Le principal intérêt de cet album est de m'avoir fait connaître le personnage d'Ernst Hanfstaengl, qui a fait partie du premier cercle d'intimes et de soutiens d'Adolf Hitler. Un de ceux qui l'ont soutenu moralement et financièrement à ses débuts puis qui, peu à peu, s'est trouvé mis à l'écart, supplanté par d'autres personnages comme Goebbels ou Goering. Et qui a finalement fini oublié de tous loin de l'Allemagne.
Intéressant donc, mais pas hyper captivant. Car le personnage en lui-même n'est ni attachant ni charismatique. Il y a même plusieurs aspects pathétiques dans sa personnalité et dans sa destinée.
Et la narration - au demeurant plutôt aérée - n'est pas non plus très dynamique, ce qui freine quelque peu ma notation.
Un petit à côté de l'Histoire à re-découvrir à l'occasion.
Un album qui se laisse lire, qui possède une richesse certaine. Mais je n'ai pas vraiment accroché, et je n'y reviendrai pas.
Il y a beaucoup d'évocation, de symbolique dans ce récit, à commencer par le conte introductif. Des non dits, présentés sous forme de flash-backs, avec un passé douloureux au cours de la seconde guerre mondiale (j'ai par contre eu du mal à saisir ce qui était arrivé au père du héros Paul ?).
Mais les relations entre Paul et Clara, difficiles, chaotiques, m'ont laissé de côté. Je les ai suivies sans enthousiasme.
Je pense que les qualités du récit m'ont échappé, et que ça n'est pas ma came.
Note réelle 2,5/5.
Hubert n'a pas pu finir cette série, mais sa mort n'a pas été dommageable ici, car l'épilogue en fin de second tome - basé sur des discussions entre les deux auteurs - conclut de façon cohérente et plaisante l'histoire. On regrettera surtout toutes les bonnes histoires qu'il ne scénarisera plus.
Ici l'intrigue joue - de façon très simple - sur quelques idées fortes et précieuses : art/artisanat; La notion de chef d'œuvre ; ce que l'on peut/doit sacrifier pour "faire carrière "; La place des femmes dans la société, etc.
La narration est fluide, agréable, et Hubert construit son conte de façon classique, avec quelques passages édifiants - mais pas trop ( comme ces oiseaux et leur chant chassés de Solidor par le talent du héros, pourtant admirateur des volatiles).
Le second tome est plus dense, intrigue et personnages ont plus de consistance.
Une lecture plaisante donc, avec un dessin qui accompagne très bien le sujet.
Note réelle 3,5/5.
Un autre album témoignage à ne pas mettre dans toutes les mains. En effet, je ne pense pas que cela soit une bonne idée qu'une personne déjà dépressive lise l'album...en tout cas ce n'est pas à lire si on ne veut pas être confronté à des sujets graves comme le suicide.
L'autrice raconte sa vie, comment elle a fini dépressive et qu'elle a fini par essayer de ce suicider avant d'essayer de rendre sa vie meilleure. Il y a donc un message d'espoir qui se dégage de ce one-shot. Malgré tout, je n'ai pas trouvé que c'était un manga marquant. L'autrice montre sa vie de manière pudique, ce qui est un choix que je respecte vu que c'est sa propre vie et elle peut faire ce qu'elle veut, mais j'ai souvent eu la sensation qu'on allait trop vite. C'est notamment le cas vers la fin où elle semble aller mieux trop facilement. Elle écrit que c'est entre-autre parce qu'elle était entourée de gens qui la soutenaient, mais ça ne se voit pas trop dans le manga. Mais bon cela reste un bon manga et certains lecteurs risquent de se reconnaitre dans la vie de l'autrice.
Le dessin est pas mal, mais le fait que l'autrice représente elle et sa famille en panda dessinés de manière humoristique alors que tout le reste est dans un style plus réaliste donne un résultat un peu bizarre.
La liberté d'expression et la question : ses limites ? Une question universelle, parce qu'il faut bien dire qu'elle est plutôt large, au Japon, où il n'est pas interdit de commercialiser un livre de guide du suicide, contrairement à la France ! Mais l'auteur a bien raison de montrer ce qu'il advient dès lors qu'on rogne sur elle, au terme de pressions sur les auteurs, aux Etats-Unis, la bande dessinée s'est enfermée dans des histoire de superhéros. Le héros et sa création versus les obscurantistes ne s'avisant pas que la culture traditionnelle et vénérable du Japon est bien aussi violente et sexuelle que ce qu'on reproche à certains mangakas !
