Zidrou commence à être u habitué des romans graphiques pleins de bons sentiments. Sans aller jusqu'à la naïveté, ses histoires relèvent -parfois- de feel good, et ça fait du bien par les temps qui courent.
Ici nous avons donc deux trajectoires passées, deux personnes qui s'interrogent sur leur vie au moment d'entrer dans le troisième âge. Et qui vont se croiser, faire renaître l'espoir entre eux. La vie, tout simplement. C'est relativement classique, attendu, sans être désagréable; Zidrou a cette finesse de dialoguiste et des situations qui font mouche. Il y a ensuite cette nouvelle inattendue, et si je l'ai tout de même sentie venir, cela m'a semblé un peu too much. Le plaisir de lecture est tout de même resté à peu près intact, grâce notamment au trait fin et talentueux d'Aimée de Jongh, que j'ai découverte récemment avec son adaptation de Sa Majesté des Mouches.
C'est sympathique, c'est gentuillet.
Lu cet album parce que je suis fan de Tintin ! Et oui j'avais reconnu le nom de Piccard sur la couverture parce que j'avais lu qu'Auguste Piccard était un des modèles d'Hergé lorsqu'il a créé le professeur Tournesol (l'auteur fait d'ailleurs deux-trois références à Tintin au cours de l'album) et je me suis dit que ça serait un bon moyen de mieux connaitre un type que je ne connaissais vaguement que de nom. Je ne savais même pas que son fils et son petit-fils avaient aussi des vies bien remplis de scientifiques-aventuriers !
L'album est sympa à lire, mais j'avoue que je ne pense que je fais parti du public-cible. En effet, c'est souvent très technique et toutes les pages où on montre les plans des inventions ou innovations de la famille Piccard en matière de sous-marins ou d'aéroplane m'ont ennuyé. Ça ne m’étonnerait pas qu'un lecteur ayant un esprit plus scientifique que le mien va mieux accrocher que moi. Et si le travail de Piccard père et fils m'a un peu captivé parce qu'on parle des mystères des profondeurs sous-marins qu'on connait encore peu, voir le petit-fils vouloir 100 % contrôler comment il vole m'a laissé de marbre. Ce qui n'aide pas est que l'auteur le présente comme un casse-cou limite dangereux et cela ne le rends pas particulièrement attachant.
L'auteur montre surtout les moments les plus importants dans la vie de ses trois hommes, mais sans qu'on est la sensation que tout va trop vite et que tout est survolé comme c'est le cas avec d'autres bandes dessinées biographique. On montre l'essentiel et c'est ce qui est important. Le dessin est pas mal.
Fernando Fernandez, grand dessinateur et peintre du fantastique! Les dessins sont vraiment bien: des images expressives en noir et blanc qui sont au service des récits. L'horreur qu'on peut sentir à la lecture, advient surtout de cette synthèse heureuse obtenue entre mots et images, belles et impressionnantes parfois.
L'album contient six histoires indépendantes : «l'aveugle», «une matinée merveilleuse», «l'homme à l'âme corrompue», «rendez-vous» «les mémoires d'un assassin» et «la vérité». Elles ont en commun la violence, le surnaturel et la rétribution. On voit toutefois que le dessin des personnages, leurs cheveux, moustaches, maquillage, appartient bien à la fin des années soixante dix: parfois la mode ne pardonne pas.
Rainer Fassbinder est un cinéaste allemand que je ne connaissais pas vraiment (contrairement à quelqu’un comme Werner Herzog). Simsolo en a visiblement été proche. Et ça se sent, car il entre ici dans l’intime du réalisateur et, s’il en dévoile les multiples facettes et la force, il ne cache aucune faille et défaut du personnage.
