Le Château des Animaux
Rire, c’est déjà ne plus subir.
BD à offrir Best of 2010-2019 Best-of des 20 ans du site Casterman Ecole Emile Cohl George Orwell Les meilleures séries courtes Sociétés animales
Quelque part dans la France de l’entre-deux guerres, niché au cœur d’une ferme oubliée des hommes, le Château des animaux est dirigé d’un sabot de fer par le président Silvio… Secondé par une milice de chiens, le taureau dictateur exploite les autres animaux, tous contraints à des travaux de peine épuisants pour le bien de la communauté… Miss Bengalore, chatte craintive qui ne cherche qu’à protéger ses deux petits, et César, un lapin gigolo, vont s’allier au sage et mystérieux Azélar, un rat à lunettes pour prôner la résistance à l’injustice, la lutte contre les crocs et les griffes par la désobéissance et le rire…
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Editeur
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| Date de parution | 18 Septembre 2019 |
| Statut histoire | Série terminée 4 tomes parus |
Les avis
Avant de découvrir Le Château des Animaux, je craignais qu’il soit nécessaire d’avoir lu La Ferme des animaux pour en apprécier toute la portée. Finalement, cette série se suffit largement à elle-même. Le parallèle politique est remarquablement construit, avec une satire fine qui ne tombe jamais dans la démonstration lourde. Le récit progresse avec beaucoup de maîtrise : pas de temps mort, pas de superflu, chaque scène fait avancer l’histoire ou enrichit le propos. Les quatre tomes forment un ensemble particulièrement cohérent. Les personnages sont eux aussi une grande réussite. Chacun trouve naturellement sa place dans l’allégorie et incarne une idée ou un rôle sans jamais perdre son épaisseur. Le message est fort, mais suffisamment nuancé pour laisser le lecteur réfléchir par lui-même. C’est le genre de série qui donne envie d’être relue quelques années plus tard pour en saisir de nouvelles subtilités. Graphiquement, c’est superbe. Le trait, doux et sensible, contraste avec la dureté du récit et renforce son impact. Le choix d’animaux aux apparences parfois presque enfantines, associés à des rôles sociaux très évocateurs, fonctionne à merveille : cette esthétique un peu native apporte une profondeur supplémentaire à une histoire pourtant très mature et d’une grande lucidité sur les rapports de pouvoir et la nature humaine.
Je vais ajouter mon grain de sel, mais est-ce vraiment nécessaire ? Je plussoie à ce qu’ont dit moult de mes prédécesseurs, on est là dans le haut du panier. Ce qui saute aux yeux dès les couvertures, c’est la beauté du dessin. Ces expressions sur des animaux qui gardent leurs postures animales, c’est du grand art. Les décors, la colorisation, la souplesse du trait et la mise en scène contribuent à nous immerger dans le récit. Une belle adaptation / réinterprétation de la fable d’Orwell, où il s’agit cette fois de faire tomber le dictateur Sylvio, taureau de son état, protégé par sa meute de chiens qui fait régner l’ordre et le servage dans cette « ferme -château ». Mention spéciale au rat Azélar, référence évidente à Gandhi avec ses lunettes, qui enseigne à la faible chatte craintive Miss Bengalore (tiens, encore l’Inde) les subtilités de la désobéissance passive et de la révolution non violente. J’ai apprécié que beaucoup de personnages ne soient pas complètement monolithiques, en particulier chez les chiens, et qu’ils puissent même infléchir leur attitude avec l’évolution de leur statut social. Bon, comme le dit Lodi, la révolution pacifique ne porte pas ses fruits dans la réalité (si Gandhi avait été inhumé, il se retournerait dans sa tombe en voyant vers où le gouvernement indien a évolué). Ça reste une fable où l’histoire finit bien – enfin pas pour tout le monde, même chez les gentils – et c’est bien comme ça, une jolie petite leçon de pacifisme ne fait de mal à personne. La série est dans le thème BD à offrir. Ça tombe bien, on me l’a offerte, les quatre tomes d’un coup. Ce fut un beau cadeau.
