Saison brune

Note: 3.88/5
(3.88/5 pour 8 avis)

Nouvelle enquête de Philippe Squarzoni, "Saison brune" s'attarde sur le devenir de notre planète et au réchauffement climatique.


Documentaires Environnement et écologie Futurs immanquables Gros albums One-shots, le best-of

Le titre de l'album fait référence à cette cinquième saison qualifiée de "brune" dans le Montana, période d'indécision entre l'hiver et le printemps. Dans Saison brune, Philippe Squarzoni tisse un récit inédit, qui entremêle analyses scientifiques et interviews de spécialistes, considérations personnelles et hommages au cinéma, enquête politique et essai engagé. Le livre est découpé en six chapitres. Les trois premiers sont précédés de trois interludes portant sur les commencements d'une œuvre. Les trois derniers sont suivis de trois interludes sur les fins. Il aborde d'abord ce sujet en s'appuyant sur des rapports scientifiques ; ensuite il aborde ses conséquences ; et enfin sur les solutions à envisager. Entre les insuffisances des unes, et les faux espoirs des autres, il décrit une alternative possible qui permettrait d'éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique. Et les choix politiques, les modèles de société, que ces scénarios impliquent. Une porte s'ouvre. Saurons-nous la franchir ? Dans un album chargé de nostalgie, qui est probablement le plus personnel de ses livres politiques, Philippe Squarzoni livre un essai qui donne à espérer, mais reste très pessimiste sur la réalisation de cet espoir au vu de la nature de la crise, de l'ampleur des changements à accomplir, et du fonctionnement de nos sociétés.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 28 Mars 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Saison brune
Les notes (8)
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07/05/2012 | PAco
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L'avatar du posteur Noirdésir

Un gros pavé de 470 pages, qui se lit finalement plutôt bien et (relativement) vite. Il faut dire qu’on en a pour son argent ! Et je ne fais pas ici référence uniquement au nombre de pages. Je pense aussi aux questions qu’il donne envie de creuser, aux lectures qu’il donne envie de faire. Bref, un album agréable à lire et qui pousse à lire ! Un livre qui fait réfléchir, qui fait se poser des questions. Que l’album de Squarzoni soit le résumé d’un travail de recherche partiel, partial m’importe peu ici. Ses lecteurs sont adultes et libres de confronter les sources. En tout cas il soulève des questions que d’autres – comme Allègre, n’ont de cesse de faire oublier. L’album en lui-même s’écarte des canons habituels de la bande dessinée. Sorte de monologue illustré, par un dessin extrêmement rigoureux et précis, avec des collages de photos, des reconstitutions de films célèbres et des digressions poético-biographiques de l’auteur. Un air de détournement situationniste, en moins radical. Ecrit juste avant Fukushima, Squarzoni n’évoque évidemment pas cette catastrophe, qui apporte hélas de l’eau à son moulin : sur les risques consécutifs à la montée des océans, sur l’aveuglement concernant le nucléaire (voir les mensonges et autres omissions de Tepco, avant, pendant, et après les explosions). Concernant aussi l’action d’Allègre, qu’on a vu en boucle à l’époque sur les plateaux télé pour dire qu’évoquer l’arrêt du nucléaire au Japon et/ou chez nous relevait de l’indécence, qu’il fallait attendre que les Japonais pansent d’abord leurs plaies, etc… Et bien sûr, aujourd’hui, plus aucun débat n’est envisagé, lui et ses commanditaires ont réussi à noyer le poisson. La poignée de mains entre Sarkozy et Khadafi nous rappelle aussi quelques vérités oubliées, et donne une bonne touche d’humour involontaire, dans un album par ailleurs plutôt austère. Un livre intéressant, militant donc. Pour en prolonger certaines analyses, je vous recommande la lecture du livre "La stratégie du chaos" de Naomie Klein. Pour voir que toutes les catastrophes ne sont pas naturelles, et qu’elles ne sont pas catastrophiques pour tout le monde.

