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Les dernier avis (90841 avis)

Couverture de la série Basilicò
Basilicò

Je pense que pour apprécier cette histoire, il faut en savoir le moins possible à son sujet. Du coup, je ne vous en dirai que peu. Le dessin de Giulio Macaione est très agréable, ultra-lisible, bien typé dans ses personnages et bien exposé par un découpage classique et élégant. Les recettes de cuisine qui agrémentent ce récit lui apportent une petite note gastronomique agréable même si peu essentielle au bon déroulé de celui-ci (mais ça participe à l’ambiance). Le découpage qui alterne les époques peut désarçonner dans un premier temps, mais en fait il est très clair et facile à suivre. Les personnages sont très forts, à commencer par Maria, la mère de famille au caractère bien trempé qui nous raconte cette histoire depuis son cercueil. Au plus j’ai avancé dans ce récit, au plus celui-ci m’a captivé. Si cet album vous tente, je vous conseille de ne pas trop chercher d’avis à gauche et à droite, au risque d’en apprendre peut-être de trop, ce qui vous priverait d’un aspect que j’ai adoré mais qu’il est difficile de garder secret en écrivant un avis.

13/01/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Vagabond des Étoiles
Le Vagabond des Étoiles

Ahhhh retrouver Riff Reb's et son sublime graphisme s'attaquant de nouveau à une adaptation de Jack London ! Moi qui était tombé sous le charme envoutant de son album Le Loup des Mers (je vous renvoie à l'interview que j'avais réalisée à Angoulême il y quelques années), j'étais impatient de me laisser griser par ce nouvel album. Riff Reb's s'attaque donc cette fois-ci au roman "Le Vagabond des Étoiles" qui nous raconte la vie de Darell Standing, condamné à mort pour le meurtre d'un professeur d'université. C'est depuis sa cellule qu'il nous fait le récit de sa vie, de pourquoi il est arrivé ici et du curieux pouvoir qui l'habite... Sans trop en révéler pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, ce "pouvoir" nous permet d'éviter un huis clos qui aurait vite tourné en rond et de nous faire voyager à travers le temps et l'espace et de donner à l'auteur toute la marge nécessaire pour déployer son talent et nous offrir des planches somptueuses. Putain qu'est-ce que c'est beau ! Cette maitrise de la bichromie où s'invite parfois à bon escient une couleur supplémentaire le temps d'une case ou d'une pleine page !!! On est vite happé par le récit et la maîtrise de la narration est parfaite. Pas de temps mort, tellement, qu'arrivé à la fin de l'album la frustration est grande en se rappelant que ce n'est que la première partie de l'histoire... LA SUITE BORDEL !!! Allez Riff, t'as intérêt à jouer les forçats pour nous sortir cette suite le plus rapidement possible !!! *** Tome 2 *** Ahhhh !!! Enfin !!! Si cette suite et fin s'est fait attendre, joie et réjouissance sont au rendez-vous. Enfin... pour nous, car notre cher Darell Stranding s'il réussit toujours à s'évader "astralement" n'en reste pas moins soumis à très rude épreuve par ses geôliers. Forte tête un jour... S'il est bien une chose que maîtrise Riff Reb's, c'est bien cette faculté à nous embarquer et à nous faire voyager. Si ses albums précédents emprunts d'aventures marines y parvenaient déjà sans peine, c'est ici à travers l'espace et le temps qu'il s'y emploie de manière magistrale, tout en maîtrisant sa narration, sans jamais nous perdre. Que ce soit au Far West, sous la Rome Antique ou chez les vikings, tout s'enchaîne à merveille dans ce récit avec pour seul fil rouge cette fameuse "colère rouge" de notre protagoniste, telle une mèche allumée prête à tout faire exploser. C'est beau, trépidant et envoutant, Riff Reb's réussit une nouvelle fois une très grande adaptation d'un auteur de talent qui m'a même donné envie de lire le roman de London. Bravo.

