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Le Château des Animaux

Note: 4/5
(4/5 pour 10 avis)

Rire, c’est déjà ne plus subir.


Casterman

Quelque part dans la France de l’entre-deux guerres, niché au cœur d’une ferme oubliée des hommes, le Château des animaux est dirigé d’un sabot de fer par le président Silvio… Secondé par une milice de chiens, le taureau dictateur exploite les autres animaux, tous contraints à des travaux de peine épuisants pour le bien de la communauté… Miss Bengalore, chatte craintive qui ne cherche qu’à protéger ses deux petits, et César, un lapin gigolo, vont s’allier au sage et mystérieux Azélar, un rat à lunettes pour prôner la résistance à l’injustice, la lutte contre les crocs et les griffes par la désobéissance et le rire…

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Avril 2018
Statut histoire Série en cours (prévue en quatre tomes) 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Le Château des Animaux
Les notes (10)
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12/06/2018 | Le Grand A
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Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Voila le genre de titre que l'on ne voit pas forcément arriver. Quelques bons camarades m'avaient averti de la chose mais entre les lectures en retard et tutti quanti... C'est à Angoulême cette année( la vache on a loupé le confinement de peu) que j'ai vu tout l'engouement pour cet album; affiches quatre par quatre, énormes piles de la BD sur le stand Casterman, bref du en veux-tu en voila ! Mais il faut parfois se garder d'un tel enthousiasme et j'ai attendu encore un peu pour finalement sauter le pas quelque temps plus tard. Les aminches quelle claque !, moi qui ne suis pas un grand adepte de l'utilisation des animaux qui parlent; sûrement un traumatisme de mon enfance lié à Disney, j'avoue que pour le coup je suis resté scotché. Oui l'ombre de Georges Orwell plane indiscutablement sur ce récit, mais et c'est à mon sens la force du scénariste, sans aucunement étouffer le récit par cette lourde parentèle. Et puis ces animaux, ils possèdent pour la plupart bien plus de caractère que certains personnages d'autres BD, le lapin gigolo est une magnifique trouvaille. Que dire du rat troubadour et ce taureau au prénom qui rappelle un certain... Bref du grand art pour cet album que je recommande chaudement mais je crois qu'il n'a pas besoin de moi pour cela. Un coup de chapeau également au dessinateur Felix Delep que je ne connaissais pas. A lire bien sûr et à posséder.

20/03/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'avoue avoir un peu hésité avant de choisir entre 3 et 4 étoiles. Je m'explique: cela m'a pris un peu de temps avant de trouver que le récit était un peu passionnant. En effet, vu que c'est un premier tome, il est introductif et une bonne partie de l'album sert donc à présenter l'univers et les personnages, et si ce n'est pas dénué d’intérêt, ce n'est pas très captivant. Mon intérêt a augmenté un peu lorsque certains animaux vont commencer à se révolter de manière pacifique et la fin me donne envie de lire la suite. J'aime beaucoup certains personnages comme la chatte, le lapin et les deux chiens numéros 1 et 2. Je suis impatient de voir ce qui va leur arriver par la suite. C'est donc une série qui pour l'instant a du potentiel et qui a des chances que la suite soit meilleure. L'idée de départ est très bonne, montrer ce qui risque d'arriver dans La ferme des animaux si les animaux utilisent des manières pacifiques pour se révolter au lieu d'utiliser la violence. Le dessin est très bon. Une série à suivre donc.

14/03/2020 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
L'avatar du posteur pol

C'est attiré par la couverture, que je me suis laissé aller à feuilleter cet album. C'est conquis par les dessins que je me suis retrouvé quelques instants plus tard. Visuellement c'est excellent. Des grandes cases pour le plaisir des yeux, des personnages animaliers expressifs, des cadrages soignés, on n'a qu'une envie, c'est de plonger dans ce château des animaux, histoire de voir ça plus en détail. L'intrigue est plaisante. Dès la préface, Dorison nous en dévoile le fond. C'est une critique des sociétés totalitaires, et un hommage aux militants pacifistes des grandes causes du siècle dernier. Mandela, Ghandi, etc... Le tout transposé dans un monde vidé des humains où les animaux se sont organisés pour vivre sans nous. Travail pour la communauté, rationnement alimentaire, le tout sous le regard du président Silvio, le taureau-tyran qui règne par la force et la peur qu'il suscite. Au milieu de tout ça, une oie révolutionnaire, vite secondée par son amie la chatte, elle même aidée par son voisin le lapin. Je sais pas si décrit comme ça, ça fait envie. Mais en tout cas la lecture est fluide et agréable, l'intrigue contient les éléments qui donnent envie de la découvrir. D'un coté la noirceur de cette dictature, ses décisions injustes, la destinée cruelle réservée à certains animaux. De l'autre la naïveté et la fraicheur des petits héros. Leur envie de changer les choses sans trop s'exposer car le despote et sa milice canine les effraient. L'intrigue monte en puissance et la révolte s'organise peu à peu. Malgré tout, cela manque peut être un peu de tension pour être parfait. Mais ne soyons pas trop exigeant et ne boudons pas le plaisir que procure la lecture de ce premier tome. Je suis impatient de lire la suite.

