Wake up America (March)

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Will Eisner Award 2016 : Best Reality-Based Work (pour le tome 2) Will Eisner Award 2017 : Best Reality-Based Work (pour le tome 3) Le combat des Noirs pour l’égalité dans le sud des USA du début des années 60, très loin de l’image d’Epinal de l’Amérique proprette et triomphante de cette période.


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide 1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Documentaires Racisme, fascisme Will Eisner Awards [USA] - Dixie, le sud des USA

Militant infatigable pour les droits civiques, John Lewis raconte l’histoire de son combat en faveur de la liberté de la communauté afro-américaine dans les années 60. Il y retrace comment des citoyens ont utilisé l’action non-violente pour faire trembler un pouvoir prétendument démocratique qui avait abandonné le Sud des USA aux ségrégationnistes. Un région qui y est dépeinte dans toute sa violence et son injustice vis-à-vis de la minorité noire. Cinquante ans après les faits, John Lewis siège aujourd’hui au Congrès et, par la force des choses, est devenu la conscience morale des afro-américains.

Scénaristes
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 08 Janvier 2014
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Wake up America
Les notes (3)
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29/06/2015 | Blue Boy
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Par Ro
Note: 3/5
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C'est la biographie de John Lewis, ancien pasteur militant de la cause noire dans les années 50 et 60 devenu membre du Congrès américain dans les années 2000, et à travers lui c'est le récit du combat contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis qui nous est présenté par ses yeux. Des récits de cette époque et ce combat en BD, j'en ai lu beaucoup désormais, une grande partie de ceux qui regroupent le thème de BDthèque sur le Racisme. Je n'ai donc pas appris énormément de choses nouvelles avec cette série là, mais je l'ai trouvé très bien construite, très claire et très fluide. Ça se lit comme un roman d'aventure historique. J'ai été curieux de découvrir la jeunesse de ce garçon et ce qui l'a ainsi motivé à devenir un tel militant. Comme toujours avec les récits dénonçant la situation de l'époque, j'ai été piqué à vif par le comportement aberrant des blancs racistes du Sud des USA. J'ai été heureux de comprendre enfin le fonctionnement et les effets réels des protestations non-violentes et des mouvements de sit-in suggérés par Martin Luther King. Et j'ai apprécié de suivre ainsi tout le combat de John Lewis. Certains passages sont vraiment bien mis en scène, de manière prenante. D'autres sont un peu moins captivants, notamment quand les différents noms de groupes militants et de mouvances politiques finissent par s'embrouiller dans ma tête. Le dessin est de bonne qualité. Il est agréable à lire, dans un beau noir, blanc et teintes de gris qui, comme l'un de mes prédécesseurs le dit, rappelle effectivement un peu le style graphique de Will Eisner. C'est une bonne BD historique autant que biographique qui a le mérite de raconter de l'intérieur et de manière claire le combat pour la liberté raciale aux USA depuis le début des années 50 jusqu'à la fin des années 60, mais par extension aussi jusqu'à nos jours finalement.

24/10/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Le dessin en noir et blanc m'a tout de suite séduit car il va à l'essentiel. C'est un peu un trait à la Will Eisner. Bon point d'emblée car il y a une maîtrise graphique jusque dans les nuances. On va commencer ce documentaire par l'investiture du Président américain Barack Obama et ce que cela pouvait représenter pour les anciens black qui se sont battus pour l'égalité des droits. Le mouvement des droits civiques est le sujet principal de cette oeuvre. On va suivre la vie du député John Lewis qui est très connu dans son pays. Bref, on aura droit à un témoignage assez poignant de ce qui se passait aux States durant les années 60. Pour autant, certaines scènes m'ont beaucoup trop rappelé l'excellent film Le Majordome. C'était presque un copier-coller. Rien de nouveau pour moi par conséquent. Ceci dit, je peux concevoir que les mêmes faits produisent les mêmes effets. J'ai bien aimé le message de paix et de non-violence face au racisme et à la brutalité des gens. Ce genre de situation me rappelle que cela pourrait un jour nous arriver également. Bref, une oeuvre référence.

08/04/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 3/5
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Qu’on se le dise, on n’est pas là pour rigoler ! Le combat pour la liberté est une chose sérieuse, et ces militants courageux évoqués dans l’ouvrage forcent le respect par leur détermination à vouloir démasquer un Etat policier et violent recroquevillé dans le Sud des USA, dissimulé sous la majestueuse bannière étoilée. Le trait noir et blanc de Nate Powell rappelle un peu celui de Will Eisner, en moins enlevé cependant. La mise en page se veut dynamique et tente d’alléger ce récit dense qui intègre certains codes du thriller. Malheureusement, l’alchimie ne fonctionne pas si bien, et au fil des pages, la lassitude gagne malgré l’intérêt du propos. Certes, on est révolté devant la description des brimades ouvertement racistes infligées à ces militants, non seulement par les policiers mais aussi par les civils blancs. Mais cela ne suffit pas pour produire une œuvre remarquable. La narration, quelque peu brouillonne, semble s’étioler sous la répétitivité des scènes et la quantité d’anecdotes qui n’apportent rien, tant s’en faut. J’avoue moi-même avoir été parfois obligé de revenir en arrière après avoir perdu le fil… Si le scénario, conçu par John Lewis lui-même et son assistant parlementaire Andrew Aydin, soulève difficilement l’enthousiasme, la description des techniques d’action non-violente inspirées de Gandhi est en revanche ce que j’ai trouvé de plus pertinent. On se rend bien compte que cela ne consistait pas seulement à rester planté les bras ballants à un endroit. Il fallait une bonne dose de sang froid et de courage à ces militants, car leur pacifisme affiché n’empêchait pas la violence de l’autre camp, et semblait même parfois la décupler. L’intérêt de l’ouvrage, également historique, évoque à la fin du tome 2 la grande marche du 28 août 1963 à Washington avec les discours de John Lewis et Martin Luther King. Aujourd’hui, on mesure le chemin parcouru. Barack Obama (plusieurs fois évoqué dans le récit) a été réélu à la Maison Blanche, même s’il arrive régulièrement que la police abatte encore les Noirs comme des lapins.

29/06/2015 (modifier)