17/04/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Je n'avais aucun a priori en commençant cette longue lecture sur les dangers que représente le réchauffement climatique. Je n'ai pas aimé cette démonstration alarmiste tout à fait orientée qui vise à démontrer que le réchauffement climatique et l'augmentation dramatique de gaz à effet de serre sont directement liés à l'activité humaine. J'ai bien entendu les arguments de l'auteur (altermondialiste convaincu) qui s'appuie sur des données scientifiques récoltées pour le compte du GIEC. Chacun est libre de ses pensées et de croire que le monde va tourner mal. Nous sommes d'ailleurs noyés de données qui peuvent d'ailleurs se contredire. Ce sujet mérite de la réflexion et non une acceptation pure et simple d'un parti pris. L'auteur reconnaît que le mécanisme n'est pas aussi simpliste que cela. Personnellement, je n'y crois pas et je ne vais pas me joindre à une hystérie collective sous l'égide d'un organisme intergouvernemental dont il a été démontré que les résultats scientifiques sont erronés. C'est comme si on fabriquait de fausses preuves pour orienter la pensée de la population. Cela s'est d'ailleurs déjà fait dans le passé (les fameuses armes de destruction massive de l'Irak). On peut se demander légitimement si le but n'est pas d'empêcher la croissance des pays émergents. Vous aurez compris mon scepticisme qui s'appuie sur la manipulation de données pour cautionner une fausse urgence mondiale. En effet, je ne crois pas à cette fameuse courbe d'augmentation du CO2 qui s'appuie d'ailleurs sur un modèle inadapté. En 1940, le taux de CO2 était supérieur à ce qu'il est aujourd'hui. Le GIEC a perdu sa raison en abandonnant sa réserve et a utilisé des méthodes de calcul qui allaient toujours dans son sens. Or, l'auteur s'appuie essentiellement sur cette donnée peu rassurante sur l'avenir de la planète. Je n'aime pas cette malhonnêteté que certains n'hésitent pas à qualifier de fraude. D'ailleurs, 31000 scientifiques parmi lesquelles des prix nobels ont signé une pétition, la fameuse Oregon Petition, pour indiquer qu'ils étaient sceptiques sur la réalité d'un réchauffement climatique exceptionnel, sur son origine humaine ou encore sur le fait qu'il ait des conséquences négatives. Parmi les réactions : «le GIEC fonctionne en circuit clos, il n’écoute pas les autres. Ses membres manquent de largeur de vue. Je suis étonné que le Prix Nobel ait été donné pour des conclusions inexactes par des gens qui ne sont pas des géologues» ou encore «on montre la banquise du Groenland qui fond mais pas l'accroissement de la glaciation en Antarctique». Bref, pour eux, tout cela relève de la plus grave supercherie qui fait honte à la science («l'arnaque du réchauffement climatique est la fraude pseudo-scientifique la plus grande et la plus réussie jamais vue de toute ma carrière de physicien » déclare Harold Lewis). Les générations futures pourront se demander avec une stupéfaction amusée pourquoi, au début du 21ème siècle, le monde développé s'est plongé dans une panique hystérique à propos d'une augmentation globale moyenne de température de quelques dixièmes de degré, et, sur la base d'exagérations grossières, de projections informatiques hautement incertaines, combinées en déductions improbables, il s'est trouvé en face d'un recul de l'âge industrie...  Bref, mon avis ne cautionnera pas la thèse développée par l'auteur que je respecte. Je tenais à apporter ma contribution dissonante pour démontrer que le débat est ouvert et que rien ne prouve qu'il y a bien un réchauffement climatique provoqué en grande partie par la main de l'homme. J'ai vécu dans ma région le 4ème été pourri d'affiliée en me posant la question sur la réalité d'un réchauffement climatique. En conséquence, on peut dormir sur nos deux oreilles car cela ne sera pas la fin du monde pour cette raison là. Le climat de la planète suit son propre cours et nous ne pouvons pas désigner de tendances significatives dans le changement car elles datent de millions d'années alors que leur étude est toute récente. Nous manquons tout simplement de données pour faire des conclusions hâtives. Maintenant et ceci dit, nous devons tout faire pour lutter contre la pollution mais vous aurez compris que ceci est un autre débat. C'est un fait : l'homme pollue et détruit la nature. Cependant, est-il plus efficace que le soleil en matière de réchauffement ? Voilà l'interrogation. Cet ouvrage a le mérite de nous poser des questions et d'entraîner la réflexion. L'auteur fait une démonstration plutôt brillante. Je reconnais là son talent. L'oeuvre est en soi très intéressante.

