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Les Compagnons du Crépuscule

Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 57 avis)

Angoulême 1991 : Alph-Art du public pour le tome 3 "Celle-ci dura, dit-on, cent ans". Ainsi commence les Compagnons du Crépuscule. La guerre répand son cortège d'horreur, et pille, brûle, tue... Un étrange trio parcourt les routes de la France médiévale : un chevalier sans visage, un lâche sans dignité et une rouquine sans maison ni amour. Entre rêve et conte, entre légende et quête, Bourgeon nous offre là une fresque complexe et obscure dans les terribles temps du Moyen Age.


1300 - 1453 : Moyen Âge et Guerre de Cent ans Angoulême : récapitulatif des séries primées Les années (A SUIVRE) Les Roux !

Celle-ci dura, dit-on, cent ans... Rien ne la distingue vraiment de celle qui l'a précédée, pas plus que de celle qui la suivra... Comme la grêle ou la peste, la guerre s'abat sur la campagne quand on s'y attend le moins. De préférence, lorsque les blés sont lourds et les filles jolies... Mariotte, la Roussotte, la sorcière, toujours humiliée, maudit les villageois qui la maltraitent. En un rien de temps, une petite troupe de soldats qui traverse le village accomplit sa malédiction. Un jeune lâche nommé l'Anicet a survécu et devient le valet d'un chevalier errant et déchu, sans visage. Marriote les suivra. Commence alors un long périple sans autre but que la poursuite d'un rêve... "Sont trois siérines soeurs, et qui trois ne font qu'un. Celle-ci est Vie, celle-ci est Mort, et la puinée s'en fut de Vie à Mort, et de Mort à Vie passe. C'en sont trois cavaliers qui les trois vont encontre. Ténèbres est le visage du premier. Absence est celui du second. Double, celui du troisième; Tant il est vrai qu'il est en chaque chose, ainsi que son contraire." Est-ce Mariotte, ou l'Anicet, ou le Chevalier, qui rêve que les deux autres sont dans son rêve? Dans Le Sortilège du Bois des brumes, Anicet se réveille le dernier. Dans Les yeux d'étain de la Ville glauque, c'est Mariotte au contraire. Et dans le dernier épisode, Le Dernier chant des Malaterre, les affaires de chacun et la mort, au passage, séparent les trois destinées, et distinguent leurs rêves. Mais s'agit-il bien de rêves? Est-ce la réalité qui les influence, ou l'inverse? Est-ce la réalité, est-ce le rêve qui nourrit la légende? "Trois parties dans le monde; trois commencements, trois fins, pour l'homme comme pour le chêne. Deux boeufs attelés à une coque; ils tirent, ils vont expirer; voyez la merveille. Pas de série pour le nombre un: la Nécessité unique; le Trépas, père de la douleur. Rien avant, rien de plus."

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Février 1984
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Les Compagnons du Crépuscule
Les notes (57)
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25/08/2001 | brunelle
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L'avatar du posteur Noirdésir

