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Les derniers avis (33423 avis)

Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Carbone & Silicium
Carbone & Silicium

Bablet affine son style maintenant bien reconaissable, au niveau du dessin (si vous n'aimez pas l'aspect des personnages, il va falloir vous y faire car la triangulation est partie pour durer) et des thèmes traités: la décadence de l'humanité et la place de la technologie régissant notre quotidien. Belle idée de suivre l'évolution de notre monde dans le temps long à travers 2 IA ne s'éteignant jamais, spectateurs conscients. Oui mais contrairement à ce qu'on attend de solides IA comme elles, leur courbe d'apprentissage patine parfois pendant de longues décennies, se laissant aller à des petites chamailleries alors qu'il y aurait tant de choses à découvrir autour d'eux. Bref c'est un peu rageant de constater que le potentiel est énorme, que l'auteur est capable de l'exploiter mais ne l'a pas fait. Les séquences se déroulant dans le Réseau sont magnifiques d'éclat architectural et d'étherisation. Un bel album se relisant très bien mais qui aurait mérité à être plus court.

04/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Tatanka
Tatanka

En voilà, une série qui sait rebondir pour toujours relancer le mystère et nous emmener là où nous ne nous y attendions pas spécialement ! J’ai dévoré les cinq tomes en un temps record, preuve de l’efficacité -très blockbuster à l’Américaine- du bazar. Pas trop envie de parler du récit puisque, justement, l’évolution de celui-ci constitue une bonne part de sa force. Donc au moins on en sait avant de commencer notre lecture, au mieux c’est. Sachez juste qu’il s’agit d’un thriller d’anticipation qui débute avec une pandémie mortelle. Les personnages sont très typés et leurs comportements ne m’ont pas toujours semblés très ‘plausibles’, un peu comme si les auteurs les forçaient à agir d’une certaine manière pour aller dans le sens du script mais sans tenir compte du profil psychologique qu’ils leur avaient attribué. Le dessin est bon, le découpage est clair, les dialogues ne ralentissent pas le rythme de la lecture. En clair c’est incroyablement efficace pour qui aime ce genre de thriller. Les références cinématographiques sont nombreuses (« L’Armée des douze singes » pour le début, d’autres par la suite dont je ne vous parlerai pas, justement pour ne pas trop vous en dire) et contribuent à cette impression d’être dans un film catastrophe américain. Seule la conclusion m’a un peu laissé sur ma faim. Pour le reste malgré certains comportements que je ne comprends pas, malgré certains événements que je ne trouve pas totalement logiques, malgré certains clichés, j’ai adoré ce récit comme on adore un film catastrophe sans trop s’inquiéter de sa cohérence d’ensemble, emporté par le mouvement et le mystère.

04/08/2022 (modifier)
Couverture de la série La Peau du lézard
La Peau du lézard

Je me fais une petite cure de vieux Baudoin cet été, et cet album est l’un de ceux que j’ai le plus aimés. Son dessin, avec ce trait gras, ce Noir et Blanc tranché qui le distinguent, est ici très réussi. En tout cas je l’aime bien, et son travail en esquisse trouve ici à s’exprimer au service d’une histoire jouant avec délicatesse, pudeur, sur une rencontre amoureuse « tardive » : deux quinquas ou sexagénaires vivent une histoire d’amour, sous les yeux réprobateurs des habitants du village où se situe l’intrigue. Il y a bien l’idiot du village, quelques forts en gueule, mais là où Rabaté aurait joué sur une certaine méchanceté, Baudoin joue lui la carte d’une poésie fragile. L’histoire n’est pas dense, mais elle est agréable à lire. Note réelle 3,5/5.

