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Les derniers avis (94680 avis)

Couverture de la série Après la guerre
Après la guerre

Je ressors de ma lecture quelque peu frustré, tant la série semblait pleine de promesses. En tout cas, après un début difficile, je suis bien entré dans l’histoire, attiré à la fois par une ambiance très noire, quasi désespérante (l’impression parfois de lire l’autopsie de la vie sur Terre !), et une histoire qui sait capter l’attention du lecteur par un teasing intelligent (mélange de flash-backs et de thriller haletant). Mais voilà, l’histoire nous laisse en plan, avec l’abandon de la série, et donc… Quant au dessin, là aussi, mon impression est ambivalente. Je l’ai trouvé plutôt bon, intéressant et raccord avec l’ambiance que Brunschwig a voulu créer. Mais il est souvent trop sombre, rendant certaines cases presque illisibles. Bref, un réel potentiel, des qualités, mais aussi certains défauts – et un abandon, qui enlève quand même pas mal d’intérêt à cette lecture, hélas. Note réelle 2,5/5.

19/01/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Le Spécialiste
Le Spécialiste

La Caire, nid d'espions ! Avec cette BD, nous sommes en plein dans cette vision caricaturale de la ville. Il est question de trafic d'antiquités, de mystérieux meurtriers et kidnappeurs, d'organisation internationale et peut-être aussi de terroristes Khomeynistes. Enfin, à ce que j'en ai retenu car il faut drôlement s'accrocher pour y comprendre quelque chose. Mais avant tout parlons du dessin car il est excellent. Le style de Magnus y est vraiment classe, avec un trait épais, des pleins et déliés maîtrisés, une ligne claire et des décors grandioses. Hormis les visages qui ont l'air de prendre un peu trop la pose, l'ensemble est d'une grande élégance et d'une grande beauté. Ces même visages ont également en permanence l'air de comploter, tous sourcils froncés, sourires entendus. Même si on ne peut pas véritablement parler de récit d'espionnage, on a l'impression d'être en plein dedans, avec énormément de non-dits, de sous-entendus, de dialogues alambiqués où le lecteur doit essayer de comprendre les choses à demi-mots. Même durant les scènes de pure action, c'est la narration qui prend le relais en récitant une prose absconse dont on imagine quelque part un profond sens caché et artistique. Mais concrètement, même si ce n'est pas purement incompréhensible, c'est pénible à lire. Le rythme est très haché, avec parfois de surprenantes ellipses et l'impression que l'action prend parfois des heures à s'écouler et d'autres fois saute directement à sa résolution avec une mise en place qui semble finalement n'avoir servi à rien. Et toujours il y a ces dialogues qui semblent posés là comme dans une pièce de théâtre, et cette foule de personnages dans laquelle on se perd et dont beaucoup ne semblent jamais servir à autre chose qu'à embrouiller l'intrigue. Je me suis accroché jusqu'au bout pour comprendre où le scénario allait me mener, pour profiter du graphisme, et aussi pour comprendre pourquoi la série s'appelle le Spécialiste alors que le gars en question est très secondaire dans l'intrigue. Au final, je n'en garde que la satisfaction d'avoir vu de belles planches, mais j'ai un léger mal de tête au souvenir du scénario, de son mauvais rythme et de l'inutile complexité de sa mise en scène. NB: Je note après coup que ce fameux personnage du Spécialiste est également connu sous le nom de L'Inconnu et que certaines de ses aventures plus courtes ont été publiées en France sous ce titre.

