La Mort de Staline

Note: 3.32/5
(3.32/5 pour 25 avis)

Le 2 mars 1953, en pleine nuit, Joseph staline, le Petit Père des peuples, l'homme qui régna en maître absolu sur toutes les Russies, fit une attaque cérébrale. Il fut déclaré mort deux jours plus tard. Deux jours de lutte acharnée pour le pouvoir suprême, deux jours qui concentrèrent toute la démence, la perversité et l'inhumanité du totalitarisme.


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Moscou Russie

Le 2 mars 1953, en pleine nuit, Joseph staline, le Petit Père des peuples, l'homme qui régna en maître absolu sur toutes les Russies, fit une attaque cérébrale. Il fut déclaré mort deux jours plus tard. Deux jours de lutte acharnée pour le pouvoir suprême, deux jours qui concentrèrent toute la démence, la perversité et l'inhumanité du totalitarisme. A partir de faits réels, Fabien Nury, scénariste d'Il était une fois en France, et Thierry Robin, le créateur de Rouge de Chine, signent un album éblouissant, d'un humour ravageur et cruel, portrait saisissant d'une dictature plongée dans la folie.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 01 Octobre 2010
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série La Mort de Staline
Les notes (25)
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30/09/2010 | Miranda
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L'avatar du posteur Guillaume.M

« La Mort de Staline » aborde un événement historique bien réel, romancé par Fabien Nury. Le postulat de départ est simple et annoncé dans le titre : le camarade Staline meurt ce qui déclenche une lutte de pouvoir sans merci pour sa succession. Le pitch est intriguant, le moment historique passionnant, le scénariste renommé et les couvertures des albums alléchantes. Comment ne pas se laisser tenter ? Le dessin, même s’il ne m’a pas transporté, est de bonne facture avec quelques magnifiques planches, comme lors de la cérémonie funéraire de Staline. L’ambiance austère de la Russie d’après-guerre est bien retranscrite ou plutôt correspond bien à l’image que je m’en fais. Quant aux personnages, si les visages des ministres sont une vraie réussite d’expressivité et de langage non verbal, j’ai eu plus de difficulté avec les autres personnages, surtout féminins, dont les traits sont parfois difficilement reconnaissables. Le premier tome nous emporte dans les méandres de l’administration soviétique, la lourdeur bureaucratique et les coups bas politiques. La tension historique est palpable. Les heures qui suivent la mort du camarade Staline sont passionnantes, absurdes malgré leur logique implacable et chargées d’un cynisme jouissif. Comment ne pas esquisser un sourire gêné quand on assiste aux prises de décisions du conseil des ministres sur la succession du leader emblématique ? Malheureusement, le second tome perd en qualité et prolonge inutilement une expérience qui aurait pu (dû ?) s’arrêter à la fin du premier tome. Le rythme de la narration, jusque là idéal, s’accélère. Les événements s’enchaînent et le récit s’éloigne de Staline et des heures qui suivent immédiatement sa mort pour se focaliser sur des événements en lien avec la lutte de pouvoir entre Béria, Khrouchtchev et leurs alliés. Se faisant, le scénario est moins séduisant et les coups politiques ne provoquent plus la même émotion ni le cynisme si puissant du tome précédant. Pour moi, Fabien Nury avait beaucoup de choses à raconter, ce qui n’est pas surprenant quand on connaît la richesse du contexte historique, et a essayé d’en dire le plus possible... sans doute un peu trop. « La Mort de Staline » reste une belle expérience et une lecture recommandable, mais malheureusement inégale. Note réelle : 3.25

31/08/2019 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 3/5

Le 5 mars 1953, le tyran rouge de l'URSS, Joseph Staline meurt suite à une attaque cérébrale. S’ensuit une lutte acharnée entre les différents membres du Parti communiste de l’URSS pour succéder au pouvoir, avec notamment le duel qui oppose le sombre Beria et Khrouchtchev. Voici le thème sur lequel le scénariste Nury et le dessinateur Robin ont décidés de s'attarder. Cette BD n'est pas mal du tout et est relativement simple, rapide à lire même si quelques approfondissements n’auraient pas été de refus, histoire d’en apprendre un peu plus sur les rouages de cette succession. En même temps, le fait de rentrer trop dans les détails aurait pu s’avérer fastidieux tant les magouilles politique russes peuvent être complexes et floues. Nury s'en sort donc plutôt bien, la lecture reste "digeste" et les dessins sont sympas (particulièrement dans les expressions des visages) Un bon album mais le final me laisse un peu sur ma faim...

