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Les dernier avis (90841 avis)

Couverture de la série Le Spirou d'Emile Bravo - Le journal d'un ingénu
Le Spirou d'Emile Bravo - Le journal d'un ingénu

Des versions de Spirou que j’ai lues dans les diverses revisites de Spirou et de son univers, c’est probablement la version d’Emile Bravo qui est l'une de celles qui m'ont le plus plu, qui m’ont le plus convaincu. En effet, il parvient à « expliquer » certains traits, détails, liens entre personnages qui ultérieurement seront au cœur de la « franchise », tout en ne donnant pas l’impression de « surjouer » ces efforts pour « coller » avec la doxa. J’ai lu la version augmentée du prologue « La loi du plus fort », et ce court épisode est très représentatif de ce qui va dynamiser l’album. En effet, le ton y est léger, l’humour fonctionne bien, tout en développant aussi un arrière-plan triste, dramatique, qu’on ne va pas retrouver souvent dans cette série. Et Bravo utilise très bien ce mélange des genres, en particulier lorsque les négociations entre Polonais et Nazis dans l’hôtel, aboutissant, presque par la faute de Fantasio, au déclenchement de la seconde guerre mondiale, se déroule en parallèle de péripéties plus légères, entre Spirou et Spip, Fantasio, ou sa jeune collègue et amoureuse (Bravo introduit ici un côté sexué qui déborde le cadre habituel des aventures de Spirou – voire de Tintin, avec lequel il est ici parfois comparé). J’ajoute que le dessin de Bravo, revisitant une ligne claire moderne, est aussi pour beaucoup dans la fluidité de la lecture, que j’ai trouvée vraiment très agréable. Après ce bel essai, Emile Bravo a remis le couvert, et s’est lancé dans une nouvelle série, Spirou - L'espoir malgré tout, qui peut s’apparenter à une véritable suite, avec les mêmes personnages – même si elle peut se lire indépendamment du « Journal d’un ingénu ». Clairement l’une des meilleures, si ce n’est la meilleure version de Spirou dans les très éclectiques versions données récemment du petit groom et de son copain journaliste. Note réelle 4,5/5.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Spirou de Fabrice Parme et Lewis Trondheim - Panique en Atlantique
Le Spirou de Fabrice Parme et Lewis Trondheim - Panique en Atlantique

Trondheim est dans le panthéon de mes auteurs BD préférés et j'aime beaucoup la ligne claire et un peu cartoon de Fabrice Parme. Les deux réunis dans un album hommage à l'une des séries préférées de ma jeunesse ne pouvaient donc que me réjouir. Et pourtant, je reste un peu sur ma faim... Spirou et Fantasio se retrouvent sur un transatlantique en tant que groom d'une part, et paparazzi d'autre part. A bord, outre la faune de milliardaires excentriques et exigeants, se trouve également le Comte de Champignac et l'une de ses inventions extraordinaires destinée à sauver le bateau d'un éventuel naufrage. Mais forcément, ça va mal tourner et le navire et ses occupants vont se retrouver dans une situation particulièrement incongrue. C'est une série d'aventure et d'humour. Le dessin de Fabrice Parme y est de très bonne facture, plein de légèreté et de bonne humeur, avec l'aide des couleurs lumineuses de Véronique Dreher. La nature de ce graphisme et de son trait insiste toutefois plus sur la partie humoristique que sur le côté aventureux du récit. L'intrigue, elle, s'entame sur la carte du pur humour, proche du dessin animé. Puis a lieu la catastrophe et à l'humour vient enfin s'ajouter pour de bon l'aventure. Celle-ci joue sur les propriétés de l'invention de Champignac et en explore les possibilités logiques. J'aime beaucoup ce concept que je retrouvais avec grand plaisir dans les aventures du Picsou de Don Rosa. Toutefois, jamais je n'ai vraiment ri, et jamais non plus je n'ai vraiment pris l'aventure que vivent nos héros au sérieux. Elle n'arrive pas à prendre pour de bon son envol et la mayonnaise ne prend qu'à moitié. Il manque quelque chose que je ne saurais définir et qui fait qu'au final, il en ressort une lecture certes divertissante sur le moment, mais trop vite oubliée malheureusement.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Spirou de Schwartz et Yann
Le Spirou de Schwartz et Yann

