ATYPIQUE !
Il va m'être difficile de parler de cette BD tant elle sort des sentiers battus et tant chacun en fera son interprétation (ou pas). Ce qui est certain c'est qu'elle ne laissera pas indifférente.
Un album où vont se succéder de petits récits autoporteurs mais formant un ensemble cohérent par les thèmes évoqués. Autre particularité, il n'y a pas de personnage principal, c'est le vivant qui tiendra ce rôle.
Jérémie Gasparutto nous guide sur différents chemins où le texte se fait rare, il est souvent énigmatique, parfois poétique et d'autre fois hermétique. Chacun en fera son interprétation. Personnellement j'y ai surtout vu une introspection sur nos peurs de l'inconnu, une reconnexion avec la nature et de s'ouvrir aux autres. Il veut faire tomber les remparts qui nous emprisonnent dans une société individualiste qui va à mille à l'heure.
Un album avec une patte graphique indéniable, elle permet une immersion dans cet environnement entre rêve et réalité. La narration s'appuie énormément sur la mise en page de Gasparutto pour cette expérience sensorielle.
Du très bon travail.
Je tiens à souligner le travail éditorial de qualité, comme toujours, pour le label 619.
Que dire en conclusion... Pas totalement séduit mais pas totalement réfractaire.
Un OVNI.
Je viens de finir la lecture de cette bande dessinée dans Spirou, j'avoue ne pas l'avoir relu d'affilée, donc peut-être me manque-t-il une petite vue d'ensemble. Néanmoins, je peux affirmer sans conteste que la lecture est très plaisante ! Le dessin de Dalena est efficace, plein de douceur et d'élégance. Son trait correspond parfaitement au graphisme d'une série jeunesse dont le public peut être élargi sans problèmes.
Le scénario de Lapuss' est soigné également. Il prend le temps de bien poser son univers avant d'embrayer sur l'action, ce qui m'a favorablement étonné. À la lecture hebdomadaire de Spirou, cela veut dire qu'on a dû attendre plus de 2 numéros avant d'avoir l'impression que l'action commençait enfin. Cela m'a favorablement étonné car j'aime ces bandes dessinées (cela vaut aussi pour les séries télévisées) qui résistent à la tendance de tout de suite plonger le lecteur à fond dans l'action, en bâclant la phase de présentation de l'univers et des personnages. Ici, Lapuss' fait tout dans l'ordre, et tant pis si le lecteur décroche dans les premières pages. On sent que le scénariste est suffisamment sûr de ses bases pour se permettre de prendre son temps. Un très bon point pour cet album, donc.
Quant à l'histoire globale, il faudra de toute façon attendre la suite pour en savoir plus et en dire davantage. Ce premier tome constitue en tous cas une exposition très solide, et il y a de quoi développer une suite tout à fait convaincante. C'est pourquoi je reste à 3 étoiles, la série n'ayant pas totalement fait ses preuves, mais je pourrais facilement monter au-dessus, si la suite exploite tout le potentiel de cet univers.
En tous cas, ça me paraît une excellente série jeunesse, bien écrite, bien dessinée, aux promesses alléchantes. Croisons les doigts que les auteurs n'en gâchent rien !
C'est déjà mieux que Little Ego qui m'était tombé des mains.
Ici Giardino nous raconte des histoires d'adultères qui tournent souvent au crime.
Sur le 4eme plat de couverture, Le Monde nous vend ces intrigues comme étant à la croisée des influences d'Alberto Moravia et d'Umberto Eco, rien que ça. Je n'ai pas assez lu ces auteurs pour confirmer.
Il n'empêche, passé les deux premiers récits qui inaugurent cette bande et qui sont très anecdotiques, un vrai charme s'opère. On reconnaît alors la patte d'un auteur qui nous dépeint toujours le même profil de personnages et qui semble nous dire : "il n'y a pas d'innocent, il n'existe que des coupables".
Et puis Giardino était un grand dessinateur et on n'est pas déçu à ce niveau, je garde en souvenir notamment la nouvelle qui se passe à Venise et qui est particulièrement soignée.
A découvrir.
Le premier cycle de cette série sur les mondes d'Aldébaran m'avait laissé un super souvenir quand je l'ai lu ado, mais en la relisant des années plus tard quelques points me chagrinent. C'est malgré tout une bonne série, qu'il faut replacer dans le contexte des années 90.
