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La Trilogie Nikopol

Note: 3.73/5
(3.73/5 pour 59 avis)

Chef d'oeuvre du genre, ce grand recit d'anticipation illustre parfaitement l'immense talent d'Enki BILAL.


BDs adaptées en film Dieu(x) sur Terre Enki Bilal Les Humanoïdes Associés Les Meilleures Trilogies Paris

Dans un futur proche, Paris vit sous le regime de la dictature. Nikopol, un homme du siecle precedent congelé dans une capsule spatiale et envoyé sur orbite, redescend accidentellement sur Terre. Horus, un dieu egyptien se sert de lui pour assouvir sa soif de pouvoir.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Juillet 1980
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série La Trilogie Nikopol © Les Humanoïdes Associés 1980

25/06/2001 | lon
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Par Solo
Note: 5/5
L'avatar du posteur Solo

Voilà une BD qui, enfant, m'avait beaucoup marqué. Facilement intéressé par les univers mythologiques, je jouais énormément à Age of Mythology (+ extension Cronos). Gamin donc, je feuilletais les planches pour voir ces dieux égyptiens, toutes ces têtes d'animaux m'extasiaient. Esthétiquement, je trouvais ça absolument superbe. Je ne comprenais rien à l'histoire par contre. Mais tout cet univers était déjà un étrange délice à parcourir. Et je me réjouis de ressentir le même plaisir actuellement. D'autant que je place au même rang mon avis sur le scénario. Donc après lectures et rerelectures de cette trilogie, je continue de planer dans cet univers créé par Bilal, qui a perdu les saveurs de l'agréable. Si le 1er tome est le plus réussi scénaristiquement, le deuxième tome me retient pour sa tension et son mystère dans un changement d'ambiance auquel on ne s'attend pas vraiment. Et puis le troisième tome, comme les autres, restent pour moi un régal pour les yeux, même si je lui reprocherai d'être moins chiadé que les autres niveau scénar'. Mais qu'importe! Cette ambiance pestilentielle m'emporte. L'humour est bien présent, raffiné, et la relation entre Horus et Nikopol Père est géniale. Horus lui-même, dieu rebelle, a été très bien monté psychologiquement. L'arrivée du fils Nikopol au premier tome et son rôle de premier plan à partir du second permet de donner une matière très intéressante au scénario. Et puis le troisième accueille encore un nouveau personnage tout aussi réussi (et tout à fait charmante) pour donner toujours plus d'intérêt à l'histoire et à son épilogue. Les passages issus de poèmes de Baudelaire s'intègrent admirablement dans le récit pour lui donner davantage de substances, et je ne vois vraiment pas cela comme un truc de BCBG comme j'ai pu l'entendre parfois. Je trouve même cette critique franchement navrante, tant les vers cités prennent tout leur sens et collent si bien à la peau de Nikopol qui rêve d'ailleurs, n'étant jamais à sa place, jamais maître de lui-même...jusqu'à ce que la vie (ou les dieux?) semble se jouer de lui en déclenchant un éternel recommencement? Une BD qui prête à interprétation, je ne m'y suis pas mis mais il serait intéressant de replacer cette série dans son contexte historique (les dictatures survivantes et éternelles, l'Afrique, la question d(un nouvel ordre mondial), mais aussi je crois en tenant compte de la vie de Enki Bilal, de son pays natal, ou encore l'origine de ses parents. En tout cas le résultat donne une série unique, qui mérite d'être mis au rang des cultes. Et puis encore une fois... Quel dessin!

17/05/2022 (modifier)
L'avatar du posteur bamiléké

"La Trilogie Nikopol" est le chef d'oeuvre qui a propulsé Bilal au firmament du monde de la BD. C'est une oeuvre assez particulière dans sa conception puisque chacun des épisodes est séparé de six ans. Pourtant la ligne directrice du scénario reste assez stable ainsi que la qualité graphique si particulière à Bilal. Le tome 1 est centré sur Nikopol père, le tome 2 sur Jill et le tome 3 sur Nikopol Jr mais Horus reste bien présent et permet la liaison entre les trois épisodes. Il m'a fallu plusieurs lectures pour apprécier cette imbrication si coordonnée entre le monde post apocalyptique et la présence de la mythologie égyptienne. C'est l'une des forces du récit de Bilal de rendre cette présence de Horus ou de Bastet naturelle. On sent qu'il y beaucoup de Bilal dans Nikopol qui renvoie les Rouges et les Noirs à leurs délires criminels. La vraie place de Nikopol est ailleurs, chez Baudelaire ou dans les bras de jolies femmes. A ce propos la coordination des vers de Baudelaire avec le script est remarquable. J'ai redécouvert les très belles couleurs proposées par l'auteur surtout le contraste bleu/rouge de Jill, presque comme un symbole. Une fin en forme de boucle où le père devient le fils et inversement. Mais cela, c'était écrit depuis le tome 1 !!

