Les derniers avis (49023 avis)

Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Je ne sais pas si je suis né trop tard dans un monde trop antique, comme le centurion Caius Aérobus, ou si je suis né déjà trop vieux dans un monde trop nouveau... J'ai quelques doutes que la série Astérix résiste à l'épreuve du temps. Ce n'est pas si universel et intemporel que les auteurs pourraient l'espérer, malgré tous les voyages et les caricatures des étrangers. Les dessins d'Uderzo sont excellents (à partir d'Astérix et Cléopâtre) et les scénarii de Goscinny toujours pleins d'humour. Les meilleurs albums sont, pour moi, Astérix Légionnaire, La Zizanie et Le Devin. Après le décès de Goscinny, j'ai abandonné la lecture de la série. Mais même les derniers albums avant cela n'étaient pas formidables, je crois.

30/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Albert Kahn - L'Archiviste de la planète
Albert Kahn - L'Archiviste de la planète

Je ne connaissais Albert Kahn que par la visite de ses jardins à Boulogne-Billancourt, sans avoir la moindre idée de qui il était réellement. J'ignorais qu'il s'agissait d'un riche banquier voyageur issu d'un petit village des Vosges, ni surtout l'ampleur de son projet d'archivage photographique du monde entier au début du XXe siècle. Ce projet avait pourtant tout pour motiver et fasciner mon esprit amoureux d'Histoire et de témoignages visuels d'à quoi ressemblait le Monde bien avant ma naissance. Ce biopic m'a permis de découvrir tout cela de manière a la fois accessible et agréable. Graphiquement, l'album est très réussi. Le dessin et les couleurs sont soignés, avec un style légèrement semi-caricatural qui apporte beaucoup de charme aux personnages et rend l'ensemble visuellement plus doux et esthétique. Il y a une vraie élégance dans le trait, et l'ensemble se prête bien a une lecture biographique plus fluide qu'un documentaire trop académique. J'ai toutefois été un peu désarçonné par la construction narrative dans la première partie, avec certains allers-retours chronologiques qui cassent légèrement la continuité. Ensuite, la seconde partie m'a parfois donné l'impression de survoler les événements, en passant rapidement d'une étape a une autre, d'une rencontre a une autre, sans toujours laisser le temps d'ancrer les choses. On comprend les grandes lignes, mais on a parfois plus une succession d'échos et de moments clés qu'une véritable immersion détaillée dans les projets eux-mêmes. Je m'y suis largement perdu parmi les nombreuses personnes rencontrées par Albert Kahn notamment. J'ai le sentiment d'avoir appris beaucoup de choses sans pour autant avoir eu l'impression d'être totalement immergé dans le parcours ou dans le fonctionnement concret de ses initiatives. Cela reste néanmoins une découverte très intéressante, faite de manière fluide et globalement plaisante, avec un vrai plaisir de lecture malgré ces quelques réserves sur le rythme et le traitement du récit.

30/04/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 3/5
Couverture de la série Torpedo
Torpedo

J'ai découvert Torpedo il y a un moment maintenant, et j'ai récemment retrouvé quelques tomes, suffisamment pour me faire un avis. Cette bande dessinée a quelque chose d'implacable, de terriblement efficace, comme son personnage. Il y a, je trouve, pas mal de défauts, comme la lourdeur, parfois, du scénario et de la narration, le manque d'originalité.. Mais tout est super bien raconté, on se prend a chacune des histoires, je ne me suis pas ennuyé une seule fois. Les personnages de la bd sont toujours hauts en couleur, et souvent intéressants. Pas de la grande lecture mais un divertissement diablement efficace. Et tout ça est magnifié par un dessin que je trouve quand même assez remarquable. La profondeur dans les yeux des personnages, les visages, même les mouvements des héros, je trouve ça terriblement esthétique. Un gros point fort de l'oeuvre et une invitation a découvrir d'autres séries de Jordi Bernet. Alors pourquoi seulement 3 ? En premier lieu car je pense qu'il y aurait eu un peu mieux à faire que des histoires courtes, et que les auteurs auraient pu plus développer leur personnage. La, on a un peu toujours la même histoire, pas ancrée dans le temps, et c'est un peu redondant. En deuxième lieu, exactement pour les mêmes raisons que Ro ; le machisme violent, qui est quand même très présent, a gêné ma lecture a plusieurs reprises. Le héros commet plusieurs viols, frappe des femmes, couche avec pour se "payer". Ce n'est pas le fond de la BD mais c'est quand même présent, et très dérangeant .. 3/5 donc pour cette BD dont l'esthétique (surtout des premiers tomes) est une très grosse qualité.

