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Les dernier avis (90841 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Spirou de Christian Durieux - Pacific Palace
Le Spirou de Christian Durieux - Pacific Palace

Pacific Palace, comme son nom l'indique, se déroule dans un hôtel de luxe. Il s'agit en réalité d'une histoire complète en huis-clos au ton assez surprenant. Spirou travaille comme groom dans ce palace et vient d'y faire embaucher Fantasio depuis que celui-ci a été viré du journal Le Moustique. Forcément, ce dernier n'est guère approprié au rôle de groom lui-même. Et pourtant ce sont bien Spirou et lui qui se retrouvent réquisitionnés pour rejoindre la minuscule équipe de membres du personnel qui restera sur place lorsque celui-ci sera totalement vidé pour accueillir un invité très spécial : un ancien dictateur en fuite venu chercher refuge en France. C'est ainsi que moins d'une dizaine de personnes vont se retrouver cloitrés dans l'hôtel durant quelques jours à l'atmosphère étrange et intrigante. Et parmi elles, la fille du dictateur dont Spirou va tomber amoureux au premier regard. Graphiquement, c'est un album très élégant. La couverture, avec sa dominante bleue, sa composition et sa piscine Arts Déco, est fascinante. Les planches elles-mêmes tranchent moins par leur colorisation et leur impact visuel mais le trait est très propre et là encore la mise en page est pleine de classe et parfaitement fluide. Les personnages sont réussis également, à l'exception de Fantasio dont le visage de vieux gamin égocentrique et acariâtre me rebute et contribue à rendre le sujet presque détestable par moment. Le scénario est une drôle d'histoire qui ne ressemble que très peu aux aventures classiques de Spirou et Fantasio. On y retrouve certes le rôle traditionnel de groom de Spirou et celui-ci de journaliste fouineur de Fantasio, mais tout le ton de l'histoire leur semble assez étranger. Il y a certes un peu du Journal d'un Ingénu d'Emile Bravo dans ce récit où un groom Spirou et un journaliste Fantasio croisent la grande Histoire (même si fictive dans le cas présent) dans les couleurs d'un hôtel. Il y a aussi du Grand Budapest Hotel dans ce palace et dans son directeur qui représente l'élégante mémoire des lieux et de son mystérieux passé. Mais il y a aussi toute une drôle d'ambiance, entre espionnage et secrets d'alcôves, tout au long d'un album attentiste où les protagonistes évoluent en milieu clos, presque coupé du monde réel, et tandis que le lecteur se demande bien où cela va le mener. Sans parler de cette romance en demi-teinte entre Spirou et la mystérieuse fille du dictateur. Tout cela parait très éloigné l'esprit du Spirou auquel sont habitués les anciens amateurs de ses aventures, au sens strict du terme. En outre, la fin très douce amère et son orientation real-politik contrastent là encore avec ce à quoi on pourrait s'attendre de nos deux héros. Honnêtement, c'est une bonne histoire mais il ne faut pas y chercher une aventure de Spirou et Fantasio. C'est un esprit différent et un rythme beaucoup plus lent et contemplatif. Et au final, le directeur de l'hôtel me parait davantage le vrai héros de l'histoire que les deux jeunes aventuriers. J'aime l'atmosphère qui se dégage de cette BD, tant par son visuel que par sa narration et le coeur de son intrigue, mais je n'y aurais pu forcément vu la place pour Spirou et Fantasio.

12/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série La Douce (Schuiten)
La Douce (Schuiten)

La Douce est une vieille locomotive à vapeur ayant déjà parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres qui va finir à la décharge, les trains électriques la rendant obsolète. L'histoire a le mérite de montrer la difficulté des métiers de machiniste et chauffeur (celui qui va au charbon). Pour autant certains comme Léon refusent la modernité. Accompagnée d'une jeune femme muette, on va voir le vieil homme évoluer dans un univers proche graphiquement de la série phare de Schuiten à savoir Les Cités obscures. Au niveau de l'histoire c'est bien sans plus, je reste client sur le plan graphique. Le petit dossier en fin d'album est intéressant et montre la réelle histoire de ces machines de Type 12.

