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Dol

Note: 3.22/5
(3.22/5 pour 9 avis)

Après s'être penché, avec Garduno, en temps de paix et son pendant "Zapata, en temps de guerre" sur les conséquences de la mondialisation et de l'économie de marché au niveau planétaire, Philippe Squarzoni nous propose son analyse des dérives du système politique actuellement en place en France.


Documentaires Luttes des classes & conflits sociaux Politique

Après cinq livres publiés chez les Requins Marteaux, Philippe Squarzoni nous livre un nouvel album de bande dessinée d'intervention politique. Dans ce récit mené à la première personne, c'est sur un ring de boxe que l'on retrouve notre narrateur, pour le moins sonné face à un adversaire menaçant : Jean-Pierre Raffarin. Le ton est donné. À la veille des élections de 2007, le jeune auteur engagé s'attaque à dresser un bilan global des politiques menées par Raffarin pendant 3 ans, bilan qui lui permet de dessiner le portrait de la société libérale qui s'élabore chaque jour un peu plus. Tout y est décortiqué, minutieusement analysé et argumenté : la baisse des impôts, les différentes "réformes", des retraites à la santé, l'éducation, le travail, le chômage... Et bien sûr la politique sécuritaire menée par Nicolas Sarkozy et le relais médiatique dont elle a bénéficié. Différents interlocuteurs - économistes, journalistes - interviewés "face caméra" viennent compléter ce dispositif documentaire, et préciser l'analyse. Avec rigueur, mais également avec humour, Dol, dont le titre cinglant nous ramène à la notion juridique d'arnaque, de tromperie, s'interroge sur les liens entre démocratie et politique, la responsabilité des grands médias, le rôle de la gauche et les perspectives d'avenir... (Extrait du site de l'éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2006
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Dol

01/02/2007 | Steril
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Par gruizzli
Note: 3/5
L'avatar du posteur gruizzli

Oulah ! Je n'avais jamais mis, avant cette BD, une semaine complète à finir un seul album. Il faut dire que non seulement celui-ci est un énorme pavé, mais qu'en plus il est d'une longueur et d'un compliqué à lire ! Jamais vu ça. De Squarzoni, j'avais surtout lu les deux excellentes séries Saison brune et Garduno, en temps de paix, mais j'avais un petit faible pour sa façon de concevoir le monde, alors je me suis laissé tenté par la politique. Et la réponse est simple, c'est pas mon rayon. Sans être méchant, la lecture est indigeste. Squarzoni insiste beaucoup sur certains points, allongeant le propos, fait intervenir plein d'acteurs dont on ne se soucie plus très vite, change les points de vue et les plans. Là où je trouvais ça percutant dans Garduno, j'ai vite été perturbé dans la lecture. Les cases suivent une logique, le texte au-dessus une autre. Certains pages devenaient du coup un véritable calvaire à lire, entre les différents textes se mélangeant. J'ai dû m'y reprendre souvent. Après cela, le dessin est très bon et les premiers chapitres ne sont pas mauvais, ils se lisent bien et le propos est intéressant, mais la suite se corse sacrément et les derniers chapitres, pourtant les plus importants, sont presque de trop. L'avantage, c'est de comprendre un peu mieux certains aspects des politiques de droites, même si le discours est ambigu car présenté par un gauchiste convaincu qui n'hésite pas à taper la droite. Ce n'est pas pour lui reprocher de ne s'attaquer qu'à elle, mais je lui reproche de ne pas chercher les aspects positifs. C'est un peu embêtant. En dehors de ça, je recommande la lecture, surtout aujourd'hui, notamment pour mieux comprendre la situation politique actuelle et surtout le personnage de Sarkozy, sur qui Squarzoni tire à bout portant. Il donne matière à réfléchir, et je ne peux que l'encourager dans cette voie. Je laisse donc à 3/5 malgré mon intérêt et ses qualités parce qu'elle reste tout de même très indigeste, et que je le reproche beaucoup à une BD. Dommage, ç'aurait pu être mieux.