J'étais un peu inquiet vis-à-vis du Groom Vert-de-gris, et ce pour plusieurs raisons. La première était que, alors même que j'adore les anciennes oeuvres irrévérencieuses de Yann (notamment Les Innommables), j'ai bien du mal à apprécier pleinement ses scénarios les plus récents, à commencer par "Le Tombeau des Champignac", autre reprise de Spirou et Fantasio. Je craignais de voir dans cet album un récit artificiel destiné uniquement à la provocation, mettant Spirou et Fantasio dans des situations de collaboration ou de résistance violente vis-à-vis des Nazis qui dénatureraient les personnages. Je craignais également un abus de belgicismes, mais il faut avouer sur ce dernier point que ma crainte provenait du fait que j'avais parcouru sans le savoir quelques planches de la version Bruxelloise de cet album. Et je craignais enfin une trop grande profusion de clins d'oeil à l'univers de la BD. Finalement, mes craintes n'étaient pas fondées. De toutes ces appréhensions, il reste de nombreuses traces mais elles sont bien moins rédhibitoires que je le redoutais. De la provocation, il y en a : un Spirou qui fait brûler des soldats allemands en parlant de "cornet de fritz", plusieurs relations amoureuses avec embrassades pour Spirou et même passage à l'acte avec une belle allemande pour Fantasio, un Spirou en partie responsable de la défaite de résistants belges et d'un enlisement des alliés, et j'en passe... Des belgicismes, il y en a aussi beaucoup, mais les dialogues restent naturels. Des clins d'oeil, il y en a énormément et les citer tous serait fastidieux. Je craignais qu'ils soient intrusifs, artificiellement amenés et qu'ils gâchent la fluidité de la lecture. Mais au final, à part deux cases précises (celle de la brocante page 29 où les personnages d'autres BD sont partout et celle où Joe, Zette et le gamin du match de boxe de Spirou jettent une tomate sur Fantasio), je n'ai pas trouvé ces références dérangeantes et j'ai trouvé la majorité assez plaisantes. Et pour finir, le scénario tient bien la route, original même si pas exempt de défauts. Il est surtout joliment mis en valeur par un dessin très agréable. Le trait de Schwartz rappellera immanquablement celui de Chaland. Ce style rétro est très appréciable. Je regrette juste des compositions manquant parfois un peu de finesse et de clarté. S'il fallait faire un reproche à cette BD, hélas, ce serait le manque de rythme et la confusion de son intrigue. L'album est dense et j'apprécie ce fait, mais le scénario donne l'impression de partir dans tous les sens, avec des changements de rythme un peu pénibles qui m'ont empêché d'y accrocher pour de bon. Plusieurs fois, sur la fin, j'ai cru que l'histoire arrivait à sa conclusion avant d'être relancée puis ralentie de nouveau puis relancée... Même la provocation voulue par Yann n'y a pas la saveur d'une vraie claque donnée à des personnages mythiques. Elle passe presque inaperçue dans la somme d'évènements et de personnages de ce récit. Tant et si bien qu'il reste en mémoire davantage un gros ensemble de saynètes un peu confuses plutôt qu'un scénario mené avec brio de bout en bout. Les 2 albums suivants, La Femme-Léopard et Le Maître des Hosties noires" reprennent les mêmes et recommencent une paire d'années plus tard. Le premier tome est l'occasion pour les auteurs de faire une critique douce-amère de la Belgique d'après-guerre, avec l'influence dominante des américains et le souffle de la libération, mais c'est aussi l'occasion ici et surtout dans le second tome de confronter la Belgique à son passé colonialiste. Là encore le dessin de Schwartz est tout à fait appréciable, et le scénario n'est pas mauvais. Il présente plusieurs saillies percutantes et des critiques bien vues. Mais comme dans le Groom vert-de-gris, j'ai trouvé l'intrigue globale et sa narration un peu trop confuse. Il se passe trop de choses et on perd assez facilement le fil rouge du récit au point d'en venir à avoir du mal à résumer le souvenir qu'il laisse en mémoire une fois terminé. Mon avis est donc mitigé pour ces trois albums, quoique globalement positif car j'ai passé un moment de lecture pas désagréable.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 5/5
Couverture de la série Le Spirou d'Emile Bravo - Le journal d'un ingénu
Le Spirou d'Emile Bravo - Le journal d'un ingénu

