Les derniers avis (49540 avis)

Couverture de la série Remington
Remington

Remington et Grany Smisse, un maigrichon rusé et un bourrin un peu concon, tous deux fils de l'éminent Kouto Smisse le roi des roublards, acceptent un beau jour une mission de cambriolage d'apparence suicidaire qui aura des conséquences… poilues ? Si votre frère se retrouvait transformé en chat du jour au lendemain et que vos compagnons d'infortunes étaient restés blessés derrière vous, que feriez-vous ? Alliances, coups en traîtres, assassinats, corruption, propos sur la famille et l'attachement qu'on a aux autres, le tout saupoudré d'action à foison et même d'un chouïa de romance si on est sage. Bref, tous les éléments de ce genre de récit sont là. La formule n'est pas nouvelle et l'exécution ne prendra ici pas le moindre risque mais je dois avouer que la série n'est pas mal. Un petit défaut ? Allez ! La série ayant été publiée à l'origine en formats kiosques, elle s'était permise d'être découpée en trois arcs distincts, chacun de quatres chapitres et chacun dessiné par un artiste différent. De cette découpe il en découle un rythme finale… un peu bizarre ? Le premier arc et le plus vif, le plus classique aussi mais tout de même efficace. Le dessin d'Adrián est bon, son travail des expression et son découpage font mouche et, franchement, j'aurais été partante pour que toute la série soit dans ce style. Et puis vient le second, et c'est là que le bas blesse. Non seulement le dessin me semble détonner avec celui de la première partie mais en plus le découpage et la mise en scène de l'action me semblent complètement discordants avec le début de notre histoire. Le fait que cet arc soit aussi mine de rien très séparé du fil rouge unissant la première et la troisième partie n'aide pas. Si le projet avait été d'illustrer les diverses aventures des frangins pendant leur année de recherche j'aurais dans ce cas-là préféré plus de récits, plus de variations de tons, parce qu'au final on se retrouve avec une espèce de parenthèse un peu bizarre au milieu du récit. Le troisième et dernier arc revient sur l'esthétique et l'ambiance du premier, de nouveau centré sur les frangins et leur père, leurs potes laissés en plan et Ush Galesh, délicieux salopard opportuniste qui se révèle ici bien pensif. Le dessin de Julen Ribas se rapproche davantage de celui d'Adrián (en tout cas bien plus que celui de Dae Jin Kim), la mise en scène reste différente mais colle bien plus au récit que lors de la deuxième partie je trouve. La conclusion laisse un peu à désirer sur de nombreux points mais j'avoue qu'elle a su se montrer explosive et entraînante. En sommes une bonne histoire de filous et d'assassin, pas transcendante ou révolutionnaire mais tout de même divertissante, qu'il me fait plaisir d'enfin posséder dans son ensemble (Ankama nous faisant enfin cadeau d'une intégrale complète pour fêter ses 25 ans).

21/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série U-B-R
U-B-R

Entre découvertes des coutumes terriennes et rencontres avec ses nouveaux voisins, un extraterrestre au physique de gamin tout juste débarqué sur Terre va essayer de comprendre cet étrange monde qui est le notre tout en passant inaperçu. C'est une BD jeunesse plutôt sympa, pleine de situations loufoques. Elle est structurée en petites histoires, avec des rencontres et des expériences différentes qui permettent de multiplier les situations cocasses. C'est léger et souvent amusant, même si le concept finit parfois par tourner un peu en rond et manque d'un véritable fil conducteur ou d'un développement plus approfondi. Les enfants pourront facilement s'attacher à U-B-R et à ses proches, tandis qu'un adulte y trouvera quelques sourires grâce à un ton un peu pince-sans-rire et au décalage entre son regard innocent et nos propres travers. Le dessin est agréable, avec un trait simple, efficace, entre ligne claire et comics humoristique. Les personnages sont expressifs et l'ensemble dégage une bonne humeur. La mise en page, souvent en petites cases régulières, fonctionne bien pour le jeune public et rend la lecture très accessible. C'est une lecture sympathique pour les enfants, avec un héros attachant et quelques bonnes idées. Pour un adulte, c'est amusant et agréable à parcourir, mais cela reste une petite série jeunesse plaisante plus qu'un album réellement marquant.

