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Tif et Tondu

Note: 3.16/5
(3.16/5 pour 19 avis)

A la frontière entre le policier et le fantastique, Tif et Tondu sont prêts à tout pour combattre le crime, et particulièrement pour venir à bout de leur ennemi tout-puissant, le terrible Monsieur Choc. De l’espace jusqu’au territoire des rêves, de New York jusqu’à la jungle malaisienne, les deux amis sillonnent la planète et plus encore pour protéger l’humanité des ambitions folles et destructrices de ceux qui se mettent en travers de leur chemin.


Best of 1950-1959 Denis Lapière Journal Spirou Les BDs à papa

Apparu dans le Journal de Spirou en 1938, ce duo de détectives hors du commun va y enquêter pendant plus de 50 ans sous la plume des plus grands noms de la bande dessinée : Rosy, Tillieux, Desberg, Lapière, Will et Sikorski laisseront ainsi leur empreinte sur le parcours de ces deux personnages initialement créés par Fernand Dineur.

Scénaristes
Dessinateurs
Coloristes
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1954
Statut histoire Une histoire par tome 45 tomes parus
Couverture de la série Tif et Tondu

30/03/2002 | toce
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Par Josq
Note: 4/5
L'avatar du posteur Josq

Difficile de noter Tif et Tondu, vu l’éclectisme de la saga ! Du coup, je pense que le plus pertinent est de parler de la saga période par période : Période pré-Rosy : 3,5/5 Déjà Will au dessin, mais dans un style très « BD d’avant-guerre » qui a mal vieilli à mon sens. Le dessin n’est donc pas magnifique, mais les scénarios de (successivement) Dineur, Bermar (pseudonyme d’Henri Gillain, frère de Jijé) et Desplechins sont bien écrits. On a des aventures assez classiques, avec un humour qui n’a pas non plus toujours bien vieilli, mais qui fait parfois mouche. Rien de très incontournable, hormis peut-être l’excellent Oscar et ses mystères, qui commence déjà à annoncer les scénarios plus élaborés que Rosy nous offrira. Période Rosy : 4/5 Sous Rosy, la saga est vraiment à l’apogée de sa réussite ! Tous ses scénarios ne sont pas extraordinaires, mais il confère à la saga des codes qui vont lui garantir une identité forte et très marquante. Sans conteste, la grande réussite de Rosy réside en son grand méchant : M. Choc. Tout comme Olrik ou Zorglub, M. Choc irradie tout l’univers Tif et Tondu de son empreinte fascinante. Avec Rosy, ce qui prédomine et qui rend Tif et Tondu si bon, c’est le mystère. La structure de ses albums sont souvent les mêmes (pas toujours) : il égare complètement son lecteur dans la première moitié de l’album, en plaçant ses personnages dans des situations impossibles (une maison vide qui semble prendre vie dans La Villa du long-cri, des rêves envahis par M. Choc dans Le Grand Combat, des flèches tirées depuis un endroit impossible dans Les Flèches de nulle part, un cambriolage avec bris de vitres, mais sans aucune trace de verre brisé dans Passez muscade, etc…). Le procédé est excellent, car il instaure ainsi un véritable suspense que seul Rosy réussira à introduire à ce point dans la saga. Le contrecoup de cet excellent procédé narratif, c’est que la 2e moitié de l’album lors de laquelle on découvre la vérité sur ces impossibilités est souvent un peu frustrante, car alors, le mystère s’envole et on revient sur un récit d’action plus classique. Néanmoins, cette période est clairement celle que je préfère, grâce à la maîtrise narrative de Rosy, qui sait cultiver le mystère comme personne, et grâce à l’exploitation du personnage de M. Choc, véritable démiurge du crime, réincarnation lointaine d’un certain Fantômas. J’ai rarement vu un méchant aussi fascinant. Clairement, il manquerait quelque chose à Tif et Tondu sans M. Choc… Mes épisodes préférés de Rosy : Le Grand Combat et La Villa du long-cri, de loin. Période Tillieux : 3,5/5 D’ailleurs, il manque bel et bien quelque chose à la saga lorsqu’elle change d’auteur. Tillieux est bien sûr une valeur sûre, mais le fait de ne jamais avoir repris le personnage de M. Choc introduit un manque dans cette période : jamais le nouvel auteur ne réussira à créer un personnage de méchant vraiment réussi, aucun des siens n’arrive à la cheville de M. Choc, et je trouve ça dommage. Néanmoins, ses scénarios sont souvent bons, lorgnant davantage vers la science-fiction, mais tout en respectant parfaitement les codes de la saga tels que Rosy les avait définis. Le mystère est là, quoique souvent éventé assez facilement ou trop vite (L’Ombre sans corps, Les Ressuscités) et il accroche bien le lecteur. L’ajout de Tillieux réside dans ses bons mots, que