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Couverture de la série L’Encyclopédie des peurs
L’Encyclopédie des peurs

Je suis peut-être un peu dur, et des lecteurs plus jeunes (la série vise des pré-ados ou de jeunes ados je pense) y trouverons peut-être davantage leur compte. Mais je suis resté sur ma faim à la lecture du tome inaugural. Il y a quelques qualités. D’abord la maquette, qui lorgne sur la collection Métamorphose par exemple ou une narration assez fluide. Pour le reste, je ne suis pas fan du dessin, pas exempt de défauts. L’histoire en elle-même use de ficelles déjà vues. Une grand-mère acariâtre houspille sans cesse son entourage : son majordome, son chien qui fait des bêtises, et surtout sa petite fille Clara, qui vient d’arriver chez-elle et dont elle ne veut pas. On ne doute pas qu’elles vont se réconcilier au bout d’un moment ! Pour le reste, cela mêle passages humoristiques (très gentils) et un certain fantastique. En effet, la grand-mère collectionne les peurs, qu’elle récupère sur des sujets avec un tromblon de son invention, et souhaite rédiger une encyclopédie à leur sujet. Elle envoie Clara – qui elle n’a, hélas pour sa grand-mère, peur de rien – au Mexique (la grand-mère est décidément géniale, puisqu’elle a aussi créé une machine de téléportation !) pour collecter un spécimen de « peur du noir » ou achluophobie. Les péripéties s’enchainent et il faut au lecteur de la mansuétude : il faut oublier un certain nombre d’invraisemblances (Clara se fait comprendre sans problème des Mexicains, se fait accueillir là aussi sans problème). A réserver à un jeune lectorat pas trop exigeant quand même. Note réelle 2,5/5.

17/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Mutante
Mutante

Seul aux commandes ou avec l’aide de comparses (voir fiche de l’album), Gimenez propose ici une série d’histoires courtes jouant sur plusieurs registres SF, avec plusieurs allusions à Silverberg (dans « une princesse de rêve », mâtinée d’une imagerie Fantasy, la plus longue, mais pas la plus limpide à suivre) ou à Georges Lucas. Plusieurs histoires ont une tonalité humoristique, sont proches de ce qu’avait pu produire Bilal dans le même genre (voir le très bon Mémoires d'outre-espace). L’ensemble est inégal, mais globalement intéressant, la lecture est agréable et fluide. D’autant plus que les histoires se renouvellent bien, sont assez diverses. La lecture est d’autant plus agréable que Gimenez a atteint ici sa maturité au niveau graphique. C’est un dessin assez typé, et il ne faut pas être réfractaire à son style, marqué par une époque, mais quand même aussi personnel. Nombreuses sont les planches vraiment très belles. Cet aspect est vraiment le point fort de cet album. Jodorowsky ne s’y est d’ailleurs pas trompé, lui qui a le chic pour s’entourer de grands dessinateurs pour illustrer ses délires. La maîtrise technique et l’aspect grandiose de certaines planches ont dû le convaincre de s’adjoindre Gimenez pour La Caste des Méta-barons. Pas inoubliable, mais une sympathique lecture pour les amateurs de SF.

17/05/2022 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Elle ne rentre pas, celle de mon mari
Elle ne rentre pas, celle de mon mari

