Les derniers avis (105634 avis)

Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Racines (Delcourt)
Racines (Delcourt)

Premier album de Lou Lubie que je lis (oui je sais j'arrive un peu après la bataille :P ) et c'est une très bonne surprise pour moi ! Tout d'abord, félicitation au maquettiste, la couverture est de toute beauté, tant visuellement qu'au touché. en effet, un petit effet de volume sensible au doigt sur le volume des cheveux est du plus bel effet ! Dans cet album, Lou Lubie nous propose de découvrir le parcours du combattant des jeunes filles métisses lié à la nature de leur cheveux. Dit comme ça, on se dit que c'est vraiment un sujet de niche qui ne doit pas concerner grand monde... Erreur ! Et j'en sais quelque chose pour avoir une jeune ado métisse de 12 ans à la maison : la gestion des cheveux, t'as intérêt à lui laisser la part belle dans le planning quotidien si tu veux tout caser dans ta journée ! Et mine de rien, ça concerne un paquet de monde et c'est même devenu un business très lucratif. C'est la force de cet album qui en partant d'une chose apparemment anecdotique, lie le pratique, l'informatif, le sensible et l'intelligent. Car au delà de ces complications capillaires, c'est toute ces perspectives sur le colonialisme, le métissage, le racisme, le féminisme, l'acceptation de soi qui découlent de ce récit de façon pertinente. Le titre Racines prend ici tout son sens. Notre jeune protagoniste réunionnaise, Rose, va en effet nous embarquer dans son quotidien, digne d'un véritable parcours du combattant. De son enfance, en passant par l'adolescence jusqu'à son âge de jeune adulte. Être une fille métisse, c'est découvrir un autre monde, ou plutôt une autre façon de vivre où ces cheveux impliquent soins, argent et temps, comme nulle autre pareil. Rose aborde les sujets frontalement, sans concession, mais toujours avec une petite touche d'humour bien sentie et une bonne dose d'autodérision. Voilà donc un très bel album, fin, intelligent, avec la dose d'humour nécessaire pour partager un point de vue et un quotidien qu'on n'imagine pas forcément. Clairement, je ne regarde plus mon ados et le temps qu'elle passe à gérer ses cheveux de la même manière !

18/05/2024 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Berserk
Berserk

Berserk est sans doute l'une des œuvres les plus prenantes et les plus "choquantes" du 9eme art. Après lecture des 16 premiers tomes il est difficile de ressortir Indemne de cette lecture. Trois premiers tomes d'exposition avant de partir sur les traces de Guts et la troupe du faucon. Et petit à petit on s'attache aux différents personnages le héros bien entendu mais aussi ses compagnons notamment Casca mais aussi Pippin ou Rickert. Et puis c'est le choc du tome 13 et du sabbat. Toutes ces péripéties sont portées par le dessin de l'auteur incroyablement détaillé même si sur certaines scènes d'actions il peut être à mon goût un peu confus ou chargé. Berserk est une oeuvre extrême qui ne plaira pas à tout le monde mais qui mérite d'être découverte. Je lirai la suite et espère que le tome 41 le dernier de l'auteur décédé depuis conclura la série malgré tout à moins que l'éditeur poursuive avec un autre scénariste. MAJ 18/05/2024 J'ai lu les 41 tomes et je trouve que ce dernier constitue une fin acceptable et pour moi réussie de la série. On peut chipoter et trouver que cela mérite de continuer afin d'aller plus loin dans l'histoire et d'amener une autre fin qui conclurait de manière ferme et définitive la série mais je trouve celle-ci acceptable. On sait désormais que la série se poursuivra à voir quelle qualité aura la reprise

25/12/2021 (MAJ le 18/05/2024) (modifier)
Couverture de la série Keeping two
Keeping two

J’ai eu du mal avec cet album. Pourtant, il se lit assez vite, malgré une pagination conséquente (pas mal de cases sans dialogues). Et il y a un réel effort de l’auteur (que je découvre ici) pour construire quelque chose d’original à partir de pas grand-chose, et d’une trame de base assez quelconque (les difficultés de la vie de couple). Mais voilà, cette construction, justement, m’a franchement gêné. Les très nombreux flash-backs m’ont poussé parfois à des retours en arrière pour vérifier que j’avais tout saisi. Et j’ai aussi été perdu par les deux histoires qui s’entremêlent (je me demandais si c’était les deux mêmes personnages à des âges différents, mais en fait non. Du coup, le plaisir de lecture s’en est trouvé restreint, et j’ai fini l’histoire en m’en détachant progressivement.

