Rork

Note: 3.39/5
(3.39/5 pour 18 avis)

Du fantastique proche de Lovecraft


Andreas Auteurs Allemands Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc, Bruxelles Journal Tintin

Sans âge, la chevelure longue et blanche, les traits austères, Rork vient d'un monde parallèle et voyage dans le temps et l'espace. Tantôt simple spectateur, tantôt acteur, il est le centre de convergence des forces contradictoires. Echapper à l'influence de ces forces contraignantes et parvenir à maîtriser son propre destin : tel est l'objectif de ce personnage aussi attachant que déconcertant. TEXTE LOMBARD

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1984
Statut histoire Une histoire par tome 8 tomes parus
Couverture de la série Rork
Les notes (18)
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27/05/2002 | ArzaK
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai lu pour le moment le premier tome de l’intégrale, qui regroupe les 3 premiers albums, mais aussi un tome inaugural (tome 0), semble-t-il inédit en album, ainsi que plusieurs autres histoires plus courtes. Dès l’entrée en matière, ce qui frappe, c’est le dessin très ciselé, stylisé, d’Andréas. Le premier album est en Noir et Blanc, ce qui rend encore plus impressionnantes ses architectures, ses décors, disproportionnées par des perspectives audacieuses (à mi-chemin entre Escher et Schuiten parfois). Un dessin très beau, au passage... Et qui s’accommode presque mieux de ce Noir et Blanc que de la couleur utilisée pour les histoires suivantes je trouve. Si le dessin m’a immédiatement accroché, j’ai eu bien plus de mal à entrer dans l’histoire, dont l’abord s’est révélé difficile. Un peu trop hermétique quand même. Il faut dire que ce « tome 0 » (« Les Fantômes ») est très dense, avec beaucoup de textes, qui plus est écrits en tout petit dans les bulles ou hors des cases. Cela se fluidifie quand même après, avec un ensemble nettement plus aéré dans ce domaine (même si le dessin de ces albums plus vieux d’une vingtaine d’années est clairement moins épuré, avec un trait plus gras – mais joue déjà sur les hachures). Mais aussi des « cases » découpées dans tous les sens – comme pouvait le faire Druillet, des cadrages osés, des perspectives surprenantes (nombreuses contreplongées, décors grandioses) : tout ceci est assez original. Au départ, les différents « chapitres » sont assez obscurs, comme l’est le lien censé les unir. Ce n’est que petit à petit qu’on se familiarise avec Rork, son univers, son histoire, ses pouvoirs. Graphiquement et au niveau narratif, j’ai trouvé qu’avec le troisième tome, on passait un cran au-dessus. Au final, je ne sais pas trop quoi penser de cette série. J’ai vraiment beaucoup apprécié le dessin (et préféré les passages en Noir et Blanc, même si certaines planches en couleur sont très belles). Les intrigues sont par contre plus difficilement appréhendables. Il faut s’accrocher je trouve, ce n’est pas forcément une lecture « facile ». Certaines prouesses graphiques me font arrondir aux quatre étoiles. Je serais sans doute un chouia moins enthousiaste pour ce qui est des histoires – même si, une fois évaporé le brouillard de leur construction, elles révèlent quand même leur beauté cachée.

08/04/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Cette série fait partie de mes premières acquisitions, il y a de cela quelques années. J'étais fan, il faut dire que dans le même temps je lisais E. Poe et H. Lovecraft. Ceci expliquant donc cela. Une relecture récente mais fait modérer mon enthousiasme de l'époque. Concernant le dessin mon avis n'a pas changé avec le temps, Andréas est un grand bonhomme et même s'il s'épanouit dans le genre fantastique il n'a pas son pareil en ce qui concerne les architectures, les perspectives délirantes. Ses découpages et la mise en case sont assez exceptionnels. Côté scénario c'est plus compliqué, encore que je n'ai pas dit que son dessin était simple. Comme l'a dit un autre posteur, il faut prendre son temps car tout cela est fort complexe. Je comprends les avis plus négatifs, mais il est vrai que si l'on aime pas cet univers "Lovecraftien", Rork peut s'avérer assez imbuvable ou du moins trimballant un mysticisme à la petite semaine. Bien que le temps ait passé ma relecture à été plaisante et Andréas à réussit à ma capter comme aux premiers temps.