19/01/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Jacky et Célestin
Jacky et Célestin

Jacky et Célestin est une série très intéressante dans la mesure où elle a vu passer pas mal de jeunes dessinateurs, qui y ont fait plus ou moins leurs premières armes : Jo-El Azara (en compagnie de Will), Walthéry, Francis, Roger Leloup... (même si mon avis ne porte que sur la période Walthéry, puisque c'est la seule à laquelle on ait accès en albums aujourd'hui) Chapeautée de plus ou moins loin par Peyo, et de plus près par Vicq et Gos, on y retrouve tout ce qui fait l'identité des studios Peyo. Tout rappelle l'atmosphère des futurs Benoit Brisefer : le dessin, l'humour, les thèmes, etc... C'est flagrant dans le premier tome publié, Vous êtes trop bon !, où on retrouve une invention scientifique farfelue et une mafia qui veut aller piller des casinos dans un Monaco de bande dessinée. Mais il ne faut pas oublier que Jacky et Célestin a existé avant son petit cousin surpuissant, et c'est peut-être grâce à eux que le rôdage de Benoît Brisefer est si bon. Jacky et Célestin réussit néanmoins à se créer sa propre identité en s'engageant davantage sur la voie de l'enquête policière classique, parfois sous forme de whodunit (Casse-tête chinois) ou plus de récit d'espionnage (Sur la piste du scorpion, qui mêle les deux). Les trames sont donc classiques, mais souvent très efficaces, grâce au sens aigu de la narration des auteurs et à un dessin de Walthéry, à mon avis jamais meilleur que dans cette période de jeunesse. Personnages et humour fonctionnent donc tout-à-fait, et on se prend au jeu de ces récits pas toujours très originaux, mais toujours bien menés. Mais malgré tout le bien qu'on voudrait pouvoir en dire, il faut bien reconnaître que certains défauts subsistent dans Jacky et Célestin. Finalement, tout cela est trop sage, ça manque souvent de folie alors que le terrain s'y prêtait. A l'image de ses personnages, quasi-transparents, la saga peine souvent à se trouver une identité forte, qui lui aurait permis de conserver une place dans le coeur et la mémoire des gens jusqu'à aujourd'hui. Cela n'empêche nullement le plaisir de lecture de s'installer dans chacun des 4 tomes publiés, portant uniquement sur la période Walthéry. De quoi se régaler pour les amateurs de pépites trop méconnues.

19/01/2022 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Depuis longtemps, Gaston Lagaffe a accompagné ma vie. Je me souviens des albums qui trainaient ici ou là dans la maison familiale de vacances que je partageais avec mes cousins lorsque nous avions une quinzaine d’année, albums que l’on s’échangeait le soir. Avec le temps, j’ai acheté peu à peu les recueils de Gaston, mais dont les éditions ou les numérotations changeaient au fil des ans, si bien que j’avais une collection assez disparate des Gaston. Il a fallu que les éditions Hachette proposent une édition assez belle en 2015, avec frise et dos toilé, pour qu’enfin, je puisse acquérir la collection complète, collection qui a fini dans les mains de mon père qui ne se lassait pas de lire Gaston Lagaffe, et était assez admiratif de travail réalisé par les éditions Hachette. J’ai, à la mort de mon père, récupéré l’ensemble de la collection Gaston Lagaffe, mais je n’ai pas résisté à l’envie d’acquérir l’intégrale Gaston, qui vient d’être rééditée dernièrement sous une nouvelle couverture. Bien sûr, le format est plus petit, mais cela n’est pas dérangeant, et la présence de suppléments publiés dans le journal "Spirou " est un atout de cette édition. Avec Les Tuniques Bleues , Sammy ,ou Le Scrameustache, les pages consacrées à Gaston étaient celles que j’attendais le plus dans le journal Spirou dans les années 70. J’avoue avoir un faible pour les histoires de Gaston Lagaffe avec Fantasio, en particulier celles liées à la signature des contrats avec de Mesmaeker ou encore avec le gaffophone. Les planches de l’époque avec l’alter ego en latex de Gaston me font encore hurler de rire, même après moults lectures ! Au fil des pages, on se demande encore comment Franquin a pu produire tant de gags sur tant d’années, en multipliant les séries (Spirou et Fantasio, Modeste et Pompon) Au fil des albums et des années, le dessin de Franquin devient plus nerveux, ce qui coïncide presque avec l’arrivée de Prunelle sur le devant de la scène, et les décors plus fouillés. Les thèmes évoluent également avec le temps, de la flemmardise sympathique au bureau, Gaston devient un chantre de l’écologie avant l’heure et un adversaire acharné des parcmètres (c’est peut-être d’ailleurs, les gags qui avaient moins de résonances pour moi à l’époque –j’avais 13 ans- ) J’ai relu les 913 gags de Gaston Lagaffe présents dans cette intégrale, et je suis toujours aussi admiratif du travail de Franquin, que je place au sommet de mon panthéon avec Hergé, Jacobs, Peyo, et Tillieux. Et on ne peut que souligner l’honnêteté et le courage de Franquin, lorsqu’il met en avant les noms de Jidéhem, ou d’Yvan Delporte sur la couverture de ses albums, à une époque où les co-auteurs n’avaient pas droit de cité C’est une série qui ne vieillit pas avec le temps, et qui traverse les générations, j’en suis la preuve. Avec des personnages secondaires à jamais gravés dans la mémoire des lecteurs, Mademoiselle Jeanne, Monsieur Boulier, Lebrac, De Mesmaeker, Labevue, Longtarin, Prunelle et Fantasio, Franquin a inscrit dans le monde du 9ème art, une œuvre inoubliable et magistrale avec son Gaston Lagaffe . Cette intégrale est une occasion unique, pour ceux qui ne connaissent pas encore l’œuvre de Franquin, et pour les autres aussi, de découvrir ou de relire les aventures de Gaston En un mot, chef d’œuvre !

