« Kodi » est un chouette album jeunesse, un peu naïf et sucré pour l’adulte que je suis, mais qui devrait ravir les enfants amateurs d’animaux et d’aventure. La quête pour réunir Katya et Kodi est dépaysante et remplie de surprises, et les différents personnages sont attachants (la grand-mère, Joshua, et puis Katya bien entendu).
La mise en image est superbe, avec un trait tout en rondeur et surtout des couleurs aquarelles vraiment magnifiques.
Un album « feed good » que je recommande surtout aux jeunes lecteurs et lectrices.
Ohhh quelle pépite cet album !
L’auteur aborde avec beaucoup de justesse la perte d’un proche chez l’enfant. Le grand-père occupe une place énorme dans la vie de Dylan, qui est négligé par sa maman qui bosse trop et abandonné par son papa qui s’est barré. Dylan a beaucoup de mal à comprendre et digérer la disparition soudaine de son papi, et part à l’aventure pour découvrir cet « endroit meilleur » où il s’est soi-disant rendu. Son échappée est mouvementée, il fait des rencontres inattendues, et finira par trouver des réponses à ses questions... Mais pas forcément celles qu’il cherchait ! Le ton est juste et touchant, tout en restant léger voire humoristique par moment, et la fin est très jolie.
La mise en image est superbe, avec notamment une utilisation judicieuse de la couleur pour représenter l’imagination de Dylan. A noter aussi que certaines pages sont réalisées par des « guest artists » connus, comme Jeff Lemire par exemple.
Un album que je recommande chaudement, aux parents comme aux enfants.
J'étais passé à côté de cet album lors de sortie en 2021. C'est par hasard que je suis tombé dessus, et mon libraire me l'a chaudement recommandé. Et il a bien fait! J'ai débuté la lecture et je n'ai pas lâché cette bande dessinée de 150 pages. Car cet ouvrage est imposant, surtout dans l'édition canalbd, grand format et noir et blanc !
J'ai adoré le mélange des genres de Caryl Ferey. Son intrigue oscille sans cesse entre règlement de compte politique, secret de famille, magie noire, adultères, et enquête policière. Le lecteur ne s'ennuie pas une seconde . Et puis il faut souligner le cadre choisi, l'Afrique du Sud période post apartheid, , cadre rarement traité en bande dessinée, à ma connaissance.
Mais ce qui m'a véritablement séduit dans cet album, c'est le dessin parfaitement maitrisé de Corentin Rouge, qui ressort encore plus dans l'édition noir et blanc. Ce dessinateur de talent se fait assez rare (un album de XIII mystery), mais il excelle aussi bien dans les scènes de fusillades que dans celles de poursuite en voiture.
Un dessin de qualité, servi par un scénario original avec des dialogues bien ciselés, que demander de plus, sinon, une nouvelle aventure avec le lieutenant Shane Shepper et son improbable coéquipière.
Un album surprenant à plus d'un titre.
La couverture intrigue déjà beaucoup. Une jeune femme en tenue de guerrière, elle est à vélo au milieu des voitures à livrer des pizzas, sans oublier ce doigt pointé vers le ciel.....
Tout d'abord, je tiens à remercier Komics Initiative d'avoir eu l'heureuse idée (merci Ulule) de publier ces histoires dans un grand format et pour la qualité de l'édition.
C'est le seul nom de Barry Windsor-Smith qui m'a fait dépenser quelques sous.
La genèse de ce comics est compliquée.
Au début des années 90, BWS quitte Marvel, il ne se reconnaît plus dans ce qu'on lui propose de réaliser, il veut faire autre chose (Marvel lui a refusé la réalisation d'un projet sur Hulk, tant mieux pour nous, il peaufinera ce projet qui donnera des années plus tard Monstres, son chef-d’œuvre). Il va passer deux ans chez Valiant, puis arriver chez Dark Horse Comics où il va publier la revue Storytellers avec des titres originaux : Paradoxman, Freebooter et ce Young Gods. Après neuf numéros la revue s’arrête faute de succès. BWS quitte fâché Dark Horse, il reproche à son éditeur de ne pas avoir fait la promotion nécessaire au lancement de la revue.
Heureusement, Fantagraphics sort en 2003 une intégrale reprenant les neuf premiers chapitres de Young Gods complétés par des chapitres inédits. L'album se termine sur quelques planches de "La fête".