Le Japon me distraie décidément de nos problèmes franco-français… Parce que je me dis que on faisait une bd pour défendre la liberté d'expression même de gens niant le génocide subi par les Juifs ou d'autres choses du même genre, on ne pourrait pas prendre la censure avec une telle légèreté… A supposer qu'on maintienne des limites nées de ce soucis à l'origine des plus respectable, toute catégorie de victimes voudra pouvoir censurer au nom de l'égalité. Et au nom de la science défendue par l'Etat en Histoire, on pourrait passer à l'interdiction de douter du changement climatique, avec l'effet pervers d'augmenter les doutes, justement. La science, c'est la science, non, et le changement climatique peut nuire aux humains, non ?
Bref, un des problèmes de la censure est que même si elle se veut une exception, sa nature est de produire de l'autocensure dérivant dans la fin de la créativité comme on le voit dans la bd américaine enfermée dans les superhéros… Et puis, la censure a pour pente de devenir la règle, tout défenseur d'une communauté ou d'une vérité poussé à la mobiliser pour défendre ce qui lui tient à cœur. Il me semble que toute bd défendant ce genre de choses en appellera à la censure, toute bd montrant la création sera contre, alors…
Nimuë (ou Viviane, parfois) est le nom de la dame du lac, figure iconique de la légende arthurienne.
J'avoue ne connaître les légendes arthuriennes que de loin mais comme j'aime beaucoup les figures de fées et de sorcières dans les mythes et légendes je suis régulièrement attirée par des histoires tournant autour des figures de Morgane et de Nimuë, alors quand j'ai vu la couverture passer un jour sur le site (lors d'une énième chasse à la couverture mystère) je me suis dit que le style de dessin méritait au moins le coup d'oeil.
Ici on suit Nimuë, une jeune fille albinos (en tout cas à la peau et aux cheveux parfaitement blancs) amnésique qui fut recueillie il y a quelques années par une famille humaine. Je précise "humaine" car, comme on se doute très rapidement, Nimuë n'est pas humaine et son lien avec le monde magique va très rapidement la rattraper.
C'est une histoire très classique sur la destinée, sur une quête des origines, sur la famille un peu aussi. Ce côté trop classique est malheureusement le dêfaut du récit, car je n'aurais pas dit non à ce que l'histoire aille un peu plus loin, tente plus de choses. Je ne sais pas quoi, mais il n'empêche que l'histoire me parait un peu trop convenue une fois l'oeuvre refermée.
Si l'histoire est on ne peut plus classique elle n'en reste pas moins agréable à lire, et c'est en grande partie dû au dessin, qui sans être révolutionnaire est assez joli. J'apprécie notamment le travail des visages et les touches de bleu et de rouge traversant les cases dès lors que la magie entre en jeu, contrastant alors avec les teintes de marron et de gris qui habillent la majorité de l'oeuvre.
L'oeuvre est simple mais je ne regrette pas de l'avoir lue.
Je n'aurais pas dit non à un propos sur la figure de la sorcière, surtout pour un récit souhaitant aborder le lien entre le monde humain et le monde magique, mais comme l'histoire souhaite plus se concentrer davantage sur le monde magique je comprends le choix.
Une BD soit pour entrer dans Bilbo le Hobbit, par exemple pour un enfant, soit pour dériver rêveusement dessus quand on connaît l'histoire.. Bd peu dramatique ? Et alors ? Comme le montre le choix du pastel, la narration distancée, on est là pour rêver. Tolkien est si grand ! Parfois, en l'adaptant, certains n'en retiennent guère que le côté dramatique comme Peter Jackson, parfois, comme ici, que le côté rêveur. Oui, cette bd ressemble à un livre illustré dont elle a l'aspect ornemental, en tout de même un peu plus dramatique. Cela me convient, ceci dit le meilleur illustrateur de Tolkien me parait être l'inégalé Alan Lee, dont je garde précieusement le Seigneur des Anneaux qu'il a illustré.
2.5
À force de lire des documentaires traitant de l'écologie, j'ai l'impression que je commence à faire le tour du sujet.
Je n'ai pas l'impression d'avoir appris grand chose de nouveau (saviez-vous que les colons européens ont fait disparaitre le dodo ?) hormis dans la partie qui montre des projets utilisant la technologie pour sauver l'écologie. J'avoue que je suis toujours sceptique lorsqu'on nous vend des projets futuristes censés régler des problèmes, il faudrait carrément qu'on les bâtit et qu'on voit des résultats positifs pour que je sois enfin convaincu ! Au moins ce que l'on propose me semble un peu plus réaliste que certains projets de gros patron de Silicon Valley qui ont l'air de croire que Star Trek était une série documentaire.