On découvre donc un personnage et un cinéaste tous les deux atypiques et intrigants. Un cinéaste, acteur, dramaturge boulimique, qui multiplie les projets (le nombre de pièces de théâtre, de films qu’il réalise ou auxquels il participe en très peu de temps est incroyable. Avec une volonté d’intransigeance qui lui vaut de sortir des sentiers battus – mais aussi de connaitre une reconnaissance tardive et selon lui incomplète.
La personnalité du bonhomme n’est pas en reste, et sort encore plus des sentiers battus. Il allie fidélité à quelques acteurs/actrices, à quelques amants (surtout) et maîtresses et versatilité. Son comportement semble avoir été limite à plusieurs reprises, et je pense que c’était quelqu’un qui nécessitait pas mal de courage pour supporter longtemps sa proximité – par ailleurs irradiante. Sa proximité avec des milieux d’avant-garde, voire avec l’extrême gauche allemande – est aussi intéressante.
Reste que la narration m’a un peu lassé. Très saccadée, passant d’un bon mot, d’une période à l’autre, cela manque de liant et de fluidité à plusieurs reprises. Dessin et colorisation font le boulot, mais sont quand même très froids, et avare de détails – et parfois de précision.
J’ai appris des choses intéressantes sur le personnage, donc la lecture est instructive. Mais ce même personnage, ainsi que la narration m’ont aussi laissé un peu de côté.
Note réelle 2,5/5.
Arci, un jeune ouistiti vivant dans la jungle amazonienne, se distingue des siens par une particularité : il est né sans jumeau, fait exceptionnel pour son espèce, lors d'une mystérieuse nuit de lune bleue. Intrigué par cette anomalie, il part en quête de réponses et va rencontrer plusieurs peintres (eux aussi des singes), tous inspirés de grandes figures de l'histoire de l'art dont ils partagent le prénom et l'inspiration générale. Je vous spoile d'ailleurs un peu en vous apprenant que le nom de famille du héros est M'boldo.
C'est clairement une série pensée pour un jeune public, à partir de 7 ans, avec l'ambition de proposer une première ouverture à l'art. Visuellement, le style est très coloré, proche de l'animation cartoon et clairement orienté jeunesse, ce qui correspond bien à la cible.
Le premier tome se concentre sur le dessin et la peinture (tandis que le second annoncera plutôt un volet musical), à travers un récit simple et accessible. Chaque rencontre du héros avec ses mentors artistes est l'occasion d'aborder un aspect du dessin ou de la peinture (couleurs, lumière, ombrages, etc.), avec quelques conseils glissés au fil du récit. Cela reste toutefois très léger : on est plus dans une sensibilisation que dans une véritable démarche pédagogique, ce qui évite l'effet scolaire, mais limite aussi la portée éducative.
L'histoire en elle-même est mignonne et se laisse suivre sans déplaisir. Les rencontres sont sympathiques, le petit vernis d'aventure fonctionne bien, avec juste ce qu'il faut de danger pour pimenter le récit sans jamais inquiéter. Le mystère autour de la lune bleue apporte un fil conducteur, même s'il paraît un peu artificiel et que sa résolution manque de crédibilité mais s'oriente un peu plus vers la poésie. De même, la rencontre surprise vers la fin est assez prévisible pour le lecteur, même si le récit prend quelques pages de plus pour permettre à Arci de faire lui-même le lien.
Cela donne une BD agréable, mignonne et plutôt bien pensée pour initier les plus jeunes à l'art sans les brusquer. En revanche, l'ensemble reste très marqué "jeunesse" et risque de paraître trop simple pour un lecteur au-delà de 12-13 ans.
Cela faisait un moment que j'avais repéré cette série sans oser me lancer, notamment à cause de son nombre de tomes. Pourtant, son dessin m'attirait beaucoup, tout comme la promesse d'une heroic fantasy assez classique et équilibrée, certes plusieurs fois un peu trop inspirée de Tolkien et des jeux de rôles, mais sans tomber dans l'humour ou la parodie un peu systématique de certaines productions récentes, et sans non plus sombrer dans une noirceur excessive. De ce point de vue, la série tient globalement ses promesses.
