Les derniers avis (6333 avis)

Par ced
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage Extraordinaire
Le Voyage Extraordinaire

Pour moi qui lit très très peu de bd, presque uniquement des Schuiten et Peeters, j'ai découvert avec un immense plaisir l'univers steam punk de cette série. Les dessins et les couleurs sont hyper soignés, les personnages atypiques, un mélange d'humour, de technique, et de réflexions intellectuelles, le tout baignant dans une sorte de flegme chic victorien... très dépaysant. Cette bd me transporte. J'oserais presque dire que les images sont tellement convaincantes et belles qu'elles suffisent à elles seules à conseiller la lecture de ces ouvrages aux rêveurs passionnés de sciences et de technicité.

18/11/2022 (modifier)
Couverture de la série La Grande Aventure du Bitcoin et de la blockchain
La Grande Aventure du Bitcoin et de la blockchain

A la base, c'est un très bel objet, comme tous les ouvrages Delcourt d'ailleurs : couverture épaisse et douce au toucher, papier épais (impression 100% française en Vendée). Le contenu est juste ... bluffant ! Plus d'une centaine de pages qui nous expliquent en détail, et avec humour le bitcoin, la blockchain, et tout ce monde complexe. Bossard n'en est pas à son premier coup d'essai : j'avais adoré son Largo Winch sur la Finance, mais là c'est puissance 10 ! Un concentré de pédagogie sur un sujet hyper compliqué. J'adore ! J'adore ! J'adore !

13/11/2022 (modifier)
Par Tonk
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Anatomie de l'éponge
Anatomie de l'éponge

Cette BD m'avait été offerte par mon grand frère quand j'étais au lycée, elle m'a baignée, fait rire et beaucoup motivée, boostant ainsi l'idée que j'avais de me spécialiser pendant mes études dans la bande dessinée ! Simple, efficace, vivant, expressif, à lire absolument.

11/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Moustache et Trottinette
Moustache et Trottinette

Je conserve avec nostalgie des pages découpées dans Femmes d'Aujourd'hui et agrafées de Moustache et Trottinette - recueils hélas incomplets, abimés et jaunis. Aussi j'ai acquis quelques rééditions de Futuropolis. La comparaison est navrante: on dirait de mauvaises photocopies ! Qu'est devenue la finesse, la qualité de trait de Calvo, son art, sa grandeur ?

09/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Abélard
Abélard

On peut difficilement rapprocher cette série de la collection Cockpit si chère à Regis Hautière. Pourtant c'est le prétexte que prête le scénariste à notre si gentil moineau Abélard dans sa volonté de rencontrer les frères Wright afin de voler. Son rêve devient une quête pour aller décrocher les étoiles pour sa belle éphémère. Le petit moineau nous propose un voyage bouleversant en guise de perte de son enfance. L'éveil de sa sensualité auprès de la mauvaise personne et la volonté de réaliser son rêve lui proposent un voyage au coeur d'un rappel à la triste et dure réalité des adultes. Le scénario qui débute sur un mode poétique et champêtre augmente en intensité dramatique au fil des pages pour attendre son summum d'émotion sur le cargo de toutes les misères et, malgré tout, de tous les espoirs. C'est toute l'innocence des hommes qui se brise dans ce voyage onirique. On retrouve dans ce diptyque deux éléments forts qui marquent l'oeuvre de Dillies : le tragique du destin des hommes à peine adouci par la beauté d'une véritable amitié. Un monde de brutes racistes qui rejette ses poètes et ses musiciens, qui méprise le beau et le sincère pour faire place belle à la tromperie et à la brutalité n'est-il pas un une antichambre de la mort ? On retrouve encore une fois cette présence de la mort qui vient troubler l'harmonie du bonheur possible dans une oeuvre majeure de Dillies. À chaque fois j'en suis touché. L'onirisme et le tragique du récit est admirablement porté par le graphisme de Dillies. Les expressions d'incompréhensions et de tristesses d'Abélard sont si puissantes qu'il n'est pas nécessaire d'y ajouter du texte. Je trouve la symbiose récit/dessin/couleur quasi parfaite ce qui montre la complicité qui a dû exister entre les trois auteurs. Le choix du bestiaire de Dillies est parfait et ajoute à la profondeur des personnages. Une très belle oeuvre qui fait honneur au monde du 9ème art.

