Les derniers avis (48756 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Starlight (Cardona)
Starlight (Cardona)

Cyrius, présenté comme le dernier Terrien de l'univers, survit tant bien que mal sur une planète isolée jusqu'au jour où il provoque le crash d'un vaisseau et s'enfuit avec la jolie Chantilly, une extraterrestre naufragée traquée par des pirates de l'espace. Avec cette série, Philippe Cardona renoue avec la SF d'aventure à destination des adolescents, clairement pensée pour un public nourri aux shonen. L'auteur n'en est pas à son coup d'essai dans le manga à la française, puisqu'il s'est fait connaître il y a longtemps déjà avec Sentaï School, entre autres. Personnages chibi aux grosses têtes expressives, dynamisme constant, cadrages nerveux, onomatopées et vocabulaire visuel typique du manga : ça bouge, ça explose, ça surjoue. Faut que ça pète, c'est pour les jeunes ! Ce n'est pas un style que j'affectionne particulièrement au départ, même si je peux y trouver mon compte lorsque le rythme narratif suit. En revanche, je suis plus réservé sur le choix du grand format cartonné chez Dupuis. Ce trait très rond, très appuyé, pensé pour un petit format type manga, paraît trop massif une fois agrandi comme ici. L'absence de détails saute davantage aux yeux, comme si l'on regardait un écran de trop près : on a envie de reculer pour que l'ensemble respire davantage. Du côté de l'intrigue, si le point de départ demeure très classique, quelques mystères autour des origines du héros et des véritables intentions de la jeune alien entretiennent suffisamment le suspense pour donner envie de poursuivre la série. L'univers regorge de bonnes idées : civilisation rocheuse, bestiaire intrigant, et cette cascade dotée d'une forme de volonté propre que j'ai trouvée particulièrement réussie. Côté personnage, Cyrius peut se révéler un peu pénible : hyperactif, gaffeur, toujours dans l'excès. Mais il cache aussi une vraie intelligence et une sensibilité appréciable. J'ai aimé le voir trouver des solutions astucieuses, parfois inattendues, face aux dangers. Le scénario ne révolutionne rien, mais le rythme est efficace et l'énergie communicative. Ce n'est pas une relecture majeure du genre, plutôt une série d'aventure SF bien calibrée pour son public, mais suffisamment dynamique et mystérieuse pour que, malgré mes réserves sur le style, je me laisse volontiers embarquer pour la suite.

03/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Le Guide des Castors Juniors
Le Guide des Castors Juniors

Des recueils s d'histoires courtes qui mettent en vedette la troupe des castors juniors. En fait, c'est ce qu'on a comme impression en regardant la couverture et le résumé, mais j'ai été surpris de voir comment dans au moins la moitié des histoires les castors jouent en faite un rôle mineur. Souvent l'histoire mets en vedette Donald qui fini dans le pétrin et ses neveux arrivent en deus ex machina sauver la situation avec leur connaissance de castors juniors et il y en même une où les neveux apparaissent juste dans les premières pages, le temps d'aller à leur camps et le reste de l'histoire c'est Donald qui se souhait ne plus être maladroit et il se retrouve dans un monde où sa version non-maladroite est méchante (et les neveux de ce monde apparaissent...sur une page !). C'est tout de même frustrant de s'imaginer lire des aventures de Riri, Fifi et Loulou et au final on voit surtout Donald et Picsou. Un autre aspect que je n'ai pas aimé est qu'on a peut d'informations sur les histoires publiées en dehors des noms des auteurs dans le sommaire. Aucun renseignement sur les pays de publications ((au vu des noms des auteurs je dirais que la majorité des histoires proviennent de l'Italie avec un peu d'histoires américaines et scandinaves) ou leur date de publication. Quant aux histoires elles sont de qualités variables avec les défauts récurrents que l'on retrouve dans les BD Disney comme l'exagération et le fait que le Picsou italien est vraiment un gros connard. Pour apprécier, il faut accepter que tout soit possible et normal. Il y aussi le fait que pour un adulte certains récits sont clichés avec un dénouement facile à deviner. La plupart des histoires sont tout de même d'un niveau correct et j'ai lu bien pire dans les revues Disney que je lisais lorsque j'étais jeune. Plusieurs histoire qui sont clairement plus récentes ont un coté satire social qui m'a surprit et que j'ai bien aimé. À noter qu'entre deux histoires il y a des textes rédactionnels du type comment faire un jeu de piste ou une cabane dans la foret (il y a encore des jeunes qui vont dehors apparemment !).

