Les derniers avis (48950 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Wikipanda
Wikipanda

La série s'inspire à la base de la Rubrique-à-Brac de Gotlib, avec ce principe de départ consistant à répondre avec humour à des questions animalières supposément envoyées par des lecteurs. Mais dans les faits, elle se rapproche davantage du travail de Marion Montaigne (Tu mourras moins bête), puisqu’elle propose un vrai contenu informatif, avec des explications scientifiques et des anecdotes intéressantes sur les animaux. Le problème, c’est que l’équilibre entre humour et information ne fonctionne pas toujours très bien. L’ensemble est moins débridé et absurde que chez Gotlib, mais aussi moins percutant dans son comique que Marion Montaigne. L’humour reste souvent assez enfantin et, à mes yeux, pas toujours très efficace, même si certains passages m’ont fait sourire, notamment l’article sur les pigeons voyageurs. Côté contenu, j’ai trouvé qu’il y avait malgré tout de vraies choses à apprendre, ce qui rend la lecture agréable et parfois instructive. En revanche, la présence d’informations volontairement fausses, disséminées parmi les vraies sans être clairement identifiées comme des blagues, m’a un peu gêné, comme par exemple dans la page sur les cris des animaux. Cela peut prêter à confusion quand on ne sait pas toujours facilement distinguer le vrai du faux, ce qui me semble problématique, surtout pour un jeune lectorat. Si j'aime bien l’idée de départ d'articles informatifs et humoristiques sur les animaux, je suis un peu mitigé sur l’efficacité de l’humour et sur ce mélange parfois flou entre vulgarisation et fantaisie.

13/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Migrasyon
Migrasyon

Je suis d’accord avec Gaston. Cette histoire d’immigrés haïtiens (en tout cas celle des parents du narrateur) et de ses rapports avec la société québécoise, a des côtés intéressants, attachants. Mais aussi un traitement qui ne m’a pas vraiment convaincu. La narration est un peu trop décousue. Mais le dessin, pourtant très lisible et pas désagréable en lui-même, ne me paraît pas forcément adapté à ce type de récit. C’est plus un dessin que j’aurais vu sur des récits d’action ou d’humour (voir les mimiques des personnages, souvent surjouées). Mais là, sur ce type de récit, il y a je trouve un petit décalage à ce niveau entre le côté graphique et l’histoire elle-même. Bon, cela dit, la lecture n’est ni inintéressante ni déplaisante, et le travail éditorial de La Pastèque est, comme très souvent, très bon, avec couverture et papier épais. Note réelle 2,5/5.

13/04/2026 (modifier)
Couverture de la série En toute conscience
En toute conscience

Sur un sujet clivant et casse-gueule (« l’assistance à l’interruption volontaire de vie »), cet album nous propose quelque chose d’intéressant et de réussi. La mise en page et la narration sont aérées. Le dessin se focalise surtout sur les personnages – leurs visages essentiellement – sans que cela ne soit frustrant. Inspirée de faits réels, l’intrigue tourne autour de quelques personnages, membres d’une association, « En toute conscience », qui aide et accompagne les personnes désireuses « d’en finir », en leur fournissant un moyen « un poison » et une assistance psychologique (ainsi qu’à leurs proches). Un grain de sable arrive lorsqu’un jeune homme les contacte, voulant se suicider après un chagrin d’amour : c’est l’occasion pour tout le monde de réfléchir, ceci posant un « cas de conscience » (« normalement » seuls de vieilles personnes contactent l’association). Si le fond est noir et le sujet sensible, le traitement relativement « léger » dans le ton permet d’éviter la pathos, et de laisser le lecteur à ses questionnements, tout en nourrissant un débat salutaire, loin des caricatures et de la propagande hargneuse des Eglises (fortement critiquée par plusieurs personnages). Note réelle 3,5/5.

13/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Why don't you love me?
Why don't you love me?

