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Couverture de la série Terres d'Ynuma
Terres d'Ynuma

Pfff … encore une énième déclinaison de l’univers, d’un côté j’ai envie de sabrer un peu mais d’un autre je n’ai rien à dire de méchant. Ça va être même plutôt l’inverse. A défaut de surprises, je reconnais le savoir faire des auteurs dans le registre Fantasy. Avec les terres d’Ynuma, nous l’explorerons à la mode asiatique, au programme oni, yokai, samouraï, prêtre, honneur … mais aussi trolls, elfes, gobelins … Un mélange qui se marrie plutôt pas mal dans le cas présent. Un 1er tome efficace à tout point de vue, dans son récit, dans la mise en place de ce nouveau monde, dans sa réalisation … la recette est largement éprouvée mais elle continue de m’emporter. J’ai bien accroché avec notre héros rouge. L’intrigue est classique et linéaire, chasseurs de monstres style Okko, mais ça pose les bases et enjeux de ce nouveau monde sans lourdeur. Quoique je me demande encore comment ils vont le connecter avec celui d’Aquilon (et du coup Arran et Ogon). La petite et bonne surprise a été dans la construction de l’album, des chapitres qui rappellent des haïkus, et surtout la partie graphique soignée et détaillée de Vax. Je ne m’enthousiasme pas plus mais une belle entame de série pour les amateurs.

23/02/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Héros du peuple sont immortels - La Cavale de Gilles Bertin
Les Héros du peuple sont immortels - La Cavale de Gilles Bertin

Ce qui m'a attiré vers cette BD, c'est le fait qu'elle retrace la vie pour le moins étonnante du chanteur d'un obscur groupe de rock bordelais des années 80, forcément culte, qui, en ce qui me concerne, était jusqu'à présent complètement inconnu au bataillon. Il n'en fallu pas davantage pour me convaincre de repartir avec la chose sous le bras. Et c'est pas mal. Le dessin est plutôt cool, rappelant un peu le travail de Mezzo, à savoir un traitement "à l'américaine", y compris dans le traitement des couleurs. Le scénar est fluide même s'il manque globalement de souffle. Et puis perso, j'aurais aimé que ça cause un peu plus de musique. Je ne sais pas au juste ce que j'attendais, mais cette BD est vraiment centrée sur Gilles Bertin, le braquage de la Brinks, et son exil au Portugal. Le lecteur taquin fera à raison remarquer qu'en cela le titre ne trompe pas... Mais je ne sais pas, peut-être à cause de la personnalité insaisissable du chanteur... Ouais, je suis resté un peu sur ma faim... On tient là une bonne BD, un brin linéaire et convenue, mais qui offre l'avantage de raconter une histoire pas banale tout en exhumant un petit morceau de rock'n'roll.

23/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Autonomes
Autonomes

Il y a une erreur dans la base de données. Autonomes est le premier volume d'une série qui s'appelle Chroniques de fin de siècle. Le tome 2 est "Mourir à Creys-Malville" et le tome 3 Chooz. Je n'ai lu que les deux premiers tomes. Cette série de Bucquoy a de forts accents de phamplet d'extrême gauche. On ne sait jamais trop si c'est de l'art ou de la politique. La voix off est assez mal employée aussi, et nous tient trop à distance. Ce qui m'a le plus intéressé, c'est ce basculement d'un récit dystopique vers un récit post apocalyptique. Le dessin de Santi est superbe. Il se dégage une ambiance unique de ces pages et ça c'est assez rare. On a droit à pas mal de scènes très crues, le sexe et la violence sont utilisées dans une sorte d'immoralité assumée. Le personnage principal a les traits de Patrick Dewaere (on croise aussi Miou Miou, Depardieu, Philippe Leotard...) et je mentirai si je disais que ça ne m'avait pas aidé à rester dans l'histoire. C'est un hommage aux Valseuses qui avait cette même veine anarchisante. Bon là on a pas l'humour et le second degré qui va avec. Ce n'est vraiment pas pour tout le monde, il y a souvent à juste titre la mention "pour public averti" quand vous apercevez la bd sur un site de vente en ligne : concrètement Bucquoy légitime l'idée de l'attentat en tant qu'acte révolutionnaire. Pour aller encore plus loin, il faut savoir que celui-ci sera plus tard de la bande à Godin dans les "attentats" de tartes à la crème. C'est pour le reste assez figé dans une époque, mais c'est aussi pour moi un exemple dans ce que la bd adulte peut offrir de différent.

