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La Trilogie Nikopol

Note: 3.68/5
(3.68/5 pour 57 avis)

Chef d'oeuvre du genre, ce grand recit d'anticipation illustre parfaitement l'immense talent d'Enki BILAL.


BDs adaptées en film Dieu(x) sur Terre Enki Bilal Les Humanoïdes Associés Paris

Dans un futur proche, Paris vit sous le regime de la dictature. Nikopol, un homme du siecle precedent congelé dans une capsule spatiale et envoyé sur orbite, redescend accidentellement sur Terre. Horus, un dieu egyptien se sert de lui pour assouvir sa soif de pouvoir.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Juillet 1980
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série La Trilogie Nikopol

25/06/2001 | lon
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Par Gaendoul
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaendoul

Enki Bilal est un grand de la BD. Certes son trait est particulier et certes, certains passages sont parfois un peu confus... Mais à travers ses bd et celle-ci en particulier, il a su créer des univers totalement originaux avec des visuels forts et marquants. Il y a un style Bilal et la plupart des gens s'intéressant de près ou de loin à la BD le reconnaîtront au premier coup d'oeil. Pour en revenir à cette bd en particulier, j'ai bien apprécié l'aventure et le scénario. Les dessins sont bons et l'ensemble est plaisant à lire. Je partais pourtant, à l'époque de ma lecture initiale, sur un a priori négatif puisque ce fameux style dont je parlais plus haut, je pensais ne pas l'aimer. Et je dois avouer m'être trompé et avoir jugé trop rapidement car j'ai depuis découvert plusieurs BD de Bilal qui me plaisent, dont celle-ci. Le mélange Sci-fi / Mythologie fait mouche et se révèle très original (tant qu'il inspirera de nombreuses oeuvres par la suite, dont le 5ème élément de Luc Besson) et la bd a un côté très "80s" pour ce qui est du ton général...En effet, l'univers y est noir, cruel et sans espoir, une vraie dystopie. L'ensemble n'est pas parfait et le début est meilleur que la fin mais ça reste malgré tout très agréable à lire. Bref, c'est vareuse...(heu non...c'est unique!) et il faut lire cette BD qui ne vous laissera sans doute pas indifférent(e).

07/05/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 2/5
L'avatar du posteur Yann135

Et Bilal par ci ! Et Bilal par là ! Gloire à toi Enki ! En fait j’ai l’impression de temps en temps de ne pas être sur la même planète BD que beaucoup d’entre vous. Ça va offusquer certains, je n’aime pas Bilal. Je ne dis pas ça pour me faire remarquer. Non non. Je n’apprécie pas et pourtant je vous assure, j’ai essayé de m’accrocher. Rien n’y fait, je n’y arrive pas. Je suis en possession, un peu contre ma volonté, de l’intégrale de la trilogie Nikopol … dédicacée. Je suis chez un bouquiniste au Japon il y a quelques années et je tombe dessus. Mon épouse pensant me faire plaisir, l’achète pour une poignée de yens. Depuis des années le bouquin traine dans un coin. Il y a quelques jours, je remets la main dessus. Je respire un grand coup et je mets le nez dedans. Curieusement la première partie, la foire aux immortels me plait bien. Je rentre dans l’histoire aisément et je me laisse porter. Visuellement c’est bon. Les décors sont détaillés et la colorisation agréable. Le rythme est soutenu. Me voilà embarqué dans un univers science-fiction plutôt à mon goût même si l’intrigue est un peu tirée par les cheveux. Le tout est emballé avec des extraits poétiques de Charles Baudelaire. Bref je me dis que mon jugement sur Bilal va peut-être évoluer ! La femme piège, le deuxième opus de la série, par contre n’est pas du même niveau. Mon attention baisse d’un cran. Je commence à patauger dans le marécage de cette histoire. Ça se complique. Je perds le fil. Le découpage des planches ne correspond plus à rien. Le style narratif me déplait. L’histoire part en cacahuète. Je m’emberlificote les pinceaux entre tous ces personnages à poil la plupart du temps, les dieux égyptiens et les problématiques politiques . Il n y a pas un Nikopol mais deux Nikopol. Une femme aux cheveux bleus surgit de nulle s’enfile des pilules comme je mange des m&m's et pour couronner le tout elle fricote avec le premier venu. Je suis désorienté. Avec froid équateur, le troisième et dernier album de la série, on touche le pompon ! Bilal doit se shooter à la vodka. Ça part en vrille. Je ne comprends plus rien. Je suis définitivement perdu. Ça me gave. Après le soleil du premier album, me voici dans le noir complet. Cet univers devient de plus en plus lourd. Bilal reste donc au final pour moi une énigme. Je vais donc replacer dans son coin cette intégrale. Et je ne vais certainement plus y revenir avant longtemps.

