Un road-movie qui m'a semblé correct, sans plus.
Il faut dire que les personnages et les situations qu'ils vivent sont un peu cliché: alors le héros est encore une fois un jeune trentenaire qui hésite encore devenir définitivement un adulte responsable avec sa copine ou continuer de faire le con avec son copain un peu toxique qu'il n'a plus vu depuis un an. Dites c'est quand la dernière fois que vous avez lu ou vu une œuvre de fiction où c'était la femme d'un couple qui était l'irresponsable ? Non je dis ça parce que j'ai déjà eu un collègue de travail qui avait la fibre paternelle et qui adorait sa fille pendant que la mère foutait rien et c'est lui qui payait tout. Pourquoi je vois jamais des gens qui sont comme ceux de mon entourage dans la fiction, est-ce que ma vie et la leur sont si extraordinaires que ça ?
Pour revenir à la bd, le héros part donc en road-movie avec son meilleur pote qu'il n'a pas vu depuis un an après qui se soit disputé avec sa copine. Le voyage va être l'occasion pour le héros de mettre les points sur les i sur ce qu'il a vraiment envie de faire de sa vie et s'il a vraiment changé ou non en un an. Il y a des qualités dans cet album, le dessin est dynamique et il y a de bons dialogues, c'est juste que tout est trop classique et cousu de fils blancs, pour que cela reste une lecture marquante. Même les révélations de la fin, je les avais devinées au milieu de l'album, lorsque j'ai remarqué quelques incidents bizarres.
Première anthologie d'Enki Bilal avant Mémoires d'autres temps qui sera publié vingt ans plus tard.
A l'inverse du second recueil, celui ci est tout en couleurs. Il ne comporte pas de sommaire et il est plus condensé (45 pages contre 70).
On a moins l'impression d'un fond de catalogue. On se concentre sur huit histoires, aucune n'est à jeter (enfin si : Orlson et le déglingué).
Les récits sont toutefois très courts, trop courts pour laisser un souvenir mémorable, et l'ouvrage reste par conséquent destiné aux complétionistes de Bilal.
C'est effectivement un Western tout ce qu'il y a de plus classique. Et pour distraire durant 1-2heures de lecture, il fait très bien le job.
Après, j'ai quand même trois gros reproches:
1.Le dessin est certes clair et propre, mais franchement désuet dans le style: cette BD est dessinée comme pas mal de westerns des années 70-début 80.
2.Pareil pour le scénario 100%-action qui semble dater de la même époque.
3.Et qui surtout est à la fois prévisible et peu crédible.
Car oui, je termine ma critique par un court résumé, alors que d'habitude c'est par-là qu'on commence: un homme de loi (sollicitor en anglais, il n'y a pas d'équivalent véritable en droit français, le plus proche c'est huissier) va essayer de retrouver un héritier pour lui permettre de palper quelques millions.
Cet homme de loi est équipé d'un pistolet automatique dernier cri, avec lequel il va envoyer ad patres la moitié de l’État du Texas. Car oui, il tue, tue et re-tue les méchants avec un rythme qui laisse quand même songeur, sans jamais avoir à subir une quelconque conséquence légale.
Et les péripéties s'enchaînent de manière complètement abracadabrantesque et incohérente.
En gros (très) fun mais très bête aussi.
J’ai lu le Roman Graphique Super-Gau de Bea Davies et j’ai globalement apprécié cette lecture. L’histoire se déroule à Berlin et suit plusieurs personnages dont les vies se croisent. En arrière-plan, on apprend qu’un grand événement s’est produit au Japon : un puissant tsunami provoque la catastrophe de Fukushima de 2011. La BD ne raconte pas directement cette catastrophe, mais plutôt la façon dont un événement mondial peut influencer la vie de personnes qui vivent très loin.
Ce que j’ai le plus aimé dans cette BD, ce sont les illustrations. Le style de dessin paraît simple au premier regard, mais il est en réalité très expressif. Les visages des personnages transmettent beaucoup d’émotions et certaines pages sont presque artistiques. J’ai trouvé que les planches étaient très agréables à regarder et que le dessin rendait l’histoire encore plus touchante.
