Les derniers avis (96166 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Ceux qu'on choisit
Ceux qu'on choisit

Il y a des albums, comme ça, dont vous ne savez presque rien avant de les ouvrir, et qui s'avèrent vraiment marquants, car particulièrement attachants. C'est le cas, vous vous en doutez, de ce roman graphique entièrement réalisé par une Américaine vivant en Australie. Une histoire qui, comme elle le révèle en postface, est inspirée de sa propre vie d'adolescente bourrée de complexes liés à son physique. Winifred est donc une adolescente timide, qui va tout de même se faire de nouveaux amis, qui assez vite vont devenir très proches. La façon dont les choses se mettent en place est très naturelle, et d'autant plus efficace que l'on ressent de l'empathie pour l'adolescente. L'autrice évite (de très loin) l'écueil de l'auto-apitoiement, ne passe pas par les étapes de pensées morbides, et nous montre comment, au travers d'une BD créée au départ comme une boutade, elle prend confiance en elle, y transpose se craintes, ses angoisses, tout en injectant ses amitiés particulières dedans. Sarah Winifred Searle a d'ailleurs la bonne idée d'inclure cette BD dans son récit, pour que l'on voie le parallèle, et qu'on comprenne également les réactions des personnes qui lisent son oeuvre (écrite par un ami au départ). Je ne fais pas partie du coeur de cible, mais j'avoue que la dignité, la délicatesse et la tendresse mis en scène dans "Ceux qu'on choisit" m'a touché. Ce sont des éléments qui aideront à coup sûr des adolescent(e)s qui se demandent ce qu'ils font là, ne s'aiment pas. Fort de ces qualités, l'éditeur français (imitant en cela l'original ?) propose en annexes les coordonnées de différentes associations qui peuvent venir en aide aux jeunes gens en difficulté psychique. Bonne idée. Le dessin, combinant des influences manga avec un style relativement dépouillé, est à la fois rond et dynamique, ce qui rend la lecture fort agréable. Attention toutefois, c'est un beau pavé de près de 350 pages.

21/05/2022 (modifier)
Couverture de la série 9 tigres
9 tigres

J’étais persuadé que cet album était paru dans la collection Série B du même éditeur, tant il n’y aurait pas eu d’erreur sur la marchandise. Ça vole pas bien haut mais ça reste divertissant pour les amateurs d’action. L’histoire est franchement quelconque (triade, tueur à gages, forteresse …), Vatine se foule pas trop là dessus, c’est la mise en scène et le graphisme qui relèvent l’intérêt de ce type d’œuvre. Jian Yi, auteur chinois que je découvre, sort le grand jeu avec de belles couleurs blockbusters informatiques. Pas fan mais ça passe. Une lecture pas prise de tête mais vite oubliée. 2* Série abandonnée de surcroît.

20/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Microcosme
Microcosme

Tiens un album de Manu Larcenet chez Les Rêveurs non référencé ?! Je possède la version de 2014, l’album a été réédité en 2021 avec une grosse dizaine de planches en sus, non lu du coup (nota : le prix affiché n’est plus le même). C’est plutôt pas mal dans l’ensemble mais moins fort que ses autres productions chez le même éditeur. L’auteur conserve le format à l’italienne, mais troque le côté autobiographique pour un petit exercice de style minimaliste mais efficace. L’idée est de mettre en scène ses tâches à travers une série de strips à l’humour assez décapant, beaucoup de thématiques noires que l’on a déjà aperçues chez l’auteur (dépression, maladies, suicide, chômage, racisme …). Pour public averti, perso j’ai bien aimé, pas indispensable mais un rendu plaisant et assez homogène. J’ai passé un bon moment avec les Jean-Jacques(s) et Brigitte(s). 3+ Ps : L’album comporte une intro et une conclusion en forme de ping-pong entre l’auteur et son complice J-Y Ferri sur l’idée d’utilisation graphique de l’album.

20/05/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 2/5
Couverture de la série Varlot soldat
Varlot soldat

Je ne suis pas convaincu par ce préquel de Le Der des ders. On retrouve Varlot en jeune soldat dans le bourbier des tranchées. Pourtant les sujets évoqués par cet album, celui de la mutinerie lors de la grande guerre et les conditions de vie des soldats, sont des plus intéressants. Le développement est rapide, trop à mon goût, du fait de la faible pagination, 36 planches. Varlot est un miraculé, vue les situations auxquelles il sort indemne. Indemne physiquement. Rien ne manque, des horreurs aux absurdités de la guerre, mais un récit qui manque d'âme et qui ne m'a pas touché plus que ça. Graphiquement, Tardi fait du Tardi, toujours ce noir et blanc expressif, mais je l'ai connu plus inspiré. A l'occasion, un prêt en bibliothèque. Note réelle : 2,5.

