Le Photographe

Note: 4/5
(4/5 pour 47 avis)

2004 : prix Canal BD pour le tome 1. 2005 : Prix France Info de la Bande dessinée d’actualité et de reportage. Angoulême 2007 : album essentiel. Will Eisner Award 2010 : Best U.S. Edition of Foreign Material Fin juillet 1986. Didier Lefèvre quitte Paris pour sa première grande mission photographique : accompagner une équipe de Médecins Sans Frontières au coeur de l'Afghanistan, en pleine guerre entre Soviétiques et Moudjahidin.


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Fin juillet 1986. Didier Lefèvre quitte Paris pour sa première grande mission photographique : accompagner une équipe de Médecins Sans Frontières au coeur de l'Afghanistan, en pleine guerre entre Soviétiques et Moudjahidin. Cette mission va marquer sa vie comme cette guerre marquera l'histoire contemporaine. Au croisement des destins individuels et de la géopolitique, à l'intersection du dessin et de la photographie, ce livre raconte la longue marche des hommes et des femmes qui tentent de réparer ce que d'autres détruisent.

Scénariste
Dessinateur
Photographe
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2003
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Le Photographe
Les notes (47)
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12/10/2003 | ThePatrick
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Par Puma
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Voilà un triptyque qui ne m'a pas laissé indifférent. D'habitude, le mélange photo/dessin (genre à la Jean Teulé) passe très mal en BD à mes yeux. Mais ici, comme dans La Lune est blanche de Lepage, je trouve que l'incorporation est faite intelligemment et se marie très bien au récit, en lui accentuant réalisme au côté reportage. J'ai ainsi voyagé avec ce photographe dans un Afghanistan en plein conflit avec l'URSS, où l'on croise et accompagne, des Afghans (forcément) , des équipes de MSF, et quelques autres personnages singuliers au fil de ces trois tomes. L'ensemble nous relate un périple à pied invraisemblable , comme les conditions de travail en brousse ahurissantes pour les chirurgiens ou infirmiers de MSF, comme le retour en solo du photographe (pour gagner du temps) et où le danger nous fait monter la tension et nous empêche de laisser tomber la lecture ... L'auteur nous montre également le choc de culture et de civilisation entre le photographe européen et les Afghans du terroir. Dessin assez minimaliste d'Emmanuel GUIBERT toujours très juste et très équilibré, presque à caractère d'estampe, qui montre tout le talent pour élaborer un minimalisme aussi parfait. Un incontournable et sublime culturel et passionnant moment de lecture.

19/08/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

« Le photographe » est un grand documentaire, pas entièrement de la bande dessinée, certes, mais qui va aussi au-delà. On est ici parfois proche des albums de Delisle, avec un peu d’autodérision, un humour léger, qui habille un très bon travail d’observation. Sur une guerre dont les médias ne nous parlent plus guère, même si – les protagonistes principaux ayant changé, et l’empathie pour les moudjahidines afghans n’étant plus de mise dans les opinions publiques occidentales (Al Qaïda et Daech sont passées par là, mais aussi la fin de la guerre froide a modifié les priorités des diverses propagandes) – par-delà ces superbes paysages, on meurt encore loin du cœur du monde. Hommage au travail de MSF, à certaines aventures humaines, mais aussi, par la bande, découverte d’un pays et de certains hommes rudes qui l’habitent (la guerre entre Afghans et armée rouge n’est évoquée qu’indirectement), « Le Photographe » est un long reportage – virant un peu à l’aventure pure lors du retour solitaire du photographe au Pakistan – dont je vous recommande chaudement la lecture.