03/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche

Davodeau fait un document sur le métier de sa femme qui accompagne les personnages atteints de la maladie d'Alzheimer ainsi que leurs proches. Ayant eu une tante qui a été atteinte de cette maladie, ce sujet me touche beaucoup et j'ai vu qu'effectivement c'est une maladie qui affecte tous les membres de la famille parce que c'est dur de voir quelqu'un qu'on aime perdre petit à petit la mémoire. L'auteur traite le sujet avec pudeur et je trouve qu'il s'est bien amélioré depuis ses premiers documentaires. Il faut dire que Françoise Roy est une personne fascinant qui ne se décourage pas et qui essai toujours d'aider les gens le plus possible. Elle a des réflexions sur comment traités les gens victimes de l'Alzheimer qui semblent évidents, mais que je n'aurais sans doute jamais pensé moi-même. Il y a des anecdotes intéressantes tout le long de l'album. En plus, on fait un détour dans ma province du Québec pour présenter une maison bien particulière que je ne connaissais pas du tout ! C'est un album remplit d'émotions qui ne ne tombe jamais dans le sentimentalisme facile. Davodeau ne fait que croquer la vie en général tout simplement.

02/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Sisco
Sisco

J’ai lu les deux premiers diptyques, « pour voir », mais je ne fais pas une priorité d’en emprunter d’autres. C’est une série dans la moyenne du genre, relativement efficace et dynamique, donc les amateurs y trouveront leur compte. A condition de ne pas attendre trop d’originalité, et d’avaler les couleuvres et clichés habituels. En effet, un jeune héros, beau gosse, infaillible, avec des femmes toutes plus bombasses les unes que les autres, on reste dans du déjà-vu. La surprise vient du fait que notre héros, tueur implacable, travaille pour une officine directement liée au président. On doit donc accepter qu’un service de ce type zigouille à tour de bras politiciens, journaliste, témoins de hasard mais gênants, sans état d’âme. On doit aussi accepter que notre héros, Sisco, s’en sorte à chaque fois, contrôlant tout et tous. Scandales politiques à couvrir, fille cachée du président (là on surfe sur du connu), tout est prétexte à mettre Sisco en première ligne. Beau gosse, au sex-appeal affirmé, super tireur, doué en close-combat, avec un passage à chaque aventure pour récupérer du matos dernier cri auprès d’un « Q » nonchalant, on a là une sorte de James Bond franchouillard. C’est donc une lecture pop-corn, sans prétention. Dessin et colorisation sont aussi dynamiques, très lisibles, et passe-partout. Une série commerciale calibrée pour les amateurs de polar/thriller de cette collection du Lombard.

02/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Cœur des zobs
Le Cœur des zobs

