Dix histoires de sexe présentées comme étant tirées d'anecdotes réelles.
J'ai plutôt apprécié l'album dans son ensemble, à commencer par le dessin que je trouve simple et efficace, avec un vrai sens de la lisibilité et une certaine justesse dans les corps et les expressions. Il sert bien le propos sans chercher à en faire trop.
J'aime aussi le principe de base : les histoires théoriquement inspirées de faits réels, ça change pas mal de choses. C'est à la fois assez instructif sur la sexualité des autres, sur la diversité des pratiques et des situations, et en même temps, ce côté crédible rend forcément le tout plus émoustillant que des fantasmes totalement irréalistes. Cela dit, pour être honnête, je n'ai pas été particulièrement excité à la lecture, peut-être parce que je n'étais pas dans le bon état d'esprit à ce moment-là.
Il y a aussi certaines histoires qui m'ont plutôt refroidi. Celles autour de l'adultère, par exemple, ne fonctionnent pas du tout sur moi car c'est l'inverse d'un fantasme en ce qui me concerne. Celle avec les deux mecs sur le canapé m'a laissé totalement extérieur, étant beaucoup trop hétéro pour y trouver un quelconque intérêt. Et celle dans le métro m'a surtout fait tiquer par son côté assez dérangeant en termes de double standard : difficile de ne pas penser que si les rôles étaient inversés, on parlerait de comportements de frotteurs punis par la loi, alors que là, parce que c'est une femme, elle obtient forcément les consentements adéquats.
Quoiqu'il en soit, les histoires sont globalement variées, parfois amusantes, parfois un peu dérangeantes, et l'ensemble se lit bien. Mais je suis resté à distance, avec un intérêt plus intellectuel que réellement impliqué ou excité. Une lecture intéressante, sans être totalement convaincante pour moi.
Recueil de gags sur le sujet du sexe, et plus largement de la séduction. L'album propose surtout des gags en une seule image (pleine page), mais aussi quelques bandes dessinées un peu plus développées sur une page, et plus rarement sur deux ou trois cases. Le format est donc varié, même si l'ensemble reste globalement construit sur des idées rapides, souvent muettes.
J'aime bien le dessin de Pichon, notamment sa façon de représenter les femmes, que je trouve charmantes, à la fois sensuelles, naturelles et plutôt élégantes dans leur simplicité. Ses personnages masculins ont aussi des trognes assez amusantes, ce qui colle bien à l'esprit des gags.
Côté humour, ça tourne assez souvent autour des prostituées ou des poupées gonflables, ce qui peut donner une impression de répétition. Malgré ça, les idées arrivent à rester relativement variées, et il y a une vraie volonté de renouveler les situations.
Tout n'est pas toujours drôle : certains gags tombent à plat, et j'avoue que j'ai même eu du mal à comprendre où était la blague dans quelques cas. Mais à l'inverse, d'autres fonctionnent bien, et j'ai ri plusieurs fois de bon cœur.
C'est un ensemble inégal mais plutôt sympathique, qui se feuillette facilement et offre quelques bons moments malgré ses limites.
Agathe et son ami Tit' boite vivent le quotidien de jeunes enfants pleins d'envie et prêts à se lancer dans l'aventure du jardinage ou encore du camping.
Rien ne viendra vraiment expliquer pourquoi cette petite fille a pour amie une boîte en carton qui parle, et il faut simplement accepter ce point de départ un peu absurde comme allant de soi. Cela dit, ce genre de détail passera sans problème auprès du jeune public auquel s'adresse clairement la série.
Car on est face à des histoires très simples, destinées aux lecteurs de 6 à 10 ans, aussi bien par leur dessin que par les personnages ou le ton. Le trait est lisible, expressif, les situations sont claires, et l'ensemble se suit sans difficulté, avec un humour léger qui fonctionne plutôt bien.