Information importante, BWS ayant abandonné la série, même s'il en a dessiné quelques planches en 2001 (voir bonus), vous ne connaîtrez jamais la conclusion de Young Gods, mais ce n'est pas grave, l'essentiel est ailleurs. Il est dans les nombreux bonus que propose cet album, dans les interviews de BWS qui explique les raisons qui l'ont poussé à créer la revue Storytellers et sa vision du monde des comics, les témoignages de personnes baignant dans ce monde de rapaces et enfin dans le courrier des lecteurs. Très instructif.
BWS a voulu rendre hommage à son maître, Jack Kirby et principalement à sa série New Gods (Le Quatrième Monde).
Cet album commence par une histoire indépendante à Young Gods, mais avec un de ses personnages principaux, la charismatique Adastra princesse d'Orgasma (tout un programme) !
Une petite fable comique sur la religion et le rôle de la femme autour de trois personnages : Adastra, un jeune homme épris de religion et d'un téléphone. Jubilatoire. Voir la première image de la galerie.
Pour Young Gods, une trame classique : des dieux et des déesses, des luttes de pouvoir, de l'amour et surtout, des personnages délirants. Tout cela n'est qu'un prétexte à BWS, il veut donner un nouveau souffle au comics, plus adulte et toucher un nouveau public.
BWS apporte une vraie modernité au récit, en jouant sur un humour décalé/déplacé, en se moquant du milieu des comics de l'époque, nous sommes en 1997 ("on dirait le Surfer d'Argent avec des couilles"), sur la présence de sexe pour vendre du papier, du rôle de la femme dans la société. BWS intervient même directement dans le récit en tant que personnage, tel un metteur en scène pour diriger ses acteurs et refait jouer la scène différemment au chapitre suivant. Il faut vraiment voir ce récit comme une parodie pour l'apprécier et non comme un récit d'heroïc fantasy pur et dur.
Un comics plus profond qu'il n'y parait de prime abord.
Une narration maîtrisée avec plusieurs niveaux de lecture, des dialogues qui font mouches et légèrement grivois, mais des phylactères pas toujours évidents à suivre.
Graphiquement, on reconnaît de suite le style si particulier de BWS, un peu théâtral, dynamique, puissant, détaillé, au trait précis et à la mise en page savamment orchestré.
Une colorisation typique des années 90, elle donne un petit côté rétro à l'histoire.
J'adore !
BWS est une mine d'or et Young Gods, une de ses des plus belles pépites.
Il ne me reste plus qu'à me procurer Freebooters.
Je découvre le travail de Jean-Marc Rochette après son très beau Ailefroide - Altitude 3954 qui m'avait laissé une très bonne impression. Ici, nous redécouvrons encore les Alpes, montagnes que l'auteur semble particulièrement adorer et je le comprends, dans une réflexion autour du loup qui se réintroduit dans les montagnes et la question du partage de l'espace avec l'humain.
J'aime beaucoup deux choses dans cette BD : le parti pris de nous montrer uniquement un seul homme changer de comportement, ce qui est à la fois agréable sur le plan narratif mais évidemment symbolique aussi. Et l'autre chose qui m'a séduit, c'est cette fin accompagnée d'une explication longue et passionnante des aspects de la BD. Je ne m'attendais pas à en avoir une, mais cette postface est parfaite pour accompagner le récit et complète à merveille ce qui est dit dans la BD. Car elle parle de la vieille obsession humaine (surtout occidentale) d'une opposition entre l'homme et la nature, alors que celle-ci est illusoire. Il est très beau de mettre ainsi en scène à la fois les tourments de l'éleveur mais aussi les considérations de l'homme (pas toujours fondées) ainsi que la relation que l'on entretient avec son environnement. La question du mouton, du loup et de l'homme s'inscrit aussi dans une pensée plus large qu'il nous faut aujourd'hui changer. A cet égard, je trouve que la postface était presque nécessaire.
Le dessin de Rochette contribue parfaitement au récit, avec son trait charbonneux et une colorisation qui rend l'atmosphère froide des montagnes, la puissance de ces glaciers et la dangerosité de cet environnement hostile à l'homme. J'apprécie ce qu'il fait et je vais indéniablement me tourner vers ses autres productions, parce que ça vaut le coup d'oeil.
De la pure héroic fantasy. Lightfall est un histoire très divertissante, elle reprend les codes du genre et plaira beaucoup aux plus jeunes.