23/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Anibal Cinq
Anibal Cinq

Pas facile d'écrire un avis sur cette bande... Je vais m'expliquer. Anibal 5 est le fruit de la seconde collaboration entre Jodorowsky et Bess. La publication du lama blanc est déjà en cours quand le binôme démarre donc cette nouvelle série. Anibal 5 est un patchwork réussi d'action, de comédie et de SF. Le héros éponyme est une sorte de James Bond obsédé sexuel du futur, envoyé en mission à chaque fois qu'un grand méchant élabore un plan diabolique mettant en péril la terre et les humains. Il y aura quatre enquêtes en tout, 2 dans chaque tome. Le tome 1 est vraiment génial. Après ça dérape un peu... Disons juste qu'Anibal, pour vaincre le dernier méchant qui est une femen assez énervée, va littéralement l'enc... HA.Ha.ha... Amis de l'humour bonsoir. Bref il y a un humour noir assez misogyne dans cette bande qui aurait dû mal à passer aujourd'hui... Et je n'ai pas évoqué le boss d'Anibal qui est un vieux constamment en train de tripoter sa maîtresse androïde aux allures de lolita. Le dessin oscille entre le bon et le très bon, Bess propose un style inédit pour l'occasion qui fonctionne plutôt bien. Un troisième tome est annoncé en dernière page "la mère ventre de fer et ses momies romantiques" mais ne verra jamais le jour. Une bonne bd mais à recontextualiser avant lecture.

23/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Isis - Les Mystères dévoilés (Tabou)
Isis - Les Mystères dévoilés (Tabou)

J’avais découvert les deux auteurs avec l’album La Chair des dieux. Je les retrouve sur un projet une nouvelle fois lié à une divinité, mais celle-ci égyptienne (après les divinités nordiques). Le dessin de Winona est plutôt chouette (malgré quelques menus défauts pour certains visages). Cela ressemble à des crayonnés rehaussés à l’aquarelle. C’est parfois assez gras et chargé, tout en étant réellement très beau – mais cela peut sans doute surprendre et dérouter pas mal de lecteurs. Mais, comme pour La Chair des dieux, je me prends à penser qu’un travail uniquement en Noir et Blanc m’attirerait davantage encore (sa colorisation me satisfait clairement moins). Si dans la version plus « soft » publiée par Graph Zeppelin Winona jouait sur un dessin très sensuel, un érotisme latent, on a là plusieurs scènes plus qu’explicites. Là aussi la colorisation m'a un peu gêné. L’intrigue d’Emka est pour le moment un peu obscure, pas toujours facile à suivre. Il mêle vie des dieux et celle des Égyptiens. Mais, après tout, les deux étaient sans doute imbriquées, la frontière entre les deux univers était probablement moins claire que ce que nous pensons aujourd’hui. C’est ainsi qu’Emka propose à la fois une « biographie » d’Isis, mais aussi une vision quelque peu fantasmée, fantastique (ce dernier aspect est très présent), de l’Égypte ancienne. Une vision ésotérique, érotique et fantastique de l’Égypte antique qui sort des sentiers battus.

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série La Promesse de la Tortue
La Promesse de la Tortue

