Les derniers avis (96166 avis)

Couverture de la série Walk me to the corner
Walk me to the corner

On a là un pur roman graphique, qui tourne autour d’une histoire d’amour. Il ne faut donc pas être réfractaire à ce type d’œuvre pour apprécier cet album ! Nous suivons Elise, une cinquantenaire, mariée et heureuse avec son mari, qui a un coup de foudre pour Dagmar, une femme (elle aussi mariée et heureuse avec sa femme). Cette situation complexe entraine des bouleversements, des questionnements de la part d'Elise, sur sa vie de couple, sur ce qu’est l’amour et s’il peut avoir différents degrés, si l’on peut partager son amour avec plusieurs personnes, etc. Le dessin est assez simple, la narration est légère : l’ensemble donne un traitement pudique, presque dépassionné – et atténue un peu cette même passion qui a bouleversé la vie d’Elise, dont l’univers fait de routine et d’un bonheur ronronnant va se fissurer. Je ne peux pas dire que la lecture fut désagréable. Mais c’est juste que j’ai trouvé un peu trop froid le traitement du sujet, même si je conçois que la frontière est fragile entre mièvrerie et sensiblerie. Les histoires d’amour finissent mal, en général. Mais pas forcément ici. En tout cas il n’y a pas ici de conclusion définitive. Note réelle 2,5/5.

20/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Schwartz et Yann
Le Spirou de Schwartz et Yann

Le Spirou de Schwartz et Yann mérite plusieurs lectures et plusieurs niveaux de lecture à mon avis. C'est une oeuvre complexe en trompe-l'oeil. La série explore tellement de pistes quelquefois contradictoires qu'on peut assez facilement s'y perdre et lui faire le reproche de fourre-tout. Comme indiqué dans plusieurs avis, il y a pléthore de références sur la Résistance Bruxelloise, sur la BD belge et sur le parler Bruxellois. C'est un côté hommage appuyé qui contraste presque avec le côté comique et ridicule des actions de Spirou et des Gestapistes. Yann nous invite-t-il à aller au-delà des apparences que les auteurs nous livrent? C'est fort probable, d'où cette invite aux lecteurs de rechercher la réalité via toutes ces références. C'est encore plus criant pour les deux autres albums. Pauvre Fantasio qui se débat avec " L'existentialisme est un humanisme" auquel il n'a pas l'air de comprendre grand chose. Yann a choisi deux périodes, le Nazisme et le Colonialisme , qui donnent la nausée. "La Nausée" n'est elle pas la clé de la série? Fantasio aurait pu le demander à J.P Sartre. Car m'enfin !! Nos deux héros pourfendeurs de la bête monstrueuse à Bruxelles sont tout miel devant le tableau géant d'une autre célébrité historique. Quel beau portrait de Léopold II, quelle belle statue dans une case carte postale qui vente la douceur de vivre au milieu de Léopoldville. Léopold II !! Esclavagiste, tortionnaire par procuration qui a sur la conscience plusieurs millions de Congolais tués ou mutilés (commission d'enquête 1904-05). Ce qui n'empêche pas d'avoir une avenue à Paris 16. La nausée je vous ai dit, on y est jusqu'au cou!! Yann ne nous renvoie-t-il pas à travers Spirou l'image de l'Autodidacte de Sartre naïf et pétri de bons sentiments ambigus. C'est particulièrement vrai dans le dialogue entre Spirou et le pauvre albinos. Quelle ironie envers l'humanisme sentimentaliste et satisfait de Spirou et la réalité de la situation. Le dessin de Schwartz est très bon, un poil d'auto dérision quand il se dessine en conducteur de blindé. Il est bien dans l'esprit de la série, dynamique et invraissemblable. Ses décors sont soignés, travaillés et font entrer dans l'ambiance déjantée du Paris intello de 1945/47. J'aime beaucoup les couleurs chaudes et agréables. Une série qui mérite de prendre son temps mais une superbe lecture dans un style très différent de Emile Bravo sur le même thème de la Résistance. Les deux se complètent à mon avis.

20/05/2022 (modifier)
Couverture de la série La Débauche
La Débauche

Je connaissais l'oeuvre de Tardi à travers la Grande Guerre. C'est donc la première oeuvre légère que je lis. Pennac est lui, un auteur reconnu pour ses romans tant pour la jeunesse que pour le public adulte. J'ai découvert une série policière bien sympathique à lire. Le scénario de Pennac est bien construit avec de bons rebondissements et des caractères bien tranchés. On est dans la caricature assez soft du système capitaliste qui peut se montrer sans pitié quand le profit est en jeu. D'un autre côté , les auteurs indiquent que le rebond est possible même si il n'était pas prévu comme l'aventure de Hélas le montre. Pennac et Tardi ne font pas spécialement pour autant dans la nuance, les bons d'un côté les vilains de l'autre. Il y a assez peu de suspens mais celà donne prétexte à une belle ballade dans un Paris bien peint par Tardi. Un ouvrage assez cool pour rentrer dans le monde de Tardi qui donne une lecture récréative plaisante.