Le premier diptyque m'a bien plu, notamment par sa maturité et son approche assez réaliste du genre. J'ai apprécié que les auteurs n'hésitent pas à prendre des risques, quitte à faire mourir des personnages importants, ce qui donne du poids au récit. Il y a cependant un petit côté bancal dans la narration, avec un découpage parfois un peu déroutant, où flashbacks et temporalités s'entremêlent sans que ce soit toujours parfaitement fluide, même si cela ne nuit pas vraiment à la lecture.
Le deuxième diptyque m'a davantage accroché, avec un récit beaucoup plus haletant, notamment grâce à son orientation plus sombre et à son ambiance de survie avec des morts-vivants. C'est sans doute la partie que j'ai trouvée la plus efficace et immersive. Et j'ai apprécié le duo de héros, couple atypique qui fonctionne plutôt bien et se révèle attachant. Au point que j'ai été déçu qu'ils ne restent pas au coeur du récit des diptyques suivants.
Car à partir des diptyques suivants, j'ai eu le sentiment que la série changeait progressivement de direction. Les auteurs semblent vouloir davantage installer un fil rouge plus classique autour d'un groupe d'élus destiné à affronter un mal ancien, mais cela se fait avec l'introduction de nouveaux personnages auxquels j'ai eu plus de mal à m'attacher. Les troisième et quatrième diptyques m'ont paru assez plats en comparaison des deux premirs. Cette montée en puissance vers un affrontement final paraît assez convenue et moins maîtrisée.
Le dernier diptyque, censé être l'aboutissement de tout cela, m'a laissé dubitatif. L'antagoniste, présenté comme une menace majeure et inarrêtable, est finalement expédié de manière assez abrupte, passant en quelques pages d'une figure presque invincible à un vieux bonhomme tout résigné. De la même manière, après une fin légèrement surprenante mais un peu abrupt, l'épilogue m'a semblé trop facile, avec un côté presque conte de fées où tout s'arrange sans véritable conséquence, les races disparues reviennent à la vie et tout le monde s'entend bien du jour au lendemain, ce qui contraste avec le ton plus dur des débuts.
J'en retiens une série visuellement très réussie, portée par un dessin solide et immersif, avec deux premiers diptyques vraiment convaincants par leur réalisme et leur efficacité. La suite, en revanche, m'a paru plus inégale et moins inspirée, avec une conclusion qui ne m'a pas satisfait malgré les qualités évidentes de l'ensemble.
Je rejoins complètement Cleck. J'en attendais beaucoup, sans doute trop.
J'ai aimé le début, la mise en place, mais j'ai été moins convaincu par la suite qui accumule scènes d'action et situations qu'on a déjà vues et revues ailleurs j'ai trouvé. Ça demeure dynamique, le dessin est efficace, mais rien ne reste véritablement en mémoire, les paysages notamment n'imprégnant pas particulièrement la rétine. L'humour est plutôt bon, mais rien de notable ni de très surprenant non plus. Pour les reprises (nombreuses), j'ai trouvé que le personnage de Don Quichotte fonctionnait quand même bien : un personnage désuet, décalé et mélancolique, mais qui n'en reste pas moins un redoutable guerrier, malgré son style peu académique ! La galerie des personnages dans son ensemble m'a fait penser un peu aux " 7 missionnaires ", album qui m'avait dans mon souvenir davantage distrait.
Content d'avoir suggéré cet album en médiathèque, ça fera sans doute le bonheur de certains, mais pour ma part, je ne pense pas l'acheter. Le tome 2 prendra peut-être un tour plus inattendu, donnant davantage de corps et d'ampleur à cette histoire.