Le cadre est sympathique – les Antilles au milieu du XVIIème siècle – et propice au développement d’aventures rythmées. Surtout que l’intrigue, qui baigne dans une atmosphère de piraterie, s’éloigne en fait des clichés du genre. En effet, tout se déroule à terre, et il est plus questions de lettres de course que de piraterie à proprement parler : même si pirates et corsaires pouvaient être les mêmes en fonction des opportunités, il n’y a ici aucun acte de piraterie. Un jeune roturier ambitieux français (et protestant) devenu maître de l’île de la Tortue, Levasseur, doit se défendre de la prédation d’un gouverneur voisin, hautain (et catholique), mais aussi des Espagnols, qui cherchent à récupérer l’île et contrôler cette région. Au milieu de ces conflits plus ou moins larvés, des corsaires, boucaniers, débarquent plusieurs femmes, prostituées sorties des geôles royales pour devenir épouser et « fixer » des hommes dans cette colonie stratégique, sont envoyées là par Richelieu. Trois d’entre-elles se lient, et chacune dans un style différent, elles occupent le centre de l’intrigue. c'est la principale originalité dans cet univers d'avoir trois femmes comme personnages principaux. Le dessin et la colorisation sont plaisants, la narration est rythmée, utilise plutôt bien le contexte évoqué plus haut (même si les oppositions entre Catholiques et Protestants, qui effleurent ici parfois, ne sont finalement pas trop développées). Il faut quand même accepter quelques petites facilités. Les trois femmes sont sans doute plus jolies et jeunes que ce qui pouvait être envoyé des prisons vers le Nouveau monde. Et le fait d’avoir choisi trois beautés, une rousse, une blonde et une brune permet certes de les différencier aisément, mais ça fait un peu cliché. Que l’une d’entre elle devienne maître d’équipage pirate/corsaire est étonnant mais pas improbable, mais qu’elle le soit devenu aussi vite, sans aucune connaissance de la mer a priori est moins crédible. Enfin, si l’histoire se laisse lire très agréablement, j’ai été un peu déçu par la fin, que j’ai trouvée un peu trop facile et expédiée.

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Le Bal du rat mort
Le Bal du rat mort

Cette bande a un drôle d'historique. Entourée d'une aura d'oeuvre culte - assez relative car on parle d'une petite maison d'édition - elle est considérée aujourd'hui chez certains bedephiles comme un navet ou un nanar. J'ai trouvé que ce n'était ni l'un ni l'autre. J'ai simplement l'impression d'avoir lu un bon petit polar fantastique - et très rétro - où Freud s'invite à la table. Le dessin désuet de JF Charles renforce cette impression de mystère. Je suis sûr qu'un exemplaire du bal des rats morts traîne dans chaque vieille maison abandonnée. C'est une bd très sage si on compare avec les autres œuvres de Jean Bucquoy. Mais quelques indices traînent déjà ici et là, nous renseignant sur sa future évolution artistique. Je pense notamment à une superbe planche faisant toute la page et évoquant un tableau de Jérôme Bosch. C'est tout sauf un hasard, puisque le peintre faisait déjà entrer l'inconscient à l'intérieur de ses toiles. A lire pour se faire sa propre idée.

21/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Impact - Green War
Impact - Green War

Je ne connaissais pas le roman de Norek. Il participe à son adaptation, donc on peut supposer qu’il lui est resté fidèle. Disons que ça se laisse lire, plutôt agréablement. D’abord parce que l’intrigue thriller/polar est relativement dynamique. Ensuite parce que l’intrigue joue habilement des grands questionnements actuels, autour des conséquences de l’action humaine sur la planète (réchauffement climatique et ses conséquences), mais aussi du rôle des multinationales et des banques dans la fuite en avant au profit d’actionnaires assoiffés de bénéfices et aveugles aux conséquences – souvent immédiatement invisibles chez nous – de leurs décisions. C’est parfois outré, manichéen, mais on est embarqué et ça fonctionne globalement. Je ne suis par contre pas convaincu par l’apparente apathie des milieux d’affaires et leurs relais médiatiques et/politiques (voir le traitement – médiatique, politique, judiciaire – subis par les Gilets jaunes ou une organisation comme Extinction Rebellion) Par contre, autant les idées défendues et mises en avant – par-delà une certaine naïveté quant à leur diffusion dans les médias – m’ont intéressé, autant la conclusion, dans les dix dernières pages, m’a déçu. En effet, le soufflé retombe brutalement, c’est trop peu crédible en soi, et surtout, quand bien même ça le serait, l’échelle évoquée est tellement minuscule que cela ne changerait fondamentalement rien au désordre général combattu depuis des décennies (et les 120 précédentes pages). Enfin, j’ai bien aimé le dessin de Pontarolo. J’aime bien son travail en général. Et j’aime vraiment beaucoup sa colorisation. Une lecture plaisante.