30/12/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
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Je pense que je suis définitivement réconcilié avec cet auteur que j'avais au départ assez mal jugé. Cette oeuvre traduit également ma pensée sur l'évolution de notre société ainsi que son mal endémique que les politiques tentent de cacher sous des artifices avec l'aide bienveillante des médias. Il est vrai que Saison brune m'avait un peu échaudé. Cependant, j'avais apprécié le fait que l'auteur défendait sa thèse avec passion ce qui rencontrait un large succès auprès de son public acquis à la cause. Il en est de même en l'espèce mais cette fois-ci, c'est bien en accord avec mes idées. Dol est un terme juridique qui signifie manoeuvre frauduleuse. Il va y avoir une démonstration plutôt pertinente de la manipulation des politiques avec certains thèmes comme l'insécurité. L'auteur s'appuie notamment sur des interviews de journalistes, d'avocats ou encore d'économistes ce qui crédibilise le propos. Le constat sera celui de l'augmentation des inégalités et du fossé qui se creuse encore entre les favorisés et les plus démunis. Malheureusement depuis 2006, il y a une crise qui est passée par là et qui n'a rien arrangé aux choses. Il serait sans doute intéressant pour l'auteur d'aller plus loin comme proposer des solutions viables.

01/07/2013 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
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Dans ce pavé pertinemment illustré, Philippe Squarzoni dresse un constat lucide sur l’état de la France, minée comme partout ailleurs par des décennies d’ultralibéralisme financier et mondialisé. Il nous invite à une prise de conscience salutaire, pour tenter peut-être de reprendre le contrôle de notre destinée commune, prisonnière des griffes d’un système immoral et sans âme. Si ce docu-BD semble reprendre la ligne éditoriale du Monde diplomatique, cela n’est guère surprenant quand on sait que Phillippe Squarzoni est membre d’Attac. Cet ouvrage est un peu une sorte de condensé des articles publiés dans le mensuel, réputé pour son sérieux et ses plumes de renom. Tout en en conservant l’esprit, l’auteur a tenté de relever le défi d’associer des thèses a priori austères au langage plus ludique de la BD. Et globalement, il y parvient plutôt bien, à l’aide d’un trait réaliste et sobre, en noir et blanc, en truffant les pages de références au cinéma (notamment Les Raisins de la colère, Charlie Chaplin, Matrix, Star Wars, Shrek…), en incrustant des titres de journaux et des photos célèbres (ou en les dessinant). Si les illustrations répondent de façon souvent pertinente aux textes, parfois avec un humour à froid et subtil, on pourra objecter que les phases où des personnalités sont interviewées sont un peu monotones (sur deux ou quatre pages on voit juste l’intervenant représenté avec peu de variantes dans les expressions). A cet égard, je ne vois pas bien ce que le dessin apporte… De la même façon, pour ce qui est de la structure du récit, le découpage en chapitres non titrés semble avoir été fait de manière aléatoire, donc n’apporte rien non plus d’après moi. Mais évidemment, cela ne gêne en rien la compréhension de l’analyse qui est développée. Dans l’ensemble, c’est quand même très bien fait, et je recommande sa lecture à ceux qui ont entendu parler du Monde Diplomatique mais sont apeurés par sa consistance (mais bien sûr aussi à tous les autres !) Attention, on n’est pas pour autant dans le divertissement, même si le dessin allège le propos. Mais après ça, on se sent beaucoup plus intelligent et mieux armé pour appréhender le chaos mondialisé. Comme le disait très justement Ignacio Ramonet, directeur du MD : « S’informer fatigue ». Mais il faut parfois savoir mettre de côté la playstation ou le dernier Voici. Sortir enfin de la paresse intellectuelle. Ceux qui sont en quête d’une transition douce trouveront en ce livre un bon compromis. Lequel se termine par un constat peu réjouissant de la situation actuelle, mais sans pour autant sombrer dans le pessimisme. Pour trouver de nouvelles pistes permettant de sortir de l’ornière, il faut d’abord prendre conscience des causes du mal. L’auteur ne propose pas de solutions toutes faites, mais conclut de façon ouverte, associant dans un joli clin d’œil les Lumières de Voltaire à un maître Yoda déterminé à « faire la clarté » pour connaître son ennemi et ainsi mieux l’écraser. Et si nous étions tous des chevaliers Jedi qui s’ignorent ?

