Les derniers avis (116259 avis)

Couverture de la série Quiproquos
Quiproquos

Il y a bien quelques gags qui m’ont paru à la fois trop faciles et manquant cruellement de peps ou de surprise. C’est un peu inégal. Comme la plupart du temps dans ce genre de recueil humoristique. Mais beaucoup moins que je ne le craignais. Car en fait la très grande majorité des gags provoquent a minima le sourire, et plusieurs m’ont franchement fait marrer. Pourtant, le genre d’humour absurde en gags courts, avec chutes décalées, un dessin réaliste et statique (avec itération iconique), voilà bien quelque chose qui, de niche, est presque devenu la norme, et le succès – légitime – de Fabcaro dans ce domaine n’a fait que développer ce créneau. Beaucoup de publications sur ce créneau donc, un certain nombre de déceptions. Mais, moi qui suis adepte du genre, c’est toujours avec grand plaisir que je découvre un auteur – en l’occurrence une auteure – qui parvient à me faire franchement rire, alors que je pourrais être blasé. Visiblement repérée sur Instagram, l’auteure développe un humour percutant, en peu de cases (souvent deux, parfois jusqu’à quatre), avec des dialogues courts mais qui surprennent par leur incongruité, pas mal d’humour noir et d’absurde. Je ne connais pas l’auteure, et ne vais jamais sur ces réseaux sociaux du type Instagram. Mais l’album est présenté comme un tome 1. Je suis bien évidemment preneur d’une récidive ! ****************************** Bon, le premier tome m'avait bien plu, et je suis friand de ce type d'humour, je me suis donc rué sur le tome suivant. Et disons que c'est une relative déception. Ou plutôt, si la lecture est toujours rapide et plaisante, il y a moins de gags percutants et réussis, un chouia moins de surprises. Je maintiens ma note globale, mais cet album serait une étoile en dessous du précédent. Ceci étant dit, il y a quand même certains gags qui font mouche, avec toujours cet humour con, absurde et décalé, qui joue uniquement sur les répliques, puisque le dessin est minimaliste et statique. Un exercice difficile, en deux cases le plus souvent, mais que l'auteure maîtrise. A voir si sa réserve d'idées ne s'épuise pas...

26/11/2025 (MAJ le 08/08/2026) (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série God bless America
God bless America

« Le Cherokee », le roman noir de Richard Morgiève, auteur reconnu dans le milieu littéraire, est à la base un récit très dense avec de nombreuses thématiques, et on peut dire que PF Radice s’en sort plutôt bien avec cette adaptation. Ce thriller atmosphérique a pour axe principal l’enquête du shérif Nick Corey pour retrouver le meurtrier de ses parents, assassinés sauvagement dans un motel. Prénommé le « Dindon », celui-ci continue à rôder et menace de s’en prendre à son entourage. En toile de fond, le crash d’un avion militaire pour des raisons que le gouvernement tient à garder secrètes, dans un contexte de Guerre froide. C’est ici un portrait saisissant des Etats-Unis des années cinquante qui nous est proposé, dans une époque bénie où ce vaste pays, l’un des deux vainqueurs de la second guerre mondiale avec l’URSS, se rêvait en maître du monde. Le désert de l’Utah confère à l’ambiance un côté western, tandis que les rumeurs conspirationnistes liées au crash apportent une touche science-fictionnesque, parfait reflet de ces Fifties outre-Atlantique. Et pour ce qui est de la romance (tout de même assez discrète), c’est notre shérif qui, contre toute attente, va tomber amoureux du type du FBI… et on sait comment était considérée l’homosexualité dans cette Amérique puritaine... Si le récit met un certain temps à se mettre en place avec ses multiples foisonnements, il reste tout de même cohérent jusqu’à la fin, et le lecteur demeurera captivé par le mystère omniprésent. Il faudra par ailleurs fournir un certain effort pour se rappeler de tous les protagonistes, bien campés psychologiquement. L’ambiance noir et blanc très « fifties », qui rappelle les films noirs US de l’époque, y est pour beaucoup. On ressent l’énergie déployé par PF Radice pour produire un objet graphique de haut niveau. Nul doute que l’auteur a beaucoup apprécié le roman de Morgiève, à en juger par le rendu visuel des planches qui révèle non seulement un style original, mais aussi une minutie des détails et une technique élaborée digne d’un artisan passionné, à mille lieues d’un académisme sans âme, des procédés numériques ou pire encore, des infâmes productions générées par l’IA. Alors oui, on pourra toujours tiquer sur les postures parfois un peu raides des personnages, mais cela n’est pas du tout rédhibitoire et globalement, c’est un très beau travail empreint d’authenticité que nous offre Radice. Magnifié par la qualité éditoriale désormais proverbiale des Editions Sarbacane, « God Bless America » est un bon gros pavé immersif que l’on déguste avec délice, doublé d’un hommage à un auteur peu connu du grand public, Richard Morgiève. Quant à PF Radice, on ne peut que l’encourager à tracer son sillon avec ce deuxième « vrai » album qui succède à « Al Capone », un ouvrage co-réalisé avec Swann Meralli qui nous avait déjà marqué avec son trait si particulier.