24/11/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Il n'y a rien à ajouter sur le fait que Fabien Nury confirme tout son talent de scénariste avec cette nouvelle série. C'est même une consécration pour lui ! Quant à Thierry Robin, on le connaît depuis longtemps et il parvient toujours à améliorer son graphisme avec un trait anguleux qui décrit bien la folie de ce régime communiste. Cette association entre ces deux auteurs fonctionne à merveille pour le plus grand plaisir des lecteurs. En guise d'avertissement préalable, les auteurs ont tenu à préciser que cette histoire demeure une fiction. A la lecture de ce récit, on pourrait en douter car tout semble malheureusement très crédible. La mort de ce terrible dictateur nous permet d'entrer dans les arcanes de la lutte pour le pouvoir suprême. Au cours de ce premier tome dénommé agonie, le ministre de l'intérieur à savoir Béria semble avoir une longueur d'avance. On se réjouit de découvrir qu'il sera supplanté par Nikita Khrouchtchev tant il semble un homme mauvais. Il nous reste à découvrir la manière dont cela va se traduire plus concrètement... Ajout à l'avis initial suite à la lecture du second tome C'est désormais comme un engagement, je souhaite finir les séries que j'ai commencées et dont j'ai apprécié le premier tome. Souvent, on s'emballe puis cela retombe. Une note objective doit tenir compte de l'intégralité d'une série. Quand il s'agit d'un diptyque, je pense que cela se confirme d'autant. Le second tome ne m'a pas déçu. Il reste dans la droite ligne du premier avec une évolution de l'histoire dont nous connaissons la réponse de manière historique. Béria était l'homme fort. Le système qu'il a mis en place va se retourner contre lui. On se rend compte de cette folie collective de ces apparatchiks qui ont fait des millions de morts au nom de leur combat contre le capitalisme. C'est un beau tableau mais terrifiant et souvent absurde de cette société pas comme les autres. Les Russes sont décidément un peuple à part et à côté de l'Histoire.

28/02/2011 (MAJ le 23/03/2014) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Note : 3.5/5 J'ai été très intéressé par le premier tome de ce diptyque car il présente de l'intérieur une période particulièrement intéressante de l'histoire Russe. C'est fascinant de voir présentées ainsi la folie des hommes au pouvoir durant la fin du règne de Staline et leurs magouilles pour lui succéder à la tête de l'Union Soviétique. C'est d'autant plus intéressant que les faits racontés, même s'ils sont en partie romancés, sont globalement conformes à la réalité historique et aux personnages réels. C'est très bien raconté et édifiant à bien des moments, le tout soutenu par un dessin bien agréable. Le second tome m'a paru un peu en dessous. Je crois que c'est surtout parce que le rythme s'accélère et que certains moments passent de manière un peu superficielle à mon goût. Même si on comprend bien ce qui se déroule, l'émotion et l'impact politique et stratégique de certains événements clés sont moins bien transmis. J'ai notamment eu un peu de mal à apprécier à sa juste mesure l'évolution de la situation de Khrouchtchev. Et j'ai été surpris par le côté un peu abrupt de la fin. J'avais l'impression que l'histoire pouvait encore nettement prendre ses aises et se développer davantage et plus loin. Là, j'ai eu un léger sentiment de "tout ça pour ça ?". Mais ça n'en reste pas moins très intéressant et très bien mené. Une bonne lecture.

11/03/2014 (modifier)
Par Pedrolito
Note: 3/5

3/5 pour le premier tome et 2/5 pour le second, soit 2.5/5 pour la série entière. L'idée de traiter un des moments marquants de l'Histoire est très bonne, malheureusement la qualité de cette BD est inégale. On entre parfaitement dans l'histoire, le début du premier tome est somptueux: immersion totale et dramaturgie à son paroxysme. Et puis...patara ! L'histoire retombe un peu. Certes l'ambiance soviétique ne nous quitte pas le long du premier tome mais des longueurs viennent plomber un peu le rythme. On termine le premier tome un peu sur sa faim... On aurait aimé avoir plus de fond. ...ouf un deuxième tome nous attend! ...et bien pas vraiment. Le second tome et un peu plus en retrait en terme de rythme, même si l'Histoire est toujours aussi passionnante. A la fin de la lecture, on se dit qu'on aurait pu se passer d'un deuxième tome et faire un seul volet plus complet et rythmé. Sentiment mitigé donc pour cette série. Achat conseillé tout de même aux fans du genre, ne serait ce que pour le premier tome.

