Les derniers avis (96166 avis)

Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série La Grande évasion - Diên Biên Phu
La Grande évasion - Diên Biên Phu

J’ai adoré me perdre dans la bataille de Diên Biên Phu, sanglant épilogue de la guerre d’Indochine. Un cauchemar pour l’armée française. C’est surtout la fin de la présence coloniale française en Asie et c’est aussi la guerre du Vietnam qui s’annonce. L’atmosphère cauchemardesque est bien là. La colorisation est juste magnifique. Le côté abominable et ignoble de cette guerre est excellement restitué. Le trait d’Erwan Le Saec est juste et précis. Visuellement c’est du grand art. J’ai l’impression d’être sur le champ de bataille. Les balles fusent. Les obus tombent de toute part. Le scénario tout en s’appuyant sur des faits réels, relate l’histoire d’un petit groupe de soldats qui tente de percer les lignes ennemies. Un moyen de rappeler que ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l’après seconde guerre mondiale et l’un des points culminants des guerres de décolonisation. L’évasion de ces combats terribles ne fut malheureusement possible que pour une poignée d’entres eux. L’approche m’a séduite. J’ai apprécié que les auteurs ne s’attachent pas à un personnage particulièrement. La mise en avant de valeurs comme la bravoure, le courage, le sacrifice ou encore l’héroïsme est bien vu. Un album bouleversant au final que je vous invite à découvrir.

14/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Bijoux de la Kardashian
Les Bijoux de la Kardashian

Un fait divers de 2016 qui m’avait échappé malgré toute la médiatisation autour. Kim Kardashian, de passage à Paris en pleine Fashion week, s’est vu cambriolée, séquestrée et délestée d’environ 9 millions d’euros de bijoux. Bon en vrai, j’ai du avoir l’info mais je me contrefiche tellement du personnage que ça a glissé direct dans la corbeille. Bon point, le duo de scénaristes (journalistes tous deux) ne s’attarde pas trop sur la star, mais sur les autres protagonistes de l’affaire et sa résolution. Au dessin, Grégory Mardon nous propose un trait moins léché et plus lâché qu’à son habitude je trouve, c’est fluide mais je le préfère dans d’autres de ses œuvres. Mais revenons à l’intrigue « quand la reine des réseaux sociaux rencontre des papys braqueurs à vélo », à la vue d’un tel speech, ainsi que la comparaison avec les tontons flingueurs, on pouvait s’attendre à quelque chose de truculent. Malheureusement, j’ai trouvé ça très factuel dans le rendu, on suit bien l’enquête mais c’est tout. Il manque le petit plus pour captiver, les personnages sont assez quelconques. Bref du coup je m’interroge sur la pertinence d’une telle adaptation. Ça se laisse lire mais préférez RG dans le genre. 2,5

14/05/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 3/5
Couverture de la série Couma Aco
Couma Aco

Quel bel hommage d’Edmond Baudoin pour son grand-père ! Certes, l’auteur n’est pas toujours tendre avec lui quand il le met en scène dans des situations assez « tordues » mais on sent tout de même qu’il a une grande estime pour lui. Ce grand-père, il est né en Angleterre, il a fait 14-18 et il a quasiment vécu en France et notamment dans la région niçoise où il a adopté la langue locale d’où le titre de cet album « Couma aco » qui signifie « C’est comme ça ». J’ai vraiment aimé cet album qui, avec le recul, s’avère être un bon et sacré témoignage de ceux qui ont survécu à la première guerre mondiale avec des conséquences pathologiques qu’ils en ont tirées. Il est évident que de tels personnages, je pense –je croise les doigts- qu’on n’en verra plus en France : hygiène déplorable, capable de vivre seul dans un confort rudimentaire et sans aide d’un médecin, connaissance incroyable de la nature… Bref, ces grand-pères là, on n’est pas sûr d’en revoir ! Ce n’est pas que j’en ai la nostalgie surtout quand Edmond Baudoin ne nous cache pas ses travers (envers sa femme notamment) mais ce sont des gens qu’on n’est pas prêt d’oublier ! Malgré une voix off qui est assez présente, la lecture de cet album m’est apparu plaisante grâce évidemment à ce personnage atypique mais aussi grâce à une narration impeccable et une mise en page aérée. Pour apprécier pleinement « Couma Aco », il faut aimer le coup de patte d’Edmond Baudoin et ça tombe bien, c’est mon cas ! Ici, pas de mise en couleur mais un trait noir charbonneux et épais… pas de doute, c’est du Edmond Baudoin. C’est l'édition de « Couma Aco » réalisée par Futuropolis et non par l’Association que je possède… Bref, j’ai aimé cet album et c’est le principal !