03/08/2022 (modifier)
Couverture de la série Peter Pan
Peter Pan

Les six tomes de la série de Régis Loisel sont devenus des incontournables dans le monde de la BD franco-belge. Chacun des six tomes renforce la cohésion et la puissance de la série. Je n'y trouve aucun délayage, aucun passage vide ou de remplissage. Chaque case est riche de son graphisme mais aussi de son sens ce qui nous donne à la fin du tome 6 un vrai trésor. C'est d'ailleurs ce trésor que cherche Crochet "quoiqu'il en coûte". Ce trésor, que seule la pauvre Rose a vu et qui l'a fait rire, n'est probablement pas à chercher dans un fantasme illusoire mais plutôt dans la réalisation patiente d'un rêve. Je me trompe peut-être en parlant de fantasme mais il est beaucoup question de psychanalyse dans "Peter Pan". Loisel s'approprie et nous restitue la personnalité de Peter d'une façon presque clinique. Peter a 13+ ans et n'est plus vraiment un enfant. Pourtant il se complaît dans un monde de contes imaginaires qui l'empêche de franchir les rites de passages vers le monde adulte. Tout au long du récit Peter se montre irresponsable, narcissique et immature sexuellement. Plus même, il repousse avec violence toute tentative pour franchir le pas. Sa recherche ambiguë d'une maman idéale n'est plus de son âge, Au contraire il devrait se tourner vers l'image du père ! Mais qui ? Crochet ? Jack ? Kundal ? Loisel propose des pistes mais laisse le flou qui ouvre à l'imagination. Son immaturité sexuelle est bien soulignée par le contraste proposé par Loisel. Car dès le début l'auteur nous installe dans une ambiance dionysiaque. Ambiance violente et réaliste d'un Londres sauce Dickens, avec ses prostituées ou ses violeurs d'enfants ou ambiance plus fantasy avec son satyre Pan, son centaure Pholus (Chiron ?) et ses sirènes à gros tétons. Peter Pan fait des allers-retours entre ces deux types de littérature comme s’il ne savait pas où se poser. Le tome 6 conclut le questionnement de manière anthologique. Peter s'enfermera dans le triangle "Clochette-Crochet-Peter" dont il est le centre et un sommet. Son immaturité et son irresponsabilité se complairont aux manipulations de Clochette et son narcissisme jouira de son éternel combat avec Crochet, l'ennemi qui fait exister. Peter est bien un "pauvre garçon" comme le conclut Loisel. A l'image de Picou ou de Jack, il devient prisonnier de lui-même. J'apprécie beaucoup le graphisme de Régis Loisel. Cette rondeur et cette sensualité dans le trait sont véritablement envoutantes. Ces yeux immenses participent à l'expressivité des personnages mais leur langage corporel rend tout commentaire superflu. A mon avis une série d'une exceptionnelle qualité par sa richesse et son homogénéité scénaristique et graphique. Du grand art.

03/08/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Choix graphique étrange : une mise en image résolument moderne avec des polygones structurant les paysages ou les intérieurs, une colorisation parfaite qui colle aux environnements et des personnages aux gueules étranges. Ils sont effectivement difficiles à différencier mais c'est un choix risqué qui est à saluer et permet à l'auteur de créer sa marque. Le scénario mêle SF, anticipation, critique sociale... avec un bon tempo entre scènes contemplatives ou du quotidien, dialogues et tension. Petit avertissement aux vrais fans de SF et d'anticipation : n'attendez rien de révolutionnaire, c'est finalement plus une transposition du monde actuel dans le monde cloisonné d'une station orbitale. Merci à Ankama qui comme à déjà plusieurs reprises, nous offre un bel album joliment relié à un super rapport qualité-prix et permet à des personnes hésitantes quant au coût (moins que 2 albums traditionnels pour une pagination de 4) de se glisser dans la station.

03/08/2022 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Cute Girl Network
The Cute Girl Network