Je comprends la critique sur le manque de diversité des ethnies représentées (issues de la terre) ainsi que sur les expressions faciales des personnages mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangé. Après tout, les d'occidentaux n'auraient-ils pas pu lancer cette expédition et donc envoyé en priorité des occidentaux avec une plus forte proportion de personnes caucasiennes ?
Cependant ce qui me chagrine le plus est le manque de diversité dans les corps ; des gentils, beaux comme des dieux sur qui tout le monde veut sauter et des méchants aux traits de méchants, trop sérieux ou bedonnants. Les corps sont tous les mêmes, interchangeables, fantasmés : des femmes avec des énormes seins bien fermes (que l'on voit beaucoup trop), des ventres plats, des belles hanches et des jambes fines, des hommes aux corps d'athlètes et aux traits anguleux ...
Les personnages, surtout les femmes, sont très sexualisées, les seins toujours bien moulées, se trimballant souvent en culottes. A peine un homme rencontre un femme ou inversement qu'ils doivent coucher ensemble/être en couple... c'est trop. Surtout que Kim à 13 ans dans le premier tome et est à deux doigts de coucher avec un homme. Puis à 17 ans elle couche avec Marc qui en a 21. Son âge m'a dérangé. Elle est trop mature pour avoir 13 ans, et son rôle est plus celui d'une jeune femme que d'une gamine.
C'est pour moi le gros point noir de cette série, sinon j'ai été transportée dans cet univers fantastique avec une faune et une flore bien imaginée et qui sert un beau récit d'aventure.
La fin est un poil trop facile à mon goût avec une épilogue digne d'un Disney.
C'est une histoire assez longue sur la vie d'un humanitaire dans une ONG au coeur de l'Afghanistan au début des années 2000. A vrai dire on a un peu de mal à se rendre compte de la réalité de son travail à part rencontrer des gens, faire en sorte qu'ils s'entendent sur tel ou tel projet pour leur village.
On se situe post attentats du 11 Septembre, c'est un pays à la population jeune qui ne connait que le conflit depuis l'invasion soviétique de la fin des années 1970. Les gens survivent plus qu'ils ne vivent dans un pays figé sans grande trace du progrès. Pas de loisirs, et certains habitants sont très isolés dans les montagnes. On voit des vieillards alors que les hommes ont 40 ans... Le pays est le refuge des produits de consommation périmés que les autres ne veulent pas.
La poussière, des paysages arides, tout cela est bien rendu par le dessin noir et blanc assez épuré. L'album contient plusieurs chapitres sur différents points de la société afghane, parfois comique et pleine de paradoxe. Sur les relations homme femme par exemple, la question du voile et de la burqa, les jeunes hommes draguent notamment à Kaboul, mais pour leur mariage ils ne veulent pas une femme "délurée" qui accepte d'aller manger une glace. Non il leur faut une femme "pure", un objet en réalité tant elle ne peut rien faire sans l'aval d'un homme. Les femmes sont d'ailleurs vendues très jeunes en échange d'une dot qui est bienvenue dans un pays très pauvre.
Un bon travail d'édition des Requins Marteaux avec ce livre épais. Néanmoins je relève plusieurs fautes d'orthographe notamment dans une page d'intertitre (ascène au lieu d'ascèse...), horripilant. Et surtout mais ce n'est pas du fait de l'éditeur la position des accents dans le lettrage est beaucoup trop décalée des lettres. C'est sans doute pour donner un style mais énervant à la lecture.
Il y a un chapitre un peu plus long que les autres où un homme raconte son long et coûteux périple pour tenter de rejoindre l'Angleterre. Il serait intéressant de savoir ce qu'il en est de ce pays 20 ans après, sans doute pas mieux voire pire vu que les talibans sont revenus aux affaires.
Je n'étais pas prêt pour cette lecture... Jodorowsky pousse le curseur du délire assez loin ici en adoptant l'angle de la comedie de mœurs (à la sauce piquante !).
Le premier tome est brillant à tous les niveaux. Moebius livre de très belles planches, s'amuse avec la gamme chromatique des couleurs pour illustrer certaines scènes tandis que Jodo met en place un canevas drôle et très original.