14/05/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

Kim et Marc sont des personnages attachants et toujours en action. Pas de temps mort ! Ils évoluent dans des paysages superbes aux couleurs franches… Cette série cumule pas mal de défauts qui auraient dû me rebuter mais par un phénomène étrange, après quelques pages de lectures, j’ai trouvé l’histoire captivante ! Je viens de relire le premier cycle, et il n’a rien perdu de ses qualités. Côté défauts : il y a d’abord les positions très figées des personnages aux expressions ahuries, bouches ouvertes, il y a aussi les dialogues, plus que mièvres quand il s’agit des rapports amoureux naissants entre adolescents aux sourires idiots. Côté plus : un scénario très bien écrit, sans temps morts, un rythme actif pour un récit fluide, au découpage impeccable. Les personnages n’ont pas tous un intérêt équivalent. Kim est la plus passionnante, la plus forte, la plus mûre et en miroir Marc, qui est en sorte l’inverse de Kim. A cela s’ajoute une critique politique d’un régime totalitaire aux excès d’autorité sans surprise mais qui donne un contexte et une profondeur assez intéressante à l’histoire. Quant à la Mantrisse, le fil rouge mystère de l’histoire, Léo laisse planer le doute sur son caractère bénéfique ou maléfique. Et c’est cette incertitude qui donne toute sa dimension au récit. Moralité : ne pas se fier à la simplicité et à la naïveté apparente de l’histoire…

14/05/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Il était une fois en France
Il était une fois en France

Une lecture captivante, émouvante et instructive. L'histoire de Joseph Joanovici, dont je ne savais rien, elle est romancée mais les faits principaux sont réels. Et c'est là tout le talent de Fabien Nury, un subtil mélange de fiction et d'Histoire. Un homme parti de rien qui deviendra milliardaire. Une narration non linéaire qui nous fait découvrir le destin hors norme de cet homme, à différentes périodes de sa vie. Le côté historique du récit est retranscrit de façon pointilleuse, et j'ai particulièrement apprécié la partie sous l'occupation allemande, avec toute l'ambivalence des personnages et la chasse aux sorcières qui s'en est suivi. Les mots ambiguïté et énigmatique prennent tous leurs sens pour Joseph Joanovici. Tantôt une ordure, tantôt un "héros". Chacun aura sa propre idée sur ce personnage. Sylvain Vallée a fait un travail de fou, on est plongé de plain pied dans cette France : d'entre deux guerres, d'occupation puis d'après guerre. Des personnages aux décors, il en émane une authenticité à chaque page. Pour preuve les deux publicités pour Suze et Picon dans les deux premiers tomes, deux apéritifs que j'apprécie mais avec modération. Du bel ouvrage. Évidemment, je recommande.

14/05/2022 (modifier)
Couverture de la série African Night Flight - Une aventure de Kriss Delux
African Night Flight - Une aventure de Kriss Delux

C’est une histoire sans prétention, qui décline certains thèmes qui plaisaient chez les Humanos de l’époque (le rock, de l’aventure exotique privilégiant le rythme aux développements psychologiques). Mais j’ai trouvé cette histoire un peu longuette, manquant de rythme et de surprises. Kriss Delux, star de la musique moderne venu en tournée dans un pays africain, se retrouve pris en otage, au cœur d’un bras de fer entre le dictateur et ses opposants armés. On le voit, on est au cœur de certaines problématiques des années 1980. Au passage pas mal de points communs avec l’intrigue et certains personnages du dernier OSS 117 – l’humour en moins, hélas ! C’est de l’aventure pure et dure (le titre de la collection annonce la couleur il est vrai), qui se laisse lire (le dessin de Kent Hutchinson est lisible et dynamique, même si je ne le trouve pas extraordinaire), mais qui m’a quand même laissé sur ma faim. D’ailleurs, à propos de fin, je l’ai trouvée un peu bâclée, ou plutôt je n’ai pas tout saisi. Bref, un album quelque peu moisi, à la couverture peu engageante (je la trouve même moche !), à lire par curiosité, sans trop en attendre (je ne crois pas que Bernalin ait publié autre chose ensuite).

14/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Kwika !
Kwika !