Quand j’ai ouvert le premier tome du Château des Animaux, j’ai senti immédiatement que j’entrais dans une œuvre rare. J’ai acheté les quatre tomes en édition luxe, et dès les premières pages, j’ai compris que j’avais entre les mains quelque chose d’exceptionnel. C’est beau, c’est intelligent, c’est puissant. On sent évidemment l’inspiration de La Ferme des animaux d’Orwell, mais jamais comme une copie : ici, c’est une réinterprétation sensible et moderne, une fable politique qui prend sa propre ampleur. Ce qui m’a frappé en premier, c’est l’atmosphère. On est plongé dans un château sombre, oppressant, où les animaux sont soumis à un régime brutal mené par un taureau tyrannique. Et pourtant, au milieu de cette noirceur, une petite lueur persiste : celle de l’espoir, fragile mais tenace. J’ai ressenti une empathie immense pour Miss Bengalore et les autres animaux qui rêvent de liberté. Le récit parle de courage, de révolte, mais surtout de résistance non violente. Et ça, je ne m’y attendais pas. Cette approche apporte une profondeur incroyable : on ne suit pas juste une lutte, on suit une philosophie. Les dessins, eux, m’ont laissé bouche bée. Les planches sont d’une finesse incroyable, chaque animal a une expression presque humaine, un regard chargé d’émotion. Les ambiances sont sublimes : les jeux d’ombre, les lumières, la texture des fourrures, même les silences semblent dessinés. À plusieurs moments, j’ai dû m’arrêter juste pour contempler une page. Félix Delep livre un travail qui, franchement, mérite d’être vu en grand format – d’où mon immense satisfaction d’avoir choisi l’édition luxe. Et puis, au-delà de l’esthétique, cette BD fait réfléchir. Beaucoup. Elle parle du pouvoir, de la peur, des masses qui se résignent, du courage de quelques-uns qui refusent d’abandonner. Elle m’a rappelé que les révolutions ne commencent pas toujours avec des cris, mais parfois avec un geste simple, un refus, un sourire, une main tendue. En refermant le quatrième tome, j’ai ressenti un mélange d’admiration et de mélancolie. Cette série, pour moi, c’est un 5/5 impeccable : une œuvre riche, humaine, magnifiquement dessinée et profondément inspirante. Le genre de BD qu’on relit, qu’on montre, qu’on conseille et qu’on garde précieusement dans sa bibliothèque.
Superbe réinterprétation de “La Ferme des Animaux”. L’auteur s’inspire de l’idée originale de George Orwell et prend beaucoup de libertés, ce qui aurait pu être un exercice délicat. Il parvient à transformer cette réinterprétation en une œuvre tout à fait réussie de mon point de vue. Les libertés prises par Xavier Dorison avec le récit de base sont non seulement audacieuses mais aussi bien exécutées, ajoutant une dimension nouvelle et pertinente à l’histoire sans trahir l’essence du message original. Le récit est fluide et se lit avec facilité. Cette fluidité s’accompagne parfois d’un manque de subtilité dans le déroulement de l’intrigue. Certaines transitions et développements semblent conçus pour rendre le récit plus accessible au grand public, ce qui peut en ôter un peu de la profondeur et de la nuance. Cette approche est efficace pour toucher un large lectorat, mais elle m’empêche de lui donner une note parfaite. Le dessin de Felix Delep et la mise en couleurs de Jessica Bodard sont remarquables. Chaque page est un véritable plaisir pour les yeux, avec des illustrations qui capturent parfaitement l’atmosphère de l’histoire et les émotions des personnages. La mise en page est également excellente, avec une composition qui guide le lecteur de manière intuitive et renforce l’impact visuel du récit. Les scènes clés sont particulièrement bien mises en valeur, offrant des moments mémorables et saisissants. En somme, cette réinterprétation de “La Ferme des Animaux” est une très belle surprise. Bien que j’aurais apprécié un peu plus de subtilité dans certains aspects du récit, l’ensemble est une réussite. Le travail de l’auteur, tant sur le plan narratif que visuel, mérite d’être salué. C’est une œuvre qui ravira autant les fans de l’original que les nouveaux lecteurs, offrant une nouvelle perspective sur une histoire intemporelle.
