Les Passagers du vent

Note: 4.17/5
(4.17/5 pour 64 avis)

Isa et ses compagnons vont nous faire vivre une grande aventure romanesque durant le XVIIème siécle. De l'Angleterre et la France vers l'Afrique puis les Caraïbes, c'est à travers la traite des noirs qu'une partie de la vie d'Isa, de Marie, ou encore d'Hoel va se dérouler sous nos yeux.


1643 - 1788 : Au temps de Versailles et des Lumières Afrique Noire Auteurs complets Best of 1980-1989 Caraïbes Circus Delcourt Esclavage Les Roux ! Vaudou Vieux gréements

Isa est une jeune fille 'chanceuse', issue de la noblesse. Elle ressemble curieusement à une autre petite fille. Cette ressemblance prendra un caractère tragique au cours d'un jeu ou les deux fillettes échangeront leur nom. Suite à un évènement inattendu, cet échange sera définitif, et obligera Isa à accepter sa nouvelle situation... Une fois l'histoire en place, les personnages vont refaire le parcours du "commerce triangulaire". Ils vont voyager dans divers pays, plus pour fuir et subir le cours des évènements que par choix ou liberté. Ils se rendent en Europe, en Afrique, dans les Antilles.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1980
Statut histoire Série en cours - cycle(s) terminé(s) (Un cycle de 5 tome + un cycle de 2 tomes + ...) 8 tomes parus
Couverture de la série Les Passagers du vent
Les notes (64)
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11/09/2001 | Renardrouge
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Par Ber
Note: 5/5
L'avatar du posteur Ber

Incontournable. Indispensable. Immanquable. Le premier cycle date des années 80 mais n’a pas pris une ride. La méticulosité de l’auteur l’a préservé des ravages des modes. Bourgeon nous raconte une histoire dans un décor finement planté et nous embarque avec son Isa à travers les océans découvrir les terres nouvelles et les horreurs dont les Hommes sont capables. Plus contemplatif, le second cycle était attendu au tournant. Ben, il tient largement la dragée haute au premier. Les décors de bayou et de plantations fourmillent de détails. Les traits des visages se sont affinés. Là encore, comment ne pas se laisser porter par Zabo et Isa dans cette Louisiane en guerre? Le troisième cycle me laisse plus circonspect. L’atmosphère du Montmartre de la Commune est parfaitement représentée. Bourgeon a construit, après recherches sur plans et photos d’époque une maquette du quartier pour s’assurer de la cohérence de ses décors. C’est très beau mais d’une telle précision et relève d’une telle exigence de fidélité que ça finit par manquer d’âme à mon goût. Espérons que, dans le second tome, le personnage de Klervi prenne un peu d’ampleur. Au-delà des immenses qualités du dessin, ce sont peut-être ces héroïnes en avance sur leur temps qui donnent un côté indémodable à cette BD.

17/10/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
L'avatar du posteur gruizzli