27/02/2022 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaendoul

Enki Bilal est un grand de la BD. Certes son trait est particulier et certes, certains passages sont parfois un peu confus... Mais à travers ses bd et celle-ci en particulier, il a su créer des univers totalement originaux avec des visuels forts et marquants. Il y a un style Bilal et la plupart des gens s'intéressant de près ou de loin à la BD le reconnaîtront au premier coup d'oeil. Pour en revenir à cette bd en particulier, j'ai bien apprécié l'aventure et le scénario. Les dessins sont bons et l'ensemble est plaisant à lire. Je partais pourtant, à l'époque de ma lecture initiale, sur un a priori négatif puisque ce fameux style dont je parlais plus haut, je pensais ne pas l'aimer. Et je dois avouer m'être trompé et avoir jugé trop rapidement car j'ai depuis découvert plusieurs BD de Bilal qui me plaisent, dont celle-ci. Le mélange Sci-fi / Mythologie fait mouche et se révèle très original (tant qu'il inspirera de nombreuses oeuvres par la suite, dont le 5ème élément de Luc Besson) et la bd a un côté très "80s" pour ce qui est du ton général...En effet, l'univers y est noir, cruel et sans espoir, une vraie dystopie. L'ensemble n'est pas parfait et le début est meilleur que la fin mais ça reste malgré tout très agréable à lire. Bref, c'est vareuse...(heu non...c'est unique!) et il faut lire cette BD qui ne vous laissera sans doute pas indifférent(e).

07/05/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 2/5
L'avatar du posteur Yann135

Et Bilal par ci ! Et Bilal par là ! Gloire à toi Enki ! En fait j’ai l’impression de temps en temps de ne pas être sur la même planète BD que beaucoup d’entre vous. Ça va offusquer certains, je n’aime pas Bilal. Je ne dis pas ça pour me faire remarquer. Non non. Je n’apprécie pas et pourtant je vous assure, j’ai essayé de m’accrocher. Rien n’y fait, je n’y arrive pas. Je suis en possession, un peu contre ma volonté, de l’intégrale de la trilogie Nikopol … dédicacée. Je suis chez un bouquiniste au Japon il y a quelques années et je tombe dessus. Mon épouse pensant me faire plaisir, l’achète pour une poignée de yens. Depuis des années le bouquin traine dans un coin. Il y a quelques jours, je remets la main dessus. Je respire un grand coup et je mets le nez dedans. Curieusement la première partie, la foire aux immortels me plait bien. Je rentre dans l’histoire aisément et je me laisse porter. Visuellement c’est bon. Les décors sont détaillés et la colorisation agréable. Le rythme est soutenu. Me voilà embarqué dans un univers science-fiction plutôt à mon goût même si l’intrigue est un peu tirée par les cheveux. Le tout est emballé avec des extraits poétiques de Charles Baudelaire. Bref je me dis que mon jugement sur Bilal va peut-être évoluer ! La femme piège, le deuxième opus de la série, par contre n’est pas du même niveau. Mon attention baisse d’un cran. Je commence à patauger dans le marécage de cette histoire. Ça se complique. Je perds le fil. Le découpage des planches ne correspond plus à rien. Le style narratif me déplait. L’histoire part en cacahuète. Je m’emberlificote les pinceaux entre tous ces personnages à poil la plupart du temps, les dieux égyptiens et les problématiques politiques . Il n y a pas un Nikopol mais deux Nikopol. Une femme aux cheveux bleus surgit de nulle s’enfile des pilules comme je mange des m&m's et pour couronner le tout elle fricote avec le premier venu. Je suis désorienté. Avec froid équateur, le troisième et dernier album de la série, on touche le pompon ! Bilal doit se shooter à la vodka. Ça part en vrille. Je ne comprends plus rien. Je suis définitivement perdu. Ça me gave. Après le soleil du premier album, me voici dans le noir complet. Cet univers devient de plus en plus lourd. Bilal reste donc au final pour moi une énigme. Je vais donc replacer dans son coin cette intégrale. Et je ne vais certainement plus y revenir avant longtemps.