08/08/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Perpendiculaire au soleil
Perpendiculaire au soleil

Olala j'ai autant de retard que ça dans le postage des avis ? J'ai lu cette bd quasi à sa sortie, il y a donc plus de 3 ans.. Et je rejoins l'avis général enthousiaste : nous avons ici une bd absolument superbe sur le plan graphique. Le noir et blanc, les gravures, l'enchaînement des différents styles, tout cela est très beau mais, en plus, parfaitement à propos. La bd est touchante, jamais pathos. Valentine Cuny Le Callet, puisque c'est elle qui, on va dire, est à l'origine du projet artistique, a un certain talent pour conter l'histoire de sa relation avec Renaldo, et son rapport avec la peine de mort, la prison et tout ce qu'il y a autour. L'émotion est très bien rendue et affleure a quasiment chaque page. Et au delà de cette émotion, qui est la raison du succès de cette bande dessinée, il nous est proposé une vraie réflexion sur la peine de mort et le système judiciaire américain. Une franche réussite donc, mais ça vous l'avez déjà compris a la lecture des précédents avis !

08/08/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Nez de Cuir
Nez de Cuir

Cette ruée vers une inaccessible paix, cette dispersion dans la frénésie - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2019. Il a été réalisé par Jean Dufaux pour le scénario et par Jacques Terpant pour les dessins et les couleurs, qui adaptent le roman Nez-de-Cuir, gentilhomme d'amour paru en 1936, écrit par Jean de la Varende (1887-1959). Il se termine par une postface du scénariste, intitulée La Liberté dans le style, évoquant la sensualité des mots et des sentiments, des corps et des paysages, d’un auteur peut-être oublié, mais c’est aussi ce qui lui permet de rester tel qu’en lui-même, loin de la foule déchaînée. Ces deux créateurs ont également réalisé Le Chien de Dieu (2017), Un roi sans divertissement (2021). La guerre se termine. Il paraît. Elle va entrer dans les livres d’histoire. Bel ouvrage, belles enluminures, destinés à faire rêver les garçons. L’épopée napoléonienne, vous pensez ! Que d’images, que de faits glorieux, que de bravoure ! Lui, il veut bien… Mais enfin, l’envers du décor, à chaque heure du jour et de la nuit… Il se trouve devant ses yeux. Au travers de ces estropiés, de ces gueules cassées qui ont eu du panache, mais en qui rien de glorieux ne subsiste… Même s’il le reconnait, leurs charges furent de fougue et de feu. Ainsi du 1er régiment des gardes d’honneur qui vint heurter la cavalerie cosaque à la bataille de Reims, au 13 mars 1814. Parmi ces fous qui croyaient en la gloire et à certaines grandeurs attachées à leur pays, il y avait le jeune comte Roger de Tainchebraye. Rien ne semblait arrêter sa bravoure. Cet oubli de soi… Et du temps… Un sabre cosaque s’en chargea. Le médecin Marchal continue son bilan de sa prise en charge du patient Roger de la Tranchebraye : Un coup de sabre a complètement emporté le nez, un autre a détaché la joue droite, plusieurs coups de lance aussi, un coup de pistolet reçu à bout portant… Et il a survécu ! Il conclut : C’est un diable que cet homme-là, il en a le visage à présent. Un assistant l’interrompt en ouvrant la porte et informe le major que madame de Tainchebraye est arrivée. Il lui répond de demander à la mère de patienter, il la préviendra lorsque son fils Roger sera prêt. Le médecin se rend au chevet du convalescent et l’informe que sa mère est en bas, qu’elle a fait un long voyage pour le voir. Roger de Tainchebraye répond que sa mère s’obstine, qu’elle veut assister à la résurrection de son fils laissé pour mort sur le champ de bataille. Mais Roger n’a pas eu cette chance. Le médecin Marchal énonce qu’il sent passer le vent des amertumes. Il fait observer à son patient que sa chambre est confortable, chauffée, que