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Les derniers avis (33277 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Sexy Cosplay Doll
Sexy Cosplay Doll

Une bonne comédie romantique dont j'avais déjà vu l'anime. C'est certes un manga avec beaucoup de fanservice, et si on tombe sur les clichés du genre (le type va vite se retrouver entouré de quelques cosplayeuses), j'ai trouvé que c'était bien maitrisé. Le fait que le héros va fabriquer des costumes amène des situations où le fanservice se justifie et est mieux amené que dans d'autres mangas. Cela fait du sens de voir une fille en maillot de bain parce que le héros doit prendre ses mensurations. L'héroïne est très attachante. Elle est belle, sexy, gentille...elle fait peut-être un peu trop 'fille parfaite pour otaku', mais cela ne m'a pas trop gêné en dehors du fait qu'elle semble tomber amoureuse un peu trop facilement du héros. Parlons d'otaku, j'ai l'impression que pour vraiment apprécier ce manga, ou du moins comprendre certaines blagues, il faut être fan de mangas et d'animes. En tout cas, je vois pas trop un lecteur novice comprendre des références du type 'le titre du jeu vidéo est très long'. Le dessin est très bon. Donc voilà si vous voulez lire une comédie romantique sexy qui contient un peu de drame, je trouve que ce manga fait partie du haut du panier.

21/06/2022 (modifier)
Par greg
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Mic Mac Adam
Mic Mac Adam

Mic Mac Adam est un détective privé écossais en kilt et au gros nez qui fera le bonheur de Spirou de 1978 à 1988. A priori, on peut penser que ce postulat fait de Mic (je vais l'appeler ainsi pour faire plus simple) une série usuelle suivant les canons en vigueur à l'époque. Erreur, d'abord visuellement, seul Mic a ce fameux groz nez, une trait probablement voulu caricatural afin d'essayer de rendre le personnage plus inoffensif qu'il ne l'est vraiment. En effet, Mic se révèle rapidement un homme intelligent, ouvert aux solutions inhabituelles et surtout n'hésitant pas à prendre des décisions drastiques, voire cruelles quand il le faut (ce dernier trait est particulièrement criant dans le dernier "vrai" tome, "les 5 miroirs"). Mais l'une des grandes particularités de la série, c'est son côté adulte, voire sanglant assumé : sans être gores, les meurtres se succèdent, et souvent de manière assez graphique, n'épargnant personne, surtout les plus innocents (une histoire courte nous confronte même au meurtre d'un enfant, encore une fois c'est Spirou, même en 1984 il fallait oser..). L'autre élément détonnant, c'est l'irruption très rapide du fantastique le plus pur, et ce dès le premier tome, Mic affrontant souvent le mal à l'état brut sous ses formes les plus variées (esprit, démon, sorcières...mais les êtres les plus monstrueux demeurent au final les simples bourreaux humains que Mic croise). Le paroxysme sera atteint avec une histoire courte qui est de mon point de vue un chef d’œuvre absolu à la fois au niveau de l'image et du scénario, "le jugement d'Ahriman", où Mic devra aider des âmes perdues à réussir l'épreuve imposée par des dieux mésopotamiens, car en cas d'échec ils appartiendrons à Ahriman, incarnation et inspiration du diable. Non seulement cette histoire fait montre d'une documentation approfondie, mais l'une des dernières images, toute en ombre, mettant Mic face à Ahriman, est de toute beauté. Bref je recommande fortement!

21/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Azizam
Azizam

Ce petit ouvrage qui se déroule en Iran nous montre que l'envie et la convoitise sont des maux universels. Cette banale tragi-comédie familiale est à la fois dépaysante et aussi tristement proche. Le dépaysement provient que les autrices situent cette histoire de famille dans le Téhéran d'aujourd'hui ( Gelsomino est d'origine iranienne). L'ambiance y est assez libre et plaisante et par moment on se croirait sur une terrasse de Milan , ville deValéria Guffanti. Valéria Guffanti en bon élève de la Comedia del Arte sait faire parler les corps et les regards. Les autrices nous font toucher du doigt le côté universel de l'affaire, sous toutes les latitudes une affaire de succession mal préparée finit souvent en foire d'empoigne. République laïque ou République Islamique ne change pas le coeur des hommes dans l'avidité. Les deux autrices pointent les éternelles injustices faites aux femmes puisque Shirin, reçoit le plus petit lot du fait de son genre. Mais la maman savait contourner la difficulté, plus petit lot mais le plus beau. Ce qui renforce la haine des frères qui ne sont cadrés par aucune valeur ni familiale ni universelle pour tempérer leurs envies. Les hommes sont bien souvent stupides quand il s'agit de profit. Heureusement que Shirin présente une vision bien plus élevée. Un récit mené sans temps mort qui nous plonge dans une vie familiale iranienne finalement pas si éloignée de notre quotidien. Les personnages, agaçants au possible, sont très bien travaillés. Le dessin semi réaliste privilégie l'expression des sentiments ce qui nous mène assez vite à la caricature des frères. C'est très dynamique et souvent caustiquement drôle. Une première petite oeuvre digne d'intérêt. 3.5