Bon, il faut quand même accepter pas mal de choses improbables pour suivre jusqu’au bout cette histoire. Le fait qu’une quinzaine de tueurs en séries (tous psychopathes et « spécialistes » d’un type de meurtre – souvent sadique), faisant d’un bled comme Buckaroo une sorte de capitale de la folie (quasiment un parc de loisir sur le thème des serial killers), ou alors les énormes souterrains – et tout ce qui s’y trouve (dont de fausses sculptures aztèques ???) – qui semble avoir une superficie improbable – et une hauteur tout aussi incroyable, voilà quand même des choses que j’ai eu du mal à accepter.
J’ai aussi trouvé répétitif et lassants certains procédés, comme celui des très nombreuses scènes où un personnage dit ou fait quelque chose de surprenant et violent, pour qu’ensuite on découvre que c’est juste quelque chose qu’il imagine, l’action reprenant ensuite comme si de rien n’était.
Ceci étant posé, ça reste une lecture assez dynamique, avec moult rebondissements – autour de l’intrigue, ou des – très – nombreux personnages. Plus l’intrigue avance, plus le lecteur est perdu. Il faut dire qu’avec tous ces tueurs – et un flic aux méthodes d’interrogatoire un peu « musclées », le sang coule…
Pas forcément ma came, mais ça se laisse lire. Mais les répétitions évoquées plus haut et quelques longueurs me faisaient au bout d’un moment attendre la fin avec impatience.
Un one-shot qui contient trois histoires courtes entre-coupé de dialogues entre des philosophes connus qui parle de trucs morbides. C'est verbeux, mais à aucun moment j'ai eu l'impression que les histoires font du surplace. En revanche, lire l'album d'une traite est peut-être une mauvaise. En tout cas, vers la les scènes avec les philosophes ont fini par me lasser un peu.
Foerster montre tout l'étendu de son imagination au travers de ses histoires et son dessin en noir et blanc est toujours aussi superbe. Malheureusement, s'il a beaucoup d'imaginations, il utilise aussi souvent les mêmes thèmes et du coup à force lire ses récits horrifiques, j'ai un peu l'impression qu'il se répète un peu dans les destins tragiques de ses personnages. C'est surtout le cas avec le second récit, au bout d'un moment on comprend très bien comment va finir le personnage principal et du coup j'avais juste envie que ce récit se termine pour qu'on passe à autre chose.
De plus, je pense qu’il n’y a que la première histoire qui m’a vraiment marqué, une critique rigolote et macabre de Noel et comment on ne peut pas échapper à cette période de l’année ! Un album à emprunter donc.
Un album qui selon-moi représente bien les qualités et les défauts de l'œuvre de Foerster.
Parmi les qualités, il y a bien sur le dessin dynamique et si personnel de Foerster que j'aime bien. Le scénario est original et aussi très loufoque (pour accrocher au scénario, il faut vraiment accepter tout ce qui se produits) et lorsqu'on a toutes les explications on voit à quel point l'histoire est tordue. Il y a une bonne galerie de personnages excentriques et il y a de bonnes scènes.
Malheureusement, comme souvent avec Foerster le scénario est aussi très verbeux. Cela ne me dérange pas si c'est bien écrit comme le faisait des scénaristes comme Greg ou Jean-Claude Forest et j'ai déjà apprécié des textes avec beaucoup de textes écrient par Foerster. Le problème est qu'ici le texte verbeux ralenti trop l'action. Au début, je trouvais que cela prenait un peu trop de temps avant que l'action débarque enfin et vers le milieu de l'album je trouvais que l'auteur ralentissait volontairement son récit pour l'étirer inutilement. Cela tourne quand même en rond pendant un moment alors que l'héroïne est présentée comme quelqu'un d'invincible qui peut battre tout le monde facilement.
Cela reste correct, mais ce n'est pas un album que j'aurais envie de relire au complet un jour.