17/11/2012 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

J'avoue que je dois la lecture de cette BD uniquement à l'avis de Pasukare, que je remercie d'ailleurs énormément au passage, tant elle avait raison sur toute la ligne. Une BD de ce genre, c'est du massif, ça pourrait être indigeste au possible, mais Squarzoni s'en tire à merveille et fait un constat accablant et sans appel. Amis dépressifs, passez votre chemin, ici il n'y a pas d'optimisme dans la vue. Philippe Squarzoni fait, dans les 500 pages de ce documentaire, un rapport actuel sur le climat, l'environnement et le réchauffement climatique qui se passerait de commentaires, tant la situation semble dans l'impasse. D'ailleurs la conclusion est négative, de tout point de vue. Car oui, il se passe quelque chose avec le climat, et il faut y reconnaître notre part de responsabilité. Ce qui est souligné tout au long de l'ouvrage, tant au niveau politique et mondial que individuel. Tout est ciblé, montré, chiffré. Et du coup l'information percute sacrément plus. La BD est incroyablement documentée, fournissant force de chiffres, graphiques et informations. Le tout illustré d'exemples, de mise en situation, d'images parlantes (comme celle de l'assiette). Implacable et direct. Le tout est lu à une vitesse affolante par rapport à la taille, on est pris par ce qui apparaît comme un témoignage d'avenir noir. Le dessin est tout simple, clair et précis, détaillé, et assure une lecture claire du propos. Une excellente bande-dessinée, un documentaire prenant, mais qui n'incite absolument pas à l'optimisme. Lecture chaudement recommandée !

10/11/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Si j’ai vraiment apprécié le travail de recherche effectué par Philippe Squarzoni, si j’estime que la question du changement climatique mérite qu’on s’y attarde, si mettre à portée du plus grand nombre ce type de débat technique est à mes yeux une nécessité, j’ai tout de même quelques critiques à émettre vis-à-vis de cet album. Tout d’abord, l’abondance de données chiffrées entraine quelques confusions… qui elles-mêmes jettent un certain discrédit sur les propos tenus. Comment interpréter la différence chiffrée énorme qui existe entre les 7 tonnes d’équivalent carbone rejetés par an et par américain annoncé par l’auteur page 161 (2ème case) et les 20 tonnes de CO² par an et par américain annoncés par Geneviève Azam (une économiste altermondialiste dont je ne critiquerai certainement pas les compétences mais aux convictions politiques très marquées) page 443 (1ère case) ? Peut-être ne s’agit-il là que d’un problème de langage (l’équivalent carbone n’est pas le CO² ?) mais ce genre de différence me pose question. Idem lorsque l’auteur dit d’une part qu’un français rejette 2,7 tonnes d’équivalent carbone par an et qu’il faudrait diviser ces rejets par 4 pour limiter au maximum