13/03/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

A voir ce que Dorison va faire pour la suite de cette série (trois autres albums sont prévus), mais je dois dire que cet album inaugural est vraiment une belle réussite, et qu’il augure d’un bel ensemble. « La ferme des animaux » est un très grand petit livre d’un grand auteur, Georges Orwell. Et le titre et la préface de Dorison mettent clairement en avant cette référence. Mais cette préface glisse aussi d’autres influences (Gandhi, Martin Luther King), qui montrent que le scénario va basculer vers quelque chose de différent de ce qu’Orwell a voulu montrer dans son œuvre. De fait, ce n’est pas une adaptation, c’est une suite différente d’un point de départ commun : la « prise de pouvoir » d’un espace par des animaux domestiques, les hommes étant « partis ». D’ailleurs, tout le processus de « passation de pouvoir » est ici évacué, nous entrons de plain-pied dans une situation terrible et stable : un taureau dictateur, entouré d’une garde prétorienne de chiens, exerce un pouvoir terroriste sur tous les autres animaux occupant un château et ses environs. Au cœur de cette situation, quelques grains de sable, une chatte, un lapin et un rat, sèment quelques graines de révolte, mais en contournant la violence et en misant sur le ridicule, l’ironie, les méthodes non violentes pour lutter contre cette dictature (et là on retrouve MLK, et surtout Gandhi évoqués en préface). Même si c’est bien mené, je reste très sceptique quant à l’efficacité de ce genre de méthode face à une dictature ultra violente (Gandhi en Corée du Nord ou dans l’URSS de Staline ou L’Allemagne d’Hitler aurait été éliminé sans autre forme de procès, et son succès s’explique en partie parce qu’il avait en face de lui une « démocratie »). A voir ce que ça va devenir dans les albums suivants. La façon dont le dictateur, Silvio, « tient » la population, avec un « ennemi extérieur » qui justifie toutes les mesures d’exception, éclaire d’ailleurs d’autres situations que les références staliniennes (ou de la Révolution française) voire hitlériennes qu’Orwell avait en tête pour composer sa fable: les communistes pour les « démocraties » pendant la guerre froide, les immigrés ou les terroristes islamiques aujourd’hui, etc. En tout cas, cela se lit de façon très agréable, les situations, la psychologie des personnages, tout est bien développé. Mais ce qui rend très fluide la lecture, c’est aussi l’excellent dessin de Delep : son trait, la colorisation, tout m’a plu. C’est dynamique et chouette à regarder. Bref, voilà une série qui commence très bien, et que je suivrai certainement.

12/03/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

J’ai trouvé cette adaptation du roman de Georges Orwell parue en 1945 très réussie. C’est une fable animalière dans un château transformé en ferme qui traduit le thème de la dictature et de la résistance à l’oppression. Il y a toujours une soi-disant menace extérieure qui justifie l’existence d’un fort pouvoir en place. On pourrait citer l’exemple de l’Iran ou de la Corée du Nord invoquant une hypothétique invasion américaine. Cela leur permet d’opprimer leur population à l’image de ce que fait le président taureau dans cette ferme qui affame son peuple tout en vivant dans l’opulence. Ce sont des thèmes qui me sont assez chers. Cela me parle vraiment. Cette fable possède une vraie résonance de ce qui se passe actuellement dans le monde. Les dessins sont véritablement magnifiques avec de très beaux animaux qui sont dessinés. Les chiens sont parfaitement représentés dans le rôle de milice et police protégeant le président. On se rend compte que sous des vocables présidence et république se cachent plutôt les mots tyrannie et dictature. Par ailleurs, certaines scènes sont d’une telle intensité dramatique. On se souviendra de l’oie Marguerite pour ne citer qu’un exemple assez marquant. La mise en scène est réellement prodigieuse. Au final, une de ces bd qui marque véritablement les esprits.