07/11/2022 (modifier)
Par Gaëlle
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Maudit manoir
Maudit manoir

Bienvenue dans l'histoire drôlement cauchemardesque d'un manoir hanté, demeure d'un savant fou où cohabitent fantômes, squelettes et monstres (plus ou moins radioactifs) ...Une BD pleine d'humour, des dessins bien exécutés, un création qui attise l'imagination...un univers à découvrir !

03/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Aveugles
Les Aveugles

Lecture agréable où le rire est présent : Il y a un humour absurde comme je l’aime parfois, avec des situations loufoques, les personnages sont tous ridicules et opposés à ce que l’on voit dans les romans de chevalerie classiques. L’auteur glisse de nombreuses références à certains classiques qui sont bien amenées et permettent encore plus de rire Un bon moment de détente, crée par un auteur ayant fait rire trois générations dans ma famille et que je conseille. Et je vous conseille aussi Le Génie des alpages du même auteur, ayant la même ambiance

02/11/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kiss the Sky
Kiss the Sky

J'allais en librairie pour commander la BD de Beethoven - Le prix de la liberté. Je ne suis pas sorti les mains vides! J'avais lu que le duo d'auteurs avait ce projet sur Jimi Hendrix, mais je ne m'attendais pas à voir l'ouvrage dans les rayons. Il faut commencer par préciser que le travail bien fait commence dès la fabrication de cette BD, au format carré. Rare et tellement plaisant, ça colle beaucoup trop bien avec le remplissage du dessin, qui gagne en matière grâce au papier épais. La couverture toilée est sobre et classe. On est sur un petit plaisir du toucher. C'est le seul duo d'auteurs capable de couper mon cerveau en deux. Dupont me donne envie de dévorer les planches pour le style narratif exceptionnel et son écriture à la fois tranchante et fluide. Et Mezzo me fait rester sur chaque case à contempler ces petits tableaux qui nous sont offerts. Cette osmose a par ailleurs un double intérêt pour les lecteurs: - mettre en avant une quantité infinie d'informations sur l'histoire du blues : salles de concert, vinyles, relations entre les stars, chansons du moment... - tenter de raconter ce récit qui pourrait permettre aux plus néophytes d'y trouver son compte Avec Robert Johnson (voir Love in Vain), l'histoire est racontée telle une légende, essentiellement parce-que les archives ne sont pas très fournies pour les artistes noirs des années 20. Ici, l'ère contemporaine a évolué: le blues emporte tout le monde et les enregistrements/écrits foisonnent. On peut donc profiter d'une pléthore de références habillant subtilement le récit. Pour moi, c'est une jouissance de trouver toute cette mine d'informations. Je n'aime pas le côté people accolé aux célébrités, mais là comprenez que les plus grands esprits se rencontrent... C'est l'apogée du blues, l'avènement de la guitare électrique, l'affirmation et l'émancipation de la "black culture" par la musique. Et c'est aussi une période de rude concurrence où la communauté noire voyait la musique comme un moyen permettant de quitter la misère et l'anonymat. C'est donc une période majeure pour le monde musical, et les auteurs savent bien nous le rappeler. Voilà dans quoi se trouve Jimi Hendrix. Pour lui, la vie aura toujours été une galère prête à chavirer. Je pense que les personnes moins fans du thème trouveront des répétitions (échec > succès > échec ...). Mais vous voyez bien que je ne compte pas donner une seule critique négative. L'évolution du personnage est parfaite, la réussite de ce Jimi est aussi bien graphique que psychologique. On a le sentiment de suivre ses pas comme si l'on marchait à ses côtés. Niveau structure du récit, le dosage donné à chaque période de sa vie est idéal pour moi, sachant qu'un deuxième tome reste à publier. Un deuxième tome, rendez-vous compte, je nage en plein bonheur... Pour le dessin, qu'est-ce qui n'a pas encore été dit... On reconnaît Mezzo et sa patte continue d'évoluer. Il faut lire Love in Vain. Désolé mais c'est un ordre (pour votre bien ceci dit). Avec Kiss the Sky, une quantité pharaoniques de célébrités nous est présentée. Le risque était de se perdre à différencier tous ces personnages placés au milieu de scènes bondées. Eh bah non! Même pas! Le talent c'est le travail, et je serais tenté de dire que Mezzo a dû en suer pour crayonner tout ce casting. Je crois qu'il a poussé encore plus loin le réalisme dans son trait pour permettre des distinctions aussi limpides. Les portraits, les expressions, les comportements corporels, les guitares... Un vrai travail d'historien avec le point de vue artistique. J'ai vraiment baigné dans cet univers graphique. Et puis, les femmes... je ne devrais pas les limiter à l'esthétisme car elles ont une part très importante dans le récit, mais 'My word!' qu'elles sont belles! L'attente des publications signées par Mezzo peut sembler outrageusement longue. Mais il suffit de voir le résultat de son travail pour comprendre et adhérer à la fréquence de ses créations. Jean Michel Dupont place la barre aussi haute, car il participe aussi bien à la mise en situation qu'au ton du récit. Ces deux-là se sont bien trouvés. Le dessin répond au texte, et inversement, comme l'art du contre-point que l'on retrouve en musique. Un travail d'orfèvre. Il est évident que les auteurs respectent profondément le guitariste, en offrant une biographie singulière et très personnelle, en plaçant les consommations de drogue en retrait du scénario. Et c'est un fait assez rare pour être souligner, parce-que j'en ai un peu marre de l'image facile du "drogué" qui est injustement retenue plus que tout le reste. Pour les amoureux du blues, c'est un must-have qu'il faut acheter les yeux fermés. Les références sont infinies et les friandes anecdotes de l'époque ne vous lasseront jamais. Pour les lecteurs un peu moins branchés sur cette musique, la sécurité serait plutôt de l'emprunter dans un premier temps. L'histoire de Jimi Hendrix, du blues/rock et de la black music racontée dans une petite œuvre d'art de 24,5€.