29/03/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Dès son apparition dans le journal Tintin , ce personnage surprend le lectorat du journal, peu habitué à ce type de bande dont le moins qu'on puisse dire, est qu'elle est déconcertante. Je m'en souviens très bien, ça m'a interpellé d'abord par le graphisme qui était proche alors du grand Berni Wrightson, mais quand j'ai commencé à lire la Bd, je venais de mettre les pieds dans un monde qui n'est pas le mien. Je n'ai en effet jamais trop apprécié les mondes hallucinés de Lovecraft, ce fantastique là m'a toujours rebuté par rapport au fantastique plus gothique de Poe, que je préfère de loin. Aussi, je reconnais qu'Andréas est un dessinateur qui gagne sûrement à être connu, il use de perspectives, d'un découpage et d'une mise en page aux cadrages virtuoses et inhabituels à cette époque, conférant à sa série un style très personnel, qui surprend par son audace. Puis, son graphisme a changé, je n'avais pas envie de persévérer dans une Bd où je ne comprenais rien. C'est une bande à l'univers très spécial, plutôt hermétique, on choisit de rentrer dedans ou pas ; pour moi, le choix a vite été fait.

26/09/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
L'avatar du posteur Spooky

Etrange la façon dont j'appréhende cette série. je l'avais déjà abordée dans le journal Tintin des années 1980, avec des "morceaux" qui m'avaient donné une impression d'étrangeté autant qu'une fascination, qui ne s'expliquera qu'un peu plus tard, lorsque je découvris Lovecraft et son oeuvre si particulière. Et en visitant une magnifique exposition sur Andreas à l'occasion du festival d'Angoulême avec l'auteur en personne, je me suis rendu compte qu'il s'agissait d'un manque inacceptable à ma culture de bdphile, même si je suivais sa série Capricorne de façon plus ou moins fidèle. Il semblait que Rork constituait, en quelque sorte, l'essence de son oeuvre. Lorsque j'eus la chance de trouver les 7 premiers tomes de la série, je sautai donc sur l'occasion et les dévorai en l'espace de deux soirées. Et j'ai retrouvé mes sensations d'enfance : des abysses phénoménaux, des engins vertigineux, des personnages énigmatiques et des constructions narratives tout sauf linaires. Et même 30 ans après, j'ai l'impression de ne pas avoir tout compris, mais l'impression générale est celle d'une oeuvre de toute première importance, que je suis heureux de (re)découvrir. Comme l'a indiqué PAco, le style est un poil balbutiant au début, mais dès le troisième tome Andreas approche de sa maturité graphique, pour s'y tenir et y être encore, 30 ans après... A lire absolument.

20/08/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5
L'avatar du posteur PAco

Rork, c'est LA bd qui m'a plongé dans le fantastique. J'ai découvert l'OVNI dans les années 80' alors que la série était loin d'être terminée. J'avais adoré ! Et puis... c'est une dizaine d'années plus tard que je suis retombé sur cette série qui avait nourri mon imaginaire de pré-ado et pris de l'ampleur depuis. Sans hésiter, je me suis acheté la série, et c'est toujours avec autant de plaisir que je me replonge régulièrement dedans (ainsi que dans les autres oeuvres d'Andreas). Car Andreas est pour moi un auteur à part. Un auteur capable d'une créativité, d'une réflexion et d'innovation, comme peu le sont aujourd'hui. Toujours capable de surprendre sur ses mises en page, toujours à même d'évoluer dans son style de dessin et sans égal pour nous conter des histoires fantastiques alambiquées, mais d'une logique implacable. Et Rork est l'illustration parfaite de son savoir faire. Si les 2 premiers tomes nous proposent un dessin très 70', on sent déjà une patte très personnelle qui va évoluer très rapidement dans les tomes suivants pour aboutir à son style si particulier. Et sa maîtrise du noir et blanc est impressionnante dans ses planches hachurées ! Côté scénario, eh bien là, il faut prendre son temps. Ce n'est pas le genre de BD qu'on va lire vite fait sur le trône ou je ne sais où. :p Il faut s'imprégner de cette atmosphère très Lovecraftienne que s'approprie et nous restitue Andreas. Et surtout ne pas en perdre une miette jusqu'au dénouement final ! Andreas nous propose en effet au travers de Rork un véritable labyrinthe ou casse tête chinois qui se dénoue petit à petit pour finalement prendre tout son sens dans la globalité de la série. Une oeuvre entière comme trop peu savent le faire !

19/12/2008 (modifier)

Au début sur les 2 premiers tomes, on est forcément intrigué. Rork reste très mystérieux et on cherche les clefs pour comprendre et assembler le puzzle de ses aventures. Mais finalement, très vite on sent la série à rallonge qui n'en finit jamais. Les aventures de Rork prennent des dimensions qui s'éloignent de toute réalité, toute limite, des invraisemblances commencent à se produire... bref, les défauts types des séries sans fin. Et comme le dessin est d'un classicisme un peu vieillot, cette série porte peu d'intérêt pour moi.