Je ne savais pas à quoi m’attendre en lisant cette série, mais sans doute pas à la finir à trois heures du matin, sans avoir pu décrocher un seul instant, et des larmes pleins les yeux. Et la claque que ça met ! Je comprends maintenant pourquoi cette BD fait partie des immanquables, et je me sens bête de ne pas avoir tenté de le lire plus tôt. Vraiment, cette série est … exceptionnelle. Rien que le dessin qui est celui de Bourgeon, précis et travaillé, documenté. Je lui reprocherais des cases parfois un peu trop chargée et de petites tailles, ou des planches très remplies (surtout en texte), mais une fois dans le bain, on lit l’ensemble sans jamais lâcher. C’est saisissant de remarquer qu’on a dévoré les tomes les un après les autres sans jamais le remarquer. Et que dire de ce scénario … Une maîtrise de l’aventure, le souffle romanesque et l’épopée maritime, digne des plus grands auteurs du genre. On est pris dans la tourmente des navires et des esclaves, dans cette période complexe de la fin du XVIII ème siècle, entre commerce triangulaire, révolutions et considération raciales. Dans cette tourmente, les personnages sont tout le pivot sur lequel l’histoire va s’articuler. Des personnages hauts en couleur, à commencer par le femmes (et je note que Bourgeon est un auteur qui sait s’y prendre pour représenter des femmes fortes) et surtout Isa. Si Mary et Hoel ne sont pas en reste, c’est bel et bien Isa qui porte toute cette histoire et qui marque. Sa fougue, son impétuosité, sa hargne et sa verve en font un de ces personnages qu’on aimerai rencontrer en vrai. Ne serait-ce que pour parler quelques minutes, tant elle semble réel à travers les pages que Bourgeon nous dévoile. Et je dois être le seul à penser ça, mais en lisant la série d’une traite, je n’ai pas été particulièrement choqué par la coupure entre les premiers volumes et le tome 6. On bascule d’un univers maritime au bayou et le dessin a évolué, mais j’ai trouvé une continuité de narration et de récit qui m’ont ravi. J’étais tout autant transporté dans ces marais de Louisiane que dans ces bateaux bravant les océans. Et il y aurait encore tant à dire : sur la place des femmes dans un monde d’homme, sur les considérations racistes, sur la violence ou sur la paix, sur le regard des blancs sur les noirs, des noirs sur les noirs, du faible sur le fort … Cette BD, c’est plein de sujets qui sont traités avec un regard rapide, une petite observation dans une grande et belle histoire. C’est magnifique, c’est superbe. J’ai déjà hâte de pouvoir le relire. Cette série, c’est une claque dans la gueule en même temps qu’une plongée dans une histoire. J’en suis ressorti hagard et émerveillé, les larmes aux yeux d’avoir vécu une telle aventure. Et la compagnie de Isa va me manquer dans les prochains jours. C’est vraiment là une belle BD, une BD à lire et que je ne peux que vous conseiller chaudement. Bon dieu, j’en lis des trucs bien en ce moment, mais quand ça sort du lot comme ça, il faut vraiment le signaler. Si vous avez le moindre doute, ruez-vous dessus.

03/02/2018 (modifier)

Je voudrais faire court. Ce n'est pas aisé il y a tant à en dire : Grandiose, incomparable et surtout admirable. Découpage ciselé avec maestria, sens de l'ellipse remarquable, densité du récit, protagonistes principaux et secondaires caractéristiques, dessins somptueux, concordance pointilleuse et rigoureuse des différents épisodes avec l' Histoire, narration et dialogues impeccables, couleurs délicieuses. Bourgeon ne cède à aucun à peu près, et confère à cette série une dimension pharamineuse et saillante. En un mot donc : admirable. Admirable car, comme la définition du mot l'indique, ce travail mérite et attire l'admiration. François Bourgeon en impose dans le monde de la bande dessinée et c'est bien normal.

24/09/2015 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Très bonne série. Je me suis hélas arrêté au quatrième tome. Je compte reprendre cette lecture. Le premier album m'avait marqué par son réalisme et sa violence (le passage où une jeune femme agonisante a le corps broyé par un canon me fait encore froid dans le dos). La suite est dans la même veine (Des suppliciés enduits de miel et dévorés vivants par des fourmis). C'est aussi et surtout une très bonne série d'aventure. Je pense que c'est d'ailleurs la bd qui mêle le mieux ces deux aspects : réalisme et aventure. Le dessin assez sec est d'une grande rigueur.