11/02/2021 (modifier)
Par DCD
Note: 3/5
L'avatar du posteur DCD

La trilogie Nikopol ! Je pense que l'on peut dire de cette bande dessinée, dont le premier tome atteint l'âge de 40 ans (douze longues années le sépare du troisième), qu'elle ne laisse pas indifférent, que l'on aime ou pas. Le dessin déjà ! Il est très personnalisé avec ce trait unique de Bilal. A l'époque, quand son enfance était bercé de BD franco-belge, c'était une sacrée nouveauté. L'univers ensuite ! Je trouvais que c'était un fatras même pour les années 80, que le dessin reconstituait bien. C'était bizarre mais cohérent, même s'il a justement été épuré par la suite. Enfin l'histoire. Des Dieux égyptiens qui règnent sur terre et vivent dans une pyramide volante avec l'un d'eux qui va s'immiscer dans la mélancolie de son personnage principale. Quoi d'autre ? Mince ! J'ai tout de même appris par cœur les vers de Baudelaire déclamées par Alcide, le héros.

21/12/2020 (modifier)
Par peckexcel
Note: 3/5

premier approche de l'univers d'Enki Bilal .....et je n'ai jamais été aussi intérrogatif? est-ce que j'aime ? ou pas? .... je .....oui mais non .... en fait.... Rassemblons nos idées : 1 le dessin : 3 tomes 3 dessins differents, une belle evolution. Meme si le premier tome fait un peu daté sur ce point il est agreable a lire. J'ai une prefence pour les dessins du tome 2 avec ses grandes cases et ses couleurs par moment presque flashy. Le tome 3 est une bonne synthese. finalement c'est plutot bon voir meme tres bon. Bonne recherche dans le chara design, univers cohérent, on y croit . 2 le scénario.....Le fait que j'ai vu le film a peu etre péché, mais heureusement qu'il a completement retravaillé le scénario completement , parce que là qu'elle foutoir... J'ai aimé le scénario du premier tome , mais il s'agissait d'un one shot tres clairement. Ce tome nous présente un univers coherent une dystopie interresante. le tome 2....c'est vide...vraiement mal construit... le tome 3 le debut est vraiment quelconque et la fin un peu facile sans reelle conclusion aux intrigues je trouve....mais il y a quand meme du bon et puis ya la quasi absence de Jill c'est un perso plus qu’anecdotique... au final je ne sais pas si j'aime ou pas...et j'ai du mal a me décider et comprendre pourquoi par certain j'aime cette serie et par d'autre non

03/06/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

A cette époque BD thèque était encore dans les limbes. S'il avait existé, nul doute que sur ce site chéri j'aurais mis la note maximale. Rappelons-nous qu'en ces années au niveau de la BD de SF il existait bien sur des choses mais pas au point de nous asséner cette claque visuelle et scénaristique. Récit futuriste mais aussi d'anticipation au sens que l'histoire décrit un monde qui n'est peut être pas si éloigné, hélas, de ce qu'il pourrait devenir un jour. Dans un monde fascisant avec les nantis d'un côté et les rebuts de la société de l'autre, l'irruption soudaine d'une pyramide égyptienne dans laquelle les anciens dieux de l’Égypte voyagent, va dérégler une société gangrénée, sclérosée. Dire qu'à l'époque de sa sortie j'ai scotché sur cette histoire n'est rien de le dire ! En pleine période Métal Hurlant, Rollerball viendrait ensuite Blade Runner, c'était le grand pied pour l'amateur lambda de SF qui visualisait enfin ses fantasmes sur papier. C'est noir, c'est pessimiste, c'est glauque, sans espoir, mais quelle patate. Depuis Bilal est à mon sens parti dans un autre genre, plus pictural, plus peintre que véritable dessinateur de BD. C'est un grand illustrateur et cette trilogie restera pour moi son grand œuvre dans le genre. A lire bien sûr et sûrement à posséder.

16/07/2015 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Une série de haute qualité même s'il faut adhérer à l'univers d'Enki Bilal. J'aime particulièrement son dessin qui me retient quand parfois je décroche du scénario (ce qui arrive rarement tout de même). Pour le scénar je préfère le tome 1 et pour le dessin le tome 2. Enki Bilal a quand même parfois de sacrés délires et ça part limite en sucette. Même si c'est un artiste complet et que ses scenars restent d'un très bon niveau je préfère chez lui le dessinateur au scénariste. Son adaptation très libre de sa propre BD, Immortel Ad vitam, est également très intéressante et particulièrement esthétique (sauf Horus peu gâté par la synthèse).