30/04/2026 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Printemps bleu
Printemps bleu

J'ai toujours été fasciné par le travail de Matsumoto. Je trouve qu'il se dégage de ses ouvrages un je ne sais quoi de magnétique qui irradie planche après planche. Delcourt a la bonne idée de rééditer pas mal de ses mangas classiques, dont "Printemps bleu" fait parti. Ce recueil de sept nouvelles ne déroge pas à l'univers de Matsumoto et dérange, tant par sa composition que par ce qu'il raconte. Cette jeunesse perdue en quête d'on ne sait quoi (cherche-t-elle d'ailleurs quelque chose ?) nous est décrite par le prisme du lycée Kitano. C'est brut, désinhibé, à hauteur de jeunes adultes mâles livrés à eux même par des adultes également en perdition. Côté graphisme, j'aime toujours autant ce trait si singulier qui fait la marque de fabrique de Matsumoto ; on aime ou on aime pas, moi j'adore. A (re)lire ou à découvrir pour ceux qui voudraient sortir des sentiers battus des grosses productions japonaises. (3.5/5)

30/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Enquêtes de Violette
Les Enquêtes de Violette

Fred Neidhart a visiblement aimé comme moi dans sa jeunesse Les Enigmes de Ludo et autres Mickey Enigmes et en reproduit ici le concept avec un peu plus d'envergure. On retrouve le principe des enquêtes interactives à résoudre soi-même, mais avec des protagonistes récurrents, un petit univers qui s'installe progressivement autour de Violette et de ses amis, et surtout des histoires en deux pages qui demandent parfois un peu plus qu'un simple indice caché dans un coin. Certaines énigmes reposent sur plusieurs détails à recouper, voire sur un petit raisonnement logique, ce que j'ai trouvé plus satisfaisant que les mécaniques trop simplistes du genre. Le dessin de Laurel est clairement pensé pour un jeune public, avec un trait rond, lisible et plutôt agréable. Ça fonctionne bien pour ce type de lecture rapide, même si j'ai parfois regretté des décors assez épurés et surtout un manque de précision dans certains détails. À plusieurs reprises, je me suis demandé si un élément était réellement un indice ou simplement quelque chose d'un peu maladroitement dessiné, un souci de perspective, ou un détail visuel pas assez clair. J'ai aussi trouvé certaines solutions un peu fragiles dans leur logique : parfois, on repère bien quelque chose de suspect, mais cela ressemble davantage à une possibilité qu'à une véritable preuve permettant d'identifier le coupable avec certitude. Dans ces moments-là, la résolution m'a paru moins convaincante. C'est une lecture jeunesse sympathique qui m'a rappelé de bons souvenirs. Certaines énigmes sont malignes et bien construites, d'autres beaucoup moins convaincantes, mais l'ensemble est assez plaisant pour les amateurs de BD interactives.

29/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Je pense que le plus amusant dans cette série est d'identifier tous les personnages et auteurs des romans originaux. Tous ceux du fantastique et de la science-fiction steampunk se retrouvent réunis, de H.G. Wells à R.L. Stevenson, en passant par Jules Verne. Je n'ai pas pu prendre très au sérieux les intrigues et je trouve le dessin (malgré quelques belles images) trop rigide et carré, surtout en ce qui concerne les humains.

28/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Ananas de la Colère
Les Ananas de la Colère

L'essentiel du charme de cette BD repose sur son idée de départ loufoque mais efficace : transposer tout un imaginaire hawaïen ultra cliché (surf, piña coladas, ananas, bars tiki...) au cœur du Québec le plus local, comme si cette cohabitation improbable allait totalement de soi. Rien que l'idée d'une enquête centrée sur la mort d'une ancienne championne de limbo professionnelle vivant à Trois-Rivières donne le ton. Toute la BD décline ensuite ce décalage à travers des décors, des dialogues et des situations volontairement incongrues où les deux cultures se mélangent avec un sérieux parfaitement absurde, et c'est clairement ce qui m'a le plus amusé dans cette lecture. Il y a un vrai sens du détail loufoque, du petit gag visuel ou de la réplique absurde qui fonctionne bien. Le dessin de Cathon accompagne ce ton avec son trait simple, rond et lisible, qui renforce le côté léger et décalé de l'ensemble. L'univers visuel regorge de petits éléments kitsch assez savoureux, et Marie-Pomme fonctionne bien en enquêtrice amateur un peu improbable mais attachante. En revanche, l'enquête policière en elle-même m'a paru plus limitée. Elle joue elle aussi sur le ridicule assumé, mais reste finalement assez basique, avec une résolution prévisible et presque enfantine dans sa manière d'amener certaines révélations. Ce n'est jamais désagréable, mais ça réduit un peu l'intérêt une fois passé le plaisir du concept. C'est donc une lecture sympathique, assez vite lue et plutôt divertissante grâce à son absurdité bien dosée, même si je n'y ai pas trouvé grand-chose de vraiment marquant au-delà de sa bonne idée de départ.

28/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Ces lignes qui tracent mon corps
Ces lignes qui tracent mon corps

Mansoureh Kamari raconte son enfance et son adolescence en Iran, marquées par l'oppression systémique des femmes, en les mettant en parallèle avec son présent en France où elle pose nue pour des cours de dessin, comme une manière de se réapproprier enfin son corps et son histoire. Dès qu'un récit aborde frontalement les violences faites aux femmes et une oppression institutionnalisée aussi profondément injuste, ça me met immédiatement en rage tant ce type d'injustice m'est insupportable. Et sur cet aspect, l'album est extrêmement fort. Toute la partie consacrée à l'enfance et à l'adolescence en Iran est souvent bouleversante : le poids du père tyrannique, la peur permanente, la manière dont le corps des femmes est contrôlé, sexualisé, humilié, et cette violence banalisée qui semble infiltrer aussi bien la sphère familiale que l'espace public. C'est parfois révoltant à lire, mais très bien mis en scène, avec des passages vraiment marquants. Graphiquement, j'ai aimé le travail de Mansoureh Kamari. Son dessin n'est pas spectaculaire au sens démonstratif du terme, mais il dégage quelque chose de doux et sensible. Les visages, en particulier celui de l'autrice, sont souvent beaux et expressifs, avec une vraie délicatesse dans les regards et les émotions. Les décors sont plus en retrait, parfois à peine esquissés, mais ça semble presque volontaire tant l'album reste focalisé sur les corps, les visages et l'intime. L'alternance entre les pages plus grises du passé et les séquences plus lumineuses du présent fonctionne également bien. En revanche, il m'a manqué des morceaux importants du puzzle pour être totalement emporté. J'aurais aimé en apprendre davantage sur le fonctionnement concret de la société iranienne au-delà de ce que l'album montre déjà, mais aussi sur son propre parcours de jeune adulte. J'ai par exemple été surpris de voir qu'elle avait malgré tout pu travailler dans l'animation, même difficilement, sans que ce contexte soit vraiment développé. De la même manière, on ne sait rien de la façon dont elle a quitté l'Iran, si sa famille a tenté de la marier de force, comment son exil s'est organisé, ou comment cette transition vers la France s'est réellement faite. Ce sont précisément ces éléments qui m'ont parfois manqué. Je comprends qu'il ne s'agit pas d'un documentaire mais davantage d'un cri intime, mais l'absence de certains repères m'empêche de l'apprécier pleinement. J'ai aussi été un peu plus partagé sur les passages assez longs autour de son rapport au dessin et à son traumatisme. Je comprends parfaitement leur fonction dans son processus de reconstruction, mais au-delà du fait qu'ils ne m'ont pas particulièrement parlé, ils ont aussi ravivé cette frustration de ne pas avoir eu davantage d'éléments sur son parcours et sur la société iranienne elle-même. Malgré mes réticences, ça reste un témoignage fort, nécessaire et souvent très touchant, porté par un vrai sens de l'émotion et une colère que j'ai largement partagée pendant la lecture.

28/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Le Petit Gendarme ou L'Enfance de Riquet
Le Petit Gendarme ou L'Enfance de Riquet

Théo Grosjean commence une série qui mélangerait l'autobiographie et la fiction. Je n'ai aucune idée ce qui est inventé ou non dans ce premier tome et j'avoue que je m'en fous un peu. J'ai trouvé le résultat moyen avec des bons et des moins bons moments. Parfois, je ne comprenais pas les intentions de l'auteur comme le fait que pendant un moment le visage du père est différent du reste de la famille jusqu'à ce que le petit dernier se rends compte que son père a un visage comme les autres. On suit donc Riquet, le dernier enfant d'une famille un peu dysfonctionnelle où le père est gendarme et la mère très religieuse. L'action se passant lorsque j'étais moi-même enfant, je me suis reconnu dans certaines situations. Le fait que le père est gendarme permet de découvrir un peu se métier, mais je ne pense pas avoir appris grand chose de nouveaux et je doute que plusieurs lecteurs de voir qu'il y a du machisme et du racisme dans ce milieu. Je comprends pourquoi Riad Sattouf a publié cette série dans sa maison d'édition parce que le travail de Grosjean ici rappel son propre travail et au déprimant de cette série. En effet, on dirait du Sattouf, mais en moins maitrisé. Ça se laisse lire et il y a des bons moments, mais ce n'était pas palpitant à lire.

28/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Jours du Chaos
Les Jours du Chaos

Deux siècles après une apocalypse aussi brutale qu'inexpliquée, la Terre a été ravagée par des hordes démoniaques sorties des entrailles de l'enfer pour exterminer l'humanité. Parmi les rares survivants, Ian Vanderbilt et sa compagne parcourent ce monde dévasté en quête de terres fertiles avant de subir l'assaut de ces créatures infernales qui continuent de traquer les derniers humains. Ce mélange de post-apocalyptique et de fantasy démoniaque avait de quoi piquer ma curiosité, et l'univers fonctionne plutôt bien grâce à cette ambiance sombre et mystérieuse. Graphiquement, tout n'est pas irréprochable, mais j'ai plutôt aimé le rendu. Le dessin de Joseph Vig m'a rappelé celui de Eduardo Risso (100 bullets, Je suis un vampire...), avec ce trait nerveux et assez élégant, embelli par une mise en couleur réussie qui lui donne par moments un petit aspect comics assez classe. Les designs démoniaques sont également réussis et m'ont fait penser à un mélange entre les Sanguinaires de Khorne et les hordes démoniaques de 666. Le duo principal fonctionne bien : Ian et Catherine sont suffisamment attachants pour qu'on ait envie de les suivre, et j'ai aussi trouvé l'archonte réussi en principal antagoniste démoniaque. Son apparence impose immédiatement quelque chose, mais c'est surtout le mystère autour de ses motivations qui intrigue, notamment lors de certaines scènes où il semble moins monolithique que prévu. En revanche, tout n'est pas aussi convaincant. La communauté de survivants que les héros rejoignent m'a semblé beaucoup plus convenue, avec ce groupe replié sur une religion rigide qui ressemble à un archétype assez usé du genre post-apocalyptique. Et surtout, le fils du chef coche un peu trop toutes les cases de la brute envieuse et agressive au comportement insupportablement prévisible. L'autre frustration vient évidemment du fait que la série a été abandonnée après ce seul tome. On sent que plusieurs mystères étaient censés être développés ensuite, notamment autour du fameux Libérateur, et on n'aura visiblement jamais les réponses. C'est regrettable, même si heureusement ce premier volume peut presque se lire comme un one-shot : la conclusion reste ouverte, mais elle offre malgré tout une forme de fermeture acceptable plutôt qu'un cliffhanger brutal. C'est une série inachevée donc forcément frustrante, avec quelques clichés un peu grossiers, mais aussi un univers intrigant, un bon sens de l'atmosphère et suffisamment de bonnes idées pour que cet unique tome garde un certain intérêt pour les amateurs de dark fantasy post-apocalyptique.

27/04/2026 (modifier)