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Les derniers avis (32126 avis)

Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Il y a évidemment un avant et un après Goscinny, même si Le Grand fossé est très acceptable et vaut bien les quelconques réalisés en binôme. Surtout, des albums véritablement excellents comme : - Astérix chez les bretons - Astérix légionnaire - Le Bouclier Arverne - Astérix chez les helvètes - Les Lauriers de César Une BD que l'on aime relire de temps en temps, et qui mérite souvent d'être soutenu en public. Les Uderzo des années 90 et suivantes et les albums de Ferri/Conrad méritent au mieux le paisible oubli, au pire la colère.

15/09/2021 (modifier)
Par patwer
Note: 5/5
Couverture de la série Les Contes Drolatiques
Les Contes Drolatiques

Je n’ai jamais été un grand fan de Balzac, monument de la littérature française. Pourtant j’ai découvert avec grand plaisir les contes drolatiques revendiqués par l’auteur dans la veine de Rabelais. Et pour moi, une belle réussite, j’ai trouvé cela drôle, truculent, attachant et d’une certaine façon émouvant. Mais surtout, je ne serais pas venu vers cette œuvre sans l’adaptation BD faite par les frères Brizzi. L’introduction de chaque conte par Balzac lui-même est très réussie et les mimiques de l’écrivain très maitrisées et d’une grand justesse ; j’imagine que si le cinéma existait à l’époque et si Balzac y avait été croqué, c’est aux illustrations des frères Brizzi que cela ressemblerait. Le contenu des contes m’a aussi enchanté par la qualité du dessin, en particulier des dames) et la justesse des expressions des différents personnages. Les scènes d’action sont également magistralement dessinées. Enfin l’absence de couleur donne un charme suranné qui rappelle un peu Daumier ou Gustave Doré par moments. Bref vous aurez compris que j’ai beaucoup aimé cet album, mais à ne pas mettre entre toutes les mains bien sûr.

15/09/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Edmund Kemper
Edmund Kemper

Une bd forte, prenante et dérangeante mais intéressante à plus d'un titre. Suite à sa rencontre avec Edmud kemper, Stéphane Bourgoin (spécialiste des tueurs en série) a collecté une foule d'informations sur sa psychologie et ses passages aux actes. Ce n'est pas du voyeurisme, mais plutôt une façon de comprendre comment fonctionne ce serial killer. Et c'est surtout trouver un moyen d'éviter que cela ne se reproduise. D'abord il en impose, 2.06 mètres pour 160 kilos. Il tue à 15 ans ses grands parents et on se demande comment le "système" a pu le laisser retrouver la liberté. Peut-être ses 145 de QI. Le résultat ? Huit morts. Morvan nous livre un scénario non linéaire qui rend la lecture captivante. Nous passons du présent (1986) au passé sans problème. Il n'y a pas de parti pris, juste les faits. Glaçant. Un dessin sobre et vintage qui retranscrit bien les années 1960/1970. Et ce fond jaune moutarde derrière Kemper lors de l'entretien est en opposition totale avec la noirceur du personnage. Perturbant. Bourgoin nous interroge, nous connaissons tous le nom d'un serial killer, mais pouvons-nous citer le nom d'une seule des victimes ? Moi non. Cet album me permet de ne pas oublier Mary Ann, Anita, Aiko, Cindy, Rosalind et Alice.

15/09/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dessiner encore
Dessiner encore