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L'Obsolescence programmée de nos sentiments
Zidrou commence à être u habitué des romans graphiques pleins de bons sentiments. Sans aller jusqu'à la naïveté, ses histoires relèvent -parfois- de feel good, et ça fait du bien par les temps qui courent. Ici nous avons donc deux trajectoires passées, deux personnes qui s'interrogent sur leur vie au moment d'entrer dans le troisième âge. Et qui vont se croiser, faire renaître l'espoir entre eux. La vie, tout simplement. C'est relativement classique, attendu, sans être désagréable; Zidrou a cette finesse de dialoguiste et des situations qui font mouche. Il y a ensuite cette nouvelle inattendue, et si je l'ai tout de même sentie venir, cela m'a semblé un peu too much. Le plaisir de lecture est tout de même resté à peu près intact, grâce notamment au trait fin et talentueux d'Aimée de Jongh, que j'ai découverte récemment avec son adaptation de Sa Majesté des Mouches. C'est sympathique, c'est gentuillet.
Un, deux, trois Piccard - Pionniers du ciel et des abysses
Lu cet album parce que je suis fan de Tintin ! Et oui j'avais reconnu le nom de Piccard sur la couverture parce que j'avais lu qu'Auguste Piccard était un des modèles d'Hergé lorsqu'il a créé le professeur Tournesol (l'auteur fait d'ailleurs deux-trois références à Tintin au cours de l'album) et je me suis dit que ça serait un bon moyen de mieux connaitre un type que je ne connaissais vaguement que de nom. Je ne savais même pas que son fils et son petit-fils avaient aussi des vies bien remplis de scientifiques-aventuriers ! L'album est sympa à lire, mais j'avoue que je ne pense que je fais parti du public-cible. En effet, c'est souvent très technique et toutes les pages où on montre les plans des inventions ou innovations de la famille Piccard en matière de sous-marins ou d'aéroplane m'ont ennuyé. Ça ne m’étonnerait pas qu'un lecteur ayant un esprit plus scientifique que le mien va mieux accrocher que moi. Et si le travail de Piccard père et fils m'a un peu captivé parce qu'on parle des mystères des profondeurs sous-marins qu'on connait encore peu, voir le petit-fils vouloir 100 % contrôler comment il vole m'a laissé de marbre. Ce qui n'aide pas est que l'auteur le présente comme un casse-cou limite dangereux et cela ne le rends pas particulièrement attachant. L'auteur montre surtout les moments les plus importants dans la vie de ses trois hommes, mais sans qu'on est la sensation que tout va trop vite et que tout est survolé comme c'est le cas avec d'autres bandes dessinées biographique. On montre l'essentiel et c'est ce qui est important. Le dessin est pas mal.
L'Art de la B.D. - Fernando Fernandez
Fernando Fernandez, grand dessinateur et peintre du fantastique! Les dessins sont vraiment bien: des images expressives en noir et blanc qui sont au service des récits. L'horreur qu'on peut sentir à la lecture, advient surtout de cette synthèse heureuse obtenue entre mots et images, belles et impressionnantes parfois. L'album contient six histoires indépendantes : «l'aveugle», «une matinée merveilleuse», «l'homme à l'âme corrompue», «rendez-vous» «les mémoires d'un assassin» et «la vérité». Elles ont en commun la violence, le surnaturel et la rétribution. On voit toutefois que le dessin des personnages, leurs cheveux, moustaches, maquillage, appartient bien à la fin des années soixante dix: parfois la mode ne pardonne pas.
