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Les derniers avis (93738 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Perdus dans le futur
Perdus dans le futur

Cinq collégiens se retrouvent projetés dans le temps suite à un accident dans un vieux château. Il s'agit d'un groupe de 4 amis, un peu les parias de leur classe, et d'un de leurs harceleurs qui a causé l'accident mais rejette hargneusement la faute sur les autres. Ils se retrouvent dans une forêt vierge dangereuse et peuplée de créatures étranges, et vont rapidement apprendre qu'ils ont été transportés dans un lointain futur. C'est un récit de pure aventure, avec une dose de fantastique ou de SF qui sert avant tout de support à l'action. Il s'adresse à un public jeunesse, 10 à 13 ans je dirais, mais se lit bien pour les plus âgés. Le graphisme est dans un style assez géométrique, une ligne claire probablement informatique, pas toujours très jolie mais plutôt esthétique et fonctionnelle, avec une colorisation originale. C'est un style dont je salue la personnalité même si je n'en suis pas foncièrement amateur. Le scénario est plutôt plaisant mais il ne présente pas de grande surprise, se rapprochant de beaucoup de récits d'aventure fantastique du même type. Les personnages ne sont en outre pas très marquants, hormis le harceleur dont la mauvaise foi et l'agressivité sont un peu trop exagérées avant d'enfin se calmer un peu en fin de tome 1. J'ai lu cette BD comme un divertissement sympathique mais sans plus. Je ne sais pas par contre ce que nous réserve la suite puisqu'il semble bien que les héros vont être projetés d'époque en époque alors qu'ils n'en visitent qu'une bien particulière pour le premier tome. A voir...

20/10/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 3/5
Couverture de la série TER
TER