21/04/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
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Accueillir Philippe Squarzoni pour discuter réchauffement climatique et présenter son dernier album ? C’est le genre de proposition faite par votre libraire difficile à refuser ! Bon, c’est pas le tout, mais encore faudrait-il que je connaisse un minimum son boulot ! Car jusqu’ici ses BD étaient passées entre les mailles de mes filets de lecture… Après m’être mis en bouche avec « Un après-midi un peu couvert », cet encas breton m’a rapidement mis en appétit. J’attaque donc le hors d’œuvre tout empapillé, avec un « Dol » de 300 pages qui promet de bien nous remplir l’estomac. Les changements de rythme, d’ambiance, de codes graphiques, marquent d’emblée. On reste tout de même dans le Squarzoni qu’on connaît, mais fini la colorisation sépia et les effets de flous qui viennent se fondre autour de son trait fin. Noir et blanc stricts, ligne claire : la flânerie est évacuée, retour à la dure réalité du libéralisme en France et à ses implications ! Philippe Squarzoni rechausse ses bottes militantes pour nous dresser un portrait peu reluisant de la politique libérale, théorisée et mise en pratique en France depuis la fin des années 80, jusqu’à l’arrivée de Sarkozy dans le champ politique et son élection en 2007. Bilan sévère mais efficace, qui démonte un système et une pensée politique basée sur l’intérêt de certains privilégiés au détriment de l’intérêt commun. Rien de nouveau me direz-vous, maisil nous explique comment, que ce soit par les réformes des retraites, des indemnités chômage, du système carcéral et de la panoplie de lois répressives qui vont avec, la remise en cause du modèle de répartition mis en place après guerre est démantelé petit à petit et s’inscrit dans un projet global. Alors oui c’est partisan. Mais malgré quelques petites lourdeurs au niveau du texte par moment, on sort de cette lecture avec un regard plus éclairé et critique (dans le bon sens du terme) sur la politique qui insidieusement écrase notre système social depuis maintenant une trentaine d’année.

27/04/2012 (modifier)
Par cac
Note: 2/5

Certes Philippe Squarzoni a ses idées sur le monde, l'économie, la politique française. Il semble que ce soit une personne cultivée et avertie en la matière, du moins plus que le français moyen. Mais développer son message par le support de la bande dessinée est à mon sens une très mauvaise idée. Il tente de mettre en place son propos en mettant en scène à la façon d'un documentaire filmé différents intervenants bien souvent amenant de l'eau à son petit moulin. Il illustre son discours par des images parfois bien grossières car un peu sec pour mettre en dessins un texte qui n'en a pas besoin et se suffisait à lui-même. Sarkozy en empereur, Raffarin en boxeur ou en sumo. On commence par ouvrir cet album et le lecteur se voit déjà mis en cause pour sa vile participation à la société de consommation quand dans le même temps un enfant meurt de faim toutes les 3 secondes. Bref sujet dangereux que de dénoncer les politiques menées depuis 30 ans, la libéralisation accrue de l'économie et les méfaits du capitalisme creusant les écarts de richesse. Tout n'est pas à jeter sur le fond mais la forme est barbante.

30/11/2011 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

Après Garduno, en temps de paix, Philippe Squarzoni revient sur le terrain de la politique. Il ne va pas loin car il va se contenter de décrypter la politique intérieure dans les années 2002 à 2006 avec en guest star Nicolas Sarkozy. On peut reprocher tout ce que l'on voudra à cette BD mais son contenu est malheureusement d'actualité en 2010. C'est dommage que l'auteur n'ait pas réussi à aérer l'ensemble et mieux développer ses idées car il faut reconnaitre que ça part dans tous les sens. La lecture est difficile car assez indigeste. Je me suis contenté d'un chapitre à la fois. C'est ce reproche qui me pousse à limiter la note à 3/5. Sinon j'ai été souvent surpris par les idées développées. Philippe Squarzoni s'appuie sur de nombreux spécialistes pour étayer les idées. On peut faire dire ce que l'on veut aux chiffres, cette BD est un bel exemple. Qui a raison, qui a tort ? Je pencherai quand même pour le contenu de "DOL" qui devient beaucoup plus compréhensible de nos jours. Je ne suis pas sûr qu'en 2006, j'aurais eu la même réception. "DOL" est une BD politique qui ne plaira pas à tout le monde mais elle a le mérite d'exister et d'apporter une lecture sur ces faits impactant nos vies.