Un album d’une force incroyable qui confronte le lecteur au traumatisme dont Coco, de son vrai nom Corinne Rey, dessinatrice à Charlie Hebdo, est victime après les attentats. Le 7 janvier 2015, la jeune dessinatrice est prise en otage par des terroristes qui l’obligent à ouvrir la porte de la rédaction de Charlie. Et là, elle assiste au massacre de ses amis. La scène est terrible et le bilan humain effrayant. Depuis ce jour, Coco est en état de choc post traumatique, elle y est aussi submergée par une culpabilité tenace qui s’ajoute à son mal-être. Graphiquement, elle formalise cette submersion en dessinant d’énormes vagues bleues qui font immédiatement penser à l’estampe d’Hokusai (la Grande Vague de Kanagawa) et qui l’emportent. Entre récit chronologique des événements, autoanalyse de ses sentiments et angoisses qui la poursuivent obsessionnellement, Coco tente de trouver la bonne thérapie pour s’en sortir. L’album est d’autant plus émouvant que la dessinatrice raconte aussi les jours heureux, les jours d’avant où tout le monde s’engueulait joyeusement ! C’est vraiment un album à lire.

15/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Marathon
Marathon

Une couverture austère, un auteur que je découvre mais un nom magique pour qui aime courir : MARATHON. En feuilletant ce très bel album je m’aperçois qu'il s'agit des Jeux Olympiques d'Amsterdam de 1928 assez peu connus. De quoi passer un excellent moment de lecture. Un préambule paradoxal où le dessin minéral inquiète mais où la parole réchauffe l'esprit et le cœur. Un dessin couleur de cendrée qui met en contraste l’aspect figé de la foule et le dynamisme esthétique des foulées. Un sport d'une autre époque, sans milliards mais déjà avec ce même frisson, cette poésie, cette fascination pour un effort dont on ne saisit pas toujours le but et cette beauté du geste sans artifice comme le faisaient les chasseurs il y a dix mille ans. Merci à Nicolas Debon de faire mémoire à un champion oublié de presque tous, à travers ce récit journalistique sportif mais aussi de fait divers. Monsieur El Ouafi fait partie (comme le prestigieux Mimoun) de ces hommes de pays lointains qui ont fait briller les couleurs françaises. C'est la magie du marathon, nous sommes tous frères dans l'effort et la douleur contre un ennemi invisible mais puissant. Honneur au premier comme aux suivants.

14/09/2021 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série L'Insurgée de Varsovie
L'Insurgée de Varsovie

L'insurgée de Varsovie est un récit historique comme je les aime. Il arrive à raconter un fait historique en le rendant interessant et surtout en le rendant accessible, facile à lire et prenant. Si il est question de la seconde guerre mondiale, que tout le monde connait, qu'on a lu et relu, ce récit est focalisé sur un épisode précis et moins connu. C'est d'autant plus interessant. Au travers du prisme de Maria, nous suivrons donc un petit groupe de résistants polonais isolés lors d'un siège (enfin un massacre) perpétrés par l'envahisseur allemand en aout 44. Ils lutteront sans relâche avec peu de moyens, quelques fusils et autres pistolets bien dérisoires faces aux tanks et aux mitrailleuses ennemis. Leur courage et leur audace leur permettront, non sans mal, de tenter de repousser les nazis. Bien sur le combat est inégal, les dégâts immenses et les pertes nombreuses. Les vues de Varsovie en flamme et détruite font relativement froid dans le dos. A ce titre d'ailleurs, le dessin est bien agréable, le trait est moderne et lisible. Il sert bien le propos. Comme dit en introduction la lecture est fluide, on n'est pas bombardé de sigles et de termes militaires incompréhensibles pour le lecteur lambda. Au final on lit ce récit avec intérêt, on referme l'album avec le gout amer de se dire que c'est arrivé il y a 70 ans seulement et que nos grands parents ont connus ça. Cet album rend un bel hommage à ces civils qui ont tout donné pour leur liberté.