L’histoire est assez calme et contemplative. Il n’y a pas vraiment d’action et le récit peut parfois sembler un peu abstrait. Le tsunami reste surtout en arrière-plan et sert plutôt à montrer comment des vies peuvent être reliées par un même événement.
Au final, j’ai bien aimé Super-Gau, surtout pour son style graphique et son ambiance. C’est une BD originale et poétique qui parle des relations humaines et de la manière dont un événement lointain peut avoir un impact sur la vie des gens.
Un témoignage factuel et très bien documenté, d’une lutte qui a marqué l’imaginaire collectif. Et qui permet de découvrir, non seulement les tenants et aboutissants, les acteurs (qui s’agrègent en plusieurs vagues d’arrivées, avec des motivations parfois hétérogènes). Mais surtout – et cet aspect m’avait échappé – c’est la ténacité, le courage des participants qui sont mis en avant, car cette lutte a duré presque une quinzaine d’années, pour éviter des expropriations/expulsions au profit de l’armée, sur le beau plateau du Larzac.
L’intérêt de cet album est aussi de l’ancrer dans l’époque, une sorte de queue de la comète des luttes sociales, avec beaucoup de personnes à la conscience politique les poussant à un engagement personnel quasi christique. Si l’époque a changé, la lutte autour du Larzac présage par bien des aspects certaines luttes actuelles, mais aussi certains moyens d’actions utilisés plus tard. En particulier lors de la création et de la défense de certaines ZAD.
Le dessin, dans un style réaliste, avec un trait fin, est très lisible, plutôt détaillé et agréable. Je l’ai juste trouvé un peu sec et rigide. Mais l’essentiel est ailleurs. Cet album, qui est complété par un bon dossier, et qui place des photographies d’époque au milieu des différents chapitres, se révèle une lecture instructive. Un documentaire historique réussi.
Note réelle 3,5/5.
Pas ma came mais original et très bien dessiné. Gon peut fasciner car il n'y a pas de parole mais un dinosaure aussi féroce que l'être humain peut l'être, mais bien exotique d'être sans parole, justement, et du fait qu'on n'en côtoie pas autrement qu'en fiction ! Il peut aussi déplaire pour la même raison, le brave Gon !
Par ma note moyenne, je donne mon ressenti, mais je gage que cette œuvre étrange restera parce que ceux qui l'aiment y sont particulièrement attachés. Peut être défoulant et drôle à lire, repousse les limites du genre bd car sans parole, hyper réaliste sans être caricatural et pourtant, assez drôle. Moi, j'en ai lu un et ça m'a suffi, mais bon, les passionnés liront et reliront… Moi, en principe j'achète ce que je pense que je vais lire et relire, de ce point de vue, Perramus est vraiment parfait.
Je suis un gros amateur de Bouzard, et de son type d’humour gentiment dérisoire et absurde. Pourtant, je suis sorti un chouia moins captivé par cet album que Ro.
En fait, j’attendais encore plus d’humour con et décalé, et c’est à ce niveau que j’ai été un peu frustré.
Car l’album est lié à la sortie d’une série Disney, et se présente quasiment comme un teasing, une sorte de publicité/making-of de cette série. Et la plupart des participants (équipe technique surtout) apparaissent ici.
Cela freine un peu trop le délire, et rend d’autant plus nécessaire d’aller dans le n’importe quoi absurde pour s’en écarter.
Bouzard y parvient à plusieurs reprises – ce qui fait que la lecture est quand même plaisante et amusante – avec quelques bons petits moments jouissifs, avec Bouzard en fouteur de merde, en chieur qi cherche régulièrement à signaler qu’il peut « dépanner », rodant autour – et parfois dans – le tournage, accompagné d’un Rantanplan philosophe (là aussi moins con que celui de Goscinny hélas).
Bref, un album sympa, mais pas autant que je ne l’espérais.
