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Couverture de la série Fell
Fell

On a là un polar très noir et cynique ! Poisseux, glauque. Mais du noir éloigné des classiques romans américains où officie un enquêteur blasé avec par-dessus et chapeau mou, l’alcool et les bons mots faciles. Non, ici, le flic que nous suivons, et qui donne son titre à la série, possède bien certaines de ses caractéristiques, mais l’ambiance est toute autre. On ne serait pas trop surpris de voir surgir Annibal Lecter ou d’autres tueurs en série. L’ambiance – qui domine ici, c’est le point fort de la série, plus que les personnages, dont on ne sait finalement pas grand-chose – est souvent asphyxiante. Le dessin et la colorisation concourent à ce ressenti, à cette noirceur. Et le quartier dans lequel se déroule « l’intrigue » est sombre, indéfini (seul son nom, « Snowtown » émerge). Un nom surprenant, tant on est ici éloigné de la blancheur de la neige ! Quartier « de l’autre côté du pont », où notre inspecteur de héros a été muté – chassé, planqué, on ne sait pas, seules quelques infos nous sont distillées en fin d’album. Dans ce quartier relégué, la loi est fluctuante, mal appliquée, on vivote. Mais notre inspecteur veut la rétablir, cette loi, en même temps qu’il tente de « revivre », trouvant l’oxygène manquant auprès d’une barmaid elle aussi paumée : les deux incarnent une certaine « normalité ». Un polar d’ambiance essentiellement donc. Mais c’est assez prenant. La série est abandonnée, c’est dommage. Mais les chapitres/récits qui s’enchainent peuvent former une sorte de one-shot. La seule frustration (outre le fait que j’aurais aimé que la série continue), c’est qu’on reste sur ses questions concernant le héros, Fell, dont le nom, signifiant à la fois « tombé » et « cruel », est raccord avec son comportement. Note réelle 3,5/5.

14/09/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ténébreuse
Ténébreuse

Parfois, sans que je ne comprenne trop pourquoi, je me laisse totalement entrainer par une histoire qui me balade jusqu'au bout de son récit. Et "Ténébreuse" est le genre d'histoire où je me suis fait embarquer sans rien comprendre jusqu'au final qui m'a laissé extrêmement satisfait, sans que je ne puisse dire de la BD qu'elle est une merveille. C'est "juste" une très belle Bd, agréable et fluide qui m'a intéressé par ses thématiques et son histoire. Je trouve qu'on est dans une BD qui correspond à ce que je connais de Hubert, qui est un auteur dont j'apprécie décidément les scénarios. Il pose ici une histoire réfléchie sur le mythe de la princesse à délivrer par un chevalier errant. L'histoire prend cependant assez vite un ton inattendu, entre les trois vieilles étranges, le chevalier au passé pas très jojo et la princesse à la famille pourrie. En fin de compte, c'est principalement une histoire de famille et du poids des parents, de notre famille. C'est très intéressant et c'est assez bien mené, notamment sur la question de ce qu'on doit accepter de notre famille, et à ce niveau là je suis carrément d'accord avec le fait de rejeter le poids d'un héritage familiale ou de ne pas s'inscrire comme enfant de ses parents mais individu avant tout. Au niveau de l'histoire aussi, j'ai apprécié la façon dont les personnages principaux se découvrent et s'organisent progressivement. Il y a une certaine sensibilité et une pudeur des relations que j'aime beaucoup. C'est tendre aussi, et c'est accentué par le dessin qui donne une bouille ronde à ses personnages. Mais il joue aussi sur les décors et les couleurs, avec le fait de trancher nettement le noir de tout ce qui concerne les monstres d'en bas et les couleurs d'en haut. Je pense que j'ai un petit coup de cœur pour cette série, qui m'a plu par sa thématique mais aussi son histoire qui est franchement bien menée. Je recommande, en terme d'histoire elle a une certaine originalité et joue parfaitement bien sur sa thématique, sans déborder et avec ce qu'il faut de petits retournements de situation pour maintenir l'intérêt tout du long. Je recommande parfaitement cette BD ! La dernière chose à laquelle je pense avec cette critique est de maintenant m'attaquer à la lecture de Les Ogres-Dieux.