L'auteur déroule son expérience personnelle et un solide travail documentaire sur l'histoire, les enjeux politiques, économiques et culturels de la contraception masculine, en se focalisant finalement plus particulièrement sur la remontée testiculaire à l'aide de slips ou d'anneaux contraceptifs. Sur le fond, c'est instructif et plutôt bien fait. J'ai appris des choses, notamment sur les pistes laissées de côté, les recherches abandonnées, et les alternatives existantes. Le livre a le mérite de rappeler que la charge contraceptive repose massivement sur les femmes et qu'il n'y a aucune raison que cela soit immuable. L'humour et l'autodérision de l'auteur rendent la lecture agréable, même si le propos reste très didactique. Cela dit, je suis aussi bien content de ne plus être concerné par cette question (simple affaire d'âge dans mon couple), et surtout que ma femme ait, en son temps, décidé d'elle-même de la solution du stérilet. Honnêtement, je suis heureux de ne pas avoir eu à en passer par cette fameuse solution des slips contraceptifs, aussi convaincu que soit l'auteur, et je croise les doigts pour que des pistes d'avenir puissent remédier à ce sujet, comme le RISUG ou l'immunocontraception évoqués en fin d'ouvrage. Sur la forme, la BD fonctionne (dessin efficace, ton accessible, humour présent), mais je la trouve peut-être un peu trop bavarde. Le côté pédagogique et militant est assumé, et cela peut donner l'impression d'un documentaire engagé plus que d'un véritable récit. Dans ce cas précis, je ne suis pas certain que la forme ou la narration suffisent à convaincre quelqu'un qui ne serait pas déjà favorable au sujet, et qui pourrait y voir un plaidoyer un peu insistant, voire pénible pour sa propre vie. Reste que l'album a le mérite d'ouvrir le débat et de se montrer clair et didactique sur les solutions possibles. Mais vivement que des solutions simples, fiables et peu contraignantes voient enfin le jour.

02/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Terminax Conquis - Le Fléau cosmique
Terminax Conquis - Le Fléau cosmique

Une famille terrienne déménage sur une planète alien où tout déraille à cause du chat des voisins, embarqué par erreur. Même si l'éditeur indique un public cible à partir de 9 ans, c'est clairement tous publics tant c'est réjouissant aussi pour les adultes. On est dans un délire à la Lewis Trondheim : même goût pour un monde absurde, drôle, sans véritable antagoniste, où les personnages évoluent dans une sorte de chaos bon enfant. Le dessin de Dara Nabati est très simple, presque minimaliste, mais il rappelle lui aussi l'esprit de Trondheim. Ce n'est pas une question de ressemblance graphique stricte (quoique les bouilles des personnages ressemblent beaucoup), plutôt une manière d'aborder les choses : formes rondes ou déformées, expressivité immédiate, mise en scène au service du gag et du rythme. La série enchaîne les trouvailles loufoques : des extraterrestres fans de terriens mais terrorisés par un chat, des explications farfelues sur les trous de ver, des concours de bras de fer improbables... C'est frais, barré et franchement amusant. J'ai passé un bon moment dans ce joyeux n'importe quoi totalement assumé. Peut-être un peu trop vite lu à mon goût, mais suffisamment drôle et inventif pour donner envie de revenir faire un tour sur Terminax. Je ne sais toutefois pas s'il s'agit d'un one-shot ou du début d'une série d'histoires indépendantes.

01/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Délivrance
Délivrance

Mon prédécesseur a raison de faire allusion à La Route pour évoquer cet album. Il y a en effet une certaine communauté d’ambiance. Un récit très noir autour d’une sorte de road trip, de voyage désespéré, dans une ambiance post apocalypse souvent asphyxiante – du moins dans la première moitié de l’histoire. Mais j’ai trouvé cette histoire moins captivante que La Route. Moins forte, aussi moins équilibrée. Moins facile à cerner déjà. En effet, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qui se passait, cette violence incroyable, quasi masochiste. Et lorsqu’un certain espoir renait (ce qui distingue déjà ce récit de La Route), avec cette gamine, ce jardin – qui fait réapparaitre couleurs et « vie », ça n’est pas non plus très clair au niveau narratif. Il faut dire que le dessin, moderne, dynamique, est aussi un peu limité. Et les nombreuses scènes de bagarre – ou de violence – ne sont pas toujours aisées à suivre. Un récit intriguant, certes original, mais qui m’a laissé sur quelques questions – et globalement sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

