Les derniers avis (48538 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Ce qui nous sépare
Ce qui nous sépare

Une BD sur la difficulté d'être Tunisien en France (mais plus généralement maghrébin) avec les commentaires, les clichés, les détails de la vie de tout les jours. C'est le récit de Bilal, jeune tunisien venu en France pour les études et découvrant la réalité du racisme systémique français, racisme autant présent dans les discours réacs et facho à la télé et dans nos médias que dans des commentaires insidieux de la vie de tout les jours. Des commentaires de gens bien intentionnés par ailleurs, mais dont la logique de pensée est conditionnée par ce monde. Le maghreb est un endroit dépaysant pour des jeunes gens ayant suffisamment de moyen, Marrakech est une destination touristique et l'arabe une langue exotique. L'orientalisme encore bien présent ... La BD est sur ce regard des français sur "l'arabe", "l'autre", "le pas-comme-nous", soit par condescendance paternaliste soit par haine d'une religion et d'une ethnie. Le tout avec Bilal prisonnier de sa condition en France, ne sachant pas trop s'il a fuit un pays qui aurait besoin de lui pour venir être considéré comme un problème en France, ou s'il est un jeune étranger prometteur qui tente de s'en sortir, simplement. Les discussions avec sa copine et le monde qui l'entoure mettent en lumière cette problématique et la façon dont il vit tout cela alors que la Tunisie connait des mouvement populaires qui semblent vouloir changer les pouvoirs corrompus. Dis comme cela, la BD est franchement attractive et bien faite, mais je dois dire qu'elle a des failles, notamment sa brièveté. Elle fait déjà une centaine de pages mais toutes n'ont pas la même force et les sujets sont nombreux. J'apprécie que l'autrice montre différentes facettes de notre société, de la plus évidente et frontale (contrôle de police abusifs) aux plus insidieux (préfecture en sous-effectif alors qu'il doit renouveler ses papiers). De même les différentes phrases et discours qui parsèment l'ouvrage donnent un aperçu assez clair de ce que peut entendre un jeune homme identifié comme "arabe" (terme fourre-tout n'ayant pas d'existence ethnique d'ailleurs). Mais les sujets sont simplement mis en lumière sans ajouts clairs sur les personnes qui arrivent à s'extraire de ce racisme sociétale, comme sa copine qui apprend progressivement à son contact. De même il n'y a pas la question que ça soulève sur d'autres ethnies ou la crispation identitaire qui en découle. La BD est bien, mais "simplement bien", en somme. Elle soulève le sujet, montre ce qui est, sans dépasser ce cadre et plonger un peu plus loin. En somme, un témoignage qui ne va pas au-delà du cadre. Le dessin, lui, est très sobre mais efficace. Les traits anguleux et les a-plats de couleurs fondent les couleurs de peaux qui font ressortir encore plus ceux qui sont blancs, clairement identifiables dans le récit de fait. La patte graphique donne un sentiment que le blanc détonne, et je pense que c'est l'idée de l'autrice qui nous montre une vie dans laquelle les blancs sont les différents. Un travail intéressant, peut-être un peu trop plat sur l'ensemble puisque la BD reste dans les tons oranges et bleu tout le temps, laissant une impression de froid du fait des couleurs. Mais un travail graphique qui fait mouche quand même. Une BD sur le racisme systémique de la France et son impact réel au quotidien.

26/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Origines
Origines

Origines est une bande dessinée de science-fiction exigeante, clairement pensée pour un lectorat averti. Le scénario multiplie les allers-retours temporels — flash-back et flash-forward — au point de rendre la lecture volontairement complexe, parfois même laborieuse. Les dialogues, souvent elliptiques et abstraits, accentuent ce sentiment d’opacité et demandent un réel investissement pour suivre les enjeux. Le fond du propos est pourtant solide et stimulant. La réflexion sur l’hubris humaine, la création devenue dominante et la place résiduelle de l’homme dans un monde post-humain fonctionne sur le plan conceptuel, surtout pour un amateur de SF. En revanche, cette densité nuit à la transmission des thèmes : l’émotion reste étonnamment distante, alors même que le sujet s’y prêterait pleinement. L’ensemble donne l’impression d’une œuvre intellectuellement riche mais peu accessible, et clairement pas conçue pour une lecture de détente. Le dessin est cohérent avec cette approche : esthétique travaillée, ambitieuse, mais chargée et parfois difficile à décrypter. La profusion d’informations visuelles renforce l’immersion mais peut aussi freiner la lisibilité et la fluidité. Au final, une BD de qualité, intéressante sur le fond, mais dont la complexité formelle limite l’impact émotionnel et la portée globale. On en attendait davantage.