18/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Hound Dog
Hound Dog

Étrange histoire, en grande partie inclassable, tant l’aspect polar est presque secondaire. Et même absurde, voire quasi humoristique – humour noir bien sûr ! – lorsque nous est donné à voir la raison de la mort sur laquelle enquêtent les héros. Quasiment tous les personnages incarnent une vision lourdingue de la société. Ce sont des losers, ou des incarnations de l’Amérique profonde déclassée, reléguée. Le seul personnage a s’ancrer dans la modernité est un asocial passant tout son temps à jouer à des jeux vidéo en réalité virtuelle. Le récit est sur un rythme lent, languissant, raccord avec le type de personnages que l’on y croise. La localisation en Amérique, une partie de l’esthétique, font penser à du comics indé (le dessin est une ligne claire assez grasse, avec une colorisation qui manque volontairement de nuances). Une lecture pas désagréable, mais pas inoubliable non plus.

18/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Tout est vrai
Tout est vrai

Etrange album que celui-ci ! Si je n’ai jamais décroché, je me suis demandé pendant une bonne partie de ma lecture où l’auteur (que je découvre avec cet album) voulait en venir, où il aller nous mener, avec tous ces récits successifs – aux faux airs de documentaires parfois (sur le film « Les oiseaux » d’Hitchcock, sur le parc des Buttes Chaumont, sur l’intelligence des corneilles). Et avec des personnages (une petite fille, une corneille, un flic arabe, etc) qui ne semblent pas être liés. Un récit à la fois décousu et fantasque exigeant, difficile à appréhender (il y a même une longue partie, dans le dernier tiers avec des pages uniquement avec du texte – très dense qui plus est, centré sur la guerre d’Algérie, la suite étant centrée su les courants terroristes islamiste en France et dans le monde depuis les années 1990). Et puis peu à peu tous les protagonistes vont se retrouver et, même si Nanni ne livre pas toutes les clés de son récit, le dernier quart de l’album devient plus clair, éclaire ce qui précède, autour de l’attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo. Le dessin est assez statique (les personnages sont le plus souvent représentés en silhouette), sur un fond qui souvent ressemble à la trame d’une toile de jute. Je suis sorti moins enthousiaste que mes prédécesseurs, mais au final j’ai quand même apprécié cet album, très original dans sa construction et sa narration – peut-être même parfois un peu trop.

18/05/2024 (modifier)
Couverture de la série À part ça, tout va bien !
À part ça, tout va bien !

Si je reconnais, comme Blue Boy, que l'humour joue ici sur des ressors vus - souvent et de plus en plus - ailleurs (chez Fabcaro, Reuzé et consorts), je suis sorti de cette lecture avec un ressenti meilleur que le sien. C'est une lecture que j'ai trouvé sympathique et, si je n'ai pas forcément ri, j'ai souri à la plupart des gags. Effectivement, ça joue uniquement sur un humour noir et cruel, les enfants, les animaux de compagnie, les vieux, tous sont traités atrocement. Le dessin est classique, agréable. Il joue pas mal sur l'itération iconique. L'essentiel est ailleurs, dans les chutes (qui, même si elles se laissent deviner à l'avance, sont quand même drôles le plus souvent). Le monde dépeint est donc noir, glauque, vaguement trashouille. Je suis le coeur de cible de ce genre de production défouloir (j'ai bien aimé le gag simple et volontairement redondant autour de la vieille atteinte d'Alzheimer allant voir son médecin, qui en profite pour lui faire payer et repayer la consultation). Clairement pas inoubliable, mais c'est un défouloir qui m'a amusé.

17/05/2024 (modifier)
Par PatrikGC
Note: 2/5
Couverture de la série Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons
Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons

Je vais faire rapide et simple : j'ai presque eu l'impression de lire un Peyo. Je n'ai rien contre cet auteur (Peyo), celui-ci a fait de très bonnes choses, mais à mon avis, ce n'est pas adapté pour Spirou et Fantasio, surtout quand on se réfère à l'époque où c'était Franquin qui était au crayon. Le graphisme n'est pas précisément au top, ça manque souvent de détails, de décors, de dynamisme et beaucoup de choses. Mais ça reste valable, sans avoir à jeter l'album à la poubelle ou dans la cheminée. Ça se laisse lire, presque par nostalgie d'un temps devenu trèèès ancien.

