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Le Monde d'Edena

Note: 3.88/5
(3.88/5 pour 24 avis)

Will Eisner Award 2017 : Best U.S. Edition of International Material Onirique, déroutant, initiatique, stimulant... tel est Le Monde d'Edena, série hors normes d'un auteur protéiforme en constante évolution, et reflet d'une humanité qui se cherche - ou devrait mieux se chercher. Après 7 ans d'attente, voici venu le tome 5, Sra, qui clôt le cycle sans fermer toutes les portes. Car si cette oeuvre richissime est expérience créatrice, elle l'est d'abord pour le lecteur...


BoDoï Casterman Giraud-Moebius Les années (A SUIVRE) Les meilleures séries courtes Planet Fantasy Science-Fiction, le best-of Will Eisner Awards

Dans l'édition originale, le récit commençait par une courte introduction: la planète encore (qui se trouve maintenant dans le hors série de la réédition). L'histoire est tout bonnement impossible à introduire puisqu'à la base, il n y a pas d histoire... C'est faute d'entretien psychique que le Maître des Voies qui transporte Stel et Atan tombe en panne. Seul un mécano au coeur pur pourra le réparer. Ce mécano est bien entendu Stel. Et c'est au sein du vaisseau-mutant qu'il comprendra comment procéder. 2e partie : Sur l'Etoile A bord de leur vaisseau, Stel et Atan cherchent à entrer en contact avec leur ami Trollopen. Personne ne répond. L'astéroïde, dans lequel les deux héros ont réussi à s'introduire, est déserté et tourne autour de la planète géante. Stel parvient à poser l'astéroïde sur "Boule de Billard", la géante. Atan et Stel embarquent dans une Citroën traction-avant bricolée par Stel et se dirigent vers un signal lumineux qui brille à l'horizon. C'est au bout du chemin que l'aventure commencera... Dans sa postface de la 1ère édition de Sur l'Étoile, Jean Annestay écrivait : « "Le Monde d'Edena" s'articule selon la logique du rêve ». On le perçoit immédiatement à la lecture de Réparations. Sur l'Etoile, premier chapitre du cycle du "Monde d'Edena", fut au départ une commande du Département Promotion des Usines Citroën. On ne remerciera jamais assez le commanditaire, sans lequel cette série magnifique n'aurait peut-être pas vu le jour.... à vous de voir....

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Décembre 1983
Statut histoire Série terminée 5 tomes parus
Couverture de la série Le Monde d'Edena
Les notes (24)
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01/10/2001 | toce
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L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà une série que j’avais lue – lecture étalée sur une longue période d’ailleurs – il y a pas mal de temps, et sur laquelle je suis revenu avec la publication assez récente de l’intégrale. C’est clairement – pour un certain nombre de raisons – une série qui peut relever de la catégorie « culte », même si je me contenterais de ne lui attribuer « que » 4 étoiles. C’est une série partie d’une commande publicitaire et qui, d’une simple et modique plaquette, s’est d’abord transformée en un album complet, puis en une série accompagnée de plusieurs réminiscences publiées à part. Une trajectoire inhabituelle donc, mais qui explique en partie la construction de l’intrigue. En effet, on ressent à plusieurs reprises que Moebius n’avait pas de scénario linéaire à suivre, que l’intrigue s’est étoffée au fur et à mesure de son avancement. C’est même carrément une sorte d’écriture automatique, quasi surréaliste à laquelle Moebius confie parfois sa plume – dans les débuts un peu, mais c’est surtout visible dans l’album Sra je trouve. Si au départ – et de manière plus diffuse ensuite, un certain mysticisme effleure (reflet du questionnement de l’auteur), cela s’estompe, sans que ce soit pour me déplaire. Autre changement, si Moebius développe au départ une vision très positive, une Science-Fiction quasi béate (au rebours de la quasi-totalité des auteurs du genre de l’époque), cela se double au bout d’un moment d’un monde totalitaire, quoique surprenant. Enfin, les nombreuses mises en abimes (Est-ce que le personnage rêve qu’il rêve ? Où est la réalité ? etc.) dynamisent le récit, avec le personnage de la Paterne (de manière un peu trop touffue parfois quand même, dans une construction un peu trop psychédélique). Jusqu’au bout Moebius a voulu laisser planer le doute quant aux réponses à ces questions. Moebius alterne les passages très verbeux et ceux totalement muets, quasi méditatifs, mais cette remarque est aussi valable pour le côté graphique. Quelques passages relativement fouillés (des décors à la fois minutieux et pauvres, proches de certains paysages qu’il dessinait au même moment dans ses Blueberry), mais plus généralement un dessin épuré, jouant plus sur la couleur que sur la profondeur. Le style du dessin, de la colorisation, sont immédiatement reconnaissables et symboliques de cet auteur dont l’œuvre de Science-Fiction est fondamentale (et pas seulement avec cette série), comme elle l’a été pour le western : chapeau bas monsieur Moebius/Giraud !