Bourgeon a réalisé en solo trois séries superbes, que j’adore, et que j’ai relues de multiples fois. Et ce dans des univers très différents, avec la SF pour Le Cycle de Cyann, l’aventure maritime du XVIIIème siècle avec Les Passagers du vent, et donc du médiéval fantastique avec « Les compagnons du crépuscule ». De ces trois séries, « Les compagnons du crépuscule » est sans conteste celle qui est la moins facile à appréhender, qui nécessite le plus d’efforts pour entrer – et rester ! – dedans. D’abord parce que le texte est très abondant, très riche et dense, mais aussi parce que certaines parties de l’intrigue sont un peu plus obscures : c’est avant tout le cas du deuxième album, clairement le plus complexe, avec certains passages peut-être moins fluides – et jouant davantage sur le fantastique, la poésie, l’imaginaire. Mais, si vous vous accrochez, vous découvrirez une histoire à la fois riche et belle, prenante, que j’aime en tout cas beaucoup. Comme pour toutes ses productions, Bourgeon s’est documenté, et cela se voit. Dans les dialogues d’abord, abondants et riches, comme signalé plus haut, mais aussi remplis de termes moyenâgeux (cette force est aussi une des difficultés déjà signalées). En plus des dialogues, ce sont les décors qui font « que l’on s’y croit ». En effet, que ce soit les habits, les habitations (ville et châteaux), mais aussi les paysages, le dessin de Bourgeon est très bon et très beau, et en plus est très crédible. C’est une belle reconstitution de l’Europe de ces temps troublés. En cela le dernier tome (deux fois plus épais que les précédents avec près de 130 pages !) est vraiment superbe, alliant un scénario aux petits oignons à un dessin franchement très bon. Ajoutons que, fidèle à son habitude, Bourgeon a su créer des personnages féminins très forts - et très beaux (dans tous les sens du terme d'ailleurs), comme Mariotte. C'est une série exigeante, mais que je vous encourage à découvrir si ce n’est pas déjà fait !

12/07/2018 (modifier)
Par Ro
Note: 5/5
L'avatar du posteur Ro

Depuis longtemps, les Compagnons du Crépuscule était une série que je considérais comme culte. Néanmoins, je ne l'avais pas lue depuis au moins quinze ans et j'appréhendais de la redécouvrir aujourd'hui, craignant de trouver qu'elle avait trop vieilli ou de découvrir des défauts que mes yeux désormais plus acérés en matière de bande dessinée pourraient trouver. Je suis heureux de pouvoir dire que mon avis reste inchangé, c'est une bande dessinée véritablement excellente. Les Compagnons du Crépuscule, c'est une série médiévale fantastique. Rares sont celles qui mettent autant l'accent sur le terme médiéval car François Bourgeon a effectué un formidable travail documentaire pour redonner vie au Moyen-Âge français de l'époque de la Guerre de Cent Ans. Décors, costumes, architecture, état d'esprit et coutumes sont parfaitement respectées et bien rendues. Cela va jusqu'aux dialogues qui sont écrits en grande partie en vieux français, les rendant parfois un peu plus compliqués à comprendre mais ajoutant nettement à l'ambiance du récit. Quant au fantastique, il s'insère à des degrés divers de tome en tome. Globalement, il s'inspire des légendes médiévales, essentiellement d'inspiration celtique avec des influences druidiques et l'apparition d'un discret Merlin dans le dernier tome. Mais nous sommes loin d'un récit d'heroïc-fantasy, même si le second tome va un peu plus loin que les autres dans ce domaine. Chaque tome forme une histoire complète, avec chacun une ambiance assez différente. L'ensemble est relié par les personnages évidemment, par un fil rouge narratif évoquant un mystérieux conflit entre des puissances immortelles et symboliques, Noire, Rouge et Blanche, mais aussi par quelques moments clés se répétant de tome en tome tels que le texte d'introduction, certains dialogues et scènes comme les différentes fois où l'Anicet essaie un casque et se fait successivement traiter de chaudron, marmite et casserole. Le premier tome met en scène la rencontre entre les 3 personnages principaux. On y trouve d'abord la Mariotte, jolie rousse rebelle et pas toujours très chanceuse. Puis l'Anicet, beau gosse mais très lâche, égoïste et assez détestable. Et enfin le Chevalier, défiguré et sans domaine, poursuivant une folle quête inspirée par ses rêves. L'intrigue de ce tome n'est pas passionnante mais met en place l'ambiance de la série, entre réalisme médiéval et légendes fantastiques à la croisée du rêve. Le second tome est nettement plus orienté vers l'imaginaire et la poésie. Son récit, aventureux et débridé, est proche de la fantasy avec des créatures surnaturelles et un monde caché. Très beau, j'aime la façon dont il se raconte en parallèle un récit plus druidique, très celtique. Il y règne en outre une légère ambiance hippie tant au niveau des personnages que de certains costumes comme celui de la dame blanche. Le troisième tome est le plus gros et le plus abouti. C'est le final grandiose de la série. Nos héros arrivent cette fois dans un décor urbain, celui d'une ville et d'un château pleins de vie, de dangers et de personnages divers et variés. Le Dernier Chant des Malaterre est un chef d'oeuvre ne serait-ce qu'au niveau du dessin, de la recherche historique, de la beauté et du réalisme ultra-fouillé de ses décors. Bourgeon a fait un travail de documentation énorme afin de construire cette bande dessinée. Mais au-delà de cette justesse du détail et du réalisme, l'histoire en elle-même est captivante et envoûtante. Le scénario est complexe car il concrétise des notions acquises dans les deux premiers tomes et ne s'offre pas tout cru au lecteur. Il y a une part de fantastique, de magie et beaucoup d'humanité dans cette oeuvre. Et le final de toute cette aventure médiévale est tout simplement beau et intelligent. Une pièce maîtresse dans toute bédéthèque à mes yeux.