21/07/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Mujina into the deep
Mujina into the deep

Manga fascinant et malaisant, Mujina into the deep ne laisse pas indifférent. Ce manga nous plonge dans une histoire de fuite et de perte des droits sociaux (des thématiques très actuelles comme en témoigne leur imprégnation dans les récents et décevants Les Marchés ou le tome 2 de Ils brûlent), dynamisée par une intrigue policière autour de tueurs à gages, assaisonnée de multiples thématiques sociétales (conditions de travail, pédophilie, ultramoderne solitude, réseaux sociaux et manipulation du récit sociétal, moralité/éthique de nos sociétés, etc.). L'ensemble est d'une grande ambition, peut-être trop pour le moment : certains développements et des thématiques sont vite mis de côté, oubliés par le récit au profit d'éléments volontiers plus racoleurs : une action exagérément débridée, une gratuite érotisation de l'intrigue (via des plans et cadrages malaisants), un humour régressif malheureusement maladroitement assaisonné. Si la richesse du récit demeure en l'état plus calorique que le plat réellement dans notre assiette, ce manga satisfait pleinement côté illustrations : cadrages dynamiques, contrastes de noir et blanc pertinents, grand soin apporté aux décors. Seuls quelques visages aux traits trop humoristiques et donc ces plans érotisants, gâchent le panorama, mais en ajoutant une distance malaisante intéressante dramatiquement puisque récupérée par l'intrigue pour créer un glauque assez original décrivant finalement assez bien la société dystopique imaginée par Asano. Ces deux premiers tomes prometteurs disposent d'assez d'éléments pour donner une belle ampleur au manga, en espérant que les travers énoncés n'achèvent pas de prendre le dessus sur une intrigue dont la ligne directrice peut encore fluctuer, que le divertissement ne l'emporte pas sur le récit au propos puissant et engagé.

21/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Belle et la Bête
Belle et la Bête

Bernet au dessin et Trillo au scénario, voilà deux auteurs qui a priori m’intéressent et qui, malgré une œuvre inégale, proposent généralement des choses originales et qui méritent largement le détour. Et je dois dire que cet album confirme tout cela, tant il sort de l’ordinaire – tout en utilisant pas mal de clichés de genre. Les deux auteurs mêlent ici pas mal de genres, dans lesquels ils ont pas mal donné ailleurs. Du polar, un zest d’érotisme, une dose d’absurde, et une louche d’humour – tendance décalé et noir. Le résultat est inégal. J’ai eu du mal à entrer dans cette histoire, un peu fouillis, je ne savais pas où voulaient en venir les auteurs. Puis, peu à peu, je m’y suis fait – y compris au bordel qui persiste, volontairement. Car s’il y a bien une trame scénaristique, si Trillo place un cadre guerre froide, avec lutte d’espions, au milieu d’une intrigue vaguement polar, s’il y a bien un vague clin d’œil tendance king-kongesque (voir la couverture) au mythe de la Belle et de la Bête, ce qui prédomine ici est l’humour. Car tout est surjoué, caricatural (même la pin-up – Belle donc – est insensible à la douleur, y compris lorsqu’un type la triture avec une aiguille, ou lorsqu’elle est torturée), dans les grandes lignes comme dans les détails. Trillo parodie les récits de genre, en y ajoutant un narrateur (lui-même en fait !) qui prend le lecteur à témoin, en critiquant certains traits du scénario ou des dialogues, en jouant sur de l’autodérision, etc. Belle pense à haute voix en commentant ses actions (lorsqu’elle séduit un type, couche avec lui, en appliquant à la lettre tous les conseils donnés par l’Actors studio ! Bernet n’est pas en reste. Son trait en Noir et Blanc colle parfaitement au récit, et Belle, en pin-up hyper sexy (on retrouve ici quelques accointances avec la Bang Bang imaginée par le même duo d’auteurs, dans une version plus « adulte »), la Bête en géant qui ne mesure pas sa force et détruit tout (voir le scène finale) ajoutent visuellement au loufoque du scénario de Trillo. Au final, ça n’est pas un chef d’œuvre. Mais la lecture est suffisamment plaisante pour que les amateurs du duo – mais pas seulement – y trouvent leur compte. C’est une lecture décalée, un peu foutraque et bordélique, mais rafraichissante.