02/05/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Commençons par le dessin qui est un véritable régal pour les yeux, Moebius possède un trait que l'on dirait tiré au scalpel mais qu'il sait parfaitement adoucir grâce à des courbes d'une grande virtuosité. Ajoutons que certaines planches et couleurs sont simplement sublimes. Ensuite il y a cette histoire, je crois que l'on y entre ou pas, personnellement, j'avoue avoir eu un peu de mal à certains moments. Étais je dans de mauvaises conditions? Toujours est il qu'à de nombreuses reprises je n'ai pas accroché et cette histoire de rêve était un peu trop complexe à mon goût. C'est magique, envoutant, onirique, mais le charme n'a pas opéré sur moi autant qu'il aurait du. Pour autant cela reste très beau.

11/03/2015 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5

Une belle série qui m'a laissé à la première lecture une impression marquante d'étrangeté onirique. L'impression de se promener dans un rêve éveillé, où l'histoire, comme dans les rêves justement, n'est jamais écrite à l'avance mais s'invente au fur et à mesure. Il me semble, c'est en tout cas l'impression que ça donne, que Moebius ne savait pas où il allait au départ. J'ai d'ailleurs lu qu'il avait démarré sur une histoire de commande qui n'avait pas forcément vocation à se poursuivre très loin. A la manière d'un Jorodowsky, il se laisse emmener par son propre inconscient, à travers une histoire qui devient en réalité une parabole du passage à l'âge adulte. Les personnages, totalement asexués au début, devenant peu à peu plus libres et plus adultes, à la fois physiquement et moralement. Le trait de Moebius lui-même évolue au fil de la série. Une très jolie série, singulière et envoûtante, qui a lancé la carrière d'un grand et marqué toute une génération de suiveurs.

23/02/2014 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Je me lance dans la critique de cette série même si je n'ai lu que les tomes 1, 2, 3 et 4 . Car ce 5 étoiles est surtout dû au traumatisme que m'a causé le tome 2, les Jardins d'Edena. Cet album fait partie de mes madeleines de Proust de la BD. Un des meilleurs albums de Moebius si ce n'est le meilleur. De la S.F "moebiusienne" dans toute sa splendeur, absolument magique, pur , prophétique... Le dessin, les couleurs, le scénario, tout confère au sublime. Un véritable voyage astral. Ce conte de science-fiction décrit les aventures d'un couple de voyageurs spatiaux échoué sur une planète semblable au mythique jardin d'Eden de la bible. Tout d'abord asexués (ils ne mangent que des pilules ce qui leur ôte tout caractère sexuel, mental et physique) et se comportant plus comme un frère et une soeur, ils vont peu à peu, faute de matériel synthétiseur de pilules, se mettre à manger de la matière vivante (manger une pomme est pour eux au départ qualifié de cannibalisme), puis peu à peu retrouver leurs caractères sexuels. Nous imaginons bien là l'être humain du futur, immortel, vacciné contre toutes les maladies et bactéries. Puis ils vont être séparés et ne chercheront plus qu'à se retrouver (ils ont redécouvert l'amour qui les lie) et affronter les habitants curieusement masqués de cette planète, et cette énigmatique "paterne"... Les albums 3 et 4 sont bons mais rien à voir avec la puissance (dessin, scénario et couleur) du tome 2 (très années 80 mais à la beauté intemporelle). Le tome 3 se focalise sur l'errance d'Atan (devenu Atana) qui va découvrir la base souterraine de la paterne et le tome 4 sur celle de Stel, qui lui continue d’errer à la surface et de "rencontrer" régulièrement le maître des rêves. Le tome 1 est quant à lui plus un tome d'introduction avec plusieurs petites histoires, dont une possédant des dessins sublimissimes. C'est quand même un bon tome très utile à la découverte de cet univers et décuplant la puissance du 2. Je n'ai pas lu le tome 5 et 6 qui sont parait-il décevants . En tout cas je laisse cette note de 5 étoiles car même 2 tomes mauvais ne peuvent effacer le rayonnement quasi mystique que procure la lecture des "Jardins d'Edena" (j'en avais même rêvé à l'époque c'est dire). Je recherche les éditions originales, surtout pour le tome 2, tel le Graal car une amie me l'a lâchement volé il y a plusieurs années.