21/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Alexandre VI
Alexandre VI

Comme les autres tomes de cette collection entreprise conjointement par Glénat et Cerf, ce diptyque mêle habilement aventure, intrigues et précision historique, suivi d'un dossier composé par Bernard Lecomte, écrivain spécialiste de l'histoire politique et religieuse. Parmi tous les papes historiques du Vatican, Alexandre VI reste probablement l'un des plus connus par son règne jalonné d'empoisonnements, de corruptions, de débauches et de magouilles sordides. Sa sulfureuse réputation ainsi que celle de toute sa famille a inspiré nombre d'auteurs et de cinéastes. On se souvient de Borgia par Manara et Jodorowski, mais cette Bd était plus axée sur la vie dissolue et le sexe, vision surtout exagérée de Jodorowski, avec toutefois un fond de vérité. Père de 6 enfants et sans doute de quelques autres qu'il a eu de plusieurs maîtresses, Rodrigo Borgia revendiquait 4 passions : sa famille, les femmes, le luxe et le pouvoir ; ça vous plante le bonhomme qui ne pensait avant tout qu'à ses plaisirs, tout en surveillant quand même la politique de son temps, notamment ses relations avec le roi de France, ainsi que sa rivalité avec les Rovere (dont le futur Jules II deviendra pape à son tour) et la défiance entre les puissances de Naples et Milan. On croit donc bien connaitre sa vie jalonnée par les scandales, mais elle a souvent fait l'objet de représentations fantaisistes ou exagérées, comme on l'a vue dans la Bd Borgia. Avec cette version, le duo d'auteurs en tant qu'Italiens, a fait un travail de recherche conséquent et a insisté sur le plan historique, notamment sur les querelles politiques qui permettent de mieux comprendre les arcanes du pouvoir pontifical à la fin du Quattrocento, et en s'attachant aux personnalités ambiguës des divers personnages. On sent la volonté des auteurs de ne pas dénaturer la véritable histoire des Borgia et de ne pas tout ramener à leur vie scandaleuse. Mais on y trouvera inévitablement les excès de cette famille hors normes. On est enfin face à une Bd sérieuse qui s'appuie sur un travail minutieux ; on retrouve en effet le sérieux et la précision historique de Simona Mogavino qui a déja fait ses preuves sur Catherine de Médicis - La Reine maudite et quelques autres bandes historiques. Le dessin d'Alessio Lapo, je l'ai souvent croisé, mais étrangement, je l'ai trouvé un peu moins appliqué que sur Cagliostro et Le Chevalier d'Eon (Glénat), ou alors c'est une impression, je sais pas, en plus je trouve qu'il a donné au pape le physique de Javier Bardem (après tout, c'est un Hispanique), mais son dessin reste puissant, au trait épais, soigné dans les décors et me fait au final bonne impression. Voila donc une Bd didactique mais non scolaire qui décortique les facettes sulfureuses du personnage et son rôle politique dans cette Italie chaotique qui méritait bien un diptyque.

21/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo
Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo

Dans l'exercice de style Le Spirou de... j'ai beaucoup apprécié cet opus de Zidrou et Frank Pé. Les auteurs reprennent la thématique du clown triste avec plusieurs pistes de reflexion sur la beauté, l'argent et les choix fondamentaux que l'on croise tout au long de notre vie. Les auteurs nous attaquent à froid avec ces premières pages preque bucoliques de chasseur d'images avec son bébé. Mais cela tourne au drame. Zidrou et Pé nous invitent ,de façon violente, dès le début à inverser les stéréotypes. Noé ,ressuscité de "Bravo les Brothers", aura une image en clair obscur. Toujours éducateur de génie de Franquin pour ses animaux , il se présentera longtemps comme un père exécrable et lâche. Spirou aura aussi tendance à s'effacer dans les problématiques dominantes du récit. La beauté? mais Spirou est un bien piètre artiste. Spirou sauveur d'une diversité en péril? Il n'empêchera pas la fin de Bornéo. La peste noire? Il ne la voit même pas sous son nez. Pour le reste les auteurs exploitent des thèmes qui semblent des figures imposées à présent: Spirou et les femmes, Fantasio arriviste au service de sa carrière. Je trouve le graphisme moderne et dynamique. Un beau bestiaire et une image de Bruxelles presque dystopique bien réussie. Une mention spéciale à Noé empâté presque embourgeoisé qui suinte le laisser aller et le recroquevillement sur soi. Et Champignac dans tout cela? Lui aussi semble bien désemparé devant cette "peste noire" qui se répand à vive allure et corrompt tous les trésors de l'humanité. Zidrou se montre un brin caustique face à ces scientifiques gesticulants tout juste capables de fabriquer un succédané de café ou de champagne. Quant aux institutions politiques , elles controlent les plages des Maldives aux frais du contribuable. C'est exactement ( souligné dans le texte) au moment où le public retrouvera la beauté enfouie dans notre humanité que cette peste disparait. Je ne sais pas si cette lecture est exacte mais je lui trouve un sens et un message de sagesse qui colle avec le personnage de Spirou. C'est une lecture assez poétique avec un fond de tristesse sur cette beauté, la nature ou les enfants, qui nous file entre les doigts à cause de notre aveuglement à ne pas distinguer autre chose que notre profit ( pas forcément financier). Le duo Spirou et Fantasio ouvre à des perspectives d'humour et de sagesse très nombreuses. Cet opus en est encore l'exemple. Une très bonne lecture.

21/06/2022 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Itinéraire d'une garce
Itinéraire d'une garce

Véritable claque que cette bande dessinée, faussement orientée vers le genre pornographique alors que le style "roman graphique" sied plus à ce one-shot. Tout d'abord, le dessin tout en retenue et en rondeur de Grazia La Padula est très loin des bandes dessinées dites pour adultes. Les couleurs choisies donnent en outre un côté classique à cette histoire hors norme, enfin pas tout à fait. Puisque l'héroïne, Elise 52 ans, découvre ou redécouvre sa sexualité en apprenant l'infidélité de son mari. Entre scènes de la vie quotidienne (rapport épouse/mari; enfant/parents) et scènes plus explicites, Céline Tran, que l'on ne présente plus, nous offre des réflexions sous la forme de pages dactylographiées qui épousent parfaitement le récit. J'ai été scotché par la révélation finale, qui remet tout en cause. C'est pour moi, un des meilleurs albums que j'ai lus cette année, et qui mérite amplement de dépasser la simple collection "porn'pop", certes de qualité, dans lequel il est cantonné. J'en recommande évidemment la lecture.

19/06/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Home exchange
Home exchange

Mais putain que c’est bon cet album ! Veuillez m’excuser pour cette interjection bien vulgaire mais c’est le mot qui m’est venu immédiatement à la bouche lorsque j’ai refermé cet album, lu d’une seule traite. Ce n’est pas pourtant pas mon genre préféré, ce n’est pas mon graphisme favori mais pourtant le résultat est là … c’est magnifique. Je pensais au départ être tombé dans une histoire légère, sans aucune prétention, empreinte de sentimentalisme. Mais pas du tout au final. C’est quoi l’histoire ? C’est un couple qui prend une année sabbatique en Australie où les attend un échange de maison. Lui va se remettre à écrire et elle à peindre. Tout semble aller pour le mieux mais il y a un truc qui ne va pas. Ça coince aux entournures comme on dit. Mais qui pourrait les espionner ? et pourquoi ? Nul besoin de balles qui fusent dans tous les sens, ou de bagarres avec des personnages testostéronés pour créer un thriller original qui tient la route. Vous ne trouverez pas des séquences inattendues qui vont bouleverser l’histoire. Non non pas d’artifices. On ne joue que sur le côté psychologique des personnages. Et c’est délicieux car Serge Perrotin nous fait avancer pas à pas dans l’histoire au point que vous serez happés littéralement par cet album. Si vous rajoutez des aborigènes bien mystérieux et le site d’Ayers Rock dans le centre rouge australien tout ça au son du didjeridoo, vous ne pouvez que succomber à cette histoire d’amour inhabituelle, sous le trait maitrisé et harmonieux de Christian Maucler. Je vous le dis, ne passez pas à côté de cet album.