12/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série Bébé Cyanure
Bébé Cyanure

Histoire un peu foutraque. C'est de la science-fiction qui part dans tous les sens mettant en scène la jeune Bébé et son frère Môme au XXXIIIe siècle. Ils arrivent dans une grande ville où se déroule une fête foraine ; ils en profitent pour manger une crêpe de sarazoum. C'est là qu'on apprend que les parents des protagonistes sont morts sur Bételgeuse. S'ensuit une foule de péripéties à toute vitesse. Cela semble être paru en épisodes dans les années 60 et reconstitué ensuite pour en faire un album donc la narration s'en ressent parfois comme quand le personnage de Môme rappelle au lecteur ce qui s'est passé deux pages plus tôt. Pour autant le dessin est pas mal, cela reste intéressant d'un point de vue patrimonial.

12/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série La Corde du pendu soutient l'unijambiste
La Corde du pendu soutient l'unijambiste

Tout est caricatural dans cet album. L'histoire tourne autour d'un industriel qui veut que chaque français participe à son nouveau projet de récupération des pets poétiquement nommé gazprout. Pour cela il a besoin d'appuis politiques et d'une émission de télévision - proprement sordide - pour générer un buzz afin de faire passer un projet de loi en catimini. Donc les industriels sont tous des gros richards cigares au bec, affublés de jolies assistantes à courte jupe, les politiques sont manipulés et pilotés en grande partie par leurs intérêts financiers, le français de base est un débile accroc à la télé, aux programmes totalement abrutissants cela va de soi, et incapable de penser par lui-même. La caricature est aussi côté graphique, cela ressemble par certains côtés à du dessin de presse. Pierre Guilmard a une très longue carrière derrière lui mais ce one-shot ne m'a pas donné envie d'approfondir.

12/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Créatures
Créatures

Sous des allures de série pour adolescents, cette BD cache un étonnant cocktail d'influences pour un résultat très intrigant et prenant. Le cadre : une ville de New York post-apocalyptique. Les héros : une poignée de gamins survivants. Le danger : l'influence plus qu'inquiétante d'un gigantesque tempête de nuages surnaturels tourbillonnant dans et au-dessus de Manhattan et les étranges créatures hybrides qu'elle amène à la vie. D'autant plus que ceux-ci sont en mesure au besoin de prendre possession des adultes étant tous devenus de zombis hébétés depuis la Grande Nuit qui a engendré tout ce chaos et le brouillard qui l'a accompagnée. Qui sont ces créatures, comment ont-elles pu ainsi transformer le monde et dans quel but ? Et surtout que peuvent bien faire de simples gamins face à cette menace issue d'ailleurs ? Sans doute devront-ils notamment compter sur le plus jeune d'entre eux, un garçon albinos doté de pouvoirs psychiques étonnants mais aussi dangereux pour sa propre santé. Les influences sont nombreuses. Il y a celle de la série Seuls pour ces enfants obligés de survivre dans un monde vidé de ses adultes. Mais on constate très vite que l'ambiance est bien plus sombre et désespérée que dans cette série là. Il y a ce décor post-apocalyptique et ces adultes décérébrés qui rappelleront bien sûr Walking Dead et autres séries d'apocalypse zombie. Il y a des références manifestes à Lovecraft dans les paroles de l'un des protagonistes et qui se reflètent dans la menace surnaturelle indicible et mystérieuse et dans les créatures qu'elle engendre. Il y a ce gamin à super-pouvoirs qui fera penser à une autre série de Dupuis encore, Harmony, mais aussi forcément à Stranger things quand on combine ces pouvoirs avec le dangers de monstres qui semblent venus d'une autre réalité. Beaucoup d'influences donc mais un cocktail qui réussit à se révéler original malgré tout. Il accroche par de nombreuses qualité. Déjà il y a son dessin qui est parfait pour le genre. Il rappelle un peu celui de Seuls pour ce qui est des personnages mais il est plus sombre pour ce qui est décors et des couleurs, avec une vraie ambiance sinistre. Puis il y a la personnalité de chaque protagoniste qui est particulièrement travaillée. Le scénariste évite soigneusement les clichés les concernant et offre une petite palette de personnages au passé, aux caractères et aux comportements approfondis et intéressants. Et enfin il y a cette intrigue qui porte bien son nom tant elle est emplie de mystères. Le récit se fait accrocheur à la fois par son action et son rythme mais aussi grandement par la curiosité qu'il attise chez le lecteur et une forte envie de découvrir ce qui se cache derrière le voile énigmatique qui recouvre cette ville. J'ai très hâte de lire la suite !