18/02/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Finalement, Moebius n'est pas aussi hermétique que je le pensais ! L'univers créé par Moebius dans cette série est surprenant. Cela me fait penser aux séries de Jodorowsky hormis que le ton est plus poétique chez Moebius que chez Jodo. L'histoire est prenante et originale, quoique je trouve qu'elle devient moins originale lorsque la dictature de la Paterne arrive dans le décor. Le dessin de Moebius est chouette et j'ai bien aimé regarder certaines cases. Toutefois, le thème du rêve m'a un peu agacé. Je ne savais pas trop si ce que je lisais arrivait réellement ou si c'était juste le personnage qui rêvait alors c'est un peu énervant. De plus, je fais partie de ceux qui ont été déçus par le dernier tome. J'ai commencé à décrocher vers la moitié de l'album et j'ai fini par le feuilleter. C'est dommage car les autres tomes laissent prévoir que la fin serait excellente et ce n'est pas le cas.

22/03/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
L'avatar du posteur PAco

Étrange et subliminal univers que voici ! Avec ce Monde d'Edena, Moebius se surpasse... quitte à se perdre un peu. Mais après tout, pourquoi vouloir toujours tout expliquer et rationaliser ? Moi qui avait découvert l'"animal" il y a maintenant quelques années (lumière ? non point encore !) avec L'Incal, c'est avec circonspection que je me suis enfin décidé et laissé tenté par ce "Monde d'Edena" dont les couvertures ne m'inspiraient pas vraiment. Que ce soit ces personnages au long nez du tome 3 ou le facsimilé de John Difool du tome 4, j'étais assez perplexe... Comme quoi : ne jamais se fier à une couverture ! Car une fois l'entame faite et plongé dans cet univers nouveau, Moebius nous tisse une trame d'une grande richesse. C'est beau (la ligne de Moebius est toujours aussi chirurgicale mais légère) et on se laisse porter par les aventures de nos deux protagonistes. On se fait balloter d'un monde à l'autre, d'une réalité à une autre, pour même finir par perdre le fil de cette tapisserie chatoyante qui porte deux êtres en quête. Quête de soi, quête de l'autre, qu'elle soit physique ou spirituelle, nous voici tous mis sur le même piédestal... Tout le monde cherche ou expérimente : les personnages ; l'auteur ; et le lecteur aussi... Car s'il est un sens final à trouver à cette quête, il reste un peu abscons, surtout avec ce 5e tome. Certains s'en soucieront peu, pour d'autres il pourra être un frein à leur lecture. Reste qu'au final cette saga partie d'une simple commande publicitaire, transformée en quête d'un Eden improbable se termine de façon un peu brutale et trop ouverte à mon goût. Du coup, malgré la splendeur des tomes centraux de cette série, je suis un peu resté sur ma faim. Je n'en recommande pas moins la lecture, car malgré ce défaut, Moebius sait encore nous faire voyager tout en semant sur son trajet quelques pierres qui laissent à réfléchir. Un 3.5/5 qui aurait pu mériter mieux...