L'intérêt principal de la série tient surtout à sa dimension éducative, intégrée de manière assez discrète. Derrière l'histoire du premier tome, on trouve en effet une initiation au jardinage, qui passe par les étapes classiques (planter, arroser, attendre), avec même un peu d'essais-erreurs, de recherche et d'apprentissage. Le tout est accessible et jamais pesant, ce qui est plutôt réussi. Le récit ne cherche jamais la complexité ni les rebondissements, mais accompagne tranquillement son lecteur, en mettant en avant avec le sourire la patience et le temps long nécessaires pour faire pousser quelque chose. C'est simple, mais cohérent avec l'objectif.
Et finalement, après lecture, je dois reconnaître que ça fonctionne assez bien : ça donne envie de tenter l'expérience soi-même, de planter quelques fraises pour voir ce que ça donne. Ou, à défaut, de suivre les personnages dans la suite annoncée, qui devrait cette fois les emmener faire du camping.
Une série modeste, un peu étrange dans le postulat de ses personnages, mais efficace et plutôt sympathique dans ce qu'il propose, à savoir un mélange d'humour, d'aventures du quotidien et de pédagogie.
Je ressors frustré de cette lecture, mais paradoxalement c'est l'effet voulu par la BD. Parce que si vous voulez la lire en espérant comprendre ce qu'est l'Europe, vous n'aurez pas la réponse. Et c'est justement ce que l'auteur transmet : lui même n'est pas sur d'avoir compris
Je suis donc partagé sur mon ressenti, entre la frustration de ne pas comprendre parce que la BD n'est pas un documentaire didactique, mais en même temps j'apprécie que la BD ait cette honnêteté et tente de faire ressentir à quel point cette Europe est impalpable au grand nombre. Qu'est-ce qu'elle est, comment fonctionne-t-elle, qu'est-ce que ce "Bruxelles" dont tout le monde parle ?
Ce qui est bien, c'est que la BD étant faite par quelqu'un qui se met au niveau du citoyen moyen, offrant un regard assez lucide sur la complexité de l'amas juridique de cette Union Européenne. D'ailleurs j'ai tout de même appris quelques petites choses, notamment l’obscurantisme des transactions effectuées en secret, les négociations entre État et l'équilibre difficile du tout, la pression financière et juridique qui empêchent les réelles prises de décisions fortes, mais aussi les victoires de l'Europe.
Je dirais qu'en sortant de cette BD, je comprends mieux les arguments envers cette Europe et pourquoi elle est si défendue. Je continue de trouver que cette Europe est une porte d'entrée massive du libéralisme et du capitalisme débridée, ce qui est assez peu abordé, mais je suis plus ouvert au débat. Ce qui est par contre dommage, c'est de voir la guerre en Ukraine s'introduire dans les débats et la façon dont tout ceci gangrène les autres débats, notamment écologique par exemple.
En définitive, cette BD est une matière a réfléchir sur l'UE, structure vaste et complexe qui influe énormément sur notre vie. Il y a une vraie réflexion dans la BD sur le fait que le citoyen européen ne comprend pas ce qu'est cette structure si importante, mais qu'elle est presque inaccessible sans connaissances politiques, juridiques et économiques solides. Et même avec, la compréhension de ses rouages est obscur, et il semblerait que la corruption ou les débats à huis-clos enrayent encore la clarté de celle-ci.
Bref, je ne sais pas ce qu'est l'Europe en sortant de la BD, mais je comprends un peu mieux l'étendue de mon ignorance. C'est déjà ça !
Une BD sympathique sur un été en camp de vacances, où l'originalité est d'être un camp de vacances pour russophones aux États-Unis. Mais l'histoire est surtout celle d'une jeune femme qui découvre à la dure que l'amitié n'est pas si simple ...
Le récit est assez classique, mais bien mené. La jeune fille est enthousiaste et volontaire pour aller dans ce camp de vacances, mais déchante vite au contact de la méchanceté d'autres enfants, le sentiment d'être perdu et l'exclusion. Son été sera donc un apprentissage jusqu'à arriver à trouver une place, des liens et passer un meilleur moment que ses premiers jours.
Le déroulé est donc classique, assez mignon dans certains détails et attachant, mais lorsque j'en suis ressorti je me suis dit que la BD ne m'avait pas marqué spécialement non plus. La lecture est fluide et plaisante, mais pas marquante. Sans doute parce que j'ai lu d'autres récits jeunesses qui m'ont plus marqués. L'autrice est sincère dans sa démarche, mais je dois avouer que ça n'a pas suffit à me satisfaire. Tant pis !