21/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Cheyenne
Cheyenne

J’ai depuis très longtemps été intéressé, voire passionné par l’histoire et la culture amérindiennes, et j’ai lu énormément de choses sur le sujet. Et le sujet traité ici par Prugne est a priori quelque chose qui entre dans ce cadre : la destruction des tribus des plaines. Mais je suis sorti un chouia déçu de cette lecture – même si elle m’a globalement plu et si je recommande lecture et achat. Prugne s’intéresse aussi à la culture amérindienne depuis longtemps, mais la plupart de ses séries se déroulaient un siècle auparavant, centrées sur le XVIIIème siècle, au moment des guerres franco-anglaises, et autour des tribus des forêts de l’Amérique du Nord-est. Il change ici pour la première fois de cadre. Historique d’abord, puisque l’intrigue se situe au milieu des années 1860. Géographique et culturel ensuite, puisque l’intrigue se concentre essentiellement sur les Cheyennes, dans les grandes plaines du Colorado. Le cœur du récit (plutôt l’aboutissement, car en fait il n’est traité que tardivement, et assez rapidement), c’est le massacre de Sand Creek. Dans la longue lignée des actes odieux commis par les Blancs/Américains face aux tribus indiennes, ce massacre se pose (peut-être avec celui plus tardif de Wounded Knee) comme l’un des pires, n’ayant absolument aucune justification militaire, uniquement mu par le racisme, la bêtise, et l’envie de tuer ceux qui empêchent (ou semblent empêcher) l’accaparement de terres. Le massacre des Cheyennes dirigés par Black Kettle à Sand Creek a inspiré plusieurs œuvres. Au cinéma « Soldat bleu » directement, mais aussi « Little Big Man » (la scène terrible et poignante de l’attaque du village indien où la femme indienne de Dustin Hoffman meurt). En BD, Charlier et Giraud se sont inspirés de ce massacre dans leur superbe série Blueberry, dans l’album « Général tête jaune », et ça a été évoqué brièvement dans Little Big Horn, ou Indians !. Prugne s’est documenté, pour les faits et pour la culture indienne. En particulier les superbes photos de Curtis (plusieurs sont citées et « redessinées » dans le beau cahier graphique qui clôt l’album). Je ne serais pas étonné qu’il ait parmi ses sources le beau livre « Pieds nus sur la Terre sacrée » (au vu des citations amérindiennes en fin d’album – mais aussi pour les photos de Curtis). Un massacre connu donc en aboutissement de l’histoire, qui voit la tension monter, et qui montre aussi comment même lorsque certains officiers américains voulaient sincèrement bien traiter les Indiens (à nuancer toutefois, car bien les traiter pouvait consister à les amener dans des « réserves » !), les « décideurs » (soutenus par tous ceux qui voulaient s’emparer des terres – ce qui était le but réel et ultime, comme la citation de Red Cloud, reprise deux fois rappelle) sabotaient les accords passés avec les tribus indiennes. Prugne confirme ici la réalité, la quasi-totalité des accords/traités passés entre Indiens et Américains ont été respectés par les premiers, trahis par les seconds. Et la scène – avérée – du pauvre Black Kettle au pied de sa tente, avec le drapeau américain, persuadés que son pacifisme et la parole donnée suffisait à arrêter le massacre – est pathétique. Ironie de l’histoire, Black Kettle fera partie des rares survivants, mais il sera tué lors d’un autre massacre perpétré par les troupes de Custer quatre ans plus tard… Le dessin de Prugne, avec un très beau travail à l’aquarelle, est vraiment très chouette, agréable à l’œil, lumineux. Je regrette juste des visages parfois moins réussis (et reconnait que son dessin exprime sans doute plus de force pour représenter les sous-bois des forêts du Nord-Est que les grandes plaines). Concernant le récit lui-même, je l’ai trouvé intéressant, mais pas captivant. Le rythme est trop lent, l’intrigue manque de densité, et la plupart des personnages manquent aussi de personnalité. Prugne utilise comme personnage central un métis (qui a existé, Prugne s’est même inspiré du récit que celui-ci a écrit – très longtemps après les événements), mais ce personnage aurait lui aussi mérité d’être davantage développé. En fait, je pense qu’il aurait été préférable de développer une série en plusieurs tomes, pour mieux développer le contexte (depuis le traité de Laramie une douzaine d’années plus tôt), et la suite (peut-être jusqu’à la fin des années 1870 (en englobant la bataille de la Little Big Horn par exemple). Avec le dessin de Prugne, ça aurait été vraiment chouette, et surtout cela aurait permis de mieux poser les choses, d’équilibrer passages contemplatifs et fortes tensions : ça aurait satisfait l’amoureux des Indiens des plaines que je suis. Mais bon, en l’état, malgré ma relative déception (par rapport à de fortes attentes), c’est quand même un album intéressant, et très joli à regarder. Note réelle 3,5/5.