L'héroïne, Béa est une orpheline adoptée par son grand père, un cochon sorcier. Après une escapade mouvementé où elle rencontre Cad, un Galadurien, une espèce de guerrier plutôt atypique, qui ne la quittera plus, en rentrant, elle découvre une lettre déposée sur la table. Son grand père est parti en urgence laissant une fiole lumière dont elle doit absolument prendre soins. Dans cette lettre, il lui ordonne de ne pas le suivre, chose qu'évidemment elle ne fera pas. La quête commence !
Elle partira à sa recherche avec ses angoisses maladives, son manque d'assurance accompagnée de Cad, guerrier Galadurien sans peur et toujours heureux, parfois même naïf, ils tenteront ensemble de retrouver le cochon sorcier et souvent le rateront de peu.
Lightfall c'est aussi une galerie de personnages hauts en couleurs. Des gentils, des moins gentils, des sournois, des généreux, bref tout ce petit monde cohabite dans un univers magique, loufoque, inquiétant et onirique.
Il y a un aspect course contre la montre dans cette histoire qui rend l'ensemble haletant. Quand on commence à lire, on n'ose pas poser l'album de peur de rater quelque chose, c'est dire si c'est haletant.
Le dessin est très agréable et adapté à l'univers fantastique jeunesse, les couleurs chaudes sont très belles et le découpage est très bien dosé, bien dynamique quand c'est nécessaire. Une vraie réussite !
Une série à conseiller vivement dès 8 ans mais même quand on est grand, c'est une lecture très agréable, nous attendons la suite avec impatience
Une compilation de 44 contes revisités qui mérite à 100% sa place dans la bien nommée collection WTF.
Un gentil tenant absolument à raconter une histoire du soir à son brave petit fils (ça tourne parfois au harcèlement) prend un malin plaisir à détourner les contes européens et asiatiques les plus connus de manière bien particulière. Ça commence gentiment mais dérape dès la 2ème page. Ça devient un gros foutoir qui me rappelle Edika, avec qui il a en commun de proposer des fins bien pourries qui font parfaitement l'affaire.
C'est régressif en diable à base de trip de petites culottes et autres, a priori de l'humour cracra facile mais on perçoit petit à petit un humour finalement bien plus particulier. L'auteur sait développer sa patte et fait preuve d'une inventivité très large. Sans doute la concaténation d'années de prises de notes de délire glanées autour de lui.
Attention, le dessin est très enfantin (ce qui colle à l'esprit des petites histoires du soir) et peut vite attirer l'attention des enfants qui feront une moue bizarre en lisant quelques pages.
Deuxième mise en garde: comme les histoires du soir, ne lisez pas plus 2 ou 3 contes à la fois, vous friseriez rapidement l'overdose.
J'ai beaucoup aimé cette BD qui sort de l'ordinaire. L'histoire se situe au 5ème siècle, mais pose des problématiques très actuelles: celles de la violence, des croyances, subtilement représentées par chaque clan (bretons païens, bretons chrétiens, saxons impies), et aussi celle du genre. L'humour est toujours présent. Magnifiques portraits de femmes. Les trois personnages principaux Eigyr, Steren, et Calum, sont très attachants, émouvants dans ce monde de brutes, et nous entrainent vers une fin surprenante.
Le style graphique est complexe mais moderne, très épuré et élégant, ce qui donne une grande fluidité à la lecture. Certaines pages sont magnifiques, dessins et couleurs, de plus en plus belles jusqu'à la fin du livre.
Je l’avais déjà apprécié à l’époque de sa sortie mais Salade César a été ma lecture fou rire de cet été. Je l’ai dégusté à raison de quelques pages par soir.
Même si j’étais dans de bonnes conditions (vacances toussa toussa), je trouve cet album bien au-dessus de Waterlose. Nos 2 héros sont tout aussi débiles l’un que l’autre mais César garde la palme.
Devant un tel niveau de bêtise, je n’ai pas arrêté de me gausser. Les gags sont ici tous réussis. Si vous aimez l’humour absurde et bien con, que vous ne tiquez pas de voir apparaître un nunchaku à l’époque romaine, cet album est fait pour vous, de l’antidépresseur naturel.
Belle découverte que cette BD et cet auteur !