Malheureusement ça se gâte un peu à partir du tome 2. Moebius choisit de rajeunir son dessin pour une raison inconnue et cela réduit l'histoire à sa dimension humoristique. Pour enfoncer le clou, Jodorowsky nous abreuve tout à coup de citations philosophiques faisant l'effet d'un somnifère.
Cette direction est assumée et s'accélère au troisième et dernier tome. On lit sans déplaisir d'autant que Jodo est assez inspiré pour conclure son histoire.
J'ai eu un peu de mal avec le running gag régressif qui sert de fil marron - haha - à l'intrigue.
Le changement de style visuel est le principal défaut de cette bande. C'est fort dommage d'autant que ça partait bien avec cette couverture sublime qui sera malheureusement censurée à partir de l'édition 2020.
Une BD réalisée à quatre mains à tous les niveaux : scénario, graphisme et couleurs par Élodie Portela Vidal et Quentin Rigaud.
Un récit post-apocalyptique qui se veut ambitieux.
Une comète est entrée en collision avec notre planète. Le monde d'avant n'est plus, celle-ci a transformé la faune et la flore. Et ces mutations ont décimé les humains dont il ne reste que quelques groupes isolés qui survivent tant bien que mal. Pour survivre, quelques rescapés se voient attribuer des dons grâce à la poussière de la comète (lire la galerie pour de plus amples explications), un rituel qui n'est pas sans danger. Et grâce à ces dons spécifiques, ils peuvent ainsi créer des armures géantes pour se protéger du monde extérieur et de ses créatures chimériques.
Un récit qui ne m'a pas totalement convaincu, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. De un, je ne me suis jamais attaché aux personnages lors de leur quête du cratère laissé par la comète pour y trouver des réponses. De deux, les réflexions sur notre relation avec mère nature et notre place dans le monde m'ont paru assez communes. De trois, je trouve le scénario manquant de crédibilité dans la succession des péripéties de nos survivants. Et de quatre, on voit arriver la conclusion de loin.
Je m'interrogeais lors de ma lecture sur le partage des taches tant au niveau du dessin que de la colorisation. J'ai eu la réponse en fin d'album. Ils se sont d'abord répartis le storyboard. Ensuite, Quentin Rigaud (au trait singulier) a dessiné les personnages et les structures humaines (objets et bâtiments) et il en fait la colorisation. Enfin, Élodie Portela Vidal peint numériquement par-dessus tout ce qui a été altéré par la comète (faune et flore). Un processus de création qui donne un résultat surprenant et une ambiance post-apocalyptique réussie. J'ai particulièrement aimé les trois premières planches (non présentes dans la galerie), ainsi que les quatre dernières, dans un style pariétal/médiéval tout en horizontalité. Par contre, certaines planches montrant les rares combats entre armures et créatures chimériques manquent de lisibilité (le seul bémol).
Du bon boulot.
Pour les curieux.
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man.
Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie.
Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit.
Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes !
Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
2.5
Cela faisait depuis un certain temps que j'avais lu une nouvelle aventure de Daredevil, un super-héros que j'aime bien et j'ai lu cet album qui se situe dans une période du personnage que j'aime bien. Malheureusement, ce n'est pas du très grand comics de super-héros.
Cet album contient l'arc qui introduit Echo, un personnage que je connais peux, mais qui semble avoir réussi à s'imposer dans l'univers Marvel. Le personnage en lui-même est intéressant, mais malheureusement pour la pauvre Echo l'histoire qui l'introduit est trop banale pour être captivante. En gros, c'est encore une histoire où un méchant fait croire à quelqu'un que le héros est un méchant (ici le Caid fait croire à Echo que Daredevil a tué son père) et la personne s'en va tuer le héros sans se douter qu'il est manipulé. Ajoutons qu'en plus Echo devient amoureuse de Matt Murdock donc on a une méchante qui hais un super-héros tout en l'aimant sous son identité civil. Ouah c'est trop original !
En plus, la romance entre Echo et Daredevil va trop vite et semble forcé. Dommage parce qu'aurais voulu aimer leur couple. Ça se laisse lire parce que le dessin est dynamique et il y a quelques bons moments, mais c'est tout.