01/11/2022 (modifier)
Par Borh
Note: 5/5
Couverture de la série La Terre Vagabonde
La Terre Vagabonde

Avant de commencer à lire cette collection de BD, je connaissais déjà Liu Cixin pour avoir lu les 3 Corps, son oeuvre la plus connue. Et c'est un livre qui m'a clairement marqué avec une SF, plutôt "hard" très éloignée de la SF occidentale, au scénario très original et très bien tenu, mais également un problème sur les personnages du bouquin développés de façon complètement superficielle et indigente. Pas de héros qui va sauver l'humanité à la seule force de son courage et son talent. Ici, les personnages, que je ne peux même pas appeler "héros" sont principalement des spectateurs de la très grande Histoire qui est en train de se jouer et en fait on en apprend pas grand-chose sur eux. Et cette première BD de cette collection sur Liu Cixin m'a énormément rappelé les 3 corps. Le soleil est en train de mourir, sa transformation prochaine en géante rouge va inéluctablement rendre le système solaire inhabitable, et l'humanité tente de trouver les moyens de s'en sortir. Le scénario est vraiment original, solide, et aux enjeux gigantesques, à la fois triste et avec de l'espoir. D'un autre côté, il y a le même défaut que les 3 corps, c'est à dire des personnages complètement indigents, interchangeables, qui ne sont que des spectateurs de la grande histoire et n'y jouent qu'un rôle inexistant ou minime. La BD fait pas loin de 150 pages et un kilo et il les faut bien pour développer son histoire assez intense. Par ailleurs les dessins sont absolument splendides et même si je n'ai pas lu la nouvelle originale, je pense qu'on doit vraiment y gagner avec la BD tant tous les évènements sont montrés de façon grandiose. Malgré ce problème des personnages inintéressants, fréquent chez Liu Cixin, et qui je trouve, rend la lecture un peu plus difficile que la SF occidentale, je mets quand même 5 étoiles car l'histoire est vraiment bien pensée.

30/10/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Fée Aveline
La Fée Aveline

