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Comanche

Note: 3.79/5
(3.79/5 pour 28 avis)

Red Dust arrive au ranch de Comanche...Du Jeremiah pour plus jeune, mais très lisible


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Greg Journal Tintin Le Lombard Les Roux ! Sioux et Cheyennes [USA] - Rocky Mountains States - Les Rocheuses

Comanche, jeune blanche, essaye de survivre avec son ranch 6-6-6. Ten Gallons, son vieil ami qui l' a recueillie plus jeune, essaye de l'aider tant bien que mal.... Mais voilà qu'arrive Red Dust, cowboy solitaire et fin tireur, qui va les aider à remonter le ranch. Bien sûr, ils vont, en passant, éviter une guerre indienne, éliminer une famille de gangsters.... Red Dust va passer un peu de temps dans un pénitencier pour avoir fait justice soi-même, etc... Les premiers pas des habitants de l'Ouest pour essayer de "civiliser" et moderniser un monde on ne peut plus sauvage...

Scénariste
Dessinateurs
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1972
Statut histoire Une histoire par tome 15 tomes parus
Couverture de la série Comanche

13/10/2001 | Loïc
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Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Josq

Les conseils de l'ami Agecanonix et mon goût immodéré pour Greg, un de mes auteurs de bande dessinée préférés, ne pouvaient pas me faire passer plus longtemps à côté d'une de ses séries phares, que j'ai pourtant ignorée jusqu'à il y 2 ou 3 ans. Et indéniablement, on est là sur du très, très gros calibre... J'ai un rapport un peu ambivalent au western : étonnamment, ce n'est jamais (ou rarement) un genre dans lequel j'ai spontanément envie de me plonger, alors même que je reconnais sans aucun problème qu'il a donné des films et des bandes dessinées parmi les meilleurs de l'histoire de leur art. J'ai d'ailleurs grandi avec les John Ford et les Henry Hathaway, que mon père aime tant, puis j'ai découvert plus tard les Sergio Leone, qui a imposé un style radicalement novateur et grandiose. D'ailleurs, mon film de divertissement préféré, le trop mal-aimé Lone Ranger est un formidable hommage à tout cet héritage, particulièrement l'extraordinaire Il était une fois dans l'Ouest. Bref, donc j'ai commencé Comanche comme tout western : un peu à reculons, tout en espérant trouver une grande richesse narrative et humaine dans le récit. Et indéniablement, Greg a dépassé toutes mes attentes ! Le coup de cœur a été presque immédiat. Dès le premier tome, on atteint une forme de perfection presque absolue, tant l'alchimie entre le dessin d'Hermann et le scénario de Greg est totale ! L'auteur renoue avec le plus pur style leonien, et se l'approprie avec un génie impressionnant. J'ai rarement lu une saga où les personnages étaient aussi bien développés. Comme dans le meilleur des westerns, le recours à cette époque et à ce lieu n'est pas gratuit, il permet de nous livrer une impressionnante étude de caractères, au croisement de deux mondes, un ancien qui prend fin et un nouveau qui peine à débuter. Cette charnière dans l'histoire des Etats-Unis et finalement, de l'Humanité, Greg l'illustre à merveille, et c'est ce qui fait de Comanche un vrai chef-d'œuvre à mes yeux. On voit sous nos yeux un monde mourir au profit d'un autre, qui tente d'être meilleur sans parvenir à tracer la voie qui correspond à ses idéaux. Au service de cette représentation saisissante d'un monde et d'une époque, les personnages sont des prodiges de nuance et de subtilité. Je ne saurais dire quel est mon personnage préféré, tant chacun est attachant et complexe. Et pourtant, ce qui me fait apprécier la saga encore plus, on ne sombre jamais dans le relativisme visant à supprimer toute notion de "méchant" et de "gentil". Certes, chaque personnage porte sa part d'ombre, mais on peut tout de même trouver nos repères, entre des "bons" et des "mauvais", sans que ces repères soient jamais caricaturaux. Beaucoup d'artistes (auteurs comme scénaristes de film) devraient en prendre de la graine, aujourd'hui... Enfin, comme dit ci-dessus, le dessin d'Hermann est vraiment excellent. Si je préfère le style des premiers tomes à celui, un peu plus lisse, qu'il développe à partir du tome 6, il trouve en tous cas le parfait équilibre graphique pour représenter à sa juste valeur le Far West. C'est sale, mais jamais trop, c'est réaliste mais juste assez stylisé pour garder la distance nécessaire à une bande dessinée, c'est à la fois noir et envoûtant. Non, vraiment, c'est quasiment parfait, j'adore toujours ouvrir un tome de Comanche pour replonger, ne serait-ce que quelques minutes, dans cet univers âpre et lumineux à la fois, où le pire et le meilleur de l'humanité cohabitent parfois de la manière la plus étonnante qui soit. C'est une vraie odyssée, grandiose et intime à la fois, qui réconcilie tous les extrêmes pour créer une des formes les plus parfaites de bande dessinée qui soit. Si je devais expliquer à un néophyte comment on peut atteindre une véritable forme de pureté dans l'art, je lui mettrais un tome de Comanche entre les mains. Ce serait plus éloquent que n'importe lequel des discours.