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Le Chemin derrière la maison
ATYPIQUE ! Il va m'être difficile de parler de cette BD tant elle sort des sentiers battus et tant chacun en fera son interprétation (ou pas). Ce qui est certain c'est qu'elle ne laissera pas indifférente. Un album où vont se succéder de petits récits autoporteurs mais formant un ensemble cohérent par les thèmes évoqués. Autre particularité, il n'y a pas de personnage principal, c'est le vivant qui tiendra ce rôle. Jérémie Gasparutto nous guide sur différents chemins où le texte se fait rare, il est souvent énigmatique, parfois poétique et d'autre fois hermétique. Chacun en fera son interprétation. Personnellement j'y ai surtout vu une introspection sur nos peurs de l'inconnu, une reconnexion avec la nature et de s'ouvrir aux autres. Il veut faire tomber les remparts qui nous emprisonnent dans une société individualiste qui va à mille à l'heure. Un album avec une patte graphique indéniable, elle permet une immersion dans cet environnement entre rêve et réalité. La narration s'appuie énormément sur la mise en page de Gasparutto pour cette expérience sensorielle. Du très bon travail. Je tiens à souligner le travail éditorial de qualité, comme toujours, pour le label 619. Que dire en conclusion... Pas totalement séduit mais pas totalement réfractaire. Un OVNI.
Dina et le millimonde
Je viens de finir la lecture de cette bande dessinée dans Spirou, j'avoue ne pas l'avoir relu d'affilée, donc peut-être me manque-t-il une petite vue d'ensemble. Néanmoins, je peux affirmer sans conteste que la lecture est très plaisante ! Le dessin de Dalena est efficace, plein de douceur et d'élégance. Son trait correspond parfaitement au graphisme d'une série jeunesse dont le public peut être élargi sans problèmes. Le scénario de Lapuss' est soigné également. Il prend le temps de bien poser son univers avant d'embrayer sur l'action, ce qui m'a favorablement étonné. À la lecture hebdomadaire de Spirou, cela veut dire qu'on a dû attendre plus de 2 numéros avant d'avoir l'impression que l'action commençait enfin. Cela m'a favorablement étonné car j'aime ces bandes dessinées (cela vaut aussi pour les séries télévisées) qui résistent à la tendance de tout de suite plonger le lecteur à fond dans l'action, en bâclant la phase de présentation de l'univers et des personnages. Ici, Lapuss' fait tout dans l'ordre, et tant pis si le lecteur décroche dans les premières pages. On sent que le scénariste est suffisamment sûr de ses bases pour se permettre de prendre son temps. Un très bon point pour cet album, donc. Quant à l'histoire globale, il faudra de toute façon attendre la suite pour en savoir plus et en dire davantage. Ce premier tome constitue en tous cas une exposition très solide, et il y a de quoi développer une suite tout à fait convaincante. C'est pourquoi je reste à 3 étoiles, la série n'ayant pas totalement fait ses preuves, mais je pourrais facilement monter au-dessus, si la suite exploite tout le potentiel de cet univers. En tous cas, ça me paraît une excellente série jeunesse, bien écrite, bien dessinée, aux promesses alléchantes. Croisons les doigts que les auteurs n'en gâchent rien !
Vacances fatales
C'est déjà mieux que Little Ego qui m'était tombé des mains. Ici Giardino nous raconte des histoires d'adultères qui tournent souvent au crime. Sur le 4eme plat de couverture, Le Monde nous vend ces intrigues comme étant à la croisée des influences d'Alberto Moravia et d'Umberto Eco, rien que ça. Je n'ai pas assez lu ces auteurs pour confirmer. Il n'empêche, passé les deux premiers récits qui inaugurent cette bande et qui sont très anecdotiques, un vrai charme s'opère. On reconnaît alors la patte d'un auteur qui nous dépeint toujours le même profil de personnages et qui semble nous dire : "il n'y a pas d'innocent, il n'existe que des coupables". Et puis Giardino était un grand dessinateur et on n'est pas déçu à ce niveau, je garde en souvenir notamment la nouvelle qui se passe à Venise et qui est particulièrement soignée. A découvrir.