23/09/2003 (MAJ le 19/03/2016) (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Je dirais en premier lieu que voilà une série qui se mérite. Il vaut mieux prendre son temps si l'on veut en comprendre tous les aspects. Tout d'abord le dessin de Bourgeon tout simplement excellent et qui fourmille de détails, tant au niveau des costumes , des architectures et des paysages. N'oublions pas le travail de recherche que cela à coûté, par exemple en ce qui concerne le langage. Il faut prendre son temps pour tout intégrer. Ne boudons pas notre plaisir mais c'est tellement riche qu'une seule lecture ne suffit pas. L'histoire se passe au moyen âge, période trouble s'il en est mais riche, puissante, propice à tous les imaginaires. C'est justement là que les choses pêchent un petit peu . Comme déjà dit auparavant, nous avons là deux tomes plus un. Les premiers introduisent une dose de fantastique qui si elle n'est pas malvenue, déroute lorsque l'on regarde l'ensemble. Au final ce n'est pas une série que je conseillerais à des néophytes de la BD, peut être trop dense et ardue mais personnellement j'y reviendrais justement à cause de ces défauts.

06/09/2014 (modifier)
Par Tomeke
Note: 1/5

Et bien cette série n’est vraiment pas pour moi. Entre l’opaque et l’anecdotique, le récit tombe rapidement dans l’inintérêt. L’histoire est convenue de lourdeur et le rythme est…. Le rythme, quel rythme ? Alors certes, la narration a ceci d’originale qu’elle emploie le vieux français. Le dessin fait quant à lui preuve d’une certaine précision et finesse dans le trait mais rien n’y a fait, j’ai abandonné ma lecture pour arrêter de me forcer et ainsi éviter d’enfoncer un peu plus ma lassitude vers l’ennui complet.