Ah, La Fée Aveline, c'est toute une partie de mon adolescence... J'ai lu cet album assez tôt, et contrairement à beaucoup, je pense, j'ai pu découvrir cette oeuvre de Goscinny simultanément aux Lucky Luke et Astérix, ce qui explique probablement pourquoi je la trouve aussi culte. Mais indépendamment du souvenir d'enfance, j'adore La Fée Aveline, car je trouve qu'on est tout simplement sur une des oeuvres les plus matures de Goscinny. Adoptant une tonalité plus adulte, on n'est certes pas encore au niveau de l'oeuvre fleuve de Goscinny (mais jamais publié en albums, qu'attendent les ayants droit ?), Docteur Gaudéamus, et de ses vaudevillesques histoires (passagères) de femmes et d'adultère, mais on sent que l'auteur ne cherche pas spécialement ici à draguer un public enfantin. C'est peut-être aussi ce qui me fascinait à l'époque où je commençai à découvrir le monde des adultes et c'est ce qui rend cette Fée Aveline si particulière et assez unique au sein l'oeuvre de mon auteur favori. Attention, on est évidemment loin de la série "pour adultes", mais cette maturité de ton est en fait nécessaire pour mieux exploiter le décalage que Goscinny instaure dans ses récits, et surtout pour mieux diffuser sa vision étonnamment satirique du monde et de la société de son époque. Ce qu'il va dénoncer ou simplement croquer de manière affectueuse, ce sont tous les travers d'un monde d'adultes, d'où le fait qu'il vaut mieux avoir cette maturité nécessaire pour mieux goûter le sel des gags de l'auteur. D'où le fait aussi que pour mettre en place un décalage maximal, il faut faire entrer en collision deux mondes qui sont complètement opposés l'un à l'autre. Cette opposition, on l'a déjà vue ailleurs, mais elle trouve ici une de ses meilleures incarnations, c'est donc celle entre le monde réel et l'univers des contes de fées. Goscinny s'amuse sans cesse du décalage permanent qu'on va pouvoir trouver entre l'univers sucré et naïf des contes à la Perrault et notre monde désenchanté. Il s'en amuse, mais n'hésite pas non plus à dénoncer ce qu'il voit, et comme le dit bamiléké dans son avis, l'auteur a une vision étonnamment moderne du monde qui l'entoure, et sa vision des rapports hommes/femmes est franchement intéressante, faisant écho avec les débats que notre actualité connaît aujourd'hui. A la manière des meilleurs apologues, Goscinny met en scène une sorte de Candide moderne et donc actualisé, au travers de ce personnage de fée qui découvre un monde dont elle ignore tous les codes, et c'est d'une pertinence que n'égale que l'humour avec lequel c'est mis en scène. Le papa d'Astérix promène donc son regard acéré sur un monde pris dans une sorte de frénésie incontrôlée, un monde où tout va trop vite et où aucune place n'est laissée aux rêves. Il multiplie alors tous les outils narratifs dont il raffole : jeux de mots à foison, multiplication des "anachronismes" (pour peu qu'on puisse dater l'univers des contes de fées), choc des cultures radical, situations cocasses à hurler de rire... Jamais méchant, mais jamais consensuel, Goscinny nous offre donc un beau voyage en absurdie, et nous propose de poser un regard renouvelé sur le monde qu'on traverse au quotidien. Mais si l'ami René nous pousse à cela, ce n'est pas pour détruire, plutôt pour (re)construire quelque chose. Cette chose qu'on a perdue, et qu'il illustre à merveille ici, c'est cette capacité d'imagination, ce pouvoir de rêver, cette volonté de s'évader qui caractérise la fée Aveline. Elle vient d'un monde où tout est possible et ne comprend pas pourquoi les humains vivent tous ainsi, sans jamais chercher à s'élever au-dessus de leur médiocrité ambiante, de ce quotidien morne où personne n'est réellement heureux. Le dessin de Coq est sans aucun doute une des plus belles armes de cette bande dessinée pour illustrer le message, ou plutôt la vision du monde, qu'elle véhicule. En effet, le dessinateur espagnol a une nouvelle fois recours à ce trait d'une élégance rare, à la fois très rigoureux et très épuré, qui donne merveilleusement corps à l'imaginaire de Goscinny, que ce soit dans son ton réaliste ou dans sa fantaisie débridée. Sous la plume de Coq, notre monde et notre quotidien sont magnifiés, et leur laideur disparaît sous un éblouissant vernis de poésie. Ainsi, à l'image de son héroïne, Goscinny opère un renversement titanesque : la normalité, ce n'est plus "métro, boulot, dodo", c'est "carrosse, loisirs, château". En nous immisçant dans cet univers de contes de fée, l'auteur nous montre ce qu'il recherche partout dans notre monde : cette petite étincelle de bonheur qui change tout. Et comme dans toute son oeuvre, il la concrétise avec un art consommé. Finalement, s'il fallait résumer ce chef-d'oeuvre de Goscinny, on ne pourrait guère trouver mieux que cette magnifique phrase de Chesterton, que j'aime souvent à rappeler : "Notre monde ne manque pas de merveilles, mais seulement du désir d'être émerveillé."

28/10/2022 (modifier)