21/07/2026 (modifier)
Par Jypjpr
Note: 3/5
Couverture de la série L'Escadron bleu, 1945
L'Escadron bleu, 1945

Je suis tout à fait d'accord avec les deux précédents avis. Un album utile mais hélas confus dans lequel j'ai eu des difficultés avec les flashback qui se succèdent et s'entremêlent, sans indication de lieu ni de date, ce qui m'a perdu par moment ou du moins a rendu la lecture difficile. D'une manière globale, le graphisme est très agréable (je n'apprécie pas ces personnages qui ont des yeux sans pupille...) Je recommanderai de lire les pages historiques explicatives en début d'album car cela permettrait d'apporter de la clarté au récit. Dommage car cet album avait toutes les qualités pour une 4e étoile.

21/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Equator
Equator

Deux albums un peu oubliés dans la bibliographie de Dany, qui ne payent pas forcément de mine, mais qui se révèlent plutôt agréables à lire. Le dessin de Dany est plutôt chouette (j’ai bien aimé les personnages et les décors). Un trait semi réaliste qui m’a un peu fait penser (les décors de jungle m’y ont aidé – même si ici elle est africaine et pas asiatique) à celui de Conrad sur Les Innommables. Les aventures de Dereck (avec Caro, un amour platonique ?, personnage central du premier tome, secondaire du suivant) sont rythmées, poisseuses (Dany surjoue presque l’Afrique postcoloniale profonde), on ne s’ennuie pas, même si par contre il n’y a rien d’extraordinaire. Mais c’est du boulot bien fichu, dynamique et bien mis en images. Et Dany n’abuse pas des jolies filles – et celles que l’on voit (Caro par exemple) sont mignonnes, mais pas systématiquement dénudées ou en tenue sexy – même si dans le deuxième tome Dany semble avoir été davantage tenté d’user des personnages féminins (deuxième tome où la personnalité du héros est davantage creusée, on en apprend plus sur son passé). A noter qu’un troisième tome était annoncé (« Intikam »), mais n’a semble-t-il jamais paru. Les deux albums peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre. Des deux, je préfère un peu le premier (le second est parfois un peu trop bavard), mais l’ensemble se laisse lire agréablement, c’est de l’aventure africaine sympathique, pas prise de tête.

20/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Ignorants
Les Ignorants

Même si je ne suis pas un inconditionnel du trait d’Étienne Davodeau, je serai un peu moins sévère que Lodi. Je le rejoins toutefois sur un point essentiel : la bande dessinée étant l'alliance du texte et de l'image, le dessin se doit d'être à la hauteur du récit. Sur le plan graphisme, certains détails m'ont dérangé, à commencer par le rendu parfois hésitant des mains de certains personnages. En revanche, il faut reconnaître à l'auteur un véritable talent dans le découpage des scènes et la fluidité de la narration. Le concept de cette BD documentaire — un apprentissage croisé entre un vigneron de renom novice en BD et un auteur célèbre néophyte en œnologie — reste très original et peu commun. Malgré cela, je ne suis pas très friand de ce genre de récit pédagogique, qui devient à la longue un peu rébarbatif et manque d'évasion, si bien que j'ai mis du temps à le terminer. De plus, si l'apprentissage de la fabrication du vin est abordé de manière très détaillée et passionnante, le monde de la BD est plus en surface : Étienne Davodeau se contente d'organiser quelques rencontres et de citer des œuvres cultes, ce qui m'a un peu laissé sur ma faim. Je rejoins également certaines critiques soulignant l'absence de traitement dans l'ouvrage des difficultés rencontrées par les auteurs débutants. On peut faire le même constat pour le volet viticole : si le travail et les efforts des viticulteurs cités dans cette BD sont indéniables et ont fini par payer, on parle à présent de vignerons de renom dont les bouteilles avoisinent la centaine d'euros... On est bien loin de la réalité des petits viticulteurs qui se lancent ou qui ont du mal à écluser leurs stocks dans un secteur de plus en plus mondialisé et en concurrence. C'est dommage que cela ne soit pas également abordé. Il n'en reste pas moins que j'ai appris beaucoup de choses sur l’œnologie en général et plus particulièrement sur le processus de vinification. En sachant que travaillant moi-même dans l'environnement, j'étais déjà convaincu par l'intérêt de l'agriculture biologique et de la biodynamie pour préserver la vie des sols (et des rivières qui les drainent). En résumé : une BD au concept original et enrichissante, dont je ne conseille pas forcément l'achat mais idéale à emprunter en médiathèque ! SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6,5/10 NOTE GLOBALE : 13/20

