Les Damnés de l'or brun
Une grande saga familiale et historique au Brésil dans les plantations de cacao
1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Brésil Ecole supérieure d'arts et design de Saint-Etienne Esclavage Le chocolat Les sagas familiales
Brésil, 1822. Alors que ce grand territoire qui est passé du statut de colonie portugaise a pourtant obtenu son indépendance en 1815, l'Etat du Portugal qui a compris la richesse qu'il pourrait en tirer, veut le récupérer pour le soustraire à sa botte. Une guerre d’indépendance débute et promet de perturber le commerce, les producteurs de cacao hésitent sur quel camp choisir. Le Portugal et la stabilité ? La liberté et l'autonomie, synonymes de coudée franche et d’inconnues politiques ? Chez les Da Costa Bourbon, ce dilemme est incarné par les deux fils de la plantation de Salvador. Louis penche plutôt pour les loyalistes, tandis que Tiago se sent plus proche des indépendantistes. Obligés de cohabiter sous la férule implacable de leur père, ils ne s’accordent que sur un point : le cacao. Pour le reste, ils se livrent une rivalité continuelle aussi bien sur leur héritage, que sur le plan amoureux et l’usage d’esclaves ; les coups du sort et la perfidie vont les opposer dans un duel fratricide pour un destin aléatoire.
| Scénario | |
| Dessin | |
| Couleurs | |
|
Editeur
|
|
|
Genre
/
Public
/
Type
|
|
| Date de parution | 04 Mai 2022 |
| Statut histoire | Série terminée 3 tomes parus |
Les avis
Cette série se place délibérément dans les traces de « Les maîtres de l’orge ». Une préface « de copain » de la part de Van Hamme dans le premier tome, et bien sûr Vallès au dessin. Et aussi la volonté de dresser une sorte de portrait de famille sur plusieurs générations/décennies, autour dune industrie agroalimentaire (ici le chocolat remplace la bière du « Maître des orges ». et, comme pour « Les maîtres de l’orge », un épilogue (ici 8 pages de « dossier et textes au lieu d’un tome complet) comble les trous entre les périodes, et poursuit la généalogie (présentée en deuxième de couverture). Mais, au final, j’ai eu le même ressenti décevant sur cette série que pour « Les maîtres de l’orge ». Même si j’ai apprécié que l’intrigue ne s’étire pas autant et soit resserrée sur trois tomes. Et si aussi elle s’enrichit de plusieurs arrière-plans politiques : les luttes indépendantistes au Brésil dans le premier album, et comme fil rouge sur toute la série les débats/luttes autour de l’esclavage et de sa suppression. Cela densifie certes un peu l’intrigue – lisible au demeurant. Mais jamais elle ne m’a passionné, ou complètement intéressé. Le dessin de Vallès est très classique. Un chouia figé, il passe très bien. Mais l’histoire est décevante. Traitée en trois parties/albums, traversant le XIXème siècle (chaque partie est séparée de la précédente d’une trentaine d’années), elle escamote très rapidement les tensions nées dans chaque épisode. Surtout tout semble trop téléphoné, manque souvent de fond et de crédibilité. Dès le départ, les deux frangins que les premières pages montrent complices, se divisent violemment en quelques instants au point de vouloir la mort de l’autre ! Et les rebondissements sont souvent trop prévisibles (voir le cheminement du deuxième album), ou alors artificiels (les brouilles entre personnages – de celle des deux frères au début à celle d’Idalina et Philippe dans le dernier tome – ou alors le happy-end), sans que l’intrigue, la personnalité des personnages ne soient vraiment fouillées. On ne s’attache donc ni à l’une ni aux autres. Enfin, tous les – nombreux – passages présentant les procédés de fabrication du chocolat, les différentes variétés de cacao, voire l’intérêt d’acheter des chocolats issus du commerce équitable (car l’histoire est présentée comme un flash-back, une vendeuse d’une boutique équitable raconte à un acheteur curieux l’histoire de ses « ancêtres » et du chocolat) sont généralement intéressants, mais sont aussi un peu trop didactiques et alourdissent parfois la narration. Bref, rien de honteux, certains lecteurs peuvent largement y trouver davantage leur compte que moi, qui ai suivi cette « saga familiale » de loin, sans réellement me passionner pour cette famille. Note réelle 2,5/5.