05/11/2019 (MAJ le 13/01/2021) (modifier)
Couverture de la série Le Culte de Mars
Le Culte de Mars

Bon… baaahhh, je vais aller à contre-courant de la majorité des avis, cette fois. Non qu’il s’agisse d’un mauvais album mais il ne m’a en rien subjugué. Le dessin de Mobidic est pourtant très agréable, de prime abord. Sa narration est tout sauf envahissante et laisse donc beaucoup d’espace pour de belles illustrations. Pourtant aucune planche ne m’a marqué et je garde cette impression d’un dessin bien mieux adapté pour l’animation que pour la bande dessinée. Mais c’est très lisible et donc agréable à suivre, et du coup si le scénario m’avait captivé, ce manque d’ampleur dans les vues d’ensemble ne m’aurait en rien gêné. Sauf que le scénario ne m’a pas passionné. Il y a de bonnes idées comme celle de ce personnage qui va de communautés en communautés pour collecter le savoir ancien mais il y a aussi pas mal d’idées qui m’ont paru bien trop naïves pour me convaincre. Par ailleurs, je n'ai jamais réellement ressenti de tension dans le fil du récit (qui se veut quand même dramatique par plusieurs aspects) ni d'empathie pour ces personnages. Donc voilà, je reste le cul entre deux chaises. L’album est réalisé avec soin et n’est certainement pas désagréable à lire mais il manque de profondeur dans son dessin (et surtout les vues d’ensemble) comme dans son scénario pour que j’en ressorte en me disant « wouaouw, quelle claque ! » Du coup, pour moi, ça reste pas mal et clairement, au vu des avis, j’en attendais plus.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Ecole buissonnière
L'Ecole buissonnière

L'Ecole buissonnière raconte l'histoire d'un petit groupe de lycéens durant l'hiver 1943. Alors que le Bac est pour dans quelques mois, ils subissent de plus en plus mal l'oppression exercée par l'occupant allemand et la police sous ses ordres. D'autant plus que l'un de leurs amis a une juive dans ses aïeux et se retrouve sur les listes de la Gestapo. Ils souhaiteraient du coup quitter la capitale, ne serait-ce que le temps des vacances de Noël, pour éviter à leur ami de se faire arrêter et aussi pour se retrouver loin de cette ambiance délétère. L'un des leurs, fils d'aristocrate, leur propose de passer Noël dans son château en Corrèze. Mais déjà qu'il est très difficile de circuler en France sans laisser-passer, les choses se précipitent quand le groupe attire encore plus l'attention sur eux suite à une altercation avec un soldat allemand éméché. Ce récit se démarque de ceux classiques sur la seconde guerre mondiale dans le sens où l'on y suit de jeunes héros qui, à la base, n'ont rien de farouches soldats, d'espions ou de juifs en péril, même si l'un d'eux est considéré comme tel bien malgré lui. Ce sont des adolescents avec les mêmes préoccupations que pourraient avoir ceux de nos jours. Ils pensent à leurs études, à leurs vacances, à leurs amours et à leur amitié... et ce sont les circonstances qui vont les ramener à une rude réalité et finalement - je suis obligé de vous dévoiler une part de l'intrigue - à la Résistance armée. C'est ainsi intéressant de voir comment certains jeunes français sans histoire ont pu devenir des combattants résistants, vieillissant brutalement alors qu'ils risquent soudain leur vie et celles de leurs proches. Le graphisme d'Alain Mounier est très appréciable. Il est peint en couleurs directes pour des planches soignées et agréables. Je lui reproche d'abuser des plans serrés sur les visages pour les nombreux dialogues, ce qui me gêne d'autant plus que certains d'entre eux se ressemblent vus ainsi de près et que j'ai parfois eu du mal à voir qui était qui. Mais pour le reste, les planches sont belles, surtout celles dans les décors enneigés. L'histoire est intéressante et abordée par un angle assez original. Je lui trouve toutefois un côté abrupt dans sa narration qui, si elle n'est pas forcément décousue, se révèle dotée d'un rythme assez haché. On saute parfois brutalement d'une situation à la suivante, comme si on avait manqué un épisode intermédiaire ou comme si les choses se passaient trop vite pour être assimilées. C'est l'effet que ça m'a fait quand les jeunes héros arrivent en Corrèze et se retrouvent en un instant enrôlés dans la Résistance, puis l'impression que dès la nuit suivante ils sont en pleine action armée. Cela reflète sans doute le ressenti des protagonistes qui ont vu leur vie basculer du jour au lendemain, mais cela donne aussi l'impression d'avoir manquer une étape dans la narration pour bien comprendre ses enchainements. Malgré ces reproches, j'ai apprécié l'état d'esprit de cette BD, son dessin de qualité, la plongée réaliste qu'elle permet dans l'atmosphère de cette époque, et l'émotion qu'elle réussit à dégager par moments, notamment sur sa conclusion. On ressent bien l'attachement entre ces jeunes amis, le fait qu'ils ont dû grandir trop vite, que leur jeunesse s'est évanouie brutalement et la peine que cela leur a causé. C'est bien fait et forcément on en vient à se demander comment on aurait réagi à leur place.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Spirou de Lebeault et Filippi - Fondation Z
Le Spirou de Lebeault et Filippi - Fondation Z