22/05/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

C’est probablement la série qui m’a fait entrer dans le monde de la bande dessinée adulte, il y a bien longtemps – je devais avoir une quinzaine d’années. Si une partie de l’arrière plan historique m’avait peut-être échappé à l’époque, j’avais été captivé par ce grand récit d’aventure, avec des personnages à la personnalité affirmée. Et probablement aussi attiré par les personnages féminins et leur anatomie tout aussi affirmée !... Par contre, je n’avais pas été rebuté par la profusion de termes de marine, car je lisais avidement à l’époque les aventures de Richard Bolitho écrites par Alexander Kent. J’ai depuis régulièrement relue cette série, la dernière fois après la parution des deux derniers tomes. C’est par eux que je veux commencer, car ils ont failli me pousser à ne mettre que 4 étoiles. Failli seulement il est vrai… D’abord ils ont été publiés longtemps après le reste de la série, cette coupure se ressentant dans le dessin, et étant accentuée par la coupure dans l’intrigue. Moins « maritime », on est là dans un épilogue répondant aux questions que se posaient les lecteurs de cette série à propos du devenir des personnages principaux. Le ton est aussi différent (l’auteur a muri aussi bien sûr). Mais au final, j’ai quand même bien aimé ces deux albums : le dessin est excellent ! C’est juste que le rythme est plus lent, le temps se dilate, mais on le prend avec Bourgeon, ce temps (aurait-il dû ne faire qu’un tome supplémentaire ? Peut-être, mais bon…). Un peu moins aimé quand même que le reste, mais pas au point d’enlever cette étoile à la série. Car je dois dire que pour les cinq albums de la première partie, même si je concède quelques « retombées » dans l’action, je reste encore admiratif du scénario de Bourgeon – ce n’est d’ailleurs pas la seule série de lui que je place très haut ! (il faut lire aussi Le Cycle de Cyann ou Les Compagnons du Crépuscule). Il a su restituer un monde, une époque, le commerce triangulaire, l’aventure outremer, le petit monde de la marine, grâce à un travail incroyable de recherche (plusieurs livres ont été publiés depuis sur son travail, maquettes à l’appui – livres d’ailleurs à découvrir !). C’est d’autant plus bluffant que ça n’alourdit pas le scénario, bien au contraire. Chapeau bas monsieur Bourgeon ! Certains tiquent de voir Bourgeon abuser d’héroïnes peu farouches, aux formes que leurs vêtements plus ou moins mouillés dévoilent parfois trop. Si cette touche d’érotisme avait beaucoup fait pour m’attirer lors des premières lectures d’adolescent, je considère encore qu’il n’y a là aucune fausse note. Atypiques, ses héroïnes le sont, certes. Mais pas improbables (il n’y a qu’à voir la littérature du XVIIIème siècle, de Laclos à Sade pour leur reconnaître une parenté avec les créatures de Bourgeon). En tout cas, c’est pour moi un plus pour le lecteur que je suis. Un érotisme qui s’intègre à l’épopée et lui donne encore plus de souffle. Le dessin lui est vraiment très bon – et c’est souvent peu de le dire ! Et il ne fait vraiment pas son âge je trouve. S’il a bien sûr évolué – voir ma remarque concernant les deux derniers albums, il a d’emblée été remarquable, et l’est resté. Cette remarque est valable pour les décors comme pour les personnages. C’est donc tout autant les qualités intrinsèques de cette série qui me font la considérer comme culte, mais aussi l’importance qu’elle a eu dans ma découverte de la bande dessinée adulte, et dans la bande dessinée tout court d’ailleurs. Une grande histoire à lire et relire, c’est ample et détaillé, c’est lyrique et dépouillé, c’est une grande œuvre que tout amoureux de bande dessinée se doit d’avoir lue !

28/01/2014 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Cycle 1 à 5 **** 6-1 ** 6-2 *** Friand de fresques aventureuses et maritimes, j'ai pris un pied magistral dans la découverte de cette série (je parle principalement du premier cycle). Bourgeon, par son trait magnifique (même s'il existe quelques scories ici ou là), un scénario de qualité et son érudition sur cette période nous livre une saga grandiose au fil de laquelle il dresse un constat tour à tour de la place du peuple vis à vis de la noblesse, de la place de la femme, sur la traite africaine, l'esclavagisme, le rôle particuliers du clergé. Il utilise comme souvent des héroïnes fortes et qui se révèlent de véritables "survivantes" (d'où la réaction de Mary suite à son viol et qui prend le parti de survivre dans cette situation dramatique) et qui vont révéler page après pages toutes ces critiques. L'érotisme omniprésent peut paraître putassier mais il souligne également bien les mœurs de l'époque et la géométrie variable de la morale. Et comme il croque bien les corps féminins, ça se laisse lire. Les reproches sur le côté bavard et le manque de traduction ne m'ont pas véritablement gêné, ça m'a certes obligé à une gymnastique intellectuelle mais a donné du corps à son œuvre (lire Alexander Kent est une formidable école pour connaître un peu mieux le jargon de la marine de ces époques). Après, le second cycle est plus dispensable. Il aurait également pu se livrer en un tome unique. Si Bourgeon semble vouloir nous dépeindre la suite logique du traitement infligé aux esclaves, il se perd avec ces deux personnages qui ne "servent" à rien dans cette aventure. Ils nous permettent juste de comprendre la suite de la vie d'Isabeau mais l'introduction est bien longue. Malgré tout, une série incontournable.

