Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire

Les derniers avis (33291 avis)

Couverture de la série Connexions
Connexions

Décidément, Tanibis, tout en gardant une belle qualité d’édition, parvient encore à nous surprendre avec cette série originale. Pas tant dans l’histoire elle-même qui, au final, semble n’être qu’un roman graphique quelque peu ordinaire, avec des personnages qui se croisent – dans le temps (nombreux flash-backs) et dans l’espace (va-et-vient successif entre ces personnages). C’est surtout dans la narration que l’histoire se distingue. Comme le laisse deviner le dessin de couverture, nous découvrons le plus souvent les décors en coupe. Les logements, les lieux de travail, voire même les véhicules parfois. Ce qui est intriguant, avec un aspect « ruche vue de l’intérieur » (des sortes de cases ont des airs d’alvéoles), un côté voyeur pour le lecteur. Revers de la médaille, cela renforce aussi le côté froid des décors urbains qui dominent, et impose parfois quelques retours en arrière pour être sûr de qui est qui (j’ai plusieurs fois confondu plusieurs personnages). Le titre de la série peut être polysémique, puisqu’il évoque les liens tissés – ou distendus – entre des personnages. Mais aussi les carrefours (professionnels, amoureux) qui jalonnent une vie, chacun des choix que font les personnages faisant dévier leur trajectoire, les rapprochant les uns des autres ou les faisant s’écarter. Je suis curieux de voir comment cela va se conclure, mais je suis d’ores et déjà convaincu par les choix narratifs et esthétiques, malgré les défauts et une intrigue en elle-même pas si originale. Note réelle 3,5/5.

01/07/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Méridien
Méridien

Merci encore aux aviseurs pour attirer notre regard sur ce duo d'auteurs avec leur avis enthousiaste. Bien content de le découvrir à travers cette histoire qui m'a complètement emporté, alors que l'intrigue me laissait une légère appréhension. Et au final, je confirme également que c'est prenant, aussi bien léger que très sérieux, intelligent. Et puis évidemment, le dessin est tout simplement magnifique. J'aime beaucoup les scènes avec les oiseaux. J'veux commencer par là, parce-que j'adore les piafs. Donc déjà j'suis content. Et puis graphiquement, tout est réuni pour magnifier leurs mouvements et couleur. Et enfin, les auteurs leur donnent un rôle essentiel. Observateurs, capables d'échanger entre eux devant ce spectacle humain, où vous pensez bien que le jugement, ou plus précisément la consternation, va à l'encontre des européens plutôt que des amérindiens. Ils se font porte-paroles de la Nature endémique du Pérou, et c'est l'approche que j'ai trouvé la plus poétique du récit. Et puisque nous suivons essentiellement de grands scientifiques renommés de l'époque des Lumières, cette mise en scène permet de renverser l'idée reçue de l'époque : on comprend que l'intelligence rationnelle n'est pas synonyme de sagesse, et que la sagesse du Pérou n'est pas consultée, sauf par un des scientifiques. Cette histoire pour moi sert aussi à raconter les prémices de la machine infernale de l'acculturation et de l'extinction des civilisations. Il y a eu les conquérants soldats par le passé (ici l'Espagne), mais les scientifiques-explorateurs auraient aussi, bon gré mal gré, imposés leur vision des choses sur l'environnement découvert. Ils se sont intéressés à toute chose mais sans jamais positionner l'homme autochtone au même niveau qu'eux et sans jamais se "mettre à la place de". Ont-ils tous été comme ça ? Bien sûr que non semble-t-on lire. De Jussieu en est la parfaite représentation. Il n'y a donc pas cette vision simpliste du "méchant européen" ayant tout détruit sur son passage. Et puis, au fond, je n'ai pas vraiment détesté ne serait-ce qu'un des personnages. Leur dualité m'en empêche je crois. En effet, le point de vue donné nous rappelle qu'ils sont aussi de grands découvreurs ayant permis de créer ce Progrès permettant de mieux comprendre notre existence. Et puis même, leur personnalité ne nous permet de les rejeter en bloc parce-que grâce au scénariste, leur évolution psychologique est vraiment intéressante et la relation qu'ils alimentent entre eux également. Ils viennent tous pour une même mission à remplir, et c'est captivant de suivre les voies différentes que chacun finit par prendre. Donc du point de vue purement fictif, j'étais complètement pris dans les péripéties. Je ne connaissais rien des faits historiques. Les auteurs semblent avoir super bien exploité leurs travaux de documentation pour en venir à créer cette fiction, car elle permet de dégager beaucoup de questionnements existentiels avec une simplicité folle. C'est à la fois facile à suivre, on peut la lire comme une histoire purement fictive, mais on peut très bien s'interroger sur des sujets profonds. Et que dire de l'univers graphique, qui ne fait pas que nous replonger dans ce monde sauvage, où la végétation dominait encore tout. L'allégorie des oiseaux caractérise le ton poétique en partie, mais c'est bien sûr le dessin qui nous emmène dans cet environnement merveilleux, aux couleurs chatoyantes et complexes. Toute cette technique et ce travail de la matière, c'est unique de voir un truc pareil. Vraiment magnifique! On en prend plein les mirettes, on peut profiter du style fabuleux en plus de la poésie. Et même si vous feuilletez, vous remarquerez bien l'homogénéité de l'ensemble parce-que tout a été pensé: la typographie, la place du texte dans l'espace, la transparence des bulles par exemple... Une BD accessible et très agréable, qui sait aussi tirer son épingle du jeu pour l'immersion qu'elle nous procure et les questions ou idées qu'elles dégagent chez le lecteur. J'aimerais bien lire d'autres BD comme ça. Ne manquez pas cette lecture, vraiment.