Je sens que je vais faire partie des bien-pensants, mais j'assume : le père revenant coucher avec sa fille ne me plaît pas trop. Certes il ne l'a pas éduquée, la mère célibataire a dû assumer seule ! Mais enfin revenir avec l'autorité d'être surnaturel et d'être son père ne me paraît pas laisser trop de choix à la fille. Bien sûr, elle est encore aidée par le scénario avec un courtisan lourdingue virant agressif et une mère qui ne respire pas la joie de vivre… Iris est bien plus intéressante que tous ceux-là, et j'aime aussi bien le chat.
Le dessin de Comes n'est pas non plus à son meilleur… Alors tant pis si je ne mets pas au pinacle un auteur dont les dons graphique et la ruralité et le retour au paganisme m'avaient fait espérer qu'il rejoindrait ceux qui savent véritablement nous ouvrir l'imaginaire comme Pratt avec Corto Maltese. Silence, La Belette ? resteront peut-être.
Je découvre Rosalia Radosti avec cet album où elle s'occupe de tout. Et je vous le dis, une artiste à surveiller.
Un conte qui vise avant tout un jeune public (féminin) de 10 à 13 ans et plus si affinités.
Le récit commence en mode conte de fée, un royaume qui prospère et des parents aimant pour cette princesse qui va épouser son prince charmant. Mais comme l'annonce la première page, la noirceur va s'inviter.
On va découvrir notre fameuse princesse au doux nom de Sauvage, de sa naissance à cette statue la représentant, toujours à la première page. Une jeune fille espiègle et spontanée ne rentrant pas dans les standards de princesse, elle ne respecte pas les règles et les obligations dû à son rang. Elle veut juste trouver quelqu'un de spécial qui lui ressemble.
Une première partie qui part sur les bases classiques du conte de fée, tous les ingrédients y sont présents, même la sorcière sera là, est-elle gentille ou méchante ? Surprise. Pas de réels coups de théâtre donc dans cette première phase avec sa touche d'humour, la seconde partie va apporter un souffle nouveau à l'histoire avec ce basculement dans le côté obscur, avec ce fameux prince charmant qui n'est pas si charmant que cela après les beaux premiers jours.
Un conte qui distille quelques messages (la place de la femme dans nos sociétés et son indépendance) mais cela reste trop léger pour l'adulte que je suis.
Par contre, la partie graphique est très très belle. Un dessin lumineux ou sombre suivant les événements proposés. Et ce visuel qui en met plein les yeux doit beaucoup aux superbes couleurs.
En conclusion, un conte cruel et très beau qui poussera nos jeunes pousses à la réflexion.
Note réelle : 3,5 (pour le public visé).
Il y a deux manières de lire cette bande, aucune n'étant vraiment satisfaisante.
Les EO : de meilleur qualité mais sans la fin de l'histoire.
Ou bien l'intégrale, avec son ignoble couverture, avec un dessin qui a perdu tout son contraste, mais aussi avec un 4eme tome inclus à l'intérieur.
Je rajoute que les originaux du premier tome ont dû disparaitre, puisqu'on a droit à des scans de piètre qualité, avec 5 centimètres de marge à la fin de chaque page.
Donc une entrée en matière compliquée !
Et pourtant le recit proposé ici se révèle assez prenant.
Dufaux rajoute une couche de fantastique religieux mais l'intrigue de base fait furieusement penser au film Scanners de Cronenberg, avec des télépathes apprenant à maîtriser leurs pouvoirs, qui sont pourchassés et qui cherchent à en apprendre plus sur leur identité.
Le volume inédit se révèle au final assez décevant et n'apporte pas grand chose, d'autant qu'il est truffé de facilités scénaristiques.
Le dessin de Renaud correspond à ce qu'il fait déjà sur Jessica Blandy à l'époque. C'est un style unique.
Cependant le cadre fantastique ne lui convient pas tellement, les effets spéciaux font peine à voir.
Pour les fans de lézards mais pas que.