22/05/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Chapeau ! Je viens de relire pour la cinquième fois cette série pour l’aviser, et j’ai quasiment ressenti le même plaisir qu’à la première lecture, il y a bien longtemps maintenant. Cette trilogie est vraiment une grande réussite d’Enki Bilal – et de la bande dessinée en général ! Le premier tome est parfois assez proche des ambiances créées en collaboration avec Christin dans certains albums précédents, une société fasciste plus ou moins décadente. Mais l’ambiance, les décors font rapidement dévier cette trajectoire vers de la science fiction onirique bourrée de détails plus ou moins délirants. Ce premier tome est absolument génial je trouve, et donne franchement envie d’aller lire la suite ! Les deux tomes suivants s’écartent encore plus d’une réalité contemporaine : moins de détails ancrant l’histoire dans notre quotidien, et plus de liberté laissée à l’imagination de Bilal, vraiment fertile. En plus de l’histoire, ce qui fait de cette trilogie ce chef d’œuvre « culte », c’est aussi le dessin, qui s’est affirmé (à comparer avec les histoires de Mémoires d'autres temps) et qui va devenir caractéristique du reste des productions de Bilal. Et que dire des couleurs, qui permettent de « signer » une œuvre de Bilal, ces nuances de Bleu et de Gris si emblématiques. Malgré les deux derniers tomes peut-être un peu moins « forts », je n’hésite pas à mettre cette série dans la catégorie « culte ». Dans l’œuvre de Bilal bien sûr, œuvre personnelle qui s’affranchit des influences (Moebius, Druillet, mais aussi des scénarios de Christin). Dans l’univers de la science fiction aussi, où Bilal, mélangeant un quotidien à peine décalé dans le temps (et où on peut y lire une critique du microcosme politique de « notre » époque), les dieux égyptiens et les régimes fascistes, a créé un univers unique. Et un « visuel » vraiment unique aussi. Beaucoup de planches « tiennent » indépendamment de l’histoire ou du reste de l’intrigue uniquement par leur beauté ! Et combien d’auteurs peuvent être reconnus à la vue d’une seule planche ? C’est qu’il y a du style, un auteur, et que cette trilogie en est probablement l’acte de naissance ! Une claque, et je tends l’autre joue !

04/12/2013 (modifier)
Par Jul
Note: 4/5

Le chef d'oeuvre de Bilal et un des 5 plus grands chefs d’œuvre de la bd tout genre confondus. Que dire de plus sur cette fabuleuse trilogie ? Aucune des autres œuvres de Bilal ne lui arrive à la cheville. Avant et après. D'ailleurs Bilal peine à se renouveler depuis le 3ème album " Froid équateur". Contrairement à Moebius qui n'a cessé de produire de manière presque toujours inspirée, Bilal s'est vraiment enfermé dans son style reproduisant paresseusement les images qui ont fait sa renommée. Et essayant (avec courage) de les retranscrire au cinéma. C'était peine perdue et tous ces films se sont plantés. Cela paraissait déjà vu et dépassé. Un comble pour cet auteur qui, dans cette trilogie Nikopol, a vraiment créé quelque chose de réellement nouveau et incroyablement puissant. Ce Paris dévasté ressemble beaucoup à une ville de Pologne sous l'occupation nazie. Avec une bonne dose de fantastique et de S.F. typiquement " Métal hurlant ". Et surtout il y a cette pyramide volante extra-terrestre au dessus de Paris et ce fameux " Horus" à tête de faucon et ce corps d'humain. C'est une idée vraiment géniale et ce personnage en impose vraiment. Les dessins vraiment magnifiques lui confèrent un charisme proprement hallucinant. Imposant, sévère il dégage un respect et une certaine peur comme un demi-dieu, ce qu'il est dans le récit. Les cases où il répare la jambe de Nikopol dans le métro m'ont vraiment marqué. Il fait froid, tout est sale et rempli de gravas, une vrai ambiance de guerre civile. Mais avec un Horus en plein milieu. C'est vraiment complètement barge. Et puis le tome 2, la femme piège ... sublimissime ! Toutes les cages sont de véritables tableaux. Incroyable gamme chromatique avec ce bleu. Des cases superbement gores (le faucon s'échappant (ou plutôt explosant) de la tête de l'amant sur le lit). Les cadavres dans la baignoire, le mobilier rouillé, les carreaux blancs sales ... Une merveille d'esthétique années 80 me faisant penser à pleins de groupes musicaux de ces années-là (scène cold-wave et industrielle). C'est cauchemardesque, glacé et superbe. Du très très grand art. Le 3ème tome m'a un peu moins marqué car il s'échappe un peu de l'ambiance urbaine mais il est très bon lui aussi. Bref un monument archi-culte des années 80. Après relecture de ma critique je baisse ma note de 1 etoile car même si c'est culte et que toute cette critique reste fidèle à mon avis je pense qu'elle se situe plus avec des séries que j'ai noté ****.