28/01/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Ro

Quelle belle suite spirituelle à La Ferme des Animaux de George Orwell ! Comme dans le roman, nous sommes placés dans un cadre d'animaux qui se sont construit une société à l'écart des hommes et où les travers du pouvoir politique ont fait en sorte qu'ils vivent désormais dans un état totalitaire assez abject. Sous couvert de les protéger contre des attaques de loups imaginaires et sous prétexte de préserver leurs réserves de nourriture, les animaux les plus forts et au pouvoir rationnent et font trimer les autres en faisant régner la loi par la force mais aussi par l'hypocrisie et la manipulation. Lentement mais sûrement la contestation se met en place. Et avec l'aide de l'héroïne, une brave mère chatte, d'un lapin gigolo sympathique et d'un sage rat ménestrel, une solution pacifique tente d'être trouvée pour faire plier les forts sans entraîner de bain de sang. C'est finement raconté, avec de très bons personnages et beaucoup d'intelligence. Le dessin est en outre superbe ! Les animaux anthropomorphes y sont aussi expressifs que ceux de Disney, avec une maîtrise technique rappelant le trait de Juanjo Guarnido (Blacksad). Décors et couleurs ne sont pas en reste. On peut prendre un pur plaisir à admirer les planches et à y revenir après lecture. Pour ne rien gâcher, les albums sont denses et épais ce qui permet de les savourer encore plus longuement. Vivement la suite !

04/12/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

Inutile de tergiverser longtemps sur ce fait : oui, si le titre du Château des Animaux vous en rappelle un autre écrit par George Orwell et devenu rapidement un classique, ce n'est nullement un hasard. Xavier Dorison le scénariste balaye toute ambiguïté à ce sujet dès sa préface s'il en subsistait encore une. Le Château des Animaux sera donc une relecture, une réinterprétation des écrits de l'auteur de "1984" car "si George Orwell avait vu juste, il n'avait pas tout vu." Et c'est exactement ce que ce premier tome propose d'une façon bien plus intelligente qu'opportuniste. Exit les origines de la République des Animaux, les deux premières pages nous envoient dans le vif du sujet. Là où Orwell racontait la mise en place d'une dictature animale, l'histoire narrée ici prend directement place après les ultimes pages du roman. Mais l'histoire est différente, les cochons staliniens sont remplacés par des chiens au service de Silvio, un immense taureau proclamé également président. Pour que ce château également déserté par les hommes puisse devenir autonome, toute la basse-cour est mise à contribution pour des tâches ingrates de maintenance et de production. Gare à la protestation car le malheureux animal sera dévoré par les molosses canins en guise de répression. Face à cette violence ordinaire, le quotidien subsiste et une lueur d'espoir va naître d'une idée toute bête : pourquoi ne pas tourner les bourreaux en dérision ? Dorison assume pleinement sa position "Flower Power" manigancée par une chatte ouvrière, un rat adepte de Gandhi ainsi qu'un lapin serial reproducteur. Les dessins de Félix Delep dont c'est ici le premier album proposent une ligne claire intéressante et aux détails précis. Grandement inspiré du style de Don Bluth, ses illustrations prêtent à l'admiration, au sourire et même à l'indignation dans certains passages plus durs, le tout avec une élégance de style et de cadrage. On pourra juste déplorer certaines perspectives (Bengalore la chatte est parfois plus imposante que César le lapin puis de taille presque identique) ainsi que la taille riquiqui de certains phylactères pas adaptée pour les vieux yeux du lecteur mais les pages fourmillent de tant de vie et d'enthousiasme que l'on est porté de la première à la dernière page. Voici une bien belle découverte qui prolonge l'idée initiale d'Orwell tout en se détournant du plagiat de façon plutôt subtile en espérant que la suite soit du même acabit tant ce démarrage tonitruant semble avoir délivré beaucoup de ses atouts... Une excellente surprise.