10/03/2021 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

En fait je n'ai découvert "Comanche" que très tardivement, je crois même que c'est à l'époque ou Hermann l'avait déjà abandonné pour se consacrer à Jeremiah. C'est donc plus l'auteur que j'ai suivi que l'histoire, le western proprement dit. Du western je n'étais pas très féru, tout au plus avais je lu quelques Blueberry. Ce qui ma vraiment plu dans "Comanche" c'est le dessin d'Hermann, je reconnais aux scénarios une belle inventivité dans cette unité de lieu qu'est le Triple Six. Pour le reste j'avoue ne pas en avoir gardé un souvenir impérissable. Ma note reflète donc plus mon attrait pour le dessin, à ce titre je n'est jamais lu les aventures de "Comanche" dessinées par M. Rouge. Ceci dit une très bonne série pour découvrir la BD et le western

01/09/2018 (modifier)

Le western, pour être parfaitement honnête, ne m'intéressait que très modérément auparavant. Il a fallu que je lorgne du côté des grands classiques de la bd franco-belge pour que naisse chez moi une vraie passion enthousiaste pour ce genre. Blueberry reste à mes yeux le modèle mondial et absolu, mais Comanche le talonne de très très près. Comanche narre un far-west en pleine transition, à bascule entre l'ancien et le nouveau monde. La conquête de l'Ouest par les colons européens venus d'au-delà du Mississipi bat son plein avec le gouvernement américain pour chef d'orchestre. A côté des chemins de fer qui commencent à zébrer le paysage, les villes poussent comme des champignons. L'une d'entre elles, Greenstone Falls, voit l'arrivée d'un cow-boy pas comme les autres, Red Dust. La série est centrée sur Red Dust et le ranch convoité, le Triple Six (666), qu'il tient en compagnie d'acolytes de circonstance. Comanche, Clem Cheveux Fous, Toby Face-Sombre, Ten Gallons...des surnoms étranges mais une troupe unie plongée dans les tourments d'un monde dur et violent ou le revolver fait la loi. Tous les tomes sont d'une très grande qualité mais la série devient réellement passionnante à partir du tome trois, en particulier la fusillade nocturne à la fin, magistrale et oppressante, qui parvient à nous happer complètement. Le tome suivant jusqu'à la mort de Reeves est du même tonneau, elle est un superbe chef d'oeuvre ou l'on touche au sublime. Ce qui vient ensuite met en exergue les différentes évolutions des protagonistes et de l'environnement : Greenstone Falls s'agrandit, le cow-boy se range et devient shérif, Comanche s'embourgeoise. cette bd sous bien des aspects peut être perçue comme une sorte de fresque historique exposant la transfiguration de l'Ouest, ou comment un lieu sauvage et aride mute en civilisation moderne. La réalité du Grand Ouest n'est pas enjolivée et c'est un parti pris que j'ai beaucoup apprécié de la part de Greg et d'Hermann. Ici nous sommes loin de l'univers rigolo d'un Lucky Luke : Tout se règle dans le sang, les règlements de compte trouvent leur épilogue dans la boue et l'obscurité d'un coin sordide, et les destinées personnelles s'achèvent la plupart du temps sur une note tragique. Assurément c'est ce qu'il y a à retenir de ce Grand Ouest dans Comanche : la violence. Une violence permanente, une violente ostentatoire, étouffante. Je pose bien évidemment le cachet d"oeuvre culte" à cette magnifique bande dessinée. C'est un plaisir de suivre ce Red Dust, à califourchon sur son canasson, pourchassant entre les mesas ensoleillées les pires ordures qui peuplent les Etats-Unis et c'est un plaisir spécial du 9ème art que de pouvoir porter témoignage sur cette époque incroyable où le croisement de populations hétérogènes pouvait faire qu'un rouquin, une femme, un Cheyenne, un blondinet, un moricaud et un vieillard pêchu tissent des liens d'amitié et combattent ensemble les maîtres du crime.