Une belle petite histoire romantique qui atterrit dans mes mains ... Comment résister ? D'autant que cette histoire-là est assez originale dans son traitement. Dans le fond, c'est une simple rencontre entre deux personnes qui se plaisent et ça finit sur le baiser qu'on attend (je vous rassure, il y en a déjà eu un avant et pas que). Mais en même temps, c'est une excellente histoire dans sa forme, exploitant plusieurs pistes que j'ai rarement vues mais qui ont toutes un approfondissement que j'apprécie. Mine de rien, je dirais que la thématique de cette BD est avant tout la question du genre homme-femme, avec pas mal de critiques sur la vision qu'on a de la femme. En même temps, c'est surtout un personnage féminin qui aime faire du skate et ne pas se laisser bouffer qui est au centre du récit. De ce coté là, j'ai beaucoup apprécié Jane, une femme qui en veut ! D'autre part, on a une vision des hommes (mon dieu, ce colocataire beauf et macho !) assez négative, dans un environnement où les femmes s'organisent pour les éviter. Ce qui est agréable, c'est de montrer une histoire d'amour qui franchit plusieurs clichés du genre : le mec est pas sûr de lui et pas entreprenant, par rapport à la femme, la femme sait ce qu'elle veut et n'hésite pas à le dire, on a des femmes s'organisant pour éviter les gros cons de mecs dragueurs et lourds, et surtout j'adore le personnage de Jack. A l'inverse de la plupart des hommes virils, il est simple d'esprit, maladroit, pas très malin, très volontaire, plein de bonne humeur et gentil. Une sorte d'anti-macho, qui veut juste que les gens soient bien et gentils. C'est très amusant de lire ses frasques, d'autant qu'elles m'ont parfois fait penser à des trucs que j'ai déjà pu faire. Ça aide à l'empathie. L'histoire a d'original l'association de femmes se passant les informations sur les ex, histoire de ne pas toujours subir les erreurs de se faire draguer par le gros con (franchement, le colocataire est une caricature parfaitement horrible). Et j'aime l'idée que Jane passe outre, pour de bonnes raisons, et dans une histoire qui ne parait jamais forcée ou convenue. C'est juste une histoire banale dans un très joli enrobage avec des personnages très mignons et réalistes. Une parfaite mise en scène, en somme. Le dessin rajoute une petite touche, avec son côté dynamique et retranscrivant l'ambiance de la ville américaine. C'est plutôt bon et j'aime bien le mélange d'un style cartoon avec le mouvement bien dynamique. C'est chouette à l’œil, ça rend bien. Et pour un dessin de ce style, les moments de tendresse passent très très bien ! Oui, je suis faible face à des histoires de ce genre, mais franchement je trouve que celle-ci a de réels atouts. C'est franchement une très bonne surprise, les thématiques abordées ne sont jamais simplement un décor mal utilisé, c'est un propos qui est tenu et qui me va très bien. Je pense que les amoureux des romans graphiques et des comédies romantiques ne pourront qu'être charmés par cette petite histoire d'amour, simple et original. Pour ma part, j'ai un réel coup de cœur !

02/08/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Snaergard
Snaergard

Snaergard est une aventure médiévale-fantastique au sens classique du terme. Il était une fois Pelle, fils de noble norvégien maltraité par un père hargneux et violent, qui rencontre un jour un jeune homme étrange, noble errant de passage dans la région, qui cache visiblement un secret lié à un loup gigantesque qui terrorise la populace. Définitivement trahi par son père, Pelle décide de le quitter pour sauver son nouvel ami du sortilège qui s'est abattu sur sa sœur et lui. J'ai aimé le classicisme de ce récit et l'élégance de son dessin. Le trait de Vincent Wagner ainsi que le sujet traité m'ont rappelé le graphisme de Mathieu Bonhomme (Messire Guillaume) et c'est un grand compliment que je lui fais là. Ses planches sont pleines de classe, et j'aime aussi la sobriété de la colorisation, qui se rapproche parfois d'une pure bichromie. L'intrigue met un certain temps à se mettre en place, avec une narration en flash-back pour ce qui est du premier chapitre qui n'est pas tout à fait pour me séduire. Mais une fois sur sa lancée, l'histoire devient prenante et fluide. Son ton sérieux et son respect d'un esprit d'aventure et de fantastique à l'ancienne lui donne un aspect un peu rétro, comme ces récits d'aventure classiques qu'on pouvait lire en périodiques il y a quelques décennies. Pour autant, elle ne se laisse pas totalement deviner et apporte quelques rebondissements inattendus. Il n'y a que la toute fin qui m'a un peu déçu, les trois dernières pages. Elle prend très subitement une tournure tragique qui m'apparait inutile et presque malvenue tant elle semble tomber comme un cheveu sur la soupe. Peut-être est-ce mon goût pour les fins heureuses qui est contrarié mais toujours est-il que j'aurais aimé une fin différente, ou alors au moins quelques pages de plus pour mieux l'accepter. De ce fait, mon impression d'ensemble est légèrement gâchée mais je reconnais toutefois qu'il s'agit d'une très belle BD qui me donne envie d'en lire davantage de cet auteur. Note : 3,5/5

02/08/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Attentat (La Boîte à Bulles)
L'Attentat (La Boîte à Bulles)