20/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Sophie
Sophie

J’avais lu quelques albums il y a pas mal de temps, j’en avais gardé de vagues souvenirs plutôt bons, sans plus. Ayant eu récemment un tome de l’intégrale, je suis donc retourné vers ces aventures. Mais cette découverte ou redécouverte est donc essentiellement tardive. D’abord parce que je pense que c’est une série qui s’adresse essentiellement à de jeunes lecteurs. Ensuite parce que j’ai lu le dernier tome de l’intégrale, regroupant les six derniers albums. Je ne pense pas que ce soit la meilleure période de la série (j’avais gardé des souvenirs avec un peu plus d’humour). Je préfère lorsqu’il n’y a qu’une seule histoire par album. Ces histoires sont assez classiques, et celles que je viens de lire sont assez moyennes je trouve, surtout les dernières, dans lesquelles Sophie n’est plus si gamine. Reste le dessin de Jidéhem, qui lui est vraiment bon. Du Dupuis classique, dynamique (il faut dire que Jidéhem a été à très bonne école, en collaborant avec l’immense Franquin sur Gaston Lagaffe – Franquin utilisant même son vrai nom pour l’un des personnages récurrents, de Maesmeker). Privilégier la tête de série, avant tout pour un lectorat jeune – ou nostalgique. Note réelle 2,5/5.

20/05/2022 (modifier)
Couverture de la série London Vénus - Une vie d'Alison Lapper
London Vénus - Une vie d'Alison Lapper

Je découvre avec cet album la personne – j’oserais dire la personnalité tant celle-ci est forte – qu’est Alison Lapper, dont la vie est bouleversante, à plus d’un titre. C’est une femme qui a su prendre, disons plutôt arracher la vie du bon côté. Rien ne lui a été donné. Et pas grand-chose lui a été épargné non plus. En effet, elle est née fortement handicapée (sans bras, avec des jambes en partie déformées et atrophiées), au sein d’une famille – sa mère surtout – qui la rejette et la maltraite, avec des premiers pas dans la vie plus que difficiles, au milieu de médecins et/ou de bonnes sœurs dans une institution qui ne font pas dans la psychologie fine ! Mais voilà, cette gamine, puis cette femme, ont su surmonter une bonne partie des difficultés pour parvenir à s’épanouir en tant que personne, en tant que femme, et en tant qu’artiste. Et ce n’était vraiment pas gagné ! On n’est pas loin par moment d’une Cosette moderne (maltraité par un mari violent – une scène glaçante), mais la force de caractère d’Alison dépasse tout, son humour et son autodérision font passer pas mal de choses (au lecteur comme à Alison elle-même !). Le dessin n’est pas de ceux que je préfère, mais il fait le boulot et il est fluide. D’ailleurs, la lecture de « l’histoire » elle-même est fluide, intéressante. Une lecture vraiment recommandable. Note réelle 3,5/5.

20/05/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Soixante printemps en hiver
Soixante printemps en hiver

Une crise de la quarantaine vingt ans trop tard ? C'est l'histoire d'une femme qui quitte sa famille le jour de ses soixante ans. Au moment de souffler le gâteau d'anniversaire, elle leur annonce subitement qu'elle part et prend aussitôt la route avec son vieux van Volkswagen... pour aller échouer sur une aire de camping-car sous la neige hivernale en attendant de reprendre pied. Là, elle rencontre une jeune femme qui a elle aussi quitté son mari, et va plus tard rencontrer une groupe de femmes plus âgées dans la même situation qu'elle. Cette fameuse situation est un peu difficile à appréhender au départ. Car l'héroïne est présentée de matière très mutique, laissant juste entendre que ce n'était plus possible, que ça allait forcément arriver, qu'il était impossible de communiquer... mais elle n'en communique pas davantage envers le lecteur donc son comportement sonne forcément égoïste, ou du moins égocentrique en première lecture. Ce n'est qu'ensuite qu'il apparait manifeste que ses propres enfants sont de vrais idiots, que son mari est particulièrement inexistant et qu'elle dépérissait dans sa morne vie. Il n'y a donc pas de raisons concrètes et matérielles à son choix, pas de violence ni de comportement inacceptable, mais on perçoit les raisons de son départ, sans forcément partager la méthode. Et puis il y a la question du changement d'orientation sexuelle par le biais d'une rencontre et d'un rapprochement qui m'est toutefois apparu trop rapide pour être foncièrement crédible. De la même manière, ça parait un peu surprenant de voir l'héroïne rencontrer autant de femmes s'étant "libérées" comme elle. Voilà ce qu'il en est pour l'histoire qui, si elle aborde des sujets pas inintéressants, n'a pas réellement su m'atteindre, car je ne me suis pas attaché à l'héroïne, que certains non-dits entravent la clarté du récit et la compréhension de ses choix, et aussi du fait de l'aspect légèrement artificiel des rencontres et relations citées plus haut. Je reconnais par contre l'évidence de la conclusion où tous les doutes s'effacent devant la logique des évènements et des émotions. Pour sa part, le dessin est agréable quoiqu'un peu académique et sans trop de personnalité. Il n'en reste pas moins de bonne qualité et doté d'une narration graphique claire et fluide. Vous devinerez à me lire que je ne suis qu'à moitié convaincu et pas tombé sous le charme de cet album, mais je pense que les sujets qu'il aborde et la sensibilité qui s'en dégage sont à même de séduire certains lecteurs ou lectrices autres que moi.

