Marcel Labrume

Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)

Angoulême 1984 : Alfred du meilleur album pour le second tome Dans les pas d'un gars pas très net pendant la seconde guerre mondiale...


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Angoulême : récapitulatif des séries primées Auteurs Italiens Journalistes Maghreb Proche et Moyen-Orient [Seconde Guerre mondiale] Les Campagnes d'Afrique et de Moyen-Orient

Petit journaleux combinard, Marcel Labrume est allé à Beyrouth en 1940 se refaire une virginité, dans le milieu des coloniaux arrogants, racistes et antisémites et c'est là que son chemin croisera celui d'une belle et jeune milliardaire poursuivie par les services de la Gestapo. On le retrouvera aussi en Lybie, au moment où Rommel commence son avancée victorieuse dans les sables du désert... Marcel bascule dans le bon camp, la morale est-elle sauve ?

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Février 1983
Statut histoire Une histoire par tome (série terminée) 2 tomes parus
Couverture de la série Marcel Labrume
Les notes (4)
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27/10/2009 | Spooky
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Par roquier83
Note: 4/5

Excellente BD De mon avis superbe BD à conseiller, j’ai passé un agréable moment à la lecture de ses 2 tomes compilés dans l’album aux éditions Mosquito. Le contexte historique est éclairé en avant propos de chaque histoire ce qui permet un bref rappel des positions militaires de l’époque dans cette partie du monde. Dans le premier tome Marcel Labrume (le Beau Gosse) doit exfiltrer un juif vers la Palestine, ceci pour les beaux yeux d’une Américaine (La belle Blonde). Le récit est un peu confus sur le départ mais très vite les personnages se mettent en place. Marcel navigue dans cette partie de la Syrie sous administration française, entre des français Pétainiste, des français Gaulliste, la Gestapo, l’armée allemande. Dans le Second tome, à la recherche du temps perdu, on retrouve notre beau gosse dans un autre lieu, Libye-Tunisie Tobrouk, toujours en cavale, un peu 007, un peu paumé, un peu amoureux, dans une zone contrôlée par les italiens. Parti d’un camion volé aux italiens, de nombreuses péripéties pour rejoindre Tobrouk. Tout est très bien dessiné, les portraits sont finement détaillés, les décors sont très réalistes, le rendu en noir et blanc est excellent, très joli coup de crayon de Micheluzzi qui maîtrise parfaitement son dessin .

15/04/2014 (modifier)
Par MONTANE
Note: 4/5

Mais qui est donc ce Labrume ? Un journaliste supposé qui a fait le pari de l'échec des Alliés pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui part se mettre a l'abri au Proche-Orient, notamment au Liban dans une région placée sous la tutelle des Francais et des Anglais. Certes, il ne semble guère avoir de morale mais Marcel Labrume aime les femmes ; et que ne ferait-on pas pour l'amour d'une femme ? Dans le 1er volume, il tombe amoureux d'une belle Américaine et l'aide a extrader un vieux juif, poursuivi par la Gestapo vers la Palestine. Dans le second, il prend fait et cause pour une prostituée italienne, qui est également une espionne au service des Alliés. Ce Labrume n'est donc pas si détestable que cela, et il s'engage d'ailleurs dans les forces armées alliées qui luttent en Lybie contre les forces germano-italiennes conduites par Rommel. La narration du second volume explique sans doute pourquoi cet album a obtenu le prix du meilleur album étranger à Angoulème en 1983. En effet, si le récit du 1er tome nous était conté par le personnage lui même grâce à des "off", le second tome est narré par Micheluzzi qui n'hésite pas à interpeler son héros et le renvoyer à ses turpitudes. Labrume n'hésite d'ailleurs pas à lui répondre au cours de sa course poursuite engagée contre les forces Italiennes. Après avoir échappé à la mort dans une explosion, Labrume tente d'échapper aux forces italiennes pour rejoindre Tobrouk dans le second tome. Cette histoire fera le bonneur des fans d'Hugo Pratt, dont je fais partie et des amateurs du noir et blanc que Micheluzzi maitrise superbement. A la lecture de cet album, on ne peut en effet s'empêcher de penser aux Scorpions du désert et aux récits de guerre du créateur de Corto Maltese. Remercions donc les éditions Mosquito pour cette réédition dédiée aux amateurs de BD exigeante et de qualité.