27/10/2013 (modifier)
Par zeng
Note: 4/5

La mort de Staline retrace les évènements qui suivent directement le malaise qui entrainera la mort du leader communiste et les tractations internes des autres cadres du parti quant à sa "succession". L'histoire retracée dans cette BD est proche de la réalité bien que bien des thèses avancées par les auteurs fassent aujourd'hui encore débat tellement les rouages du Politburo étaient et sont encore très flous pour ceux qui n'y étaient pas directement impliqués. J'ai trouvé ces 2 tomes de très bonne facture. Ils m'ont permis de me replonger dans l'histoire passionnante de l'URSS. Les auteurs, très bien documentés, nous font vivre de l'intérieur les manipulations et les horreurs du communisme soviétique. D'ailleurs, comme à chaque fois que je lis une fiction, une semi-fiction et même une histoire vraie liée à l'URSS, je me pose toujours la même question : qu'aurait donné (que donnerait) le communisme si celui-ci avait été mis en place par des hommes bons et non pas par des hommes vils, emplis de soif de pouvoir et de richesse voire complètement fous pour certains ? Je me pose d'ailleurs la même question pour d'autres idéologies politiques, certaines totalement opposées aux communisme... Je sais, c'est naïf. Mais le lecture de cette BD m'a vraiment fait ressentir cela. Et c'est là, en dehors d'une bonne histoire de manipulation et de trahison, que finalement les auteurs réussissent leur coup. En nous contant une période de l'Histoire, ils nous font réfléchir sur les arcanes du pouvoir, quelle que soit l'idéologie derrière celui-ci. Sans entrer dans les détails et sans faire de politique, l'épisode avec le fils de Staline, propulsé général par son père alors qu'incompétent, rappelle, à degré moindre évidemment, bien des choses... C'est un exemple parmi d'autres qui m'ont fait aimer cette BD. Avant de conclure, un petit mot sur le dessin, plutôt bon. Les visages sont biens réalisés, ce qui est indispensable pour une telle histoire. On reconnaît assez aisément les personnages et cela nous permet de ne pas se perdre avec tous les protagonistes. Mais surtout, ce que je veux signaler dans le travail graphique, c'est le découpage. Je le trouve magnifique : pages pleines avec incrustations, cases "blanches" avec dessins noirs au milieu de cases "traditionnelles" (pardon pour ma compétence limitée dans les descriptions techniques)... tout y passe. Un réel plaisir. Et cela colle parfaitement avec l'histoire. Du beau boulot ! Pour terminer, je dirais simplement que cette BD est utile pour se replonger dans cet univers (ce que j'ai fait depuis) et se rappeler des horreurs commises au nom d'une idéologie, qui n'était guère plus qu'une excuse pour faire ce que l'on voulait finalement...

28/03/2013 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

Belle BD historique ! Certes c’est une œuvre de fiction avec quelques inventions mais on ne doit vraiment pas être loin de la réalité. Ce diptyque montre bien la lutte à mort que se sont livrés Beria et Khrouchtchev pour succéder à Staline. Le climat de terreur et certains mécanismes du système totalitaire sont habilement représentés. L’intrigue est bien menée et intéressante. Les dessins sont agréables et collent bien à l’ambiance oppressante de l’époque. Du tout bon !

10/12/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Mon avis d'origine, qui ne portait que sur le premier tome, était très négatif. Ayant eu l'occasion de lire les deux tomes, je reviens le nuancer quelque peu ici. Je ne suis en fait déjà pas fan des biographies en bd, le peu que j'ai pu lire m'ont souvent parues opportunistes (en termes mercantiles) et sans intérêt. Mais bon, ayant eu l'occasion de lire ce diptyque, j'ai été voir ce que les auteurs avaient pu faire de ces instants où le panier de crabes s'agite. Le dessin m'avait paru intéressant par contre dès le premier feuilletage. C'est globalement une relative déception, et je n'est pas été trop embarqué par la version de l'histoire donnée par les auteurs. En fait, sur un sujet "historique" aussi balisé, je m'attendais à des personnages à la psychologie peut-être plus creusée, mais aussi à un humour plus important, le cynisme et/ou le machiavélisme de quelques personnages (Béria, Kroutchev) pouvant donner matière à quelques morceaux de bravoure. Les éléments que les auteurs ont ajoutés pour modifier la réalité n'ont pas forcément été dans le sens attendu par moi. Après la lecture des deux tomes, je reste sur ma déception, mais je dois dire que la relecture m'a fait revoir à la hausse impression et notation. Même si c'est justement la période traitée dans ce diptyque (lorsque les membres du Politburo commencent à se placer dans l'après Staline) qui était potentiellement la plus riche pour un scénario qui aurait pu être autre chose que cette histoire que j'ai trouvée parfois un peu creuse... J'ai par contre apprécié le dossier avec les esquisses, et les explications de la construction du scénario. C'est un réel plus.