les conséquences climatiques (pages 162 et 163) et que d’autre part il déclare que le plafond acceptable est actuellement de 500 kg de CO² par an et par personne (page 193, entre autres). Le lecteur que je suis ne peut que se demander comment 2700 divisés par 4 peuvent égaler 500… L’erreur est tellement grossière qu’il doit y avoir une explication qui m’échappe. Çà et là se glissent encore des divergences du même type dont je ne sais si elles sont dues à un problème de langage ou à une approximation chiffrée. Ensuite, Philippe Squarzoni, s’il en parle (page 197), ne tient que très peu compte des problèmes dus à la croissance démographique. Cet axiome (la population mondiale) est pourtant un levier incroyablement dramatique dans l’analyse climatique mondiale, ne fusse que par son impact sur l’épuisement des ressources. Entre 1900 et 2000, les émissions dues à l’homme sont passée de 500 millions de tonne à 7,200 milliards. Dans le même temps, la population mondiale s’est multipliée par 4 ! Certes, cela n’explique pas tout mais tenir compte de cet axiome permet d’envisager d’autres pistes de réflexion (si la population mondiale avait été stable durant le siècle passé, pour arriver à cet équilibre climatique un Français devrait réduire ses émissions de 2,7 tonnes à 2 tonnes, ce qui parait déjà beaucoup plus réalisable). En fin d’album (et c’est la partie que j’ai le moins aimé), l’auteur donne la parole à des membres d’ATTAC (un mouvement altermondialiste composé de personnes certainement très compétentes mais politiquement très orientées « communisme mondial », ce qui à mes yeux est une utopie aussi joyeuse que le village schtroumpf). Pourquoi ne pas avoir donné la parole à d’autres, en général, et aux adeptes du malthusianisme en particulier ? Il y a là, je crois, et au vu du sérieux montré par l’auteur dans son analyse, une volonté politique d’occulter cet aspect (ou du moins, de le minimiser)… que je ne comprends pas. Pour le reste, je n’ai qu’un mot à dire : chapeau ! J’ai beau émettre certaines critiques, je suis tout de même très content de mon achat. Le livre se lit bien, beaucoup d’aspect sont abordés (j’ai particulièrement apprécié les chapitres traitant des puits de carbone et de la migration écologique) et l’album parvient à susciter la réflexion du lecteur. La structure permet d’insérer des respirations avec toute une réflexion sur la naissance, la vie et la fin d’une histoire, réflexion mise en parallèle avec la naissance, la vie et la fin de notre « histoire » telle qu’on la connait. Enfin, comme je partage totalement le désespoir de l’auteur face à cette situation (comme lui, je ne crois pas que l’humanité va changer de comportement), j’ai beaucoup aimé ses réflexions propres face au problème. Pas parfait mais sincère et, dans l’ensemble bien documenté. Pas mal du tout, en somme, et certainement à lire.