14/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Ce qu'il faut de terre à l'homme
Ce qu'il faut de terre à l'homme

C'est une grande surprise de retrouver Martin Veyron adapter cette nouvelle de Tolstoï. J'en étais resté à son Bernard Lermite emblématique bobo des années 80 qui avait le don de m'agacer. "... donc, Jean" m'avait déjà plus séduit et j'y avais trouvé une pensée humoristique bien plus intéressante. 25 ans après je retrouve cet auteur dans une adaptation d'un conte philosophique très bien maîtrisée. Son graphisme m'a immédiatement séduit. Quelle transformation ! Veyron a gardé sa fluidité et la souplesse de son trait mais il a beaucoup gagné (je trouve) en dynamisme, en simplicité expressive et en détails. Je trouve que Veyron s'est rapproché avec bonheur d'un graphisme style Simon Hureau. Car Veyron nous transporte immédiatement dans cet univers paysan de la Russie du XIXème grâce à la justesse de ses détails qui font honneur à la prose de Tolstoï. Le déroulé du récit est d'une excellente fluidité. Veyron prend le temps d'installer la psychologie de tous ses personnages. Il met bien en relief les interrogations philosophiques que se pose Tolstoï sur la quête de l'essentiel et du superflu ainsi que sur la très difficile question de la propriété privée et du partage des richesses. Un conte qui invite à une réflexion sur la sagesse et le discernement et qui a une portée universelle. Pour conclure une mise en couleur très riche et agréable complète et soutient la valeur d'une très belle lecture. Un grand bravo, je suis très proche de l'estimation d'Arzak avec son 5. Un très bon 4+

14/09/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Mademoiselle Sophie ou la fable du lion et de l'hippopotame
Mademoiselle Sophie ou la fable du lion et de l'hippopotame

Une belle fable sur les problèmes liés au poids. Le dessin est très beau, vraiment agréable à regarder et qui va très bien pour ce genre de récits pour enfants. J'ai bien aimé le ton du récit. On voit le récit à travers les yeux d'un enfant et c'est très bien fait. On ne tombe pas dans du gnan-gnan facile où tout se règle facilement à la fin parce que tout le monde est super gentil. Les auteurs montrent des problèmes que vivent certaines personnes de manière claire et précise. Le récit est crédible, je pourrais facilement imaginer un enfant de 11-12 ans ayant les mêmes réflexions que le héros qui grandit et va tout doucement comprendre les cotés sombres du monde des adultes (et un lecteur adulte comprendra facilement ce qui arrive à l'institutrice sans que cela gâche la lecture). Que dire de plus sinon que les personnages sont attachants et que c'est à lire si on a gardé son âme d'enfant.

13/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Goodbye my Rose Garden
Goodbye my Rose Garden

LMG vient de m'avouer qu'elle ignorait cet aspect de ma personnalité, ce coeur de midinette qui frémit, tachycarde, soubresaute devant une belle histoire d'amour. J'ai beau lui rappeller que nous avons regardé de concert Orgueil & Préjugés, avec le beau Colin Firth pour elle et un scénario bien tourné pour moi, rien n'y fait : elle se moque. Certes, le préambule est hasardeux mais Goodbye my Rose Garden est clairement une belle et très fleur bleue histoire d'amour dans l'Angleterre de 1900. Il est difficile de ne pas penser aux oeuvres de Jane Austen mais aussi à des oeuvres plus modernes telles que celles de Kate Chopin ou de Sarah Orne Jewett (et si ces noms ne vous disent rien, n'ayez aucune honte, je les ignorais avant de commencer cette lecture... mais j'y reviendrai). Certes, le récit reste assez simple et est très certainement bien plus destiné aux jeunes filles en fleur qu'aux vieux cons en barbe mais il a réussi à me toucher par bien des aspects. Tout d'abord, il y a l'accroche de départ, ce pacte étrange qui va lier les deux héroïnes, la première demandant à la seconde de lui promettre de la tuer en échange d'une rencontre avec un écrivain. Vient ensuite le contexte historique ; cette Angleterre de 1900 avec sa littérature marquante, son style architectural et sa mode vestimentaire. Trois aspects bien mis en avant tant par le scénario que par le dessin. A ce niveau, le travail réalisé par Dr. pepperco est vraiment impressionnant. Alors que je ne cesse de me plaindre de la pauvreté des planches proposées par 99 pourcent des mangas, celui-ci nous offre des tenues travaillées, des décors soignés et des mises en pages claires et riches à la fois. Ajoutez à celà cette histoire d'amour lesbien, racontée sans exhibitionnisme malsain. Certes, nous sommes dans un yuri mais replacé dans un contexte historique crédible et enrichi par de multiples références. J'ai trouvé cette histoire sensible et intelligente. Certes démonstrative par moments (voir le grand final) mais aussi très fine à d'autres (le dilemme devant lequel se trouve Alice, l'une des deux protagonistes centrales). Oui je l'avoue, cette histoire a su me happer et me toucher. L'évolution des personnages, la cohérence de l'ensemble du scénario, les choix faits par les différents acteurs sont à la fois évidents et sujets à réflexion. Enfin, il y a la cerise sur le gâteau : l'aspect historique et culturel. Je me suis posé des questions face à certaines références et en vérifier la véracité m'a instruit (cfr les deux autrices dont je parle ici plus haut). Cette assise historiquement vérifiable apporte encore plus de plausibilité à cette romance. Bon, vous l'aurez compris : ce manga m'a emballé. Trois tomes bien dosés pour une belle histoire d'amour et d'amitié dans un cadre historique bien exploité avec un dessin soigné... et en plus il y a un chat ! Un Yorkshire ou un lapin m'auraient laissé de marbre, mais un chat ! Tout rond tout con ! Bon, ok, j'ai une âme de midinette !