Aldébaran
Le premier cycle de cette série sur les mondes d'Aldébaran m'avait laissé un super souvenir quand je l'ai lu ado, mais en la relisant des années plus tard quelques points me chagrinent. C'est malgré tout une bonne série, qu'il faut replacer dans le contexte des années 90. Je comprends la critique sur le manque de diversité des ethnies représentées (issues de la terre) ainsi que sur les expressions faciales des personnages mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangé. Après tout, les d'occidentaux n'auraient-ils pas pu lancer cette expédition et donc envoyé en priorité des occidentaux avec une plus forte proportion de personnes caucasiennes ? Cependant ce qui me chagrine le plus est le manque de diversité dans les corps ; des gentils, beaux comme des dieux sur qui tout le monde veut sauter et des méchants aux traits de méchants, trop sérieux ou bedonnants. Les corps sont tous les mêmes, interchangeables, fantasmés : des femmes avec des énormes seins bien fermes (que l'on voit beaucoup trop), des ventres plats, des belles hanches et des jambes fines, des hommes aux corps d'athlètes et aux traits anguleux ... Les personnages, surtout les femmes, sont très sexualisées, les seins toujours bien moulées, se trimballant souvent en culottes. A peine un homme rencontre un femme ou inversement qu'ils doivent coucher ensemble/être en couple... c'est trop. Surtout que Kim à 13 ans dans le premier tome et est à deux doigts de coucher avec un homme. Puis à 17 ans elle couche avec Marc qui en a 21. Son âge m'a dérangé. Elle est trop mature pour avoir 13 ans, et son rôle est plus celui d'une jeune femme que d'une gamine. C'est pour moi le gros point noir de cette série, sinon j'ai été transportée dans cet univers fantastique avec une faune et une flore bien imaginée et qui sert un beau récit d'aventure. La fin est un poil trop facile à mon goût avec une épilogue digne d'un Disney.
La Première Fleur du pays sans arbre
C'est une histoire assez longue sur la vie d'un humanitaire dans une ONG au coeur de l'Afghanistan au début des années 2000. A vrai dire on a un peu de mal à se rendre compte de la réalité de son travail à part rencontrer des gens, faire en sorte qu'ils s'entendent sur tel ou tel projet pour leur village. On se situe post attentats du 11 Septembre, c'est un pays à la population jeune qui ne connait que le conflit depuis l'invasion soviétique de la fin des années 1970. Les gens survivent plus qu'ils ne vivent dans un pays figé sans grande trace du progrès. Pas de loisirs, et certains habitants sont très isolés dans les montagnes. On voit des vieillards alors que les hommes ont 40 ans... Le pays est le refuge des produits de consommation périmés que les autres ne veulent pas. La poussière, des paysages arides, tout cela est bien rendu par le dessin noir et blanc assez épuré. L'album contient plusieurs chapitres sur différents points de la société afghane, parfois comique et pleine de paradoxe. Sur les relations homme femme par exemple, la question du voile et de la burqa, les jeunes hommes draguent notamment à Kaboul, mais pour leur mariage ils ne veulent pas une femme "délurée" qui accepte d'aller manger une glace. Non il leur faut une femme "pure", un objet en réalité tant elle ne peut rien faire sans l'aval d'un homme. Les femmes sont d'ailleurs vendues très jeunes en échange d'une dot qui est bienvenue dans un pays très pauvre. Un bon travail d'édition des Requins Marteaux avec ce livre épais. Néanmoins je relève plusieurs fautes d'orthographe notamment dans une page d'intertitre (ascène au lieu d'ascèse...), horripilant. Et surtout mais ce n'est pas du fait de l'éditeur la position des accents dans le lettrage est beaucoup trop décalée des lettres. C'est sans doute pour donner un style mais énervant à la lecture. Il y a un chapitre un peu plus long que les autres où un homme raconte son long et coûteux périple pour tenter de rejoindre l'Angleterre. Il serait intéressant de savoir ce qu'il en est de ce pays 20 ans après, sans doute pas mieux voire pire vu que les talibans sont revenus aux affaires.
