Les derniers avis (96166 avis)

Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Dernière Prophétie
La Dernière Prophétie

Passionnant scénario sur fond de déliquescence de l’empire romain en proie aux doutes, aux invasions et à l’arrivée d’une nouvelle religion, celle des chrétiens. Historiquement, ce n’est pas une période simple et le scénario construit avec des flash-backs, n’est pas simple non plus. Mais avec un peu d’attention, ça passe bien. Le scénario teinté de fantastique est prétexte à raconter la dynastie des Sévère et en particulier le règne pour le moins original d’Elagabal ainsi que les ambitions des trois Julia, les célèbres femmes d’Emèse. C’est intelligent, hyper bien documenté et le scénario retombe sur ses pieds à la fin. Gilles Chaillet connaît Rome et l’histoire de Rome comme sa poche. C’est un régal de précision et les dessins montrant la Ville avec ses monuments, son organisation politique et religieuse, ses traditions auxquelles s’accrochent désespérément ce qui reste des grandes familles sénatoriales sont bluffants ! A lire sans hésiter pour tous les amateurs de la Rome antique.

15/05/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Alger la noire
Alger la noire

Un bon vieux polar, bien sombre, bien embrouillé comme on les aime… tout ça sur fond de guerre d’Algérie, ça donne envie de s’y plonger. Très bon connaisseur de la guerre d’Algérie, Jacques Ferrandez adapte un roman de Maurice Attia et en profite pour nous restituer l’ambiance angoissante et hyper violente des derniers mois du conflit. Les attentats sont quotidiens, l’Algérie française joue ses dernières cartes et tout le monde sait comment ça va se terminer. Deux flics de Babel Oued sont chargés d’une enquête criminelle qui doit élucider le meurtre de deux adolescents dont les corps ont été retrouvés sur la plage. L’enquête est compliquée, les pistes sont nombreuses, les suspects aussi et il faut faire un peu attention pour ne pas perdre le fil. Les deux enquêteurs sont des personnages très intéressants et très riches humainement, en parfaite osmose avec leur environnement. Au fil de l’album la tension monte. L’enquête semble presque dérisoire rapportée aux événements complexes et violents qui se déroulent au même moment. La dimension historique de l’album devient d’ailleurs trop prégnante, affaiblissant la recherche acharnée du coupable et du mobile du crime. L'enquête passe un peu au second plan. C’est bien compliqué, bien lourd et vraiment bien écrit mais… J’ai trouvé qu’il y avait une petite baisse d’intensité en milieu d’album ce qui m'a fait hésiter dans ma notation entre 3 et 4.

15/05/2022 (modifier)
Couverture de la série La Page de tous les désirs
La Page de tous les désirs

Chaque lecture de ce petit album me conforte sur tout le bien que j’en pense. Cette chasse au trésor à travers les siècles est absurde et plaisante à suivre avec sa surenchère incessante. Un chouette exercice d’Étienne Lécroart, facile à suivre, je conseille. 3,5

15/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Galopinot
Galopinot

Une bd dessinée à 4 mains par Trondheim et Konture, la rencontre improbable entre 2 univers bien marqués. Le résultat est assez moyen, je trouve que l’album est surtout porté par Lewis, Mattt se contentant juste d’être provocateur et n’apporte pas grand chose à l’exercice de style à mes yeux. Finalement, un mariage pas si heureux, ce n’est pas loupé mais ça n’est pas non plus réussi. Une curiosité dont on peut se passer aisément. J’avoue ne pas être un grand admirateur de l’œuvre de Mattt Konture aussi.

15/05/2022 (modifier)
Couverture de la série On a pas des vies faciles...
On a pas des vies faciles...

Mouais. Ce groupe de potes, scénaristes ou dessinateurs, qui travaillent en atelier sont plutôt sympas. Leurs galères pour trouver des idées, et pour ensuite être publiés (et déjà pour produire leur fanzine) ont des côtés rigolos. Mais, si ça se laisse lire facilement (et très rapidement il faut le dire !), je suis quand même un peu resté sur ma faim. C’est que l’humour manque souvent de percussion, de surprise. Sur les affres de la création, de la page blanche, du métier de bédéiste « qui n’en est pas un » (voir les remarques de la grand-mère d’un auteur : « et sinon, du travail, tu en as trouvé ? », qui font assez déjà vu), d’autres en ont fait quelque chose de plus caustique (Larcenet ou Boulet par exemple). A emprunter à l’occasion. Note réelle 2,5/5.

15/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Tanka
Tanka

Il faut accepter de se laisser bercer par le rythme lent de ces histoires aux allures de contes de Toppi pour pleinement apprécier ce recueil – et plus généralement l’œuvre de ce très grand auteur italien. Les 4 histoires regroupées ici sont intéressantes, avec à chaque fois une sorte de morale, un peu noire ou ironique pour conclure. La narration prend son temps, est assez épurée, la lecture est rapide et agréable. La seule frustration vient du fait que ces histoires sont courtes, et auraient sans doute gagné à être densifiées. Comme toujours avec cet auteur, le dessin est vraiment chouette, un véritable atout ! C’est à la fois là aussi épuré, avec d’importantes plages de blanc dans les pages ou cases (lorsqu’il y en a) et hyper précis et fouillé et détaillé pour les décors ou les personnages, avec un trait fin, jouant sur des hachures. Du Toppi classique, excellent dans ce domaine. Note réelle 3,5/5.