"L'homme est un loup pour l'homme" est bizarrement la phrase qui m'est venue à l'esprit à la fin de ma lecture.
Dans le Japon médiéval, un jeune homme sur la route d'Osaka, fait une halte dans un village dont les habitants lui refusent gîte et couvert.
Contraint à dormir dehors, le ventre vide, le jeune homme trouve refuge, dans une étrange maison, une Okiya (maison de plaisirs, ndlr).
Après une nuit passée où les occupantes de la demeure, quatre mystérieuses geishas, mettront ses “talents” du guerrier à rude épreuve, il décide de reprendre la route.
A peine sorti de l'Okiya, cette dernière disparait comme par enchantement. Par quel mystère cela est il possible ?
Cette fable érotique se lit assez facilement et on est rapidement intrigué par cette mystérieuse demeure et on suit l'enquête du héros avec un certain intérêt.
Héros, qui pour ma part, n'aura jamais su attirer ma sympathie sans que cela ne vienne pour autant gâché ma lecture.
Les quelques scènes "pour adulte" sont assez subjectives sans pour autant être trash.
Le dessin de Jung n'est pas spécialement typé manga, il est classique mais assez agréable
Au final une BD qui se révèle être plaisante sans pour autant être indispensable. Elle vaut toutefois la peine que l'on se penche dessus si l'occasion se présente.
2.5
Je suis un peu confus par rapport à cette collection sur Thorgal. Je pensais que c'était une collection "vue par", où les auteurs pouvaient montrer leur version d'un personnage connu comme c'est le cas avec Spirou et Lucky Luke. Le premier tome de Thorgal Saga, Adieu Aaricia, était selon moi comment un "vu par" devrait être avec un auteur qui fait des trucs qu'on ne verrait pas dans la série mère. Puis dans le second tome, Wendigo, on indique que l'aventure se passe après tel album de la série....Bon, vu que Thorgal est une série où les personnages vieillissent j'imagine que c'est normal de ne pas perdre le lecteur et d'indiquer où ça pourrait hypothétiquement se passer si c'était un album de la série mère....et là dans ce troisième one-shot on a droit à des auteurs qui ont non seulement déjà travaillé dans la série, mais en plus ça se passe clairement dans une période de la série-mère avec même des renvois de bas de pages pour d'autres albums de la série !
Donc voilà on n'est pas dans un album où un auteur présente sa vision du personnage, ce qui me semblait être le principal d'intérêt de ce type de collection. Alors on a donc un album qui est juste un autre album de plus avec Thorgal. On retrouve les défauts et les qualités de cette série. Il y a des scènes que j'ai bien aimées et le reste m'a laissé un peu indifférent comme c'était déjà le cas avec la série originale. Cela fait longtemps que j'ai lu un album de Thorgal alors peut-être que ma mémoire fait défaut, mais le personnage de Kriss de Valnor m'a semblé encore plus caricatural que dans la série originale. Il y a des scènes qui semblent exister juste pour montrer que Kriss est vraiment très méchante. Quant à Thorgal l'amnésique, son comportement envers Kriss change tellement souvent qu'il semble bipolaire. Peut-être que c'était déjà comme ça avec Van Hamme, je m'en souviens pas bien, mais ce ne serait pas la première fois que Yann dénature la personnalité de personnages connus.
Une série qui n’est pas des plus originales – même si Speltens a choisi ici de ne traiter la guerre que du côté japonais – mais qui ravira à coup sûr les amateurs de la période et de ces théâtres d’opération (la seconde guerre mondiale dans le Pacifique), et ceux que l’aviation militaire et les combats aériens passionnent.
En effet, le dessin de Speltens est vraiment très bon. Un chouia figé pour les personnages, mais son trait est précis et agréable à l’œil. Et les avions sont vraiment très bien représentés – comme souvent pour les auteurs de cette collection Cockpit (mais ici on est plutôt dans le haut du panier). En fin du premier album, Speltens nous donne même à voir chaque type d’avions représentés dans la série, avec une fiche technique.
