40 days dans le désert B

Note: 3.75/5
(3.75/5 pour 4 avis)

Voyage mystique moebiusien.


Giraud-Moebius Rêves

Réalisée à la pointe fine, sans dessins préparatoires, l'oeuvre se déploie pages après pages en de singulières métamorphoses graphiques. Placé au coeur du désert, si cher à Moebius, le personnage principal rentre en méditation ; son espace mental est envahi par des images, qui forment une fresque magique et mouvante.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 1999
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série 40 days dans le désert B
Les notes (4)
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11/02/2009 | Altaïr
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Par Gaston
Note: 3/5
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Je continue mon exploration de l'œuvre de Moebius avec cet étrange album qui ressemble à une suite d'illustration, mais qui en fait raconte une histoire relativement simple. Le graphisme est impressionnant et est rempli d'imagination. Malgré tout, mon intérêt pour cet album était un peu limité. Le dessin de Moebius est bon, mais il ne fait pas partie de mes dessinateurs préférés que j'aime tellement que j'aime bien contempler une case durant plusieurs minutes. Or, le principe de l'album est justement de regarder chaque page durant plusieurs minutes afin d'admirer le dessin de Moebius et vers la fin j'en avais un peu marre. C'est donc une œuvre réservée aux fans de Moebius car les autres risquent de s'ennuyer.

20/03/2012 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5
L'avatar du posteur Jetjet

Au 4ème de couverture, le lecteur est prévenu d'entrée de jeu "Attention, cet ouvrage de sorcellerie graphique n'est pas totalement inoffensif mais peut être regardé même par les petits enfants." Et nul aucun doute sur le contenu, Moebius a beau parsemer son carnet de phallus, femmes nues et symboles de la fécondite voire de l'accouplement, vos enfants y passeront si peu de temps qu'ils n'en retiendront qu'un profond ennui sans y déceler tous les messages cachés/codés que l'auteur a parsemé ici et là... Du coup il vaut mieux être un fan absolu du maître avant de pouvoir oser s'y aventurer et y trouver quelque chose de rationnel car rien n'y est réellement sur les 70 dessins qui composent ce recueil. De Moebius je connais si peu finalement que je ne peux oser prétendre en être un fan absolu. Mes connaissances se résument à quelques Blueberry et surtout L'Incal mais je n'oublie pas que c'est Sur L'Etoile, le premier tome du Monde d'Edena qui m'a le plus intrigué dans ce style inimitable... C'est donc un regard de novice que je porte sur cette œuvre sans prétention. J'aimerais y retrouver la poésie ainsi que les vertus uniques et en cela on ne peut pas être déçu de ce 40 days dans le désert (titré par ailleurs 40 jours dans le désert dès la 1ère illustration ??? :) ) si on se donne la peine dès le départ qu'il n'y a pas de paroles ni de véritable sens... Tout se passe effectivement dans le désert avec un sage au look intemporel subissant et se faisant le témoin d'évènements riches en non sens et où défile des personnages entrelacés, monstres féériques ou madones iconiques... Il représente le point de vue du lecteur et se veut passif mais voyeur ce qui n'est pas en soi une mauvaise idée. Des icones... Ce bouquin format à l'italienne en est rempli. Ce qui est chouette c'est que le tout est reproduit au format d'origine et quand on imagine que toutes ces lignes noires sont dessinées à la main levée, on se rend bien compte du talent sans égal de ce monsieur. Et à bien y regarder on observe effectivement une certaine connection entre toutes ces images se déroulant dans le désert du titre... Y a t-il un but christique ou messianique ? Mystère et boules de gommes semble la réponse la plus naïve et également la plus appropriée. En rire comme pour s'en excuser car si le livre est beau et indispensable pour les fans purs et durs de son auteur, il est également un bel objet pour le novice que je suis.... Si d'aventure vous cherchez une histoire plus rationnelle, alors bien d'autres oeuvres vous attendent mais surement pas celle-ci qui restera un bel essai contemplatif.... Son plus bel atout est qu'il donne envie d'être refeuilleté selon les envies ou humeurs du moment... En conclusion c'est à ranger avec Le trésor de l'Ombre de son grand ami Jodo mais ce n'est surement pas à conseiller à tout le monde. Pour complétistes contemplatifs !