J’arrondis aux trois étoiles, parce que la seconde moitié de l’album est quand même plus engageante, et que j’aime bien ce format à l’italienne (et le travail éditorial d’Atrabile). Mais je pense que cet album n’est pas vraiment ma came. Le gros premier tiers est même ennuyeux par endroit, avec une atmosphère étouffante, dans une famille un peu – beaucoup – dysfonctionnelle, une sorte de malaise/enfer familial. Quelques dialogues ou situations amusantes permettent de passer outre une certaine répétition, mais ce gros début m’a un peu soulé au bout d’un moment (et le dessin, un peu minimaliste mais lisible, n’est pas non plus ma tasse de thé). La suite est un peu plus intéressante. On n’est plus sur le couple en crise et leurs enfants, d’autres personnages entrent en scène, on est moins souvent dans le huis-clos du logement de notre quatuor, ce qui aère le récit, et m’ont permis de finir ce récit avec un peu moins de réticences. Mais, clairement, cet album m’a beaucoup moins captivé que mes prédécesseurs.

12/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Spaghetti
Spaghetti

Les dessins d'Attanasio sont drôles mais les histoires et le comportement des personnages principaux sont souvent trop répétitifs. La contribution de Goscinny aux textes a été fondamentale: mes histoires préférées sont Spaghetti et le Grand Zampone (un boxeur sensible et timide), et surtout Spaghetti à Paris (avec les touristes américains). C'est pourquoi je vous dis washawasha, goushagousha et washa hop hop!

12/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Fleurs de Grand frère
Les Fleurs de Grand frère

Une BD douce et poétique où un grand frère voit pousser des fleurs sur sa tête, dans un conte ouvert et contemplatif. J'ai trouvé cette BD globalement agréable à lire, surtout pour son aspect visuel. Le dessin est très joli, soigné et délicat, et les couleurs sont particulièrement réussies, douces et harmonieuses, ce qui donne à l'ensemble une vraie poésie visuelle. Sur le fond, j'ai longtemps été perplexe face à l'idée de départ : ces fleurs qui poussent sur la tête du grand frère. Je me suis demandé s'il fallait y voir une analogie précise (maladie, transformation, adolescence, différence...), mais je n'ai pas vraiment eu le sentiment qu'il y ait une clé unique. J'y ai plutôt vu un conte ouvert, volontairement ambigu, qui laisse une grande liberté d'interprétation, ce qui m'a à la fois intéressé et laissé un peu à distance. L'histoire est très douce, presque trop par moments. Il y a peu de tension ou de conflit, ce qui donne un récit assez linéaire et très apaisé, mais aussi une impression de manque d'ampleur, comme si le potentiel de l'idée de départ restait partiellement en surface. La fin m'a quand même apporté une touche plus émotive car j'y ai vu l'évocation discrète du deuil, ainsi que l'importance de garder en mémoire les belles choses et ce que nous apportent les rencontres et les expériences passées. Cela donne finalement un peu plus de profondeur à l'ensemble.

12/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Homme qui a séduit le soleil
L'Homme qui a séduit le soleil