12/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Terence Trolley
Terence Trolley

Terence Trolley est une BD de science-fiction, de thriller et d'action comme il en sortait dans les années 90 et 2000. On y trouve toutefois un décor légèrement cyberpunk qui résonne avec l'actualité vidéoludique du moment. Dans ce futur relativement proche, nous trouvons un monde certes technologiquement avancé mais aussi corrompu par les multinationales et notamment par une qui a fructifié sur les effets du réchauffement climatique. Non contente d'en rester là, elle a aussi fait des expériences sur des enfants et a doté certains de ces cobayes de pouvoirs extra-sensoriels. Trois d'entre eux se sont cependant échappés et ils vont devoir compter sur l'aide de Terence Trolley, homme de main très efficace et dangereux, pour les protéger des poursuivants de l'affreuse méga-corpo qui est à leurs trousses. La trame est classique mais bien cousue et surtout très rythmée. L'intrigue est dense malgré sa qualité de tenir en deux tomes seulement. Il y a quelques passages cousus de fil blanc, notamment une coïncidence un peu grosse en toute fin de série, mais le lecteur se laisse facilement emporter. J'ai aimé quelques bonnes idées, notamment la version digitalisée de la femme disparue du héros qui reste avec lui, mais bloquée physiquement dans son camping-car. Les personnages sont aussi assez travaillés, que ce soit les enfants à super-pouvoirs, leur fameux "grand-père" ou encore les associés du héros qui amènent chacun leurs caractéristiques et leur passé et influent ainsi sur le cours de l'intrigue. Le graphisme, lui, est un peu spécial. Globalement, je l'aime bien et j'aime son dynamisme. Mais j'ai eu du mal à me faire aux visages des protagonistes qui sont tous similaires, des masques faciaux écrasés et reconnaissables finalement uniquement à leurs coiffures et à leurs yeux, malgré quelques expressions parfois exacerbées, presque caricaturales quand ils doivent exprimer des émotions. Sans qu'elle m'air vraiment marqué par sa force ou son originalité, je me suis laissé porté par cette lecture pleine d'action et de rebondissements. Un sympathique divertissement sur fond de science-fiction et de fantastique.

12/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Photo de famille recomposée
Photo de famille recomposée