14/09/2012 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5

500 pages bien documentées pour nous expliquer la lente mais inexorable détérioration du climat sur notre bonne vielle Terre, le récit est clair, précis et jamais ennuyant. Philippe Squarzoni décrit avec soin l’évolution de notre climat de l’origine à maintenant, et chiffres à l’appui : si rien ne change notre avenir semble bien sombre. Les conclusions de l’auteur sont très dérangeantes : si nous voulons un futur plus ou moins serein, nous devons dès maintenant changer complètement notre mode de vie et donc modifier en profondeur le fonctionnement de notre société. Vus les enjeux économiques, beaucoup de gens nient l’évidence, nous assistons depuis quelques années à un véritable bras de fer entre les experts du climat, ici l’auteur prend position avec je pense beaucoup de sincérité. On peut évidemment reprocher certains manquements, je pense par exemple à une analyse scientifique trop peu détaillée mais c’est très bien ainsi, le but de l’auteur étant évidemment de conscientiser un maximum de personnes à travers un média comme la BD. Le dessin noir et blanc est assez basique mais l’intérêt se trouve ailleurs.

27/07/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Quelle claque ! Et quelle déprime en même temps… J'ai trouvé dans cette "Saison Brune" et dans son auteur Philippe Squarzoni le parfait écho de ma sensibilité, de mon optimisme et de mon pessimisme en matière d'environnement, de réchauffement climatique, de petites solutions individuelles indispensables mais quasi vaines et de grands bouleversements socio-économiques nécessaires mais utopiques. Le constat dressé ici est tiré de tout un tas d'ouvrages que l'auteur a lus afin de se cultiver en la matière lorsqu'il a dû écrire le chapitre "environnement" de Dol. Il entremêle habilement statistiques, interviews, réflexions personnelles et souvenirs d'enfance ce qui évite la lassitude par un rythme de lecture tout sauf monotone. Servie par un dessin en noir et blanc clair, sobre et efficace, cette "Saison brune" tente de nous ouvrir les yeux sur le côté quasi inéluctable de la catastrophe climatique qui nous attend si nous continuons à vivre comme nous le faisons, tout en faisant en même temps la triste démonstration que, vue la mentalité des individus qui dirigent le monde, on va droit dans le mur et que c'est uniquement quand on se sera encastré dedans qu'on (qu'ils) se décidera (se décideront) à faire quelque chose, contraints et forcés, donc trop tard. La notion de rétroaction évoquée dans un des chapitres du livre est assez effrayante, c'est à dire qu'à un moment donné, c'est la nature elle-même qui va contribuer à l'augmentation de la production des gaz à effet de serre, du fait de la fonte des glaciers ou de la calotte polaire, de la disparition de certains courants marins ou de l'augmentation de la température des océans par exemple. Dans un sens la nature a bien raison de se venger ainsi, mais peut-on laisser à nos enfants et aux générations futures un tel héritage ? Et que penser des conséquences sur les inégalités dans le monde ? L'écart va encore s'aggraver, les plus riches sauront sans doute s'adapter un minimum, mais leur mode de vie inconscient causera encore plus de souffrances chez les plus pauvres, cette partie de l'humanité déjà bien mal lotie. Comme le dit Philippe Squarzoni, il y a de quoi devenir schizophrène ! Qui, même l'écologiste le plus convaincu, accepterait de vivre dans les conditions qui seraient nécessaires au désemballement de la machine ? Au niveau individuel, et selon la personnalité de chacun, on est tiraillé entre l'envie/le besoin d'un minimum de confort et le sentiment que chaque écart de conduite est un grain de sable qui vient s'ajouter à ce tas sur le point de s'écrouler sous son propre poids. Et puis on finit invariablement par se dire "A quoi bon ? A quoi bon faire quelque chose dans mon coin ? Ca me donne bonne conscience et après ? Si ça reste individuel et ponctuel, ça ne suffit pas." Cette BD ne se lit pas, elle se dévore malgré soi et malgré sa noirceur et son pessimisme. Certaines notions sont abordées et ré-abordées comme pour mieux imprégner notre cerveau et lui faire bien prendre conscience de la gravité de la situation. Bien que certains passages d'interviews soient parfois un peu longuets, le contenu est tellement intéressant qu'on reste scotché aux propos malgré tout. Je me dis que le chapitre sur le nucléaire aurait trouvé un sacré complément si le livre avait été terminé 3 ou 4 mois plus tard, Philippe Squarzoni aurait certainement évoqué le désastre de Fukushima ! Si vous n'avez pas peur de voir la vérité en face et d'égratigner votre bonne conscience, lisez ce documentaire, il est édifiant autant qu'instructif ! Il faudrait également songer à le distribuer à tous les grands de ce monde, politiques ou grands patrons, mais je pense malheureusement que seul un état d'esprit déjà ouvert sur le sujet peut y être sensible avant l'impact et c'est bien ça le problème.