le papa de Gil Jourdan affectionne tant. Le personnage de Tif se lâche et c’est souvent drôle. L’autre défaut pour moi, c’est que Tillieux n’arrive pas à rester dans les codes de la saga jusqu’au bout, et il en fait, peut-être malgré lui, une sorte de Gil Jourdan-bis : Tif ne sert presque plus à rien dans l’intrigue qu’à faire des bons mots comme Libellule, le personnage de Kiki n’est qu’une redite de celui de Queue-de-Cerise (qui aurait gagné au loto), avec son caractère bien trempé et son féminisme à fleur de peau, et Tondu est là pour jouer le détective sérieux, qui fait avancer l’histoire… Un peu dommage de ne pas avoir profité de changer de saga pour changer également de schéma. Mais à part ça, cette période est très agréable à lire, les histoires sont très réussies, même quand elles lorgnent vers le pulp plus ou moins assumé (Sorti des abîmes, Un plan démoniaque). Seul gros raté : Le Retour de la bête, dont le scénario est tellement nul et incohérent qu’on se demande où était passé Tillieux pendant sa conception… Mes albums préférés de Tillieux : Le Roc maudit (excellent whodunit) et Aventure birmane (un récit d’aventures dans la grande tradition du genre). Période Desberg : 2,5/5 Là, passé deux épisodes co-écrits avec Tillieux qui tiennent à peu près la route, c’est la chute. Son premier album solo, Métamorphoses, est une catastrophe absolue ! La suite relève un peu le niveau et souvent, les épisodes de Desberg sont globalement bons mais très peu mémorables. La faute à une narration souvent décousue et à une trop grande ambition : Le Sanctuaire oublié, Choc 235 ou encore Swastika ont un scénario si dense qu’il aurait dû occuper deux albums au lieu d’un. Les réduire à 44 pages, c’est faire des sacrifices qui nuisent à la qualité des histoires… Toutefois, un sursaut de génie interviendra dans l’excellent Traitement de Choc, où Desberg a la bonne idée de faire revenir le méchant emblématique de la saga, dans une aventure menée de main de maître et qui va à 200 à l’heure. Une réussite bien passagère, mais notable. Du côté des ratés, le seul dyptique de Desberg est précisément celui qui n’a rien à raconter : Les Phalanges de Jeanne d’Arc et La Tentation du bien sont un assassinat en bonne et due forme de la saga. Catastrophes industrielles, ces deux albums comprennent tout ce qu’il ne fallait pas faire : actualisation forcée de la saga (que Desberg maîtrisera mieux dans d’autres albums), politisation outrancière de nos héros (je n’aime pas l’extrême-droite, mais la caricature bête, méchante et fausse qu’en fait Desberg me donnerait presque envie de la plaindre, c’est dire !), scénario vide de chez vide… Je ne croyais pas la saga capable de tomber aussi bas. Rien que pour ça, j’ai une dent contre cet auteur. Mes albums préférés de Desberg : Traitement de Choc et Magdalena, scénario étrange et onirique étonnant par rapport aux codes de la saga, mais assez joli. Période Lapière/Sikorski : 3/5 Après la tempête Desberg et sa carrière en dents de scie, la reprise par Lapière et Sikorski fait figure de calme après la tempête. Les scénarios de Desberg étaient confus parfois à l’extrême, les scénarios de Lapière sont plutôt trop simples, mais je préfère cette simplicité et cette modestie. On sent que Lapière ne cherche pas à épater son lecteur, mais d’abord à lui donner à lire un récit bien réfléchi et cohérent. Et c’est globalement réussi. Parfois peu mémorables, ses scénarios ont toutefois l’avantage de ne jamais partir dans un délire inaccessible. C’est simple et efficace, et finalement, ça correspond mieux à Tif et Tondu que ce que leur a parfois infligé l’auteur précédent. En prime, chaque épisode nous donne à découvrir une nouvelle région de France, et le dessin de Sikorski est absolument parfait pour retranscrire les différentes ambiances de chacune de ces régions. Le trait de Sikorski est très agréable et il s’approprie les personnages avec une grande réussite. J’étais dubitatif au début et à la fin, j’adorais me plonger dans ces atmosphères. Mes épisodes préférés de Lapière : Fort Cigogne et A feu et à sang. Ainsi donc, comme son cousin Spirou et Fantasio, Tif et Tondu est une saga malheureusement victime de son éclectisme et des auteurs successifs qui l’ont perpétuée. Malgré tout, grâce à Rosy et dans une moindre mesure, à Tillieux, cette saga fait partie de mes sagas cultes. Mathématiquement, ma note sur la saga globale devrait plutôt être de 3 étoiles, je pense, mais sentimentalement, je ne peux que lui octroyer une 4e étoile pour tous les merveilleux souvenirs de lecture que les meilleurs tomes m’auront laissés !

