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Le Patient

Note: 3.2/5
(3.2/5 pour 5 avis)

Jeu trouble entre le rescapé d'un massacre et la psy venant l'interroger.


À quoi bon se souvenir qu’on a vécu l’enfer ? La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée... 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie… Après le remarqué Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher revient avec un ouvrage témoignant une nouvelle fois de sa science narrative exemplaire. S’inscrivant dans une veine plus réaliste, Le Patient est un thriller psychologique prenant et surprenant, laissant entrevoir quelques-uns des thèmes de prédilection de l’auteur : le rapport à l’autre, la notion du « temps », de l’identité et de la mémoire. (Site éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Avril 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Patient
Les notes (5)
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23/06/2019 | Noirdésir
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Par Ro
Note: 3/5
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Un thriller psychologique plutôt pas mal alors que ce genre n'est pas ma tasse de thé d'ordinaire. On retrouve dans cet album le dessin de Timothé Le Boucher qui m'avait déjà séduit dans Ces jours qui disparaissent. Un trait clair et très maîtrisé, presque organique et doté de beaucoup de finesse. Il présente quelques influences du graphisme manga qui se manifestent de-ci de-là, et parfois quelques influences du style de Bastien Vivès dont il se détache cependant davantage que dans ses anciens albums, mais rien qui ne l'empêche d'avoir sa propre personnalité visuelle. Je l'apprécie beaucoup à deux légers regrets près. Le premier est une propension à féminiser un peu trop les personnages masculins : dans leurs postures sensuelles, leurs regards, je sens chez presque chacun d'entre eux une part d'homosexualité latente qui me dérange un peu. Le second vient de la colorisation des passages nocturnes ou dans l'obscurité : le manque de contraste de ces planches là les rend souvent trop difficiles à déchiffrer, c'est dommage. L'histoire est vraiment intrigante. La curiosité maintient le lecteur en haleine tout du long pour comprendre ce qu'il s'est passé lors de cette fameuse nuit et quel est le mystère qui tourne autour de ce fameux patient et de sa psychologue. Qui cache quoi ? Quand viennent les révélations du dernier tiers de l'album, le lecteur est plus ou moins pris au dépourvu et ne sait plus trop sur quel pied danser. Je craignais alors une réussite trop facile du "méchant" de l'histoire mais le déroulé de l'intrigue m'a donné tort en contre-carrant ses plans. J'avoue toutefois ne pas avoir très bien compris le dialogue des toutes dernières pages. Y a-t-il là à nouveau une autre révélation qui viendrait changer la donne ou est-ce juste du bluff ? Car s'il y a vraiment retournement de situations, je le comprends mal et je le trouverais assez peu crédible. Mais le fait de terminer le récit sur cette sorte de fausse porte ouverte est assez bien vu.

18/11/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
L'avatar du posteur gruizzli

Qu'il est difficile de passer après un premier opus remarqué comme Ces jours qui disparaissent. Et pourtant l'auteur a réussi à faire quelque chose de remarquablement bien en tant que deuxième BD, même si je dois reconnaitre une moindre efficacité à la lecture que dans sa première BD. Le dessin est toujours aussi bon, avec un petit peu plus d'efficacité dans certaines cases et des personnages qui ont parfois une certaine raideur. Je pense notamment à la psychiatre, qui a des fois une attitude un peu trop raide, mais qui correspond bien au personnage et à la situation. Pour le reste, les visages semblent plus détaillés que dans la première BD et la colorisation est assez semblable. On notera que le dessin est plus proche du gros plan et que la représentation accentue le côté polar et thriller. Car c'est bien un thriller auquel nous avons droit désormais, posant une histoire d'enquête, de morale et d'intrigues entre les personnages. Et si elle est très bien menée avec des conclusions étonnantes ou des messages bien amenés, force est de constater qu'il n'a pas atteint la dimension qu'avait sa première œuvre. Mais que voulez-vous, on se retrouve vite déçu dans de telles conditions, et il devient difficile de juger objectivement la BD. C'est pour cela que je me contente uniquement de mettre un conseil d'achat et une telle note, car j'ai apprécié la lecture et je la recommande, mais je ne peux me départir du sentiment que c'est "moins bien". Et réussir à me départir de cette idée de jugement d'une BD par rapport à une autre va être difficile ...