07/04/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

J'ai du mal à trancher pour cette BD qui est très particulière, et disons-le tout net, difficile à lire. Mais vraiment, la lecture de ces trois tomes vous prendra pas mal de temps. En un sens, on en a pour son argent. J'avoue aussi que, comme beaucoup d'autres posteurs, j'ai eu du mal à trouver le liant entre les différents tomes, les deux premiers qui se concentrent sur un aspect fantastique et le troisième qui est clairement réaliste. Mais je prend l'ensemble de la série comme une vision du Moyen-Age, et dans cet aspect là je pense que la série est juste parfaite. Le trait de Bourgeon est quelque peu exceptionnel, mariant les architectures, les paysages et les portraits dans tout les sens sans qu'on ne décroche. Pour un reproche, je dirais que c'est un peu chargé dans certaines cases, mais sinon c'est excellent. Notamment les reproductions de villes, et de ce que je sais de cette période, la recherche documentaire fut impressionnante. L'histoire, comme dit, est très particulière. Elle se divise en deux partie, l'une sur les deux premiers tomes qui lie le fantastique avec l'aspect médiéval, l'autre qui reste dans le réalisme pur et nous invite dans un huis-clos (ou presque). C'est beaucoup plus dense, et ce dernier tome m'a paru très long, mais aussi très prenant car je ne savais pas du tout la façon dont il se terminerait. Le tout est lié par son texte, important et omniprésent, mais dans un style vieux français qui se marrie tellement bien avec le reste. Sans parler de toutes les parties déclamés, les textes liturgiques, bref tout est fait pour mettre dans l'ambiance. Rien que dans la façon dont les gens s'interpellent, on sent la recherche de Bourgeon, et j'ai adoré cela. Le tout est, comme dit, très long à lire et très dense. Je me perdais parfois dans les termes et les noms, et certaines bulles sont restées un mystère pour moi. Mais le reste est excellent et j'ai passé un excellent moment dans ce Moyen-Age recrée en réalisme, dans ce que pouvait être cette atmosphère d'une ville ou d'un village, ces bandes de soldats battants les campagnes et les superstitions de tout a chacun. Bourgeon à fait, selon moi, un tableau du Moyen-Age sous plusieurs aspects plutôt qu'une véritable BD avec un scénario qui se tisse dans les trois tomes (même si l'histoire du chevalier dans le troisième tome avait des pistes déjà présentes auparavant). C'est pour cela que je ne met pas la note maximale, mais pour le reste la lecture m'a impressionnée. Cela dit, je ne peux que vous conseiller de le lire avant de l'acheter, parce que ce n'est pas une BD si accessible que ça.

04/01/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

J'ai découvert cette trilogie dans le mensuel A Suivre en 1983, et je dois dire que j'ai eu beaucoup de mal à la comprendre. Je m'y suis repris à 2 fois en bibliothèque, mais rien à faire , je peine à y voir clair dans ce récit qui pour moi reste nébuleux. Et pourtant, il me tardait de retrouver Bourgeon revenir au genre médiéval comme il l'avait fait dans Brunelle et Colin, je me réjouissais de lire une série médiévale; médiévale oui, mais au parfum fantastique envoûtant et complexe, si complexe que j'étais à deux doigts de décrocher. Je trouve que l'absence d'un scénario linéaire nuit à la compréhension de cette histoire où je n'ai pas appris grand chose de plus sur la guerre de Cent Ans que je ne savais déja. Il faut s'immerger totalement pour entrer dans cette histoire qui mélange l'élément fantastique, la brutalité, la cruauté et la sensualité, et ne pas la lire d'un oeil distrait. D'un point de vue graphique, j'étais heureusement satisfait, encore plus impressionné que dans Les Passagers du vent. Bourgeon atteint ici un style réaliste d'une grande maturité, étourdissant dans ses décors de châteaux et d'intérieurs, notamment les charpentes, le tout faisant preuve d'une documentation pointue. D'autre part, son dialogue d'époque ne m'a pas du tout gêné, au contraire, ça donne une authenticité et une grande justesse qui m'ont peut-être aidé à "tenir" sur cette lecture si difficile, mais je reconnais que pour les non-initiés, ça peut rebuter. Ce qui m'a le plus ennuyé, c'est l'abondance de texte. Je suis sorti de cette lecture étrillé, et je ne sais pas si j'y reviendrai un jour, mais ma note est quand même positive en regard du talent graphique de Bourgeon. Comme quoi, le graphisme peut quand il est magistral, me faire supporter une Bd au scénario insignifiant ou incompréhensible. Inversement, si un dessin est pourri et que le scénario est un pur bijou de narration, je ne lirai pas la Bd. Je ne conseille pas l'achat non plus, car il faut d'abord essayer en biblio ce triptyque très singulier.