Concernant l’intrigue, elle se laisse lire agréablement elle aussi. Le contexte est bien rappelé avec deux pages en début de chaque album qui rappellent les enjeux et les principaux événements, et de belles cartes permettent aux lecteurs qui ne situeraient pas les lieux nommés de s’y retrouver aisément.
Vu du point de vue des Japonais – et en particulier d’un pilote, Daisuke – la série commence là où l’élan japonais s’essouffle, à partir du printemps 1942, Midway, puis Guadalcanal, et enfin Iwo Jima et la défait dans le dernier tome encore à paraître. Speltens montre bien que, malgré la censure et l’implacable discipline imposée à tous (poussant au suicide tous ceux qui ne peuvent plus combattre – rendre étant inenvisageable), il devient rapidement évident que la supériorité américaine amène une fin inéluctable. Daisuke est un pilote courageux, discipliné, mais cela ne l’empêche pas de se poser des questions, et de ne pas être aveugle face à la réalité : ses compagnons meurent en grand nombre.
La narration est un peu lente, et l’intrigue manque sans doute un peu de densité (Speltens tente de pallier ce manque dans le deuxième tome avec un long passage au Japon, lorsque Daisuke bénéficie d’une convalescence). Mais ça reste quand même une série sympathique, et chouette à regarder.
Je ne dis pas que les philosophes ont raison de se lancer dans leur manipulation historique, mais l'intrigue se laisse lire et les dessins ne sont pas mal et puis… il ne faut pas croire que les philosophes de l'Antiquité étaient majoritairement pour la démocratie, ni s'imaginer qu'un Grec, philosophe ou pas, en avait grand-chose à faire de ce qui pouvait bien arriver aux Barbares.
Bon sang, personne ne veut de cours, mais pour faire court, on dira que sans des explications, le recours, le lecteur peut trainer du ressentiment infondé de page en page, l'auteur, est-il un crétin, ou me prend-il pour un crétin ? Ben non, dès l'Antiquité, bien des philosophes faisaient leur cour à d'autres que Périclès, et cela ne s'est pas arrangé après. Je vous engage à lire Le philosophe et le tyran, de Delacompagne, cela montre quelque chose des affinités entre le pouvoir et la philosophie.
Bref, quoiqu'il en soit, montrer deux évolutions historiques différentes n'est pas mal si on n'atteint pas Le Maitre du Haut Château de K Dick ! En plus, il y a un petit côté je choisis l'amour ou le devoir, dont je me souvenais mal, comme je m'en suis rendu compte en lisant un autre commentateur. Quand on a lu quelque chose depuis trop longtemps, ça arrive. J'ai donc effacé une partie de mon commentaire et remercie celui qui en a parlé, et d'ailleurs tous les aviseurs pour leurs interventions.
2.5
Je n'ai jamais été un grand fan de Thorgal, mais il y a quelques albums de la série et des spin-off que je trouve corrects, et cela faisait longtemps que j'avais lu un album Thorgal, alors je me suis dit pourquoi ne pas lire certains albums de cette nouvelle collection où des auteurs peuvent faire ce qu'ils veulent avec l'univers du Viking de l'espace.
On retrouve donc un Thorgal vieux qui vient de perdre sa tendre épouse et qui se retrouve dans le passé après avoir été piégé par le méchant serpent avec un nom trop compliqué pour que je m'en souvienne. On va donc aussi voir Thorgal et Aaricia jeunes, ainsi que le méchant père de cette dernière. Les meilleurs moments sont ceux où l'auteur prend des risques avec l'univers pour se l'approprier. Le problème est que ça se situe au début et à la fin de l'album. Le milieu est une aventure correcte, mais un peu poussive, avec des facilités (Thorgal est encore en forme pour un vieillard !). Ça se termine lorsqu'il se passe un événement qui risque de choquer quelques fans et j'aurais bien aimé voir ce qui se passe ensuite.
Sinon, j'ai bien aimé le dessin qui est dans l'esprit de la série.