En 1661, à Paris, un jeune orphelin rêve de théâtre et voit son destin basculer lorsqu'il croise la route de Molière, qui lui ouvre les portes de sa troupe, au cœur d'une époque marquée par les intrigues du règne de Louis XIV. Le point de départ est séduisant, avec ce parcours d'apprentissage qui permet de croiser plusieurs grandes figures historiques et de découvrir les coulisses du théâtre et de la cour. L'ensemble se lit sans déplaisir, mais je dois reconnaître que je suis resté assez extérieur au récit, qui m'a semblé intéressant sans jamais devenir vraiment passionnant. L'intrigue reste assez sage, avec des enjeux limités et un déroulé qui donne parfois l'impression d'enchaîner les étapes sans véritable montée en intensité. Graphiquement, le travail est indéniablement soigné. Le dessin est précis, détaillé, avec une belle reconstitution des décors et des costumes, ce qui rend l'ensemble agréable à parcourir. Mais malgré ces qualités, j'ai trouvé l'ensemble assez figé, avec un encrage imprécis et des personnages qui manquent de dynamisme ou d'expressivité, ce qui n'aide pas à donner du relief aux scènes. Les couleurs, quant à elles, sont correctes, mais m'ont paru manquer de charme et surtout d'harmonie. Elles accompagnent le récit sans vraiment le sublimer, là où un traitement plus marqué aurait sans doute renforcé l'immersion. Au-delà de ces aspects, c'est surtout l'ampleur du récit qui m'a laissé sur ma faim. L'histoire donne le sentiment de ne faire qu'effleurer son sujet, comme si elle se limitait à une introduction ou à une mise en place. J'aurais aimé que le parcours de Gabriel prenne davantage d'envergure, que les enjeux soient plus développés, ou que le récit s'inscrive dans quelque chose de plus long. En l'état, cela ressemble presque à un premier chapitre qui ne serait pas suivi. C'est donc une lecture agréable et bien réalisée sur le plan formel, mais qui manque de souffle et d'ambition pour réellement marquer.

12/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série L'Homme qui marche
L'Homme qui marche

Je vais faire une promenade par ici... Simple, belle et délicate en même temps, comme un haïku japonais, cette œuvre m'a réconcilié avec le manga. Les dix-sept chapitres qui la composent contribuent progressivement à la création d'un état contemplatif et de sérénité. J'ai beaucoup aimé les paysages si détaillés, à la fois naturels (surtout les arbres) et urbains. Ils nous font regarder la réalité quotidienne d'une manière nouvelle et créative. Ce n'est pas une œuvre qui peut plaire à tous les publics, je pense : le dessin des personnages et la lenteur de la narration peuvent constituer un obstacle. Mais je recommande la contemplation et l'invitation à la méditation.

12/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Enfant océan
L'Enfant océan

Fuyant une famille violente et misérable, sept frères prennent la route sous l'impulsion du plus jeune, Yann, persuadé qu'un danger imminent les menace, et entament un périple vers l'océan, jalonné de rencontres et de témoignages qui reconstituent peu à peu leur histoire. J'ai été séduit par le dessin de cette adaptation. Le trait est très agréable, expressif, avec une vraie personnalité, et les couleurs sont particulièrement réussies, à la fois douces et évocatrices, renforçant aussi bien les ambiances sombres du départ que les moments plus lumineux du voyage. Visuellement, c'est une belle réussite, qui accompagne parfaitement le ton du récit. L'histoire, de son côté, s'inscrit comme une relecture moderne du Petit Poucet, mais dans une version finalement plus bienveillante. On retrouve cette idée de fratrie en fuite, menée par le plus jeune, mais débarrassée de la figure de l'ogre au profit d'un enchaînement de rencontres souvent empreintes d'empathie. Ce qui ressort surtout, c'est la relation touchante entre les frères, avec une vraie solidarité et une bienveillance constante qui donnent au récit une dimension chaleureuse malgré le contexte social difficile. Le parcours fonctionne bien, avec ce côté road trip ponctué de témoignages et de points de vue variés, qui apportent du rythme et permettent de reconstituer progressivement l'histoire. Il y a une forme de douceur et de poésie dans cette progression, malgré la dureté de certains passages, ce qui rend la lecture agréable et fluide. En revanche, je suis un peu plus réservé sur le fond de l'intrigue et surtout sur sa conclusion. Sans être décevante, elle donne une impression étrange de retour à zéro, comme si tout ce qui avait été construit n'aboutissait pas vraiment à une évolution concrète de la situation. Sauf pour l'un des personnages, pour qui l'épilogue bascule dans une dimension moins réaliste que ce que proposait jusque-là l'histoire, ce qui m'a un peu sorti du cadre posé au départ, même si cela reste assez joli. Je ressors plutôt charmé par l'ensemble, notamment grâce à son graphisme, son atmosphère, ses personnages et sa dimension humaine, mais aussi légèrement circonspect face à une conclusion qui laisse une impression d'inabouti ou de décalage avec le reste du récit.