Avec un tel titre ça ne pouvait que susciter la curiosité. D'autant que les éditions du Lézard noir sont généralement de qualité. C'est à la lecture que j'ai découvert que c'était l'adaptation d'un roman autobiographique à succès au Japon. Je viens de voir que cela avait été aussi adapté en série pour Netflix. En fin de chaque tome sont retranscrits les échanges épistolaires entre les deux autrices. L'autrice originale, et la narratrice donc, est une femme comme le titre peut l'indiquer et son problème est bien sexuel comme on pouvait s'en douter. La mangaka qui a été choisie par l'écrivaine pour cette adaptation comme l'expliquent justement ces conversations de fin est aussi une femme. Son style est délicat. Ce n'est pas hard ni même érotique même si certaines scènes laissent voir les choses de manière subtile, on n'est pas pire que certaines œuvres de Kamimura par exemple. Pour autant c'est à réserver à un public averti comme on dit. On est vraisemblablement sur un problème de vaginisme. Pas vraiment un problème de taille comme le laisse entendre le résumé. C'est plutôt l'histoire d'une relation de couple, assez surprenante de prime abord. La jeune fille débarque en ville de sa profonde campagne pour faire des études universitaires et un garçon de la résidence squatte de temps en temps chez elle assez impoliment. De fil en aiguille ils sont ensemble puis au bout de quelques mois alors que l'homme quitte la vie universitaire pour le monde du travail il lui parle mariage. Voilà en quelques chapitres on est déjà à plusieurs années de relation sans jamais arriver à la faire rentrer. Cela suscite de la culpabilité chez la jeune femme. On n'a pas trop le sentiment du mari. On voit dans le tome 2 qu'il va parfois dans des clubs à hôtesse, ce qui attriste sa femme quand elle le découvre. Mais au-delà du sujet chambre à coucher, c'est aussi une histoire sur le milieu éducatif, les deux jeunes deviennent professeur, et la pression sociale qui est forte pour se conformer à la norme. Une histoire contenue en 4 tomes qui ne se limite pas à son titre un peu choc et qui pourrait dissuader certains de prime abord.

17/05/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Ce garçon
Ce garçon

Surprenant album ! Ca part sur mai 68, une famille bourgeoise de Paris qui décide de fuir la capitale quand ça commence à chauffer, ça enchaîne sur l'histoire de Jean, ce gamin débrouillard et curieux, pour se terminer sur l'évocation de la deuxième guerre mondiale... C'est plutôt un roman graphique, car on est dans le quotidien du garçon et de sa famille, et l'histoire est ainsi menée qu'on ne sait pas ce que nous réserve la page suivante... J'avoue que j'ai plutôt aimé, c'est agréable, enlevé et surprenant presque de bout en bout. C'est le premier album de Maby en tant que scénariste, je serai curieux de voir ce qu'il va faire par la suite, il me semble capable d'aborder pas mal de sujets et de les traiter par le petit bout de la lorgnette... Premier album aussi de Valentin Maréchal, Bordelais comme son scénariste, qui a un style assez étonnant, une ligne claire franchement dynamique dans des décors dépouillés. je me suis surpris à mettre ma lecture en pause pour admirer la mise en scène et le découpage. Bref un album, pas facile à raconter, mais qui vaut le détour si vous tombez dessus.

17/05/2022 (modifier)
Par Montane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Poids des héros
Le Poids des héros

La lecture du Joueur d'échecs avait déjà été un choc visuel. L’impression que l’on ressent à la lecture de ce nouvel album est encore plus forte à mon sens. On se demande d’ailleurs si David Sala n’est pas d’ailleurs un peintre dans l’aligner de Gustave Klimt plutôt que d’un dessinateur de BD classique. Les planches sont d’une beauté rare. Même si les amateurs n’achètent pas cet album je les invite toutefois à tourner les pages de cet album chez leur libraire préféré. Mais cet album ne vaut pas uniquement pour sa beauté graphique car l’histoire est vraiment digne d’intérêt : comment vivre dans une famille où votre grand père fut un rescapé de la guerre d’Espagne et des camps de concentration ? Pour sa famille et son petit-fils c’est tantôt un motif de fierté, tantôt un poids car on se réfère souvent au grand homme dans la famille et l’on sent bien que on ne sera jamais tout à fait digne de lui. C’est ça le poids des héros. Et le petit fils c’est David Sala lui-même qui trouvera sa voie dans le dessin. Mais je vous laisse le soin de découvrir l’histoire par vous-même. Et cela en vaut largement la peine.