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Fidji
Un road-movie qui m'a semblé correct, sans plus. Il faut dire que les personnages et les situations qu'ils vivent sont un peu cliché: alors le héros est encore une fois un jeune trentenaire qui hésite encore devenir définitivement un adulte responsable avec sa copine ou continuer de faire le con avec son copain un peu toxique qu'il n'a plus vu depuis un an. Dites c'est quand la dernière fois que vous avez lu ou vu une œuvre de fiction où c'était la femme d'un couple qui était l'irresponsable ? Non je dis ça parce que j'ai déjà eu un collègue de travail qui avait la fibre paternelle et qui adorait sa fille pendant que la mère foutait rien et c'est lui qui payait tout. Pourquoi je vois jamais des gens qui sont comme ceux de mon entourage dans la fiction, est-ce que ma vie et la leur sont si extraordinaires que ça ? Pour revenir à la bd, le héros part donc en road-movie avec son meilleur pote qu'il n'a pas vu depuis un an après qui se soit disputé avec sa copine. Le voyage va être l'occasion pour le héros de mettre les points sur les i sur ce qu'il a vraiment envie de faire de sa vie et s'il a vraiment changé ou non en un an. Il y a des qualités dans cet album, le dessin est dynamique et il y a de bons dialogues, c'est juste que tout est trop classique et cousu de fils blancs, pour que cela reste une lecture marquante. Même les révélations de la fin, je les avais devinées au milieu de l'album, lorsque j'ai remarqué quelques incidents bizarres.
Mémoires d'outre-espace
Première anthologie d'Enki Bilal avant Mémoires d'autres temps qui sera publié vingt ans plus tard. A l'inverse du second recueil, celui ci est tout en couleurs. Il ne comporte pas de sommaire et il est plus condensé (45 pages contre 70). On a moins l'impression d'un fond de catalogue. On se concentre sur huit histoires, aucune n'est à jeter (enfin si : Orlson et le déglingué). Les récits sont toutefois très courts, trop courts pour laisser un souvenir mémorable, et l'ouvrage reste par conséquent destiné aux complétionistes de Bilal.
L'Homme de la loi
C'est effectivement un Western tout ce qu'il y a de plus classique. Et pour distraire durant 1-2heures de lecture, il fait très bien le job. Après, j'ai quand même trois gros reproches: 1.Le dessin est certes clair et propre, mais franchement désuet dans le style: cette BD est dessinée comme pas mal de westerns des années 70-début 80. 2.Pareil pour le scénario 100%-action qui semble dater de la même époque. 3.Et qui surtout est à la fois prévisible et peu crédible. Car oui, je termine ma critique par un court résumé, alors que d'habitude c'est par-là qu'on commence: un homme de loi (sollicitor en anglais, il n'y a pas d'équivalent véritable en droit français, le plus proche c'est huissier) va essayer de retrouver un héritier pour lui permettre de palper quelques millions. Cet homme de loi est équipé d'un pistolet automatique dernier cri, avec lequel il va envoyer ad patres la moitié de l’État du Texas. Car oui, il tue, tue et re-tue les méchants avec un rythme qui laisse quand même songeur, sans jamais avoir à subir une quelconque conséquence légale. Et les péripéties s'enchaînent de manière complètement abracadabrantesque et incohérente. En gros (très) fun mais très bête aussi.
Super Gau
J’ai lu le Roman Graphique Super-Gau de Bea Davies et j’ai globalement apprécié cette lecture. L’histoire se déroule à Berlin et suit plusieurs personnages dont les vies se croisent. En arrière-plan, on apprend qu’un grand événement s’est produit au Japon : un puissant tsunami provoque la catastrophe de Fukushima de 2011. La BD ne raconte pas directement cette catastrophe, mais plutôt la façon dont un événement mondial peut influencer la vie de personnes qui vivent très loin. Ce que j’ai le plus aimé dans cette BD, ce sont les illustrations. Le style de dessin paraît simple au premier regard, mais il est en réalité très expressif. Les visages des personnages transmettent beaucoup d’émotions et certaines pages sont presque artistiques. J’ai trouvé que les planches étaient très agréables à regarder et que le dessin rendait l’histoire encore plus touchante. L’histoire est assez calme et contemplative. Il n’y a pas vraiment d’action et le récit peut parfois sembler un peu abstrait. Le tsunami reste surtout en arrière-plan et sert plutôt à montrer comment des vies peuvent être reliées par un même événement. Au final, j’ai bien aimé Super-Gau, surtout pour son style graphique et son ambiance. C’est une BD originale et poétique qui parle des relations humaines et de la manière dont un événement lointain peut avoir un impact sur la vie des gens.