Il s'agit d'une suite de gags soit en une image soit en quelques cases. Reprenant en partie l'actualité ou des éléments de la culture populaire (cinéma, télévision, internet, et autres...), ils jouent sur un certain sens de l'absurde et du décalage. Ils consistent régulièrement à donner des paroles décorrélées de leur contexte initial à des personnages célèbres, ou à tourner en dérision des situations qu'on pensait classiques. Comme le titre et la présentation de l'album l'indiquent, beaucoup de ces dialogues usent de références de la gauche prolétarienne voire de discours parfaitement révolutionnaires. Pour autant, il serait bien difficile de classer politiquement cette BD tant elle se moque de tout le monde, tournant en ridicule autant les figures et symboles du libéralisme économique que le wokisme, l'écologie hypocrite et autres militants gauchistes. Ce n'est pas toujours aussi drôle mais de nombreux gags sont excellents et m'ont vraiment fait rire. Et par bonheur, les sujets et idées de scènes sont suffisamment variés pour ne pas lasser.
A cela s'ajoute un graphisme très appréciable. L'auteur dessine au crayon, parfois simple crayon de papier mais aussi souvent des crayons de couleur qui offrent des illustrations contrastées et lumineuses. La mise en scène est impeccable et la majorité des gags tombent juste.
Un auteur et dessinateur humoristique que je suivrai avec plaisir.
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Kodi
« Kodi » est un chouette album jeunesse, un peu naïf et sucré pour l’adulte que je suis, mais qui devrait ravir les enfants amateurs d’animaux et d’aventure. La quête pour réunir Katya et Kodi est dépaysante et remplie de surprises, et les différents personnages sont attachants (la grand-mère, Joshua, et puis Katya bien entendu). La mise en image est superbe, avec un trait tout en rondeur et surtout des couleurs aquarelles vraiment magnifiques. Un album « feed good » que je recommande surtout aux jeunes lecteurs et lectrices.
Better place
Ohhh quelle pépite cet album ! L’auteur aborde avec beaucoup de justesse la perte d’un proche chez l’enfant. Le grand-père occupe une place énorme dans la vie de Dylan, qui est négligé par sa maman qui bosse trop et abandonné par son papa qui s’est barré. Dylan a beaucoup de mal à comprendre et digérer la disparition soudaine de son papi, et part à l’aventure pour découvrir cet « endroit meilleur » où il s’est soi-disant rendu. Son échappée est mouvementée, il fait des rencontres inattendues, et finira par trouver des réponses à ses questions... Mais pas forcément celles qu’il cherchait ! Le ton est juste et touchant, tout en restant léger voire humoristique par moment, et la fin est très jolie. La mise en image est superbe, avec notamment une utilisation judicieuse de la couleur pour représenter l’imagination de Dylan. A noter aussi que certaines pages sont réalisées par des « guest artists » connus, comme Jeff Lemire par exemple. Un album que je recommande chaudement, aux parents comme aux enfants.
Sangoma - Les Damnés de Cape Town
J'étais passé à côté de cet album lors de sortie en 2021. C'est par hasard que je suis tombé dessus, et mon libraire me l'a chaudement recommandé. Et il a bien fait! J'ai débuté la lecture et je n'ai pas lâché cette bande dessinée de 150 pages. Car cet ouvrage est imposant, surtout dans l'édition canalbd, grand format et noir et blanc ! J'ai adoré le mélange des genres de Caryl Ferey. Son intrigue oscille sans cesse entre règlement de compte politique, secret de famille, magie noire, adultères, et enquête policière. Le lecteur ne s'ennuie pas une seconde . Et puis il faut souligner le cadre choisi, l'Afrique du Sud période post apartheid, , cadre rarement traité en bande dessinée, à ma connaissance. Mais ce qui m'a véritablement séduit dans cet album, c'est le dessin parfaitement maitrisé de Corentin Rouge, qui ressort encore plus dans l'édition noir et blanc. Ce dessinateur de talent se fait assez rare (un album de XIII mystery), mais il excelle aussi bien dans les scènes de fusillades que dans celles de poursuite en voiture. Un dessin de qualité, servi par un scénario original avec des dialogues bien ciselés, que demander de plus, sinon, une nouvelle aventure avec le lieutenant Shane Shepper et son improbable coéquipière.