ses draps sont propres, qu’il est nourri. Il en connait beaucoup qui n’ont pas cette chance. Roger répond qu’il n’a plus de visage, nez coupé, deux trous, juste deux trous, comme un cadavre, il est horrible. Un épouvantail, une gorgone ! Le médecin reprend : Roger est vivant, et il portera un masque, il s’en sort bien. Au milieu de tous ces hommes éclopés, de tous ces manchots dont ils sont envahis, il paraîtra un privilégié. Dans sa postface, le scénariste écrit : Pour Jean de la Varende, écrire, c’est ressusciter le passé, et son style s’y prête admirablement qui mêle archaïsme tournures antiques, mots empruntant au patois, descriptions d’un pays, l’Ouche, qui devient féérique tant il semble échapper au temps, ce passé, c’est son présent. Cela ne forme pas forcément les arguments les plus vendeurs pour un large public, à la sensibilité toute relative pour le passéisme et le français difficile et désuet. Le lecteur sent bien que les cartouches à écriture blanche sur fond noir doivent correspondre à des extraits du livre. Ils s’avèrent brefs et très digestes, dépourvues des formules archaïques évoquées. Une fois le lecteur tombe sur un mot recherché : Médianoche, c’est-à-dire un repas pris après minuit. En revanche, il trouve une vision du passé dans la forme de la société, dans la place qui y est faite aux femmes et dans le comportement du personnage principal. En filigrane, il voit se dessiner le modèle de société : la haute bourgeoisie du pays de l’Ouche, région à cheval sur les départements de l’Orne et de l’Eure. La notion de difficultés économiques est très éloignée du personnage principal et de ses conquêtes ou de leurs époux légitimes. Il vit dans un château et l’amour de sa vie épouse le marquis de Brives, vieillard sec, cassé de corps, mais riche, ô combien ! Riche à tel point qu’il put s’offrir la plus noble fleur de la province : pour marquer sa puissance – et son emprise – il racheta Mesniroyal, château des Rieusses qui avait ruiné tous ses propriétaires. Il lui redonna son lustre d’antan et y plaça cent domestiques, un grouillement d’êtres qui laissa pantoise toute la noblesse de la région. Il y a également le comportement du comte Roger de Tainchebraye lui-même : bel homme défiguré, portant un masque cachant la partie supérieure de son visage, ce qui lui vaut son surnom de Nez-de-Cuir, enfilant les conquêtes féminines, vivant de ses rentes, un Don Juan de Normandie, comme le qualifie lui-même l’écrivain. Cette sensation d’une France d’un autre temps, avec des valeurs très traditionnelles se voit littéralement dans les cases : les beaux uniformes napoléoniens bleu et rouge, la belle chemise à jabot du médecin et sa redingote, le beau château à deux étages des Tainchebraye et son parc ainsi que les beaux atours des invités présents, les beaux fauteuils des salons, les trophées de chasse accrochés au mur, la qualité du masque de cuir, les habits de chasse des maris cocufiés, le château de Mesniroyal à l’architecture plus ouvragée, les habits plus luxueux des invités à la noce, la magnifique robe de Judith de Rieusses et ses bijoux, la bibliothèque bien fournie de volumes à la reliure en cuir du marquis de Brives, etc. L’artiste réalise des dessins dans un registre réaliste avec un sens de la composition assurant une lecture facile, et utilisant sa palette dans un mode proche de la couleur directe, pour rehausser le réalisme, les reliefs et les textures. Régulièrement, le lecteur prend le temps de s’attarder sur un détail concret : les outils du médecin, la bride des casques des soldats, un tableau accroché au mur, le drapé d’une robe, l’effet d’un feuillage, la forme d’un tronc, les motifs d’une couverture, les moulures d’un plafond, la forme d’un bougeoir, etc. D’un côté l’artiste sait recréer le confort discret de la haute bourgeoisie, aussi