18/11/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur LuluZifer

Que de coups de cœur depuis ce début de rentrée scolaire ^^ ! Euh ! Enfin bref je me comprends. Le ‘Château des animaux’ tome 1 par Xavier Dorison et Félix Delep, c'est 72 pages en format franco/belge de pur bonheur et avec une couverture magnifique. Une longue lecture délicieuse, raffinée, captivante et j'en passe. Tout d'abord, cette nouvelle série chez Casterman, est inspirée du roman de Orwell, La Ferme des animaux. Un roman court, intense et grinçant. Que j'ai lu il y a longtemps. Ça m'a donné envie de le relire. Il parle savamment de la rébellion des animaux contre l'homme, car ce dernier ne produit rien à part faire bosser les animaux et les égorger à la fin, et cela se déroule dans une petite ferme. C'est drôle et très caustique. Mais revenons à nos moutons (ahahaha), et parlons de ce tome 1 qui est totalement merveilleux. Il a tout d’abord été publié en format Gazette, en trois parties, comme cela avait été le cas pour la série Le Château des étoiles chez Rue de Sèvres ou comme l'avait fait également Delcourt pour le volume 8 des Les Passagers du vent de Bourgeon. C'est sympa comme procédé mais on a envie quand même d'acheter ensuite la bd finale. Je n'en ai encore pas vu passer de ces jolies Gazettes et, malheureusement, je bave d'en acquérir les 3 premières parties. Bref ! Du coup, Casterman a publié également une version prestige en N&B, qui a l'air assez luxueuse. Je m'égare encore. J'ai donc mis plus d'une semaine à lire ce petit bijou aux dessins subtils et bien marrants, mais parfois avec un zeste de cruauté tout animale. Le récit transposé par Xavier Dorison est vraiment excellent. Il s’approprie l’histoire de Orwell avec brio et bien évidemment Félix Delep le met en images de manière experte. C’est tellement mignon de voir tous ces animaux souffrir et se rebeller ! Oui et tellement émouvant de voir leurs expressions si bien réalisées. Malgré moi certains passages m'ont fait penser à certains Disney comme les Aristochats ou même les 101 Dalmatiens en parcourant ces 66 planches sublimes. Ça m’a vraiment beaucoup plu. Et C’est une très intelligente adaptation du récit de Orwell. Que dire de plus ? J’ai trop hâte de lire la suite. La 4ème Gazette, qui entame le début du tome 2, est déjà annoncée sur le site de Casterman, mais elle ne sortira que fin janvier 2020. Et je me dis que le tome 2 de l’album du coup va sortir dans pas mal de temps mais c’est normal, laissons travailler les artistes tranquillement.

15/10/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Avec « Le Château des animaux », Casterman a clairement sorti l’artillerie lourde. Un récit tout d’abord publié sous forme de journaux (amusants mais guère pratiques en définitive) suivis de ce premier tome qui renferme donc le même contenu que les trois premiers journaux. Premier tome décliné sous deux formes, la classique et une autre de luxe réservée aux collectionneurs. Quand vous voyez un tel déploiement de moyens, vous ne pouvez que vous dire que chez Casterman, on croit à ce projet ! Et il y a de bonnes raisons d’y croire ! La première vient du dessin de Félix Delep : un trait vif et expressif grâce auquel les différents personnages prennent vie tandis que les décors nous emmènent dans un univers moyenâgeux qui n’est pas sans rappeler celui de « L'Épée d'Ardenois ». La mise en page est également de haut vol. Ce récit se lit avec une grande facilité et l’équilibre entre le texte et le dessin est on ne peut plus agréable. Le scénario est lui aussi excellent. Dorison nous emmène au sein d’un château avec ses différences de caste et de statut. Les rapports de force déterminent le statut social et tandis que les puissants dirigent, les faibles subissent. L’originalité vient ici du fait que les différents protagonistes ne sont pas humains mais bien des animaux. Pas des personnages animaliers, non, de vrais animaux ! Ce qui, à mes yeux, est bien plus intéressant (il est vrai que je commence à saturer de ces séries aux personnages animaliers où l’emploi de faciès d’animaux n’apporte finalement pas grand-chose au récit… sinon la facilité pour le dessinateur de rapidement singulariser les visages de ses personnages). Reste l’ambition ultime : écrire un récit qui loue la révolte pacifiste. Dans son texte d’introduction, Xavier Dorison parle bien sûr de La Ferme des animaux comme source d’inspiration première mais nous déclare également toute sa fascination pour ces instigateurs de révolte qui ont réussi à faire changer les choses sans verser le sang (du moins pas celui de leurs opposants). Il aimerait, au travers du Château des animaux, créer un récit dont les héros parviendraient à changer les choses en n’utilisant pas la force physique. Du coup, l’emploi d’animaux comme personnages principaux s’en trouve encore plus judicieux. Que peut le rat face au buffle, le lapin face aux chiens sinon user de son intelligence pour compenser sa faiblesse physique ? Bon, à mes yeux, le sarcasme, la moquerie ne sont pas des armes pacifistes (il suffit de voir les ravages que peut faire ce type d’attaque sur Facebook, menant certains au suicide) et c’est le seul détail sur lequel je coince légèrement. La violence est de mise dans les deux camps, elle prend juste une forme plus physique chez les uns et plus psychique et psychologique chez les autres. Mais j’aime bien, hein ! Les personnages sont vite attachants, le récit est bien mené, le dessin est magnifique… Il y a juste cette promesse d’une révolte pacifiste qui, à mes yeux, n’est pas tenue jusqu’à présent (et Xavier Dorison n’en aurait pas parlé dans son introduction que cela ne m’aurait pas dérangé du tout).

