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Les derniers avis (32128 avis)

Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Aaron
Aaron

Tout d’abord, je ne pourrai que remercier l’ami Mac Arthur de m’avoir conseillé cet ouvrage et sans qui probablement je serais passé à côté… Pour ma part, je ne sais pas s’il est préférable de taire le sujet du livre pour, comme le dit Mac, « apprécier pleinement le traitement offert par l’auteur ». L’éditeur non plus ne livre que peu d’indice dans son résumé. Le sujet est-il donc si tabou ? Cela ne me poserait personnellement pas de problème de l’évoquer, mais je respecterai ces choix afin ne pas « spoiler », quoique l’expression paraît ici plus que déplacée… du coup, il est assez difficile d’en parler en détail, je vais donc tenter de réduire mon avis d’origine au minimum ;-) A mon sens, rien que mon introduction est assez révélatrice d’une certaine morale ambiante culpabilisante et inquisitrice… Bref… Il fallait un certain courage pour aborder un sujet aussi casse-gueule que celui-ci, surtout en ces temps où la moindre info touchant au consentement sexuel est facilement montée en épingle et peut déboucher sur une opération de lynchage en règle sur les réseaux sociaux. Seulement voilà. Qu’on le veuille ou non, les choses ne sont pas aussi simples. La question ne se résume pas à une lutte binaire entre le bien et le mal mais comporte nombre de zones grises. Pour traiter son sujet, Ben Gijsemans, jeune auteur belge qui publie ici son deuxième opus, va prendre son temps sur un peu plus de 200 pages en optant pour un procédé itératif où la compréhension passe principalement par les attitudes et les mouvements, souvent imperceptibles, où l’on doit lire entre les lignes de dialogues plus qu’anecdotiques. Pour peu qu’il fasse preuve d’observation et d’empathie, le lecteur devinera assez vite le mal dont souffre Aaron, sans que le mot maudit ne soit évoqué une seule fois. Ainsi, Gijsemans va insérer de façon récurrente à l’intérieur de la trame principale quelques extraits des lectures du jeune homme, des comics où l’on voit des héros très virils combattre des méchants sur un scénario extrêmement simpliste, presque toujours le même, où se joue justement cette fameuse lutte binaire entre le bien et le mal dont je parlais plus haut. Ces intermèdes « trépidants » au graphisme « vintage » font contraste avec la narration figée en gaufrier, toujours en plan fixe et accompagnée d’une ligne claire élégante, où l’on observe Aaron en proie à des tourments intérieurs qui le maintiennent dans une sorte de cage de verre, incapable de communiquer à quiconque ses états d’âme. De la même façon qu’il trouve refuge dans ses bandes dessinées pour ados, peu disposé à accéder au monde des adultes qui n’ont de cesse de lui renvoyer le miroir de son anormalité, il ne cherchera un semblant de compréhension qu’avec les rares enfants qu’il côtoie. Disons-le clairement, l’auteur livre son récit avec beaucoup de finesse et d’intelligence, ici, le scabreux n’est pas de mise ! Aaron ne passera jamais à l’acte, les faiseurs de buzz en seront donc pour leur frais ! Ben Gijsemans montre avec talent que le procédé narratif qu’il a choisi fonctionne particulièrement bien ici, un choix qui rebutera peut-être certains par son aspect monotone mais qui, basé principalement sur la gestuelle, décrit, mieux que ne saurait le faire des mots, la souffrance intérieure du protagoniste principal. La mise en page en gaufrier ajoute à cette monotonie ambiante où se débat l’âme égarée d’Aaron, prisonnière des cases roides et inflexibles comme de son corps malhabile. Certes, on se dit que l’auteur aurait pu faire plus court et qu’il y a quelques longueurs, mais pourtant l’histoire réussit à nous captiver jusqu’au bout, sans aucun effet de manche. Ce seul critère indique que l’auteur a atteint son but et fait d’ « Aaron » un album réussi, touchant et admirable par son parti pris objectif et sa façon « soft » d’aborder les choses. Et un coup de cœur aussi, pas forcément immédiat, mais un coup de cœur tout de même pour sa capacité à vous hanter et à vous questionner.

09/09/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5
Couverture de la série Une vie d'huissier
Une vie d'huissier

Suite au décès d'un cousin éloigné, l'auteur va plonger dans les mémoires du défunt et découvrir qu'il était huissier. Il va décider d'en faire une BD. Deux temporalités vont se succéder durant tout l'album: la jeunesse du héros et des faits divers de la vie d'huissier en fonction. Cette BD dégage quelque chose d'intrigant, d'inexplicable mais surtout, quelque chose de fort. D'une part, le dessin est puissant et même parfois dérangeant. D'autre part, le côté véridique de la BD joue un grand rôle aussi. Je ne connaissais pas grand chose du métier d'huissier et j'ai été choqué d'apprendre à quel point c'est un métier horrible et inhumain. Ce métier est peut être inhumain, ceux qui l'exerce sont en revanche très humain et on a tendance à l'oublier. Ma seule déception dans cet album est qu'il finit trop tôt. J'aurais voulu plus d'anecdotes, plus d'histoires d'huissier, plus de glauques. Une BD d'une grande qualité, qu'on prend un certain plaisir malsain à dévorer. 4 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