On m'a offert les deux premiers volumes il y a quelque temps, je me suis donc procuré le troisième pour pouvoir clore la lecture de cette série et donner un avis sur l'ensemble. Et j'ai vu que la fin n'en était pas vraiment une et qu'il fallait poursuivre avec la lecture de TERRE. Eh bien je ne suis pas certaine de continuer de si tôt, sauf éventuellement à la trouver en bibli. Ce n'est pas que je n'aie pas aimé Ter, loin de là. Rodolphe sait raconter une histoire, en mettant ce qu'il faut d'éléments mystérieux et intrigants pour créer le suspense. Certes la psychologie des personnages, leurs enfances, leurs rapports sociaux sont assez peu développés mais on s'attache quand même à ce petit groupe de villageois et à leur curieuse façon de vivre. Ils ont des prises dans les murs, savent qu'il en sort de l'électricité et que les appareils « ça se branche » mais ils s'éclairent avec ce qui ressemble à des lampes à pétrole, c'est plutôt anachronique mais bon... Un détail marrant : ils possèdent un appareil (un grille-pain) dont ils ignorent totalement la fonction mais il est branché et juste à côté sont posées devinez quoi... des tranches de pain de mie ! Yapuka appuyer sur le bouton et le héros passe pour un demi-dieu. Pourquoi une civilisation qui ne connait pas le grille-pain inventerait-elle la tranche de pain de mie carrée calibrée ad hoc sortie d'usine ? J'ai bien rigolé quand même. Mais là je chipote sur des détails, parce que les ambiances sont vraiment bien rendues. On se plait à réver à ces paysages, cette architecture avec le village bas, et les édifices en hauteur qui abritent ce qui semble être une caste guerrière dirigeante, mais dont on ne saura que peu de choses finalement. J'aurais bien voulu que ce premier tome dure un peu plus longtemps pour m'imprégner plus des tenants et aboutissants de ce monde. Cela dit, dans la suite des deux autres tomes aussi, j'ai bien aimé les ambiances architecturales intérieures, impressionnant. Le dessin de Dubois est vraiment parfait, beau travail, avec des jeux d'ombres et des colorisations magnifiques. J'adore. Bon, maintenant, c'est avec les révélations de la fin du premier tome que cet univers m'est finalement apparu trop incohérent pour vraiment apprécier plus ma lecture et ceux qui veulent garder le suspense ont intérêt à ne pas me lire plus avant. On apprend donc que le monde sur lequel vit la population est un immense vaisseau perdu dans l'espace. Mouais,... faut-il encore qu'il soit suffisamment immense pour admettre qu'il exerce une gravité telle qu'il conserve une atmosphère respirable et donc une gravité qui permet aussi aux personnages de se mouvoir « normalement ». Admettons.... mais dans la vue d'ensemble qui nous est montrée avec le village perché dessus, ça paraît rikiki pour ça mais bon, admettons encore. On nous explique que dans sa course, le vaisseau a accumulé des parcelles de corps célestes qui ont créé son sol et son écosystème (même le cycle de l'eau avec lacs et nuages ?? et micro organismes qui rendent le sol vivant apte aux végétaux et à une chaîne alimentaire avec animaux ??), curieux mais admettons aussi. Et puis on voit dans la vie du village, une alternance de jours et de nuits : donc une rotation autour d'un axe et à distance agréable d'une étoile qui fait soleil (c'est pas sibérien comme climat, vu la scène de cul tout nu la nuit à la belle étoile... je digresse). D'ailleurs la nuit ils ont en plus une magnifique lune bien ronde, c'est chouette d'avoir réussi à capter un satellite naturel qui éclaire la nuit d'une lumière romantique ! Bon, pour la rotation astronomique, vue la forme du vaisseau, je suppose qu'il tourne autour de son axe principal. On peut donc supposer que les points cardinaux représentent quelque chose, parce que l'expédition dit se diriger « vers le nord », sans rotation cette expression ne voudrait rien dire. Donc admettons encore... J'aurais bien aimé voir comment les auteurs s'en tiraient si ce peuple avait exploré vraiment son univers jusqu'aux confins et qu'un humain arrivait aux bout des ailes très effilées du vaisseau : voir comment la gravité s'inversait et qu'on pouvait quasiment poser un pied de chaque côté, c'eût été drôle. D'ailleurs, dans la vue d'ensemble du vaisseau, il est montré à plat « dans le bon sens » avec le sol rapporté et le village dessus, et le « dessous » bien métallique et sans sol. J'ai l'impression que les auteurs n'ont imaginé la gravité que dans un sens, visiblement la « terre » ne s'est collée que dessus, au delà ça tombe dans l'espace ??? Je crois qu'il faut leur expliquer qu'ici les australiens ne tombent pas dans le vide !!! J'en ai plein d'autres mais je n'ose continuer, ça va faire acharnement. C'est beau d'avoir de l'imagination et j'apprécie que les auteurs n'en manquent pas, mais si on veut faire de la science-fiction, pour moi il ne faut pas occulter complètement le mot science du genre et tenter de rester à peu près crédible. Ou alors, on décide de faire de la sf fantaisiste débridée, j'aime aussi. J'aurais sans doute préféré que les différentes communautés restent à l'intérieur, même isolées les unes des autres pour s'affronter ensuite. Après la révélation du vaisseau et tout ce que ça impliquait comme impossibilités sur le premier tome, j'ai finalement trouvé que la suite était plus cohérente, même si j'ai trouvé plus classiques les guéguerres entre factions avec les combats inévitables. Sinon, pour rester dans mon registre, visiblement, à l'intérieur du vaisseau il y a une gravité artificielle qui est créée. (oui, je sais, j'aime bien Newton et les pommes) Bon, je me suis bien lâchée à tout critiquer, mais faut pas croire, hein, le pire c'est que j'ai plutôt bien aimé quand même...et je crois bien que oui, je m'arrangerai pour lire la suite un jour.