Superbe oeuvre que nous offre Emile Bravo ! A la fois hommage, prequel et récit totalement original. Le dessin de Bravo convient parfaitement à Spirou tant son style s'apparente à la fin de l'époque Jijé et aux débuts de Franquin. Le trait est maîtrisé, beau, et la mise en page est efficace. Emile Bravo donne à Spirou un air qui est à la fois celui qu'on lui connait et celui d'un jeune homme pas si éloigné de l'adversaire de Poildur dans les débuts de la série. Le pauvre Spirou serait presque à plaindre quand on le voit, coquard à l'oeil, perplexe devant la réaction complexe de la jolie fille dont il s'est entiché. L'histoire est excellente. Elle nous présente Spirou sous un jour nouveau, le Spirou jeune quand il était vraiment groom à l'Hotel Moustic, quand il avait du mal à joindre les deux bouts, qu'il jouait les arbitres de foot auprès des gamins de rue et qu'il ne connaissait pas encore Fantasio. Le scénario est d'autant plus original et osé qu'il nous place à la veille de la seconde guerre mondiale et aborde le sujet historique et politique de plein fouet, ce qui n'est pas pour désarçonner le jeune ingénu qu'était Spirou à l'époque. Plein d'humour et d'intelligence, le scénario est dense et très plaisant à suivre. On y découvre beaucoup de choses sur les origines de la série, pourquoi Spirou porte toujours son costume de groom alors qu'il est plutôt devenu reporter par la suite, comment Spirou et Fantasio se sont rencontrés, comment Spip est devenu doué d'une conscience, etc. Seul regret, le fait que Fantasio ne soit guère attachant dans cette histoire, à tel point que j'en suis venu à me demander ce qui avait bien pu faire que Spirou et lui deviennent amis par la suite. Ceci dit, imaginer que Fantasio soit le déclencheur de la seconde guerre mondiale est une idée amusante et franchement osée. Mais pour tout le reste, pour le dessin, l'ambiance, l'originalité du récit, son humour et sa densité, cet album est excellent !

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Spirou de Tarrin et Yann - Le Tombeau des Champignac
Le Spirou de Tarrin et Yann - Le Tombeau des Champignac

Légère déception à la lecture de cet album. J'en attendais sans doute trop. J'attendais beaucoup de Yann dont les scénarios mêlant classicisme revisité et humour caustique avaient su quasiment tous me séduire. J'attendais beaucoup de Tarrin dont l'excellent trait me donnait l'impression d'être le seul à pouvoir redonner l'âme graphique de Franquin à Spirou et Fantasio. Mais au final, je suis partagé. Le dessin est bon, dynamique, très proche de l'aspect visuel des meilleurs Spirou, quelque part entre Franquin et Janry, entre classicisme appliqué et moderne échevelé. Je regrette cependant un peu ses décors souvent légèrement vides, son trait épais qui ressort un peu trop gros dans le grand format des albums de la série, ses couleurs dont les dégradés informatiques ne me plaisent pas. Les personnages sont bons mais les décors me laissent une certaine impression de vide. Je n'ai pas su être plongé dans un univers graphique se suffisant à lui-même pour donner le cadre à l'histoire, ce sont plutôt l'histoire et l'action qui portent le récit et utilisent le dessin comme outil. C'est difficile à exprimer. Ce ne sont pas de réels reproches, plutôt des histoires de goût, mais je m'attendais à quelque chose d'aussi éclatant et appliqué que les planches de Franquin, et le résultat me parait juste bon, pas épatant. Quant au scénario, lui aussi me laisse une impression mitigé. Il m'a plu car il rappelle les grandes heures de Franquin : on y retrouve une aventure façon "les prisonniers du bouddha", avec de nombreuses références à la période de Zorglub, de nombreux champignaciens, le château de Champignac, Seccotine, etc. Mais le récit m'a paru assez confus. En fait, il y a deux intrigues qui se jouent en parallèle : une autour du tombeau des Champignac, l'autre au Népal, et quand on y réfléchit, elles ne devraient strictement pas être liées logiquement et statistiquement parlant. Mais les auteurs choisissent tout de même de les rendre totalement complémentaires, ce qui parait trop artificiel à mes yeux. Et puis il y a cette créature surnaturelle, la Sphinge, qui franchement ne me plait pas. Elle n'ajoute rien d'utile au récit et introduit une franche part de fantastique qui aurait pu être évitée. J'aurais davantage apprécié le récit sans elle, je pense. Cela donne le sentiment que Yann aurait aimé intégrer le Marsupilami à son récit mais, ne pouvant pas, il a créé un substitut. Malgré ces reproches, j'ai bien aimé ma lecture, c'est prenant et divertissant. Il y a moins d'humour que je l'espérais mais certains passages sont amusants. La petite "histoire" entre Spirou et Seccotine est assez particulière. Elle brise un carcan autour du personnage asexué de Spirou mais elle le rend également assez bêta du coup, complètement dominé par un Seccotine au tempérament d'allumeuse assez étonnant pour le personnage. J'apprécie moyennement même si je salue l'audace d'avoir intégré une telle chose dans ce récit. "Mais saperlipopette, saura-t-on jamais ce qu'il s'est vraiment passé dans la grotte ?!" Avis mi-figue mi-raisin donc mais probablement dû au fait que j'attendais beaucoup de ce duo Yann/Tarrin. Le résultat est bon, c'est une bonne BD et une bonne lecture, qui redonne avec plaisir vie au monde de Spirou et Fantasio, mais ce n'est pas l'excellent cru que j'espérais.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Spirou de Frank Le Gall - Les Marais du Temps
Le Spirou de Frank Le Gall - Les Marais du Temps