14/04/2011 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

Après la lecture des 6 tomes. Le dernier tome est indépendant et fait de divers récits proches ou parallèles à la série, il est plus que dispensable. Pour les 5 autres tomes, l'univers mis en place et le scénario typique d'un Moebius en forme psychédélique est très plaisant à lire... jusqu'au 5ème tome. Jusque là j'adhérais au récit mais la dérive délirante du tome final m'a écœuré. J'ai eu l'impression de lire les autres tomes pour rien, j'attendais clairement autre chose. Côté dessin, c'est du Moebius craché avec ses personnages dessinés et habillés comme seul il sait le faire. C'est sobre mais précis, l'auteur va à l'essentiel et ne pollue jamais ses cases avec du superflu. La mise en couleur est dans la même veine. Les 4 premiers tomes sont très bons mais les 2 derniers gâchent le plaisir et détruisent la magie se dégageant des tomes précédents. Dommage, je ne regrette pas la lecture mais je me passerai bien de cette série dans ma bibliothèque.

21/10/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Je suis le premier étonné de mettre une si bonne appréciation à cette vieille bande dessinée qui ne me donnait pas trop envie à l'origine. Comme il s'agit quand même d'un monument de la bd de science-fiction, je ne pouvais pas passer à côté sans donner mon avis. Celui-ci va rejoindre le concert de louanges au regard de cette oeuvre magistrale. Si j'ai trouvé le premier tome un peu léger avec une quasi-absence de dialogues, j'ai tout de suite accroché à ce voyage sur le monde d'Edena dès le second tome. La richesse de l'univers crée par Moebius m'a littéralement époustouflé d'autant que c'était réellement novateur pour l'époque. Il y a une seconde lecture plus fine sur les critiques d'une société technologique moderne qui m'a interpellé. C'est une véritable fable écologique. Mon appréhension concernait surtout le scénario. J'avais peur d'une de ces histoires tarabiscotées pseudo-intellectuelles. Fausse impression... On suit les aventures de Atan et Stell tel Adam et Eve qui débarquent dans un monde paradisiaque ressemblant étrangement à la Terre. J'ai bien aimé cette évolution de départ: un couple asexué qui prendra une véritable identité par la suite comme une affirmation de soi. Bref, le scénario passionnant réserve bien des surprises. Que dire de plus sinon de tenter vous aussi l'aventure sur le monde d'Edena malgré son côté vieillot !

22/12/2008 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Voilà à mes yeux LA série de Moebius, j'entends Moebius seul, sans scénariste. C'est celle où il a pu donner le maximum de liberté à son univers graphique et narratif. Tout s'entame par un premier tome composés d'histoires courtes puis d'une histoire au départ publicitaire qui va se révéler être le point de départ d'une sage de science-fiction et d'onirisme échevelée et originale. Vont s'enchainer deux tomes suivants mettant en scène le monde d'Edena et les destins qui vont diverger de Stel et Atan devenue Atana. Un univers de science-fiction débridé et innovant, et des intrigues emplies de bonnes idées et de mystères. La Déesse est le tome qui m'a le plus marqué de l'ensemble, sans doute car son scénario est le plus concret et le plus compréhensible. Certaines planches de ces albums sont proprement superbes, de vraies oeuvres d'art qu'il me serait formidable d'avoir encadrées sur mes murs. Et en même temps, elles ont la fluidité d'une narration BD parfaite. Le talent de Moebius à l'état pur. Le début du quatrième tome est toujours très bon mais j'ai décroché une fois sa moitié passée, quand l'origine de la Paterne commence à trouver son explication pas très convaincante. Et je n'ai pas accroché au dernier tome, beaucoup trop décousu et onirique à mon goût. Le semblant de linéarité et de concret des premiers tomes disparait pour une trame un peu mystique, changeante et relativement pénible pour moi. En outre, le style de dessin y évolue pour devenir plus dynamique mais trop lâché et épuré à mon goût. J'aime vraiment moins ce graphisme que celui plus soigné et détaillé des premiers tomes. Bref, ce que je considérais comme une excellente série et un immanquable SF de Moebius tant que je n'en connaissais que les 3 premiers tomes, a été gâché pour moi par la lecture du dernier album. J'en suis déçu. Heureusement, les albums sont suffisamment indépendants pour pouvoir apprécier le début sans la fin. Et il serait dommage de passer à côté du graphisme somptueux de ces tomes là.