03/03/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

Ayant relu les intégrales parues chez Dupuis (la première, qui avait la mauvaise habitude de sortir les histoires dans un certain désordre au début) deux-trois fois depuis que j'ai posté ce très vieil avis, j'ai décidé d'écrire un avis plus profond. Tif et Tondu a la particularité d'appartenir, comme Spirou, à l'éditeur, ce qui explique pourquoi il y a eu autant d'auteurs différents. Le peu que j'ai lu de la période de Will avant que Rosy ne devienne son scénariste et les extraits du Tif et Tondu de Dineur que j'ai vus sur internet ne me donnent pas envie de mieux connaitre les premières années du duo. C'est de la bande dessinée qui a mal vieilli. L'arrivée de Rosy au scénario et la création du grand Choc marque le début où la série devient intéressante, sauf que je trouve que les récits des années 50 ont aussi mal vieilli. En dehors de l'album 'Le retour de Choc' qui se laisse lire, je trouve la qualité moyenne et même mauvaise. C'est du feuilleton écrit à la petite semaine où il y a plein de péripéties et c'est parfois décousu. Le dessin de Will est pas mal, mais il a pas encore son style personnel que j'aime tant. Heureusement, lorsque Will revient à la série au milieu des années 60 après quelques années d'absence, son dessin a évolué et il a ce style si particulier qui le place parmi les plus grands des dessinateurs de Spirou de l'âge d'or. Les scénarios de Rosy se sont améliorés et les albums avec Choc sont très bons. Vient ensuite Tillieux au scénario qui donne la plupart du temps un très bon scénario. Même les albums que j'aime le moins de lui sont pas mal à mes yeux. Le dessin de Will est toujours excellent et il sait comment créer d'excellentes atmosphères aux récits. Vient ensuite Desberg qui était un scénariste débutant à l'époque et ça se voit. Ses premiers albums sont moyens voire même mauvais. Il n'y a que 'Métamorphoses' que j'aime bien pour son atmosphère étrange. Il y aussi le fait qu'à l'époque Desberg semble avoir de la difficulté à écrire un scénario de 44 pages et le dernier tiers de l'album est souvent différent du reste. Il ne devient vraiment bon selon moi que lorsque Choc revient et les 3 derniers albums de ce duo sont les meilleurs de leurs collaborations. Puis Will abandonne la série et de nouveaux auteurs prennent le relais et... ça ne marche pas pour moi. La série devient plus réaliste et les histoires sont toutes du polar. Le résultat est pas mal, mais ce n'est plus le Tif et Tondu que j'aime. Une des qualités de la série est qu'il y avait un mélange de genres. Si un album était du polar, le suivant pouvait être de l'aventure pure ou même être de la science-fiction. Là il y a un genre et c'est tout. Ce sont des polars bien ciselés qui se laissent lire, mais la série devient banale. Il n'y a plus la fantaisie qui se dégageait parfois du trait de Will. Donc voilà pour moi la série est un peu inégale sur la qualité, mais globalement c'est bon. La période Will-Tillieux est ma préférée, Rosy et Desberg ayant commis des albums que je n'aime pas tout en ayant aussi écrit des albums qui font partie des meilleurs de la série selon moi. La période de Will est à découvrir si on est fan de vieilles séries franco-belges.