Il y a une idée que j'ai bien aimé: Alice Desbiolles, qui a développé le concept d'éco-anxiété, se promène dans un musée avec son fils et se remémore lorsqu'enfant elle a pris conscience des problèmes écologiques lors d'une visite dans un musée. Sinon, cet album est un peu trop décousu pour moi et aussi le ton est un peu étrange. Parfois, c'est un peu enfantin comme si on s'adressait aux jeunes, mais il y a tellement de textes que je pense qu'un enfant risque de s'ennuyer et surtout de ne pas tout comprendre.
On a là un univers post apocalypse brut de décoffrage, terriblement déprimant.
Décors et action sont prenants, on entre de plain pied dans l'intrigue, qui mêle struggle for life sanglant (avec quelques groupes d'humains cannibales) et robots/IA, au milieu de ruines infinies.
Mais voilà, si la lecture est rapide et fluide, elle manque aussi de consistance. J'aurais voulu voir cet univers davantage développé ou expliqué, et l'intrigue moins linéaire.
A emprunter à l'occasion.
On a là une intrigue minimaliste, et des personnages, qui auraient sans doute gagné à être davantage creusés. De même, le manque de nuance, un certain manichéisme (en particulier autour de la bande de jeunes loubards, très « bêtes et méchants »), peuvent limiter quelque peu l’enthousiasme des lecteurs.
Mais, cela étant dit, c’est un album feel good qui se laisse lire, le sourire aux lèvres. Les deux SDF sont attachants, y compris quand ils s’engueulent, et on est prêt à accepter certaines facilités (voir la course poursuite avec les flics après le vol du poulet, ou le happy-end final), tant la narration – très aérée – nous transporte sur du positif.
Le dessin de Ratte est aussi pour beaucoup dans le ressenti général. Dynamique et fluide, agréable, il colle parfaitement au ton joyeux et sucré de l’ensemble.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Putzi
Le principal intérêt de cet album est de m'avoir fait connaître le personnage d'Ernst Hanfstaengl, qui a fait partie du premier cercle d'intimes et de soutiens d'Adolf Hitler. Un de ceux qui l'ont soutenu moralement et financièrement à ses débuts puis qui, peu à peu, s'est trouvé mis à l'écart, supplanté par d'autres personnages comme Goebbels ou Goering. Et qui a finalement fini oublié de tous loin de l'Allemagne. Intéressant donc, mais pas hyper captivant. Car le personnage en lui-même n'est ni attachant ni charismatique. Il y a même plusieurs aspects pathétiques dans sa personnalité et dans sa destinée. Et la narration - au demeurant plutôt aérée - n'est pas non plus très dynamique, ce qui freine quelque peu ma notation. Un petit à côté de l'Histoire à re-découvrir à l'occasion.
Le Rire de l'ogre
Un album qui se laisse lire, qui possède une richesse certaine. Mais je n'ai pas vraiment accroché, et je n'y reviendrai pas. Il y a beaucoup d'évocation, de symbolique dans ce récit, à commencer par le conte introductif. Des non dits, présentés sous forme de flash-backs, avec un passé douloureux au cours de la seconde guerre mondiale (j'ai par contre eu du mal à saisir ce qui était arrivé au père du héros Paul ?). Mais les relations entre Paul et Clara, difficiles, chaotiques, m'ont laissé de côté. Je les ai suivies sans enthousiasme. Je pense que les qualités du récit m'ont échappé, et que ça n'est pas ma came. Note réelle 2,5/5.
Le Boiseleur
Hubert n'a pas pu finir cette série, mais sa mort n'a pas été dommageable ici, car l'épilogue en fin de second tome - basé sur des discussions entre les deux auteurs - conclut de façon cohérente et plaisante l'histoire. On regrettera surtout toutes les bonnes histoires qu'il ne scénarisera plus. Ici l'intrigue joue - de façon très simple - sur quelques idées fortes et précieuses : art/artisanat; La notion de chef d'œuvre ; ce que l'on peut/doit sacrifier pour "faire carrière "; La place des femmes dans la société, etc. La narration est fluide, agréable, et Hubert construit son conte de façon classique, avec quelques passages édifiants - mais pas trop ( comme ces oiseaux et leur chant chassés de Solidor par le talent du héros, pourtant admirateur des volatiles). Le second tome est plus dense, intrigue et personnages ont plus de consistance. Une lecture plaisante donc, avec un dessin qui accompagne très bien le sujet. Note réelle 3,5/5.