14/08/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Cette série est devenue un grand classique du western en BD, alors même qu’au départ – en partie pour se démarquer d’autres séries (Blueberry en tête) –, Greg a pris le parti d’ancrer son univers certes dans l’Ouest profond (le Wyoming), mais de le centrer sur la vie d’un ranch et de ceux qui y vivent. Autre particularité, la mise en avant de Comanche, héroïne féminine qui donne son nom à la série. Mais en fait le vrai héros est bien Red Dust, qui intègre son équipe au début du premier tome. C’est bien lui que nous suivons (parfois loin du ranch 666 d’ailleurs), et lorsque je lisais les albums, je me demandais quand lui et Comanche allaient s’avouer leur amour. Mais tout reste dans le non-dit (et donc le non consommé), c’est d’ailleurs en partie cette frustration qui fait partir Red Dust un moment (mais aussi le fait que lui, contrairement à Comanche, ne cherche pas à s’adapter à la modernité, aux nouvelles mentalités qui se développent dans la région en même temps que se développe la ville voisine du ranch, Greenstone Falls. Autre curiosités, la constitution de l’équipe autour de Comanche. Outre Red Dust, nous avons un Cheyenne, un Noir, un vieux (mais ce vieux sage chaperonnant la jeunette est un grand classique). Improbable, mais la mayonnaise prend – même si parfois Greg frôle la mièvrerie (sans l’atteindre). Comme Blueberry, Red Dust et donc souvent accompagné de personnages typés. Et comtesse, la tenancière de saloon qui n’a pas froid aux yeux, est un pendant de Guffie dans Blueberry. Je trouve juste que Charlier réussit mieux ses « méchants » que Greg. Les 4/5 premiers tomes sont les meilleurs, les scénarios de Greg étant bien réussis, la suite étant plus inégale (le dernier tome avec Hermann étant moins bon, les autres avec Rouge m’intéressant moins). J’ai évoqué Hermann, mais il aurait presque fallu commencer par là. En effet, c’est je crois la première série où son talent éclate, mais alors vraiment ! Quel coup de crayon. Personnages, paysages, mouvements, tout est réussi, avec des cadrages très cinématographiques (plusieurs vues en contre-plongée de villes sont très chouette). Et avec Comanche, il prouve surtout qu’il est capable de dessiner joliment une femme – même si je trouve que vers les derniers albums qu’il dessine, les traits, féminins en particuliers, commencent à tendre vers ce qu’il fera plus tard (et que je n’aime pas). A propos de dessin et d’Hermann, on a vraiment l’impression que cette série lui pesait, et qu’il avait hâte d’en finir, car je trouve le dessin déclinant un peu sur le dernier tome (dans lequel en plus Hermann se permet de placer d’énormes anachronismes – comme ce touriste japonais !, sans je pense en avoir référé à Greg). Voilà donc une série agréable à lire (que je place quand même bien en dessous de Blueberry), mais qui a quand même son charme), et que tout amateur de western se doit de connaître.

06/08/2018 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5

1972, une année très heureuse pour les albums western en français. Blueberry est finalement bien dessiné par Giraud (La Mine de L'Allemand Perdu) et puis il y a Comanche d'Hermann et Greg. Niveau dessin, Hermann atteindra des sommets avec Les Loups du Wyoming ou Le Doigt du Diable : le trait, la couleur, parfaits! Pas besoin de couleur directe! Greg est toujours un peu bavard et moraliste, mais avec de la distance on pardonne... surtout parce que son scénario ne se limite pas au cliché du pistolero solitaire, mais nous présente la vie d'une vraie communauté de cowboys. Je ne conseille pas les histoires après Hermann, grosse déception! Quant au Corps d'Algernon Brown, oui... peut-être les auteurs n'y étaient plus de tout coeur. Coté pinnailles, j'ai trouvé un touriste japonais avec sa Canon et une annonce Toyota... page 39 par exemple.