01/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Mister Plumb
Mister Plumb

Un album que j’aime de plus en plus avec le temps. A sa sortie, comme beaucoup, j’avais trouvé ça pas mal mais en deçà de ce que le dessinateur avait proposé au préalable (Betty blues et Sumato). Je viens de le relire et je l’ai fortement apprécié, je n’aurais pas été contre 2, 3 aventures supplémentaires. L’album se suffit à lui même mais l’univers créé est bien sympathique, de chouettes personnages, notre lapin blanc en tête. L’histoire a un côté très cartoon et burlesque qui colle plutôt bien au graphisme de Renaud Dillies, un genre qu’il abandonnera par la suite. Un peu dommage d’ailleurs, je trouve que son univers a tendance à être un poil redondant passé la surprise de ses 1ères productions, j’ai apprécié Abelard et sa suite, moins ces 3 one shot parus entre temps (Melodie, Bulles et Saveur Coco) toujours poétique mais la surprise n’était plus là. Bref tout ça pour dire que j’aime et j’apprécie d’autant Mister Plump, une curiosité. Une série abandonnée mais ne boudez pas votre plaisir si vous avez l’occasion de tomber sur ce tome.

30/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Spirou chez les Soviets
Spirou chez les Soviets

Je découvre les 2 auteurs avec cet album, leur précédente collaboration m’ayant échappé. « Spirou chez les Soviets » est une franche réussite. Un album bien calibré et d’une grande densité, de la belle aventure humoristique. Un retour aux sources, c’est rempli de clins d’œil. Tout y est délicieusement old school, les couleurs, la tranche de la bd, les nombreuses références à la période (capitalisme vs communisme, Vaillant vs Pif, KGB, Hoover, le tabac …) et surtout la maison Dupuis version Franquin, un plaisir de retrouver certains personnages. L’histoire va vite mais on ne s’ennuie pas, un voyage dépaysant, j’ai souvent ri des situations. Franchement bien, bravo aux auteurs. Un bel hommage à la période Franquin mâtiné de Tome & Janry. Une petite friandise que j’ai beaucoup appréciée. A noter que cet album ne rentre pas dans la collection Le Spirou de … ?! Il se positionne plus comme un hors série clin d’œil au début de la série, le Marsupilami apparaît même sur le dos de couverture.