Cette BD raconte avec humour le quotidien d'une famille recomposée : une mère divorcée, sa fille et son fils, qui emménagent avec son nouveau mari et ses deux filles à lui. La vie à 6 donc, mais une semaine sur deux seulement. L'occasion d'aborder le sujet de la bonne entente entre tout ce petit monde, de l'organisation matérielle au jour le jour, ou encore les réactions des uns et des autres face à des situations inconnues de ceux qui ne vivent pas dans une famille recomposée. L'album est structuré en gags en une planche. Le style graphique d'Armelle Drouin y est tout en rondeur et joyeusement coloré, bien adapté aux séries d'humour au ton léger comme ici. La mise en page et la mise en scène sont bien réussis pour une lecture fluide et agréable. La BD s'adresse avant tout aux parents de ces familles recomposées. Ils sont ici au centre de l'attention et ce sont essentiellement eux les héros de ces aventures du quotidien qu'ils partagent avec leurs enfants. Le père et la mère de cette série se révèlent d'ailleurs assez vite attachants. L'humour n'y est pas forcément hilarant et on y décroche rarement plus qu'un sourire. Mais l'ambiance est plaisante, et surtout il s'en dégage un réel vécu. Qu'il s'agisse des anecdotes ou simplement des situations elles-mêmes, on sent qu'elles proviennent de véritables expériences ou ressentis de parents de familles recomposées. Elles se révèlent même quelques fois surprenantes ou du moins inattendues pour les lecteurs qui n'ont pas partagé une telle expérience. Je fais partie de ces derniers donc je ne peux pas juger pleinement de la chose, mais je me dis que cette BD réussira sans doute à toucher avec succès les parents concernés qui y retrouveront avec le sourire beaucoup de leur propre vécu familial.

12/01/2021 (modifier)
Par Lamat
Note: 4/5
Couverture de la série Où le regard ne porte pas...
Où le regard ne porte pas...

Tout a déjà été dit et, sans doute parce que je savais par les avis publiés ici que le tome 2 était moins bien, je n'ai pas été déçu. L'ensemble des 2 tomes reste plaisant et j'ai trouvé que l'idée de reprendre les personnages beaucoup plus tard n'était pas mauvaise. Excellent travail de Pont que je ne connaissais pas mais que je vais suivre à l'avenir.

12/01/2021 (modifier)
Par Lamat
Note: 4/5
Couverture de la série Dans la forêt sombre et mystérieuse
Dans la forêt sombre et mystérieuse

Une BD à offrir à un jeune de plus de 10 voire ado afin qu'il sache qu'il existe de la BD de qualité. Mon conseil : enlevez délicatement le papier cadeau et lisez-là en douce avant lui : 15 minutes de sourires garanties. Pour les connaisseurs adultes, évidemment, ça ne sera pas dans le hit-parade des meilleures BD mais ne boudons pas les plaisirs simples. Vous pouvez maintenant remballer le cadeau et savourer le plaisir de l'enfant quand il le lira

12/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Jardin de Daubigny
Le Jardin de Daubigny

Cette courte biographie d’un peintre dont j’ignorais jusqu’à l’existence s’est avérée plaisante à lire. Et la raison principale vient du ton général de l’album et de son découpage original. En effet, plutôt que de tomber dans le piège tentant de la biographie classique, les auteurs ont opté pour une série de 10 tableaux. Dix courts chapitres qui vont permettre d’illustrer des instantanés de la vie de Charles-François Daubigny, laissant à notre imagination le soin de combler les vides. Et comme le ton général de l’album est à la bonhomie et à la simplicité (grâce notamment au trait caricatural et spontané de Luc Cromheecke, que je préfère nettement ici qu’à l’époque de Tom Carbone), l’image qui se dessine de ce peintre méconnu est celle d’un bon vivant, simple, observateur et précurseur par bien des aspects alors même qu’il ne cherche pas à l’être. Et la sympathie que j’éprouve pour le gaillard est égale à la sympathie que j’éprouve pour cet album. Certes ce n’est pas un immanquable mais bien une œuvre aussi instructive que légère. Elle m’a permis de découvrir un artiste dont j’ignorais tout… et dont le fait de le connaître ne changera en rien le cours de ma vie, sinon que si je devais croiser un de ses tableaux sur les murs d’un musée, je me dirais « Ah oui, c’est ce peintre sympa qui a inspiré les impressionnistes ». Pas essentiel donc, mais je suis quand même bien content de l’avoir lu. Si le sujet vous intéresse, c’est, je pense, un album à lire. Parce qu’il se lit facilement et parce qu’il se consacre à un peintre méconnu et pourtant influent.

12/01/2021 (modifier)