Les derniers avis (48496 avis)

Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Babybox
Babybox

Le titre littéralement signifie boite à bébé, j'en connaissais le concept qui se trouve surtout en Asie il me semble. J'avais aussi vu un film dont le titre ne me revient pas. Claire l'héroïne apprend à l'âge adulte en fouillant dans des papiers de famille que ses parents immigrés coréens en France ne sont pas ses parents biologiques, elle est issue d'une "boîte". Elle part en Corée du Sud avec son jeune frère sur la trace de ses origines et par la même visiter sa tante. Le dessin de Jung est plutôt subtil avec la couleur rouge bien mise en avant et fil conducteur de l'histoire, les coquelicots, les cheveux, le communisme, le sang etc. Dans la veine d'autres récits d'adoption et sur la Corée de l'auteur, cet album d'une centaine de pages se laisse lire assez rapidement.

21/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Goblin's
Goblin's

Je n’ai lu que les trois premiers albums, et depuis longtemps déjà je trouvais ça répétitif. C’est typiquement le genre de série qu’il faut lire par petits bouts : un album entier d’un coup suffit quasiment pour une overdose ! Typiquement le genre de série qui, resserrée sur un seul tome, aurait été des plus chouettes. Car, même si je suis resté un peu sur ma faim, et si c’est répétitif et surtout inégal, dans le lot il y a un certain nombre de gags qui fonctionnent, qui m’ont vraiment fait rire, d’autres sourire. D’où les trois étoiles. Les auteurs se défoulent autour de gobelins qui sont tous débiles, très très cons, et très très malchanceux. De gros losers qui s’en prennent plein la gueule (d’à peu près tout le monde – de tous genres et époques, les anachronismes ne faisant pas peur aux scénaristes), se font arnaquer dans les grandes largeurs (voir le gag récurrent du marchand ambulant), se font écraser, débiter, percer, noyer, etc. L’humour est aussi con que les gobelins, ça ne vole jamais haut, mais certains gags fonctionnent. Mais dès le premier album je sentais que ça peinait à suffisamment se renouveler. A emprunter un album, à piocher dedans, on trouve quand même de quoi rire (des trois lus, le premier est clairement celui qui m’a le plus plu).

21/01/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Shibatarian
Shibatarian

Une série manga courte de 5 tomes dans la veine épouvante. Comme le montre la couverture du tome 1, quelque peu étrange et comique, Shibata est un garçon enterré au pied d'un arbre et seule sa tête dépasse du sol. Un collégien le trouve ainsi et devient pote avec lui mais rapidement Shibata prend beaucoup de place dans sa vie et devient un peu flippant. En plus ne serait-ce pas un produit de son imagination car d'autres ne semblent pas voir ce nouvel ami. Rapidement Shibata veut réaliser un film, puis on voit qu'il a le don de "shibatiser" tout le monde. Sur les 2 premiers tomes, l'action va vite et les intentions de l'auteur ne sont pas si claires. De réguliers rebondissements maintiennent la tension. Le dessin n'est pas des plus aboutis, il fait le job. Je n'ai pas encore lu la fin qui est parue il y a seulement quelques mois.

21/01/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Gilles Hamesh
Gilles Hamesh

