaient globalement déjà connus (à l'exception des réseaux de trafic clandestin permettant à certains de survivre) et l'enchaînement très rapide des faits, combiné au détachement du protagoniste, m'ont empêché d'être pleinement ému. De plus, comme le soulignent certains autres aviseurs, l'utilisation d'animaux anthropomorphes et le style graphique n'aident pas nécessairement à créer de l'empathie (les visages des personnages étant peu expressifs). Concernant le dessin, la mise en page et le trait épais restent très classiques. Le petit format nuit également parfois à la lisibilité en réduisant la taille des cases. Il faut néanmoins remettre ce travail dans le contexte de son époque (1987). Le choix du noir et blanc demeure quant à lui parfaitement cohérent avec la gravité du sujet. En résumé, je ressors un peu déçu de cette lecture tout en la recommandant quand même, ne serait-ce que pour ne jamais oublier — un rappel d'autant plus nécessaire aujourd'hui face à la montée des extrêmes et au repli sur soi. Scénario : 7/10 | Graphisme : 6/10 | Note globale : 13/20

24/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Slowburn
Slowburn

C’est un très petit format, mais je trouve ça mignon ! C’est Franquin, oui, mais on remarque aussi la touche de Gotlib. J’aime comparer les dessins originaux avec le montage fait ensuite. Les témoignages et documents finaux sont aussi très intéressants et ça vaut la peine de les lire. Il y a deux mois, j’ai adopté un chat, qui avait été abandonné et toute la famille l’adore. Il avait déjà une puce de localisation et était stérilisé. Tant mieux pour tout le monde !

24/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Le Bol maudit
Le Bol maudit

Huit courtes histoires de Bilal, en noir et blanc, publiées dans Pilote, entre 1971 et 1974, avant même La croisière des oubliés. J'ai réussi à dénicher cet album chez un bouquiniste un peu obscur et antipathique, mais je n'ai pas hésité. Il est en excellent état et n'était pas trop cher. C'était, je crois, le dernier qui me manquait de l'œuvre de Bilal. Les histoires mélangent fantastique, horreur (à la Lovecraft) et science-fiction. Ce n'est pas indispensable, mais ça vaut la peine de les lire. Les dessins sont d'un auteur encore en quête de son chemin, remplis de points et de petits traits qui se croisent fréquemment, annonçant ce que l'on retrouvera dans ses premières collaborations avec P. Christin. C'est d'ailleurs lui qui a écrit la présentation, louant le talent du dessinateur et prédisant de grandes réalisations à venir !

24/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Histoire du Far West
Histoire du Far West

C’est une bonne série, compte tenu de l’époque à laquelle elle a été publiée. Je n’ai réussi à acquérir que dix des histoires, mais je leur accorde encore une certaine valeur. Les dessinateurs n’ont pas tous le même talent : J. Bielsa, Eduardo T. Coelho, G. Buzzelli, C. Marcelo et mon préféré ici, P. E. Serpieri. Le problème se pose aujourd'hui par rapport à certains scénarios, je crois. Le jugement historique concernant les conflits et, surtout, certaines personnages a évolué. Par exemple, Andrew Jackson : la vision présentée est trop bienveillante et simpliste, ne développant pas la question des massacres et même du génocide dont il est principalement responsable. On pourrait aussi en dire davantage au sujet des guerres indiennes, de l’esclavage ou du conflit avec le Mexique.

24/07/2026 (modifier)