30/06/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Bertille & Bertille
Bertille & Bertille

Bertille & Bertille est un réjouissant cocktail de genres : à la fois profondément ancré dans le genre policier, dans le pur fantastique limite science-fiction, mais aussi dans l'Historique. Le cadre est sa première originalité puisque l'histoire se déroule peu de temps après la Première Guerre Mondiale. L'ambiance politique de l'époque joue un rôle très présent, avec un gouvernement soucieux de montrer la France victorieuse sous son meilleur jour quitte à mentir au peuple et à mettre une arrogante pression sur ses fonctionnaires. Le héros lui-même est un ancien des tranchées qui n'a pas gardé de séquelles physiques, contrairement à son meilleur ami, mais ça l'a rendu nettement plus rude et taiseux, n'hésitant pas à faire preuve de violence pour arriver à ses fins. Je suppose que la série comportera une suite d'histoires complètes en un tome. Pour ce qui est de la première, elle mêle deux intrigues en parallèle. Il y a d'abord l'enquête du commissaire Bertille pour retrouver un militant anarchiste ardemment recherché par le préfet de Paris et pour comprendre ce qui se trame autour de lui. Nous sommes ici dans le cadre d'une enquête policière très réaliste, crédible et bien menée. Et en parallèle donc, il y a tout le mystère autour de cette étrange boule rouge qui s'est écrasée dans la forêt sous les yeux du commissaire et dont il est chargé de s'occuper avant d'être remplacé par de plus hautes autorités quand il s'avère que la boule est indestructible et surtout qu'elle grandit inlassablement. Cette partie là de l'intrigue flirte nettement plus avec le fantastique et la science-fiction sans pour autant réduire le réalisme de l'ensemble. Les réactions de tous les protagonistes sont crédibles et tiennent la route du moment qu'on accepte le concept incroyable de cette boule mystérieuse. Et c'est là qu'intervient aussi l'autre Bertille, une riche héritière un peu extravagante, elle aussi témoin de l'atterrissage de la boule. Elle va rapidement lier des liens avec le commissaire bougon, lui apporter sa légèreté, son imagination et lui ouvrir l'esprit sur une autre manière d'appréhender cet évènement fantastique. La relation entre les deux personnages fonctionne très bien et on s'attache autant à l'une qu'à l'autre. L'ensemble est mis en scène avec un graphisme élégant, en teintes sépia marquées de rouge par-ci par-là pour rappeler la couleur de la fameuse boule. De l'ouvrage de qualité. J'ai pris grand plaisir à lire cette BD. J'ai beaucoup apprécié sa maturité, son cadre historique, son rythme, son ton à la fois léger et sérieux, la complexité crédible et prenante de ses protagonistes, ainsi que son mélange de ton, entre le polar sérieux, la politique grinçante et le fantastique teinté d'un peu d'absurde et de poésie. Je lirai avec grand plaisir d'autres aventures de ces deux héros là.

30/06/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Noir burlesque
Noir burlesque

Mais que c’est bon cet album ! Certains diront que ce n’est pas très original. Moi je vous le dis haut et fort j'ai adoré ce polar bien noir (et blanc) pigmenté de-ci de-là par de légères pointes grenats. Visuellement c’est sublime. L’ambiance graphique est bluffante. Du grand art à l’état pur. Le trait est un peu épais mais il est doux et sobre. Les décors sont magnifiques. Nous plongeons allégrement dans l’âge d’or hollywoodien. Cadillac, gangsters et tripot ! un combo parfait si tu rajoutes une pin-up à tomber. Deux bellâtres - le gentil et le méchant - vont se défier bien sûr, pour conquérir son cœur. Ça pulse sous les néons des bouges dans un Philadelphie années 50 bien reconstitué. Le bon, le truand et … la starlette en quête de gloire ! et vous savez quoi, les affaires se règlent à coup de revolver ! Hâte de découvrir la suite ! là je suis resté sur ma faim ! et je suis du genre gourmand ! impatient de caresser de nouveau de mes yeux les courbes affolantes de la belle Caprice !