15/05/2022 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Le Mirage de la croissance verte
Le Mirage de la croissance verte

C'est peu de dire que le sujet traité dans cet album est brulant. Le réchauffement climatique et le sors de la planète sont des sujets tellement d'actualité. Mais comment faire face à ces enjeux majeurs alors que notre société moderne ne marche qu'avec un seul et unique moteur : la croissance. Sauf qu'écologie et croissance ne font pas bon ménage. Avec un ton léger, avec un style de dessin et des saynètes à connotation humoristique, l'auteur nous brosse un panorama complet de la situation et des enjeux à venir. Il ne faut pas se fier à ce style graphique simple, le propos est lui assez dense. La première moitié est très interessante. On y vulgarise intelligemment la corrélation qui existe entre croissance, PIB d'un coté, dépendance à l'énergie, et pollution de l'autre. Car comme il s'agit des fameuses énergies fossiles, celles qui sont si néfaste pour l'environnement, on comprend aisément les problèmes majeurs qui nous guettent si rien ne change : épuisement des ressources, crise économique, catastrophe écologique... cercle vicieux visiblement inévitable. Le dernier tiers parle donc de l'alternative : la croissance verte. Celle qui se baserait sur des énergies renouvelables, celle qui ne pollueraient pas. Mais celles qui coutent cher à produire, celles qui se basent sur des énergies qu'on ne maitrise pas encore. Cette seconde partie est vraiment dense, il faut bien prendre le temps de l'ingurgité. Et il faut reconnaitre que c'est pas toujours évident. Plus qu'un livre sur l'écologie ça ressemble à un livre d'économie. Le message n'est pas toujours clair, je le trouve au final plutôt pessimiste. Bon, le titre de l'album parle bien de mirage et non de miracle... Au final un album qui ne lit pas d'une traite et qu'il faut prendre le temps de digérer. Mais le sujet est vraiment intéressant.

15/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Soleil Cou Coupé
Soleil Cou Coupé

On ne peut pas dire que Lax et son fils aient choisi la facilité pour leur expérience commune de BD. A tel point que sur le site, Soleil cou coupé est proche de la voiture balai. Pour Lax qui aime tant le monde du vélo c'est duraille. Oui cette BD est particulière et quelquefois aride mais je lui trouve certaines qualités peut être pas si évidentes à trouver au premier coup d'oeil. En premier lieu choisir une histoire d'amour entre trois travestis prostitués et un cheminot est un thème courageux et original. Je trouve qu'il est traité avec beaucoup de délicatesse et sans voyeurisme. L'accent est mis sur l'humanité irréductible de Linda, Ruth et Sacha qui rencontrent bien plus que la solitude d'Antoine. Dès les premières lignes, les Lacroix nous indiquent qu'il va être question de rives. "Les putes c'est sur l'autre rive !" alors qu'en guise de fleuve nous avons les voies ferrées qu'enjambe une passerelle de service. Lax nous place d'entrée dans la zone glauque, sombre et froide, lieu de travail de nos héro-ïne-s. C'est aussi là que travaille Antoine surtout la nuit, au milieu de ces trains qui coulent comme l'eau du fleuve. "Vienne la nuit sonne l'heure/Les jours s'en vont je demeure" est vraiment le leitmotiv d'Antoine. Quand Linda exhume Alccols de Guillaume Appolinaire de la bibliothèque maternelle, elle retrouve immédiatement "Le Pont Mirabeau" coincé entre "Zone" et "La chanson du mal-aimé". Le scénario ne nous invite-il pas à une relecture du célébre poète suréaliste via une BD ? Il s'agit bien pour notre quatuor de passer d'une rive à l'autre en abandonnant les amours perdus et contruire un pont en se tenant la main. Lax nous propose une mise en scène très nouvelle vague qui me fait penser à Jules et Jim. Pour ce faire, il adoucit son trait loin du style puissant et presque caricatural qu'il utilise ailleurs. Je trouve qu'il fait preuve de respect pour ses personnages qui vivent à la marge. Un ouvrage qui ne mérite certainement pas la profondeur du classement où il se trouve.

15/05/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Celui qui ressemble à un lapin (Zzzwük)
Celui qui ressemble à un lapin (Zzzwük)

Ah mais c'est franchement très sympa, ça ! Sorti de l'esprit (un brin bordélique) de James il y a quelques années, cet album regroupe un certain nombre de gags en une ou plusieurs planches , avec une sorte de lapin comme personnage principal. On suit ses péripéties, de sa naissance à son destin, à la recherche des plaisirs de la chair et de la jouissance de la vie. C'est très inventif, assez drôle la plupart du temps, même si un peu réchauffé parfois. Boris Mirroir semble s'être bien amusé, ça se sent dans son dessin, un brin halluciné mais tellement expressif. Ca ressemble un peu à une sorte de pari potache des deux auteurs plutôt qu'à un véritable projet éditorial. On notera dans la nouvelle édition une galerie d'hommages faits par d'autres auteurs, vraiment sympathique. On passe un vrai bon moment.

15/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Tehem, Makyo & Toldac - La Grosse Tête
Le Spirou de Tehem, Makyo & Toldac - La Grosse Tête

La Grosse Tête prouve que revisiter un couple de héros aussi célèbre n'est pas si simple. Les auteurs rendent hommage à Franquin en se basant principalement sur deux ouvrages de la série mère écrits par le maître. Le problème, comme le souligne Gaston, c'est que cela nous fait deux histoires assez différentes avec un lien quelque peu rocambolesque pour cimenter l'ensemble. La cohérence globale du récit s'en ressent fortement pour moi. Cette faiblesse est accentuée par les gags qui soutiennent les deux critiques, celle du star-system et celle d'une dictature, qui sont assez convenus. J"aime bien le dessin qui sort du clacissisme de la série. C'est dynamique mais cela manque de détails à mon goût. On a l'impression que les auteurs partent sur des bonnes idées mais ont du mal à tenir l'album. Un opus plutôt moyen pour moi.

15/05/2022 (modifier)