Utsupan - Quand je ne pensais qu'à disparaitre
Un autre album témoignage à ne pas mettre dans toutes les mains. En effet, je ne pense pas que cela soit une bonne idée qu'une personne déjà dépressive lise l'album...en tout cas ce n'est pas à lire si on ne veut pas être confronté à des sujets graves comme le suicide. L'autrice raconte sa vie, comment elle a fini dépressive et qu'elle a fini par essayer de ce suicider avant d'essayer de rendre sa vie meilleure. Il y a donc un message d'espoir qui se dégage de ce one-shot. Malgré tout, je n'ai pas trouvé que c'était un manga marquant. L'autrice montre sa vie de manière pudique, ce qui est un choix que je respecte vu que c'est sa propre vie et elle peut faire ce qu'elle veut, mais j'ai souvent eu la sensation qu'on allait trop vite. C'est notamment le cas vers la fin où elle semble aller mieux trop facilement. Elle écrit que c'est entre-autre parce qu'elle était entourée de gens qui la soutenaient, mais ça ne se voit pas trop dans le manga. Mais bon cela reste un bon manga et certains lecteurs risquent de se reconnaitre dans la vie de l'autrice. Le dessin est pas mal, mais le fait que l'autrice représente elle et sa famille en panda dessinés de manière humoristique alors que tout le reste est dans un style plus réaliste donne un résultat un peu bizarre.
Poison City
La liberté d'expression et la question : ses limites ? Une question universelle, parce qu'il faut bien dire qu'elle est plutôt large, au Japon, où il n'est pas interdit de commercialiser un livre de guide du suicide, contrairement à la France ! Mais l'auteur a bien raison de montrer ce qu'il advient dès lors qu'on rogne sur elle, au terme de pressions sur les auteurs, aux Etats-Unis, la bande dessinée s'est enfermée dans des histoire de superhéros. Le héros et sa création versus les obscurantistes ne s'avisant pas que la culture traditionnelle et vénérable du Japon est bien aussi violente et sexuelle que ce qu'on reproche à certains mangakas ! Le Japon me distraie décidément de nos problèmes franco-français… Parce que je me dis que on faisait une bd pour défendre la liberté d'expression même de gens niant le génocide subi par les Juifs ou d'autres choses du même genre, on ne pourrait pas prendre la censure avec une telle légèreté… A supposer qu'on maintienne des limites nées de ce soucis à l'origine des plus respectable, toute catégorie de victimes voudra pouvoir censurer au nom de l'égalité. Et au nom de la science défendue par l'Etat en Histoire, on pourrait passer à l'interdiction de douter du changement climatique, avec l'effet pervers d'augmenter les doutes, justement. La science, c'est la science, non, et le changement climatique peut nuire aux humains, non ? Bref, un des problèmes de la censure est que même si elle se veut une exception, sa nature est de produire de l'autocensure dérivant dans la fin de la créativité comme on le voit dans la bd américaine enfermée dans les superhéros… Et puis, la censure a pour pente de devenir la règle, tout défenseur d'une communauté ou d'une vérité poussé à la mobiliser pour défendre ce qui lui tient à cœur. Il me semble que toute bd défendant ce genre de choses en appellera à la censure, toute bd montrant la création sera contre, alors…
Nimuë
Nimuë (ou Viviane, parfois) est le nom de la dame du lac, figure iconique de la légende arthurienne. J'avoue ne connaître les légendes arthuriennes que de loin mais comme j'aime beaucoup les figures de fées et de sorcières dans les mythes et légendes je suis régulièrement attirée par des histoires tournant autour des figures de Morgane et de Nimuë, alors quand j'ai vu la couverture passer un jour sur le site (lors d'une énième chasse à la couverture mystère) je me suis dit que le style de dessin méritait au moins le coup d'oeil. Ici on suit Nimuë, une jeune fille albinos (en tout cas à la peau et aux cheveux parfaitement blancs) amnésique qui fut recueillie il y a quelques années par une famille humaine. Je précise "humaine" car, comme on se doute très rapidement, Nimuë n'est pas humaine et son lien avec le monde magique va très rapidement la rattraper. C'est une histoire très classique sur la destinée, sur une quête des origines, sur la famille un peu aussi. Ce côté trop classique est malheureusement le dêfaut du récit, car je n'aurais pas dit non à ce que l'histoire aille un peu plus loin, tente plus de choses. Je ne sais pas quoi, mais il n'empêche que l'histoire me parait un peu trop convenue une fois l'oeuvre refermée. Si l'histoire est on ne peut plus classique elle n'en reste pas moins agréable à lire, et c'est en grande partie dû au dessin, qui sans être révolutionnaire est assez joli. J'apprécie notamment le travail des visages et les touches de bleu et de rouge traversant les cases dès lors que la magie entre en jeu, contrastant alors avec les teintes de marron et de gris qui habillent la majorité de l'oeuvre. L'oeuvre est simple mais je ne regrette pas de l'avoir lue. Je n'aurais pas dit non à un propos sur la figure de la sorcière, surtout pour un récit souhaitant aborder le lien entre le monde humain et le monde magique, mais comme l'histoire souhaite plus se concentrer davantage sur le monde magique je comprends le choix.