22/11/2012 (modifier)
Par Puma
Note: 3/5

Un très bon premier tome (4/5) ... un nettement moins bon second (2/5) ; moyenne 3 ... et je ne conseillerais que la lecture du premier volet de cette dilogie. Quelques écarts avec la réalité ... entre-autres que ce n'est pas la pianiste Yudina qui était aux funérailles de Staline, mais Sviatoslav Richter, dont le compte rendu assez savoureux se trouve sur http://www.festival-colmar.com/news-topmenu-71/589?task=view&lang=fr et que je joints pour l'anecdote avant qu'il disparaisse dans les arcanes du web ( et dont il y aurait eu de quoi remplir quelque pages savoureuse en BD) : "... Richter se produit en tournée à Tbilissi, en Géorgie, lorsqu’un télégramme de Moscou lui enjoint de rejoindre sur le champ la capitale. Le temps est exécrable et la majeure partie des vols est annulée… Devant l’urgence, on prend la décision de mettre Richter dans un avion cargo… qui transportait des couronnes mortuaires ! " C’est ainsi que le pianiste rejoint, totalement épuisé après un éprouvant voyage dans des conditions véritablement épouvantables, la salle des Colonnes, située en face du Kremlin, salle où est exposée la dépouille de Staline. Arrivé à Moscou, Richter apprend par ailleurs que son ami Sergueï Prokofiev est décédé le même jour que le « petit père des peuples », le 5 mars 1953… Dans la salle, se trouvent déjà le célèbre violoniste David Oïstrakh, la pianiste Tatiana Nikolaeva (futur professeur de Nikolaï Lugansky !), un orchestre symphonique au grand complet et l’illustre chef du Bolshoï Melik-Pashaev, sans oublier le Quatuor Beethoven. Les musiciens ont été littéralement « bouclés » à l’intérieur du bâtiment, sans aucune possibilité de quitter les lieux, pendant les deux jours qu’ont duré les cérémonies officielles ! Lorsque Richter commence à répéter, il se rend compte que les pédales du « misérable piano » (selon ses propres termes) ne fonctionnaient pas. Il demande alors à un musicien de l’orchestre quelques épaisses partitions pour pouvoir les caler sous les pédales… Pendant qu’il entreprend, accroupi sous le piano, ces quelques « réparations » sommaires, le service d’ordre, posté dans les galeries, se met à courir : les policiers ont cru que Richter essayait de placer une bombe ! Ce fut donc le seul véritable « incident » à se produire lors de ces tristement célèbres funérailles qui ont coûté la vie à plusieurs personnes piétinées à mort par la foule…" On lira ailleurs que le piano était aussi désaccordé ... et que les gens venaient surtout pour s'assurer que le dictateurr était vraimlent bien ... mort ! Yudina aussi aurait eu droit à un tableau plus proche de la réalité : car c'était pratiquement la seule qui critiquait ouvertement le pouvoir et le régime sans être inquiétée, car on la prenait pour "la folle du village" ; elle jouait en public en robe avec au pieds ... des baskets vertes ... et toujours son révolver chargé dans son sac à main (qu'elle donnait parfois quelques instant au premier venu, totalement décontenancé, pour mieux chercher une boutille au fond de son sac !) Bref, il y avait moyen d'aller bien plus loin dans cette macabre pièce de théâtre soviétique ...

16/08/2012 (modifier)
Par Seb94
Note: 3/5

Ce diptyque nous narre la mort de Staline et surtout le bal des hypocrites qui se met immédiatement en place entre les membres du comité central, afin de savoir qui placera le mieux ses pions pour prendre la succession du père de la nation. Le récit oscille toujours entre tragique et comique, certaines situations paraissant tellement énormes et absurdes, pourtant beaucoup d’entre elles ont vraiment eu lieu. A ce titre, l’avertissement des auteurs précédant le récit résume parfaitement la situation : « Les auteurs précisent toutefois qu’ils n’ont guère eu besoin de forcer leur imagination, étant incapables d’inventer quoi que ce soit d’équivalent à la folie furieuse de Staline et de son entourage. » Le récit très sombre se laisse lire avec plaisir, même si le traitement souhaité par les auteurs n’est pas toujours très clair, la limite entre le récit comique et historique semble parfois assez floue. Au premier regard, le dessin ne m’emballe pas plus que cela, mais il faut bien reconnaître qu’il colle parfaitement à l’ambiance sombre de l’intrigue et sied parfaitement à cette brochette de personnages pour le moins déplaisants.

16/08/2012 (modifier)