10/07/2010 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
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Qu'il est pénible de lire un aussi gros tract politique. Car la grosse majorité de cet album n'est vraiment rien d'autre que ce qu'on distribue à l'entrée des entreprises ou lors de manifestations, avec des prises de position, des argumentations avec des chiffres à l'appui, des interviews et citations de personnes choisies, le tout construit pour assener avec force un message politique sans alternative possible. Et comme tout tract politique, il ne souffre aucune contestation alors même qu'il occulte volontairement tout avis contraire et qu'il utilise les chiffres comme ça l'arrange. J'ai été déçu dès les premières pages par les gros sabots utilisés par l'auteur pour appuyer son argumentation, mettant immédiatement en balance la situation politique actuelle et le fait que pendant ce temps là des enfants meurent dans le monde. Moi qui sortais du visionnage fort dénonciateur du film "99 francs", j'ai eu l'impression, en comparaison, d'être au niveau zéro de la finesse de mise en scène. Quand le message est juste et puissant, nul besoin de mise en scène me direz-vous ? Sauf que là j'ai été tout sauf convaincu par la majorité des déclarations de l'auteur. Des chiffres sont assenés comme preuves irréfutables, des pourcentages à n'en plus finir, mais les chiffres, on les tourne comme on veut (surtout quand on ne sait pas d'où ils sortent), les experts à interviewer on les choisit comme on veut (rien de tel qu'un expert vice-président d'Attac pour avoir un discours parfaitement objectif) et certaines affirmations péremptoires me font franchement douter (comme quoi le travail est moins taxé en France qu'en Angleterre par exemple). A cela s'ajoute une narration qui se répète trop souvent, comme pour bien marteler son propos. Du coup, outre le fait que j'ai décroché de nombreuses fois face à l'ennui de ces pourcentages à foison et de ces phrases répétées, j'ai également été agacé par la vision à sens unique d'une grande partie des propos. Patronat = salauds, Politiciens = vendus, Etat = Police, le peuple (entendez ici les vrais pauvres de France, travailleurs à la Fnac, McDo et artistes Rmistes, pas l'égoïste classe moyenne qui a voté Chirac ou Sarkozy) aura votre peau ! Et puis quel intérêt de mettre un tel argumentaire en BD de cette manière ? Les images utilisées ici n'y apportent rien. On voit soit simplement les visages des personnes interrogées qui font leur discours, soit des images analogiques pas très convaincantes, de gentille Alliance Rebelle contre l'Empire de Star Wars, ou encore de pauvres enfants dans la rue. Dans cette pénible lecture, il y a quand même certains chapitres qui m'ont un peu intéressé. Celui où est expliqué comment depuis 1979 le capitalisme industriel s'est transformé en capitalisme financier. Avec la crise actuelle, c'est d'autant plus parlant. Et comme l'auteur et les experts qu'il interviewe, je voue une haine assez farouche envers les financiers qui jouent sur les transferts d'argent et le profit immédiat au détriment de la population mondiale et de la santé même des entreprises qu'ils sont sensés gérer. Mais je vois vraiment mal en quoi augmenter les taxes salariales aiderait à les contrer. La solution pour moi viendrait plutôt soit d'une prise en main totale des entreprises (nationalisation ou règlementation autoritaire), soit carrément d'un retour à des droits de douane très élevés pour les transferts financiers ou matériels. Les taxes locales, elles, ne feront qu'accélérer le départ de l'argent et du travail vers l'étranger. Car le monde n'est pas prêt d'être tout rose, tout le monde main dans la main pour que la France retrouve sa douceur de vivre d'antan. Le chapitre sur la façon dont Sarkozy a accaparé les médias depuis son arrivée au ministère de l'intérieur est aussi intéressant, même s'il s'agit plus d'un constat que d'une explication de comment il a fait. Les paroles du journaliste de France Info sont cependant assez parlantes sur la façon dont les médias se focalisent, comme un mouvement de foule, sans pouvoir s'en empêcher sur certains sujets au détriment d'autres. Et puis j'ai trouvé assez ironique le premier chapitre qui hurle au loup concernant les actions de Jean-Pierre Raffarin quand on sait que c'est Sarkozy qui a été élu quelques années après. C'est comme si l'auteur était effaré par l'horreur des actions du premier et du coup j'imagine comment il a dû être estomaqué quand est arrivé le second. D'ailleurs, la réédition de cet album ajoute un prologue qui parle de l'élection de Sarkozy. Prologue que j'ai trouvé moins virulent que le début de l'ouvrage, étonnamment... Quoiqu'il en soit, j'ai appris bien peu de choses à la lecture de ce gros pavé et à l'inverse, j'ai trouvé la lecture pénible, avec une abondance de chiffres auxquels je n'arrive pas à faire confiance tant on peut leur faire dire ce que l'on veut, d'interviews de personnes trop choisies pour que j'y voie une vision totalement globale du sujet, et le tout raconté de manière ennuyeuse et peu convaincante.