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Histoires inavouables
Dix histoires de sexe présentées comme étant tirées d'anecdotes réelles. J'ai plutôt apprécié l'album dans son ensemble, à commencer par le dessin que je trouve simple et efficace, avec un vrai sens de la lisibilité et une certaine justesse dans les corps et les expressions. Il sert bien le propos sans chercher à en faire trop. J'aime aussi le principe de base : les histoires théoriquement inspirées de faits réels, ça change pas mal de choses. C'est à la fois assez instructif sur la sexualité des autres, sur la diversité des pratiques et des situations, et en même temps, ce côté crédible rend forcément le tout plus émoustillant que des fantasmes totalement irréalistes. Cela dit, pour être honnête, je n'ai pas été particulièrement excité à la lecture, peut-être parce que je n'étais pas dans le bon état d'esprit à ce moment-là. Il y a aussi certaines histoires qui m'ont plutôt refroidi. Celles autour de l'adultère, par exemple, ne fonctionnent pas du tout sur moi car c'est l'inverse d'un fantasme en ce qui me concerne. Celle avec les deux mecs sur le canapé m'a laissé totalement extérieur, étant beaucoup trop hétéro pour y trouver un quelconque intérêt. Et celle dans le métro m'a surtout fait tiquer par son côté assez dérangeant en termes de double standard : difficile de ne pas penser que si les rôles étaient inversés, on parlerait de comportements de frotteurs punis par la loi, alors que là, parce que c'est une femme, elle obtient forcément les consentements adéquats. Quoiqu'il en soit, les histoires sont globalement variées, parfois amusantes, parfois un peu dérangeantes, et l'ensemble se lit bien. Mais je suis resté à distance, avec un intérêt plus intellectuel que réellement impliqué ou excité. Une lecture intéressante, sans être totalement convaincante pour moi.
Pour 2 sous de violettes
Recueil de gags sur le sujet du sexe, et plus largement de la séduction. L'album propose surtout des gags en une seule image (pleine page), mais aussi quelques bandes dessinées un peu plus développées sur une page, et plus rarement sur deux ou trois cases. Le format est donc varié, même si l'ensemble reste globalement construit sur des idées rapides, souvent muettes. J'aime bien le dessin de Pichon, notamment sa façon de représenter les femmes, que je trouve charmantes, à la fois sensuelles, naturelles et plutôt élégantes dans leur simplicité. Ses personnages masculins ont aussi des trognes assez amusantes, ce qui colle bien à l'esprit des gags. Côté humour, ça tourne assez souvent autour des prostituées ou des poupées gonflables, ce qui peut donner une impression de répétition. Malgré ça, les idées arrivent à rester relativement variées, et il y a une vraie volonté de renouveler les situations. Tout n'est pas toujours drôle : certains gags tombent à plat, et j'avoue que j'ai même eu du mal à comprendre où était la blague dans quelques cas. Mais à l'inverse, d'autres fonctionnent bien, et j'ai ri plusieurs fois de bon cœur. C'est un ensemble inégal mais plutôt sympathique, qui se feuillette facilement et offre quelques bons moments malgré ses limites.
Agathe et Tit' Boîte
Agathe et son ami Tit' boite vivent le quotidien de jeunes enfants pleins d'envie et prêts à se lancer dans l'aventure du jardinage ou encore du camping. Rien ne viendra vraiment expliquer pourquoi cette petite fille a pour amie une boîte en carton qui parle, et il faut simplement accepter ce point de départ un peu absurde comme allant de soi. Cela dit, ce genre de détail passera sans problème auprès du jeune public auquel s'adresse clairement la série. Car on est face à des histoires très simples, destinées aux lecteurs de 6 à 10 ans, aussi bien par leur dessin que par les personnages ou le ton. Le trait est lisible, expressif, les situations sont claires, et l'ensemble se suit sans difficulté, avec un humour léger qui fonctionne plutôt bien. L'intérêt principal de la série tient surtout à sa dimension éducative, intégrée de manière assez discrète. Derrière l'histoire du premier tome, on trouve en effet une initiation au jardinage, qui passe par les étapes classiques (planter, arroser, attendre), avec même un peu d'essais-erreurs, de recherche et d'apprentissage. Le tout est accessible et jamais pesant, ce qui est plutôt réussi. Le récit ne cherche jamais la complexité ni les rebondissements, mais accompagne tranquillement son lecteur, en mettant en avant avec le sourire la patience et le temps long nécessaires pour faire pousser quelque chose. C'est simple, mais cohérent avec l'objectif. Et finalement, après lecture, je dois reconnaître que ça fonctionne assez bien : ça donne envie de tenter l'expérience soi-même, de planter quelques fraises pour voir ce que ça donne. Ou, à défaut, de suivre les personnages dans la suite annoncée, qui devrait cette fois les emmener faire du camping. Une série modeste, un peu étrange dans le postulat de ses personnages, mais efficace et plutôt sympathique dans ce qu'il propose, à savoir un mélange d'humour, d'aventures du quotidien et de pédagogie.