09/02/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Allez les gars, en fait ce qui pose problème, c'est le genre. Sommes-nous dans de la BD? Du documentaire? Un reportage photos? Une hagiographie de MSF? Ben je dirais qu'au final c'est rien de tout cela et en même temps un peu de tout. Hey, genre le mec comment y veut pas se mouiller! Bon, après relecture des trois tomes je dit chapeau bas, d'abord parce que c'est un ouvrage qui fait preuve de pédagogie. Il nous en apprend tant et plus sur un pays, quelques unes de ses coutumes, mais surtout ce que peut vivre un peuple en guerre. J'ai mis énormément de temps avant de m'atteler à cette lecture. J'avais peur, après ce que j'avais pu entendre, d'être confronté à un bête collage de photos un peu chiantes de gars crapahutant dans la montagne cernés par des barbus hirsutes. Que nenni! D'autres camarades sur cet avis ont été extrêmement pertinents. Cette trilogie a pris un peu d'âge mais à mon sens elle devrait faire office de thématique obligatoire dans les classes de nos chères têtes blondes afin que celles-ci aient une vision un peu plus claire du merveilleux monde dans lequel nous vivons! Sans manichéisme aucun, c'est un récit profondément humain. Pas récent, mais sûrement d'actualité!!

05/04/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Alors, je vais encore peut-être faire grincer des dents en me positionnant à contre-courant des avis du site, avec cette oeuvre atypique dont je n'arrive pas trop à comprendre le succès. Ce genre d'album en forme d'exercice de style mêlant photos et BD ne m'attire pas du tout. Certes, le sujet est fort et émouvant, c'est un doc ethnologique bien fourni sur la vie des Afghans en guerre avec l'URSS dans les années 80, en plus d'un témoignage qui rend hommage au travail des équipes de Médecins sans frontières, mais l'ennui, c'est que pour moi, ce n'est plus vraiment de la bande dessinée, d'autant plus que le dessin simplifié n'est pas terrible, et les photos pas toujours lisibles. Avec un tel sujet, j'aurais préféré une vraie Bd avec un dessin plus précis.

01/07/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

J'ai mis beaucoup de temps à commencer cette BD, et encore plus à l'acquérir (surtout à cause du pris prohibitif), mais lorsque je l'ai commencée, je ne l'ai plus lâchée. C'est quelque chose que cette BD, et je n'ai pas encore tout fini ! (Au moment où je rédige l'article, je regarde le film qui l'accompagnait, et je suis encore émerveillé. Enfin, ce terme a une connotation trop positive peut-être. Plutôt ... impressionné. C'est un ajout extraordinaire). Quand je pense aux pauvres types qui se gèlent dans les rues en ce moment pour tenter de vous faire souscrire à MSF. Cette BD est la meilleure pub que vous pourriez avoir pour cette ONG. Je n'avais qu'une envie, la BD finie, c'était de les aider. Le dessin est bien sûr spécial, alignant le minimalisme avec des photographies qui ont été prises dans ce moment, et le tout dans une mise en scène particulière, puisque les photos sont parfois présentées sous la forme de planches de négatifs, pas forcément développés. Si les premières planches demandent un petit temps d'adaptation, on enchaine ensuite les trois albums sans aucun temps mort. Et pour cause ! C'est une histoire cruelle qui nous est présentée, et d'autant plus qu'elle est vraie. Mais le tout est enrobé par des explications et des commentaires pertinents, à la fois de la part du photographe lui même mais aussi de la part des protagonistes qui l'encadrent, chacun apportant des éclaircissements sur la situation, la vie de tous les jours. Ici, pas de géopolitique, pas de grandes explications du conflit, juste la façon dont les combats influent sur la vie de tous les jours. C'est une vie quotidienne difficile pour ceux qui veulent rendre service, mais surtout pour ces hommes et ces femmes qui vivent la guerre au quotidien. En fait, j'ai trouvé l’œuvre riche, bien que pas exempte de défauts. Aucune faute n'est à déplorer sur l'histoire qui est ce qu'elle est, à mon sens prenante. Par contre je confesse que c'est parfois plus difficile au niveau des photos, notamment quand on voit une pleine planche des négatifs, c'est pas mauvais mais c'est trop petit. Il faudrait presque une loupe pour bien distinguer. En dehors de ces quelques petites imperfections qui m'empêchent de lui mettre un 5/5, je lui laisse généreusement le 4 et je conseille vivement l'achat, bien qu'il soit relativement cher, car c'est le genre de BD qu'il faut pouvoir relire, de photos qu'il faut pouvoir revoir, de passages sur lesquels il faut pouvoir réfléchir encore. Vraiment une très belle BD.