Frank Le Gall reprend les personnages de Spirou et Fantasio avec son style graphique si reconnaissable. Réminiscence de la ligne claire franco-belge, il donne une âme légèrement rétro à cet univers. Il y a un peu de Hergé, de Jijé et de Tillieux dans ce dessin. Le trait est beau, simple et élégant. Agréable à lire, certaines planches sont superbes. Paris et le quartier du Marais du 19e siècle prennent véritablement vie et saveur sous nos yeux. Et j'ai un vrai coup de coeur pour la couverture de l'édition originale et ses couleurs. L'histoire, quant à elle, mène nos héros dans un voyage dans le temps en compagnie de Champignac et Zorglub. Après l'Horloge de la Comète et le Réveil du Z, ce n'est pas la première fois qu'une telle aventure leur arrive. Mais les choses sont différentes cette fois-ci puisqu'ils empruntent un moyen nettement moins sophistiqué et que leur retour au 21e siècle semble bien difficile à assurer. Une plongée dans le Paris populaire de 1865, argot des rues et ambiance en prime. Une époque originale et retranscrite avec brio. Nos héros s'y fondent avec bonheur et le récit, quoique simple puisqu'il se résumerait presque à un simple aller-retour tourmenté est tout à fait agréable à suivre. Frank Le Gall s'autorise en outre beaucoup d'humour dans son récit, tant par le biais de Fantasio que de Spip. Certains gags m'ont parfois franchement fait rire. Cela rend le récit d'autant plus plaisant à mes yeux. On peut cependant reprocher à ce scénario un certain abus de petites facilités, de coïncidences qui tombent trop souvent à pic. Quand on y pense après lecture, certaines péripéties paraissent peut-être inutiles dans le récit si c'était pour les résoudre par des deus ex machina un peu trop visibles. Le personnage du jeune lecteur de Spirou et Fantasio qui se révèle être un crac en matière de technologie à même de réparer une machine à voyager dans le temps ne m'a pas tellement convaincu par exemple. De même l'explication des "mondes parallèles" en fin d'album manque un peu de consistance voire de cohérence avec le reste du récit. Mais tout cela passe bien néanmoins car cela fait partie de la magie de Spirou après tout. Une très agréable lecture, un graphisme excellent, une histoire intéressante avec beaucoup d'humour. Il manque juste un peu d'envergure et de complexité au scénario pour la rendre indispensable à mes yeux.