26/09/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Erik

L’auteur Timothé Le Boucher est très impressionnant et ce malgré son jeune âge. L’année dernière, Ces jours qui disparaissent avait été pour moi une révélation dans le monde de la bande dessinée. Je considère qu’il réitère nettement son exploit avec « Le Patient ». Il est certainement l’auteur le plus doué de la nouvelle génération. J’ai littéralement sillonné ces pages avec bonheur et contemplation. La légende est en train de s’écrire. Oui, il se passe enfin quelque chose. L’histoire gagne petit à petit en complexité avec des personnages qui prennent de la profondeur. Il est vrai qu’il y a des fausses pistes mais savamment orchestrées. On dénouera le fil et on déchiffrera les indices avec intelligence. Certes, on se doutait bien du jeu de manipulation. La fin aurait pu être différente et faire dans l’outrance avec un retournement de situation magistral. Cependant, l’auteur évite soigneusement cet écueil non original. Il fait dans le psychologique et cela fonctionne à merveille. On ira jusqu’aux dernières limites de la moralité de l’être humain. On remarquera également une ambiance à la Hitchcock ce que souligne également la magnifique couverture. En effet, les sentiments y sont justes et sans excès. Ils sont d’ailleurs sublimés par la pureté du trait. De nombreuses pages certes mais qui nous permettent d’apprivoiser les personnages pour en devenir plus proches. Graphiquement, c’est parfait pour une lecture agréable. Cette somptuosité du trait conduit au bonheur. Je suis à la fois convaincu et conquis avec cependant une réserve quant au basculement du récit qui aurait pu être plus subtile. Courrez acheter ce thriller et vous ne le regretterez pas. Un immense coup de cœur. Il ne reste plus à faire qu’une adaptation au cinéma. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5

21/08/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Comme beaucoup, j’attendais cet album avec impatience. Le précédent opus de Timothé Le Boucher m’avait énormément séduit. Par sa construction, par son originalité, « Ces jours qui disparaissent » avaient réussi, à mes yeux, à renouveler le genre en mêlant suspense, anticipation et fantastique. Et comme bien souvent dans ces cas-là, ma crainte d’être déçu était tout aussi grande que mon envie de découvrir cet album. Au final… je suis déçu mais pas autant que je le craignais. Et je suis séduit… mais pas autant que je l’espérais. Au niveau du dessin et du découpage, j’ai vraiment apprécié le travail réalisé. L’idée de départ est aussi assez bonne même si elle n’est pas aussi originale que celle qui lance « Ces jours qui disparaissent ». Au niveau du développement, j’ai trouvé certaines longueurs dans ce récit, qui aurait pu, je pense, être amputé de 30 pages sans que cela ne nuise au rythme narratif. Au niveau du suspense, c’est peut-être moi qui ai l’esprit mal tourné mais je n’ai jamais vraiment été surpris par ce scénario… jusqu’au dernier retournement que j’ai même trouvé un brin maladroit, mal amené alors que prévisible. Mais voilà, j’aime bien le dessin, j’aime bien la narration, je trouve les personnages intéressants. Du coup, même si je n’ai jamais été vraiment surpris (et c’est quand même un peu ce que j’attends de ce type de thriller psychologique) je ne peux pas dire que j’ai passé un mauvais moment de lecture. Simplement, mes attentes étaient trop grandes et l’album proposé est juste « pas mal » à mes yeux et pas assez original à mon goût pour que je reste sur le cul en me disant « waw, il m’a bien possédé, l’animal ! »

27/06/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J’avais découvert le travail de Timothé Le Boucher avec son album précédent, Ces jours qui disparaissent, qui s’était révélé intéressant. On retrouve ici certaines thématiques développées dans son précédent opus, avec un questionnement sur l’identité, sur la mémoire, les souvenirs, les faux semblants. Le Boucher prend le temps de poser son intrigue, de planter le décor – et une atmosphère de plus en plus oppressante. Mais je dois dire que certains passages auraient gagné à être quelque peu élagués, car il y a quelques longueurs qui ralentissent un peu le rythme. Reste que l’histoire se laisse lire, et que peu à peu le doute qui s’insinue, et la chute – relativement ouverte – ajoutent un peu de piment à un thriller d’ambiance (et le dessin assez froid de La Boucher accentue le malaise qui finit par dominer).

23/06/2019 (modifier)