09/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Havre
Havre

On a là une énième série se déroulant dans un cadre post-apocalyptique. Mais celle-ci s’en sort plutôt bien et se révèle à la fois originale et agréable à lire. En effet, si certains aspects fantastiques sont utilisés – autour des personnages du nécromancien et de la magicienne, cela reste finalement peu présent, et c’est tant mieux. Ainsi, sans esbroufe, avec des personnages parfois ambivalents, une intrigue se développe, et occupe bien les 3 tomes, jusqu’aux révélations finales, pleines d’une noire ironie, mais finalement bien vues. C’est une lecture sympathique, relativement rapide, d’autant plus que le dessin, moderne et fluide, est lui aussi agréable. Note réelle 3,5/5.

08/09/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série Love (Brrémaud)
Love (Brrémaud)

Quel dessin ! Mais quel dessin ! Brrémaud sait vraiment s'entourer des meilleurs et Federico Bertolucci est un artiste plus que talentueux. Il n'y a qu'à contempler ces pages et l'art-book à la fin des volumes. On ne se lasse pas d'admirer ces images où même l'escargot a une allure folle, tout autant que le tigre. Mais on ne se contente pas de contempler, parce qu'en plus il y a une histoire. Qui plus est, une véritable histoire animalière, sans anthropomorphisme dans les comportements. La jungle ou la savane sont ce qu'elles sont, les instincts animaux aussi. Merci messieurs.

08/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Fergus Détective Publicitaire
Fergus Détective Publicitaire

Agrimbau est un auteur qui a produit une œuvre éclectique, originale, et souvent très intéressante. Cet album ne déroge pas, avec une intrigue qui, sur un fond vaguement SF, part d’un postulat hélas pas si éloigné des rêves de certains industriels et publicitaires (et des cauchemars des amoureux de la liberté) : la possibilité pour certaines entreprises de nous infliger des spams durant nos rêves, de nous influencer pour que nous devenions nous-mêmes ensuite les vecteurs d’une publicité agressive auprès de nos proches ou des personnes croisées au hasard dans la rue. Au milieu de tout ça, nous suivons les aventures de Fergus, sorte de détective décontracté, qui cherche à échapper à quelques malfaiteurs dont il est débiteur, à régler un divorce difficile (et pas forcément souhaité) avec son ex (par ailleurs militante anti pub), et à aider un pote, poisseux, maladroit et victimes des sociétés publicitaires qui régissent le monde. C’est très rythmé, personnages et décors sont parfois décalés (quelques passages loufoques). J’ai eu du mal avec le dessin de Pietro, mais je lui reconnais lui aussi originalité et dynamisme (j’aime bien la colorisation par contre). C’est un one-shot, et c’est un peu dommage. D’abord parce que cet album est vraiment sympa à lire. Ensuite parce que l’univers développé par Agrimbau est assez riche, et la fin un peu ouverte pouvait laisser à penser (et espérer) d’autres aventures de ce détective étrange, de sa femme engagée (et enragée !), et de son pote un peu loser… Note réelle 3,5/5.

07/09/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Sous les arbres
Sous les arbres

Voilà une petite série jeunesse tout en fraicheur et en bonnes intentions qui devrait ravir les plus jeunes ! Dav (scénario et dessin) que je découvre avec cette série, nous propose de suivre les pérégrinations d'une petite troupe d'animaux vivant dans la forêt au fil des saisons. Chaque album met la focale sur un de ses habitants, qui du blaireau bougon, du hibou joueur ou du renard maladroit, vont nous entraîner dans leur petites aventures du quotidien de façon toujours très délicate et drôle. Le soin que Dav a porté à son dessin ainsi qu'à sa colorisation rendent le tout très agréable et propose au lecteur une série d'ambiances liées à chaque saison. C'est malin, subtil et beau, on en regretterait presque que ces albums au très joli format à l'italienne ne fassent que 30 pages, histoire de faire durer le plaisir.