Filippi et Lebeault rendent hommage à Spirou et Fantasio en les plongeant dans un univers très inspiré de l'oeuvre du second, Horologiom mais qui fourmille de clins d'oeil et de références à la série de Franquin. C'est un récit d'aventure, d'action et de science-fiction dans un univers bigarré comme Lebeault sait les mettre en image. On y retrouve sa passion pour les dystopies administratives aussi saugrenues que superbes visuellement, et son amour pour les engins mécaniques. Le dessin est superbe et on prend plaisir à revisiter les planches après lecture, juste pour le plaisir des yeux et d'en fouiller les détails souvent amusants. Filippi s'est visiblement fait plaisir avec son scénario en permettant à Fabrice Lebeault de s'en donner à cœur joie dans le type d'univers graphique où il excelle. L'intrigue, elle, est très rythmée. Spirou y joue le rôle d'un jeune agent enquêteur prompt à l'action pour la cause du Bien, tout à fait dans l'esprit du personnage. Fantasio, lui, est par contre bien différent de celui qu'on connait. Il joue ici le rôle d'une sorte d'agent secret sérieux et expérimenté, aux méthodes radicales et traitant Spirou avec une attitude supérieure, presque hautaine. C'est un peu déstabilisant mais on s'y fait et cela sert forcément le scénario. Au-delà du décor de science-fiction, c'est avant tout un polar d'espionnage ; presque un scénario de film à l'américaine. Il en a les avantages, à savoir une action de tous les instants et une intrigue accrocheuse, mais aussi les défauts qu'apportent parfois les récits d'espionnage quand leurs tenants et aboutissants se font complexes et légèrement confus. Il y a en effet parfois de quoi s'y perdre. D'autant qu'au final, il y a un côté assez dérisoire voire incongru aux machinations du méchant de l'histoire quand vient l'heure des révélations. Mais tout cela s'avère en réalité un très joli prétexte à accentuer l'hommage au monde de Spirou tel que Franquin l'a bâti. Tous les éléments et clins d'oeil finissent par s'agencer en un tout et une conclusion certes douce amère pour le lecteur qui se serait au préalable attaché à l'enquête que suivaient nos héros dans les pages précédentes, mais également très belle et ramenant le lecteur aux sources de leurs aventures classiques que l'on a aussitôt envie de relire. C'est un final qui m'a marqué et qui sublime pour moi la qualité du reste de l'album, son intrigue certes mais surtout son graphisme et son univers.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo
Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo

Zidrou et Frank Pé rendent à leur tour hommage aux aventures de Spirou et Fantasio. Franquin et Frank Pé partageaient une même passion pour la nature, les animaux, la vie simple et la beauté dans son ensemble. Alors quoi de mieux pour Zidrou que de faire revivre le personnage de Monsieur Noé, le gentil dresseur de Bravo, les Brothers, symbole de cet amour pour la vie animale dans les aventures de Spirou, et d'amener ce dernier à vivre une aventure à mi-chemin entre celle de la série Zoo e Frank Pé et la thématique de l'art comme moyen d'exprimer la vérité, le beau et d'embellir l'âme humaine ? D'emblée l'album épate par sa beauté visuelle. Le dessin de Frank Pé y est à son sommet et chaque planche est superbe. Le trait est dynamique, les personnages sont vivants, les décors beaux et soignés et la mise en page travaillée. On y retrouve aussi la patte de Frank Pé, en particulier son maestria à dessiner des animaux. Sans parler des tableaux peints en couleurs directes qui sont des éléments de l'intrigue et qu'on trouve sur différentes pages de l'album. Chaque planche vaut le coup d'oeil et on se prendrait à rêver d'aventures classiques de nos deux héros dessinées par cet auteur. Maintenant, le scénario lui-même m'a moins emballé. Il mélange plusieurs thématiques sans vraiment trouver sa voie. On y trouve le sujet de la paternité avec une adolescente difficile qui rappelle parfois trop fortement l'héroïne de Zoo. Mais celle-ci est tellement caricaturale dans son entêtement à jouer les ados boudeuses et râleuses qu'elle en devient pénible. On y trouve le sujet de la cause animale et environnementale, une critique de la société capitaliste, une admiration pour l'art mais aussi pour le monde du spectacle. Mais tout cela est amené de manière presque nunuche par moment tant cela manque de finesse dans le ton. Le message parait tellement cousu de fil blanc qu'il rate sa cible. Et ça suinte tellement de bons sentiments que ça en devient poisseux. Sans parler de l'intrigue parallèle autour de Champignac et d'une invasion mondiale champignons noirs qui n'aboutit finalement à rien et semble parfaitement dispensable tant elle n'a aucun impact sur l'intrigue principale. J'imagine qu'elle tient de l'analogie mais là encore elle a raté sa cible car je n'en ai vu ni le message ni surtout l'intérêt. Bref, même si elle se laisse lire, l'intrigue de cet album n'est malheureusement pas terrible. C'est dommage car en contrepartie le graphisme est superbe. Et du coup, c'est lui qui fait toute la force de cet album, mais cela ne suffit pas à en faire une suffisamment bonne BD.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Spirou de Benoit Feroumont - Fantasio se marie
Le Spirou de Benoit Feroumont - Fantasio se marie