20/10/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 3/5
Couverture de la série Stern
Stern

Si les 2 premiers tomes pouvaient annoncer un petit chef d’œuvre, les 2 suivants (et surtout le dernier) calment mon engouement. Comme j’ai pu le lire, je suis moi aussi resté complètement accroché par les deux premiers tomes. L’ambiance nous pose tout de suite, le dessin est grandiose, les couleurs font vivre les planches et les personnages sont super bien construits, à commencer par le personnage principal. L’auteur veut nous faire miroiter sur ses motivations et chaque tome nous apporte plus d’informations à son sujet (sans jamais tout dévoiler). Son copain alcoolo est génial aussi. A partir du tome 3, je trouve que la « série » (chaque tome se lit en fait plutôt indépendamment entre eux) est un peu en deçà par rapport aux 2 premiers tomes, même si je reste franchement conquis. Mais déjà, je trouve que l’auteur y va un peu trop franc de collier, les secrets de Elijah Stern sont dévoilés sans grande subtilité (l’histoire avec ses femmes, les raisons de leur séparation, etc.) Et puis c’est là que débarque ce que j’appelle une véritable panne d’inspiration dans le tome 4 : toute l’histoire est complètement anecdotique, on se trouve juste dans une nouvelle ville avec de nouveaux personnages auxquels on ne s’attache pas du tout (toute façon ils débarquent et puis s’en vont alors…). Assez frustré, dommage que cela s’essouffle peu à peu. J’espère que l’auteur pensera à recentrer sa prochaine histoire sur Elijah Stern, qui doit avoir encore bien des secrets à dévoiler. Les 2 premiers tomes offraient de la matière aux suivants et permettaient de donner plus d’intensité au scénario. Maintenant le risque, c’est l’ennui. Je me demande comment l’auteur parviendra à redorer le blason en cas de nouvelle sortie. Peut-être que le détail du dessin est un peu moins satisfaisant dans le tome 4 d’ailleurs, j’avais l’impression que les traits étaient trop esquissés, comme s’il manquait quelques coups de gomme sur les contours. J’ai tout de même garder un vrai plaisir à parcourir les planches. Je ne demande qu’à en savoir davantage sur ce héros atypique et je ne serai pas fâcher de découvrir une nouvelle aventure. Une note prudente, mais future potentielle sortie à suivre ! Série quoi qu'il en soit originale qui vaut vraiment le détour

20/10/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série À la Maison des femmes
À la Maison des femmes

Après l’Afghanistan (Kaboul Disco) et l’Iran (Ainsi se tut Zarathoustra), Nicolas Wild est allé cette fois traîner ses guêtres dans un endroit beaucoup moins exotique, la Seine Saint-Denis, une destination qu’il n’aurait peut-être pas forcément choisie au départ et qui ne fait pas toujours rêver, avec comme point d’ancrage cette « Maison des femmes », structure d’accueil pour femmes en détresse coincée entre l’Hôpital Delafontaine, des barres d’HLM et une bretelle d’autoroute. Un sujet pas vraiment sexy d’emblée et pourtant… on comprend rapidement dès les premières pages pourquoi Nicolas Wild a été convaincu d’en faire une bande dessinée, sur proposition de Nicolas Grivel, « agent littéraire spécialisé en bande dessinée » rencontré au hasard des salons. Ainsi, l’auteur va nous faire découvrir cette Maison des femmes, sorte d’oasis au milieu d’un environnement pas des plus riants mais qui en fait ressortir d’autant plus l’unicité. Un véritable havre de paix pour des femmes qui ont vécu des expériences traumatisantes : violences conjugales, mariages forcés ou excision… Ces femmes sont prises en charge par une équipe très soudée de professionnelles où toute présence masculine reste exceptionnelle mais tolérée. Seuls deux hommes faisaient partie d’une équipe d’une vingtaine de personnes à l’époque où Nicolas Wild fréquentait le lieu. Ce dernier était donc loin d’être en terrain conquis, mais sa présence de gentil bédéaste a été vite facilement acceptée, et si au début il a été quelque peu ébranlé par la dureté des témoignages dont certains ont été retranscrits dans l’ouvrage, il a été vite conquis par l’ampleur de ce projet ambitieux et enthousiasmant, mais aussi par l’ambiance chaleureuse et solidaire qui règne en ces lieux. Pour évoquer son expérience, Wild va se mettre en scène comme il l’avait fait avec ses précédents opus. Une formule qui, à la manière d’un Guy Delisle, fonctionne très bien et confère une certaine authenticité au documentaire. L’humour candide et l’autodérision propre à l’auteur permet aussi d’insuffler un peu de légèreté à des propos âpres que parfois on a presque peine à croire. Le découpage en chapitres aère également la lecture, chacun d’entre eux étant consacré à l’une des protagonistes du livre, principalement des professionnelles ou des patientes livrant leur témoignage. On retiendra notamment celui de Sophie, dont des extraits de la bande dessinée qui lui a permis de raconter son calvaire conjugal tout en le tenant à distance, ont été insérés dans l’ouvrage. Comme il l’a prouvé avec ses précédents opus, Nicolas Wild sait nous prendre par la main pour nous emmener vers des contrées pas des plus engageantes, sans qu’on ait à le regretter une seule seconde, bien au contraire. Et ça, c’est un talent qui n’est pas donné à tout le monde ! Vous l’aurez compris, « La Maison des femmes » est une lecture chaudement recommandée par votre serviteur, non seulement pour toutes les qualités de l’ouvrage énoncées plus haut, mais aussi grâce à l’admiration que l’on peut ressentir en découvrant qu’un tel projet ait pu voir le jour, un projet évitant aux patientes le dédale interminable de formalités administratives, et parfaitement résumé de la bouche même de Ghada Hatem : « Notre volonté, à la Maison des femmes, c’est que chaque personne qui arrive avec un problème reparte avec une solution ».