18/01/2022 (MAJ le 18/01/2022) (modifier)
Couverture de la série Saint Pierre
Saint Pierre

Je suis clairement athée, mais pourtant cette nouvelle collection lancée par Glénat autour des papes importants m'intéresse, tant certains, de part leur personnalité et la place qu'ils ont occupée dans l'Histoire est souvent incontournable (dans sa réalité et/ou dans son instrumentalisation). L'aspect purement chrétien n'est donc pas ce qui m'importe le plus. Hélas, la première de ces biographies qui me soit tombé sous la main n'est clairement pas une bonne pioche. Placée sous l'égide du Cerf, éditeur chrétien, cette histoire ne sort jamais du côté religieux, ne fait pas sortir le personnage de Pierre de sa gangue biblique et consacrée. Mais comment en aurait été autrement ? En effet, par delà les doutes sur l'existence même du personnage, il y a finalement peu de documents pour nous renseigner , et son personnage, son "rôle", a bien souvent été reconstruit largement a posteriori. Du coup l'histoire est ici très pauvre. Pierre est sur sa croix, supplicié, et raconte avant de mourir à un officier romain sa rencontre avec le Christ. Cela manque clairement de dynamisme, et d'intérêt je trouve. Mais surtout, prenant place dans une collection intitulée "Un pape dans l'Histoire", la question se pose déjà de savoir si Pierre était un pape. Car si le personnage de Pierre est une construction de l’Église plusieurs siècle après sa mort, a-t-il même été un évêque, si ce n'est l'évêque de Rome ? Et, surtout, l'évêque de Rome n'est devenu le "pape" que tardivement. Faire de Pierre, eut-il existé, eut-il été "premier parmi les chrétiens" un pape, est aussi une construction que je ne suis pas. Il y a là comme la volonté de faire rentrer au forceps dans une collection un personnage qui n'en relève pas. Détenir les clés du paradis ouvre semble-t-il toutes les collections chez Glénat. Bref, c'est je pense une fausse bonne idée que d'intégrer Pierre dans cette collection. Historiquement, mais aussi narrativement, tant manquent les informations pour donner du corps à une "intrigue". C'est donc déçu que je ressors de ma découverte de cette collection. Mais j'attends davantage de certains autres "papes", et vais donc aller à leur rencontre.