04/10/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Incontournable de la BD historique et d'aventure, et même de la BD tout court, vite devenue un classique dès sa parution dans Circus en 1979, cette bande consacre le talent d'un auteur exigeant au summum de son art, qui parvient à captiver un large public par une histoire riche et profonde, sans trop de lourdeurs. Les clefs de ce succès sont multiples : * riche documentation sur la marine à voiles du XVIIIème siècle, dont Bourgeon est passionné, ce qui rend une exactitude rarement atteinte à l'époque; chaque cordage ou hauban sont à leur place. * dessin fouillé enrichi de belles couleurs auxquelles l'auteur attache une grande importance. * écriture généreuse au texte parfois envahissant. * caractères bien sentis des personnages , surtout ses héroïnes impudiques dont se dégage une sensualité étrange. A l'arrivée, un savant cocktail d'exotisme, d'aventure et d'érotisme. Une recette infaillible, qui va influencer d'autres auteurs. Son héroïne centrale est Isa, brune capiteuse en contradiction totale avec le cliché de la femme du XVIIIème, soumise à l'autorité masculine; un pari risqué puisque la femme de ce siècle n'avait guère de choix dans sa destinée. Maîtresse de son destin, Isa est très émancipée et de moeurs libres, et fuyant justement un carcan social qui l'étouffe, elle s'embarque sur un voilier vers l'Angleterre, puis sur un bâteau négrier où elle connaîtra, en même temps que ses compagnons Hoël et Mary, des aventures mouvementées et romanesques. La série se décline en 5 albums (dont on attendait avec impatience chaque sortie), et fut une sorte de pionnière dans le système des sagas historiques réalistes de chez Glénat, genre qu'elle engendra et qui toutes s'épanouiront dans le mensuel Vécu, en s'appuyant sur une documentation sérieuse. En 2009, la série reprend vie, Bourgeon avait laissé une fin ouverte dans le tome 5, et reprend ainsi 25 ans après le destin de ses héros, à la fois une suite et une nouvelle histoire. Maintenant, est-ce que la série est exempte de reproches ? Je dirais non, car elle multiplie certains défauts qui peuvent gêner certains lecteurs, moi le premier: * on relève un texte trop abondant par endroits * le vocabulaire de marine aurait gagné en clarté par des astérisques explicatifs * il y a des pages où il ne se passe pas grand chose; cet étirement mieux maîtrisé aurait pu éviter un album * un érotisme un brin racoleur parfois agaçant et non justifié. Mis à part ça, "les Passagers du vent" reste une grande Bd qui a marqué les esprits; c'est un cap important dans la BD dite adulte et intelligente, on ne peut que la recommander.

03/07/2013 (modifier)