30/06/2022 (modifier)
Couverture de la série El Libertador
El Libertador

On a là une biographie assez classique de Gourmelen, avec une narration qui, parfois, est un peu lourde – même s’il s’affranchit quand même d’un côté trop didactique. Il n’y a pas non plus trop de raccourcis et, si l’on compare avec les collections de biographie de personnages historiques plus récentes (comme la collection « Ils ont fait l’Histoire » de chez Glénat par exemple), je trouve que ça tient largement la route. Quelques commentaires en off redondant par rapport aux textes des bulles, et une réutilisation de certains thèmes (lors du passage des montagnes par exemple), voilà quelques petites critiques de détails, mais globalement, la narration est agréable. Gourmelen nous dépeint Bolivar en une sorte de Napoléon d'Amérique, jouant sur la mobilité de ses troupes pour défaire ses ennemis par des marches et contre marches, traversant montagnes et autres contrées inhospitalières. Mais le gros point fort à mes yeux de cet album est le dessin de Palacios, compagnon de Gourmelen sur Mac Coy, et qui ici donne toute la mesure de son style très baroque (c’est cet aspect qui me fait arrondir aux quatre étoiles). Un trait gras, un jeu violent sur les couleurs (comme pour Mac Coy, il excelle dans les paysages insolés), une violence exacerbée par quelques scènes s’inspirant de quelques grand dessinateurs espagnols (Goya en tête), je suis vraiment fan de ce travail de Palacios, ici au sommet de son art. Je ne sais pas si cet album a été moins diffusé que les autres de la même collection, mais le fait est qu’on le rencontre rarement en librairie d’occase, alors même que les Mac Coy y sont souvent. En tout cas, il mérite franchement un coup d’œil. Note réelle 3,5/5.

30/06/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Sommet des dieux
Le Sommet des dieux

Autant le dire tout de suite : j’adore la montagne ! Donc, « Le Sommet des dieux » était un manga que je devais absolument lire d’autant plus que j’admire aussi le dessinateur : Jiro Taniguchi. Seul obstacle à cette lecture, et de taille : 5 gros pavés, soit environ 1 700 pages à feuilleter ! Et cette occasion de découvrir ce manga s’est présenté à la bibliothèque universitaire de ma ville… pas d’hésitation, un emprunt et avanti ! Bon sang, je ne m’attendais vraiment pas à ça : on y découvre carrément les parcours pour grimper telle ou telle montagne célèbre, c’est fou comme le récit est hyper détaillé au point qu’une fois la lecture terminée, on pourrait croire qu’on a effectué les ascensions avec les protagonistes ! Ainsi, vous saurez beaucoup de choses sur la pointe Walker dans « les grandes Jorasses », « l’Eider », Les Alpes japonaises et surtout l’Everest ! La seule chose qui me chagrine un peu est que l’éditeur n’ait pas proposé une petite carte en début ou fin de manga pour nous situer ces fameux sommets… Bref, un détail parce que l’histoire m’est apparu passionnante et attachante. Les auteurs ont eu l’intelligence de ne pas nous barder de termes techniques les aventures de nos héros montagnards. En effet, l’auteur nous présente ce récit basé sur deux protagonistes : le photographe sportif, Fukamachi, et un alpiniste fictif hors pair, Habu Joji. Le premier va par un fabuleux hasard mettre la main sur l’appareil photo de Mallory qui fut un des premiers hommes à gravir l’Everest en 1924 et qui est mort en ces lieux sans que l’on sache s’il avait réussi à atteindre le toit du monde…. Le deuxième est un grimpeur extraordinaire dont on suivra ces péripéties au fil des tomes. Le lecteur suivra donc le destin de ces deux personnages ainsi qu’une multitude de protagonistes secondaires plus ou moins intéressants qui formeront une histoire riche et assez émouvante. Riche parce que le récit est très proche de la réalité : on y découvre comment un groupe se prépare avant l’assaut d’une montagne, des lieux plus ou moins mystiques (notamment Katmandou et les villages de Sherpas) … Emouvante parce qu’on s’attache vachement aux personnages principaux dont le très énigmatique Habu Joji, les auteurs en ont d’ailleurs fait un héros mystique ! Tout cela a été possible grâce à une pagination conséquente qui nous fait partager le destin de ces protagonistes, leurs peines, leurs espoirs… notamment cette question lancinante autour de l’intérêt qu’homme cherche-t-il à réaliser ces défis ? La pagination conséquente… C’est ce que reproche le plus sur ce manga les bédéphiles qui ont pu le lire, je peux les comprendre parce que le 3ème tome comporte des séquences qui ne me sont pas apparu primordiales à la trame principale du récit et il faut reconnaitre que les auteurs ont beaucoup abusé de termes élogieux sur les aventures de nos héros. Ainsi, ce coté répétitif peut vite devenir soulant pour de nombreux lecteurs. Mais, heureusement que les autres tomes sont nettement plus passionnants en particulier les deux derniers tomes et celui sur les « Grandes Jocasses ». Je ne reviendrais pas sur le coup de patte de Jiro Taniguchi car je le trouve magnifique. Ce dessinateur a un don de la narration que je trouve exceptionnel dans le monde du 9ème art. Adorateur de la montagne, je ne regrette nullement pas d’avoir lu « Le Sommet des dieux ». Jiro Taniguchi est, pour moi, un de mes dessinateurs et « metteur en scène » préféré. Je reconnais que le récit présente des passages pénibles à lire parce qu’on a la sensation que l’histoire avance peu mais cela ne m’a pas empêché à savourer cette magnifique aventure. Habu Joji, le héros fictif de ce manga, est tout de même un sacré personnage !