La Tour de Babel - Voyages au coeur du grand bazar européen
Je ressors frustré de cette lecture, mais paradoxalement c'est l'effet voulu par la BD. Parce que si vous voulez la lire en espérant comprendre ce qu'est l'Europe, vous n'aurez pas la réponse. Et c'est justement ce que l'auteur transmet : lui même n'est pas sur d'avoir compris Je suis donc partagé sur mon ressenti, entre la frustration de ne pas comprendre parce que la BD n'est pas un documentaire didactique, mais en même temps j'apprécie que la BD ait cette honnêteté et tente de faire ressentir à quel point cette Europe est impalpable au grand nombre. Qu'est-ce qu'elle est, comment fonctionne-t-elle, qu'est-ce que ce "Bruxelles" dont tout le monde parle ? Ce qui est bien, c'est que la BD étant faite par quelqu'un qui se met au niveau du citoyen moyen, offrant un regard assez lucide sur la complexité de l'amas juridique de cette Union Européenne. D'ailleurs j'ai tout de même appris quelques petites choses, notamment l’obscurantisme des transactions effectuées en secret, les négociations entre État et l'équilibre difficile du tout, la pression financière et juridique qui empêchent les réelles prises de décisions fortes, mais aussi les victoires de l'Europe. Je dirais qu'en sortant de cette BD, je comprends mieux les arguments envers cette Europe et pourquoi elle est si défendue. Je continue de trouver que cette Europe est une porte d'entrée massive du libéralisme et du capitalisme débridée, ce qui est assez peu abordé, mais je suis plus ouvert au débat. Ce qui est par contre dommage, c'est de voir la guerre en Ukraine s'introduire dans les débats et la façon dont tout ceci gangrène les autres débats, notamment écologique par exemple. En définitive, cette BD est une matière a réfléchir sur l'UE, structure vaste et complexe qui influe énormément sur notre vie. Il y a une vraie réflexion dans la BD sur le fait que le citoyen européen ne comprend pas ce qu'est cette structure si importante, mais qu'elle est presque inaccessible sans connaissances politiques, juridiques et économiques solides. Et même avec, la compréhension de ses rouages est obscur, et il semblerait que la corruption ou les débats à huis-clos enrayent encore la clarté de celle-ci. Bref, je ne sais pas ce qu'est l'Europe en sortant de la BD, mais je comprends un peu mieux l'étendue de mon ignorance. C'est déjà ça !
Un été d'enfer !
Une BD sympathique sur un été en camp de vacances, où l'originalité est d'être un camp de vacances pour russophones aux États-Unis. Mais l'histoire est surtout celle d'une jeune femme qui découvre à la dure que l'amitié n'est pas si simple ... Le récit est assez classique, mais bien mené. La jeune fille est enthousiaste et volontaire pour aller dans ce camp de vacances, mais déchante vite au contact de la méchanceté d'autres enfants, le sentiment d'être perdu et l'exclusion. Son été sera donc un apprentissage jusqu'à arriver à trouver une place, des liens et passer un meilleur moment que ses premiers jours. Le déroulé est donc classique, assez mignon dans certains détails et attachant, mais lorsque j'en suis ressorti je me suis dit que la BD ne m'avait pas marqué spécialement non plus. La lecture est fluide et plaisante, mais pas marquante. Sans doute parce que j'ai lu d'autres récits jeunesses qui m'ont plus marqués. L'autrice est sincère dans sa démarche, mais je dois avouer que ça n'a pas suffit à me satisfaire. Tant pis !