C'est une très belle lecture qui porte beaucoup d'émotion que cet "Attentat". Le récit construit autour du roman néerlandais de Harry Mulish m'a collé au livre sans que je puisse l'abandonner. Pourtant le graphisme est aride avec ces premières pages sombres où l'on devine plus que l'on voit. La suite du graphisme nous entraine dans une sorte de rêve-cauchemar où on ne sait si Anton préfère oublier ou découvrir les détails de cette sinistre nuit. Hulsing utilise à merveille ses couleurs rouges, oranges, vert de gris pour nous faire voyager au coeur de l'incendie qui a ravagé la maison d'Anton quand il avait 12 ans et brouille sa quiétude ainsi que sa reconstruction d'adulte. Le souvenir de ses parents et de son frère fusillés par les Allemands dans des circonstances dramatiques qu'il ne comprend pas l'a traumatisé. Le récit s'oriente alors sur une sorte d'enquête policière involontaire où les différentes pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure de rencontres de vieux fantômes. L'ambiance est lourde dans ce chaos des souvenirs sanglants et contradictoires. Mais le récit nous tient-il pour nous engloutir ? Non car la fin est imprévue et libératrice. C'est un beau roman graphique au solide récit bien charpenté et très émotionnel.

02/08/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Perramus
Perramus

3.5 Je réécris mon avis après avoir enfin lu l'intégrale paru chez Futuropolis. Un très bel album qui mets bien en valeur le dessin de Breccia, mais comme il est gros cela m'a prit deux jours pour le lire parce que j'avais pas envie d'essayer de lire ce mastodonte dans l'autobus ou au travail durant mes pauses ! Il faut pas être allergique aux récits étrangers pour aimer cette série parce qu'on est dans un univers onirique remplit de symboles, pas du tout dans un monde réaliste. Je trouve que c'est le genre de série qui est parfait pour le style très particulier de Breccia. Son dessin étrange en noir et blanc crée une atmosphère étrange et oppressante ce qui est parfaite pour un récit dénonçant la dictature militaire. En plus, l'impression de Futuropolis est très bonne (dans mes souvenirs, l'album paru chez Glénat comportait des cases un peu difficile à déchiffrer). J'ai surtout aimé les moments satiriques comportant de l'humour noir et les dialogues sont souvent savoureux. Bien sur, par moment je ne savais pas trop où les auteurs voulaient en venir, mais ce n'est pas trop grave parce que j'ai globalement aimé ma lecture. Il n'y a que la quatrième partie qui m'a semblé un peu plus faible que les autres. En tout cas, à lire si on aime les récits étranges qui sortent de l'ordinaire.

08/12/2018 (MAJ le 02/08/2022) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Momotaro
Momotaro

Relativement féru de culture japonaise, je connaissais le nom de Momotaro sans connaitre sa légende. Après une brève recherche, je constate que, malgré quelques similitudes, le conte raconté dans cette BD n'est pas celui officiel du célèbre Momotaro, ou alors ce serait une version très remodelée. Toutefois nous avons droit ici à un conte folklorique japonais au sens le plus classique du terme, une histoire qui commence par un "Il était une fois" avec un déroulement simple, des péripéties un peu attendues et une morale à la fin. Mais le tout est magnifié par la beauté du dessin de Toppi, son noir et blanc si élégant dont on reconnait immédiatement le style personnel ouvragé. Il en découle un ouvrage d'une grande classe, avec une lecture fluide et agréable. Je dois admettre que l'intrigue elle-même m'a un peu déçu : après une entame très sympathique, j'ai trouvé sa seconde moitié plus convenue, notamment dans la résolution des affrontements entre le héros et certains démons. S'il s'était agi de l'adaptation littérale d'un conte existant, j'aurais facilement excusé cette facilité de l'intrigue, mais comme il semble bien que ce soit une fiction inventée par Toppi, j'aurais espéré plus d'originalité ou de profondeur. J'apprécie toutefois la relation entre Momotaro et son compagnon renard. Malgré ce soupçon de déception au niveau de l'intrigue, cet album offre quand même un conte japonais d'une belle élégance tant dans le graphisme que dans sa construction pleine de classicisme. Note : 3,5/5

02/08/2022 (modifier)