26/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Albertine a disparu
Albertine a disparu

Lecture fluide et accessible, portée par une intrigue que l’on suit sans effort. Le récit installe un cadre réaliste et crédible, mais reste ambigu dans ses intentions : hésitation persistante entre enquête de proximité et chronique quasi documentaire. Les thématiques — vieillesse, isolement, responsabilité collective — sont présentes mais peu creusées à mon goûts et sans réelle montée en tension ni construction d’une morale lisible. Les personnages sont bien caractérisés, humains et cohérents, ce qui maintient l’intérêt malgré une impression de flottement quant au propos. Le dessin, soigné et respectueux du monde villageois, joue une caricature mesurée : typologies reconnaissables, lisibilité constante, mise en scène au service du réel sans effet appuyé. Ensemble agréable mais peu marquant, pertinent dans son observation, plus limité dans son impact émotionnel et narratif.

26/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Intraitable
Intraitable

Une série sud-coréenne qui se passe dans le monde de l'entreprise et plus précisément qui raconte comment la société française Carrefour (dont le nom est changé dans la série bien sûr) a raté son implantation en Corée. Pour faire simple, la compagnie exploite sans vergogne les employés, certains vont finir par se rebeller et vouloir monter un syndicat, ce qui bien sûr crée un gros bordel. Au travers de cette série, l'auteur montre la complexité de la société coréenne à un moment où la crise financière asiatique a fait des dégâts dans une société où on est habitué à obéir sans poser de questions. C'est pas mal, mais malgré le sujet passionnant je n'ai pas réussi à trouver cette série passionnante à lire. Je trouve qu'il y a des longueurs. Par exemple, on va voir le passé militaire d'un des personnages et j'ai fini par trouver que ce passage tournait en rond. Je comprends que cela fasse du sens de montrer la vie dans l'armée vu que la Corée du sud a été sous une dictature militaire pendant des décennies (on voit d'ailleurs ce que pensent les hauts gradés de la démocratie) et ce passage permet de comprendre la psychologie du personnage, mais la narration aurait gagné en dynamisme si ça avait été raconté avec moins de pages. C'est le principal soucis avec cette série que j'aurais aimé adorer. On voit que l'auteur a travaillé son sujet et les personnages sont souvent plus complexes qu'ils semblaient l'être au début, mais voilà j'ai juste trouvé que c'était pas palpitant à lire. Cela reste intéressant de voir comment les patrons abusent et exploitent leurs employés, et malheureusement l'expérience de ces Sud-Coréens est sans doute universelle dans ce monde où les riches sont de plus en plus riches. En tout cas, je pense que n'importe quel lecteur occidental qui a travaillé dans un milieu non-syndiqué où le salaire minimum est la norme vont se reconnaitre dans certaines situations.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série To catch a cat
To catch a cat

Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrène, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois. Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée. Je découvre avec cet album cette auteure qui, avec les grosses contraintes imposées par le format de la collection, s’en sort plutôt bien. Certes, c’est vite lu. Mais sa petite scène polar, avec une chute ironique – sur le mode de qui est pris qui croyait prendre – est assez bien vu. Je n’ai juste pas saisi ce que faisait la dame dans cette maison au départ ? Le dessin est relativement minimaliste, presque stylisé, mais aéré et très lisible. Un petit exercice de style qui relève bien le défi de la collection Façades.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Pupilles
Les Pupilles

Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrène, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois. Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée. Ici c’est Victor Hussenot qui s’y colle – un auteur plus « confirmé » que la plupart de ceux qui se sont lancés dans cette belle et originale collection. Il joue ici sur une sorte de mise en abime, avec des personnages dont le visage n’est constitué que d’un œil, qui se retrouvent pour reconstituer la paire qui leur permet de » mieux voir le monde. C’est certes léger comme intrigue, mais ça se laisse lire (les contraintes du format restreignent forcément les possibilités !). Un petit exercice léger accompagné d’un dessin sympathique et fluide. Note réelle 2,5/5.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Syllogomaniaque
Le Syllogomaniaque

Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrène, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois. Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée. Et ici, même si, bien entendu, c’est très court, hyper vite lu, et donc peu développé, j’ai trouvé que les auteurs avaient quand même réussi ce pari difficile. Il y a bien une – toute – petite – histoire, vite traversée, et globalement satisfaisante (comme toujours en descendant le long d’une façade…). Un petit jeu « oubapien », autour de la disparition de la lettre « O », qui ne réapparaît qu’en toute fin (je ne sais s’il y a un clin d’œil à « La disparition » de Pérec – que je n’ai pas lue – mais ce petit jeu (qui ajoute une contrainte à celles du format) est utilisée de façon amusante.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Temple du passé
Le Temple du passé