La Folle du Sacré-Coeur (Le Coeur couronné)
Je n'étais pas prêt pour cette lecture... Jodorowsky pousse le curseur du délire assez loin ici en adoptant l'angle de la comedie de mœurs (à la sauce piquante !). Le premier tome est brillant à tous les niveaux. Moebius livre de très belles planches, s'amuse avec la gamme chromatique des couleurs pour illustrer certaines scènes tandis que Jodo met en place un canevas drôle et très original. Malheureusement ça se gâte un peu à partir du tome 2. Moebius choisit de rajeunir son dessin pour une raison inconnue et cela réduit l'histoire à sa dimension humoristique. Pour enfoncer le clou, Jodorowsky nous abreuve tout à coup de citations philosophiques faisant l'effet d'un somnifère. Cette direction est assumée et s'accélère au troisième et dernier tome. On lit sans déplaisir d'autant que Jodo est assez inspiré pour conclure son histoire. J'ai eu un peu de mal avec le running gag régressif qui sert de fil marron - haha - à l'intrigue. Le changement de style visuel est le principal défaut de cette bande. C'est fort dommage d'autant que ça partait bien avec cette couverture sublime qui sera malheureusement censurée à partir de l'édition 2020.
Le Tombeau de la comète
Une BD réalisée à quatre mains à tous les niveaux : scénario, graphisme et couleurs par Élodie Portela Vidal et Quentin Rigaud. Un récit post-apocalyptique qui se veut ambitieux. Une comète est entrée en collision avec notre planète. Le monde d'avant n'est plus, celle-ci a transformé la faune et la flore. Et ces mutations ont décimé les humains dont il ne reste que quelques groupes isolés qui survivent tant bien que mal. Pour survivre, quelques rescapés se voient attribuer des dons grâce à la poussière de la comète (lire la galerie pour de plus amples explications), un rituel qui n'est pas sans danger. Et grâce à ces dons spécifiques, ils peuvent ainsi créer des armures géantes pour se protéger du monde extérieur et de ses créatures chimériques. Un récit qui ne m'a pas totalement convaincu, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. De un, je ne me suis jamais attaché aux personnages lors de leur quête du cratère laissé par la comète pour y trouver des réponses. De deux, les réflexions sur notre relation avec mère nature et notre place dans le monde m'ont paru assez communes. De trois, je trouve le scénario manquant de crédibilité dans la succession des péripéties de nos survivants. Et de quatre, on voit arriver la conclusion de loin. Je m'interrogeais lors de ma lecture sur le partage des taches tant au niveau du dessin que de la colorisation. J'ai eu la réponse en fin d'album. Ils se sont d'abord répartis le storyboard. Ensuite, Quentin Rigaud (au trait singulier) a dessiné les personnages et les structures humaines (objets et bâtiments) et il en fait la colorisation. Enfin, Élodie Portela Vidal peint numériquement par-dessus tout ce qui a été altéré par la comète (faune et flore). Un processus de création qui donne un résultat surprenant et une ambiance post-apocalyptique réussie. J'ai particulièrement aimé les trois premières planches (non présentes dans la galerie), ainsi que les quatre dernières, dans un style pariétal/médiéval tout en horizontalité. Par contre, certaines planches montrant les rares combats entre armures et créatures chimériques manquent de lisibilité (le seul bémol). Du bon boulot. Pour les curieux.
Invincible Univers - Wolfman
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man. Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie. Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit. Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Oms en série
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes ! Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
Daredevil & Écho - Tranches de vide
2.5 Cela faisait depuis un certain temps que j'avais lu une nouvelle aventure de Daredevil, un super-héros que j'aime bien et j'ai lu cet album qui se situe dans une période du personnage que j'aime bien. Malheureusement, ce n'est pas du très grand comics de super-héros. Cet album contient l'arc qui introduit Echo, un personnage que je connais peux, mais qui semble avoir réussi à s'imposer dans l'univers Marvel. Le personnage en lui-même est intéressant, mais malheureusement pour la pauvre Echo l'histoire qui l'introduit est trop banale pour être captivante. En gros, c'est encore une histoire où un méchant fait croire à quelqu'un que le héros est un méchant (ici le Caid fait croire à Echo que Daredevil a tué son père) et la personne s'en va tuer le héros sans se douter qu'il est manipulé. Ajoutons qu'en plus Echo devient amoureuse de Matt Murdock donc on a une méchante qui hais un super-héros tout en l'aimant sous son identité civil. Ouah c'est trop original ! En plus, la romance entre Echo et Daredevil va trop vite et semble forcé. Dommage parce qu'aurais voulu aimer leur couple. Ça se laisse lire parce que le dessin est dynamique et il y a quelques bons moments, mais c'est tout.