17/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Chroniques du temps de la vallée des Ghlomes
Chroniques du temps de la vallée des Ghlomes

J’ai lu les deux premiers tomes, que j’ai difficilement dégottés – avec quelques années d’écart. Je cherchais à lire cette série, qui m’apparaissait assez originale. Ce qu’elle est finalement, même si la surprise s’émousse au bout d’un moment, tant cela m’est apparu quelque peu monocorde. Les Ghlomettes, joviales obsédées sexuelles (qui tentent de violer le héros dès leur première rencontre) sont assez surprenantes, et cela donne quelque chose de grivois à la série. Mais, si l’on voit leurs culs très souvent, et si elles ne pensent « qu’à ça », il n’y a en fait bizarrement rien de réellement érotique ici. Cette héroic fantasy vaguement grivoise joue plus sur un certain humour, dans les dialogues (on parle un patois très rustique !), les situations. En particulier autour du héros, un grand échalas très naïf, voire niaiseux (il ne perçoit même pas les avances pourtant agressives des Ghlomettes !). Son physique et sa naïveté m’ont fait penser au Pistolin de Traquemage, ou à certaines scènes et dialogues de quelques délires médiévaux parodiques de F’Murr. Le dessin de Ribera est agréable (la colorisation fait son âge par contre). Ça reste quand même – pour peu que l’on tombe sur ces albums – une série intéressante, distrayante.

17/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Palais des assassins
Le Palais des assassins

Honnêtement rien de fou avec cette nouvelle série mais j’ai bien envie de m’emballer. 3,5 que j’arrondis de bon cœur au supérieur, j’ai passé un très bon moment. Pourtant je n’ai lu que le 1er tome mais plus j’avançais dans ma lecture, plus j’étais conquis. Il pose parfaitement les ambiances et enjeux, je suis même déçu de ne pas pouvoir enchaîner avec la suite. Bref l’univers me plaît bien. Premier bon point : l’ambiance, j’ai vraiment aimé ce microcosme type cité interdite, un lieu sectaire avec ses codes et hiérarchies. Nous y suivrons Karin, une jeune fille qui rêve d’échapper à sa condition familiale en se faisant une place au palais et surtout se faire des amies. Ne vous arrêtez pas à cette présentation qui peut faire fuir, même si le ton n’est pas bien réaliste, on apprend plein d’infos (à prendre toutefois avec des pincettes) sur le fonctionnement de ce genre de lieu, et surtout on n’est pas dans un Shojo mais bien dans un Seinen. J’ai trouvé l’héroïne attachante, ses interactions avec les autres servantes m’ont amusé. Précisons également qu’elle possède, de part sa parenté et j’imagine un entraînement forcé, quelques aptitudes fatales qui renvoient au titre et qui lui seront bien utiles pour survivre à la cour. Les enjeux ne manquant pas, bien sûr il y a un côté un peu mièvre dans ce qu’elle veut devenir, mais c’est dynamisé par les intrigues de cour, au programme : lutte de pouvoir entre l’impératrice, la princesse et la concubine, sous fond de complots, espions, assassins … J’espère pas une série à rallonge mais en l’état j’ai bien aimé le cocktail proposé.

17/05/2024 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Journal inquiet d'Istanbul
Journal inquiet d'Istanbul

Il manque un petit je ne sais quoi à cette BD pour que j''en fasse un coup de cœur, mais elle est vraiment très bien. J'hésite encore... Le dessin est chouette, clair, et très cartoonesque dans l'ensemble, le trait fin, mais l'auteur laisse entrevoir à plusieurs reprises d'autres facettes de son talent en s'illustrant dans d'autres styles plus... "sérieux" disons (à défaut d'un terme plus adapté). J'aime cette histoire simple et honnête où le lecteur est embarqué dans la vie intime de l'auteur, dans ses relations familiales, ses dilemmes, mais également dans le flot historique. J'ai aimé me sentir en empathie avec cette jeunesse turque qui vomit la dictature d'Erdogan. C'est toujours un bol d'air de sentir que la liberté souffle dans le cœur des Hommes du monde entier. La grande internationale humaniste ?... Dis comme ça, c'est vrai que c'est naïf, mais on sent clairement cette dimension universelle. Car oui, je pense que où que nous soyons sur la planète, nous aspirons tous au bonheur et la liberté, la liberté de faire advenir ce qui en nous, demeure profondément en germe. Oui, en plus d'être naïf, ça sonne grave, presque tragique. Mais là est la force de ce jeune auteur : il sait prendre de la distance avec tout ça, fait preuve d'humour, dose parfaitement les émotions traversées que le lecteur devine omniprésentes. En clair, cette BD respire la vie ! Et aussi ce constat : la BD, c'est quand même un truc de gauche ! Blague à part, Ersin Kalabulut est un auteur à suivre.

17/05/2024 (modifier)