De la SF un peu vieillotte, souvent naïve, mais qui passe globalement assez bien. Même si, dans le second tome surtout, il y a quand même pas mal de raccourcis et de facilités (la rapidité avec laquelle nos rescapés font muter la bestiole et se retrouvent sur la terre ferme, l’évolution des lézards rouges, etc.). Un récit qui fait son âge donc, avec des idées assez classiques parfois (une ancienne civilisation ayant quitté la Terre en inspirant les connaissances humaines – ici grecques, y compris vêtements et coiffures !) et d’autres sans doute osées pour l’époque, c’est-à-dire les années 1950 (l’homosexualité considérée comme normale, voire quasi obligatoire, l’hétérosexualité étant stigmatisée). Bon, sinon, ça se laisse lire gentiment. Facilités et naïveté n’entravent pas trop la lecture, on les accepte, et finalement les deux tomes sont avalés rapidement (l’intrigue est assez linéaire et il n’y a pas beaucoup de textes) et souvent agréablement.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Promesse (de Lattre)
La Promesse (de Lattre)

Je mets trois étoiles, parce que le sujet, dur et bouleversant, est globalement bien traité. Mais je n’ai pas été emballé plus que ça par ce récit autobiographique. En fait, je n’ai pas trop accroché aux dessins, statiques, plus proches de l’illustration qu’autre chose. Et le mélange de ces dessins avec des photos, ou quelques représentations de documents (lettres retrouvées) donne plus l’impression de lire un bouquin documentaire qu’un vraie BD. D’autre part, la narration est un peu bordélique, alternant les différentes périodes, qui s’enchainent de façon saccadée (parfois une simple page et quelques mots). Reste le sujet, qui tient à cœur à l’auteure – qui adapte ici semble-t-il le roman/documentaire qu’elle a écrit à partir de ses souvenirs et des documents familiaux retrouvés, ainsi qu’une enquête personnelle pour remonter le passé de ses grands-parents avant et pendant la Seconde guerre mondiale. Le récit illustre une nouvelle fois – mais, malgré tout, peut-on être blasé par l’accumulation des témoignages sur l’abject ? – l’horreur du génocide, que l’on ressent ici d’autant plus que l’auteure décrit par quelques anecdotes l’intime de ses grands-parents, leur incompréhension, et tout ce qu’ils ont fait pour sauver leur fils qui, adopté, deviendra le père de l’auteure. Au passage, la partie la plus intéressante – qu’égoïstement j’aurais aimé voir davantage développée, car plus « originale », ce sont les relations qui se sont nouées entre les grands-parents et le couple qui va adopter le père (un curieux quatuor !). Note réelle 2,5/5.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Duelliste (Tabou)
La Duelliste (Tabou)

Dans la foulée de Thrace, et sur le même principe, Trif (au scénario et dessin) et Celestini (aux couleurs) se lancent dans un triptyque historique, dans une version « classique » chez Graph Zeppelin, et dans une version plus « adulte » chez Tabou. J’ai lu les deux versions du premier album, et les deux sont plaisantes à lire. Trif est un très bon dessinateur, et il reconstitue très bien le XVIIème siècle (décors et habits), avec toujours le souci d’employer un vocabulaire précis (traduction des termes en bas de pages). Les personnages sont très réussis et, pour ce qui est de cette série, les scènes érotiques sont sensuelles et agréables. Pour le moment c’est d'ailleurs plus érotique que véritablement porno (on est à la limite). Mon seul reproche serait que plusieurs dames se ressemblent un peu trop. Mais pour le reste, c’est visuellement très agréable. L’intrigue est assez bien ficelée. Une histoire de vengeance, des personnages qui se croisent et n’ont pour le moment pas livrer tous leurs secrets, le potentiel est intéressant. Avec des personnages manipulateurs (la plupart des protagonistes ne sont pas forcément celui ou celle qu’il semble être. A tout prendre le seul à ne rien cacher, c’est celui qui est le « pourri », noble coureur de jupons et excellent escrimeur, qui tue à tour de bras ceux qui ont l’inconscience de le défier en duel (il le fait parfois par amusement). Et la fille de l’une de ses victimes veut se venger, apprendre l’art de l’épée, pour le tuer en duel. Voilà donc notre « duelliste », qui possède, outre une forte personnalité, un charme indéniable – même si, pour le moment, c’est bien la seule de toutes les dames qui traversent l’album à ne pas en avoir usé ! Une série pour le moment agréable à lire et regarder, relativement rythmée, avec du potentiel. Et quelques scènes sensuelles. Je me verrais bien lui mettre une étoile de plus si la qualité se maintient. Note réelle 3,5/5. *********************** Rien de bien nouveau à ajouter après lecture du deuxième tome, si ce n'est que c'est encore une lecture plaisante, une série bien fichue. Trif joue toujours sur un dessin et quelques situations sensuels, sans jamais aller jusqu'au porno, ça reste encore assez soft. Mais toujours très agréable à l'oeil (la colorisation lumineuse de Celestini et le trait de Trif sont plutôt chouettes). Quant à l'histoire, comme j'avais déjà pu la lire dans la version Graph Zeppelin, elle continue à gagner en dramatisation, avec des secrets qui commencent à être dévoilés et à faire office de bombes à retardement au sein de la bonne société de cour. Du classique, très sympathique. J'attends la suite et fin avec impatience et plaisir.

03/06/2025 (MAJ le 24/01/2026) (modifier)