14/01/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Comme beaucoup, c'est le parti pris graphique mêlant vraies photographies et un dessin minimaliste, tant dans le trait que dans la couleur, qui me rebutait. J'ai longtemps hésité à me lancer dans la lecture de ces trois tomes pourtant encensés. Comme quoi, il faut savoir passer au dessus de ses préjugés pour découvrir les pépites que recèlent des blocs si peu avenants. Car une fois lancé sur les traces de ce médecin de terrain et photographe dans les fins fonds de l'Afghanistan des années 80', en pleine guerre contre l'URSS, on est captivé, saisi, littéralement happé par le récit qu'on nous balance. C'est tout simplement d'une justesse incroyable, emprunt d'une humanité qui fait chaud au cœur, mais aussi d'une grande rudesse dans le choc des cultures qui nous est ici exposé sans jugement. Et c'est ce qui à mes yeux fait la force de cette BD documentaire. Moi qui ne suis pas spécialement adepte du genre, mais qui sait l'apprécier quand il est bien mené, j'ai complètement accroché à cette histoire qu'on nous rapporte. Témoignage clé sur l'envers d'un décor que je ne connaissais qu'à travers des images d'Epinal un peu galvaudées, cette série a changé mon regard sur ce pays, les conflits qui s'y sont passés, sur les gens qui l'ont subi et m'a permis d'appréhender les conflits actuels qui y perdurent de façon nouvelle. Et puis franchement, les péripéties de notre médecin sont dignes d'un bon vieux roman de Jules Verne ! Quel courage et quelle inconscience en même temps ! On ne peut être qu'admiratif devant ce qu'il accomplit. C'est sans conteste un témoignage incontournable sur l'Afghanistan et une période tragique de son histoire, mais aussi sur un peuple et sa façon de vivre dans un pays rude et méconnu. Et ce parti pris graphique, tout aussi aride en début de lecture, sait lui aussi donner l'essentiel et donne toute sa force et sa richesse au récit qu'on nous a transmis. A lire impérativement !

22/03/2013 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Je rejoins l'avis de Mc Arthur concernant la "mise en route". J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cette oeuvre ; le trait simpliste (surtout les fonds de cases) et certains enchainements de photos difficilement "lisibles" m'ont d'abord rebuté. Mais je voulais aller plus loin dans l'histoire. Concernant celle-ci, je dois dire que j'ai pris mon pied à suivre cette aventure, dont le côté humain est vraiment fort. On en ressort en ayant appris des choses, vu des évènements sous un certain angle qui ne nous est pas habituel et qui permet de remettre en perspective d'autres points. Contrairement à ce que dit Roedlingen dans son avis, j'ai apprécié cette neutralité, ce côté "découverte brute", effectivement l'auteur ne prend pas parti dans ce conflit, mais est-ce ce qu'on lui demande ? N'oublions pas non plus l'aspect géopolitique qu'il y a derrière, entre l'URSS de l'époque, grande méchante des années Reagan et les combattants afghans que les occidentaux ont armés, équipés, formés et qui quelques décennies plus tard sont passés de l'autre côté de notre miroir.... Et j'irai même jusqu'à dire qu'un reporter doit révéler des faits, pas les transformer au travers de son propre prisme. J'ai vraiment pris un grand plaisir de lecture. Une série à conseiller.