04/12/2003 (MAJ le 13/12/2008) (modifier)
Par Sejy
Note: 5/5
L'avatar du posteur Sejy

Il m’a fallu beaucoup de temps avant d’ouvrir un album de Moëbius. Intimidé, j’avais l’illusion d’un artiste inaccessible, réservé à une « élite » de la bande dessinée, une intelligentsia avec ses interprétations nébuleuses et codifiées ; qu’il était nécessaire d’afficher derrière soi une très longue expérience de lectures, une légitimité entendue pour prétendre aborder le maître sans donner l’impression de se goinfrer d’une confiture interdite aux cochons. Connerie ! Moebius c’est l’essence de la BD, la pureté et la malléabilité d’un langage propre qui s’adresse à tous. Qu’il soit novice ou blanchi sous le harnais, qu’il se considère éclairé ou pas, tout bédéiste se doit d’y goûter au moins une fois, sans appréhension. Mon dépucelage fut Le monde d’Edena. Depuis j’y reviens souvent, comme un pèlerinage, le retour aux sources d’un fabuleux voyage spirituel. Sa science-fiction hallucinée, mélange de fantasmagorie et de métaphysique, est empreinte d’une très grande poésie. Une liberté onirique qui s’exprime dans cette quête originelle et instinctive d’Atan et Stell. Au-delà d’un scénario tangible qui débute comme un pamphlet plein de détachement et d’ironie sur l’écologie, le pouvoir ou la religion, la logique s’évapore sur plusieurs niveaux d’irréalités. Moebius s’y dévoile à travers des visions, des idées ou des états d’âme, mais sans réelle volonté de démontrer ou d’expliquer. Titillant les quelques coins ignorés de notre cerveau, il nous perd, sans nous égarer vraiment, dans une errance contemplative, philosophique et un peu psychédélique. Renvoyant chacun à son imaginaire, il lui laisse le soin de trouver son propre chemin. Et plus que la réponse elle-même, c’est sa recherche qui libère tout le vertige. Un peu comme si vous tentiez de définir une forme ou un objet dans l'obscurité, à l’aide de votre seul sens tactile. Qu’importe alors la nature du bidule. Vos mains touchent, explorent, s’attardent et s’interrogent pour sculpter une image mentale, mais ce qui prime réellement, c’est la décharge de sensations. Des émotions brutes, décuplées, qui dépendront également du contexte, de l’état affectif et de la réceptivité de l’instant. Au bout du compte, on se fout que quelqu’un nous apporte la lumière. Le catalyseur de toutes ces exaltations, c’est le génie graphique de l’auteur. Sa conception de l’image est inégalée et la fascination engendrée par son oeuvre passe avant tout par le prisme des mirettes. Son pinceau nous transforme en nomades ébahis, en témoins privilégiés de la cosmogénie d’Edena. Des jardins et des déserts délivrant un extraordinaire sentiment de plénitude, des espaces lisses ou vides qui vous happent, vous coupent le souffle, des architectures dépouillées, vertigineuses et inquiétantes, des hallucinations exaltantes ou des décors aveuglants de clarté. Les quelques enfants nés de la ligne cristalline et de l’harmonie de couleurs flashy aux contrastes ou aux dégradés si rayonnants. Un univers visuel époustouflant à l’inspiration probablement divine. Après ça, restera-t-il encore des insensibles à l’art du Maestro ?

18/10/2008 (modifier)