bien dans ses lieux de vie en intérieur, que dans ses tenues vestimentaires. De l’autre, il rend un hommage discret et tout aussi concret aux paysages naturels du pays de l’Ouche. Une belle pelouse verdoyante devant une riche demeure, la luminosité si particulière d’un sous-bois, l’herbe haute et grasse autour d’une mare, une belle allée en terre menant à un ancien pavillon de chasse au cœur des bois, un mur recouvert de lierre, une forêt clairsemée, une zone boisée plus dense, etc. De manière régulière, le lecteur peut également apercevoir la faune : un vol d’oiseaux dans un ciel dégagé, un hibou silencieux, un renard observateur, un sanglier acculé par une meute de chiens, de beaux chevaux dont le pauvre Agramant, etc. Le lecteur a tôt fait d’oublier l’horrible réalité des deux scènes d’ouverture. Pourtant, la mise en scène de la bataille entre deux cavaleries montre clairement et sans voyeurisme la pluie de coups, et le lecteur peut également voir après les estropiés et éclopés sous les arcades de l’hôpital. Il prend conscience de temps à autre que la narration visuelle l’amène à oublier totalement les circonstances qui ont amené Roger de Tainchebraye à porter continuellement un masque, en société, et également quand il se retrouve seul, la réalité de la boucherie de la guerre, avec ses vétérans marqués dans leur chair. La couverture semble promettre une belle romance, entre un homme mystérieux parce que masqué et une jeune femme libre parce que chevauchant, le tout sur fond de flammes d’un incendie qui pourraient symboliser l’ardeur de la passion. Le récit commence par exposer comment le personnage principal en est venu à porter un masque : certes un air de mystère, mais rien de romantique, plutôt un accessoire qui cache son visage, qui le rend anonyme si ce n’est pour son corps bien fait. Oui, la jeune femme se refuse à lui, tout en tombant irrémédiablement amoureux de lui. Le lecteur retrouve une trame classique d’amour contrarié aux accents romantiques. Dans le même temps, Roger de Trainchebraye fait preuve d’un réel recul sur son comportement. Il explique à sa servante qu’il a besoin d’elles ! Même si elles jouent toujours un rôle sauf à quelques minutes… importantes où elles se perdent. Mais elles tiennent aussi le masque, va ! Et elles exigent que l’amant fasse son rôle dans la comédie. Et il leur en veut de n’avoir jamais su, tout brutal qu’il soit, leur dire son mépris… Après l’amour… Cette ancienne nourrice prendra même sa défense face à la jeune fille pure : Il ne fait que son métier de jeune homme, ce sont les femmes comme elle qui ne sont pas grand-chose ! Qui lui refusent un peu de bonheur car elles croient aimer alors qu’elles ne font que se pâmer. Y en a pas une qui cherche derrière le masque. Marie-Bonne laisse Judith avec ses indignations et sa vertu qui grince comme du vieux bois. Le récit se révèle alors être celui d’un homme souffrant d’un grave syndrome de stress post traumatique, marqué à jamais dans sa chair, pleinement conscient qu’une vie normale lui est devenue inaccessible, que le port du masque lui permet de se présenter en société et en même temps en fait un paria, un individu toléré par la grâce des convenances sociales, mais tenu à l’écart, jamais intégré. Adapter un roman un peu désuet par le regard vieillot qui est le sien sur la société d’une époque révolue, sur la condition féminine bien rétrograde. Une narration visuelle maîtrisée, sans éclat apparent, d’une solidité sans pareille, entièrement au service du récit, lui donnant corps avec consistance et respect, sans contresens ni trahison. Une adaptation citant la lettre d’une manière élégante et digeste, et faisant vivre son esprit. Une bluette classique qui sert de trame à une tragédie humaine pouvant se voir comme une métaphore de la différence trop lourde à porter.