22/08/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

C'est difficile pour moi de noter ce genre de Bd, car c'est un univers où je ne me sens pas à l'aise, mais en même temps, je me souviens que j'avais apprécié vers 1980 La Foire aux immortels pour son côté subversif avec son mélange de politique-fiction, de régime fascisant, de fantastique et de dieux de l'Egypte antique. Ce premier récit d'une trilogie qu'on a coutume d'appeler Trilogie Nikopol, est de loin le plus réussi, parce qu'il met en scène le personnage principal, Alcide Nikopol (au physique de l'acteur Bruno Ganz), décrit comme un pitoyable individu qui évolue dans un monde divisé en 2 catégories: d'un côté, une classe dirigeante favorisée, de l'autre un univers de crasse, dégénérescent et misérable. Pris en charge par le dieu Horus qui habite son corps, il devient un instrument et connaitra un piètre destin. On sent que Bilal a donné le maximum dans ce premier récit, croyant réaliser un one-shot, sans savoir trop si il donnerait une suite, parce que la faiblesse des 2 autres tomes est flagrante. Ceci dit, l'ensemble reste une oeuvre majeure de la BD de science-fiction, et surtout permet à Bilal, ici débarrassé de Christin, de se libérer progressivement de l'influence graphique de Moebius (bien qu'encore un peu perceptible dans la Foire aux immortels), pour imposer un style pictural bien à lui, très reconnaissable (mélange de gouache et d'encre), qui se réduit le plus souvent à un univers baroque, décrépit, nauséeux et d'une froideur mécanique et clinique, où évoluent des personnages troubles. A noter que cette sombre et pessimiste vision de l'avenir a été adaptée au cinéma par Bilal lui-même, étant devenu aussi cinéaste, avec le film Immortel en 2004. Une oeuvre vraiment très personnelle, à tester avant achat.

02/07/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

... Cet avis aura mis du temps à sortir au final. Car j'ai longtemps hésité entre plusieurs notes. Et après relecture complète et attentive, je met quand même 4 étoiles. Et ce pour diverses raisons : -Le dessin, du Bilal tout craché, mais que j'ai adoré, avec un style totalement personnel mais que j'ai trouvé superbe (même si parfois j'ai trouvé les personnages un peu .... "figés"). Les touches d’originalité (la nuée d'insectes dans le tome 3 par exemple) sont les bienvenues, et on peut apprécier grandement les planches, dont certaines sont vraiment des petits bijoux. -L'originalité du récit, qui mêle à la fois de la poésie, de l'humour, du sérieux, de la réflexion, du mystère, des délires... Des coupures de presse, des échelles, du récit intrinsèque, du récit externe, de l'amour, de la haine, des dieux égyptiens et un monde futuriste. Bref un beau mélange de genres qui passe, aussi incroyable que ça paraisse, parfaitement bien. -Le récit en lui même. Avec trois parties distinctes, dont on sent qu'elles n'étaient pas forcément prévues avant leur sortie. Et chaque tome change tellement par rapport au précédent que la série semble curieusement aussi mélangée que son contenu. -Le final, qui est juste incroyable par sa nature. En fait la fin de chaque tome surprend complètement, de plusieurs façons d'ailleurs. -Et enfin les sensations dégagées par l’œuvre : on ne sait pas trop comment l'aborder, comment la comprendre. On est devant quelque chose d'incroyable et vraiment d'unique. Après force de relecture, je me décide donc à donner une excellente note à cette œuvre, qui est vraiment quelque chose à part dans le monde de la bande-dessinée en général. On est face à quelque chose qui ne se comprend pas vraiment, que chacun prend à sa façon. Un ami m'a conclu cela d'une belle façon : "C'est du Bilal". Et tout est dit. 4/5, ça le vaut.

08/05/2012 (modifier)