14/09/2021 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série L'Esprit critique
L'Esprit critique

Si cette BD ne brille pas particulièrement par son dessin (celui-ci fait néanmoins le taf), c'est son contenu qui, en ces temps troublés, constitue un allié plus que précieux. Vous me voyez venir ? Ouaih, sauf que les auteurs ne glissent aucune allusion à l'épidémie qui secoue le monde depuis presque deux ans. Pas grave : le lecteur comprendra vite qu'il s'agit ici d'un ouvrage d'urgence qui permet de se prémunir contre les arguments de groupuscules obscurs dont certains n'hésitent pas à voir dans la covid-19 un plan de conquête du monde élaboré par les reptiliens. Alors point de vue contenu, c'est du costaud y'a tout ce qu'il faut ! Des notions parfois ardues y sont abordées (telle celle de "biais cognitifs") et les mécanismes de la pensée sont méthodiquement décortiqués. Sans parti pris, les auteurs rappellent que la science, souvent perçue à tort comme le garant de la vérité, a elle aussi le droit à l'erreur, ou bien qu'elle peut également être instrumentalisée... Bon, j'ai trouvé que cette petite BD était vraiment un chouette truc. La forme BD permet d'alléger le propos en le rendant accessible au plus grand nombre (c'est quand même moins confidentiel qu'un essai jargonnant), mais surtout le fonds n'est pas sacrifié, le ton n'est pas manichéen pour un sou où la mauvaise foi serait rejetée dans les limbes honteuses de la bêtise. Oui, une piqure de rappel salutaire ! Alors platistes de tous les pays, tremblez maintenant !!!

14/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Jours de sable
Jours de sable

La lecture de cet album m'a immanquablement rappelé "Les Raisins de la Colère". Pour autant, si ces deux œuvres prennent place dans le même contexte historique, elles n'abordent pas le sujet sous le même angle. John Steinbeck avait axé son roman sur l'exode d'une famille en Californie, ici on s'attarde davantage sur les familles qui vivent encore dans le Dust Bowl, une région du centre des États-Unis touchée par la sécheresse et des tempêtes de poussière durant les années 30. Si les critiques de John Steinbeck sur la politique économique de son pays m'avaient marquée par leur résonnance avec notre monde actuel, que dire de l'évocation de ce dérèglement climatique en partie lié à l'activité humaine ? Le drame vécu par ces familles est vu au travers du regard - ou plutôt de l'objectif - d'un jeune photographe New Yorkais en mission pour la FSA. Je connaissais certaines photos prises à l'époque, en particulier la fameuse "Mère Migrante" de Dorothea Lange, mais j'ignorais qu'elles avaient été prises dans le cadre d'une mission menée par un organisme d'État. Je ne me souvenais pas non plus avoir entendu parler du Dust Bowl (peut-être le terme est-il évoqué dans "Les Raisins de la Colère", mais je n'en ai pas souvenir). J'ai donc découvert pas mal de choses sur cette époque, et c'est un des points que j'ai apprécié dans cet album. J'ai été très touchée par le destin tragique de ces familles en lutte contre des conditions climatiques épouvantables, et j'ai trouvé judicieux l'insertion de photos au début de chaque chapitre, qui nous rappelle que si les personnages et les faits sont fictifs, ils sont basés sur des histoires bien réelles. J'ai également bien aimé suivre l'évolution du personnage principal, tout d'abord bêtement appliqué à accomplir sa mission, puis se sentant de plus en plus proche des familles qu'il photographie. Tout ceci est très bien raconté, l'auteure prend son temps pour planter les décors. Dès les premières pages j'ai été complètement immergée dans cet univers rude et malgré tout visuellement superbe. Je découvre le travail d'Aimée De Jongh et je peux dire que je suis sous le charme, aussi bien de son graphisme que de sa narration. Un très bel ouvrage dont je recommande chaudement la lecture.