20/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Melmoth
Melmoth

D'après la couverture du tome 1, j'ai cru que c'était une Bd Vécu de chez Glénat, mais en fait non, c'est Dargaud. C'est une bande très méconnue qui doit être quasiment oubliée, c'est sans doute dommage, mais ce qui est surtout dommage, c'est qu'elle fut abandonnée, j'aurais aimé continuer le périple de ce jeune garçon balloté dans cette Angleterre du XIXème. J'ai cru aussi que c'était l'adaptation dessinée d'un roman fantastique gothique, Melmoth ou l'Homme errant (Melmoth the Wanderer) du romancier irlandais Charles Maturin, ayant pour héros un certain John Melmoth qui au XIXème siècle a vendu son âme au diable, mais il n'en est rien. Ce qui est intéressant, c'est que Rodolphe fait en sorte de raconter cette histoire en donnant l'impression que c'est une histoire vraie, mais ça n'en est pas une, il s'est visiblement inspiré de Dickens et d'Oliver Twist, le jeune Melmoth cochant un grand nombre de cases au niveau des points communs avec Twist. Ce qui m'a intéressé plus que l'histoire en elle-même, c'est cette atmosphère très britannique, très londonienne du XIXème, où l'on découvre les laissés pour compte face à la société des riches, en cela c'est un bon récit réaliste, très prenant et bien raconté. Au niveau graphique, c'est du Marc-Renier, je n'aime pas toujours son dessin sur d'autres Bd, c'est un auteur très irrégulier, mais là je l'ai trouvé plus esthétique, plus soigné, surtout sur les décors. Une Bd qui gagne à être découverte, malgré son absence de fin réelle.

20/05/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 2/5
Couverture de la série Roma
Roma

Vraiment, j'aime beaucoup les séries qui ont pour base historique la Rome antique. Je n'avais pas encore lu Roma et je me faisais un plaisir de la découvrir. Au final, après avoir lu trois albums sur les cinq, j'arrête là. Si le dessin s'améliore au fil des tomes, l'histoire, dont le ressort mystique évolue peu, reste assez plate et peu passionnante. Cette série me semble évoluer entre deux eaux : soit elle n'est pas assez fantastique soit pas assez approfondie historiquement. Au final, c'est assez pauvre et assez attendu quand on a compris, dans le tome 1, comment agissait le Palladium. Il y a de bien meilleures séries sur la Rome antique pour ne citer que La Dernière Prophétie par exemple.

20/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Athéna
Athéna

Après les héros, voici les dieux de l'Olympe, l'exercice est intéressant même si ça reste un travail de commande sans trop de génie et de psychologie pour fouiller l'âme complexe de ces Olympiens, mais c'est un bon album, et au vu de la note précédente, je me devais de rétablir l'équilibre. Honnêtement, Athéna n'est pas un personnage vers lequel je me serais précipité, en fait je préfère même la vie des héros grecs car ils sont bien plus intéressants, la vie des dieux est monotone, ils s'ennuient, font parfois n'importe quoi pour tromper cet ennui, et rien de bien marquant ne leur arrive vu qu'ils sont immortels. L'opportunité de lire cet album m'ayant été donnée, je n'allais quand même pas cracher dessus, et comme en plus j'aime la Mythologie grecque... C'est un album qui m'a intéressé à un degré peut-être moindre que d'autres tomes de cette collection "Sagesse des Mythes", j'en ai lu beaucoup maintenant, et s'il ne figure pas parmi mes préférés, il est toujours sympa de voir illustrés ces épisodes mythologiques. On suit donc les différentes phases des pouvoirs d'Athéna, fille de Zeus, une des grandes déesses du panthéon grec. La narration s'attarde sur quelques personnages moins connus, tel celui d'Arachné et son futur destin d'araignée, puis c'est l'aide apportée à Persée pour tuer la Gorgone Méduse et ses soeurs. On passe ensuite à une narration survolée qui résume des aides d'Athéna apportées aux grands héros que sont Jason, Achille ou Ulysse... jusqu'à son duel avec Poseïdon, propre frère de Zeus. Au final, ce n'est certes pas le plus passionnant des albums offerts par la collection, on assiste à une suite d'épisodes que je connaissais bien et que j'avais lu dans mes dictionnaires de Mythologie, c'est un peu plat mais la lecture n'en est nullement désagréable, elle est même très plaisante et c'est l'essentiel. La BD est bien servie par le dessin de Duarte qui n'est pas débutant dans ce domaine antique puisqu'il a déja oeuvré sur d'autres tomes comme Héraclès et Tantale et autres mythes de l'orgueil, sans oublier Maxence ; son dessin est clair, fluide et esthétique en s'inscrivant dans la ligne graphique de la collection Sagesse des Mythes.

20/05/2022 (modifier)