05/07/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 3/5

C'est le récent avis élogieux de jul qui m'a incité à emprunter cette trilogie à ma médiathèque, mais malheureusement je n'ai pas autant accroché que lui à cette étrange série. Pourtant le premier tome commençait plutôt bien, car Bourgeon mettait en place une histoire attirante qui virait dans le fantastique. De plus il arrivait à faire douter le lecteur en mêlant le rêve à la réalité. Les trois personnages principaux étaient à mon goût très intéressants (même l'Anicet qui pourtant ne fait pas l'unanimité) même si on ne comprend pas trop où veut en venir l'auteur en les réunissant. Puis on arrive au deuxième tome qui à mon avis est incompréhensible et inutile. Je suis sûr que l'énorme troisième tome aurait largement suffi pour finir cette série. Ce dernier tome lui, ne propose plus du tout d'éléments fantastiques, cela m'a paru bizarre car pourquoi changer le style de cette série dans le dernier épisode? En plus je n'ai pas trop compris finalement où voulait en venir l'auteur car cette histoire est quand même assez compliquée et il ne vaut mieux pas avoir fait l'apéro avant de s'attaquer à celle-ci. Donc au vu de ce que je viens de dire j'aurais du mettre la note de 2/5 à cette oeuvre mais voilà c'est le dessin de François Bourgeon, que je trouve très travaillé et minutieux sur un grand nombre de détails, ainsi que son formidable travail de recherche sur la vie au Moyen Age et plus précisément durant la Guerre de Cent Ans, qui a permis de mettre un 3/5 à cette très inégale série en trois tomes. En ce qui me concerne je n'ai pas trouvé trop dérangeant le fait d'employer le vieux français. Ceci permettait au lecteur de faire un saut dans le temps et de retrouver en plein coeur du Moyen Age. Je conseille donc cette lecture aux amoureux d'Histoire Médièvale et aux fans de François Bourgeon qui s'est surpassé graphiquement, par contre je leur donne un seul conseil, bon courage.

16/03/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Un autre chef d’œuvre du 9ème art absolument magique et puissant. Une véritable odyssée moyenâgeuse glissant insidieusement (à la fin du 1er tome puis dans le 2ème) dans l'univers des mythes et légendes bretonnes. Mais pas les lutins et les fées de Pierre Dubois (que j'adore soit dit en passant.) Non là c'est plus réaliste et fortement documenté. Bourgeon a dû accomplir un travail de titan pour l'élaboration de cette saga. J'ai été bercé dans mon enfance par ces images plutôt dures mais incroyablement magiques d'un monde oublié (la cité des Douarts, un monde parallèle ?) Je n'ai pas tout compris à la 1ère lecture et ce n'est qu'au bout de 4 voire 5 lectures (sur plusieurs années bien entendu) que cette série a commencé à m'emporter. Dans le 3ème tome, nous replongeons violemment dans la réalité crue de cette époque sans pitié qu'est le Moyen-Age. C'est souvent horrible (le final avec son bûcher qui me fait un peu penser au "Nom de la Rose", les multiples mutilations, viols et autres tortures) mais aussi très sensuel et magique (la jeune femme sur la plage, l’héroïne souvent à moitié dévêtue, la jeune fille brune avec l’espèce de sorcier). Cette alternance entre ces moments de cruauté inouïe, et cette sensualité brute fait toute la puissance de cette série. Tous les personnages sont forts. L’héroïne bien entendu, l'Anicet (le jeune branleur bête et lâche par excellence) et surtout le chevalier errant. Ce personnage est une ordure mais au fur et à mesure du récit on s'attache vraiment à sa personnalité tourmentée. C'est le Moyen-Age, il faut être un loup pour survivre. Le langage moyenâgeux ne m'a pas gêné. Même si ce n'est pas évident à la 1ère lecture cela rend ce récit encore plus authentique (même dans sa partie fantastique) et l'aventure n'en devient que plus enivrante. Donc selon moi une des meilleures bandes dessinées françaises toutes époques confondues (légèrement supérieure aux Passagers du vent car plus sauvage et fantastique). Une aventure qui sent la pluie, la boue, les embruns et le sang.