J'avais commencé cette série il y a bien longtemps et elle m'était tombée des mains. Quelques années plus tard, voici que j'ai retenté l'expérience. Ouverture du premier tome. Dès les premières pages, il y a quelques situations auxquelles j'ai du mal à croire. Les albatros qui tuent l'homme à la mer (un doute mais je commence à tiquer), la réaction théâtrale de Hoel quand il arrache le corsage d'Isabeau, celle-ci qui tue un rat en lançant un couteau (ben voyons) puis coupe une corde avec une balle de fusil XVIIIème à quelques dizaines de mètres, tout ça dans les dix premières planches... Ça ne me gênerait pas dans tout type de BD mais ici, cela se heurte au dessin et au ton réalistes. Pour mémoire, en tir sportif à dix mètres, l'anneau à 9 points fait déjà 5,5 mm de diamètre... Ensuite, les choses s'arrangent, et j'ai passé de très bons moments durant les tomes 1 et 2. Et puis tout d'un coup, pour les tomes 3 à 5 (voire 6 et 7), l'esclavage devient une thématique principale de la série, alors que les deux premiers tomes n'en parlaient pas ! Pourquoi pas, me dis-je; en cours de route, l'auteur évolue, redéfinit son projet, l'œuvre est vivante, tout ça tout ça... Au moins, on ne va pas dire que c'est calibré, formaté. Reste que comme les personnages, le scénario s'enlise et qu'au moins les tomes 3 et 4, voire 5, auraient gagné à être condensés en un seul. Ça m'a presque fait le même effet que le dernier tome des Compagnons du Crépuscule: beaucoup de pages où il ne se passe pas grand chose... Tomes 6 et 7. Au début, on croit qu'il s'agit de la vie de Zabo. Mais en fait non : les 53 premières planches ne servent que d'introduction au flash-back pour nous raconter les 80 dernières années de la vie d'Isabeau ! Construction très bizarre et un peu perturbante... On doit bien reconnaître que l'auteur est très sérieusement documenté. Cependant, j'ai eu l'impression d'être mis à l'écart : beaucoup d'allusions à des faits historiques ne sont pas expliquées, des éléments culturels ou des notions de marine sont balancées sans explication. Niveau résultat, c'est comme si on m'étalait sa science au lieu de me la faire partager... De même, la plupart de dialogues en diverses langues (anglais, créole, français cadien, vieux français, vocabulaire français de marine) ne sont pas traduits. Super pour recréer l'ambiance, mais à force de décrypter les dialogues, ça finit par me saouler. Idem pour le français approximatif de Mary: déjà, le type de faute qu'elle fait n'est pas toujours crédible; et surtout, ça enlève inutilement de la fluidité à la narration. En parlant de langage... que c'est bavard! Certains dialogues pourraient être raccourcis, ou alors mieux insérés, mieux équilibrés avec la narration graphique. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le texte est souvent à l'étroit dans les phylactères. Heureusement, cela s'arrange dans les tomes 6 et 7. Les traits d'esprit des tomes 1 et 2 m'ont souvent fait sourire, mais ils se font trop rares ou trop laborieux dans les tomes suivants. Idéologiquement, c'est féministe, plutôt anti-cléricaliste, anti-militariste, anti-esclaviste et tout un tas de mots en -iste qui ne peuvent que m'être sympathiques. Cependant, tome 5 planches 23-24, le traitement de la scène m'a franchement surpris voire un peu choqué. Notamment, Mary semble tout de suite avoir beaucoup de recul, limite: "ce n'est pas si terrible"... Désolé si je suis un béotien qui a mal interprété l'intention de l'auteur, mais c'est quand même bizarre. Le dessin a été loué par beaucoup, et à juste titre: c'est bien sûr dans le haut du panier ! Mais je n'ai pas toujours été émerveillé et j'ai même parfois tiqué: tome 2 planche 24 par exemple, la perspective est chelou. Autre exemple: tome 5 planche 29, un des seuls dessins pleine page de la série, que je trouve moyennement réussi (étant entendu que nous sommes dans le haut du panier). Le graphisme parvient à un nouveau stade aux tomes 6 et 7 mais malgré son indéniable qualité, je n'ai pas totalement accroché, peut-être à cause de la technique d'encrage utilisée, avec pas mal de petits points noirs. Par ailleurs, le visage de Zabo ne se ressemble pas toujours très bien d'une case à l'autre. Mais graphiquement, ce qui m'a le plus gêné, ce sont de sérieux problèmes de mise en page et de cadrage. Petites cases insérées dans les grandes cases (pas toujours avec une raison esthétique ou narrative), bulles qui dépassent sur la case d'à-côté... On a souvent l'impression d'être à l'étroit. Dommage pour une série d'aventure et de grands espaces ! Heureusement, cet aspect s'arrange dans les tomes 6 et 7. Les points positifs ayant été largement commentés, je ne les ai pas énormément développés ici. Mais je les reconnais volontiers, j'ai passés de bons moments et il me paraîtrait difficile de mettre en-dessous de 3 étoiles à cette série incontournable dans l'histoire de la BD francophone et de la BD historique. La fille sous la dunette Le ponton Le comptoir de Juda L'heure du serpent Le bois d'ébène La petite fille Bois-Caïman (2 tomes) Au fait, carton jaune pour l'éditeur : tome 2, planche 6, "toi, Hoel, qui en aS tant besoin"...