30/11/2010 (modifier)

Il est difficile de parler d’une telle œuvre allégorique qui place chacun devant son propre vécu. Pour la forme d’abord, l’album se compose des planches au format original des dessins de Moebius. Un dessin par page (format horizontal) et uniquement sur le recto. Il s’agit donc presque d’un livre d’illustrations. Illustrations des rêveries d’un homme en retraite dans un désert. Pourtant la série des images pose une vraie question de continuité au lecteur. Il y a visiblement un fil conducteur, au lecteur de le retrouver ou d’interpréter les images proposées. Les seuls ingrédients tangibles qui puissent signaliser cet univers mystique sont deux mots : « Isabelle » écrit en petites lettre sur des cailloux sur l’une des images de l’homme en méditation et Jodoro gravé sur un monument lors d’une vision en fin d’opus. On peut lire également un pour Isabelle en début de tome avant les illustrations. Ce sont les deux seuls éléments concrets qui nous raccrochent à la réalité lorsque l’on parcourt cette rêverie initiatique. Charge à chacun de découvrir ce qui se cache dans chaque illustration tout en ayant conscience que l’auteur lui-même avait d’autres symboliques. Pour ma part j’y trouve une critique de l’amour charnel qui semble toujours perturber la sérénité par des faux plaisirs illusoires, j’y vois le besoin de solitude de l’ermite admiré mais incompris par la masse moyenne de l’humanité. J’y vois également le paradoxe de la mort comme don d’amour et de la fécondité donc de la vie. Je pense y lire également une critique de tous ces événements purement humain (voire commerciaux) qui viennent polluer une idée, une vie, un concept. Je pense également y lire une réflexion sur la vie dans la ligne pour la représentation graphique. Bref nous avons ici une expérience fondatrice d’un homme qui la décrit pour servir de base à d’autres hommes. Celle-ci est décrite avec symbolisme ce qui lui confère une portée universelle aux lectures multiples. La qualité du trait est inimaginable. Le dessin se fait dans la seule existence de la ligne, Moebius prouve ici une maîtrise inouïe dans le dessin. Avec de simples lignes il retranscrit des univers fantastiques aussi divers que riches, aussi fantastiques que réels. Le tout sans ombre, sans couleur, avec la seule ligne fine comme ingrédient. Tout cela en fait un opus inouï. Oui, mais… A trop vouloir être elliptique on finit par ce demander si nous ne cherchons pas nous même des réponses là où il n’y a pas de question. Plus simplement, ne cherchons nous pas un sens à ces dessins pour nous même, tout comme ces psychologues attendant notre réaction devant des taches d’encre ? De fait l’exercice est un peu plus facile puisque même vide pour l’auteur, les images se rempliront de sens par nous même. Cette impression de vide renvoyé par les images, non pas vides en elles mêmes, mais muettes en réaction au regard que j’y porte, me font voir cet album comme un très bon ouvrage, mais qui ne peut être culte que dans la mesure où chacun est capable de s’attribuer la démarche de l’auteur et de la faire vivre en ses sens. Or ceci je doute qu'une majorité d’énergumènes soient prêts à le faire ; ce qui ne fait pas de l’album un opus culte (quand bien même nous en serions à ce jour à la 4ème Edition). A tenter.

10/09/2009 (modifier)
Par Altaïr
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Attention, chef d'œuvre ! "40 days dans le désert B" est probablement l'œuvre la plus belle de ce génie du dessin qu'est Moebius. Jean Giraud aime à raconter la révélation que fut, dans sa jeunesse, la découverte simultanée du désert et des champignons hallucinogènes, lors d'un voyage au Mexique. C'est de cette expérience mystique décisive que devait naître son double janusien : Moebius. J'aime à penser quand je lis "40 days dans le désert B" que Moebius y retranscrit cette expérience fondatrice : on y suit en effet les hallucinations d'un homme qui médite dans un désert. Postulat simple, mais qui lui permet à peu près tous les délires graphiques… N'y allons pas par quatre chemins : pour moi, le "désert B" est le chef d'œuvre ultime de Moebius. Non seulement son œuvre la plus belle, mais également la plus riche, la plus émouvante, la plus hypnotisante. Ce livre est, graphiquement, réellement impressionnant : les planches sont reproduites à leur taille originelle dans l'album, sans réduction, et d'après les originaux (j'ai eu l'occasion d'en voir certains lors d'une expo), elles ont été dessinées quasiment à main levée (!!!)… il y a vraiment quelque chose d'inhumain dans une telle maîtrise du dessin ! Mais cet album n'est pas seulement un objet graphique : Moebius nous invite dans ses délires hallucinés dans son désert désherbé, aux tréfonds de son subconscient (sans doute aidé par des substances illicites), et pour peu qu'on accepte de se laisser emporter dans les méandres de son imagination tordue le voyage est inoubliable. Car il s'agit bel et bien d'un voyage : si au premier abord, on peut être tenté de voir cet album comme un "simple" recueil d'illustrations, illustrations tellement riches individuellement qu'on pourrait passer des heures à les contempler chacune, il y a bel et bien un lien entre toutes ces images, une suite logique (si tant est qu'on puisse accoler le terme "logique" à ce trip graphique) : elles se répondent entre elles, et prennent encore plus d'ampleur lorsqu'on les admire dans leur ensemble. Toute personne sensible à l'univers de Moebius se doit d'avoir lu le désert B. Il n'en sortira pas déçu ! N.B : "40 days dans le désert B" a été réédité plusieurs fois (3 je crois), à chaque fois avec une couverture différente (couvertures d'ailleurs jamais très engageantes)

11/02/2009 (modifier)