13/02/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

La lecture des Compagnons du Crépuscule fut pour moi extrêmement pénible je dois l’avouer. Je n’ai tout simplement pas pu aller jusqu’au bout et je me suis arrêté au début du tome 3, à la fois si proche et si loin de la fin. Mais la vue de ce pavé m’a découragé. Je considère déjà pas si mal d’avoir terminé le tome 2, alors hein… J’ai lu cette série il y a quelques mois de cela alors désolé si mon avis et mes souvenirs peuvent être confus. En fait, je n’ai tout simplement rien compris des tenants et des aboutissants de cette histoire. François Bourgeon a choisi de recourir au vieux françois comme langage pour davantage d’authenticité et d’immersion dans le récit (ce qu’il fait aussi dans le cycle de Cyann par ailleurs) et au départ je m’étais dit que c’était une brillante idée, mais après 10 pages c’est franchement pénible, il faut presque avoir un Bescherelle à côté de soi. À partir du moment où on ne comprend pas le tiers des dialogues c’est mal barré pour le reste. J’ai compris le gros de l’histoire, un chevalier errant qui ne veut pas montrer son visage est accompagné d’une bouseuse un peu sorcière et d’un autre bouseux qu’il prend comme écuyer. Leur but est de… euh... euh ça j’ai oublié. En feuilletant la fin du tome 3 j’ai compris que le début des explications et des révélations n’apparaissaient qu’à ce moment là, au moment où ma lassitude l’avait emportée depuis longtemps. Il y a une part de fantastique dans cette série. Dans le tome 1 les compagnons sont piégés dans une forêt et ils doivent entreprendre un voyage spirituel dans leur rêve pour en sortir, ce qui nous donne droit à de nombreuses énigmes dont je n’ai pas compris le sens à part que la mort sera omniprésente durant leur quête, ça parle beaucoup pour ne rien dire. Le pire vient du tome 2 qui n’a aucun sens pour moi. De nouveaux personnages, de nouvelles créatures, aucun rapport avec les personnages du tome 1, le récit est hachuré, il n’y a aucune transition entre les différentes scènes. J’étais complètement perdu face à tant d’invraisemblances. Je laisse cependant 2 étoiles car j’ai feuilleté le tome hors-série sur l’envers du décor et je dois aussi reconnaître que Bourgeon a fait un travail sérieux de documentation sur les vêtements d’époque, l’architecture et la construction du récit qui colle souvent avec la réalité historique. C’est dommage j’adore François Bourgeon et là j’ai l’impression de passer à côté d’une histoire intelligente et aboutie, et ce malgré moi.

09/01/2013 (modifier)
Par Miranda
Note: 2/5
L'avatar du posteur Miranda

Je me rends compte aujourd'hui de l’importance que peut prendre le dessin dans l’appréciation d’une B.D. Le premier tome de cette série faisait partie de mes premières lectures B.D., et mes yeux encore novices trouvaient le style de Bourgeon très beau. J’avais bien apprécié ma lecture, certes le scénario n’avait rien d’extraordinaire mais les quelques mots de vieux français ajoutaient un charme certain à l'histoire. J’ai voulu finir la série il y a trois semaines et j’ai logiquement repris la lecture du premier tome dont je ne me souvenais que très peu de choses. Ce qui m’a immédiatement choquée c’est le dessin que j’ai trouvé d'emblée vieillot et figé, à la limite même désagréable. Je me suis fatalement ennuyée lors de cette relecture, et je me suis contentée d’entamer le second tome, qui lui m’est tombé des mains. Les personnages sont exaspérants et l’histoire pas si intéressante que ça avec ses petites raccourcis à droite et à gauche. Mais c’est surtout ce graphisme d’un autre âge qui m’a ôté toute volonté d’aller plus loin. Après tous les graphismes plus modernes, plus vivants, nets et précis que j’ai pu voir depuis, les styles comme celui-ci me rebuteraient presque, ou alors il leur faudrait un scénario exceptionnel, et ce n’est pas le cas ici. Deux étoiles car je ne trouve pas que ce soit foncièrement mauvais, c’est surtout très décevant.

06/11/2012 (modifier)