18/01/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Conférence
La Conférence

La Conférence est tirée d'une nouvelle de Kafka nommée Rapport à une académie. Il s'agit d'une sorte de miroir inverse de sa célèbre nouvelle, La Métamorphose, où cette fois un singe devenu homme se raconte face à un parterre d'académiciens. Cette transformation, il l'a présente comme un choix volontaire réalisé par le primate qu'il était, un travail logique pour échapper à la captivité consistant à imiter les hommes comme il le pouvait jusqu'à devenir peu à peu leur égal. Le sujet est intéressant et c'est lui qui a attisé ma curiosité. Le style graphique est appréciable, teinté de touches rappelant celui de Blutch. La mise en page est aérée et permet une lecture plutôt rapide de cet album de pourtant plus de 120 pages. L'histoire est bien construite et se parcourt agréablement, mais j'avoue rester un peu sur ma faim. Je n'ai pas réussi à capter le message des auteurs, qu'il s'agisse de Kafka ou de Jean-Marie Grand qui l'adapte ici. S'agit-il de montrer que l'homme se définit finalement par bien peu de choses, dont certains comportements assez risibles sur le fond ? Ou que l'homme n'est guère plus qu'un animal qui a légèrement évolué ? Ou s'agit-il d'une pensée plus philosophique sur la transformation de l'être, le changement parfois contraint et l'impossibilité de revenir en arrière ? Il y a aussi un bref discours sur la liberté qui serait une forme d'illusion, mais il m'est resté abscons. Du coup, même si j'ai lu l'album avec un certain plaisir, je n'en retire finalement pas grand chose.

18/01/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Amalia
Amalia

Amalia est une chronique de la société moderne, un cri au secours d'une femme et de sa famille qui subissent la société de consommation au point de risquer de craquer. Cette famille, c'est Amalia, son mari, sa petite fille de 4 ans et sa belle-fille de 17 ans. Et leur vie pourrait ressembler à celle de n'importe quelle autre famille si elle n'était pas poussée au bord de la crise de nerfs par le monde qui les entourent. Même si tout reste crédible, il y a une petite touche d'anticipation dans la manière dont l'autrice accentue discrètement les défauts du monde actuel : les entreprises déshumanisées et hypocrites, l'appât du gain aux dépends de la santé et de l'environnement, les jeunes lobotomisés par les stars des réseaux sociaux, et surtout la population qui subit cela comme si c'était normal et qu'il n'y avait d'autre issue qu'une inéluctable dépression nerveuse. Aude Picault fait cela avec brio car sous des aspects initiaux d'une simple vie de famille et d'une banale vie professionnelle, elle met en place rapidement une ambiance oppressante, désespérée, où Amalia maintient un sourire de façade tandis qu'intérieurement et physiquement elle est au bord de l'effondrement. Il y aura heureusement une issue heureuse à cela, et une famille ressoudée. Le message passé par l'auteur y est assez simple , c'est un cri d'alarme envers la société capitaliste et l'espoir d'un retour aux valeurs fondamentales et à la nature. Rien de nouveau donc, et certains aspects du récit paraissent même légèrement naïfs et bien pensants. Mais l'histoire est bien faite, agréablement racontée, les personnages sont bons et le tout est soutenu par le dessin souple et expressif de l'autrice. Du sentiment d'oppression de départ, on aboutit à une douce chaleur optimiste en fin d'album : c'est agréable. Nous ne sommes donc pas face à un album indispensable mais à une bonne BD, plaisante et pointant intelligemment du doigt les défauts de notre société moderne en les accentuant juste assez pour souligner leur côté exécrable et la nécessité de pouvoir passer à autre chose avant qu'il ne soit trop tard, que ce soit à titre personnel ou à titre plus global.

18/01/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Epouvantail Pointeur
L'Epouvantail Pointeur

Décidément, cette collection de chez Glénat est plutôt d’une bonne tenue – et toujours dans ce format original (et peu pratique) d’un très grand carré. J’ai vraiment bien aimé l’ambiance créée par cette histoire. Que ce soit le dessin, ou les textes (peu abondants, mais qui ont une résonance poétique), on traverse cette histoire agréablement, alors même que l’intrigue n’est a priori pas trop réjouissante. Nous sommes en effet dans une dictature, qui terrorise les habitants, en leur imposant un couvre-feu nocturne très strict. Le héros est justement celui qui doit faire peur aux récalcitrants. Mais voilà, il est brutalement licencié, et remplacé par une machine extrêmement violente. Le voilà sans repère, errant, et lui-même poursuivi par le nouvel « épouvantail ». En parallèle, il tombe amoureux d’une femme folle, internée et presque inconsciente. Les passages dans l’asile sont assez sordides. D’ailleurs, c’est l’ensemble des personnages, par leur trogne, leurs mimiques (et le héros est lui-même plutôt horrible), qui apportent une touche très noire à cette histoire. Le mélange de poésie, d’amour fou (même si désespéré et à sens unique) et de violence, est ce qui fait l’originalité de cette histoire.