Un sujet gourmand, une trame familiale à haut potentiel de vengeances diverses, du business, un fond historique colonial, et un peu de sexe, tels sont les ingrédients de "les Damnés de l’or brun" qui marque le retour en force de la saga familiale dans la tradition de Jean Van Hamme et qui peut aisément rappeler des grandes Bd que j'ai d'ailleurs adorées comme Flor de Luna, Les Munroe ou Les Maîtres de l'Orge où Francis Vallès maniait le pinceau sur cette dernière, il est donc assez légitime que Van Hamme signe une gentille préface. La Bd rappelle aussi semble-t-il Les Seigneurs de la terre, pour l'instant je n'en sais rien, j'ai mis cette série dans mes envies et j'espère bien la lire un jour. Les deux scénaristes se sont carrément inspirés de Les Maîtres de l'Orge avec cette saga brésilienne sur fond d'exploitation du cacao (l'or brun) et en ont profité aussi pour dénoncer l'esclavage qui y est lié ; on pourra sans doute se poser des questions lorsqu'on dégustera du chocolat car on sait désormais qu'il y a des esclaves derrière cette production, tout au moins au XIXème siècle, et on s'aperçoit ici que ce n'était pas mieux que dans les plantations américaines de coton ou de tabac, c'est même pareil : brimades, coups de fouet, punition de mort en cas d'évasion, esclaves sexuels pour les femmes etc... Ceci est symbolisé par l'introduction qui voit un père et sa gamine entrer dans une boutique de chocolats où une femme noire leur explique le commerce équitable. Cet aspect de l'esclavage est donc bien mis en avant, c'est très louable. Comment est-ce de nos jours ? j'ose espérer que ça a bien changé. Les scénaristes ont choisi une certaine forme de classicisme, voire de conservatisme pour leur scénario, les intentions sont nobles, mais si la narration se résume à des épisodes téléphonés et des rebondissements que l'on voit venir, à une psychologie sommaire des personnages et un développement dramatique convenu et sans trop de surprise, sur l'ensemble, j'ai bien aimé ce premier album, malgré des personnages guère attachants, caractériels et assez antipathiques, si l'on excepte Maira la belle esclave. De même que l'aspect historique n'est guère développé et ne sert que de fond. Ce qui me plait en fait, c'est de découvrir l'exploitation du cacao liée à cet esclavage, même si je m'en doutais un peu, mais surtout j'apprécie la trame romanesque qui forme un tout et qui comme dans les séries scénarisées par Van Hamme telle Rani par exemple, permet une évolution narrative. Les auteurs font en sorte d'immerger le lecteur dans ce récit grâce à la peinture historique, la trame dramatique et aux décors. Graphiquement, Vallès rend une copie de qualité, j'aime toujours son dessin fluide et souple qui offre ici une reconstitution honnête de l'époque et de l'instabilité politique qui secouait le Brésil ; je lui reproche juste un peu des poses forcées et des allures figées dans une composition parfois statique. Sinon c'est du beau travail, c'est le genre de dessin parfaitement lisible que j'aime et qui s'accorde bien avec ce type de sujet. La série va se décliner en 3 tomes sur 3 époques différentes : le premier en 1822 à Salvador au Brésil, le second en 1850 à Sao Tomé en Afrique (Sao Tomé étant une colonie portugaise), le troisième en 1878 à Paris. Le premier tome lance bien l'histoire en respectant son cahier des charges, j'ignore si ça sera une suite directe comme le laisse supposer la fin de ce tome, ou si ça repartira sur un récit différent qui sera quand même situé 28 ans plus tard, on verra... pour l'instant, c'est une trilogie que j'ai envie d'aimer.
Site réalisé avec CodeIgniter, jQuery, Bootstrap, fancyBox, Open Iconic, typeahead.js, Google Charts, Google Maps, echo
Copyright © 2001 - 2026 BDTheque | Contact | Les cookies sur le site | Les stats du site
© Glénat 2022