20/07/2026 (modifier)
Couverture de la série Màlphas
Màlphas

Màlphas est fourbe, Màlphas est cruelle, Màlphas est assoiffée de pouvoir, Màlphas est ignoble. En un mot comme en cent, Màlphas est une excellente archidémone. Il ne lui manque qu'un tout petit détail de rien du tout : une place officielle au conseil des démons et la reconnaissance des ses paires. Problème, Lucifer (son mentor et père adoptif) n'est pas préteur, et comme c'est là son moindre défaut il décide d'éliminer sa rivale en puissance en l'envoyant dans une quête impossible en espérant qu'elle mourra en route. Quelle quête ? Retrouver la descendance du christ. Tout est là pour un récit bariolé et entraînant : la protagoniste éponyme abjecte en parfaite anti-héroïne, un chouïa d'humanisation sur certains de ses aspects (majoritairement son besoin de reconnaissance), la quête impossible promettant de nombreux passages absurdes et/ou comiques, un dessin vif et coloré, … Bref, le postulat est plus que bon. Le résultat est bon mais m'a tout de même un peu laissée sur ma faim, la faute à des dialogues pas aussi drôles que ce à quoi je m'attendais et un scénario qui, toujours intéressant dans son évolution, finit par se ramollir un peu (alors que l'intrigue queer me botte au plus haut point sur le papier). Je ne m'étendrais pas ici sur cette petite déception, le diptyque n'était pas encore fini et le défaut pas si grand que ça, mais tout de même : petite déception. Mais concentrons-nous sur le bon, voulez vous ! Il y a des démons extravagants, un propos queer (avec un personnage queer important en prime), un jeu amusant de temporalité - j'ai particulièrement aimé le jeu de flou temporel sur certains passages dans la première moitié - et une mise en scène qui, sans être révolutionnaire, reste fluide et entraînante. Intriguée par la suite.

20/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Extraordinaire Abécédaire de Zoé Marmelade
L'Extraordinaire Abécédaire de Zoé Marmelade

Un dimanche pluvieux, Zoé Marmelade ouvre un vieil abécédaire et se retrouve propulsée dans un univers où chaque lettre devient le point de départ d'une nouvelle aventure pleine de fantaisie, de jeux de mots et d'illustrations foisonnantes. Voilà un album bien singulier, difficile à faire entrer dans une case. Ce n'est ni vraiment une bande dessinée, ni complètement un abécédaire, ni simplement un livre d'illustrations. C'est un peu tout cela à la fois. Après une courte introduction en BD mettant en scène Zoé Marmelade et son caniche Nunuche, l'ouvrage adopte une mécanique originale : pour chaque lettre de l'alphabet, une page présente une phrase amusante composée d'un maximum de mots commençant par cette lettre, suivie d'une illustration pleine page imaginée par Marie Pommepuy pour la mettre en scène. Et lorsque l'inspiration est plus forte, cette simple phrase donne naissance à une histoire plus développée, tantôt en BD, tantôt sous la forme d'un texte illustré, toujours avec ce même plaisir des sonorités et des allitérations. J'ai apprécié ces phrases souvent drôles, et surtout le défi qu'elles représentent pour la dessinatrice. Certaines sont tellement absurdes ou loufoques qu'on se demande vraiment comment il est possible de les illustrer, et Marie Pommepuy s'en sort avec une imagination débordante. Son univers graphique, coloré et onirique, accompagne très bien ce festival de jeux de mots. Les histoires qui viennent ponctuer l'abécédaire sont, elles aussi, très fantaisistes, souvent poétiques, parfois proches du rêve ou du nonsense à la Lewis Carroll. Elles ne sont toutefois pas toutes du même niveau. J'ai par exemple aimé le spectacle de cirque organisé dans le château du doryphore dodu, inventif et amusant dans sa mise en scène. À l'inverse, l'épisode de la limace géante m'a semblé traîner beaucoup trop en longueur (ce qui est plutôt approprié pour une limace...). L'histoire dans le train se situe quelque part entre les deux : agréable à lire, mais sans susciter autant d'amusement. L'ensemble est donc un objet éditorial curieux, débordant de bonnes idées et d'inventivité. J'ai aimé son originalité, son humour, ses illustrations et cette manière de transformer un simple abécédaire en terrain de jeu littéraire et graphique. En revanche, son caractère très éclaté fait que l'intérêt varie selon les séquences. Certaines sont drôles et assez fascinantes, d'autres laissent plus perplexe.

20/07/2026 (modifier)