Fassbinder - L'Homme qui voulait qu'on l'aime
Rainer Fassbinder est un cinéaste allemand que je ne connaissais pas vraiment (contrairement à quelqu’un comme Werner Herzog). Simsolo en a visiblement été proche. Et ça se sent, car il entre ici dans l’intime du réalisateur et, s’il en dévoile les multiples facettes et la force, il ne cache aucune faille et défaut du personnage. On découvre donc un personnage et un cinéaste tous les deux atypiques et intrigants. Un cinéaste, acteur, dramaturge boulimique, qui multiplie les projets (le nombre de pièces de théâtre, de films qu’il réalise ou auxquels il participe en très peu de temps est incroyable. Avec une volonté d’intransigeance qui lui vaut de sortir des sentiers battus – mais aussi de connaitre une reconnaissance tardive et selon lui incomplète. La personnalité du bonhomme n’est pas en reste, et sort encore plus des sentiers battus. Il allie fidélité à quelques acteurs/actrices, à quelques amants (surtout) et maîtresses et versatilité. Son comportement semble avoir été limite à plusieurs reprises, et je pense que c’était quelqu’un qui nécessitait pas mal de courage pour supporter longtemps sa proximité – par ailleurs irradiante. Sa proximité avec des milieux d’avant-garde, voire avec l’extrême gauche allemande – est aussi intéressante. Reste que la narration m’a un peu lassé. Très saccadée, passant d’un bon mot, d’une période à l’autre, cela manque de liant et de fluidité à plusieurs reprises. Dessin et colorisation font le boulot, mais sont quand même très froids, et avare de détails – et parfois de précision. J’ai appris des choses intéressantes sur le personnage, donc la lecture est instructive. Mais ce même personnage, ainsi que la narration m’ont aussi laissé un peu de côté. Note réelle 2,5/5.
Arci - Le petit ouistiti
Arci, un jeune ouistiti vivant dans la jungle amazonienne, se distingue des siens par une particularité : il est né sans jumeau, fait exceptionnel pour son espèce, lors d'une mystérieuse nuit de lune bleue. Intrigué par cette anomalie, il part en quête de réponses et va rencontrer plusieurs peintres (eux aussi des singes), tous inspirés de grandes figures de l'histoire de l'art dont ils partagent le prénom et l'inspiration générale. Je vous spoile d'ailleurs un peu en vous apprenant que le nom de famille du héros est M'boldo. C'est clairement une série pensée pour un jeune public, à partir de 7 ans, avec l'ambition de proposer une première ouverture à l'art. Visuellement, le style est très coloré, proche de l'animation cartoon et clairement orienté jeunesse, ce qui correspond bien à la cible. Le premier tome se concentre sur le dessin et la peinture (tandis que le second annoncera plutôt un volet musical), à travers un récit simple et accessible. Chaque rencontre du héros avec ses mentors artistes est l'occasion d'aborder un aspect du dessin ou de la peinture (couleurs, lumière, ombrages, etc.), avec quelques conseils glissés au fil du récit. Cela reste toutefois très léger : on est plus dans une sensibilisation que dans une véritable démarche pédagogique, ce qui évite l'effet scolaire, mais limite aussi la portée éducative. L'histoire en elle-même est mignonne et se laisse suivre sans déplaisir. Les rencontres sont sympathiques, le petit vernis d'aventure fonctionne bien, avec juste ce qu'il faut de danger pour pimenter le récit sans jamais inquiéter. Le mystère autour de la lune bleue apporte un fil conducteur, même s'il paraît un peu artificiel et que sa résolution manque de crédibilité mais s'oriente un peu plus vers la poésie. De même, la rencontre surprise vers la fin est assez prévisible pour le lecteur, même si le récit prend quelques pages de plus pour permettre à Arci de faire lui-même le lien. Cela donne une BD agréable, mignonne et plutôt bien pensée pour initier les plus jeunes à l'art sans les brusquer. En revanche, l'ensemble reste très marqué "jeunesse" et risque de paraître trop simple pour un lecteur au-delà de 12-13 ans.