27/07/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Encore une fois Squarzoni a raison sur le fond. Par contre son cri de révolte va, là encore, se retrouver complètement noyé dans la masse. Le démantèlement par la droite des acquis sociaux, la collusion/fascination de la plupart des media avec la classe politique sont des faits connus, et en tous les cas facilement constatables si l’on décide d’avoir un tant soit peu de recul et d’analyse. Dans Dol, Squarzoni aborde tous ces thèmes, mais de façon encore peu approfondie, toujours maladroite et plutôt répétitive. Peu approfondie parce qu’il ne multiplie pas les points de vue. Ainsi ne sont interrogés que les journalistes assez ouvertement de gauche ou relativement neutres, comme ceux de France Info. Tout au plus soupçonne-t-on ceux qui sont « personnifiés » par un téléphone d’être « de l’autre bord ». Façon maladroite parce que l’auteur utilise la même technique qui a caractérisé –et constitué les gros défauts- de ses deux ouvrages politiques précédents, à savoir une iconographie parfois absconse ou hors de propos. Bien sûr le but recherché est la charge symbolique, avec des images fortes. Mais il y a plusieurs niveaux de symbolisme, et personnellement je n’arrive pas à saisir toutes les subtilités. Mais Squarzoni évolue quand même, puisqu’il a inséré plus de dessins dans sa bande dessinée, qui donne ainsi un peu moins l’impression de lire un catalogue 3 Suisses constitué de photos et de manchettes de journaux. Cela aurait pu élever le débat s’il n’y avait pas cette impression de rabâchage. L’auteur a des convictions, il tire des conclusions des informations qu’il recueille, mais est-ce une raison pour les répéter, les marteler plusieurs fois ? Sincèrement c’est superflu. Il eût mieux valu accumuler les éléments, en tirer une conclusion, puis passer à un autre sujet. Dans cette optique, seul le passage relatif à la Sarko-mania est rigoureux (parce que bien plus court ?). Il est d’ailleurs suivi par une rapide évocation de la politique internationale irresponsable en matière d’environnement. Ce très court passage tombe comme un cheveu sur la soupe… Pour conclure, la lecture de Dol m’a globalement intéressé. J’ai appris quelques petites choses, par-ci par là. C’est une instruction nécessaire pour enrayer l’embrigadement bovin dans lequel media et grand public sont prisonniers. Mais je trouve la forme bancale et maladroite. C’est bien dommage.

28/07/2007 (modifier)
Par Steril
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Et pan dans la figure ! Après Garduno, en temps de paix, Philippe Squarzoni nous revient en pleine forme pour (nous) taper sur le système libéralo-"socialo"-démocrate et ses fâcheux effets secondaires (ou primaires, c'est selon). Toujours aussi engagé et convaincu (pour ne pas dire fanatique), on sent que l'auteur a la haine, et il nous explique magistralement pourquoi. Tout ça pour aboutir à un bouquin pas franchement agréable à lire, tellement il va nous titiller là où ça fait mal... En lisant le bouquin, je n'ai cessé de penser : "mais putain, dans quel monde de merde on vit, et que fais-je pour que ça change un peu ? Rien, ou si peu...". Certes, comme dans ses précédents ouvrages, l'auteur ne fait pas dans le consensuel, et cherche avant tout à faire passer son message, en usant parfois de procédés scénaristico-stylistiques un peu faciles. Mais dans l'ensemble, je pense que son discours tient parfaitement la route, et que Squarzoni a, plus qu'auparavant, tenu à ce qu'on ne puisse pas lui reprocher de raconter n'importe quoi : j'ai la nette impression qu'il fait preuve de nettement plus de rigueur dans son propos, et c'est tant mieux. Il cède en outre largement la parole à des interlocuteurs auxquels j'accorde tout mon crédit, notamment des membres de la rédaction du Monde diplomatique. Bref, dans l'ensemble, une lecture très instructive, qui brise une foule d'idées préconçues tant rabâchées par les médias, et qui nous ouvre les yeux sur le monde pas joli-joli dans lequel nous vivons. A lire absolument ! P.-S. Pour ceux que ça intéresse, voici la définition de Dol (par mon ami Robert) : Dol : Manœuvres frauduleuses, agissements malhonnêtes tendant à surprendre et tromper quelqu'un en vue de lui faire contracter un engagement qu'il n'aurait pas pris. (et c'est effectivement tout le sujet du bouquin, le dol commis par nos élus, et dont une large part de la population ne peut que pâtir).

01/02/2007 (modifier)