13/01/2021 (modifier)
Couverture de la série La Bête est morte
La Bête est morte

Cela faisait pas mal de temps que cette série me faisait de l’œil. Et j’ai enfin pu la lire, dans la version des Humanos de 1977. J’en ressors avec un avis un chouia mitigé. Essentiellement à cause des textes, surabondants, ce qui alourdit un peu la lecture (d’autant plus que ce texte est très dense, peu aéré et avec une taille de police petite), même si ce travers s’explique en partie par l’époque de création. Pour la même raison, ce texte est généralement placé aux abords des « cases, en voix off. Texte qui se veut exhaustif, mais qui reste quand même partial – écrit alors que les braises étaient encore vives, ce qui donne une vision manichéenne proche de la propagande (avec aussi des choix d’animaux pour représenter les protagonistes qui ne sont pas neutres) – sans y tomber complètement. Il faut quand même reconnaitre un matériau presque trop riche pour être contenu dans ces pages, et pourtant on a ici une vision des combats, de certains personnages qui vont intéresser les amateurs de la seconde guerre mondiale. Mais c’est clairement dans ce domaine que le bât blesse, le texte étant parfois indigeste, et aussi daté, naïf parfois. Par contre, vu le contexte et la période de création (incertitudes de l’occupation et immédiat après-guerre), il est normal que les camps de la mort ne soient pas mis en avant (il faudra attendre la fin des années 1950 pour qu’on les distingue réellement des camps de concentration), et que cela soit centré sur l’Europe (avec la situation française mise en avant – voir la page douloureuse évoquant la tragédie d'Oradour-sur-Glane), on ne peut faire de reproches anachroniques à Dancette. On pourrait presque ne voir là qu’un beau livre illustré sur la guerre, à la limite de la BD. Mais quelle illustration ! C’est ce domaine qui m’a marqué (comme beaucoup de lecteurs j’imagine), et explique mon coup de cœur, et c’est aussi ce qui me fait arrondir aux quatre étoiles. En effet, Calvo, malgré le texte abondant, réussit à faire une place à son dessin. Et quel dessin ! Là, c’est bien simple, c’est aussi daté, mais c’est justement cet aspect presque désuet, rétro qui m’a plu. En effet, j’adore les cartoons des années 30 aux années 50, et Calvo a développé ici un style qui en est très proche. On pense évidemment au style de certains dessins animés de Disney, et surtout au « Blitz Wolf » du génial (pas forcément ici d’ailleurs) Tex Avery (lui-même parodiant Disney). Et là c’est franchement très bon et très beau ! Calvo s’en donne à cœur-joie, usant parfois de pleines pages (fourmillant souvent de détails), jouant aussi avec la mise en page (de nombreux médaillons aérant la lecture et diversifiant les points de vue, certains dessins sortant parfois du cadre des cases, comme le faisaient certains cartoons d’Avery ou de Chuck Jones). On pourrait presque ne lire l’histoire qu’avec les illustrations de Calvo ! C’est en tout cas à lire au moins une fois dans sa vie ! Note réelle 3,5/5.

13/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Gardien des Ténèbres
Le Gardien des Ténèbres

Je n’ai pas encore lu le diptyque London, dont ce one-shot est apparemment la suite, mais ce n’est pas nécessaire pour entamer ce récit. Nous avons là affaire à une histoire fantastique tout ce qu’il y a de plus classique. La lecture n’est pas désagréable, loin de là, mais cela reste peu surprenant. Par ailleurs, le clin d’œil de la fin, qui aurait pu être sympathique s’il ne s’était agi que d’un clin d’œil, est tellement amené avec des câbles d’amarrage qu’il tombe complètement à plat. Le dessin est correct et a le mérite de l’originalité, mais il reste un peu plat également. Bref, un emprunt correct en bibliothèque, qui vous fera passer une bonne fin de soirée pas prise de tête. Mais je n’en recommanderai pas l’achat pour autant.