Young gods
Un album surprenant à plus d'un titre. La couverture intrigue déjà beaucoup. Une jeune femme en tenue de guerrière, elle est à vélo au milieu des voitures à livrer des pizzas, sans oublier ce doigt pointé vers le ciel..... Tout d'abord, je tiens à remercier Komics Initiative d'avoir eu l'heureuse idée (merci Ulule) de publier ces histoires dans un grand format et pour la qualité de l'édition. C'est le seul nom de Barry Windsor-Smith qui m'a fait dépenser quelques sous. La genèse de ce comics est compliquée. Au début des années 90, BWS quitte Marvel, il ne se reconnaît plus dans ce qu'on lui propose de réaliser, il veut faire autre chose (Marvel lui a refusé la réalisation d'un projet sur Hulk, tant mieux pour nous, il peaufinera ce projet qui donnera des années plus tard Monstres, son chef-d’œuvre). Il va passer deux ans chez Valiant, puis arriver chez Dark Horse Comics où il va publier la revue Storytellers avec des titres originaux : Paradoxman, Freebooter et ce Young Gods. Après neuf numéros la revue s’arrête faute de succès. BWS quitte fâché Dark Horse, il reproche à son éditeur de ne pas avoir fait la promotion nécessaire au lancement de la revue. Heureusement, Fantagraphics sort en 2003 une intégrale reprenant les neuf premiers chapitres de Young Gods complétés par des chapitres inédits. L'album se termine sur quelques planches de "La fête". Information importante, BWS ayant abandonné la série, même s'il en a dessiné quelques planches en 2001 (voir bonus), vous ne connaîtrez jamais la conclusion de Young Gods, mais ce n'est pas grave, l'essentiel est ailleurs. Il est dans les nombreux bonus que propose cet album, dans les interviews de BWS qui explique les raisons qui l'ont poussé à créer la revue Storytellers et sa vision du monde des comics, les témoignages de personnes baignant dans ce monde de rapaces et enfin dans le courrier des lecteurs. Très instructif. BWS a voulu rendre hommage à son maître, Jack Kirby et principalement à sa série New Gods (Le Quatrième Monde). Cet album commence par une histoire indépendante à Young Gods, mais avec un de ses personnages principaux, la charismatique Adastra princesse d'Orgasma (tout un programme) ! Une petite fable comique sur la religion et le rôle de la femme autour de trois personnages : Adastra, un jeune homme épris de religion et d'un téléphone. Jubilatoire. Voir la première image de la galerie. Pour Young Gods, une trame classique : des dieux et des déesses, des luttes de pouvoir, de l'amour et surtout, des personnages délirants. Tout cela n'est qu'un prétexte à BWS, il veut donner un nouveau souffle au comics, plus adulte et toucher un nouveau public. BWS apporte une vraie modernité au récit, en jouant sur un humour décalé/déplacé, en se moquant du milieu des comics de l'époque, nous sommes en 1997 ("on dirait le Surfer d'Argent avec des couilles"), sur la présence de sexe pour vendre du papier, du rôle de la femme dans la société. BWS intervient même directement dans le récit en tant que personnage, tel un metteur en scène pour diriger ses acteurs et refait jouer la scène différemment au chapitre suivant. Il faut vraiment voir ce récit comme une parodie pour l'apprécier et non comme un récit d'heroïc fantasy pur et dur. Un comics plus profond qu'il n'y parait de prime abord. Une narration maîtrisée avec plusieurs niveaux de lecture, des dialogues qui font mouches et légèrement grivois, mais des phylactères pas toujours évidents à suivre. Graphiquement, on reconnaît de suite le style si particulier de BWS, un peu théâtral, dynamique, puissant, détaillé, au trait précis et à la mise en page savamment orchestré. Une colorisation typique des années 90, elle donne un petit côté rétro à l'histoire. J'adore ! BWS est une mine d'or et Young Gods, une de ses des plus belles pépites. Il ne me reste plus qu'à me procurer Freebooters.
Le Loup
Je découvre le travail de Jean-Marc Rochette après son très beau Ailefroide - Altitude 3954 qui m'avait laissé une très bonne impression. Ici, nous redécouvrons encore les Alpes, montagnes que l'auteur semble particulièrement adorer et je le comprends, dans une réflexion autour du loup qui se réintroduit dans les montagnes et la question du partage de l'espace avec l'humain. J'aime beaucoup deux choses dans cette BD : le parti pris de nous montrer uniquement un seul homme changer de comportement, ce qui est à la fois agréable sur le plan narratif mais évidemment symbolique aussi. Et l'autre chose qui m'a séduit, c'est cette fin accompagnée d'une explication longue et passionnante des aspects de la BD. Je ne m'attendais pas à en avoir une, mais cette postface est parfaite pour accompagner le récit et complète à merveille ce qui est dit dans la BD. Car elle parle de la vieille obsession humaine (surtout occidentale) d'une opposition entre l'homme et la nature, alors que celle-ci est illusoire. Il est très beau de mettre ainsi en scène à la fois les tourments de l'éleveur mais aussi les considérations de l'homme (pas toujours fondées) ainsi que la relation que l'on entretient avec son environnement. La question du mouton, du loup et de l'homme s'inscrit aussi dans une pensée plus large qu'il nous faut aujourd'hui changer. A cet égard, je trouve que la postface était presque nécessaire. Le dessin de Rochette contribue parfaitement au récit, avec son trait charbonneux et une colorisation qui rend l'atmosphère froide des montagnes, la puissance de ces glaciers et la dangerosité de cet environnement hostile à l'homme. J'apprécie ce qu'il fait et je vais indéniablement me tourner vers ses autres productions, parce que ça vaut le coup d'oeil.