Carali est un auteur assez prolifique, adepte d’humour très con et absurde, parfois trash (ce dernier aspect n’étant pas présent ici), qu’il développera ensuite au sein de Psikopat. C’est ici sous l’égide de Charlie-Hebdo et de Cavanna (qui signe une préface) qu’il publie ce recueil, une de ses premières publications en album. L’ensemble est inégal, et globalement décevant. C’est un peu loufoque, avec des personnages aux formes étranges, hybrides, côtoyant des humains « normaux », avec le trait habituel de Carali, pas forcément joli (mais cet aspect est secondaire dans ce genre d’entreprise – son frère Edika l’a bien montré), mais quand même lisible et dynamique. Quelques gags m’ont amusé, mais la plupart des histoires (surtout les plus longues, autour du personnage de Robert) m’ont laissé froid. Cela passait peut-être mieux à petite dose, disséminé dans plusieurs numéros de revue, je ne sais pas. Mais je suis sorti déçu de ma lecture. A noter que Carali a été épaulé sur 2 histoires/gags par sa compagne de l'époque Gudule, et sur une autre par Léandri.

14/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Mortes saisons
Mortes saisons

Cet album compile 2 histoires concoctées par Andreas et mises en images par Berthet. Une association improbable mais qui marche bien. Andreas joue sur un fantastique léger, ces histoires sont prenantes (la 1ère surtout) mais un rien frustrantes, le fin mot ne sera pas donné. C’est plus une question d’ambiances ici, qui elles sont réussies. Au dessin, Berthet fait du Berthet, on retrouve sa ligne claire élégante, un trait encore un peu gras par moment, mais c’est fluide. Et je n’ai pas trouvé les couleurs si vieillottes. Un album agréable à parcourir et qui accuse bien le poids des âges. Il loupe le 4* de peu (trop court et frustrant à mes yeux) mais lecture conseillée. Une petite curiosité, n’en faites pas votre priorité mais si vous avez l’occasion de tomber dessus, ne boudez pas votre plaisir.

14/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Camargue rouge
Camargue rouge

Michel Faure a dédié cet album à Léonard Peltier, militant lakota de l’AIM, emprisonné depuis plus de 45 ans (et sans doute le plus ancien prisonnier politique au monde !). C’est dire s’il affirme un attachement à l‘histoire et à la culture amérindienne, et lakota en particulier. Ce que confirment plusieurs allusions au massacre de Wounded Knee. Pour cette histoire, Faure combine faits réels (le voyage en Europe de Lakotas, au sein du show de Buffalo Bill, leur rencontre avec le marquis de Baroncelli, « l’inventeur de la Camargue ») et probabilité heureuse (les Sioux ne sont probablement jamais aller en Camargue, même si cette éventualité est belle à envisager). Le dessin de Faure – particulièrement les décors (que ce soit les réserves indiennes ou la Camargue) est vraiment très beau, tout en restant très classique. Son histoire l’est aussi, mais elle flirte parfois avec une certaine gentillesse, même si la fin est quand même moins guimauve que je ne le craignais. En tout cas ça se laisse lire agréablement, c’est plein d’optimisme. Et c’est d’autant plus méritoire, que Faure fait un parallèle réussi et intéressant entre Lakotas et Gitans, deux groupes loin d’être bien traités dans les régions dans lesquelles ils vivent. C’est cette partie de l’histoire la plus intéressante, et sans doute la mieux réussie (l’histoire d’amour entre le gitan Mario et l’indienne Shania étant peut-être trop « simple »). Note réelle 3,5/5.

14/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Une nuit de pleine lune
Une nuit de pleine lune

Bon, il y a quelques points positifs. La narration est fluide et dynamique, il n’y a pas trop de temps mort. Le dessin d’Hermann père – à part les visages féminins, comme d’habitude – est bon (j’ai lu l’album dans un tirage spécial en Noir et Blanc, qui convient bien à l’ambiance de l’intrigue). Oui mais voilà, l’histoire en elle-même n’est pas hyper originale. On peut même dire que cette histoire de cambriolage qui tourne mal, avec une inversion du rôle de victime, a déjà pas mal été utilisé, et continue à l’être (voir Sweet home récemment). Du coup, malgré ce retournement prévisible, l’intrigue reste linéaire, avec quelques péripéties ou personnages de peu d’intérêt (la copine venue participer au braquage et qui ne fait rien – dans tous les sens du terme, l’équipe qui passe son temps à se menacer et s’engueuler dès le départ, au point qu’on se demande ce qu’ils font ensemble). Décidément, les scénarios du fils Hermann peinent à me convaincre. Note réelle 2,5/5.

14/05/2022 (modifier)