Toutes les mouches ont une ombre. – Proverbe espagnol - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, plusieurs enquêtes différentes menées par un détective privé. L’édition originale date de 1998. Il a été réalisé par Alejandro Jodorowsky pour le scénario et par Durandur (Michel Durand, également auteur de Les Travailleurs de la mer, 2024) pour les dessins. Il comporte quatre-vingt-six pages de bande dessinée en noir & blanc. Il commence par une introduction, un texte d’une page, rédigé par le scénariste en septembre 2002. Il évoque un proverbe espagnol : Toutes les mouches ont une ombre. Puis il explique son intention : une série dont l’antihéros concentrerait la bassesse morale du monde. Il indique qu’il a vu en Durandur un dessinateur féroce, le seul qui ait bien voulu se prêter à cette aventure, politiquement incorrecte jusqu’à la moelle, et qui partageait son sens de l’humour. Il termine avec la réaction des libraires remplis d’appréhension devant un tel ouvrage, les faibles ventes, le statut culte auprès des jeunes lecteurs, et l’espoir que cette réédition permettra à cette monstruosité d’être comprise. Dans le quartier le plus mal famé de New York, les prostituées attendent le client sur le trottoir. L’indic surnommé Face de rat vient solliciter les services de l’une d’elle, en lui proposant cinq dollars alors qu’elle en demande quinze. Il se prend une grande mandale en pleine poire, généreusement assénée par Gilles Hamesh qui rentre dans l’hôtel avec la dame, pour une relation tarifée et agitée. Une fois son affaire faite, il évoque sa vie : il a reçu sur la tronche tout ce qu’on peut recevoir, il a dû tremper ses boules dans pas mal de groupes sanguins, sans faire attention au sexe et à l’âge de la carcasse avec laquelle il avait un rapport. Il a sniffé la puanteur de tas d’hommes et de femmes, et il n’a jamais bronché, parce que son job était d’avoir le pif collé sur toutes ces horreurs qui n’étaient pas belles à voir. Il s’est battu à poing nu. Puis il raconte à la dame une chaude journée au cours de laquelle il a assisté à un meurtre depuis sa fenêtre. Le dimanche soir, au milieu des immondices, d’énormes poubelles vomissent leurs ordures : morceaux d’hamburgers, vieux journaux, seringues, et toutes sortes de vomis, les travelos sud-américains, ramassent les derniers sous du week-end. Ces petits derrières affamés n’ont même pas un mac pour les soutenir. Il suffit de leur montrer ses fafs de privé, de leur mettre les menottes, et on se fait tailler une pipe royale. Et après avoir fait le travail gratis, ils font encore la bise pour te dire merci. Que c’est bon de se sentir généreux ! C’est ainsi que comblé, Gilles Hamesh quitte la professionnelle au coin de la rue, et qu’il assiste à son accident mortel : un chauffard tournant le coin de la rue à toute berzingue et la faisant littéralement voler à plusieurs mètres, renversant au passage une poubelle. Celle-ci déversant son contenu sur le trottoir : des déchets et le cadavre d’une femme nue. Le privé se précipite et constate qu’il manque au cadavre, un bon morceau de hanche et le mont de Vénus. À l’occasion de la réédition de 2002, le scénariste le dit fort bien lui-même dans son avant-propos : une œuvre jouissant d’une mauvaise réputation, un exercice dans la bassesse morale du monde, un personnage sale, amoral, dépravé, qui, immergé dans la pourriture sociale, l’aspire goulument, à plein poumon. Le scénariste ajoute : Hamesh est si profondément plongé dans la réalité négative qu’il mène le lecteur au-delà du cauchemar et, en pissant sur les anges, à un rire salutaire. Il apparaît que l’auteur, déjà connu pour ses exagérations de mauvais goût, a choisi de se rouler dans la fange, d’embrasser ses pires tendances pour contrebalancer ses œuvres tournées vers l’élévation spirituelle : la recherche de la Conscience cosmique dans L’Incal (avec Mœbius), la vérité dans Alef-Thau (avec Arno), l’illumination dans Le Lama Blanc (avec Georges Bess), la rédemption dans Juan Solo (également avec Bess). Il loue le courage du dessinateur d’avoir accepté de collaborer avec lui sur un tel projet. Le lecteur découvre des pages chargées en noir, que ce soit les aplats, ou le lavis de gris, et des traits de contours à l’épaisseur variable. Tout cela concourt à une sensation d’environnement sale, marqué par l’usure, des sensations tactiles désagréables, des zones indistinctes parce que trop crasseuses ou mal éclairées, et lorsque le blanc reprend de l’espace, c’est encore pire parce ce qu’il suggère ou ce qu’il représente. Comme il a pu le faire pour d’autres de ses créations, le scénariste a conçu celui-ci comme une suite de plusieurs histoires indépendantes, la dernière pouvant se voir comme une forme de conclusion. Ainsi le lecteur découvre cinq récits de pagination différente : douze pages pour la première, puis quinze pour la seconde, puis quatorze pages, vingt-et-une et encore vingt-et-une pour la dernière. Il fait connaissance avec le personnage principal alors qu’il requiert les services d’une prostituée. Gilles Hamesh apparaît comme un individu massivement charpenté, une force de la nature, musculeux, avec une gueule burinée et son galurin quasiment vissé sur la tête, y compris pendant l’acte. Le lecteur le retrouve de temps à autre dans son bureau professionnel, qui semble également lui servir d’appartement : assis sur un fauteuil pivotant, les pieds sur le bureau et le regard mauvais, tous les clichés du genre sont respectés, avec même la clope au bec, et un regard accompagnant une posture très premier degré, très intense. Ce détective privé (de tout) fait preuve d’un solide cynisme sans illusion sur la condition humaine et ses pires travers, dans un décor évoquant les années 1950. Les autres personnages exhalent tous une forme de bassesse, de vilenie, d’infâmie, de compromission, une allure et des expressions transpirant d’indignité, de lâcheté, de mesquinerie, de pleutrerie, etc. Des êtres humains dans tout ce qu’ils peuvent avoir de méprisables et de fourbe. La première prostituée (oui, il y en a plusieurs) présente un physique bien en chair, et se comporte avec un professionnalisme débarrassé de toute forme de dégoût, ce qui implique un abandon de tout respect de soi, des sentiments négatifs vis-à-vis de soi-même. Le lecteur se met alors à regarder les autres personnages, rôles secondaires ou figurants anonymes à travers ce prisme d’une appréciation de soi dépréciative, la pleine conscience de ses propres défauts, de ses manquements, de ses vices, et du fait de s’y adonner, de l’acceptation de son incapacité à s’améliorer, à s’en émanciper. Une fois ce point de vue ancré dans son esprit, le lecteur ne voit plus que des individus méprisables, faillibles… comme lui-même l’est aussi. Le scénariste embrasse donc les actions immorales de son personnage principal et des autres, et le dessinateur fait preuve d’une implication remarquable pour transcrire ce positionnement et le dégout qu’il peut susciter. Il représente des lieux sales et déliquescents, des corps gras et répugnants : les rues de New York jonchées de détritus et mal éclairées (où parfois l’influence de Will Eisner, 1917-2005, peut se faire sentir), les fluides corporels visqueux et malodorants, les déjections tartinées à même le corps (atteignant des proportions insoutenables dans la quatrième histoire), les corps mutilés de façon atroce, la chair triste, les manifestations concrètes de la pestilence, l’insalubrité, etc. Le lecteur se sent souillé en regardant les planches, sans aucun répit. Il relève bien de ci de là des éléments comiques ou absurdes, incongrus et peinant à lutter contre l’insalubrité généralisée : Hamesh écrasant sa clope dans sa paume pour l’éteindre, un dentier abandonné sur le trottoir, des odeurs assaillant Hamesh sous forme d’onomatopées passant par sa fenêtre, Hamesh shootant dans une prothèse de jambe en marchant dans la rue, des chaussettes trouées, un rabbin avec une coiffe de type oreilles de Mickey, etc. Cependant la démarche du scénariste, son intention, s’avère fort ambitieuse et difficile à réaliser. Il souhaite embrasser la bassesse du monde au travers d’un personnage qu’il décrit dans ces termes : un personnage sale, amoral, dépravé, qui, immergé dans la pourriture sociale, l’aspire goulument à plein poumon. Cela renvoie forcément à un système de valeurs morales, à des qualités morales comme l'amitié, l'amour, la confiance, le courage, l'empathie, l'entraide, l'équité, la famille, la fidélité, l'honnêteté, l'intégrité, la justice, la loyauté, la paix, le partage, la persévérance, le respect, la solidarité, la tolérance, le travail, etc. D’une certaine manière, les travers de Gilles Hamesh se définissent de manière négative par tout ce qu’il ne respecte pas. Or dans chacun de ces cinq récits, il participe au dénouement en châtiant un assassin, en mettant un terme aux agissements d’un cannibale (même s’il lui rend un hommage de la pire des façons), en neutralisant un autre assassin, en stoppant les pratiques toxiques d’un rebouteux exerçant une forme mortelle de chirurgie esthétique, et pour finir en rétablissant l’ordre établi ! Certes son comportement est souvent abject, entre usage de la violence pour imposer sa volonté ou cannibalisme (Ah, oui, quand même !). En outre, les auteurs, surtout le scénariste, mettent en scène des moments scatologiques et l‘onanisme comme récurrents d’un récit à l’autre. Il est possible d’y voir aussi bien des provocations et des transgressions, que du simple mauvais goût faute de réussir à élever le débat, ou à l’entraîner dans les tréfonds de l’immoralité, et de ce que cela veut dire. Certes, mais aussi de vraies transgressions comme la sexualité à voile et à vapeur de ce véritable mâle virile, et son acceptation, voire sa délectation, de se montrer aussi compromis que tous les individus qu’il fréquente ou qu’il traque. Les auteurs vont jusqu’au bout, posant la question : Mais ne reste-t-il rien de sacré ? Et ils y répondent… en restant dans un domaine circonscrit aux valeurs morales judéo-chrétiennes. Œuvre culte ? Transgression réelle ? Difficile de répondre, car cela dépend beaucoup de la sensibilité de chaque lecteur. En tout cas, le dessinateur ne triche pas : il représente tout, y compris le plus crade et le plus avilissant, le plus abject et le plus répugnant. Le scénariste tient sa promesse d’inverser le dosage habituel de ses histoires, entre les épreuves sur le chemin de l’élévation spirituelle et la compromission morale, faisant la part belle à cette dernière. Les transgressions se heurte toutefois à la conception d’une morale circonscrite à des valeurs judéo-chrétienne un peu étriquées. Provocateur et dérangeant, mais pas trop.