Okiya - La Maison des plaisirs défendus
"L'homme est un loup pour l'homme" est bizarrement la phrase qui m'est venue à l'esprit à la fin de ma lecture. Dans le Japon médiéval, un jeune homme sur la route d'Osaka, fait une halte dans un village dont les habitants lui refusent gîte et couvert. Contraint à dormir dehors, le ventre vide, le jeune homme trouve refuge, dans une étrange maison, une Okiya (maison de plaisirs, ndlr). Après une nuit passée où les occupantes de la demeure, quatre mystérieuses geishas, mettront ses “talents” du guerrier à rude épreuve, il décide de reprendre la route. A peine sorti de l'Okiya, cette dernière disparait comme par enchantement. Par quel mystère cela est il possible ? Cette fable érotique se lit assez facilement et on est rapidement intrigué par cette mystérieuse demeure et on suit l'enquête du héros avec un certain intérêt. Héros, qui pour ma part, n'aura jamais su attirer ma sympathie sans que cela ne vienne pour autant gâché ma lecture. Les quelques scènes "pour adulte" sont assez subjectives sans pour autant être trash. Le dessin de Jung n'est pas spécialement typé manga, il est classique mais assez agréable Au final une BD qui se révèle être plaisante sans pour autant être indispensable. Elle vaut toutefois la peine que l'on se penche dessus si l'occasion se présente.
Thorgal Saga - Shaïgan
2.5 Je suis un peu confus par rapport à cette collection sur Thorgal. Je pensais que c'était une collection "vue par", où les auteurs pouvaient montrer leur version d'un personnage connu comme c'est le cas avec Spirou et Lucky Luke. Le premier tome de Thorgal Saga, Adieu Aaricia, était selon moi comment un "vu par" devrait être avec un auteur qui fait des trucs qu'on ne verrait pas dans la série mère. Puis dans le second tome, Wendigo, on indique que l'aventure se passe après tel album de la série....Bon, vu que Thorgal est une série où les personnages vieillissent j'imagine que c'est normal de ne pas perdre le lecteur et d'indiquer où ça pourrait hypothétiquement se passer si c'était un album de la série mère....et là dans ce troisième one-shot on a droit à des auteurs qui ont non seulement déjà travaillé dans la série, mais en plus ça se passe clairement dans une période de la série-mère avec même des renvois de bas de pages pour d'autres albums de la série ! Donc voilà on n'est pas dans un album où un auteur présente sa vision du personnage, ce qui me semblait être le principal d'intérêt de ce type de collection. Alors on a donc un album qui est juste un autre album de plus avec Thorgal. On retrouve les défauts et les qualités de cette série. Il y a des scènes que j'ai bien aimées et le reste m'a laissé un peu indifférent comme c'était déjà le cas avec la série originale. Cela fait longtemps que j'ai lu un album de Thorgal alors peut-être que ma mémoire fait défaut, mais le personnage de Kriss de Valnor m'a semblé encore plus caricatural que dans la série originale. Il y a des scènes qui semblent exister juste pour montrer que Kriss est vraiment très méchante. Quant à Thorgal l'amnésique, son comportement envers Kriss change tellement souvent qu'il semble bipolaire. Peut-être que c'était déjà comme ça avec Van Hamme, je m'en souviens pas bien, mais ce ne serait pas la première fois que Yann dénature la personnalité de personnages connus.