11/02/2021 (modifier)
Par DCD
Note: 3/5
L'avatar du posteur DCD

La trilogie Nikopol ! Je pense que l'on peut dire de cette bande dessinée, dont le premier tome atteint l'âge de 40 ans (douze longues années le sépare du troisième), qu'elle ne laisse pas indifférent, que l'on aime ou pas. Le dessin déjà ! Il est très personnalisé avec ce trait unique de Bilal. A l'époque, quand son enfance était bercé de BD franco-belge, c'était une sacrée nouveauté. L'univers ensuite ! Je trouvais que c'était un fatras même pour les années 80, que le dessin reconstituait bien. C'était bizarre mais cohérent, même s'il a justement été épuré par la suite. Enfin l'histoire. Des Dieux égyptiens qui règnent sur terre et vivent dans une pyramide volante avec l'un d'eux qui va s'immiscer dans la mélancolie de son personnage principale. Quoi d'autre ? Mince ! J'ai tout de même appris par cœur les vers de Baudelaire déclamées par Alcide, le héros.

21/12/2020 (modifier)
Par peckexcel
Note: 3/5

premier approche de l'univers d'Enki Bilal .....et je n'ai jamais été aussi intérrogatif? est-ce que j'aime ? ou pas? .... je .....oui mais non .... en fait.... Rassemblons nos idées : 1 le dessin : 3 tomes 3 dessins differents, une belle evolution. Meme si le premier tome fait un peu daté sur ce point il est agreable a lire. J'ai une prefence pour les dessins du tome 2 avec ses grandes cases et ses couleurs par moment presque flashy. Le tome 3 est une bonne synthese. finalement c'est plutot bon voir meme tres bon. Bonne recherche dans le chara design, univers cohérent, on y croit . 2 le scénario.....Le fait que j'ai vu le film a peu etre péché, mais heureusement qu'il a completement retravaillé le scénario completement , parce que là qu'elle foutoir... J'ai aimé le scénario du premier tome , mais il s'agissait d'un one shot tres clairement. Ce tome nous présente un univers coherent une dystopie interresante. le tome 2....c'est vide...vraiement mal construit... le tome 3 le debut est vraiment quelconque et la fin un peu facile sans reelle conclusion aux intrigues je trouve....mais il y a quand meme du bon et puis ya la quasi absence de Jill c'est un perso plus qu’anecdotique... au final je ne sais pas si j'aime ou pas...et j'ai du mal a me décider et comprendre pourquoi par certain j'aime cette serie et par d'autre non

03/06/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

A cette époque BD thèque était encore dans les limbes. S'il avait existé, nul doute que sur ce site chéri j'aurais mis la note maximale. Rappelons-nous qu'en ces années au niveau de la BD de SF il existait bien sur des choses mais pas au point de nous asséner cette claque visuelle et scénaristique. Récit futuriste mais aussi d'anticipation au sens que l'histoire décrit un monde qui n'est peut être pas si éloigné, hélas, de ce qu'il pourrait devenir un jour. Dans un monde fascisant avec les nantis d'un côté et les rebuts de la société de l'autre, l'irruption soudaine d'une pyramide égyptienne dans laquelle les anciens dieux de l’Égypte voyagent, va dérégler une société gangrénée, sclérosée. Dire qu'à l'époque de sa sortie j'ai scotché sur cette histoire n'est rien de le dire ! En pleine période Métal Hurlant, Rollerball viendrait ensuite Blade Runner, c'était le grand pied pour l'amateur lambda de SF qui visualisait enfin ses fantasmes sur papier. C'est noir, c'est pessimiste, c'est glauque, sans espoir, mais quelle patate. Depuis Bilal est à mon sens parti dans un autre genre, plus pictural, plus peintre que véritable dessinateur de BD. C'est un grand illustrateur et cette trilogie restera pour moi son grand œuvre dans le genre. A lire bien sûr et sûrement à posséder.

16/07/2015 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Une série de haute qualité même s'il faut adhérer à l'univers d'Enki Bilal. J'aime particulièrement son dessin qui me retient quand parfois je décroche du scénario (ce qui arrive rarement tout de même). Pour le scénar je préfère le tome 1 et pour le dessin le tome 2. Enki Bilal a quand même parfois de sacrés délires et ça part limite en sucette. Même si c'est un artiste complet et que ses scenars restent d'un très bon niveau je préfère chez lui le dessinateur au scénariste. Son adaptation très libre de sa propre BD, Immortel Ad vitam, est également très intéressante et particulièrement esthétique (sauf Horus peu gâté par la synthèse).