13/01/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Psycho-Investigateur (Simon Radius)
Psycho-Investigateur (Simon Radius)

C'est avec la reprise chez "petit à petit" de cette série que je découvre Simon Radius, personnage singulier s'il en est puisque pour mener à bien ses enquêtes il est capable de voyager physiquement dans l'esprit et la mémoire des gens : il est psycho-investigateur. Cette fois c'est pour retrouver un trésor que l'on fait appel à ses talents. Sauf que malheureusement, le centenaire détenteur des secrets convoités est... amnésique. Forcément ça complique les choses ! Surtout qu'à ces difficultés premières viennent d'ajouter d'autres révélations et péripéties concernant le passé de Simon Radius... Ainsi présenté tout cela peut paraître un brin alambiqué, mais le talent de Benoît Dahan fait ensuite la différence. En effet, son style singulier, sa colorisation marquée mais surtout la foultitude de trouvailles pour nous mettre tout ça en page en font un pur bonheur visuel ! Découpages recherchés des planches (Et c'est rien de le dire !), jeux de transparence ou pliages avec les pages, tout est bon pour nous étonner, nous régaler et nous impliquer dans notre lecture sans que cela soit artificiel. Voilà bien longtemps que je ne m'étais pas fait autant surprendre par un album ! A découvrir ! *** Intégrale tomes 1 à 3) *** J'avais découvert cette série en commençant sans le savoir par le tome 4, cette réédition en intégrale des 3 premiers tomes me permet donc de réparer cet impair. Dès la couverture on retrouve cet amour du jeu avec l'objet qu'affectionnent Benoît Dahan et Erwan Courbier en nous proposant une couverture découpée, comme s'il manquait une pièce d'un puzzle, nous révélant Simon Radius en arrière plan du portrait de sa femme. Toute l'intrigue de l'album est déjà posé là sans qu'on le sache... Et c'est un réel plaisir de retrouver notre enquêteur au pouvoir étrange et impressionnant de s'immerger dans nos souvenirs pour y retrouver les indices lui permettant de résoudre ses enquêtes. Cette intégrale nous permet de découvrir l'évolution de notre personnage au fil de plusieurs enquêtes avec toujours comme fil conducteur l'obsession de Simon Radius : pourquoi sa femme a-t-elle disparu ? La narration est impeccable, et on voit que déjà Benoît Dahan s'amusait à construire ses planches en cherchant des mises en pages et des découpages audacieux tout en servant magnifiquement le récit et qui est aujourd'hui devenu sa marque de fabrique. Voilà une très bonne série à découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas déjà fait ou qui auraient pu découvrir son savoir faire avec sa dernière série très remarquée Dans la tête de Sherlock Holmes.

12/08/2017 (MAJ le 13/01/2021) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série 1984 (Torregrossa)
1984 (Torregrossa)

Toujours difficile de se lancer dans ce genre d'adaptation dès qu'il s'agit d'un roman qui aura marqué l'histoire de la littérature et que, forcément, tout le monde attend au tournant. Surtout que vu que le texte vient de tomber dans le domaine public cette année, les adaptations sont nombreuses et la concurrence rude. Mais Jean-Christophe Derrien au scénario et Rémi Torregrossa au dessin s'en sortent plutôt très bien avec une adaptation fidèle qui rend parfaitement hommage au texte de George Orwell. La trame narrative semble suivre assez rigoureusement celle du roman et le dessin de Rémi Torregrossa, tout en ligne claire rehaussé d'un encrage assez marqué et d'une colorisation volontairement restreinte à une palette de gris, nous immerge rapidement dans ce Londres sous emprise totalitaire de 1984 imaginé par Orwell en 1949. Ce choix graphique lui permet de mettre en valeur les quelques moments de bonheur que vont partager nos deux protagonistes en introduisant la couleur sur quelques rares planches. Cet univers régit d'une main de fer par Big Brother est donc bien retranscrit et questionne toujours autant sur notre résignation ou notre résistance à ce totalitarisme omnipotent. L'actualité nous renvoie en miroir à ces réflexions, et notre addiction grandissante aux réseaux sociaux et à note capacité à livrer de nous même toute sorte d'informations à même de nous desservir également. Quand on voit comment la Chine par exemple tient d'une main de fer sa population grâce aux nouvelles technologies, on se dit que Big Brother est loin d'être une dystopie irréalisable, loin de là malheureusement... Voilà donc une adaptation réussie qui met parfaitement en valeur le texte d'Orwell malheureusement toujours plus d'actualité que jamais. A redécouvrir pour les amateurs d'Orwell ou a découvrir de belle façon pour ceux qui n'ont jamais tenté sa lecture.

13/01/2021 (modifier)