Larzac - Histoire d'une résistance paysanne
Un témoignage factuel et très bien documenté, d’une lutte qui a marqué l’imaginaire collectif. Et qui permet de découvrir, non seulement les tenants et aboutissants, les acteurs (qui s’agrègent en plusieurs vagues d’arrivées, avec des motivations parfois hétérogènes). Mais surtout – et cet aspect m’avait échappé – c’est la ténacité, le courage des participants qui sont mis en avant, car cette lutte a duré presque une quinzaine d’années, pour éviter des expropriations/expulsions au profit de l’armée, sur le beau plateau du Larzac. L’intérêt de cet album est aussi de l’ancrer dans l’époque, une sorte de queue de la comète des luttes sociales, avec beaucoup de personnes à la conscience politique les poussant à un engagement personnel quasi christique. Si l’époque a changé, la lutte autour du Larzac présage par bien des aspects certaines luttes actuelles, mais aussi certains moyens d’actions utilisés plus tard. En particulier lors de la création et de la défense de certaines ZAD. Le dessin, dans un style réaliste, avec un trait fin, est très lisible, plutôt détaillé et agréable. Je l’ai juste trouvé un peu sec et rigide. Mais l’essentiel est ailleurs. Cet album, qui est complété par un bon dossier, et qui place des photographies d’époque au milieu des différents chapitres, se révèle une lecture instructive. Un documentaire historique réussi. Note réelle 3,5/5.
Gon
Pas ma came mais original et très bien dessiné. Gon peut fasciner car il n'y a pas de parole mais un dinosaure aussi féroce que l'être humain peut l'être, mais bien exotique d'être sans parole, justement, et du fait qu'on n'en côtoie pas autrement qu'en fiction ! Il peut aussi déplaire pour la même raison, le brave Gon ! Par ma note moyenne, je donne mon ressenti, mais je gage que cette œuvre étrange restera parce que ceux qui l'aiment y sont particulièrement attachés. Peut être défoulant et drôle à lire, repousse les limites du genre bd car sans parole, hyper réaliste sans être caricatural et pourtant, assez drôle. Moi, j'en ai lu un et ça m'a suffi, mais bon, les passionnés liront et reliront… Moi, en principe j'achète ce que je pense que je vais lire et relire, de ce point de vue, Perramus est vraiment parfait.
L'Homme qui a vu l'homme qui filme l'homme qui tire plus vite que son ombre (presque journal d'un tournage)
Je suis un gros amateur de Bouzard, et de son type d’humour gentiment dérisoire et absurde. Pourtant, je suis sorti un chouia moins captivé par cet album que Ro. En fait, j’attendais encore plus d’humour con et décalé, et c’est à ce niveau que j’ai été un peu frustré. Car l’album est lié à la sortie d’une série Disney, et se présente quasiment comme un teasing, une sorte de publicité/making-of de cette série. Et la plupart des participants (équipe technique surtout) apparaissent ici. Cela freine un peu trop le délire, et rend d’autant plus nécessaire d’aller dans le n’importe quoi absurde pour s’en écarter. Bouzard y parvient à plusieurs reprises – ce qui fait que la lecture est quand même plaisante et amusante – avec quelques bons petits moments jouissifs, avec Bouzard en fouteur de merde, en chieur qi cherche régulièrement à signaler qu’il peut « dépanner », rodant autour – et parfois dans – le tournage, accompagné d’un Rantanplan philosophe (là aussi moins con que celui de Goscinny hélas). Bref, un album sympa, mais pas autant que je ne l’espérais.