20/05/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Copra
Copra

Je rejoins l'avis de Ro. Le dessin est pas mal. Comme c'est du comics indépendant, l'auteur peut prendre autant de liberté avec son dessin qu'il le souhaite et cela donne des belles cases et puis j'adore les couleurs. Le problème vient du scénario. Comme l'a si bien dit Ro, tout semble improvisé du début jusqu'à la fin et le déroulement de l'intrigue n'est pas très clair. Lorsque j'ai lu l'album, j'ai vraiment eu l'impression de lire le genre d'histoires que j'imaginais lorsque j'étais petit avec mes jouets. Il y a les mêmes éléments: un scénario qui part dans tous les sens, des dizaines de scènes d'actions et un peu de trop pompé sur d'autres œuvres (c'est vraiment un sous-suicide squad). Dommage, le dessin m’avait intrigué et je pensais passer un bon moment de lecture.

20/05/2022 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Petit Frère
Le Petit Frère

Jean Louis Tripp continue de m'étonner. Après Extases, où l'auteur s'était mis littéralement à nu, il nous offre un nouveau livre autobiographique déchirant avec "le petit frère", un drame qu'il a vécu à 18 ans avec la mort de son frère, Gilles. C'est une de mes lectures les plus émouvantes et poignantes de cette année. A travers près de 330 pages, nous suivons une famille recomposée et aussi déchirée, par le deuil d'un jeune enfant, mais surtout la culpabilité ressentie par Jean Louis Tripp avec cette main lâchée, main qui reviendra comme un leitmotiv dans ce récit. L'auteur restitue parfaitement ce drame de cet été 1976, avec ce décalage avec un pays en grandes vacances : "les gens étaient heureux. Et nous, avec notre convoi funéraire, on était presque déplacés", écrit -il. Avec cet album, Jean Louis Tripp a choisi le dessin en noir et blanc sur iPad, ce qui ne nuit nullement à la qualité graphique. Seules quelques planches en couleurs, vers la fin de l'album, viennent apporter un brin d'optimisme, comme si Jean Louis Tripp avait enfin tourné la page, et s'était enfin apaisé. Un album très fort, et qui rejoint dans mon panthéon personnel un album aussi fort dans l'émotion que Le Journal de mon père de Taniguchi. Bref, un petit chef d’œuvre à lire et à relire.

19/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Incidents
Incidents

Tiens, je crois que c’est le premier Mattotti en Noir et Blanc que je lis. Ça change, car son travail en couleur est beau et reconnaissable. Mais je dois dire que le Noir et Blanc lui va aussi. Son trait est très lisible, et son style plus ou moins caricatural est efficace, avec des têtes de personnages leur donnant parfois l’aspect de marionnettes. Et c’est un peu de cela dont il s’agit, puisque les personnages que nous suivons donnent l’impression de ne pas maitriser grand-chose de ce qui leur arrive. C’est une sorte de polar noir mâtiné de fantastique, mais qui vaut avant tout pour l’ambiance, à la fois mystérieuse et poétique, qui habille l’histoire (je pense à ces personnages à grosses têtes apparaissant à divers moments). C'est une histoire difficile à résumer, parfois à comprendre, mais qui n’en est pas moins intéressante à suivre, même si toutes les clés ne nous sont pas données.

19/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Loup m'a dit
Le Loup m'a dit

Cette série peut clairement dérouter et, malgré ses qualités, peut laisser insatisfaits des lecteurs – comme cela a été en partie mon cas. Surtout parce qu’il n’y a pas vraiment d’histoire, d’intrigue – ou alors c’est un fil rouge ténu qui traverse ces deux albums, à savoir le rapport entre des loups et une femme, au travers des millénaires. En effet, le premier album voit les liens se tisser entre loups et humains, entre certains loups et une femme, Ambre/Loba, des tréfonds de la préhistoire jusqu’à nos jours. Le second album est resserré sur les années récentes. L’intrigue en elle-même est donc un prétexte pour Servais, qui nous montre son amour de la nature et des animaux – loups en tête. Nature avec laquelle l’homme aurait peu à peu rompu, s’en écartant de plus en plus dangereusement. Le message et clair, et peut-être simpliste. Mais ce sont des albums engagés, militants. D’autant plus que le second tourne essentiellement autour de la lutte de quelques-uns (dont Servais lui-même) contre l’installation d’un parc d’éoliennes par une multinationale, dans un espace naturel protégé proche du lieu d’habitation de l’auteur. Malgré l’intrigue prétexte et faiblarde, et un message parfois naïf, j’ai trouvé quand même positive cette lecture. Car les enjeux font qu’on ne peut que comprendre et soutenir le discours de Servais, de plus en plus d’actualité. Et, comme souvent chez cet auteur, le dessin est franchement bon, très beau – il a toujours su magnifier nature et animaux en particulier ! Note réelle 2,5/5.