19/10/2021 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Initiation (Motshumi)
Initiation (Motshumi)

Voici une copieuse fresque autobiographique que présente l'artiste sud-africain Mogorosi Motshumi. Bien sûr cela parle apartheid dans ce pays où la société était organisée pour différencier les blancs et les noirs, l'auteur étant dans ce second cas. Ce premier tome évoque surtout son enfance et sa jeunesse de manière chronologique. On y apprend la mort de son père assez jeune, son éducation par sa grand-mère, puis le remariage de sa mère sans qu'il en soit nullement averti avant - sacrée différence de communication parent/enfant par rapport à nos sociétés... - et les relations parfois tendues avec son nouveau beau-père qui est policier de métier, surtout quand Mogorosi fait les 400 coups. On voit l'éducation scolaire qui évolue, les jeunes ne souhaitant pas recevoir l'enseignement, par des professeurs blancs, en langue afrikaans, une langue dérivée de celle des colons néerlandais, ce qui donnera lieu aux émeutes de Soweto en 1976 qui firent de nombreux morts. Ensuite viennent les premières amours, l'auteur se décrivant plutôt comme un Don Juan, et la montée de la contestation. Il présente également ses débuts de dessinateur de presse. Bref tout cela est très intéressant, bien raconté et permet d'avoir un morceau d'histoire du pays à travers ce travail.

19/10/2021 (modifier)
Couverture de la série Toute la vérité sur le sujet
Toute la vérité sur le sujet

Je me suis aperçu en voulant aviser cet album que Bill Plympton n'était pas encore référencé sur le site. C'est étonnant, car c'est un auteur qui, s'il n'a pas publié beaucoup d'albums, est quand même relativement connu dans l'univers de la BD et du dessin animé vaguement underground. En tout cas, voilà de quoi le faire découvrir aux visiteurs du site. C'est un album assez vite lu, car peu épais (moins de 40 pages), avec peu de texte. C'est un recueil de dessins réalisés par Plympton dans les années 70 et 80, généralement publiés dans des revues plus ou moins coquines. Car, comme il l'annonce dans une préface qui explique la genèse de cet album, cela rassemble certaines obsessions érotiques de l'auteur, la quasi totalité des histoires courtes rassemblées dans cet album tournant autour du corps (les seins en particulier) et du sexe féminins. Rien d'hyper graveleux ni de purement érotique, mais j'ai trouvé l'ensemble intéressant. parfois drôle, souvent amusant, en tout cas aucune histoire n'est ratée. Le dessin va à l'essentiel, c'est souvent du croquis colorié, Plympton ne s'embarrasse pas de détails, de décors. Pas forcément facile à trouver, cet album est agréable à lire, et permet d'entrer dans l'univers d'un créateur à part, dont les dessins animés sont rares et précieux.