30/06/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série A-Lan
A-Lan

A-Lan nous plonge dans un futur proche très imprégné d'informatique et de virtuel. Réseaux, réalité virtuelle, robots et intelligences artificielles forment le quotidien des humains dont certains ne quittent même plus leur domicile et vivent connectés. C'est le cas d'Emoji, un étudiant en informatique doué mais agoraphobe. Jusqu'au jour où son université l'oblige à suivre un stage dans une demeure à la campagne dont il ne sait rien... et qu'il ne verra même pas au départ car celle-ci est invisible autant sur les réseaux qu'au travers des lunettes de réalité augmentée que tout le monde porte. Qui donc se cache dans cette étrange maison ? C'est une série tous publics, prépubliée dans le journal Spirou et adaptée à de jeunes lecteurs adolescents autant qu'adultes. Le ton y est léger, pas prise de tête certes mais l'intrigue contient pas mal de bonnes idées et ça se lit très bien. Le futur cyberpunk light qu'il présente est plutôt crédible si l'on omet quelques facilités, comme le fait que les informaticiens modernes pourraient n'avoir gardé aucune trace de langages informatiques vieux d'à peine 70 ans. Les personnages sont attachants. J'ai apprécié que les deux héros soient aussi timides l'un que l'autre, ça change des héros hyperactifs et expansifs auxquels on a trop souvent droit. Le gentil robot romantique et l'IA attirée par lui sont aussi sympas. Et j'ai trouvé amusant le robot de combat déréglé, myope comme une taupe et qui parle avec un accent mexicain. Le graphisme est lui aussi bien agréable et dynamique, et sa colorisation fonctionne bien pour lui donner ce ton futuriste et informatique qui colle à l'intrigue. J'ai passé un bon moment avec cette BD, avec un intérêt pour son cadre d'anticipation limite cyberpunk et avec le sourire pour son contenu. Et même si l'intrigue ne prend pas encore son essor pour le moment, je serai ravi de lire la suite.

30/06/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Seul le silence
Seul le silence

Cet album me faisait de l'oeil depuis sa sortie. J'aime beaucoup ce que fait Richard Guérineau depuis longtemps, que ce soit comme "simple" dessinateur ou comme adaptateur. Ici il est dessinateur, et une nouvelle fois sa maîtrise, sa sobriété et la puissance de son trait font merveille. Il semble très à l'aise dans les décors ruraux comme dans les designs de voitures américaines du milieu du XXème siècle. La seule réserve que je pourrais avoir serait sur les visages des enfants, qui ont vraiment l'air d'adultes. Certes, la vie dans le midwest façonne très vite les faciès, mais quand même... Au niveau de l'histoire c'est un polar plutôt classique, vu de la place d'un témoin, puis d'un suspect potentiel. C'est franchement bien mené, Fabrice Colin a fait un beau travail d'adaptation. Cela m'a semblé un peu long par moments, mais j'ai trouvé que cela se justifiait tant le récit, qui court sur plusieurs décennies, est riche et dense. Il valait mieux prendre son temps pour que l'histoire se déploie de manière satisfaisante, et c'est le cas. Franchement un très bon album.

30/06/2022 (modifier)