Wollodrïn
Cela faisait un moment que j'avais repéré cette série sans oser me lancer, notamment à cause de son nombre de tomes. Pourtant, son dessin m'attirait beaucoup, tout comme la promesse d'une heroic fantasy assez classique et équilibrée, certes plusieurs fois un peu trop inspirée de Tolkien et des jeux de rôles, mais sans tomber dans l'humour ou la parodie un peu systématique de certaines productions récentes, et sans non plus sombrer dans une noirceur excessive. De ce point de vue, la série tient globalement ses promesses. Le premier diptyque m'a bien plu, notamment par sa maturité et son approche assez réaliste du genre. J'ai apprécié que les auteurs n'hésitent pas à prendre des risques, quitte à faire mourir des personnages importants, ce qui donne du poids au récit. Il y a cependant un petit côté bancal dans la narration, avec un découpage parfois un peu déroutant, où flashbacks et temporalités s'entremêlent sans que ce soit toujours parfaitement fluide, même si cela ne nuit pas vraiment à la lecture. Le deuxième diptyque m'a davantage accroché, avec un récit beaucoup plus haletant, notamment grâce à son orientation plus sombre et à son ambiance de survie avec des morts-vivants. C'est sans doute la partie que j'ai trouvée la plus efficace et immersive. Et j'ai apprécié le duo de héros, couple atypique qui fonctionne plutôt bien et se révèle attachant. Au point que j'ai été déçu qu'ils ne restent pas au coeur du récit des diptyques suivants. Car à partir des diptyques suivants, j'ai eu le sentiment que la série changeait progressivement de direction. Les auteurs semblent vouloir davantage installer un fil rouge plus classique autour d'un groupe d'élus destiné à affronter un mal ancien, mais cela se fait avec l'introduction de nouveaux personnages auxquels j'ai eu plus de mal à m'attacher. Les troisième et quatrième diptyques m'ont paru assez plats en comparaison des deux premirs. Cette montée en puissance vers un affrontement final paraît assez convenue et moins maîtrisée. Le dernier diptyque, censé être l'aboutissement de tout cela, m'a laissé dubitatif. L'antagoniste, présenté comme une menace majeure et inarrêtable, est finalement expédié de manière assez abrupte, passant en quelques pages d'une figure presque invincible à un vieux bonhomme tout résigné. De la même manière, après une fin légèrement surprenante mais un peu abrupt, l'épilogue m'a semblé trop facile, avec un côté presque conte de fées où tout s'arrange sans véritable conséquence, les races disparues reviennent à la vie et tout le monde s'entend bien du jour au lendemain, ce qui contraste avec le ton plus dur des débuts. J'en retiens une série visuellement très réussie, portée par un dessin solide et immersif, avec deux premiers diptyques vraiment convaincants par leur réalisme et leur efficacité. La suite, en revanche, m'a paru plus inégale et moins inspirée, avec une conclusion qui ne m'a pas satisfait malgré les qualités évidentes de l'ensemble.
Knight club
Je rejoins complètement Cleck. J'en attendais beaucoup, sans doute trop. J'ai aimé le début, la mise en place, mais j'ai été moins convaincu par la suite qui accumule scènes d'action et situations qu'on a déjà vues et revues ailleurs j'ai trouvé. Ça demeure dynamique, le dessin est efficace, mais rien ne reste véritablement en mémoire, les paysages notamment n'imprégnant pas particulièrement la rétine. L'humour est plutôt bon, mais rien de notable ni de très surprenant non plus. Pour les reprises (nombreuses), j'ai trouvé que le personnage de Don Quichotte fonctionnait quand même bien : un personnage désuet, décalé et mélancolique, mais qui n'en reste pas moins un redoutable guerrier, malgré son style peu académique ! La galerie des personnages dans son ensemble m'a fait penser un peu aux " 7 missionnaires ", album qui m'avait dans mon souvenir davantage distrait. Content d'avoir suggéré cet album en médiathèque, ça fera sans doute le bonheur de certains, mais pour ma part, je ne pense pas l'acheter. Le tome 2 prendra peut-être un tour plus inattendu, donnant davantage de corps et d'ampleur à cette histoire.