21/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Rhino
Rhino

Seconde Guerre mondiale. Deux frères issus de la noblesse allemande sont pilotes dans la Luftwaffe. Autant l'un, basé à Guernesey alors occupée par les nazis, connaît le succès auprès des femmes et bénéficie surtout de l'admiration de leur père, autant l'autre est perçu comme un faible par ce dernier et survit à coups d'amphétamines sur l'éprouvant front russe. Pourtant, c'est bien ce plus jeune frère qui s'attire les honneurs après avoir détruit plus de cinquante chars soviétiques à bord de son lourd avion de combat. A l'inverse, l'aîné finit par faire la honte de sa famille en épousant une Britannique… juive. Rhino s'ouvre comme une série d'aviation et d'aventure historique très académique. Quelques flashbacks viennent préciser le contexte familial des protagonistes, les scènes de combat aérien sont propres et lisibles, et l'on découvre le portrait d'une famille noble en pleine déliquescence (un père handicapé et autoritaire, une mère qui se perd dans l'opium, un fils cadet qui lutte pour obtenir la reconnaissance paternelle, et un autre qui trahit l'honneur familial par amour pour une juive). Julien Camp a déjà fait ses preuves au dessin avec Eagle - L'Aigle à deux têtes. Son trait est impeccable, notamment dans la représentation des avions, parfaitement maîtrisée. La mise en couleur est plus inégale : parfois trop froide et informatique, notamment dans le flashback d'introduction, elle se révèle à d'autres moments lumineuse et convaincante, en particulier dans les scènes diurnes. L'intrigue est correcte et suscite l'intérêt, notamment par la question de l'évolution de cette relation familiale complexe au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Mais elle manque encore d'envergure et d'originalité. La mise en scène souffre aussi d'un certain manque de clarté, avec des changements de lieux et de personnages peu balisés temporellement, ce qui rend la lecture parfois confuse tant que l'on n'a pas bien assimilé les différents éléments. Par ailleurs, tout n'est pas expliqué, en particulier la nature et la signification de ces "marques d'infamie" que les deux frères peignent successivement sur leurs avions (leur sens ne peut être que déduit a posteriori). N'ayant trouvé aucune trace historique de ce type de marquage, je ne vois pas non plus ce qui justifierait la réaction immédiate de Göring, ni pourquoi leur simple vue provoquerait sa fuite. Ce premier tome ne suffit pas à faire réellement décoller l'intrigue, mais il introduit des éléments qui pourraient devenir intéressants par la suite. Je demande donc encore à voir.