18/01/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Aventures de Tristan Karma - Zoo
Aventures de Tristan Karma - Zoo

Une belle couverture qui attire l'oeil, la promesse d'histoires courtes emplies de fantastique en lien avec la faune, et cela de la part d'un auteur peu connu et venant d'un album passé inaperçu quand il est paru en 1990, j'étais assez curieux. J'ai découvert un graphisme très intéressant, un trait étonnamment maîtrisé pour ce dessinateur qui a peu fait parler du lui. Entre le titre de l'album, les couleurs travaillées et esthétiques, et le sujet où prédominent les animaux, j'avoue avoir penser me retrouver face à un précurseur de la série Zoo de Philippe Bonifay et Frank Pé. Malheureusement, le résultat final n'est pas du tout du même calibre. Pour commencer, malgré ce dessin qui est bon en lui-même, la mise en scène des planches n'est pas réussie. Elle est souvent confuse, les enchainements sont mal amenés, le rythme est bancal : la narration graphique ne permet pas d'entrer pour de bon dans l'intrigue. Quant à ces histoires courtes, elles insistent sur un ton un peu effrayant, de la nature qui se rebelle contre l'Homme ou de celui-ci qui joue avec des phénomènes qu'il ne maîtrise pas. Mais aucun des scénarios des quatre premières histoires courtes qui composent cette album n'est vraiment convaincant, parfois trop attendu, trop naïf, ou tombant simplement à plat tandis que le lecteur se demande si l'histoire est finie ou pas. Quant à la dernière histoire qui sert de conclusion et de rappel aux 4 précédentes, elle est tout d'abord assez ennuyeuse avant de terminer dans un délire onirique sans intérêt. Dommage donc de gâcher la belle esthétique de ce graphisme dans des histoires médiocres et une mise en scène qui ne fonctionne pas.

18/01/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Broderies
Broderies

Nous sommes en Iran, dans une famille de la bourgeoisie : la famille Satrapi. Le déjeuner vient de se terminer. Les hommes se retirent pour la sieste. C’est le moment où les femmes entrent en scène. Trois générations de femmes – grand-mère, fille, tante et petite fille - se retrouvent autour du samovar et se lancent dans une discussion fleuve sur leur vie conjugale. Virginité, mariage, espoirs, peurs, courage et déceptions : tout y passe ! Chacun, à tour de rôle, raconte son expérience. Une fois de plus, Marjane Satrapi nous plonge au cœur de la société iranienne, une société partiarcale où les femmes, contraintes à l’extérieur de la maison, se libèrent dans l’espace familial et dévoilent leurs idées modernes et bien tranchées, s’exprimant dans un langage cru qui contraste fortement avec le dessin en apparence très "sage". Cette opposition – dedans/dehors – est incroyablement efficace. Le rêve de mariage heureux, les espoirs d’une vie libre à l’étranger, le mariage forcé d’une enfant, l’amour aveugle pour un presque inconnu sont autant d’expériences conjugales racontées par ces femmes qui évoluent dans une société patriarcale. Cette discussion improvisée aborde, avec un humour parfois décalé et caustique, des questions de société importantes. Reconnaissant aussi leur part de naïveté et d’aveuglement dans le mariage, elles nous amènent à nuancer le regard qu’on porte sur les femmes iraniennes. Le dessin s’exprime très librement – comme ces femmes – il s’affranchit des cases et joue sur les regards de chacune dans lesquels on devine énergie et détermination. Ce petit album, intéressant et tendre, a quelque chose de revigorant !

18/01/2022 (modifier)