Nailbiter
Bon, il faut quand même accepter pas mal de choses improbables pour suivre jusqu’au bout cette histoire. Le fait qu’une quinzaine de tueurs en séries (tous psychopathes et « spécialistes » d’un type de meurtre – souvent sadique), faisant d’un bled comme Buckaroo une sorte de capitale de la folie (quasiment un parc de loisir sur le thème des serial killers), ou alors les énormes souterrains – et tout ce qui s’y trouve (dont de fausses sculptures aztèques ???) – qui semble avoir une superficie improbable – et une hauteur tout aussi incroyable, voilà quand même des choses que j’ai eu du mal à accepter. J’ai aussi trouvé répétitif et lassants certains procédés, comme celui des très nombreuses scènes où un personnage dit ou fait quelque chose de surprenant et violent, pour qu’ensuite on découvre que c’est juste quelque chose qu’il imagine, l’action reprenant ensuite comme si de rien n’était. Ceci étant posé, ça reste une lecture assez dynamique, avec moult rebondissements – autour de l’intrigue, ou des – très – nombreux personnages. Plus l’intrigue avance, plus le lecteur est perdu. Il faut dire qu’avec tous ces tueurs – et un flic aux méthodes d’interrogatoire un peu « musclées », le sang coule… Pas forcément ma came, mais ça se laisse lire. Mais les répétitions évoquées plus haut et quelques longueurs me faisaient au bout d’un moment attendre la fin avec impatience.
Un air de gravité
Un one-shot qui contient trois histoires courtes entre-coupé de dialogues entre des philosophes connus qui parle de trucs morbides. C'est verbeux, mais à aucun moment j'ai eu l'impression que les histoires font du surplace. En revanche, lire l'album d'une traite est peut-être une mauvaise. En tout cas, vers la les scènes avec les philosophes ont fini par me lasser un peu. Foerster montre tout l'étendu de son imagination au travers de ses histoires et son dessin en noir et blanc est toujours aussi superbe. Malheureusement, s'il a beaucoup d'imaginations, il utilise aussi souvent les mêmes thèmes et du coup à force lire ses récits horrifiques, j'ai un peu l'impression qu'il se répète un peu dans les destins tragiques de ses personnages. C'est surtout le cas avec le second récit, au bout d'un moment on comprend très bien comment va finir le personnage principal et du coup j'avais juste envie que ce récit se termine pour qu'on passe à autre chose. De plus, je pense qu’il n’y a que la première histoire qui m’a vraiment marqué, une critique rigolote et macabre de Noel et comment on ne peut pas échapper à cette période de l’année ! Un album à emprunter donc.
La Frontière
Un album qui selon-moi représente bien les qualités et les défauts de l'œuvre de Foerster. Parmi les qualités, il y a bien sur le dessin dynamique et si personnel de Foerster que j'aime bien. Le scénario est original et aussi très loufoque (pour accrocher au scénario, il faut vraiment accepter tout ce qui se produits) et lorsqu'on a toutes les explications on voit à quel point l'histoire est tordue. Il y a une bonne galerie de personnages excentriques et il y a de bonnes scènes. Malheureusement, comme souvent avec Foerster le scénario est aussi très verbeux. Cela ne me dérange pas si c'est bien écrit comme le faisait des scénaristes comme Greg ou Jean-Claude Forest et j'ai déjà apprécié des textes avec beaucoup de textes écrient par Foerster. Le problème est qu'ici le texte verbeux ralenti trop l'action. Au début, je trouvais que cela prenait un peu trop de temps avant que l'action débarque enfin et vers le milieu de l'album je trouvais que l'auteur ralentissait volontairement son récit pour l'étirer inutilement. Cela tourne quand même en rond pendant un moment alors que l'héroïne est présentée comme quelqu'un d'invincible qui peut battre tout le monde facilement. Cela reste correct, mais ce n'est pas un album que j'aurais envie de relire au complet un jour.