21/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Alyte
Alyte

Jérémie Moreau développe une œuvre originale, qui le plus souvent sort des sentiers battus, au niveau du fond et de la forme. Ici, je suis globalement resté sur ma faim. Le dessin déjà m’a laissé froid. Formellement réaliste, son trait s’accommode de décors et « fonds » le plus souvent escamotés. Mais c’est surtout la colorisation qui se remarque. Il poursuit ici dans la lignée de ce qu’il avait fait dans Les Pizzlys, avec des couleurs semble-t-il informatiques, s’écartant du réalisme, avec de fortes tendances flashy, voire fluos. Je n’en suis pas vraiment fan. Pour ce qui l’en est de l’intrigue, je l’ai suivie sans problème, mais aussi hélas sans passion. Certes, il y a sous-jacentes des questions intéressantes : préservation de la faune et de la flore, menacée par les hommes, artificialisation et parcellisation des espaces – ici avec la menace que fait peser la route sur tous ceux qui doivent et veulent la traverser, etc. Et la différence entre tuer pour vivre/survivre – la plupart des animaux croisés par notre crapaud de héros finissent croquer par d’autres bestioles – et tuer par plaisir ou indifférence comme le font les hommes. Mais bon, la narration est finalement trop linéaire, monotone (et la colorisation ôte la poésie qui aurait pu s’installer et faire passer cette monotonie). Par exemple j’aurais bien aimé voir un peu d’humour s’inviter, comme dans Nage libre (album auquel le début m’a fait penser, lorsque notre têtard accompagne un saumon). Je ne suis sans doute pas le cœur de cible de cet album, par ailleurs – mais c’est leur habitude ! – très bien mis en avant par le travail éditorial des éditions 2024. Note réelle 2,5/5.

21/01/2026 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Arkham Mysteries
Arkham Mysteries