En magasin la première de couverture m'a captivité et la lecture était passionnante ! La morale, les idées démocratiques, sociales et solidaires me fascinent ! Le fait de dénoncer la dictature, la corruption tout en écrivant une histoire aussi follement captivante, incroyable !
Du pur bonheur cette série !! 2 auteurs au diapason pour régaler le lecteur, j’ai hâte de connaître la conclusion et pourquoi pas revoir la note à la hausse. Pour faire court, j’ai tout aimé. Du très très bon Dorison, un récit intelligent, bien construit, des personnages réussis. Je manque d’adjectifs mais à mes yeux vraiment une belle qualité d’écriture. Je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais ici il me surprend plus que positivement. Il rend un bel hommage à la ferme des animaux. Une bd ne serait rien sans la partie graphique, Felix Delep fait une entrée remarquable dans le monde du 9eme art, que dire sinon : Quel talent !! Les animaux sont exquis, découpage et couleurs aux petits oignons, ça envoie du lourd. Une réalisation de haute volée pour un récit hyper prenant, je dis OUI !!, bravo et merci.
Après lecture des 2 premiers tomes qui m'ont attiré de par leurs très jolies couvertures ! Il s’agit d’une bd animalière politique très agréable à lire. En préface Xavier Dorison cite ses diverses sources d’inspiration dont « La ferme des animaux » de George Orwell. Pour les intéressés, le film « L’ombre de Staline » dépeint la genèse de ce roman. Cette bd narre une dictature imposant des mesures spoliatrices et liberticides aux individus sous prétexte du bien collectif : au final la loi du plus fort règne et non l’état de droit. Comment se défendre d’un tel système autoritaire ?, c’est le propos des deux premiers tomes. Le débat par rapport au fait de renverser la dictature par les armes ou par la non coopération non violente m’ont rappelé le prêtre (Jeremy Irons) et le mercenaire (Robert de Niro) dans le merveilleux film « Mission ». Jeremy Irons répondant à De Niro « si la seule possibilité pour gagner est de prendre les armes alors ce monde n’est pas pour moi, je ne saurais y vivre ». Relater cette thématique sous forme de fable avec des personnages animaliers est une excellente idée. Le symbolisme des animaux donne au propos une intensité plus forte que ne l’aurait fait une histoire avec des humains. Du coup, cette bd prend un air sympathique de fable de la Fontaine. La présence des animaux rend aussi la lecture de ce drame plus ludique. Le graphisme et la colorisation sont très réussis, ne font pas Walt Disney, ce qui aurait pu être une facilité et un écueil pour une bd animalière ; de surcroît le dessin est très accessible. Pour terminer, l’action est bien présente, il y a de nombreux rebondissements. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture, j’ai dévoré ces premiers tomes, j’attends avec impatience les deux prochains.
Ma meilleure lecture de 2021, et de loin ! Bon, après l'année ne fait que commencer, mais cette série risque bien de finir dans mon top 5 de 2021. Je n'ai pas lu le livre d'Orwell. Je commençais donc ces deux tomes sans aucun a priori ou attente. J'en ressors bouche bée, j'ai lu 2 fois de suite les 2 albums. Dès les premières pages, je découvre des planches dures, remplies d'émotions et de terreurs. On assiste à une dictature vraiment terrifiante sur une population fragile et fatiguée. Cette dernière, menée par une chatte, va tenter de lancer une insurrection avec comme seule arme : la dérision. Rapidement, le lecteur est tout aussi désespéré que la population. A chaque fois qu'un souffle d'espoir nous effleure, on est immédiatement balayé par la tempête de cette dictature implacable. On n'y croit plus, on abandonne... Les dessins de Delep contribuent largement à cette ambiance. Les personnages sont remplis d'émotions (véritable prouesse pour des animaux anthropomorphes), les décors sont à la fois somptueux et grandioses, mais surtout froids et mélancoliques. Les couleurs sont subtilement choisies: elles accentuent la sévérité de l'album, tout en rendant la lecture fluide et naturelle. Maintenant je vous rassure, tout n'est pas triste et morose dans le Château des Animaux. Nous avons même le droit de sourire grâce à la présence de la souris vagabonde, du lapin fornicateur et nounou et de diverses scènes où la basse cours se relâche, nous permettant nous aussi de souffler. Cette histoire m'a profondément touché. Coup de maître de Dorison? Plagiat du roman d'Orwell? Ce qui est sûr, c'est que je vais rapidement me lancer dans la lecture de ce roman afin de répondre à mes interrogations. 