Rei Sen Pacifique
Une série qui n’est pas des plus originales – même si Speltens a choisi ici de ne traiter la guerre que du côté japonais – mais qui ravira à coup sûr les amateurs de la période et de ces théâtres d’opération (la seconde guerre mondiale dans le Pacifique), et ceux que l’aviation militaire et les combats aériens passionnent. En effet, le dessin de Speltens est vraiment très bon. Un chouia figé pour les personnages, mais son trait est précis et agréable à l’œil. Et les avions sont vraiment très bien représentés – comme souvent pour les auteurs de cette collection Cockpit (mais ici on est plutôt dans le haut du panier). En fin du premier album, Speltens nous donne même à voir chaque type d’avions représentés dans la série, avec une fiche technique. Concernant l’intrigue, elle se laisse lire agréablement elle aussi. Le contexte est bien rappelé avec deux pages en début de chaque album qui rappellent les enjeux et les principaux événements, et de belles cartes permettent aux lecteurs qui ne situeraient pas les lieux nommés de s’y retrouver aisément. Vu du point de vue des Japonais – et en particulier d’un pilote, Daisuke – la série commence là où l’élan japonais s’essouffle, à partir du printemps 1942, Midway, puis Guadalcanal, et enfin Iwo Jima et la défait dans le dernier tome encore à paraître. Speltens montre bien que, malgré la censure et l’implacable discipline imposée à tous (poussant au suicide tous ceux qui ne peuvent plus combattre – rendre étant inenvisageable), il devient rapidement évident que la supériorité américaine amène une fin inéluctable. Daisuke est un pilote courageux, discipliné, mais cela ne l’empêche pas de se poser des questions, et de ne pas être aveugle face à la réalité : ses compagnons meurent en grand nombre. La narration est un peu lente, et l’intrigue manque sans doute un peu de densité (Speltens tente de pallier ce manque dans le deuxième tome avec un long passage au Japon, lorsque Daisuke bénéficie d’une convalescence). Mais ça reste quand même une série sympathique, et chouette à regarder.
Dilemma (Clarke)
Je ne dis pas que les philosophes ont raison de se lancer dans leur manipulation historique, mais l'intrigue se laisse lire et les dessins ne sont pas mal et puis… il ne faut pas croire que les philosophes de l'Antiquité étaient majoritairement pour la démocratie, ni s'imaginer qu'un Grec, philosophe ou pas, en avait grand-chose à faire de ce qui pouvait bien arriver aux Barbares. Bon sang, personne ne veut de cours, mais pour faire court, on dira que sans des explications, le recours, le lecteur peut trainer du ressentiment infondé de page en page, l'auteur, est-il un crétin, ou me prend-il pour un crétin ? Ben non, dès l'Antiquité, bien des philosophes faisaient leur cour à d'autres que Périclès, et cela ne s'est pas arrangé après. Je vous engage à lire Le philosophe et le tyran, de Delacompagne, cela montre quelque chose des affinités entre le pouvoir et la philosophie. Bref, quoiqu'il en soit, montrer deux évolutions historiques différentes n'est pas mal si on n'atteint pas Le Maitre du Haut Château de K Dick ! En plus, il y a un petit côté je choisis l'amour ou le devoir, dont je me souvenais mal, comme je m'en suis rendu compte en lisant un autre commentateur. Quand on a lu quelque chose depuis trop longtemps, ça arrive. J'ai donc effacé une partie de mon commentaire et remercie celui qui en a parlé, et d'ailleurs tous les aviseurs pour leurs interventions.
Thorgal Saga - Adieu Aaricia
2.5 Je n'ai jamais été un grand fan de Thorgal, mais il y a quelques albums de la série et des spin-off que je trouve corrects, et cela faisait longtemps que j'avais lu un album Thorgal, alors je me suis dit pourquoi ne pas lire certains albums de cette nouvelle collection où des auteurs peuvent faire ce qu'ils veulent avec l'univers du Viking de l'espace. On retrouve donc un Thorgal vieux qui vient de perdre sa tendre épouse et qui se retrouve dans le passé après avoir été piégé par le méchant serpent avec un nom trop compliqué pour que je m'en souvienne. On va donc aussi voir Thorgal et Aaricia jeunes, ainsi que le méchant père de cette dernière. Les meilleurs moments sont ceux où l'auteur prend des risques avec l'univers pour se l'approprier. Le problème est que ça se situe au début et à la fin de l'album. Le milieu est une aventure correcte, mais un peu poussive, avec des facilités (Thorgal est encore en forme pour un vieillard !). Ça se termine lorsqu'il se passe un événement qui risque de choquer quelques fans et j'aurais bien aimé voir ce qui se passe ensuite. Sinon, j'ai bien aimé le dessin qui est dans l'esprit de la série.