Ayant été nourri à la littérature fantastique avec bien sûr du Lovecraft en veux-tu en voilà, c'est avec appétit et curiosité que je me suis lancé dans la lecture de cette nouvelle série. S'étant spécialisé dans la littérature populaire, fantastique et paranormale, c'est sans surprise que nous retrouvons Richard D. Nolane au scénario avec au dessin Manuel Garcia. Nos deux auteurs vont donc jongler avec tous les ingrédients qui font le bonheur des amateurs de Lovecraft. Aventure, mystères, monstres, folie, ésotérisme et superstitions sont donc au rendez-vous en suivant les pas mouvementés de Seth Armitage, professeur à l'université de Harvard. Ce dernier va perdre toute sa notoriété et sa crédibilité en voulant aider un de ses meilleurs amis disparu en Mongolie. Il va rentrer de ce voyage traumatisé, au bord de la folie, le dos tatoué d'un étrange énorme tatouage... C'est à Arkham qu'Armitage va finir par retrouver un poste en reprenant la chaire des religions et cultes disparus. Si la chance lui sourit pour ce poste, ce n'est que le début de nouveaux ennuis... Les amateurs de Lovecraft devraient facilement trouver leur compte dans cette série qui a bien intégré les codes et les ficelles qui ont fait le succès de l'auteur. Les ambiances noires et angoissantes des lieux sont omniprésentes, et on sent le danger tapis dans l'ombre de chaque case. Le dessin de Manuel Garcia est d'une grande efficacité et nous emporte volontiers dans cet univers étrange, dommage que la colorisation de Dijjo Lima n'emporte pas complètement mon engouement ; je trouve qu’elle manque de cohérence au fil des pages et certains effets informatiques ne sont pas des plus judicieux. Malgré ce petit bémol, j'ai passé un bon moment de lecture, et j'avoue attendre la suite de cette série pour peaufiner ma note en espérant la monter à 4. (3.5/5) *** Tome 2 *** Voici une suite qui aura mis un peu de temps à arriver, mais mieux vaut tard que jamais :) Nous retrouvons donc le professeur Seth Armitage, accompagné de Lovecraft (himself !) et d'une jeune journaliste, qui cherchent à comprendre ce qui se trame entre Arkham et Providence. Car à chaque événement étrange majeur, le professeur manque défaillir de douleur à cause de son tatouage dans le dos qu'il a "ramené" de son périple en Mongolie. Notre trio a malheureusement toujours un coup de retard, et de terribles événements se profilent sous les coups de boutoir retors de nos monstrueuses divinités : elles préparent leur retour insidieusement mais efficacement... J'aime replonger dans ces ambiances lovecraftiennes, et nos auteurs y parviennent de belle façon, s'amusant à introduire Lovecraft lui-même dans leur récit de façon originale et réussie. On reste sur le même graphisme efficace de Manuel Garcia, rien à redire de ce côté là. Vivement le troisième et dernier tome ! J'affinerai ma note en fonction.

10/02/2022 (MAJ le 21/01/2026) (modifier)
Couverture de la série Notre affaire - Une BD de combat et d'espoir
Notre affaire - Une BD de combat et d'espoir

« Notre affaire ». Voilà un titre bien choisi. Polysémique. Une affaire judiciaire hors norme, qui s’est invitée dans les conversations bien au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer au départ, devant l’affaire dont tout le monde parlait. Notre affaire aussi, puisque ce documentaire, qui brasse pas mal de thématiques – par-delà le procès de Mazan – démontre in fine que nous sommes tous concernés par le sujet au cœur de cette affaire de viols collectifs sur Gisèle Pelicot : la place de la femme dans la société, par rapport à l’homme, etc. Les auteurs ont découpé leur documentaire en plusieurs courts chapitres. Qui reprennent les principaux moments du procès, mais aussi, surtout dans la seconde moitié de l’album, des choses plus thématiques et plus « générales ». Chaque chapitre est illustré par un dessinateur ou une dessinatrice différents. Je ne suis pas fan de ce type de changements au sein d’un même album, mais bon, l’essentiel est ici ailleurs. Le récit est intéressant et éclairant, montre bien ce que cette affaire a pu révéler de notre société (et là on retrouve le titre éclairant). Mais aussi – du moins on peut le souhaiter, tout ce que ce procès pourra faire bouger, évoluer dans le bon sens. Et il y a du boulot, si l’on en croit les déclarations de certains accusés ou de certains de leurs avocats (lunaires) ! L’album se finit par un éclairage sur la nécessité de l’éducation, dès le plus jeune âge, pour les filles et les garçons, à propos de la sexualité, et surtout de la notion de consentement. Autour d’une intervention EVARS dans un collège. J’ai été formé il y a pas mal de temps et j’intervient depuis plus de dix ans devant des collégiens en EVARS, je ne peux donc que plussoir. Mais hélas, alors qu’une certaine droite et l’extrême droite bataillent pour la vider de sa substance, et que quelques discours médiatiques l’ont mis en avant, la réalité est bien moins reluisante : aucun moyen n’est affecté, à l’heure du sabrage des moyens dans les établissements scolaires , et l’établissement où j’interviens dans ce cadre – établissement pilote en la matière – en est à se demander s’il ne va pas, faute de moyens, supprimer ces interventions (obligatoires depuis longtemps, mais que peu d’établissements proposaient dans les faits). Hypocrisie et calculs politiques vont ainsi à l’encontre des discours, de la loi, mais surtout des constations établies à la suite du procès des viols de Gisèle Pelicot. On ne peut que conclure sur Gisèle Pelicot justement, et son courage, qui permet de tenter de retourner la charge de la honte et d’encourager d’autres victimes à se signaler à la justice. Note réelle 3,5/5.