13/09/2023 (modifier)
Par Stéphane
Note: 4/5
Couverture de la série Pandamonia
Pandamonia

Comme mentionné la série a des inspirations de Sky-Doll et Blacksad. Je ne comprends vraiment pas où est la difficulté à comprendre l'histoire de certains commentaires. J'ai beaucoup aimé, par contre très frustrant que cette série ait été abandonnée par l'éditeur. Seule consolation le tome 2 se termine sur une fin ouverte. Ça aurait pu être pire et se terminer sur un gros "cliffhanger"... De ce fait je trouve que les éditeurs se moquent complètement des consommateurs en commençant des séries et en les abandonnant abruptement. Les éditions Soleil font particulièrement fort à ce niveau. Il devrait y avoir un recours collectif de façon à forcer les éditeurs à minimalement boucler la boucle des séries qu'ils décident d'abandonner. De ce fait j'ai plusieurs séries qui après 2, 3 ,4 albums s'arrêtent brusquement en plein milieu d'une intrigue. Plusieurs se terminent du genre : À suivre dans "Titre du prochain album" Un moment donné ça suffit l'abus ! Maintenant j'achète beaucoup moins de nouvelles séries, je vais à la bibliothèque. Au moins je ne jette plus d' $$$ aux poubelles en plus.

13/09/2023 (MAJ le 13/09/2023) (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Contrition
Contrition

Un dessin noir et blanc d'un réalisme saisissant qui plante le décor. Un polar avec une enquête haletante menée par une jeune femme, journaliste de son état dans une feuille de chou locale. C'est au sujet de la mort d'un homme retrouvé brûlé - accident ? suicide ? ... - au coeur d'une maison d'un quartier bien spécial. C'est celui de Contrition Village où les pédocriminels trouvent refuge à leur sortie de prison (village fictif mais celui de Miracle existe bel et bien en Floride), subissant une double peine, et finalement une peine de paria à vie. Mais l'histoire laisse tout de même entendre que pour certains ce mal, cette pulsion est une tare irrémédiable qui ne les quittera jamais et pour limiter le risque on les isole de toute tentation. Pour autant les auteurs ne prennent pas position, ils pointent l'ambiguïté de ces villages et de la justice. Une couverture qui m'avait tapé dans l'oeil et c'est une belle réussite de ces deux auteurs espagnols.

12/09/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Little Monsters
Little Monsters

Le tandem Lemire/Nguyen est de retour pour nous proposer une histoire de vampires. A première vue, rien que du classique car ils sont légions les récits vampiriques. Et bien ici, le rôle de suceur de sang est tenu par des enfants dans un monde post-apocalyptique. Cela fait plusieurs centaines d'années qu'ils ont été transformé et abandonné par l'Ancien. Des gamins qui sont "prisonniers" dans une ville en ruine et qui ne se nourrissent que de rats et souris jusqu'au jour où ils croisent un homme, et là, leur routine va prendre fin. Un bon premier tome qui met en place l'intrigue tout en creusant la personnalité des enfants. Une narration non linéaire avec quelques retours dans le passé pour comprendre comment ces huit garnements sont devenus des vampires. Qui dit nombreux personnages, dit concentration accrue, tout du moins en début de lecture. Lemire arrive à créer un climat pesant qui va inexorablement basculer dans l'horreur sans effets d'esbroufe, mais celui-ci ne prend son régime de croisière qu'à partir du deuxième tiers du récit. Le dessin de Nguyen est toujours aussi beau, il s'essaye au noir et blanc qui joue sur la lumière avec toutes les nuances de gris juste rehaussé de quelques touches de couleur. Il nous transporte dans cette ambiance de fin du monde. Superbe ! Une note de 3,5 en attendant le dernier opus que j'attends de pied ferme. Prix de lancement à 10 euros jusqu'au 7 juillet.  ;-) Bon, ben, maintenant il est trop tard. Un second tome qui nous éclaire un peu plus sur le passé de nos chérubins, on apprend pourquoi ils se sont retrouvés dans cette ville et les règles qu'il fallait respecter pour continuer à vivre libre et heureux, ainsi que le rôle de l'Ancien dans tout cela, lors des flash-back. Un scénario captivant qui pose la question sur un choix de "vie", devenir un monstre ou garder une certaine forme d'humanité ? Une narration maîtrisée qui alterne le présent et le passé tout en faisant bien ressortir les émotions des personnages. Une conclusion qui laisse place à l'espoir. Je me répète mais Nguyen a fait un travail remarquable, l'ambiance qui s'en dégage a été un vrai plus dans mon plaisir de lecture. Pour la note, je passe à un 4 bien mérité. "Et parfois, prendre soin de ceux qu'on aime implique de leur mentir".