19/05/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 2/5
Couverture de la série Everything
Everything

Ca arrive parfois : être déçu. Rololo, j'aurais pourtant tellement voulu aimer cette BD... Bon, je ne sais plus trop comment j'en ai entendu parlée, mais toujours est-il qu'après sa sortie, elle fut très rapidement épuisée. Ca déjà, ça sentait bon. Et puis le livre en lui-même : beau papier, chouette format, travail d'édition soigné... Les dessins sont sympas, mais non exempts de maladresses, capables d'attirer un type comme moi, rétif habituellement aux comics made in USA. En fait, ici, on est davantage chez Charles Burns ou Mezzo que chez Stan Lee, aussi bien dans la forme que dans le fond. La mise en couleur est également remarquable. Les tons sont francs et parfois criards sur certaines pages, conférant à l'ensemble un parti-pris graphique assez tranché et assumé. Malheureusement, je me suis un peu emmerdationné à la lecture. Si la narration prend son temps, ce que j'aime assez en principe, elle ne réserve en revanche aucune surprise. Pas d'effet de manche, rien. On sent venir le truc, même assez prématurément, et le truc arrivant, on n'est pas surpris. A la limite, on est presque surpris de ne pas être surpris. De plus, cette histoire reste en surface. Prenant comme cadre un supermarché (Everything) qui tente de contrôler l'esprit des gens afin de les abrutir de bonheur par la consommation (thème récurant), le scénariste ne fait guère d'effort pour en sortir, du cadre. Là, j'ai tout dit, et il n'y aura rien de plus. C'est tout juste si cette histoire de Vroms parviendra à nous faire lever un sourcil tellement elle n'apporte rien au récit en dépit de son apparente incongruité. Les personnages sont éculés. On les as déjà croisés mille fois, dans des BD, des films, des romans, peu importe. Tous les éléments de cette BD semblent juxtaposés à la va-comme-je-te-pousse. L'assemblage est approximatif et superficiel. Bref ! La sauce ne prend pas. Et là, je n'ai même pas envie d'en dire plus tellement je suis déçu.

19/05/2022 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Vent Debout (Delcourt)
Vent Debout (Delcourt)

Vent Debout s'inspire d'une histoire vraie, celle d'un couple de navigateur français enlevés par des pirates au large de la Somalie. Cette version inspirée de ce faits divers est romancé et mélangé à deux autres histoires. C'est ainsi qu'on suit le périple d'une famille qui voyage en Asie du sud est, durant une année sabbatique. Il croiserait un vieux baroudeurs qui lui aussi à quelques anecdotes de voyage à nous raconter. Ces trois histoires s'entrecroise tout au long de l'album. C'est le vieux baroudeur qui raconte à la famille l'histoire du couple enlevé. La narration est plutôt réussie et efficace : on passe ainsi d'une histoire à l'autre avec des transitions plutôt fluides, et on reprend ces tranches de vies là où on les avait laissé quelques pages plus tôt. Malgré le coté tragique de l'épisode avec les pirates, cet album est quand même une invitation au voyage. On ne peut pas dire que l'un ou l'autre des éléments de ces histoires soit spécialement marquant. On y découvre la vie des expatriés : les opportunités, les rencontres et tout un tas de petits plaisirs qui vont avec ce type de voyage. L'histoire du couple pris en otage apporte une touche plus tendue et moins détente que le reste. Mais cet enlèvement est finalement assez vite résolu et cette partie de l'histoire est plus axée sur les évènements qui ont suivis : quelle vie ces gens-là ont mené après avoir été kidnappé. Le dessin est actuel mais il se démarque par quelques planches qui mêlent dessin et photo. Au final Vent Debout est un album divertissant.

19/05/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Mortel Imprévu
Mortel Imprévu

Voilà un album rondement bien construit. L'intro est efficace, en 4 planches le décor est planté, les protagonistes présentés et on rentre tout de suite dans l'intrigue. On découvre Edith, une jeune femme qui a fui un l'Angleterre et son mari violent, pour refaire sa vie de l'autre coté de l'Atlantique. Elle y rencontre un charpentier dont elle va tomber amoureuse. Ensemble ils vont se lancer dans la ruée vers l'or, accompagnés de trois hommes rencontrés en chemin. Le rythme est plutôt lent, mais la lecture est très agréable. On suit avec un intérêt croissant la vie harmonieuse du groupe car même si les pépites ne sont pas nombreuses, le petit groupe évolue sereinement. Jusqu'au jour où tout dérape... La suite ressemble à un huis clos glacial, où nos protagonistes coupés du monde seront en désaccord face à un cas de conscience. C'est efficace, tendu et crédible. L'histoire prend une dimension psychologique interesssante. Cet aspect, basé sur les sentiments et les convictions, occupe même une place prépondérante au coeur des évènements, chacun essayant de convaincre l'autre. La méfiance devient la règle et la tension ambiante entre Edith et Hans est bien rendue. On comprend les 2 points de vue qui s'opposent car ils correspondent bien aux caractères de chacun. On a l'impression que quelque chose sera définitivement rompu entre Edith et son compagnon. Fini l'osmose du début et on se demande bien qui va convaincre l'autre et comment tout ça va finir. Sans parler de suspens, l'issue est incertaine et ça fonctionne très bien. Au final l'histoire est prenante sans être complexe. Cela donne un bel album au dessin agréable, ce qui ne gâche rien.

19/05/2022 (modifier)