26/07/2012 (modifier)
Par Tomeke
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Sans la moindre hésitation, j’attribue à cette superbe série la note maximale et un coup de cœur ! S’il m’a fallu quelques planches pour me plonger dans le récit, je n’ai plus pu décrocher par la suite, étant complètement passionné par cette extraordinaire aventure humaine. Comment rester de marbre devant le travail de l’équipe de MSF ? Devant le sort du peuple afghan ? Et puis surtout devant le sort de Bernard Lefèvre, le photographe ? Car il est bien question d’un périple physique incroyable mais tellement riche sur le plan humain. Je me suis parfaitement identifié au photographe et j’ai éprouvé à son égard une très grande empathie. C’est tellement rythmé et passionnant que le lecteur s’attache aux différents protagonistes et ressort franchement bousculé de sa lecture. Même s’il m’arrive de vivre des événements assez étonnants dans mon boulot, je dois dire que cet album m’a vraiment interpellé au regard de la vie sécurisée dont nous profitons… Cette aventure est pourtant bien réelle et les clichés photographiques de Bernard Lefèvre sont là pour nous le rappeler. Alternant un dessin assez simpliste, comme dans La Guerre d'Alan, avec des photos, j’ai adoré l’approche graphique de l’album. Le minimalisme du trait m’a moins dérangé dans cette série, car il sert parfaitement l’insertion des clichés photos. C’est très habilement transposé et le résultat final est à la hauteur du documentaire. Il est à noter que l’édition intégrale propose un dvd qui est assez appréciable en fin de lecture. Une fois encore, la BD a réussi à m’émouvoir et à m’étonner. Ce carnet de voyage fait incontestablement partie du must de ma bibliothèque. Cette lecture fut un pur moment de bonheur et me fait dire que ma passion pour la bande dessinée a encore de très beaux jours devant elle…

15/01/2012 (modifier)

C’est l’histoire d’un mec, un photographe qui veut se prendre pour un héros, enfin un de ceux qui veulent aller sur le terrain pour voir et pas seulement se contenter des récits de voyage déformés que l’on peut entendre. Alors il va rejoindre les médecins du monde, ces gens merveilleux, désintéressés et totalement au service de leur prochain qui montent un convoi dans une zone où l’un des conflits les plus durs dure depuis de très nombreuses années. C’est sûr que faire le chemin Afghanistan - Pakistan, ça va changer de la banlieue parisienne. Alors le voilà au milieu d’une troupe hétéroclite de héros, médecins, logisticiens et autres bénévoles connaissant les coutumes permettant de mener à bien ce service d’aide à des gens qui ne connaissent plus que la guerre. Il va être averti, soudain le puissant occidental va devoir accepter toute une culture pour pouvoir faire ce chemin. Tenue, comprendre qu’il faut faire profil bas, bref notre aventurier de pacotille va partir avec son appareil photo. Et pendant deux tomes, on va s’ennuyer comme pas possible. Le lecteur émerveillé découvrira que la guerre ça fait des blessés moches, que la notion de survie se fait de tous les instants, que l’on va devoir traiter avec des méchants trafiquants pour pouvoir passer sans problème, que la démocratie et toute ses chimères parait très loin à partir du moment où la simple survie est en jeu qu’il y a des gentils chez les méchants et des gentils assez méchants, bref que c’est moche la guerre. Ah oui, dans le lot il y aura tout de même quelques photos chouettes (mais très peu) mal mises en valeur par l’édition. Le lecteur verra des opérations vitales exercées dans des conditions plus que sommaires. Et alors ? A aucun moment il n’y a implication de l’auteur. Il reste étranger à tout cela en faisant un boulot de reportage comme on pourrait en faire sur la reproduction des amibes en zone profonde, je crois même que ça m’aurait plus intéressé tant ce qui nous est raconté dans ces deux tomes n’est qu’une succession de poncifs impersonnels. Le lecteur n’a aucunement l’impression d’avoir vécu à son tour ces aventures certes très intéressantes d’un point de vue individuel mais que l’auteur n’arrive absolument pas à transmettre. La faute à la narration, peut-être, mais surtout à une impression de neutralité absolument inconvenante en ces circonstances. A ce stade j’ai détesté. Et puis une lueur d’espoir, notre narrateur doit sentir que pratiquement tout lui a échappé car il a été bercé dans un confort relatif grâce à tous ses accompagnateurs, il souhaite rentrer seul (et je ne suis pas certain que ce soit par individualisme comme il le montre dans son récit). L’unique raison d’avoir poursuivi la lecture tient dans cet espoir que j’avais qu’enfin il rentrerait dans le sujet, forcé qu’il serait de voir la réalité à son retour solitaire. Et là tome 3, chapeau. Ça change tout de devoir être maître de soi-même, le voilà le vrai apprentissage, et du coup le vrai partage avec le lecteur qui semble enfin arriver à percevoir les émotions et partager une expérience humaine. Enfin le récit est crédible, et ne nous parle pas de l’incroyable talent des médecins du précaire où des horreurs des mutilations de guerre. Vous ressentez cet abandon du cheval dans ce col, vous mourrez de peur, seul lâché par vos accompagnateurs, vous ragez contre de loup flairant la brebis égarée qui a de la monnaie à cracher. Maintenant le récit à du liant et du vécu, il permet enfin de transmettre autre chose qu’un récit stéréotypé dont le lecteur connait la teneur avant même d’avoir lu le récit. Simple façon de le voir ? N’avez-vous pas senti le furoncle comme beaucoup plus douloureux que tous ces mutilés des tomes un et deux à demi conscients ? Voilà le reportage de qualité… Le mélange dessin-photos m’a empêché de rentrer de suite dans le récit, d’autant que la qualité graphique ne semble pas être le souci de notre aventurier naïf. Mais il permet de jolies vues et surtout finit par devenir un outil narratif là ou cela semblait assez hétérogène en début de tome 1. Au final le tome 3 sauve l’ensemble, comment noter une série sur laquelle je mettrais aux tomes 1&2 et au tome 3. Un «bof» de moyenne ne me semble pas du tout correspondre au ressenti global. Et puis pour qu’il y ait ce tome 3 brillant, il fallait bien faire le voyage aller…