23/04/2008 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

On m'avait dit le plus grand bien pour cette série et c'est donc avec joie que j'ai trouvé les cinq tomes de la série à la bibliothèque. J'ai été plutôt déçu à la lecture. Les deux premiers tomes sont assez intéressants à lire, mais ça reste un peu confus et je n'ai pas tout très bien compris. Les trois autres tomes m'ont emmerdé et le scénario m'a largué. Je trouve que certaines choses sont mal exploitées comme Pharass qui est un personnage qui méritait mieux qu'un second rôle dans le tome 2. Le dessin d'Andreas est très beau à voir, mais je trouve qu'il fait trop de pages avec une ou deux cases et sans trop de texte.

13/01/2008 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Erik

C’est la première œuvre complète d’Andréas que j’avise. J’ai toujours eu peur des remarques du genre « soit on aime, soit on déteste » l’auteur car c’est très spécial. Je suis plutôt difficile dans mes choix surtout à force et à mesure de lire énormément de bd. J’aime pouvoir démêler un scénario complexe mais encore faut 'il que cela ne soit pas confus. Il faut bien reconnaître que les techniques narratives de l’œuvre sont bien au-dessus du lot. On décèle ici et là les métaphores utilisées par l’auteur pour décrire le monde réel. Rork est un personnage intéressant qui vit des aventures surnaturelles et fantastiques. Il aime résoudre les énigmes, s’intéresse au paranormal et aux légendes. C’est à la fois un être cultivé qui sait décrypter les écritures anciennes mais également un super héros aux pouvoirs très spéciaux. Le graphisme paraît époustouflant mais il faut aimer car il peut apparaître par moment assez obscur. La mise en case est des plus astucieuse. On est vraiment au cœur d’une œuvre tout à fait originale et presque avant-gardiste. Je n’ai pas encore découvert Capricorne ou Arq. Je n'ai pas encore été sous le charme total de l'auteur. Je comprends qu'on puisse apprécier son talent. Après, il faut que cela nous parle et que cela ne soit pas trop hermétique.

18/10/2007 (modifier)
Par Arno
Note: 2/5

Il est difficile d'ajouter quelque chose après la phrase sublime de sagera ci-dessous : "Le fil existant entre le chef d'oeuvre incontestable et l'ovni incompréhensible est ténu." J'ai parcouru Rork avec une certaine admiration et sans aucun plaisir. Les péripéties m'ont laissé complètement froid, tout en apercevant pourquoi d'autres peuvent les trouver fascinantes. Quant à l'auteur, je me demande encore s'il est génial, genre catégorie d'exception, ou s'il est pathétiquement ridicule à se prendre ainsi au sérieux. Mais c'est ma théorie générale pour tout récit : Dès qu'il y a mondes parallèles, le récit est foutu, car l'univers fictif n'a plus de règles, et les personnages n'ont plus de propriétés. En tout cas Rork est à voir absolument. C'est un cas à connaître, un extrême, une tentative, une exploration artistique et fictionnelle, une référence, au sens d'un repère géographique, qu'on essaiera, au choix, d'approcher ou d'éviter.

20/09/2007 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Rork est âgé de trois siècles.. Grâce à ses pouvoirs alchimiques, il peut traverser temps et espace... Rork fait son entrée dans l'hebdo Tintin n° 47, 33ème année, du 17 Novembre 1978. La première histoire qui s'offre aux yeux des lecteurs va vite diviser ces derniers en deux clans : ceux qui adorent, ceux qui détestent. Mais la série ne va laisser personne indifférent... L'auteur brouille volontairement les cartes, surprend une grande partie du lectorat par son style de découpage des planches, sa narration proche des "comics" américains, use d'un style graphique qui fait penser à certains auteurs des magazines genre "Creepy", "Vampirella",... Cette épopée véritablement baroque sera d'abord éditée en 1983 en album broché tiré à 850 exemplaires. Elle prendra sa "vitesse de croisière" l'année suivante -en éditions cartonnées- pour se terminer en 1993. Et l'auteur ?... De son vrai nom Andreas Martens, ce dessinateur-scénariste, de nationalité allemande, est né à Weissenfrels le 03 Janvier 1951. Cet auteur s'est installé en Bretagne, laquelle n'est vraisemblablement pas étrangère à son inspiration.

24/08/2006 (modifier)