27/01/2012 (modifier)

Comment ne pas mettre culte à cette série parfaitement documentée de Bourgeon, qui nous plonge dans l'univers colonialiste du XVIIIème siècle ! L'immersion est totale et l'on retrouve tout le génie et le savoir faire de Bourgeon tant au niveau du dessin que de la narration de l'histoire. Effectivement, nous pouvons noter quelques passages assez lents mais ils trouvent tout leur sens dans le récit global. J'ai particulièrement apprécié l'absence de parti pris vis-à-vis du colonialisme ; là où il aurait été simple de tirer à boulet rouge sur l'esclavagisme. Toute la complexité des relations entre les différents pays et peuples y est ainsi subtilement décrit. Il reste toutefois quelques bémols, notamment la fâcheuse tendance qu'à Bourgeon à dénuder toutes ses héroïnes sans que cela ne soit souvent justifié et qui m'agace au plus haut point. Le second cycle également, même s'il conclut parfaitement cette œuvre, comporte pas mal de longueurs. L'ensemble est quand même de très haute qualité et m'a réconcilié avec Bourgeon, moi qui avait moins apprécié Les Compagnons du Crépuscule ou Le Cycle de Cyann. SCENARIO (Originalité, histoire, personnages) : 9/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 8/10 NOTE GLOBALE : 17/20

26/10/2011 (modifier)

Avis portant sur le premier cycle Note affinée: 3,6/5 Tome 1 : J'ai réellement dévoré ce tome en luttant contre la fatigue ! L'histoire est très intéressante, intrigante, et crédible. Bourgeon nous transporte littéralement dans l’univers de la marine du XVIIIe avec sa cruauté (châtiments corporels mortels, abordage d'un navire qui se termine en boucherie avec des crânes défoncés, des amputations...). La scène de la bataille navale contre les anglais est mémorable Les dialogues sont très techniques, avec beaucoup de langage marin. J'ai apprécié les répliques parfois très drôles, notamment les moqueries du chirurgien envers le curé. Les personnages sont charismatiques, on arrive sans problème à se prendre de compassion pour l'héroïne. Le dessin est de très bonne qualité, précis. Les décors sont très travaillés. Certaines cases dégagent une véritable émotion adaptée à la situation (bonnes sœurs aux airs de fantômes lors de l’arrivée de la vraie Agnès au couvent par exemple). Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire une série culte. Tome 2 : L'histoire démarre bien, avec un nouveau plongeon dans l’horreur, cette fois dans l’univers carcéral du XVIIIe siècle. On apprend des choses grace à des détails historiques authentiques. Malgré tout j'ai été passablement déçu par cette suite, l'intrigue devenant en effet beaucoup moins passionnante. Elle est aussi moins crédible, avec nos protagonistes qui deviennent fugitifs, et ne ressentent que peu les effets du froid en plein mois de décembre... Il y a aussi l'omniprésence de Dewey: on dirait qu'il n'y a que lui comme soldat dans toute la région ! Enfin, le personnage de Mary, bourgeoise délurée, ne m'a pas trop plu. De plus, sa fuite avec un officier de la marine est un peu exliquée à la va-vite. Même le dessin m’a semblé moins précis, avec des physionomies changeantes. Concernant les dialogues, j'ai été déçu de ne plus y retrouver la pointe d’humour présente dans le tome 1. Tome 3 : Ce tome a réussi à me faire voyager dans l’univers inhumain du colonialisme africain au XVIIIe siècle. De plus, grâce aux détails historiques finement étudiés, j’ai pu en apprendre sur le Dahomey (Bénin) et la religion animiste de l’époque. Les rouages de l'histoire sont bien huilés, encore que le plan d’Isa pour confondre le « méchant » me semble un peu naze... Les personnages sont assez nombreux; j’ai parfois eu du mal à m’y retrouver, mais au fur et à mesure de la lecture, on y arrive. Le dessin est une nouvelle fois marqué par le souçi du détail, notamment en ce qui concerne les décors (peintures corporelles des indigènes, insectes...) Les dialogues sont de très bonne qualité, donnant vraiment l’impression d’entendre converser des personnes du XVIIIe siècle. Tomes 4 et 5: chacun Les dessins restent excellents, mais, de nouveau, l'histoire perd en saveur: plus qu'une véritable intrigue, il s'agit plus d'un enchainement de situations périlleuses, au cours desquelles la mortalité des personnages est très élevée ! J'ai du mal à comprendre l'utilité de certaines séquences, comme celle avec le français prisonnier par exemple. En résumé, ces deux derniers tomes se lisent sans problème, mais sont beaucoup moins captivants. (51)

21/08/2011 (modifier)