07/09/2021 (modifier)
Par greg
Note: 4/5
Couverture de la série Gudesonn
Gudesonn

Concept extrêmement original, et radical. Comme indiqué par mes prédécesseurs, il s'agit d'une uchronie se déroulant dans les pays scandinaves. Un monde contemporain païen dominé par les divinités nordiques, dont le culte semble avoir fait abstraction des rituels sanglants / violents et des sacrifices humains (cet aspect n'est curieusement pas évoqué). Ce monde vit en paix, et dans une très forte tolérance mutuelle, sans aucune forme de religion monothéiste. Or, une prophétie annonce l'arrivée d'un messie qui risquerait de chambouler toute cette harmonie et apporterait guerres, violences et intolérances comme conséquence ultime (approche pas totalement aberrante : les civilisations polythéistes antiques ne se faisaient que très rarement la guerre pour des raisons religieuses, il s'agissait souvent de basses raisons mercantiles, la grande exception étant les civilisations d’Amérique du Sud et Centrale dont les guerres servaient à satisfaire la soif de sang de leurs divinités par des sacrifices humains). Les autorités préfèrent prévenir que guérir, et massacrent régulièrement des nouveaux-nés dès que le danger apparaît. Un policier chargé d'enquêter sur le dernier massacre en date, Gudesonn (qui donne son nom à la série), se retrouve pris entre deux feux, car il va découvrir qu'un nourrisson a survécu, et sa conscience lui dicte de le protéger. Cette série pour l'instant constituée de deux tomes est assez brillante. Hélas il y a à craindre que l'on n'en voit jamais la conclusion : si un an s'est écoulé entre la parution du tome 1 et du tome 2, plus de trois ans ont passé depuis la sortie du tome 2 (2018), et rien n'est annoncé quant à la mise en chantier d'un hypothétique tome 3.

06/09/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série La Confrérie du crabe
La Confrérie du crabe

Une superbe série avec un sujet difficile : le cancer chez les enfants . Le duo Gallié/Andreae s'en tire à merveille. Gallié nous raconte le voyage, dans un monde parallèle, de cinq garçons où ils devront combattre le "crabe". Ils vont affronter toutes sortes d'épreuves et des créatures cauchemardesques, sans pour autant que ce soit larmoyant. Au contraire, c'est un récit sur le courage et la force de vivre. Andreae nous offre un somptueux récital. Son dessin est époustouflant, son coup de crayon est précis, fin et soigné. Les cases débordent de détails et les pleines pages sont un délice pour les yeux. Tout cela avec une mise en page dynamique et des couleurs "pastels" du plus bel effet. Une réussite que je vous invite à découvrir.

06/09/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Lulu Femme Nue
Lulu Femme Nue

Le gros problème avec BDthèque, c’est que tu ne postes pas que des avis, tu consultes aussi les avis de tes pairs et forcément ta liste des albums à acheter devient vite monumentale (à date je dois avoir 48 albums à me procurer au plus vite !). Cet album d’Etienne Davodeau en faisait partie. Quelle claque les amis. C’est juste merveilleusement bien. Et pourtant, j’avoue ne pas avoir accroché plus que ça en visionnant le film de Solveig Anspach avec notamment Karin Viard dans le rôle de Lulu, une quarantenaire éteinte qui sur un coup de tête décide de faire une pause dans son quotidien loin de ses proches. L’approche est douce et sensible. Pas de jugement pour cette femme qui l’espace de quelques jours s’évade de son ordinaire morne et insipide. Beaucoup de bienveillance de la part d’Etienne Davodeau pour cette femme qui prend sa vie en main en prenant le large ! Nous suivons donc son errance rédemptrice sur la côte atlantique. Je subodore que nous sommes entre les Sables d’Olonne et St Gille Croix de vie. Je crois avoir reconnu quelques paysages familiers. Je me suis laissé porter même si le rythme est lent. Que c’est bon cette escapade sous le signe de la liberté retrouvée loin de son connard de mari qui ne la regarde plus depuis trop longtemps. Cette errance va la rendre lumineuse. Le dessin est délicat et suave. Une tuerie. Mais nous sommes habitués avec cet auteur. Quelle note ? A la lecture de Lulu, c’est un énorme 4 étoiles. Mais là je vais rajouter une étoile supplémentaire. En effet Futuropolis vient de sortir l’intégral en format souple pour … 10,90 euros ! Chapeau bas à l’éditeur pour ce prix canon. Mon coup de cœur de la rentrée.

06/09/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Un été cruel
Un été cruel

Je continue mon immersion, dans l'univers Brubaker/Phillips (après Pulp) et je viens de me prendre une belle beigne en pleine poire. Magistral ! La première chose qui me vient à l'esprit : Brubaker est un génie pour nous raconter une histoire. Un scénario sans faille avec une narration non linéaire mais qui se recroise naturellement. Il prend le temps de bien développer ses personnages et c'est juste un régal. On découvre des hommes et une femme torturés. De l'action, de l'amour, de l'espoir, du désespoir et de la violence. Un cocktail explosif. Violent et tendre à la fois, une prouesse. Le dessin de Phillips, plus je le regarde, plus je le trouve beau. Il retranscrit à merveille cette ambiance malsaine qui plane tout le long de l'album. Son trait hachuré et noir colle parfaitement à ce genre de récit. Un duo en totale harmonie. Cinq étoiles plus que méritées. Je sais ce qu'il me reste à faire, j'ai aperçu la collection complète de Criminal à ma bibliothèque du CE. :-)

05/09/2021 (modifier)