22/05/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Chapeau ! Je viens de relire pour la cinquième fois cette série pour l’aviser, et j’ai quasiment ressenti le même plaisir qu’à la première lecture, il y a bien longtemps maintenant. Cette trilogie est vraiment une grande réussite d’Enki Bilal – et de la bande dessinée en général ! Le premier tome est parfois assez proche des ambiances créées en collaboration avec Christin dans certains albums précédents, une société fasciste plus ou moins décadente. Mais l’ambiance, les décors font rapidement dévier cette trajectoire vers de la science fiction onirique bourrée de détails plus ou moins délirants. Ce premier tome est absolument génial je trouve, et donne franchement envie d’aller lire la suite ! Les deux tomes suivants s’écartent encore plus d’une réalité contemporaine : moins de détails ancrant l’histoire dans notre quotidien, et plus de liberté laissée à l’imagination de Bilal, vraiment fertile. En plus de l’histoire, ce qui fait de cette trilogie ce chef d’œuvre « culte », c’est aussi le dessin, qui s’est affirmé (à comparer avec les histoires de Mémoires d'autres temps) et qui va devenir caractéristique du reste des productions de Bilal. Et que dire des couleurs, qui permettent de « signer » une œuvre de Bilal, ces nuances de Bleu et de Gris si emblématiques. Malgré les deux derniers tomes peut-être un peu moins « forts », je n’hésite pas à mettre cette série dans la catégorie « culte ». Dans l’œuvre de Bilal bien sûr, œuvre personnelle qui s’affranchit des influences (Moebius, Druillet, mais aussi des scénarios de Christin). Dans l’univers de la science fiction aussi, où Bilal, mélangeant un quotidien à peine décalé dans le temps (et où on peut y lire une critique du microcosme politique de « notre » époque), les dieux égyptiens et les régimes fascistes, a créé un univers unique. Et un « visuel » vraiment unique aussi. Beaucoup de planches « tiennent » indépendamment de l’histoire ou du reste de l’intrigue uniquement par leur beauté ! Et combien d’auteurs peuvent être reconnus à la vue d’une seule planche ? C’est qu’il y a du style, un auteur, et que cette trilogie en est probablement l’acte de naissance ! Une claque, et je tends l’autre joue !

04/12/2013 (modifier)
Par Jul
Note: 4/5

Le chef d'oeuvre de Bilal et un des 5 plus grands chefs d’œuvre de la bd tout genre confondus. Que dire de plus sur cette fabuleuse trilogie ? Aucune des autres œuvres de Bilal ne lui arrive à la cheville. Avant et après. D'ailleurs Bilal peine à se renouveler depuis le 3ème album " Froid équateur". Contrairement à Moebius qui n'a cessé de produire de manière presque toujours inspirée, Bilal s'est vraiment enfermé dans son style reproduisant paresseusement les images qui ont fait sa renommée. Et essayant (avec courage) de les retranscrire au cinéma. C'était peine perdue et tous ces films se sont plantés. Cela paraissait déjà vu et dépassé. Un comble pour cet auteur qui, dans cette trilogie Nikopol, a vraiment créé quelque chose de réellement nouveau et incroyablement puissant. Ce Paris dévasté ressemble beaucoup à une ville de Pologne sous l'occupation nazie. Avec une bonne dose de fantastique et de S.F. typiquement " Métal hurlant ". Et surtout il y a cette pyramide volante extra-terrestre au dessus de Paris et ce fameux " Horus" à tête de faucon et ce corps d'humain. C'est une idée vraiment géniale et ce personnage en impose vraiment. Les dessins vraiment magnifiques lui confèrent un charisme proprement hallucinant. Imposant, sévère il dégage un respect et une certaine peur comme un demi-dieu, ce qu'il est dans le récit. Les cases où il répare la jambe de Nikopol dans le métro m'ont vraiment marqué. Il fait froid, tout est sale et rempli de gravas, une vrai ambiance de guerre civile. Mais avec un Horus en plein milieu. C'est vraiment complètement barge. Et puis le tome 2, la femme piège ... sublimissime ! Toutes les cages sont de véritables tableaux. Incroyable gamme chromatique avec ce bleu. Des cases superbement gores (le faucon s'échappant (ou plutôt explosant) de la tête de l'amant sur le lit). Les cadavres dans la baignoire, le mobilier rouillé, les carreaux blancs sales ... Une merveille d'esthétique années 80 me faisant penser à pleins de groupes musicaux de ces années-là (scène cold-wave et industrielle). C'est cauchemardesque, glacé et superbe. Du très très grand art. Le 3ème tome m'a un peu moins marqué car il s'échappe un peu de l'ambiance urbaine mais il est très bon lui aussi. Bref un monument archi-culte des années 80. Après relecture de ma critique je baisse ma note de 1 etoile car même si c'est culte et que toute cette critique reste fidèle à mon avis je pense qu'elle se situe plus avec des séries que j'ai noté ****.

22/08/2013 (modifier)