Iris
Je sens que je vais faire partie des bien-pensants, mais j'assume : le père revenant coucher avec sa fille ne me plaît pas trop. Certes il ne l'a pas éduquée, la mère célibataire a dû assumer seule ! Mais enfin revenir avec l'autorité d'être surnaturel et d'être son père ne me paraît pas laisser trop de choix à la fille. Bien sûr, elle est encore aidée par le scénario avec un courtisan lourdingue virant agressif et une mère qui ne respire pas la joie de vivre… Iris est bien plus intéressante que tous ceux-là, et j'aime aussi bien le chat. Le dessin de Comes n'est pas non plus à son meilleur… Alors tant pis si je ne mets pas au pinacle un auteur dont les dons graphique et la ruralité et le retour au paganisme m'avaient fait espérer qu'il rejoindrait ceux qui savent véritablement nous ouvrir l'imaginaire comme Pratt avec Corto Maltese. Silence, La Belette ? resteront peut-être.
Sauvage (Rosalia Radosti)
Je découvre Rosalia Radosti avec cet album où elle s'occupe de tout. Et je vous le dis, une artiste à surveiller. Un conte qui vise avant tout un jeune public (féminin) de 10 à 13 ans et plus si affinités. Le récit commence en mode conte de fée, un royaume qui prospère et des parents aimant pour cette princesse qui va épouser son prince charmant. Mais comme l'annonce la première page, la noirceur va s'inviter. On va découvrir notre fameuse princesse au doux nom de Sauvage, de sa naissance à cette statue la représentant, toujours à la première page. Une jeune fille espiègle et spontanée ne rentrant pas dans les standards de princesse, elle ne respecte pas les règles et les obligations dû à son rang. Elle veut juste trouver quelqu'un de spécial qui lui ressemble. Une première partie qui part sur les bases classiques du conte de fée, tous les ingrédients y sont présents, même la sorcière sera là, est-elle gentille ou méchante ? Surprise. Pas de réels coups de théâtre donc dans cette première phase avec sa touche d'humour, la seconde partie va apporter un souffle nouveau à l'histoire avec ce basculement dans le côté obscur, avec ce fameux prince charmant qui n'est pas si charmant que cela après les beaux premiers jours. Un conte qui distille quelques messages (la place de la femme dans nos sociétés et son indépendance) mais cela reste trop léger pour l'adulte que je suis. Par contre, la partie graphique est très très belle. Un dessin lumineux ou sombre suivant les événements proposés. Et ce visuel qui en met plein les yeux doit beaucoup aux superbes couleurs. En conclusion, un conte cruel et très beau qui poussera nos jeunes pousses à la réflexion. Note réelle : 3,5 (pour le public visé).
Les Enfants de la Salamandre
Il y a deux manières de lire cette bande, aucune n'étant vraiment satisfaisante. Les EO : de meilleur qualité mais sans la fin de l'histoire. Ou bien l'intégrale, avec son ignoble couverture, avec un dessin qui a perdu tout son contraste, mais aussi avec un 4eme tome inclus à l'intérieur. Je rajoute que les originaux du premier tome ont dû disparaitre, puisqu'on a droit à des scans de piètre qualité, avec 5 centimètres de marge à la fin de chaque page. Donc une entrée en matière compliquée ! Et pourtant le recit proposé ici se révèle assez prenant. Dufaux rajoute une couche de fantastique religieux mais l'intrigue de base fait furieusement penser au film Scanners de Cronenberg, avec des télépathes apprenant à maîtriser leurs pouvoirs, qui sont pourchassés et qui cherchent à en apprendre plus sur leur identité. Le volume inédit se révèle au final assez décevant et n'apporte pas grand chose, d'autant qu'il est truffé de facilités scénaristiques. Le dessin de Renaud correspond à ce qu'il fait déjà sur Jessica Blandy à l'époque. C'est un style unique. Cependant le cadre fantastique ne lui convient pas tellement, les effets spéciaux font peine à voir. Pour les fans de lézards mais pas que.