04/10/2007 (MAJ le 01/09/2020) (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Comme quoi les caisses mal rangées au fond d'un placard peuvent parfois réserver des surprises. C'est donc sur deux trois albums de "Tif et Tondu" que je tombe et qui je dois l'avouer me tombent assez vite des mains. Comme le posteur précédent je n'ai pas pu finir. Par les dieux que c'est vieillot, même pas ce petit parfum suranné avec un côté nostalgique ou je pourrais dire bon oui quand même. Désolé mais ça ne marche pas avec moi. S'il n'y avait que les deux héros ringards à souhait pourquoi pas mais ce méchant d’opérette Mr Choc est plus risible voire pitoyable qu'autre chose. Alors oui c'est un classique de la BD franco belge mais j'ai bien peur qu'aujourd'hui elle ne trouve plus grâce aux yeux de nos modernes bambins. Très typée d'une époque elle n'a plus qu'un rôle proustien qui est inefficace si l'on n'a pas été bercée par elle dans son enfance, ce qui n'est pas mon cas, vous comprendrez donc ma note

23/10/2016 (modifier)
Par Chéreau
Note: 2/5

Je n’avais jamais réussi à finir un Tif et Tondu, pour en avoir parcouru de nombreuses planches dans de vieux albums Spirou, sans jamais être convaincu. J’ai fini par sauter le pas avec l’album « Traitement de choc », trouvé au hasard d’une bibliothèque. Je ne chercherai sans doute pas à découvrir toute la série. On est vraiment ici dans un archétype de la BD d’aventure ligne claire pour garçons, produite à pleines fournées dans les années 60 à 80. Petite originalité de la série : il n’y a pas un mais deux héros (comme chez Jacobs), qui ne sont ni l’un ni l’autre des top models aux mâchoires carrées. Tif le chauve et Tondu le poilu (ah ! ah !) sont deux détectives qui n’ont peur de rien et se jettent dans les pires problèmes avec une désinvolture et un entêtement qui laissent perplexe. Il y a bien sûr en face d’eux un odieux méchant récurrent, Choc, génie du mal sans affects, forcément élégant et ricaneur, qui se balade, qu’il pleuve ou qu’il vente, en smoking et heaume XIIIe siècle. Pourquoi pas, après tout ? Nos deux compères et leur Rastapopoulos-Olrik-Axel Borg-Zorglub de service partagent donc des aventures totalement tirées par les cheveux, où chaque fin de page de droite est l’occasion d’un coup de théâtre totalement improbable Quelques savants fous de service, en blouse blanche forcément, fournissent les McGuffin nécessaires avec des inventions farfelues, dont l’explication scientifique, toujours complaisamment fournie, ne tromperait pas un cancre de Terminale. Le dessin et la mise en page, très très classiques, ne valent pas Gil Jourdan, pour citer une autre série de détectives en ligne claire, encore moins Spirou ou Tintin. Bref, un équivalent franco-belge des histoires de Picsou Magazine. A lire l’été quand on a un peu la flemme d’ouvrir autre chose, ou l’envie de s’offrir une madeleine de Proust. Du même Will, je préfère de loin Isabelle, dont les personnages sont bien plus originaux et l’univers beaucoup plus surprenant.

01/08/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis toujours attaché à cette série indémodable, je l'ai découverte dans un recueil Spirou (alors que je n'étais qu'un lecteur occasionnel de ce journal) avec l'épisode "l'Ombre sans corps", et depuis, je ne l'ai plus lachée, je possède toute la série depuis l'album n°4 jusqu'au dernier scénario de Desberg (les périodes Rosy, Tillieux, Desberg étant les meilleures). Cette bande créée en 1938 par Dineur n'a cessé qu'en 1997, c'est dire si elle a marqué le journal Spirou en résistant aux années, aux modes et aux transformations sans prendre une ride pendant plus de 60 ans. Au début, il n'y avait que Tif, Tondu n'apparaissant que plus tard, et le ton était vraiment fantaisiste; de plus, le dessin n'était pas joli, plutôt grossier comme c'était courant chez les dessinateurs d'avant-guerre. En 1949, le dessin est confié au jeune Will, élève de Jijé, qui en rajeunit et en modernise l'aspect, même si son graphisme ne cherche pas les effets, mais il est efficace et convient parfaitement à ce type de bande semi-réaliste. Ce lifting est bénéfique, car les lecteurs apprécient déja ce sympathique duo de détectives amateurs, dont l'intérêt réside dans l'opposition des 2 héros : d'abord par le fait que Tondu soit le chevelu hirsute et barbu, et Tif le chauve; ensuite Tondu est plutôt actif, c'est le sérieux, celui qui décide, tandis que Tif est le jovial gaffeur, râleur parfois insupportable, attiré par les femmes, bref, le comique de service, mais qui peut s'avérer fonceur dans Tif et Tondu à New York ; pourtant, il n'est pas le faire-valoir de son acolyte, tous deux sont complémentaires, un peu comme Astérix et Obélix ou Tintin et Haddock. La période Dineur, il faut donc l'oublier, c'est à partir de 1955 que la bande va vivre ses plus belles années lorsque Maurice Rosy crée le redoutable Monsieur Choc, sorte de Fantômas moderne, élégamment vêtu d'un smoking et de gants blancs, le visage dissimulé par un heaume, c'est le plus implacable ennemi qu'ait eu à combattre le duo de détectives. En même temps, quand on y pense, il y a un côté théâtral et ridicule dans ce personnage, totalement invraisemblable aujourd'hui, mais à l'époque, les méchants étaient comme ça et on l'acceptait. En 1968, c'est Maurice Tillieux qui prend le relais de Rosy ; la série est encore dans une grande période. Comme il le fit dans Gil Jourdan, Tillieux accentue le caractère policier des histoires, et frôle le fantastique où le mystère et l'angoisse dominent ; les titres des albums sont explicites (l'Ombre sans corps, Contre le Cobra, le Roc maudit, Sorti des abîmes, les Ressuscités, le Scaphandrier mort, un Plan démoniaque, le Retour de la Bête), l'esprit des récits apparaît sans ambiguïté, le lecteur devine où les auteurs vont l'emmener. Nos deux héros deviennent dans cette période des détectives traditionnels et côtoient parfois leur ami Ficshussett de Scotland Yard. En même temps, ce sont deux vieux garçons, et la série contient peu de femmes, Tillieux leur adjoint parfois une blonde compagne, la délicieuse comtesse Amélie d'Yeu dite Kiki. Après la mort de Tillieux, son assistant Stephen Desberg intervient en 1978 avec le Gouffre interdit, apportant un ton nouveau, fantastique mais aussi plus en phase avec l'actualité (voir les épisodes Swastika ou les Phalanges de Jeanne d'Arc) ; pour ses grands débuts, Desberg tentait des choses nouvelles, c'était encore bien. En 1991, Will passe la main à Sikorski au graphisme plus moderne et à des scénarios de Lapière peu inspirés, beaucoup de lecteurs se sont alors détournés de la série, moi le premier. Le charme est rompu. Mais les aventures palpitantes de ces deux héros, qui peuvent être cataloguées pour la jeunesse, sont plus subtiles qu'il n'y paraît, ça plaît aussi aux adultes, et je prend encore beaucoup de plaisir à les relire. Un classique incontournable de la BD franco-belge.

15/06/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Si on excepte les trois premiers tomes, encore immatures, et si on digère le style graphique de Sikorski, bon mais éloigné de celui de Will, la série n’est pas loin d’être culte à mes yeux. Elle combine en effet plusieurs éléments de qualité. Tout d’abord, un duo charismatique et « photogénique ». Tif et Tondu sont identifiables au premier coup d’œil, leur image reste en mémoire de tout bédéphile. Ensuite, un ennemi récurent lui aussi inoubliable : Mr Choc. Encore : des histoires très variées mais offrant constamment suspense, humour, fantaisie. C’est un pur produit Dupuis, respectueux de la ligne directrice de l’époque (des époques, pour être plus exact, et au vu de la longévité de la série). L’humour dédramatise le caractère policier ou fantastique des scénarios. Le suspense, toujours présent, retient l’attention du lecteur et lui donne envie de connaître le fin mot de l’histoire. Enfin, le dessin de Will atteint rapidement un niveau d’une grande qualité. Dès « la Villa du Long-Cri », le trait de l’artiste est arrivé à maturité. Ce qui n’empêchera pas Will de continuer à peaufiner son art. La lisibilité, le dynamisme, la rondeur, la richesse en profondeur sont des constantes que j’apprécie on ne peut plus. Chaque scénariste aura apporté quelque chose à la série. Certains sont plus réalistes, d’autres plus fantaisistes. Tous, hormis Dineur (au style trop daté pour moi) m’ont plu à plusieurs occasions. Du tome 8 au tome 39, rares sont les albums que je n’ai pas apprécié. Et même ensuite, malgré mon problème avec le dessin de Sikorski (pour lequel je mettrai trois tomes avant de l’accepter), les scénarios de Lapière m’auront agréablement surpris même s’ils offrent une version plus traditionnellement policière à la série. Quasi-culte ! Un achat chaudement recommandé pour les amateurs de bandes dessinées franco-belge.

03/03/2010 (modifier)

Tif et Tondu, des albums que je relis régulièrement et sur lesquels le temps ne semblent plus avoir de prises. Ceci provient du fait qu’ils m’accompagnent depuis ma prime jeunesse et que, déjà, certains titres me paraissaient désuets (mais néanmoins agréables). Au vu de l’ampleur de la série et du nombre de scénaristes successifs, un découpage s’impose. - L’ère pré-Rosy (albums un à trois): distrayante sans plus. Un intérêt historique plutôt que pour le reste. - L’ère Rosy (albums quatre à quinze et trente-quatre): période foisonnante qui voit l’introduction du célèbre Monsieur Choc et des scénarios grandioses (le réveil de Toar, le grand combat). Le dessin de Will arrive aussi à maturité: la différence entre Plein gaz et la villa du Long-Cri est … criante (un écart d’environ sept années expliquant cela). - L’ère Tillieux (albums seize à vingt-sept et collaboration avec Desberg pour le vingt-six): le père de Gil Jourdan fait l’impasse sur Monsieur Choc et amène nos deux compères dans un monde plus logique et scientifique. Ce qui ne porte absolument pas préjudice à la série. - L’ère Desberg (albums vingt-huit à trente-neuf en excluant le trente-quatre): un cycle au spectre large et faisant la part belle à l’étrange et l’onirique. La série se permet même de flirter avec des thèmes plus profonds (nazisme et extrême droite par exemples) et renoue avec Monsieur Choc. Desberg touche à tout et le tandem atteint son paroxysme. La plus belle période à mon sens. - L’ère Lapière/Sikorsky (albums quarante à quarante-cinq): nouveau scénariste, nouveau dessinateur. Tif et Tondu reviennent vers des aventures plus conventionnelles et contemporaines. Plus banals donc, ce qui a du mal à passer et tranche trop radicalement avec les envolées scénaristiques des albums précédents. Je préfère éviter de parler du dessin qui renoue avec le début de la série (j’exagère à peine). Une œuvre « comme on en fait plus » que je conseille à l’achat (mais pas dans son entièreté) ayant l’énorme avantage, au vu de ses multiples scénaristes, de varier agréablement les plaisirs.

23/07/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Un duo qui fait partie intégrante de l'hebdo Spirou. Ils y débutent en effet dans le n° 1 du 21 Avril 1938. Ce n'est pourtant qu'à la cinquième planche qu'ils font connaissance ; Tif y rencontre un naufragé -Tondu- capitaine du bateau "Marius". Ils ne se quitteront plus ; vivant de nombreuses aventures qui passeront du Congo belge aux Etats-Unis. La série va être animée une dizaine d'années par Fernand Dineur. Curieusement, en 1949, l'éditeur juge ces personnages "vieillots" et en confie leur "rajeunissement" à Will, alors débutant. Dineur, lui, continuera d'imaginer les histoires. D'autres scénaristes viendront bientôt se "greffer" ; dont Maurice Rosy qui crééra M. Choc ; un personnage dont le visage est perpétuellement masqué par un heaume, et qui dirige une organisation criminelle nommée "La Main Blanche". Rapidement, les affrontement entre nos deux gaillards et Choc vont devenir assez légendaires, une grande partie du lectorat s'ingéniant à imaginer qui pourrait se cacher derrière ce criminel d'envergure. Tif et Tondu ?... Ils ont grandi, mûri sous la patte et l'imaginaire d'autres dessinateurs et scénaristes. Et c'est ce que j'aime en cette série. D'aventures en aventures, celle-ci à -par la suite- distillé un climat fantastique, s'est un peu politisée, à même abordé la problématique de l'extrême droite... Une série qui est un véritable classique, dont chaque opus m'amène un vrai plaisir de lecture, car chacun me relate une bien bonne histoire faite d'intrigues, de rebondissements, d'enquêtes policières ; et ce sans jamais (trop) se prendre au sérieux. C'est tout bon. Ma cote réelle : 3,5/5

12/12/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 3/5
L'avatar du posteur JAMES RED

Cette BD est un monument mais existe depuis très longtemps et cela s’en ressent sur les premiers albums qui datent quand même des années 40. Mais avec le temps, les histoires commencent à être mieux travaillées. Les personnages secondaires comme le terrible M. Choc sont des inventions géniales. La période de Rosy au scénario est d’ailleurs la plus féconde en trouvailles. Cependant, celui-ci est capable d’écrire de très bonnes histoires comme la villa du long cri mais peut livrer des scénarios plus médiocres genre la matière verte ou la poupée ridicule. Avec l’arrivée de Tillieux, les histoires ressemblent un peu plus à du Gil Jourdan, les thèmes sont un peu plus policiers. Cette période est souvent considérée comme la meilleure par les amateurs. Je trouve que Desberg s’en tire mieux que ce qui a pu être dit. Il a remis en place le personnage de Choc, a modernisé les héros, mais peut-être qu’on n’y croyait plus beaucoup chez Dupuis. De même Will semble prendre moins de plaisir au dessin, au cours de cette période. Enfin, il y a dix ans, l’éditeur avait essayé de relancer la série, en lançant une nouvelle équipe Sikorski et Lapière. Ce fut un échec car les histoires étaient devenues beaucoup trop sérieuses et le public n’a pas suivi. A retrouver dans l'excellente intégrale parue chez Dupuis.

07/07/2006 (modifier)
Par Marc
Note: 3/5

Fait partie de l'histoire de la bd. Dessins simples, mais suggestifs. Des scénarios tantôt excellents, tantôt très bof. Le réveil de Toar, quelle énigme! Sorti des abîmes : fantastique! C'est une collection à connaître.

07/02/2005 (modifier)