5 étoiles et coup de cœur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Quelle belle suite spirituelle à La Ferme des Animaux de George Orwell ! Comme dans le roman, nous sommes placés dans un cadre d'animaux qui se sont construit une société à l'écart des hommes et où les travers du pouvoir politique ont fait en sorte qu'ils vivent désormais dans un état totalitaire assez abject. Sous couvert de les protéger contre des attaques de loups imaginaires et sous prétexte de préserver leurs réserves de nourriture, les animaux les plus forts et au pouvoir rationnent et font trimer les autres en faisant régner la loi par la force mais aussi par l'hypocrisie et la manipulation. Lentement mais sûrement la contestation se met en place. Et avec l'aide de l'héroïne, une brave mère chatte, d'un lapin gigolo sympathique et d'un sage rat ménestrel, une solution pacifique tente d'être trouvée pour faire plier les forts sans entraîner de bain de sang. C'est finement raconté, avec de très bons personnages et beaucoup d'intelligence. Le dessin est en outre superbe ! Les animaux anthropomorphes y sont aussi expressifs que ceux de Disney, avec une maîtrise technique rappelant le trait de Juanjo Guarnido (Blacksad). Décors et couleurs ne sont pas en reste. On peut prendre un pur plaisir à admirer les planches et à y revenir après lecture. Pour ne rien gâcher, les albums sont denses et épais ce qui permet de les savourer encore plus longuement. Vivement la suite !
Inutile de tergiverser longtemps sur ce fait : oui, si le titre du Château des Animaux vous en rappelle un autre écrit par George Orwell et devenu rapidement un classique, ce n'est nullement un hasard. Xavier Dorison le scénariste balaye toute ambiguïté à ce sujet dès sa préface s'il en subsistait encore une. Le Château des Animaux sera donc une relecture, une réinterprétation des écrits de l'auteur de "1984" car "si George Orwell avait vu juste, il n'avait pas tout vu." Et c'est exactement ce que ce premier tome propose d'une façon bien plus intelligente qu'opportuniste. Exit les origines de la République des Animaux, les deux premières pages nous envoient dans le vif du sujet. Là où Orwell racontait la mise en place d'une dictature animale, l'histoire narrée ici prend directement place après les ultimes pages du roman. Mais l'histoire est différente, les cochons staliniens sont remplacés par des chiens au service de Silvio, un immense taureau proclamé également président. Pour que ce château également déserté par les hommes puisse devenir autonome, toute la basse-cour est mise à contribution pour des tâches ingrates de maintenance et de production. Gare à la protestation car le malheureux animal sera dévoré par les molosses canins en guise de répression. Face à cette violence ordinaire, le quotidien subsiste et une lueur d'espoir va naître d'une idée toute bête : pourquoi ne pas tourner les bourreaux en dérision ? Dorison assume pleinement sa position "Flower Power" manigancée par une chatte ouvrière, un rat adepte de Gandhi ainsi qu'un lapin serial reproducteur. Les dessins de Félix Delep dont c'est ici le premier album proposent une ligne claire intéressante et aux détails précis. Grandement inspiré du style de Don Bluth, ses illustrations prêtent à l'admiration, au sourire et même à l'indignation dans certains passages plus durs, le tout avec une élégance de style et de cadrage. On pourra juste déplorer certaines perspectives (Bengalore la chatte est parfois plus imposante que César le lapin puis de taille presque identique) ainsi que la taille riquiqui de certains phylactères pas adaptée pour les vieux yeux du lecteur mais les pages fourmillent de tant de vie et d'enthousiasme que l'on est porté de la première à la dernière page. Voici une bien belle découverte qui prolonge l'idée initiale d'Orwell tout en se détournant du plagiat de façon plutôt subtile en espérant que la suite soit du même acabit tant ce démarrage tonitruant semble avoir délivré beaucoup de ses atouts... Une excellente surprise.
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