19/06/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Raptor
Raptor

Je remercie les premiers aviseurs pour m'avoir permis de découvrir Dave McKean à travers cette histoire. Et je me joins à eux pour préciser qu'elle m'a définitivement plu. Nous suivons Arthur et Sokol, chacun vivant dans un monde différent l'un de l'autre. Arthur est écrivain et n'arrive pas à outrepasser le deuil de sa femme. Sokol est un chasseur errant, jamais sans son faucon. La réalité, la fiction, l'imaginaire, le rêve, le surnaturel... nous traversons ces univers nuancés durant tout le récit. En cours de lecture, je me dis que je tiens là une BD au graphisme très singulier, vraiment magnifique, au dessin poétique et envoûtant. J'adore ce style où les formes se veulent imparfaites, ça dégage beaucoup de vies aux personnages et au décor. La juste dose de remplissage des cases donne à l'ensemble un caractère méditatif, on profite de tout ce qui se présente. Vraiment, je me plais à (re)parcourir les planches aléatoirement, c'est tout simplement magnifique, McKean réussit à dompter de nombreuses techniques pour dégager un style que je n'ai pas vu ailleurs. Scénaristiquement avec ce mélange d'univers, les frontières me sont floues au début et les tournures de phrases complexes. Quelque part, ça me plaît quand je sens qu'il y a un truc à comprendre que je n'ai pas encore saisi. Alors je continue, et puis une sereine évolution de l'intrigue permet d'éclaircir l'ensemble peu à peu, sans jamais tout dévoiler. Cette part de mystère me fait complètement rejoindre le commentaire d'Alix sur l'envie de relire la BD pour la savourer davantage. Et là je ne parle pas du graphisme mais bien des pensées qui se dégagent du récit, les questions qui y sont posées et les réponses que nous réussissons à trouver. Une des plus belles découvertes de cette année, je suis super content de mon achat. Par-dessus tout, j’aimerais découvrir les autres œuvres de Dave McKean. Je sens que c'est le genre d'histoire que je peux lire à répétition sans m'en rassasier, parce-qu'elle aura toujours ce petit quelque chose d'insaisissable et de mystérieux. Livre à posséder pour des mondes à explorer.

19/06/2022 (modifier)
Couverture de la série La Guerre d'Alan
La Guerre d'Alan

Emmanuel Guibert a je pense réussi son pari, à savoir rendre intéressant ce qui de prime abord paraissait ne pas l’être. En effet, on a là la biographie d’un homme ordinaire. Soldat durant la seconde guerre mondiale, il n’a participé quasiment à aucun combat – tout en traversant l’Europe ! Mais pourtant, la somme d’anecdotes, autour des personnes rencontrées par Alan, perdues de vues puis retrouvées, dresse un portrait attachant de cet homme, qui se révèle un bon conteur, sans esbroufe. C’est aussi et avant tout la présentation de l’éveil d’un homme, provincial, qui, au fil du temps et des rencontres, va se forger une forte personnalité, ouverte aux autres, une culture artistique originale, et une propension à réfléchir sur les choses et les êtres pas commune. C’est une série attachante, qui peut rebuter, et pour laquelle le titre peut induire certains lecteurs en erreur. Ce n’est pas du tout un récit de guerre ! C’est une sorte de Djihad laïque, une guerre intérieure menée par Alan pour prendre en main sa vie et lutter contre certaines facilités. Note réelle 3,5/5.

19/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Stratos
Stratos

Prado est un auteur éclectique, peut-être inégal, mais qui m’a déjà laissé quelques très bons souvenirs de lecture. Et cet album va les rejoindre, car je l’ai trouvé très réussi. J’ai d’abord apprécié son dessin, avec ces trognes spéciales, caricaturales, et une utilisation très chouette du Noir et Blanc. Avec un trait fin, précis. Ensuite les histoires, au nombre de six, qui ont en commun de développer un univers où l’absurde s’épanouit. Mais surtout une noirceur (pas forcément désespérante – quoique…) où l’humour (noir bien évidemment !) apporte quelques éclaircies. J’ai aimé toutes les histoires (la cinquième est peut-être la seule qui m’ait laissé quelque peu perplexe). Prado se renouvelle, et réussit toujours à développer suffisamment l’intrigue sans la diluer inutilement, avec une chute généralement réussie. On a donc là un recueil intéressant, qui mérite certainement d’être redécouvert.

19/06/2022 (modifier)