12/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Choucas
Le Choucas

J’ai emprunté et lu les cinq premiers albums (chacun développe une histoire indépendante). Si j’avais lu les albums au moment de leur sortie, je pense que j’aurais peut-être arrêté après le premier – voire le suivant. En effet, j’ai trouvé le démarrage un peu poussif et « facile » (la façon dont notre héros devient détective en quelques seconde après avoir été licencié de son usine d’horlogerie !?). Mais j’ai insisté, et j’ai bien fait. Et d’ailleurs, rétrospectivement, même ces premiers albums sont intéressants – même si j’ai davantage apprécié certains des suivants. Le personnage principal, Le Choucas donc, est un détective privé « à l’ancienne ». D’ailleurs, dessin et narration ont tous deux quelque chose d’un peu désuet, font sans doute plus que leur âge (je n’aurais probablement pas été surpris d’apprendre que ces albums dataient de plus d’une décennie que la réalité !). C’est que Lax nous immerge dans une sorte de clin d’œil permanent aux récits policiers de la collection « Série noire » (époque historique) : de très nombreuses citations (dans les dialogues ou dans les commentaires off), apparitions récurrentes de couvertures de romans de cette collection. Avec un Choucas qui a des airs d’un Humphrey Boggart « fatigué ». La narration est, elle aussi, proche de pas mal de récits noirs et poisseux parus dans la célèbre collection policière de Gallimard. Du coup, c’est souvent lent – et le premier album, qui doit en plus planter le décor et présenter les personnages, en a sans doute pâti. Mais l’ensemble est rehaussé par les dialogues et commentaires, qui, en plus de faire souvent référence aux romans de la « Série noire », sont assez enlevés, multiplient les jeux de mots : la lecture est, du coup, assez savoureuse, et le rythme, certes un peu lent (quoi que, pas tant que ça sur les tomes 4 et 5) se trouve constamment relancé par ces tirades. Autour du Choucas gravitent quelques seconds rôles : un livreur de pizzas, un concierge amateur de statistiques beauf et lourdingue, la frangine du héros, et surtout Gabin, chauffeur de taxi qui l’accompagne sur certains passages, et le tire même de certains mauvais draps (de façons improbables dans le tome 5). Des cinq albums que j’ai lus (je lirais le sixième dès que j’en aurais l’occasion), mes préférés sont le 4 et le 5. Le quatrième (« Le Choucas n’en mène pas large »), est plus exotique que les autres (où l’intrigue est d’habitude plus « casanière », dans Paris essentiellement – quelques petits points communs – dialogues y compris – avec certains passages des Burma de Léo Malet), plus dynamique, avec de longs passages dans la forêt amazonienne (un peu de la fraicheur du film « L’homme de Rio », retravaillé à la sauce roman policier noir). J’ai vraiment beaucoup aimé cet album. Dans un autre registre, le cinquième (« Le Choucas met le feu aux poudres ») est lui aussi réussi. Il joue davantage sur le registre loufoque (mais cet aspect n’était pas complètement absent avant : voir l’album où une joueuse de scrabble est éliminé pour une raison improbable) : l’attaque des éditions Dynamite par des femmes en furie – et le viol du PDG droitiste par sa secrétaire sont assez savoureux, alors que l’enquête de base (sur la disparition d’un furet !?) est un prétexte vite escamoté. Bref, une série assez originale, et recommandable. Le dessin de Lax est sans doute moins « chiadé » que ce qu’il a pu faire ailleurs, mais son style colle bien au polar noir faussement miteux développé ici. Je suis moins convaincu par la colorisation. Note réelle 3,5/5.

11/04/2026 (modifier)