12/04/2023 (MAJ le 12/09/2023) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Global police - La Question policière dans le monde et l'histoire
Global police - La Question policière dans le monde et l'histoire

Voilà un album qui m'a beaucoup intéressé. Fabien Jobard et Florent Calvez nous brossent une histoire de la police à travers l'histoire et les pays. D'abord l'apanage des seigneurs et des rois pour préserver leurs pouvoirs et leurs biens, le développement de l'industrie et de la bourgeoisie a vu les villes se doter de diverses milices en fonction des pays. L'industrialisation galopante et la croissance exponentielle des villes a rapidement vu la création de forces de l'ordre, que ce soit avec Robert Peel en Angleterre ( à qui on doit les fameux Bobbies et les principes qu'il a édictés quant à leur missions et à la façon d'y remédier) ou Joseph Fouché en France qui sera l'instigateur du système centralisé. Il est drôle de découvrir que ce sont pour ces deux pays les grandes expositions universelles qui se voulaient des vitrines sur le monde qui ont poussé ces pays à "soigner" leur police et montrer au monde leur capacité à assurer l'ordre et la sécurité. Le reste du monde n'est pas en reste, nos deux auteurs passent en revue les États-Unis, quelques exemples africains, la Chine... Bref, on est quand même dans l'exhaustif, passant en revue l'impact des différents modes culturels et économiques qui régissent cette façon de gérer l'ordre public. Loin d'être rébarbatif, j'ai trouvé ma lecture instructive mais surtout, elle pousse à réfléchir sur ce que nos sociétés attendent de cette "police" et ce qu'elles sont prêtes à sacrifier au nom de la sécurité, confrontés de plus en plus à des violences illégitimes. Car comme le rappellent très bien fin d'ouvrage nos deux auteurs, la célèbre phrase de Max Weber "L’État possède le monopole de la violence légitime" est inexacte ; la phrase exacte est " L’État revendique le monopole de la violence légitime", ce qui n'est pas la même chose ; cela implique une acceptation de la société. Un album intelligent, sans parti pris, qui donne à réfléchir !

11/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Monde carré des Cubidules
Le Monde carré des Cubidules

Cette série jeunesse pour les 6/9 ans est toute d'intelligence et de créativité. Eléonore Douspis entraine les petits lecteurs et lectrices vers la notion de liberté et de lutte contre un totalitarisme absurde. L'auteure propose une fable autour de symboles paradoxalement assez apaisants. Le cube que tous les enfants empilent pour mieux détruire leurs créations et la couleur verte très symbolique dans notre société. Le message est clair, même sous couvert d'éléments sécurisants on se laisse vite prendre par un fantasme d'uniformité sécuritaire mortifère. Bien sûr c'est ma vision adulte qui décrypte ainsi ce petit monde de cubes qui passe vite du sympa à l'absurde criminel. Les enfants vont pouvoir se réfugier dans l'image des animaux pour apprendre à résister. C'est l'éléphant qui ouvre une brèche bientôt suivie par les rhinocéros (Eléonore aurait-elle une pensée vers Ionesco ?) et les autres animaux en quête de liberté. Le graphisme travaille sur une ligne fine et claire. La géométrie des formes est contrebalancée par un aspect souple qui donne aux cubes un aspect sympa et drôle de shamallow. Aspect sympa qui disparait vite avec les expériences géométriques de type Mengele pour créer l'animal parfait. Je trouve cette création ambitieuse qui arrive très bien à suggérer des idées fortes pour les mettre au niveau d'un lectorat très jeune. Une belle initiative mais une lecture bien plus profitable si elle est faite à deux.

11/09/2023 (modifier)