17/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Gerard Schaefer - Sex beast
Gerard Schaefer - Sex beast

Grosse déception que cette biographie d’un célèbre tueur en série. Déjà le fait que cette collection soit dirigée par un personnage ambigu (Stéphane Bourgoin) me laisse un arrière-goût amer. Je ne doute pas que le gars soit passionné par les serial killers, mais il est aussi de notoriété publique qu’il aime enjoliver son curriculum vitae. Et il est donc difficile de discerner le vrai du faux dans ce qu’il se vante d’avoir vécu. Aussi lorsque cet album prend la forme d’un entretien qu’il aurait eu avec Gerard Schaefer le jour même du meurtre de ce dernier par son compagnon de cellule, et bien j’ai un doute sur la véracité des faits. Je veux bien croire qu’il ait rencontré Schaefer mais là, le timing me parait un poil too much (A en croire Wikipedia, Bourgoin aurait rencontré Schaefer en 1991 et Schaefer a été assassiné en 1995). Ensuite, la manière dont cet entretien nous est relaté ne sonne pas juste. Tout cet entretien semble avoir été réécrit de telle sorte que les auteurs puissent revenir sur une bonne partie de la « carrière » du serial killer. Si cette interview nous avait été présentée comme une fantaisie scénaristique créée pour permettre justement d’évoquer l’ensemble de la biographie de Gerard Schaefer, j’aurais pu l’accepter mais ce n’est pas le cas. Cette quête de sensationnalisme, ce besoin de Bourgoin de se mettre en avant alors qu’il n’est pas le sujet du livre me dérangent grandement. Si encore cette biographie avait été complète, j'aurais pu passer outre cette fantaisie, mais elle met l’accent sur les crimes (et leur côté pervers) au détriment de la personnalité du tueur ou de l’enquête policière qui a permis de l’appréhender. Or, ce sont ces deux aspects qui m’attirent le plus dans ce genre de sujet. Ici, on ne sait même pas comment Schaefer a été arrêté. Quant à son profil, il ressemble tellement à celui de la plupart des tueurs en série (enfance traumatisante, mutilation d’animaux avant de passer aux êtres humains, personne méthodique, etc… ) que je n’arrive pas à voir en quoi il serait si « remarquable ». Par ailleurs, le dessin, réalisé par une équipe de dessinateurs (ce qui pour moi n’est jamais bon signe) m’est apparu approximatif et dénué d’émotion. Je pourrais pourtant dire que ça se laisse lire. Le scénario de Jean-David Morvan est fluide et le découpage est bon, mais je n’ai vraiment pas retiré ce que j’attendais de ma lecture. Tout me semble sonner faux.

17/05/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Visions
Visions

Un album qui regroupe trois œuvres d'Alan Moore et ça sent vraiment le fond de tiroir qu'on glorifie parce que c'est produit par un auteur connu. En fait, il faut savoir qu'il y a deux bandes dessinées et un essai et l'essai est la seule partie 100% Alan Moore. Les deux autres ce sont des textes de Moore adaptés par Anthony Johnston au scénario et c'est un habitué de ce genre d'exercice parce qu'il avait déjà fait le même type de travail pour ''Fashion Beast'' pour le même éditeur américain (Avatar Press). Évidemment, il y a uniquement Alan Moore qui a droit à son nom en gros sur la couverture. Vous avez déjà lu des adaptations de chansons en BD ? Vous avez surement remarqué que la plupart du temps le dessin ne sert à rien et que cela serait suffisant s'il y avait juste le texte ? Ben c'est l'impression que j'ai lu en lisant le premier récit qui est franchement sans grand intérêt. La seconde bande dessinée est un peu mieux, c'est l'adaptation d'une nouvelle et les personnages parlent par moment donc cela fait plus bande dessinée et en plus le sujet, la télévision, m'intéresse sauf que le texte devient vite trop intellectualisant comme c'est souvent le cas avec Moore et j'ai fini par m'ennuyer. Il reste l'essai où Alan Moore décrit la conception d'une bande dessinée en prenant des exemples de son propre travail. Là c'est intéressant sauf que bon ce n'est pas de la bande dessinée et c'est 40 pages dans un album qui en fait plus de 200... À la limite on aurait pu sortir cet essai tout seul comme petit album. Donc voilà un album dispensable sauf si on veut vraiment tout collectionner d'Alan Moore. Je conseille un emprunt et la lecture de l'essai uniquement.