20/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Super A
Super A

Jérémie Moreau est un auteur indéniablement intéressant : un univers graphique immédiatement reconnaissable (des couleurs criardes volontiers fluo associées à un trait rond épuré déshumanisant), des thématiques sociétales (l'écologie, la famille, la place des nouvelles technologies, l'identité...) imbriquées dans des récits aux frontières du conte), un désir de jouer avec le genre et les codes de la fiction (fantastique, drame intimiste, conte, aventure, historique...). Le voir tenter l'aventure de la BD jeunesse apparaît comme une évidence, aussi j'étais fort intrigué par ce Super A. L'histoire propose dans un premier temps de décrire via la comédie une famille atypique dans laquelle les adultes aux vies ultramodernes sont bien en peine de veiller sur leurs enfants. Voilà donc notre tout jeune Aldo contraint de surveiller sa très jeune sœur Babette. Le prévisible raté de la chose sera à l'origine de transformations en super-héros. Le récit s'emballe alors d'un point de vue rythmique, visuel et s'enrichit durablement d'une thématique écologique, mais au détriment d'une relative finesse d'écriture. Une lecture assez contrastée, qui laisse en suspens bien des questions : ce visuel au mauvais goût assumé est-il une réussite ou une désagréable particularité (on pense à Saint-Elme dans ces moments-là), cette variante de super-héros est-elle artificielle et peu exploitée ou intrigante et militante, ai-je apprécié ma lecture ou suis-je davantage interpellé qu'admiratif ? Attendons le tome 2 pour trancher, ainsi que les avis des très jeunes lecteurs.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Chères élites
Chères élites

Un recueil de gags autour des élites de notre beau pays. C'est caustique, en gag unique ou en quelques planches, sur ces personnes se croyant au-dessus du monde et de tout, que ce soit politicien, élite financière ou encore élite intellectuelle. Chacun en prendra pour son grade ! Le trait de Ravard convient très bien à ce type de caricature, avec des têtes parfois reprise (Chirac, De Gaulle ...) mais aussi dans les têtes et les corps déformés, une représentation grotesque et ridicule qui va avec le récit. Comme souvent dans ce genre de BD, il y a de tout mais je dois dire que j'ai eu des éclats de rire plusieurs fois avec des détails qui font mouche et une inversion des valeurs capitalistes, l'invocation régulière de la main invisible et la croissance comme mot-clé du bonheur. De fait, on sent clairement le parti pris des auteurs mais ce n'est pas dérangeant, d'autant que loin du brulot politique, ils s'acharnent plutôt à montrer ces élites comme bêtes, immatures et infantiles. Cela dit, il est aussi clair que la BD reste en dessous d'autres satires, comme Tienstiens dans son excellent Koko n'aime pas le capitalisme & autres histoires ou les excellents Dialogues de Karibou. Je ne déconseille donc pas la lecture mais ça reste une lecture légère, amusante et distrayante qui ne franchit pas ce cap.

20/01/2026 (modifier)