08/08/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Carnet chinois
Carnet chinois

2.5 Un autre carnet de voyage de Baudoin. Si on a déjà lu un carnet de cet auteur on sait â quoi s'attendre. On est surtout dans un carnet de croquis avec une narration qui donne l'aspect d'un art séquentiel. On est éblouis si on apprécie cet auteur et qu'on est sensible â son humaniste et sa vision de choses et on s'ennuie si on trouve hermétique le style particulier de cet auteur. Je me situe au milieu. Il y a des passages intéressants dans cet album, mais la narration n'est pas dynamique et je me suis un peu ennuyé. Et encore une fois je n'aime pas du tout lorsque Baudoin semble raconté tout ce qui lui passe par la tête lorsque vient le temps d'écrire le texte. Cela donne un ton décousu qui me fais décrocher de l'album.

08/08/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Shadi - Une histoire du vol PS752
Shadi - Une histoire du vol PS752

Un album où trois auteurs iraniens vivant à l'étranger parlent des événements qui se sont passé en Iran au début de l'années 2020 et particulièrement d'un accident d'avion qui a couté la vie à des civils incluant une femme que tous les trois connaissaient. Je ne me rappelais pas que l'Iran avait délibérément envoyé un missile un de leur propre avion civile, mais il faut dire qu'il s'en est passé des choses en 2020.... J'ai été bien surpris de retrouver deux auteurs iraniens dont l'éditeur Ça et là avait déjà publié leur œuvre. J'ignorais qu'ils se connaissaient, mais en réfléchissant cela fait du sens que des dessinateurs opposants au régime des mollahs soient potes. C'est intéressant de voir comment ils réagissent aux mêmes événements quoiqu’au niveau du dessin on voit les limites de Moazzami comparé aux deux hommes. C'est pas mauvais, mais ça manque de dynamisme quoique j'ai l'impression que c'est elle qui a le moins d'expérience avec le temps ou du moins qui a le moins de temps à consacrer à cet art vu qu'elle a un autre boulot. J'ai bien aimé voir ce qu'il pensait de ce qui arrivait en Iran en 2020 (et le pire est que la situation a empiré depuis !) et j'ai été surpris que le fameux vol arrive tard dans l'ouvrage. Les auteurs traitent de cet événement avec pudeur et ce sont des passages émotifs quoique j'avoue que je n'étais pas bouleversé. Le problème est qu'on ne voit jamais Shadi avant l'accident et qu'au final on voit peu d'elle même lorsque les auteurs parlent d'elle. Je comprends que ce qui lui ait arrivé les a bouleversés, mais comme je ne la connais pas et que je ne connais pas personnellement les auteurs, cela m'a fait le même effet que si une vague connaissance avait vécu un deuil. Je comprends sa tristesse et je compatis â sa douleur, mais cela ne m'affecte pas personnellement. Je pense que j'ai été plus touché en voyant â quel point le régime iranien et Trump pouvaient aller dans la folie meurtrière et les choses ne sont pas arrangé depuis...

08/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Section infini
Section infini

Le style graphique, un trait gras un peu esquissé (comme si des crayonnés avaient été laissés apparents sous le dessin final), qui donne un rendu un peu « flouté » est original, mais pas forcément toujours très agréable à lire (et la colorisation est aussi parfois étrange). Mais bon, je m’y suis fait au bout d’un moment. L’histoire possède des qualités, en tout cas se révèle intrigante, avec ces « pirates », dont on ne sait pas grand-chose, si ce n’est qu’ils peuvent voyager dans le temps et qu’ils sont violents et menaçants. Face à eux une organisation secrète, la « Section infinie », dont nous suivons quelques membres (ils ne sont pas nombreux de toute façon), et qui cherchent à comprendre ces « pirates » et à lutter contre eux, au péril de leur vie. L’album alterne passages calmes et d’autres très mouvementés, violents, à la manière des blockbusters américains, comme dans les scènes finales. Toutefois, outre l’aspect graphique qui ne m’a pas toujours convenu, le fait que la série semble avoir été abandonnée (l’album est orphelin depuis douze ans !) en nous laissant en plan (sans aucune réponse aux nombreuses questions qu’on se pose) laisse au final quelque chose de décevant. Note réelle 2,5/5.

07/08/2026 (modifier)
Couverture de la série Non-retour
Non-retour

Un polar/thriller assez classique. Trop sans doute. Et qui manque aussi de surprise. En effet, aucun des personnages ne surprend le lecteur, gentils et méchants sont rapidement identifiés, comme le moyen utilisé par « l’espion » pour passer ses documents. Et finalement tout se passe bien, se finit très bien, dans des happy-end parfois trop simples (voir la façon dont l’hôtesse se débarrasse du « pirate de l’air »). Mais, cela dit, c’est quand même un album qui se laisse lire. Rien d’original ou d’inoubliable, mais c’est rythmé. Avec comme particularité de confiner l’intrigue dans un avion, au cours d’un vol d’évacuation de Français/ Pieds noirs du cœur de l’Algérie vers Marseille, au moment de l’indépendance (cette période de forte tension permet au scénario d’amener un peu de l’adrénaline qui manque avec l’intrigue de base). Ce huis-clos est aéré par certains flash-backs. Un honnête polar, qui s’inscrit dans un cadre original, mais qui manque quand même singulièrement de profondeur – malgré l’arrière-plan historique (tension liée à l’indépendance algérienne, aux attentats de l’OAS, aux frustrés de cette indépendance, à une affaire d’espionnage, ceci étant utilisé, mais trop peu à mon goût).