Benoit Feroumont est l'auteur de la série Le Royaume, une série qui dégage la bonne humeur, l'humour et aussi une bonne part de féminisme au bon sens du terme. C'est cette atmosphère qu'il a insufflée dans le présent album hommage à Spirou et Fantasio. Après quelques pages de prologue, nous retrouvons nos deux héros dans une situation qui va bouleverser leur vie. En effet, comme le titre l'indique, Fantasio est amoureux et va se marier avec une riche héritière, elle même sincèrement amoureuse. Aussi bien que le prenne l'ami Spirou, celui-ci va toutefois se retrouver à vivre seul tandis que son équipier de toujours emménage avec sa dulcinée. Seccotine saute alors sur l'occasion pour se proposer de remplacer Fantasio et de vivre de vraies aventures avec Spirou... en commençant par la poursuite d'une mystérieuse voleuse de bijoux. C'est un album qui mélange avec bonheur aventure et humour. La part humoristique est surtout concentrée sur la première moitié, la seconde laissant plus la place à l'action. Les dialogues y sont savoureux. On y retrouve le sens de la répartie et du bon mot dont fait preuve Feroumont dans Le Royaume. Qu'il s'agisse des discussions dégoulinantes de guimauve de Fantasio et de sa chérie, ou des réactions de boy-scout d'un Spirou à l'esprit resté dans les années 50 face au monde de plus en plus moderne et féminin qui l'entoure, c'est souvent hilarant. Et féminin, cet album l'est carrément. En réalité, ce n'est qu'en seconde lecture que je m'en suis rendu compte : passé le prologue, l'histoire principale ne compte au final strictement aucun personnage masculin autre que Spirou et Fantasio. Hormis une petite poignée d'hommes en insignifiants figurants dans le décor, absolument tous les autres protagonistes sont des femmes. Mais c'est fait avec tellement de naturel que je ne l'avais même pas remarqué initialement. Elles vont de la femme d'affaire à la rude policière, en passant par la solide garde du corps ou forcément la journaliste aventurière fonceuse qu'est Seccotine. Car elle est clairement l'un des personnages principaux de cette intrigue, qu'on aurait pu nommer les Aventures de Spirou et Seccotine, ou l'inverse par galanterie. Et c'est vraiment réjouissant ! A noter aussi l'étonnante surprise de l'apparition d'un membre féminin de la famille de Spirou parfaitement inattendu... L'intrigue est à la fois drôle, prenante et en même temps régulièrement touchante. On s'imagine notamment volontiers Spirou vivre pour de bon avec Seccotine tant leurs caractères s'allient à merveille. Le dessin de Feroumont reste relativement simple sur la forme mais très efficace et tout à fait agréable sur le fond. J'aime beaucoup l'expressivité de ses visages. Et il se dégage de cette lecture une véritable bonne humeur que vient souligner définitivement la toute dernière image qui clôt le récit. C'est un chouette album !