09/01/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Pasukare

Voici un pavé qu'il est bien difficile de lâcher une fois entamé ! Et pourtant je suis loin d'être une adepte de la BD reportage sur sujet d'actualité. Jusqu'à présent, malgré sa bonne réputation, je ne m'étais jamais laissée tenter par l'emprunt et encore moins l'achat, et c'est en lisant Les Ignorants que l'envie est venue. En effet, dans cette BD, Davodeau fait lire "Le photographe" à son ami Richard (qui pour une fois ne s'endort pas dessus comme pour ses autres découvertes BD, bien au contraire) puis lui présente d'une part Emmanuel Guibert - qui raconte comment la rencontre avec le photographe et toute l'aventure elle-même l'a marqué à jamais - puis les deux médecins reconvertis en producteurs de vin dans le vignoble bordelais. J'ai entamé ma lecture sans grande conviction malgré tout : ce mélange pas super esthétique de photos souvent trop petites et de dessins d'un style qui n'est pas pour m'enthousiasmer outre mesure n'était vraiment pas très attirant pour quelqu'un comme moi qui donne beaucoup d'importance à la beauté du dessin en bande dessinée (ce qui m'amène souvent à la déception côté scénario soi dit en passant…). Et puis tout doucement, au fil des pages et de la narration du photographe mes yeux sont restés accrochés, mes mains tournaient les pages les unes après les autres sans trouver d'occasions de faire des pauses : cette aventure de plusieurs mois d'un photographe au milieu d'une mission de Médecins Sans Frontières en Afghanistan est extraordinaire et passionnante ! Ces humanitaires font face à des difficultés monumentales et prennent des risques considérables pour aller soigner et porter secours dans des coins complètement reculés, risques qu'ils reprennent sans hésiter quelques mois plus tard tellement ils sont attachés aux populations locales qu'ils croisent et aident. Les Afghans – hommes, femmes, enfants, vieillards - qui pour moi jusqu'à présent n'étaient que des individus déshumanisés et interchangeable vus par l'œil rectangulaire de la télévision, prennent vie et montrent un visage "humain" (pas toujours très reluisant d'aileurs) et j'ai compris ce qui pouvait motiver ces hommes et femmes exceptionnels à faire ce métier pour le moins inconfortable, erreintant et risqué. Ma petite vie occidentale pépère me semble bien fade à côté… ce n'est pas pour autant que je me sens capable d'en faire autant ; moi aussi, comme Didier (le photographe), j'ai envie de leur dire mon admiration à chaque page ! Empruntez-le, achetez-le, offrez-le sans risque, c'est un témoignage exceptionnel ! Et comme le suggère Monsieur Davodeau dans ses "Ingnorants", je vais peut-être m'intéresser à La Guerre d'Alan d'ici peu.

12/12/2011 (modifier)