19/10/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Ténébreuse
Ténébreuse

Une couverture qui claque, Hubert, l'auteur de Les Ogres-Dieux et Peau d'Homme, au scénario, et Vincent Maillié au dessin, dont le style si proche de celui de Loisel l'avait amené à réaliser d'excellents tomes de La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête, voilà tout ce qu'il me fallait pour m'attirer éperdument vers cette BD. Et je n'ai pas été déçu. C'est de la pure héroïc-fantasy, reprenant les termes classiques du genre. Un univers médiéval fantastique empli de créatures surnaturelles inquiétantes, un chevalier déchu qui cherche à redorer son honneur, une princesse en danger, une puissante magie menaçant un royaume entier, et de mystérieuses intrigantes ; ce sont là les ingrédients d'une intrigue d'apparence conventionnelle qui va rapidement prendre le contre-pied des stéréotypes et se révéler plus moderne qu'il n'y parait. Le graphisme m'a séduit dès les premières pages... dès la couverture en réalité tant j'aime l'élégance de sa composition, son trait, sa couleur et même la texture de son dessin, comme griffé. Si la colorisation y est plus ordinaire, les planches de l'album ne sont pas en reste. Il y a toujours cette patte proche de celle de Loisel que j'aime tant, dans les personnages et décors, même si le trait et les arrière-plans sont ici plus épurés. Certains paysages sont superbes. Je pense notamment à la tour où est enfermée la princesse mais aussi aux différentes villes et forteresses. Les scènes d'action elles aussi sont très belles, prenant parfois des allures purement épiques. Un vrai plaisir pour les yeux. L'histoire est bien rythmée, prenante et fluide. Elle révèle rapidement un retournement de situation qui va structurer son intrigue et apporter son originalité. La suite est un peu plus convenue et attendue mais elle tient la route et la fin du premier tome laisse entrevoir un développement nouveau de la personnalité des protagonistes, amenant les lecteurs à se demander où le récit va les mener. J'ai hâte de lire la suite.

19/10/2021 (modifier)
Couverture de la série Tout se complique
Tout se complique

Jean jacques Sempé se définit comme humoriste et dessinateur. Il décrit la vie qui l'entoure d'une manière légère, tendre et quelquefois caustique mais sans méchanceté. Dans "Tout Se Complique" il nous propose des dessins d'humour de la France de 1963. "J'appelle ça la France mademoiselle, et pas n'importe laquelle, la France du Général De Gaulle". ce cher Hubert me pardonnera cet emprunt. Mais quoi de mieux que de l'humour pour décrire l'humour. Ce n'est pas une œuvre politique ni une charge contre un régime mais plutôt des interrogations sur la direction prise. Une France qui perd son passé agricole de planteurs de salades pour aller vers une industrialisation massive. Oui c'était au beau milieu des trente glorieuses et cela embauchait à tour de bras. En contrepartie, c'était le début d'un monde perçu comme de plus en plus gris, de plus en plus inégalitaire, avec ses parvenus grands bourgeois à côté de petits employés tristes et de plus en plus uniformes et interchangeables. Employés qui semblaient voués au " Métro, boulot, dodo" comme horizon Une œuvre sociale qui peint des gens simples et normaux déjà accaparés par la presse people ou les jeux télévisés. Une France du Travail qui enfantera d'une France du Loisir. J.J. Sempé hait la bande dessinée avec ses petites cases et ses grosses lettres (Le réveil culturel 12/03/2018) mais j'espère que la BD ne lui en veut pas comme moi d'ailleurs.

