Jacky et Célestin

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 3 avis)

Les aventures humoristico-policières pleines de rebondissements d'un duo bien ancré dans les sixties.


Auteurs suisses Institut Saint-Luc, Liège Les Roux !

Jacky et Célestin sont des adolescents dont le métier semble être "héros de bandes dessinées". Ils jouent les policiers en n'hésitant pas à affronter les truands les plus redoutables. La série a été créée dans "Le soir illustré". Certains épisodes ont ensuite été mis en couleurs et publiés dans Spirou. Bien des auteurs se sont succédés dans la série, mais la publication sous forme d'album se limite à la période "Walthéry". Un vrai délice pour les nostalgiques.

Scénaristes
Derib - Gos - Peyo - Vicq
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1980
Statut histoire Une histoire par tome 4 tomes parus
Couverture de la série Jacky et Célestin
Les notes (3)
Cliquez pour lire les avis

10/07/2009 | Mac Arthur
Modifier


L'avatar du posteur Agecanonix

Voici une petite série très méconnue qui s'inscrit dans la plus pure tradition de la BD franco-belge classique. On peut la cataloguer comme une série jeunesse car elle en a toutes les composantes, et elle prouve encore si besoin était qu'à cette époque de création, les auteurs prenaient très au sérieux leur travail (quelque soit le lectorat visé), et offraient de bonnes Bd, soignées, d'un bon esprit et sachant distraire jeunes et moins jeunes. J'ai été véritablement enchanté de cette découverte récente, par le style semi-humoristique avec un zeste de réalisme, les multiples rebondissements, les personnages sympathiques, la chouette colorisation d'époque... tout ceci est très agréable à lire. Les 2 personnages principaux sont des ados qui se baptisent détectives amateurs et qui sont visiblement inspirés de Tif et Tondu, c'est une série née en 1959 dans les pages du supplément jeunesse du journal belge Le Soir (Le Soir Illustré), et qui fut publiée ensuite dans le journal Spirou entre 1978 et 79. Le plus étonnant, c'est que de nombreux dessinateurs ont travaillé dessus, comme Peyo qui crée les personnages qu'il passe à Will, puis c'est Azara, Walthéry, Francis et Mittéï pour les décors ; les scénarios verront tour à tour la plume de Vicq, Derib, Gos et Roger Leloup. Curieusement, les seuls albums qui paraitront dans les années 80 chez Dupuis, seront les récits dessinés par Walthéry, ce sont ceux-là que j'ai lus, les autres ayant été injustement oubliés. On reconnait le dessin de Walthéry qui n'avait pas encore crée Natacha, il produit un dessin très formaté journal Spirou, qui hésite entre ceux de Roba et Jidéhem, j'aime beaucoup ce type de graphisme, les décors et les fonds de case sont également très soignés. Bref, voila une série qui s'arrêtera en 1968 mais qui est très séduisante. A découvrir si vous aimez les bandes dans le même style, genre Tif et Tondu.

28/11/2019 (modifier)
Par Chéreau
Note: 3/5

Je souscris à l'avis précédent, qui résume bien le mien : voilà une bonne série B, très classique, très ligne claire, aux scénarios trépidants mais sans surprise, aux personnages stéréotypés (le beau héros courageux et le comparse marrant et maladroit mais courageux quand même...). De la BD de papa qui se lit facilement et s'oublie aussi vite. Moins bien que Gil Jourdan, dont j'ai toujours aimé le second degré pince-sans-rire, et pas encore tout à fait aussi sexy que Natacha, où le même Walthéry a laissé bien davantage libre cours à sa passion du corps féminin...

01/04/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Mais pourquoi j’ai relu ça ? J’en pleure de nostalgie ! « Jacky et Célestin » présente l’archétype de la série B de bande dessinée franco-belge traditionnelle des années ’60. L’esprit bon enfant qui y règne (même les vilains ne sont pas vraiment méchants) est un régal de naïveté. Le dessin limpide de l’apprenti (!) Walthéry est un exemple de lisibilité et de pureté (le maître Peyo, secondé par le très doué Will, a un scalpel en guise d’œil, et chaque imperfection est sévèrement réprimandée). Pourtant, les impératifs de la publication dans le journal de Spirou sont contraignants. Jugez plutôt : Walthéry reçoit une page de scénario le samedi soir et doit remettre sa planche fignolée le lundi matin. Certes, il bénéficiera d’un peu plus de temps durant son… service militaire (son supérieur étant amateur de bandes dessinées), mais la performance demeure. D’autant plus que les décors sont souvent soignés et que la qualité est stable (seules quelques planches semblent réellement manquer de soin, mais même celles-ci sont d’une belle qualité, comparées à certaines productions actuelles). Mais, hormis François Walthéry, bien des élèves de Peyo vont se succéder sur la série (sans toutefois bénéficier, à ma connaissance, d’une publication sous la forme d’album). Parmi eux : Will (déjà cité), Gos, Vicq, Derib, Jo El Azara, Francis mais aussi un certain Roger Leloup. Celui-ci créera, pour les besoins d’un album, un personnage bien connu, une petite Yoko. Leloup tombera sous le charme de sa création et Yoko Tsuno (un changement de nom de famille judicieux, car, à l’origine, elle s’appelait Yoko Shirushi) bénéficiera ensuite de sa propre série, épaulée par deux acolytes (Vic et Pol) qui ressembleront furieusement à… Jacky et Célestin. Mais pour en revenir à nos deux compères, les aventures qu’ils vivent ne sont pas dénuées d’intérêt. Mêlant habilement humour, fantastique (ou, plus exactement, fantaisie, à la manière d’un Spirou et Fantasio ou d’un Benoit Brisefer) et enquêtes policières (au suspense tout relatif), les histoires sont très accrocheuses et les personnages ne manquent pas de charisme (et certains rôles secondaires non plus, avec, par exemple, ce charmant scientifique présent dans « Vous êtes trop bon ! » ou le commissaire Boursu). Je conseillerais ces albums à n’importe quel lecteur amateur du style franco belge de la grande époque, mais plus encore, je lui recommanderai la publication en noir et blanc parue aux éditions Noir Dessin Production (une intégrale comprenant les quatre albums de la période Walthéry). En effet, le seul défaut de la série, à mes yeux, est sa colorisation. Parfois inadéquate, souvent terne, elle abime le beau travail du talentueux dessinateur plutôt que de le magnifier. Un très bon 3/5 dans sa version couleur, et un mérité 4/5 dans sa version en noir et blanc, Jacky et Célestin est, dans tous les cas, une série à découvrir.

10/07/2009 (modifier)