17/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Voyage des Pères - Noé
Le Voyage des Pères - Noé

Dans ce troisième cycle du Voyage des Pères, David Ratte s’intéresse au récit biblique mettant Noé et son arche en avant. Il ne change rien à sa formule : un dessin très expressif, des dialogues anachroniques, de l’humour très gentil, un grand respect pour l’œuvre biblique. Le résultat : un album qui se lit facilement mais qui ne surprend pas.

17/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Karmela Krimm
Karmela Krimm

Première enquête pour cette jeune héroïne au pedigree très classique. Une ancienne inspectrice reconvertie comme détective privée, on ne peut pas dire que ce soit très original. Et avec une héroïne narratrice et un cadre comme Marseille -et même si le style graphique n’a aucun rapport- je n’ai pu m’empêcher de penser à Léo Loden. Moins d’humour ici, même s’il y en a, moins de loufoquerie surtout mais beaucoup de points communs quand même, à commencer par le milieu dans lequel cette première enquête nous emmène. Football, immigration, différence de classes sociales et magouilles au menu d’une intrigue bien ficelée et menée tambour battant. Pour les fans d’enquêtes policières dans lesquelles l’action importe autant sinon plus que la réflexion, franchement, ça le fait. Karmela Krimm est sympathique et forme rapidement un duo complémentaire avec Tadj, le colosse homme de main d’une riche héritière. Les rebondissements ne manquent pas et sont bien amenés. Il y a çà et là quelques petites trouvailles plaisantes qui apportent un peu de fraicheur et de modernité à cette série par ailleurs très classique. Enfin, le style graphique de Franck Biancarelli me plait bien. Réaliste et froid, il cadre bien avec la collection ‘troisième vague’ sans chercher à copier les auteurs emblématiques de celle-ci (il n’a pas exemple pas la précision maniaque d’un Jigounov). Une série que je vais suivre, d’autant plus gaiement que le format d’une enquête par tome me plait beaucoup et est très bien maitrisé dans ce premier volume (c’est fluide sans être vide, et complexe sans être étouffant). Avis général inchangé après lecture d'un deuxième tome tout aussi plaisant que le premier. J'aime décidément beaucoup ce format d'une histoire par tome lorsque le scénario est aussi bien maîtrisé.

07/12/2020 (MAJ le 17/05/2022) (modifier)
Couverture de la série Nettoyage à sec
Nettoyage à sec

Après la justement très remarquée « Béatrice », Joris Mertens nous revient avec un album qui tient autant de la chronique sociale et de la comédie romantique que du polar cynique. Ce que je retiens avant toutes choses de cet album, ce sont de magnifiques lumières de la ville, les réverbères qui se reflètent sur le pavé humide de Bruxelles. Je me suis revu enfant, lorsque l’on traversait la ville sur la banquette arrière de la voiture le soir… toute une poésie de la ville, toute une ambiance. J’entends presque le crépitement de la pluie en tournant ces planches. Joris Mertens, à travers ses grandes illustrations rend un très bel hommage au Bruxelles des années 70, à ses quartiers populaires, à ses cafés, à son tram, à ses pavés. Vient ensuite l’histoire. Le personnage central est attachant par sa simplicité. On pourrait qualifier François de gentil, de naïf. Il est juste simple, essaye d’être droit dans ses bottes, rêve de gagner au lotto (pas tant pour lui que pour les autres), a peur de perdre son travail. Il y a du Brel dans ce personnage. Son destin, lui, bascule aux deux-tiers de l’album et le final, d’une cruelle ironie, m’a touché. De belles planches, un personnage attachant, un soupçon d’humour noir. J’ai vraiment bien aimé ce cocktail.

17/05/2022 (modifier)