19/10/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Legenderry - L'Aventure Steampunk
Legenderry - L'Aventure Steampunk

Je ne suis pas un grand fan de steampunk, mais j'ai été attiré par le nom de Bill Willingham. Comme il a créé une excellente série mettant en vedette les contes et les fables, je me disais qu'il pouvait répéter l'exploit ici. Malheureusement, je me suis très vite ennuyé. L'univers ne m'intéresse pas et la plupart des personnages aussi. Un point faible est que si l'univers de 'Fables' avait un sens, ici ce l'est moins. Autant je trouve ça normal de voir ensemble des personnages comme Blanche Neige, le grand méchant loup ou la belle au bois dormant, autant je trouve que cela ne fait pas grand sens de voir Vampirella, Red Sonja, le Phantom, Zorro, Green Hornet et j'en passe ensemble dans le même univers. Ils sont juste ensembles parce que l'éditeur américain Dynamite Entertainment a les droits de ses personnages. Sérieux, il y a même un personnage obscur de Jack Kirby des années 80 (Capitaine Victoire) dans le récit ! À la limite, si on avait mit des personnages ayant quelque chose en commun (genre les héros de pulp) ensemble cela aurait été un peu mieux. Un autre gros défaut est que dans 'Fables', les personnages issues de contes et autres histoires avaient vécus leurs aventures et il y avait une raison pourquoi ils se trouvaient dans un monde moderne. Là il y a rien et cela donne l'impression qu'on aurait pu remplacer tous les personnages connus par des nouveaux sans que cela change grand chose à l'histoire. Notons que c'est le premier volume et que l'histoire est clairement pas terminé, mais il semble ne pas avoir de suite pour le moment. Bref, un sous-La Ligue des gentlemans extraordinaires.

19/10/2021 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Goldorak
Goldorak

Cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour. Nostalgiques de Recré A2, je vous invite à découvrir le nouvel album de Bajram, Cossu, Dorison, Sentenac et Guillo qui nous font revivre une nouvelle aventure de Goldorak. Et quelle aventure ! Nous retrouvons nos héros vieillis, (la patrouille des aigles) presque désabusés pour certains (Actarus, étrangement barbu, particulièrement éprouvé au début de cet épisode), appelés, encore une fois, à sauver leur pays contre les Golgoths ; mais aussi Procyon, Rigel, Mizar, Banta. Le tour de force est tout de même de ne faire figurer Goldorak qu’à la moitié de l’album, qui compte 136 pages, sans pour autant dénaturer les souvenirs que l’on avait de ce dessin animé. Je dois avouer avoir eu des frissons, lorsque Actarus prononce le mythique " Goldorak Go ! ", une véritable madeleine de Proust, vous dis-je, cet album. Et que dire du fameux « métamorphose ! » , parfaitement dessiné par le trio Bajram, Cossu et Sentenac. Justement côté dessin il faut souligner la qualité du travail, mais aussi les couleurs en parfaites adéquation avec celles du dessin animé et des pages parfois audacieuses (page 64) au niveau du découpage. Quelques clins d’œil sympathiques égrènent la lecture de l’album, comme le disque 45 tours que sort Procyon (page 60). L’album est agrémenté d’un cahier de 16 pages sur la genèse de cette histoire, qui montre, s’il fallait encore le prouver, que les auteurs ont une passion dévorante pour Goldorak depuis leur plus tendre enfance. Cette passion s’est ressentie dans l’album qui, pour moi, est une de mes meilleures lectures de cette année. Finalement, je retire ce que je disais en introduction "cinquantenaires de tous pays réjouissez-vous, Goldorak est de retour !", mes enfants de 20 et 21 ans m’ont emprunté l’album en faisant un « Waouh ! », au vu de la couverture. " Goldorak" en définitive, n’appartient plus exclusivement aux gens de 50 ans ou plus, comme moi et tant mieux. Un grand merci aux auteurs.

18/10/2021 (modifier)