07/08/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Maria et Salazar
Maria et Salazar

Combien de Maria du Portugal y a-t-il dans le monde ? Tant de Marias ! J'ai quatre sœurs et elles s'appellent toutes Maria. L'affaire des trois Marias (écrivaines et intellectuelles antifascistes) a bouleversé le pays et le régime en 1971/72. Et la Maria de Robin Walter est adorable ! L’histoire racontée par Walter semble tellement réelle et est si belle ! J'adore aussi les frites en rondelles... Je me suis ému plusieurs fois en lisant. Les dessins, sans être spectaculaires, sont efficaces et remplissent très bien la fonction de raconter l’histoire. Tant au niveau de l’émigration portugaise que par rapport au salazarisme, tout m’a paru très juste et équilibré. Salazar était un pauvre provincial, un dictateur mou, utilisant le catholicisme et la passivité traditionnelle du peuple pour imposer une police politique violente, la PIDE. Ses crimes semblent oubliés aujourd'hui, mais ils ne devraient pas l'être ! De toute cette histoire, l'auteur présente une vision avec laquelle je ne peux pas être plus en accord. J’ai eu la chance de ne pas avoir à émigrer. Je suis né dans une famille privilégiée, sous l'ancien régime salazariste. Ma mère est une réfugiée de guerre autrichienne, accueillie au Portugal. Mon père a étudié l'ingénierie en Allemagne et y a vécu et travaillé plusieurs années. À la maison, nous avons toujours eu des Maria comme domestiques. Ce sont elles qui m'ont appris à marcher, à parler, à être ce que je suis. Ce que j’aimerais dire, en étant totalement d’accord avec Alix, c’est que nous ne devons pas transformer les immigrants en boucs émissaires de nos propres problèmes ou crises. Au moment où tant de pays dans le monde se retournent contre les immigrés et les étrangers, y compris le Portugal, j'aimerais que beaucoup se souviennent de ce qu'ils ont été et pourront redevenir. Le discours politique populiste, toujours à attaquer les plus vulnérables, gagne de plus en plus de voix et cela me rend profondément triste. L'être humain, depuis ses origines, a toujours été nomade, sans frontières. Nous tous, homo sapiens, sommes de récents émigrants africains en Europe. Et nous ne devrions pas oublier ça! Je me souviens de courir sur la plage, à six ans, en criant « Salazar est mort, mort à Salazar ! ». Mes parents étaient vraiment gênés et embarrassés. Ensuite, j'ai eu des conséquences !

07/08/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Secret Empire
Secret Empire

2.5 Un autre gros crossover avec plein de héros Marvel. J'avais déjà vu un peu du méchant Capitain America dans ''Captain America - Steve Rogers'' du même scénariste et si cette série commençait bien, j'avais fini par lâcher en cours parce que je trouvais que le scénario tirait en longueur. J'ai encore eu cette impression avec cette maxi-série qui contient de trop longs chapitres. Comme souvent avec ces gros crossovers, il y a des passages que j'aime et d'autres que j'aime moins. Il y a plein de personnages et le lecteur fan de Marvel sera content de retrouver les personnages qu'il aime et s’ennuiera lorsqu'il retrouvera les personnages qu'il n'aime pas ou qu'il ne connait pas. Il y a plein de dessinateurs et leurs styles pas du tout homogènes donnent l'impression qu'on lit plusieurs séries différentes et cela n'aide pas la cohérence du scénario. De toute façon, tout est massacré par des couleurs informatiques qui rendent tout froid et sans personnalité. J'ai bien aimé qu'il y ait des réflexions et que c'est pas juste une suite de combats. Il faut bien connaitre l'univers Marvel si on veut bien comprendre des allusions qui sont obscures si on est pas fan de super-héros. Ça se laisse lire, je me suis diverti et aussi un peu ennuyé, et j'ai été bien content lorsque j'ai refermé l'album.

06/08/2026 (modifier)