01/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Spectateurs
Spectateurs

Je ressors assez mitigé de Spectateurs de Brian K. Vaughan. L’idée de départ est vraiment intéressante, notamment dans la manière dont le récit traite du voyeurisme et de la frontière entre observation et implication. Il y a une vraie volonté de proposer quelque chose de psychologique, presque dérangeant par moments. Malgré cela, je trouve que l’exécution ne va pas totalement au bout de ses promesses. Le rythme est parfois inégal et certains développements manquent d’impact émotionnel. J’avais l’impression qu’on pouvait aller encore plus loin dans la tension ou dans la profondeur des personnages. En revanche, l’aspect graphique est clairement un point fort. Le dessin fonctionne bien et accompagne efficacement l’ambiance du récit, renforçant le côté introspectif et parfois pesant de l’histoire. Les thèmes sont pertinents et la réflexion est là, mais l’ensemble me laisse un peu sur ma faim. Ce n’est pas une mauvaise lecture, mais ce n’est pas non plus une œuvre qui m’a marqué durablement.

01/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série L'Oeil du chasseur
L'Oeil du chasseur

J'ai moi aussi lu la réédition de cet album. Réédition qui contient un dossier fort intéressant sur la réalisation de l'album, mais qui m'a aussi semblé glorifier un récit au final pas très extraordinaire et qui n'aurait sans doute jamais été réédité si le nom des auteurs n'étaient pas connus. C'est donc un polar comme Berthet on a fait beaucoup dans sa vie. On reconnait son style et j'aime bien. C'est beaucoup plus étonnant de retrouver Foerster dans ce type de récit. En effet, le ton est très classique pendant la majeur partie de l'histoire....jusqu'au dernier tiers où je me suis aperçu que le scénario est beaucoup plus tordu et original que je le croyais. Les dernières pages sont vraiment prenantes, mais le problème est qu'avant toutes les révélations, où on retrouve la patte de Foerster pour les histoires tordus, le déroulement de l'histoire ainsi que les personnages sont trop classiques pour moi. Je pense que c'était voulu de la part des auteurs, prendre des clichés pour ensuite les retournés à la fin, mais cela reste que pendant un bon moment c'est un road trip banal avec un pauvre type qui se fait poursuivre par de mystérieux méchants et par un représentant de la loi sévère et impitoyable. Je conseillerais un emprunt à la bibliothèque.

01/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Eileen Gray - Une maison sous le soleil
Eileen Gray - Une maison sous le soleil

Je ne suis a priori pas passionné par l’architecture en elle-même, mais j’ai quand même lu cet album avec plaisir. Il se lit d’ailleurs très rapidement. C’est même sans doute un petit reproche que je ferais aux auteurs que de n’avoir pas plus développée cette histoire. Même si un petit dossier final complète la lecture, il reste l’impression d’avoir effleuré, survolé la vie de cette dame, dont j’ignorais l’existence. Je suis intéressé par la vie intellectuelle du début du XXème siècle – même si mes préférences vont davantage aux milieux littéraires proches des surréalistes – et le contexte dans lequel se développent les relations entre Eileen Gray et Jean Badovici m’a attiré. Mais, comme je l’ai écrit plus haut, les milieux intellectuels lesbiens, ou même artistiques auraient mérité d’être plus développés. Reste une histoire d’amour – et une création originale, une maison créée par Gray pour elle et son amant, dans une Côte d’Azur encore presque vierge de touristes. Et l’amertume d’une femme qui s’est sentie trahie en tant que femme, mais aussi – et surtout – en tant que créatrice. En cela j’ai surtout retenu de cet album le côté mesquin, égocentrique, mégalomane et détestable de Le Corbusier, qui a saccagé la création de Gray avec ses peintures, pour ensuite laisser entendre que cette maison était son œuvre. Une lecture intéressante, mais aussi frustrante, car un peu « légère ». Mais c’est aussi l’occasion de redécouvrir une femme oubliée des livres d’histoire de l’art ou d’architecture… Note réelle 2,5/5.

01/03/2026 (modifier)