22/06/2012 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5

Si la démarche de l’auteur relève clairement d’un style documentaire, elle souhaite surtout au travers de cette enquête sur le climat tirer la sonnette d’alarme d’un futur assez sombre pour notre planète… En écrivant ces quelques lignes, je me demande si le terme « sonnette d’alarme » est bien choisi ? Je devrais sans doute parler de « constat d’échec ». Ma perception est un tout petit peu mitigée à la fermeture de ce pavé. D’un côté, j’aime ce style journalistique, cette approche emprunte d’investigation subtilement mêlée à des passages autobiographiques sincères et sensibles. D’un autre côté et paradoxalement, j’ai trouvé que les nombreuses explications scientifiques – chiffrées pour la plupart – étaient parfois pesantes. J’aurais voulu un meilleur équilibre ou une approche plus décalée et didactique, comme a su si bien le faire Jens Harder dans Alpha... directions. Néanmoins, si le lecteur fait le (très) léger effort de s’accrocher, l’enquête qu’a mené Philippe Squarzoni est dense et intéressante. Tout le monde a déjà entendu parler du réchauffement climatique mais combien d’entre vous sont capables d’expliquer l’impact à long terme des gaz à effet de serre ? Le débat ne se cantonne pas uniquement à l’écologie mais propose une ampleur de vue bien plus globale en y mêlant un constat démographique, ethnique, économique et sanitaire. Un autre point abordé qui m’a particulièrement interpellé est cette dichotomie de notre société entre l’ultra-consommation quasi-instinctive et le souci de la préservation de la nature et in fine de notre espèce. Cela donne à réfléchir et, une fois mis en perspective avec le débat climatique, cela en devient carrément brillant. Vous aurez sans doute compris, l’auteur ne parle pas exclusivement de « la pluie et le beau temps ». Il va beaucoup plus loin dans sa réflexion, grâce aussi à l’expertise des membres du groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, le GIEC. La spéculation et le sensationnalisme ne sont pas de mises même si clairement, le message se veut – comment aurait-il pu en être autrement – angoissant et pessimiste ; vous voilà prévenu. Pour aborder en quelques lignes l’aspect graphique de cet album, je dirais simplement que c’est très réussi. Le trait est fin, le noir et blanc sied parfaitement à ce style et la mise en page m’a semble réfléchie et bien adaptée. En conclusion, cet album ne vous propose donc pas une bonne tranche de rigolade. Mais si cette prise de conscience urgente et obligatoire vous intéresse, alors je vous conseille sans hésiter cette BD; elle se veut tout simplement bien documentée, bien dessinée et très pertinente. J’adore la BD !

17/05/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Après Dol, voici "Saison brune". Ce qui ne devait être au départ qu'un chapitre de Dol, se révèle au final comme un album complet de... 500 pages ! Car avant de se plonger dans son travail pour nous en livrer le fruit, Philippe Squarzoni s'est sérieusement posé la question de ses connaissances sur le réchauffement climatique. Et c'est à force de creuser que ce nouvel album s'est imposé. Un chapitre n'y suffirait pas. On sent d'ailleurs que la liberté et la confiance que lui a laissées Delcourt pour cette BD lui ont été profitables. Si le sujet est grave, il est bien développé et structuré. La narration et le traitement graphique sont plus aérés que le compact Dol. L'auteur a pris le temps d'élaborer ses chapitres et de construire son ouvrage en mêlant intelligemment son questionnement individuel et la présentation des faits. La forme est agréable, et son dessin s'est aussi affiné ; on sent que le temps imparti par l'éditeur a été profitable (6 ans pour venir à bout de cet album !) Alors non, ce n'est pas le genre de BD qu'on s'avale d'une traite en 15 minutes. On passe ici dans la catégorie BD documentaire qui se laisse avaler et digérer tranquillement. Et digérer, reste un faible mot, car la pilule est plutôt amère... Le constat que nous dresse Philippe Squarzoni sur le réchauffement climatique (sans mauvais jeu de mots, oui oui, je vous vois venir...) fait plutôt froid dans le dos. Sans non plus donner dans le catastrophisme, les arguments qu'il développe en s'appuyant sur des données scientifiques, finissent par dresser un tableau assez sombre de notre avenir. Alors, s'il ne faut pas se voiler la face, une porte de sortie existe, mais qui se ferme inexorablement et lentement. Prendre cette porte, c'est s'engager dans des choix politiques qui vont souvent à l'encontre de nos modes de vie actuels. Mais ne pas la prendre maintenant, ce n'est que repousser l'irréversible et détourner le regard, pour devoir de toute façon plus tard agir dans l'urgence et la brutalité. Oui, se retrouver le nez dans notre caca, ça n'est pas agréable. Et puis le réchauffement climatique, c'est "les autres"... Mais se positionner dans notre société et envisager un avenir pour tous, implique une prise de conscience et une modification de nos habitudes. Voilà ce que nous propose Philippe Squarzoni à travers cet album qui m'a collé une bonne claque. On pense tous savoir de quoi il retourne avec le réchauffement climatique... On est loin du compte... Au sortir de cette lecture, vous ne pourrez plus dire qu'on ne savait pas ce qui nous attend.

07/05/2012 (modifier)