Lightfall
De la pure héroic fantasy. Lightfall est un histoire très divertissante, elle reprend les codes du genre et plaira beaucoup aux plus jeunes. L'héroïne, Béa est une orpheline adoptée par son grand père, un cochon sorcier. Après une escapade mouvementé où elle rencontre Cad, un Galadurien, une espèce de guerrier plutôt atypique, qui ne la quittera plus, en rentrant, elle découvre une lettre déposée sur la table. Son grand père est parti en urgence laissant une fiole lumière dont elle doit absolument prendre soins. Dans cette lettre, il lui ordonne de ne pas le suivre, chose qu'évidemment elle ne fera pas. La quête commence ! Elle partira à sa recherche avec ses angoisses maladives, son manque d'assurance accompagnée de Cad, guerrier Galadurien sans peur et toujours heureux, parfois même naïf, ils tenteront ensemble de retrouver le cochon sorcier et souvent le rateront de peu. Lightfall c'est aussi une galerie de personnages hauts en couleurs. Des gentils, des moins gentils, des sournois, des généreux, bref tout ce petit monde cohabite dans un univers magique, loufoque, inquiétant et onirique. Il y a un aspect course contre la montre dans cette histoire qui rend l'ensemble haletant. Quand on commence à lire, on n'ose pas poser l'album de peur de rater quelque chose, c'est dire si c'est haletant. Le dessin est très agréable et adapté à l'univers fantastique jeunesse, les couleurs chaudes sont très belles et le découpage est très bien dosé, bien dynamique quand c'est nécessaire. Une vraie réussite ! Une série à conseiller vivement dès 8 ans mais même quand on est grand, c'est une lecture très agréable, nous attendons la suite avec impatience
Les Contes graveleux de mon papy
Une compilation de 44 contes revisités qui mérite à 100% sa place dans la bien nommée collection WTF. Un gentil tenant absolument à raconter une histoire du soir à son brave petit fils (ça tourne parfois au harcèlement) prend un malin plaisir à détourner les contes européens et asiatiques les plus connus de manière bien particulière. Ça commence gentiment mais dérape dès la 2ème page. Ça devient un gros foutoir qui me rappelle Edika, avec qui il a en commun de proposer des fins bien pourries qui font parfaitement l'affaire. C'est régressif en diable à base de trip de petites culottes et autres, a priori de l'humour cracra facile mais on perçoit petit à petit un humour finalement bien plus particulier. L'auteur sait développer sa patte et fait preuve d'une inventivité très large. Sans doute la concaténation d'années de prises de notes de délire glanées autour de lui. Attention, le dessin est très enfantin (ce qui colle à l'esprit des petites histoires du soir) et peut vite attirer l'attention des enfants qui feront une moue bizarre en lisant quelques pages. Deuxième mise en garde: comme les histoires du soir, ne lisez pas plus 2 ou 3 contes à la fois, vous friseriez rapidement l'overdose.
Eigyr
J'ai beaucoup aimé cette BD qui sort de l'ordinaire. L'histoire se situe au 5ème siècle, mais pose des problématiques très actuelles: celles de la violence, des croyances, subtilement représentées par chaque clan (bretons païens, bretons chrétiens, saxons impies), et aussi celle du genre. L'humour est toujours présent. Magnifiques portraits de femmes. Les trois personnages principaux Eigyr, Steren, et Calum, sont très attachants, émouvants dans ce monde de brutes, et nous entrainent vers une fin surprenante. Le style graphique est complexe mais moderne, très épuré et élégant, ce qui donne une grande fluidité à la lecture. