Le Loup des Mers

Note: 4.05/5
(4.05/5 pour 20 avis)

Adaptation du roman de Jack London.


1900 - 1913 : Du début du XXe siècle aux prémices de la première guerre mondiale Adaptations de romans en BD BDs à offrir Jack London Les prix lecteurs BDTheque 2012 One-shots, le best-of Soleil Vieux gréements

Après un naufrage, Humphrey Van Weyden, un gentleman fluet, est recueilli puis enrôlé de force comme mousse par Loup Larsen, un terrifiant capitaine de goélette, buveur, violent mais très cultivé. Ce capitaine, athée, éprouve peu à peu une sorte d’estime teintée de mépris pour Humphrey, à l’inverse, très religieux. Leurs joutes verbales – pleines d’humour et d’esprit – rythmeront ce passionnant récit d’aventure.

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Novembre 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Loup des Mers
Les notes (20)
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26/10/2012 | Miranda
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Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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Je suis un grand fan de Jack London, dont je collectionne les écrits (réédités pour mon plus grand plaisir) et dont je me targue d'avoir bientôt lu toute la bibliographie. Mais dans ce fouillis de plus de cinquante livres aussi divers que cohérent, il en est un que je n'ai toujours pas lu : Le loup des mers. La raison est que lorsque cette BD est sortie, je ne l'avais toujours pas lu et je me suis réservé le plaisir de découvrir en avant première l’œuvre qu'en aura tiré Riff Reb's. Vous l'aurez compris à cette note, mais ce livre est exceptionnel. Et la liste des qualités est aussi longue que vous le souhaitez. Le dessin ? Si ce n'est pour vous le point le plus fort, je crois qu'il faut au moins lui laisser sa maestria. Une virtuosité du trait, une noirceur métaphorique, un talent pour représenter le monde maritime ... Il est beau, précis, efficace. C'est dosé à la perfection pour faire ressentir toute l'atmosphère poisseuse d'une goélette de mer, toute la noirceur de ce navire hanté par son capitaine. Rien que le dessin mérite à coup sur qu'on s'y attarde, mais aussi qu'on le relise. Le scénario ? Outre l'adaptation qui a été faite avec brio (Jack London, malgré tout le respect que je lui porte, est souvent un peu daté dans la façon d'écrire), je dois dire que c'est un modèle pour expliquer les passerelles entre BD et livres : la façon de rendre ces écrits, cette voix intérieure qui traverse les pages, tout autant que la coupure en chapitres. Je suis émerveillé de la façon dont il a réussi à retranscrire les idées, les propos et l'histoire, tout en reconnaissant qu'on est pris aux tripes dans cette lecture presque viscérale. L'ambiance ? Le plus gros point fort selon moi. Une ambiance de mer, de philosophie, de mort et de noirceur. L'âme humaine dans ses plus bas niveaux, là où ni dieu ni le philosophe ne peuvent aider. C'est une parenthèse que nous ne connaitrons sans doute jamais, mais qui prend aux tripes par la façon de nous montrer des hommes dans leurs limites les plus absolues. Rien ne sera épargné au(x) héros, et ce pour notre plus grande horreur. Les couleurs ! Une idée superbe : une couleur dominante par chapitre, envahissant toutes les cases et donnant un ton à chaque chapitre, renforçant les idées et les propos. Et justement, finissons par cela : les propos. Les considérations de chaque homme, mais avant tout de Loup Larsen, le capitaine, sont une des raisons supplémentaires d'aimer cette BD. On y retrouve toutes les idées chères à Jack London : la sauvagerie de l'homme, le nihilisme, l'opposition entre la culture et la force, le destin inéluctable de l'homme, le bonheur dans l'accomplissement physique détaché de toute philosophie, les "dandys" contre les travailleurs, la force primitive de la nature contre laquelle l'homme ne peut rien, et l'absurdité de la vie des hommes. Comme un rappel de notre condition, cette BD se fait défenseur d'idées peu développées aujourd'hui, jugées sombres, violentes ou très peu humanistes. Mais force est de reconnaitre la qualité des arguments employés par Loup Larsen, et ce jusqu'à la fin, qui semble ironiquement lui donner raison. Une BD belle, une BD forte, qui fit grande impression à sa sortie, et qui le mérite amplement. Du travail de ce niveau, c'est du chef-d’œuvre. Dois-je préciser que je conseille la lecture ?

10/01/2018 (modifier)
L'avatar du posteur eric2vzoul

Après A bord de l'Etoile Matutine, avant Hommes à la mer, Riff Reb's poursuit ses adaptations des classiques du roman d'aventures maritimes. Cette fois, il met en image un récit de Jack London. Je ne connais pas le roman d'origine, et je suis d'accord pour admettre qu'il s'agit d'une histoire de mer, sans doute brillamment contée, mais comme il y en a bien d'autres. Le coup du capitaine tyrannique et obsessionnel qui poursuit son but sans prêter attention à la détresse de son équipage maltraité, on l'a déjà vu et lu moult fois, de Moby Dick aux Révoltés du Bounty. Comme Churchill l'a (peut-être) résumé en une formule lapidaire : « dans la marine, tout n'est que rhum, sodomie et fouet ». Rien de bien neuf sur le fond donc… Mais ce détail n'a aucune importance. Riff Reb's dépasse et transcende les auteurs qu'il adapte. Quel narrateur ! Il sait extraire la substantifique moelle des romans d'aventures, synthétiser les descriptions interminables des différents gréements et des manœuvres compliquées de la marine à voile qui alourdissent les récits maritimes, n'en garder que les épisodes marquants et les magnifier en quelques cases. Roman initiatique et picaresque, voyage au bout de l'enfer, peinture sociale, hommage aux marins perdus, histoire d'amour et de haine… Tout est là ! Quel illustrateur ! Comme il l'a avait déjà fait dans L'Étoile Matutine, il adopte un style monochrome, un genre de “virage sépia” à l'ancienne qui transforme la moindre case en eau forte. S'il avait vécu au XIXe siècle, à l'époque des grands romans feuilletons illustrés, il eût été un rude concurrent pour Gustave Doré. En somme Riff Reb's se fout de la mode. Il adapte des romans que plus personne ou presque ne lit, il dessine comme les illustrateurs d'avant la photographie… Mais son style n'appartient qu'à lui et ses dessins sont identifiables du premier coup d'œil. Chapeau !

10/07/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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Après A bord de l'Etoile Matutine, Riff Reb's a trouvé un créneau qui lui convient très bien consistant à mettre en scène des récits de vieux gréements, chose qu'il rééditera avec succès ensuite dans Hommes à la mer. Cela lui permet de donner toute la mesure de son talent graphique excellent dans le domaine. Son trait est formidablement maîtrisé. A la fois rond et contrasté, clair et envoûtant. C'est beau ! Je suis hélas un peu refroidi par son choix d'une colorisation monochrome qui donne certes un style élégant à ses planches mais les rend également un peu ternes et tristes à mes yeux. Je me dis qu'avec un bon coloriste, il y aurait là de quoi produire de formidables chefs-d'oeuvre. L'histoire, quant à elle, est l'adaptation d'un roman de Jack London. Mais j'ai eu un sentiment de déjà-vu. Je suis un peu lassé de ces histoires de capitaines durs et presque démoniaques, terrorisant aussi qu'ils fascinent leur équipage sans qu'on comprenne jamais trop pourquoi la rébellion n'a pas lieu plus aisément contre eux. Ce personnage du Loup des Mers et l'histoire dans son ensemble m'a fortement rappelé la thématique du Maître de Ballantraë, lui-même adapté de Stevenson que j'ai parfois tendance à confondre avec London, les deux étant des auteurs-aventuriers dans la vie et dans leur oeuvre. Le décor d'expédition de chasse marine et de confrontation entre un voilier et un vapeur m'a aussi rappelé la série Esteban. Mais ce n'est pas le seul récit similaire pour lequel j'ai eu des réminiscences en cours de lecture. Du coup, je ne suis qu'à moitié tombé sous le charme bestial et poétique de cette confrontation humaine entre Loup et le narrateur du récit. Et j'ai en outre trouvé le dernier retournement tragique de la toute fin du récit presque inutile et de trop. Qu'on ne s'y trompe pas, c'est un très bel ouvrage. Mais je me dis qu'avec le talent de Riff Reb's et un décor maritime aussi intense, il y avait de quoi me transporter davantage.

02/01/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5
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Nous ne parlons pas ici de l'oeuvre de London, mais bien de la magistrale adaptation qu'en fait Riff Reb's. Que dire qui n'est déjà été dit? Par son trait, Riff Reb's a su saisir toute la puissance du roman et surtout de son personnage principal. Puissance physique mais aussi intellectuelle car c'est bien là, entre autres, que réside la force de Loup Larsen. Il a appris à "jouer" avec ses hommes et le pauvre van Weyden, pas si pauvre que cela d'ailleurs car en lui c'est aussi toute la lâcheté, la veulerie de l'homme qui nous est présentée. Non Loup Larsen n'est pas qu'une brute épaisse voire sadique, il a lu des romans, il connait les philosophes, ses avis sont éclairés sur l'état du monde et de la société de son temps. De ces deux personnages j'avoue ne pas faire de choix pour savoir qui est le bon, qui est le méchant, d'ailleurs y a-t-il à choisir, Larsen et van Weyden sont sans doute les deux faces d'une même pièce. Par son dessin Riff Reb's magnifie cette histoire, il peint la mer calme ou déchaînée en fonction de l'ambiance à bord du Fantôme. C'est sans afféterie qu'il dessine également ses marins en ne tombant pas dans la classique trogne de vieux loup de mer. Comme avec son précédent ouvrage, l'auteur hisse ces deux romans classiques d'aventure, A bord de l'Etoile Matutine et "Le loup des mers", à des hauteurs qui en font des classiques, mais maintenant de la BD. Indispensable.

24/08/2014 (modifier)
Par Elrik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Une histoire de marin, avec tout le cynisme et les injustices que l'on attend avec pourtant une fin qui m'a marqué. La mis en scène, les dessins et la colorisation donnent sur certaines planches les allures de tableau. C'est magnifique et cela donne envie d'aller lire le roman :)

09/06/2014 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Superbe BD que voilà. Premièrement on en a pour notre argent : un album, 136 pages au graphisme sublime (la colorisation notamment est particulièrement réussie). Même si le héros et les divers personnages secondaires sont tous intéressants, le personnage qui fascine et irradie chaque planche de cette BD par sa présence est bien sur Loup Larsen. Sa "philosophie", son athéisme et son amoralisme donnent lieu à des monologues, dialogues, débats, engueulades énormes. Toutes ses discussions sur la religion, la morale et l'immortalité avec Hump, le héros, sont passionnantes. Le bougre est diablement convaincant et ses démonstrations ne manquent pas de saveur : il prouve la non-existence de l'immortalité de l'âme en faisant observer à Hump la manière dont son corps se débat pendant qu'il en train de l'étrangler, instinct de survie qui s'oppose avec la foi en l'immortalité de l'âme du héros. Cependant l'auteur ne cherche pas en faire un personnage sympathique comme c'est souvent le cas aujourd'hui avec l'archétype du type bourru et misanthrope qui cache en réalité un bon fond (style Dr House) : Loup Larsen est une ordure, un monstre presque dément et particulièrement violent qui laisse volontairement mourir deux marins qui cherchaient à échapper à son emprise alors qu'il pouvait les secourir. Malgré cela, sa philosophie fascine et Hump, tout en le craignant et le haïssant, évolue grâce à lui.

08/06/2014 (modifier)

Il s'agit ici d'un album que j'ai acheté suite aux avis favorables du site. La couverture m'intriguait beaucoup. Par contre, je ne connaissais pas du tout l'oeuvre originale de Jack London. Côté dessins et couleurs, chapeau ! J'ai beaucoup aimé ce trait plaisant à regarder, dynamique, avec des expressions très prononcées pour les personnages, notamment grâce à certains effets comme les "yeux vides". Les couleurs ne sont pas en reste: omniprésence du marron et du sépia sur le bâteau, du bleu, gris et vert pour les paysages marins, beaucoup d'ombres et de noir aussi pour cette histoire dramatique. Pour le coup, j'ai été vraiment surpris, car je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire, mais plutôt à quelque chose comme 20000 lieues sous les mers, avec un passager qui aurait été admiratif envers un formidable capitaine... Le scénario m'a en revanche un peu moins convaincu...Je n'ai pas aimé la tournure qu'il a pris avec l'arrivée de la seule protagoniste féminine, et, d'autre part, j'ai trouvé un peu facile le nombre de fois où Humphrey est sauvé par une crise de migraine de Loup Larsen... Enfin, le langage marin est souvent présent, ce qui renforce l'impression d'immersion dans l'univers de cette BD, mais ça m'a quand même gêné, car je ne comprenais pas toujours tout ce que les personnages voulaient dire... Un lexique en fin d'ouvrage aurait été bienvenu pour que l'ouvrage ait en plus une vertu éducative et facilement didactique. Au final, un belle et bonne BD quand même, mais j'ai été un poil déçu. (266)

21/11/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5

Il est jeune, cultivé et devait retrouver un de ses amis dans la baie de San Francisco pour deviser, parler de philosophie et de littérature. Son bateau n'arriva jamais à destination, et en fait de littérature c'est à la force des éléments, à la force brutale des hommes, leur bêtise, leur mesquinerie qu'il va être confrontés en mer durant de longue semaines. Pourtant il est un homme, le capitaine du bateau qui synthétise tout à la fois cette force brutale et tyrannique, et ce goût pour la poésie et la littérature. Le livre va donc rassembler ces deux êtres que tout oppose, sans pour autant parvenir à les réconcilier, et c'est ce face à face particulièrement original que nous raconte avec réussite RIFF REB'S dans cette adaptation d'un roman de Joseph Conrad. Le jeune novice, enrôlé comme second sur le navire bien malgré lui parviendra t-il à s'arracher à l'emprise de ce capitaine, véritable force de la nature? C'est tout l'intérêt de ce superbe album. Les planches sont superbes et l'on regrettera le petit format choisi pour la publication des albums dans cette excellent collection NOCTAMBULE des éditions Soleil qui se fait une spécialité d'adapter en Bandes Dessinées des classiques, connus et moins connus de la littérature. A découvrir

13/11/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

3.5 Cela faisait longtemps que je voulais lire cet album et je fus bien content lorsque j'ai eu enfin la chance de l'avoir entre les mains. La première chose que j'ai remarquée en ouvrant l'album est le dessin que je trouve fabuleux ! J'aime l'idée qu'une couleur prédomine et que la couleur change à chaque chapitre. Au début, je trouvais le scénario sympathique, mais pas captivant et j'avais peur d'être déçu et heureusement cela change lorsque Loup Larsen apparait. Il est un personnage totalement fascinant autant dans sa personnalité que dans ses réflexions. D'autres personnages sont aussi intéressants comme le cuisinier, mais c'est clairement Larsen la vedette de l'histoire. J'ai tout de même était un peu déçu par la fin. Elle est bonne, mais je m'attendais à quelque chose de plus spectaculaire.

04/11/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Après A bord de l'Etoile Matutine, voici la deuxième œuvre de Riff Reb’s que je découvre, et c’est encore un grand plaisir de lecture. Visuellement d’abord, c’est une réussite, que ce soit le dessin, très expressif ou la colorisation, que j’ai trouvée très bonne. On a là plus qu’une ambiance, une sorte de canon avec le texte, qui nous raconterait l’histoire à plusieurs voix. On pourrait presque lire cet album sans le texte et le comprendre ! Mais les dialogues ont aussi leur part dans la réussite de cet album, qui nous embarque, nous ballotte au gré des chapitres comme une tempête sans fin, noire. Au vu des deux lectures de Riff Reb’s que j’ai faites, je me demande – avec envie ! ce qu’il pourrait faire d’une œuvre de Joseph Conrad (Lord Jim ou Typhon par exemple) : la rencontre des deux univers me semble prometteuse. En tout cas, lecture et achat fortement recommandés !

01/11/2013 (modifier)