31/08/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

En BD réaliste western, il y a Blueberry devant, et juste après, Comanche se hisse pour moi très prés. C'est dommage que cette série ait été un peu sabordée par Hermann qui à l'époque dessinait déjà comme un dieu, pour se consacrer à Jeremiah et d'autres Bd indépendantes, je trouve que Greg aurait dû conclure après 8 albums. Quoi qu'il en soit, c'était une de mes séries préférées dans le journal Tintin, et en fan de western, j'y retrouvais plein d'images cinématographiques. Hermann va atteindre une perfection avec Comanche, et l'influence de Giraud est totalement assimilée, le trait est ici plus puissant, de même que l'influence du cinéma se reconnaît dans le découpage, les décors et les images cultes (voir la première apparition de Red Dust qui est un clin d'oeil évident à John Wayne dans "la Chevauchée fantastique" ; même posture du gars avec sa winchester et sa selle faisant signe à la diligence). A la différence des autres grandes séries de l'époque comme Blueberry ou Jerry Spring, Comanche c'est le western de la terre, car c'est d'abord la vie d'un ranch situé près de la bourgade de Greenstone Falls au Wyoming ; l'action tourne donc presque essentiellement autour de cet environnement qu'il faut rendre attractif pour retenir le lecteur. Greg, avec son génie habituel, impose des personnages solidement typés : Comanche est une jeune et jolie métisse qui a hérité de son père le Tripe Six, elle garde longtemps son tempérament farouche qui l'aide à supporter l'adversité. C'est alors qu'apparaît un jour le rouquin frisé Red Dust, sorte de cowboy tête brûlée à la force tranquille, qui a roulé sa bosse un peu partout dans l'Ouest. Très vite subjuguée par cet inconnu très habile au revolver, Comanche lui offre la place de contremaître, et entre eux vont naître des sentiments que Greg sera obligé de réfreiner (on est en 1969, et la série est publiée dans un hebdo pour la jeunesse). Mais Red va en plus acquérir une épaisseur et devenir le vrai héros de la série. D'autres personnages gravitent autour de ce faux couple pour égayer quelques séquences et donner encore plus de corps aux récits. Après un ton classique centré autour du ranch, Greg décrit un Ouest en pleine mutation, la jeune métisse est récupérée par la bourgeoisie montante et n'a plus rien de la fière rebelle au grand coeur des débuts, de même que Dust est lui aussi happé par le système en développement et devient sheriff de Greenstone Falls qui s'agrandit et reçoit le chemin de fer, il est donc responsable d'une communauté. Cet aspect est très bien démontré au fil des albums, et les derniers récits atteindront ainsi une curieuse ambiguïté. Le succès rejaillit sur Hermann, mais en 1982, il décide de se consacrer à des séries plus personnelles ; repris par Rouge, la série perd un peu en aura, mais le tout forme un ensemble d'une grande richesse, très plaisant à lire, n'hésitez pas un instant, c'est de la grande BD, surtout les 4 premiers albums qui forment un cycle tout à fait prodigieux.

06/06/2013 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
L'avatar du posteur McClure

Pour un grand amateur de western que je suis, Comanche est une étape incontournable. Au même titre que Blueberry, Cartland, Mac Coy et les autres, il entre dans mon panthéon de l'aventure bullodessinée. Si la série démarre de manière assez classique et presque sans aspérité, elle va doucement évoluer au fil des tomes vers un monde beaucoup plus désenchanté. La course vers la civilisation (ou le modernisme) de Greenstone Falls est magnifiquement rendue, des évolutions socialo-technologiques (train, sédentarisation des ranches) à la modification des valeurs humaines (politique, justice moins "arbitraire"), ce nouveau monde va passer au révélateurs les différents protagonistes, de Red Dust qui ne se reconnait plus en cette avancée à Comanche qui est avide de nouveauté et d'évolution sociale. Les albums vont se densifier au fil de l'eau avec des personnages secondaires et des "méchants" qui prendront bientôt le pas sur notre héros (les sheriffs, le doigt du diable) et qui vont faire tomber la série dans le western dit crépusculaire. Je n'accroche par contre pas sur le Corps d'Algernon Brown ni les suivants. La magie est passée et cette série aurait du être achevée bien avant. Je pense d'ailleurs qu'elle aurait pu avoir une magnifique "sad end" car le corps de la série (tomes 3 à 9) semblent nous y mener tout droit. Reste un série efficace, avec le somptueux dessin d'Hermann. Jusqu'au 9, un incontournable.