17/05/2010 (modifier)

Je suis déçu par ce diptyque. L’auteur est parfaitement documenté et semble maîtriser le contexte historique complexe. Son dessin est en outre relativement inspiré. Par contre, le récit ne m’a pas du tout passionné. Et les voix off sont… bizarres ! Le premier tome ne vaut franchement pas plus de 1,5/5. Le second opus est un cran au-dessus, mais cela reste très moyen : 2,5/5. Si les ingrédients « auteur italien », « contexte historique fouillé », « seconde guerre mondiale » et « Afrique » vous attirent, sachez que Pratt a fait bien mieux avec Les scorpions du désert !!!

05/04/2010 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
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Ah voilà une réédition qui tombe à pic ! Marcel Labrume fut primé au festival d'Angoulême en 1984, et les deux tomes édités en 1983 par les Humanos étaient depuis longtemps introuvables. Fortes d'une déjà belle histoire d'amour avec l'oeuvre du maître italien, les Editions Mosquito ont décidé de rendre cette oeuvre à nouveau disponible. Dotée d'une nouvelle traduction, d'un nouveau scannage des planches originales, l'intégrale qui vient de sortir propose donc un bel objet, à même de ravir les amateurs d'aventures exotiques et guerrières. Marcel Labrume est un journaliste qui ne fait pas de reportage, mais essaie plutôt de passer entre les gouttes de la seconde guerre mondiale. Il espère qu'en s'exilant au Proche-Orient, puis en Lybie, il pourra y échapper ; mais non, hélas ! Doté d'un dessin d'un grand classicisme, le héros est tout sauf un enfant de choeur, encore moins un homme sûr de ses convictions, on est loin du cliché du bel aventurier au coeur d'or. Comme le dit Micheluzzi lui-même, Marcel est un homme qui attire avec son potentiel de séduction un peu perverse, par son statut de personnage trouble, sans idéal, totalement immergé dans son abominable égoïsme. Un personnage plein de contradictions donc, balancé dans les soubresauts d'une belle saloperie, une guerre qui fera le vide autour de lui, alors qu'il n'aspire qu'à s'échapper de tout ça. Marcel le mérite-t-il ? C’est un personnage égoïste, brutal, grossier, violent... Mais il est à l'image du monde qui s'agite autour de lui, un monde en plein chaos, avec des gens très différents qui s'affrontent au bout du monde, pour des idéaux qui les dépassent... Marcel disparaît à la fin du premier tome (il ne meurt pas), mais à la demande générale des lecteurs de l'époque, Micheluzzi le fera revenir dans un second tome, plus classique dans son déroulement et ses thématiques. Je l'ai dit, Micheluzzi fait preuve dans cette oeuvre, peut-être son apogée, d'une belle maîtrise du dessin classique, directement hérité de Milton Caniff, dont il a bien digéré l'influence, et qui lui permet de s'exprimer dans un noir et blanc parfois somptueux, dans des cases propres (contrairement à l'édition française originale). La documentation technique est de tout premier choix, puisque tout, y compris les mitrailleuses et les voitures des années 1940, est criant de vérité. Je ne suis pas trop preneur des récits guerriers et/ou historiques. Pourtant le vrai sujet de ce diptyque est ailleurs, puisqu'il est construit comme un polar, noir, dramatique. L’atmosphère, le déroulement de l'histoire, le bad guy, la pépée blonde qui surgit comme un météore dans la vie de Marcel, tout ressemble à s'y méprendre à un polar des années 1940/50, du moins dans la première partie, la seconde, bien que dramatique, ressortissant plus aisément du genre "aventures historiques". Au final, j'ai lu une grande série, qui fait indubitablement partie des classiques de la bande dessinée européenne de par la qualité de sa narration, le soin apporté aux ambiances et aux cadrages magnifiés par le noir et blanc, mais par laquelle je n'ai pas été très touché, étant assez peu sensible à ce genre d'histoire (Corto Maltese me gonfle prodigieusement, par exemple).

27/10/2009 (modifier)