13/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Azizam
Azizam

Si l’histoire se déroule à Téhéran, dans une famille iranienne, elle pourrait tout aussi bien se passer ailleurs, en France par exemple. En effet, à part les noms, et certains termes – culinaires en particulier, nous ne sommes pas trop dépaysés par cette intrigue. Car c’est avant tout les bisbilles au sein de cette famille qui intéressent Gelsomino. Dès le départ le ton est donné : après la mort de sa femme, Amir voit ses enfants (sa fille Shirin et ses deux frères) se chamailler – comme toujours visiblement, anticiper leur part d’héritage, révélant tous un côté égoïste, petit bourgeois, mesquin et intéressé, qui les rend odieux à leur père (et pas mal antipathiques aux lecteurs !). Pas un pour rattraper les autres (voir la scène ou chacun vend en cachette sur un marché ce qu’il a volé aux autres – ils sont censés se partager comme héritage de la mère un terrain sur lequel se trouvent des arbres fruitiers, ce qui se finit par une bagarre générale)… Le scénario surjoue un peu l’animosité plus ou moins larvée au sein de la fratrie, pour développer une comédie douce-amère (crise plus ou moins hystérique entre la sœur et ses deux frères), accompagnée de quelques petits gags récurrents (le gamin qui tire au lance pierre sur les fesses de son grand père Amir). Et puis le récit prend un peu d’épaisseur dans le dernier tiers, où le drame s’invite, après que Shirin se soit expliquée avec son père. Shirin qui, contrairement à ses frères, s’avère moins monolithique, évolue, et devient bien plus attachante à la fin. Petite comédie sans prétention au sein d’une famille iranienne, l’album se laisse lire agréablement.

13/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Cuervos
Cuervos

Dans cette série, on suit le destin de Joàn, un gamin des rues colombiennes qui deviendra un membre important de la mafia puis un homme politique. Chaque tome concerne une période de sa vie : son enfance, ses dix-sept ans, son âge adulte et enfin son âge mûr. L’histoire est assez captivante au début. La ville de Medellin est décrite d’une façon particulièrement glauque, et l’absence de tout sens moral du personnage principal (et de certains autres) est bien rendue. Par la suite, c’est un peu moins passionnant, mais cela reste une lecture agréable. D’un côté, j’aime bien le fait que chaque tome effectue un saut important dans le temps, ce qui permet de faire avancer l’histoire de manière significative sans rallonger la sauce inutilement. De l’autre, j’ai trouvé certains passages un peu rapides, et on a parfois un peu l’impression de survoler certains arcs scénaristiques. Aussi bien en BD qu’en film ou en roman, les récits de mafiosos sont nombreux, et certains autres comprennent des scènes plus marquantes que les trois derniers tomes de cette série. Comme cela a déjà été dit, certains cadrages sont originaux mais cela ne facilite pas toujours la lisibilité. Au final, il s’agit tout de même d’une bonne série, que je prendrai plaisir à relire à l’occasion.

13/01/2021 (modifier)
Par Philippe
Note: 4/5
Couverture de la série Broussaille
Broussaille

Il faut d'abord signaler un oubli : j'ai le beau souvenir d'un album, paru chez un petit éditeur, compilant les histoires courtes parues dans Spirou avant "Les baleines publiques". Puis, il faut souligner l'importance de la ville de Bruxelles, notamment dans le premier et le troisième album. Plus précisément la commune d'Ixelles, entre la gare du Luxembourg (ex-gare Léopold) et le pont du Germoir. Pas loin du quartier de Bidouille et Violette (place Fernand Cocq). Je considère le quatrième album comme un sympathique bonus. Quant au cinquième, je l'ai trouvé kitsch en le feuilletant. Et ne suis pas allé plus loin. Mais les trois premiers m'ont vraiment marqué et ont même participé à mon identité. Je leur en veux un peu car leur naïveté m'a régulièrement joué de mauvais tours... Malheureusement, dans la vraie vie, les femmes ne sont pas comme Catherine ou comme dans les rêves romantiques d'adolescents, c'est plus ambigu. Malheureusement, dans la vraie vie, louer un appartement dans le quartier de Broussaille est inaccessible au commun des étudiants et même des travailleurs. J'aurais aimé vivre dans ce Bruxelles qui n'existe plus. Dans la réalité, les rêveurs comme Broussaille ont été violemment chassés du quartier, notamment par les classes supérieures, les fonctionnaires européens ou assimilés et les rentiers français.

13/01/2021 (modifier)