28/11/2012 (modifier)

Toujours dans ma période Hermann, j'ai acheté et lu (sur les conseils de ma libraire) les deux intégrales de Comanche, scénarisées par Greg. Soient les 10 premiers tomes de la série. Avant de lire la suite, sachez que je ne suis PAS fan de western, mais alors pas du tout ! Et bien j'ai adoré. Purée, qu'est-ce que c'est bien. Bien raconté, sauvage, intelligent, bien ancré dans l'Histoire. Dingue que cette série ait été diffusée dans un journal pour gosses à l'époque ! Bref, j'ai redécouvert le genre. Je ne compte pas en revanche investir dans les autres volumes, qui ne sont plus dessinés par Hermann. Cette série m'a donné envie de découvrir la série télé Deadwood, et bien j'adore aussi ! Dingue ! Mais bon, je le reprécise : je ne suis PAS fan de western, mais alors pas du tout ! On ne m'y reprendra pas ! Non mais !!

18/06/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Pour la période « moderne », illustrée par Michel Rouge, je me cantonnerai à dire que je n’ai jamais réussi à digérer le choc dû au passage de Herman à ce (pourtant talentueux) artiste. Résultat : je n’ai jamais réussi à réellement entamer un de ces albums. Cependant, et j’insiste, Michel Rouge est un illustrateur de talent, mais son style très « froid » ne m’attire pas. En ce qui concerne l’époque « Herman », je ne peux que souligner la qualité de la série … du moins durant neuf tomes, car « le corps d’Algernon Brown », s’il bénéficie d’un honnête scénario, est un réel foutage de gueule au niveau graphique. Herman multiplie volontairement les inepties, en intégrant dans le décor, tantôt un sosie de Lucky Luke, tantôt une montre à quartz. Qu’il n’avait plus envie de travailler sur la série est une chose, qu’il se moque du lecteur qui le nourrit en est une autre ! Restent donc les neuf premiers tomes. Ils sont excellents, à mes yeux. Très classiques pour des westerns, ils nous offrent des personnages charismatiques (Red Dust et Comanche en tête), des univers fidèles à notre imaginaire (de vastes espaces arides, le chemin de fer, les indiens rebelles, les bandits sans foi ni loi, et cette civilisation qui ne cesse d’avancer, au grand désespoir de l’ours qu’est Red Dust), et des aventures bien ficelées. On pourra toujours reprocher à Greg le côté très convenu de ses scénarios, mais le gaillard avait l’art de ficeler des histoires captivantes sans aller chercher midi à quatorze heure. C’est simple et efficace, ce qui convient finalement très bien à ce genre plutôt brut qu’est le western. Une très bonne série jusqu’au tome 9. Un tome 10 que je trouve honteux. Une transition entre deux dessinateurs que je n’ai jamais su assimiler à partir du tome 11. Voilà qui est difficile à coter. Je dirai 4/5, mais à condition de se limiter à la première époque.

16/09/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je précise que je n'ai lu que les albums avec Hermann au dessin. Une bonne série de western. Les scénarios sont conventionnels au départ, mais plus on avance dans les albums, plus la série devient complexe. On a littéralement droit à l'évolution psychologique du héros et j'aime ça. Malheureusement, il y a un problème : les fins. Comme Greg fait tenir ses scénarios sur un tome, j'ai eu l'impression que certaines fins étaient abruptes. Le meilleur exemple est 'Les Shérifs'. SPOILER Pendant 30 pages, Greg met habilement en place l'atmosphère du récit et la psychologie des personnages et ça se termine en un combat sans grand intérêt. Dommage. FIN DU SPOILER. Si les histoires étaient sur deux tomes, ça aurait été mieux, mais j'imagine que Greg n'avait pas le temps de faire ça vu le nombre de série qu'il scénarisait.

04/04/2009 (modifier)