14/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

Le dessin d’Alex Alice est vraiment très bon. Différent de ce que je connais de lui (Le Troisième Testament), mais réellement beau, avec une palette de couleurs plus apaisée. Le visuel est déjà un chouette atout pour cette série. Série qui puise à plusieurs sources. D’abord les nombreux clins d’œil/hommages à Jules Verne (la couverture déjà), à Méliès ou, pour citer des références plus récentes, à l’univers de Miyazaki ou au cycle lunaire de De Cape et de Crocs. Et le choix de l’année 1869 pour le grand départ dans l’espace de Séraphin et de ses compagnons, un siècle exactement avant l’alunissage d’Amstrong et Aldrin, est aussi plus qu’un clin d’œil. Dans ces années 1860 de l’apogée de la première révolution industrielle, au moment où l’Allemagne se construit dans la douleur sous la férule de la Prusse, avec des personnages comme Ludwig de Bavière, et sa cousine Sissi (qu’Alice a quand même fait ressembler quelque peu à Romy Schneider, non ?), Alex Alice a trouvé matière à construire une intrigue mêlant espionnage, guerres européennes, inventeurs de génie et roi fou et poète. Un bonne touche steampunk habille le tout, pour le plaisir des yeux, mais aussi de l’imagination du lecteur, prêt à oublier le possible pour accepter le probable, et se laisser porter par une histoire aux petits oignons. Le deuxième tome est plus proche de Méliès que de Verne, avec une aventure dans l’espace et sur la Lune, avec peut-être moins de péripéties et plus d’onirisme. En tout cas, Alice arrive à nous captiver, à nous faire croire l’incroyable, avec une histoire simple et de beaux dessins, et un Louis II qui trouve enfin le château de ses rêves. Un cycle se finit, mais Alex Alice veut nous emmener plus loin dans son voyage, vers Mars. J’en serai. ******************************* Le cycle suivant (tomes 3 et 4) se déroule essentiellement sur Mars. Le dessin y est toujours très beau, et la colorisation, plus pastelle, plus sobre que ce que fait d'habitude Alice, habille très bien ce récit. Quant à l'intrigue, elle alterne les moments très rythmés (les tensions internationales entre la Prusse et Bavière et France s'invitent hors de la Terre) et d'autres plus contemplatifs (par exemple lorsque Séraphin cherche à ramener la Princesse vers les siens), ces derniers n'étant pas exempts de longueurs. C'est plus inégal donc, mais l'histoire est encore captivante, basculant vers une uchronie que confirme le cycle suivant. En effet, avec le tome 5, on retrouve la Terre et ses turpitudes diplomatiques, au milieu desquelles nos aventuriers de l'espace (essentiellement des gamins - Hans jouant un rôle comique, accentué par le fait qu'il est l'un des rares personnages n'ayant pas des traits du visages très réalistes) cherchent à sauver, pèle-mêle, la paix sur Mars (menacée par l'expansion prussienne), voire en Europe (où Napoléon III voit du coup son règne rallongé de quelques années), à retrouver la mère de Séraphin, voire son père, ou le roi de Bavière, etc. Il y a peut-être là moins de magie et de surprises que dans le premier cycle, mais c'est encore bien fichu, et cela tient en haleine le lecteur. Il va juste falloir conclure correctement, en évitant les rallonges inutiles.

18/01/2017 (MAJ le 13/09/2021) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)
Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)

Cet album nous transporte dans le Bronx des années 1920-1930, à une époque où le quartier se transforme sous les yeux de ses habitants pour accueillir toujours plus de familles. Et la vie de tous les jours se déroule sous nos yeux… Will Eisner, qui est un de mes auteurs préférés, sait traduire tout en sensibilité et subtilité l’ambiance de son quartier dans lequel on sent que le fragile équilibre social. Chaque histoire est humaine et semble, au premier abord, d’une grande simplicité : juste un petit morceau de vie, juste l’histoire d’une famille comme les autres, juste un petit incident. Mais à bien y regarder, on perçoit qu’en réalité Eisner aborde des questionnements humains profonds et éternels. Avec un rien de cynisme, il dépeint des destins d’hommes et de femmes, leurs rapports à la chance et à la malchance, leurs liens avec la religion, les effets de la réussite sociale sur un individu et de la déchéance, chez un autre. Les albums de Will Eisner me font penser aux films de Woody Allen dans leur traitement de sujets éternels sur fond de vie quotidienne. C’est profondément humain, intelligent et empreint d’humour, le tout servi par un dessin magnifique et précis.

13/09/2021 (modifier)