Bilbo le Hobbit
Une BD soit pour entrer dans Bilbo le Hobbit, par exemple pour un enfant, soit pour dériver rêveusement dessus quand on connaît l'histoire.. Bd peu dramatique ? Et alors ? Comme le montre le choix du pastel, la narration distancée, on est là pour rêver. Tolkien est si grand ! Parfois, en l'adaptant, certains n'en retiennent guère que le côté dramatique comme Peter Jackson, parfois, comme ici, que le côté rêveur. Oui, cette bd ressemble à un livre illustré dont elle a l'aspect ornemental, en tout de même un peu plus dramatique. Cela me convient, ceci dit le meilleur illustrateur de Tolkien me parait être l'inégalé Alan Lee, dont je garde précieusement le Seigneur des Anneaux qu'il a illustré.
Le Meilleur des deux mondes
2.5 À force de lire des documentaires traitant de l'écologie, j'ai l'impression que je commence à faire le tour du sujet. Je n'ai pas l'impression d'avoir appris grand chose de nouveau (saviez-vous que les colons européens ont fait disparaitre le dodo ?) hormis dans la partie qui montre des projets utilisant la technologie pour sauver l'écologie. J'avoue que je suis toujours sceptique lorsqu'on nous vend des projets futuristes censés régler des problèmes, il faudrait carrément qu'on les bâtit et qu'on voit des résultats positifs pour que je sois enfin convaincu ! Au moins ce que l'on propose me semble un peu plus réaliste que certains projets de gros patron de Silicon Valley qui ont l'air de croire que Star Trek était une série documentaire. Il y a une idée que j'ai bien aimé: Alice Desbiolles, qui a développé le concept d'éco-anxiété, se promène dans un musée avec son fils et se remémore lorsqu'enfant elle a pris conscience des problèmes écologiques lors d'une visite dans un musée. Sinon, cet album est un peu trop décousu pour moi et aussi le ton est un peu étrange. Parfois, c'est un peu enfantin comme si on s'adressait aux jeunes, mais il y a tellement de textes que je pense qu'un enfant risque de s'ennuyer et surtout de ne pas tout comprendre.
Poussière d'os
On a là un univers post apocalypse brut de décoffrage, terriblement déprimant. Décors et action sont prenants, on entre de plain pied dans l'intrigue, qui mêle struggle for life sanglant (avec quelques groupes d'humains cannibales) et robots/IA, au milieu de ruines infinies. Mais voilà, si la lecture est rapide et fluide, elle manque aussi de consistance. J'aurais voulu voir cet univers davantage développé ou expliqué, et l'intrigue moins linéaire. A emprunter à l'occasion.
Whisky (Duhamel/Ratte)
On a là une intrigue minimaliste, et des personnages, qui auraient sans doute gagné à être davantage creusés. De même, le manque de nuance, un certain manichéisme (en particulier autour de la bande de jeunes loubards, très « bêtes et méchants »), peuvent limiter quelque peu l’enthousiasme des lecteurs. Mais, cela étant dit, c’est un album feel good qui se laisse lire, le sourire aux lèvres. Les deux SDF sont attachants, y compris quand ils s’engueulent, et on est prêt à accepter certaines facilités (voir la course poursuite avec les flics après le vol du poulet, ou le happy-end final), tant la narration – très aérée – nous transporte sur du positif. Le dessin de Ratte est aussi pour beaucoup dans le ressenti général. Dynamique et fluide, agréable, il colle parfaitement au ton joyeux et sucré de l’ensemble.