20/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Frankenstein - Au nom du père
Frankenstein - Au nom du père

Si Marco Cannavo modifie quelques petits détails de l’histoire de Mary Shelley, il reste néanmoins relativement fidèle au récit d’origine, à son originelle noirceur, à son côté « drame antique » mâtiné de romantisme, avec ce destin implacable, cette machinerie funeste mise en branle par Frankenstein, une fois sa « créature » ramenée à la vie. Avec une économie de moyens, de dialogues, il nous présente un Frankenstein cherchant vengeance et rédemption, en poursuivant – jusqu’au bout du monde – celui qui a ruiné sa vie et celle de ses proches, qui lui a échappé. Sans être très prenant, le récit se laisse lire agréablement. Surtout que le dessin de Corrado Roi sort lui un peu plus des sentiers battus. En effet, son travail en Noir et Blanc, au lavis, donne un rendu quelque peu envoûtant. Il ajoute en tout au caractère désespéré et fantastique de la relation entre Frankenstein et sa créature. J’ai bien aimé ce travail graphique. En fin d’album, un dossier d’une vingtaine de pages de Marco Grasso reprend la création de Mary Shelley, mais aussi ses adaptations ultérieures (au cinéma en particulier, mais aussi en littérature), ce qui est un petit plus pour les lecteurs.

20/02/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Elric (Roy Thomas)
Elric (Roy Thomas)

J'avais déjà eu l'occasion de lire "La cité qui rêve" chez Arédit/Artima il y a fort fort longtemps. Un bon souvenir. Delirium nous propose la série complète (nous ne sommes qu'au troisième tome) dans un grand format avec de nombreux bonus très instructifs. C'est Roy Thomas qui adapte l'œuvre de Michael Moorcock, il avait déjà fait apparaitre le personnage central, Elric de Melniboné, dans Conan The Barbarian #14-15 en 1972, avec Barry Windsor-Smith au dessin, une représentation graphique qui n'avait pas plu à Moorcock, trop éloignée de celle décrite dans ses romans. Ce ne sera pas le cas dans ce Elric, la première adaptation en BD (je mets de côté celle de Druillet en 1971). Je vais commencer par faire un petit historique dans le foutoir des parutions VO. Roy Thomas et P. Craig Russell adapte le tome 3 en 1982 chez Marvel (Marvel Graphic Novel #2). Et en 1983 Elric #1-6 aidé de Michael Gilbert au dessin chez Pacific Comics repris dans les tomes 1 et 2. Puis en 1986/87 chez First Comics Elric-Weird-of-the-White-Wolf #1-5, en 1987 Elric: The Vanishing Tower #1 avec Jan Duursema au dessin et enfin en 1996/97 (sans Roy Thomas) chez Dark Horse Comics place à Elric-Stormbringer #0-7 pour les futurs tomes ? À noter que le numéro zéro de cette dernière série est une adaptation de Neil Gaiman... J'espère ne rien avoir oublié. Pour ces trois tomes Roy Thomas s'applique à retranscrire le souffle épique, la complexité des personnages et la dramaturgie des romans, c'est plutôt réussi malgré des textes qui font leur grand âge. Forcément, en si peu de planches il n'est pas facile de condenser plusieurs centaines de pages et cela se ressent lors de la lecture. Pour la partie graphique je vais dissocier les deux premiers tomes du troisième. Pour les deux premiers, c'est le binome P. Craig Russell et Michael Gilbert qui sont aux commandes pour un résultat moyen. L'encrage de George Freeman ne rend pas hommage aux crayonnés de Russell et Gilbert. Pour les couleurs c'est typé années 80. Pour le troisième tome, c'est P. Craig Russell qui s'occupe de tout, et boum changement de décor, un monde féerique s'ouvre à moi pour mon plus grand plaisir. Magnifique. Une série avec un petit goût vintage. Je suis preneur, étant moi-même un peu vintage. Un bon 3 étoiles.

20/02/2026 (modifier)