25/09/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Qui n’a toujours pas lu La ferme des animaux de George Orwell ? Court roman devenu un classique dénonçant le stalinisme et de façon plus générale les régimes totalitaires au travers d’une fable animalière où ces derniers après avoir renversé les humains qui les exploitaient, devenaient à leur tour les despotes de leurs congénères, l’oppressé d’hier devenant ironiquement l’oppresseur de demain. Très clairement Le Château des animaux ne renient pas cette influence orwellienne et ce jusqu’à son introduction très similaire à quelques détails près : pour une raison inconnue les humains du château sont partis, laissant les animaux présents sur place à leur libre destinée, ceux-ci ayant très vite basculé dans un régime tyrannique qui ne dit pas son nom, à moins qu’il en est été ainsi depuis le début. Au sein de ce microcosme bestial, c’est la loi du plus fort qui règne en réalité : l’égalité n’est même plus une utopie, le partage des richesses n’est qu’un leurre, les valeurs d’entraide un mirage, tandis que la terreur règne au sein de la basse-cour. La masse composée des frêles lapins, canards, poules, moutons et autres vertébrés dociles, est dispersée. Faibles individuellement, ces derniers ne se rendent pas compte qu’ensemble en unissant leur volonté, ils peuvent déplacer des montagnes et pourquoi pas, renverser le joug implacable de celui qui incarne l’autorité, le « Duce », le taureau Silvio, entouré qu’il est de ses sbires, les chiens de garde du système, et du coq collabo figure du « vox princeps ». L’étincelle rallumant la flamme de l’indépendance viendra t-elle de l’oie Adélaïde, voix de la colère, d’Azelar le rat vagabond et séditieux, ou bien de Miss B la chatte mère-courage ? Une histoire prenante, bien que n’ayant parcouru pour le moment que 24 pages du récit, pleine de passions et de dramaturgie. C’est peut être là que se joue la différence avec la fiction d’Orwell car là où La Ferme... se « limitait » un peu à l’allégorie politique, Xavier Dorison la poule aux œufs d’or de la bd franco-belge, romance tout cela en y injectant des personnages bien campés, classiques dans leur genre mais néanmoins efficaces et attachants, du drama, un bon sens du rythme, ainsi qu’une tonalité réaliste et violente à ne pas mettre entre toutes les pattes. Pour illustrer cette rébellion, c’est vers un jeune espoir que s’est tourné Dorison, en la personne de Félix Delep. Inconnu au bataillon, ce jeune artiste n’est pas pour autant un lapin de six semaines tant ses dessins impressionnent sur tous les aspects par leur maturité et la maîtrise qu’il s’en dégage. Un trait semi-réaliste absolument nickel, dans la lignée des maîtres de l’anthropomorphisme que sont Juanjo Guarnido (Blacksad) ou Willem (L'Épée d'Ardenois) à la différence que les animaux d’ici n’ont pas une morphologie humaine, se sont juste des animaux à 2 ou 4 pattes capables de communiquer entre eux et d’interagir avec les éléments du décor. Le travail à la couleur directe façon aquarelle, le soin apporté aux décors, des cadrages alternant les différentes prises de vue, sans oublier le format gazette en 29,7 x 41,8 cm qui en met plein les mirettes, viennent parachever la bonne impression d’ensemble. Une vraie réussite pour le peu qu’on puisse en juger. « Vous ne pouvez pas avoir une révolution si vous ne la faites pas pour votre compte ; une dictature bienveillante, ça n’existe pas ». George Orwell.

12/06/2018 (modifier)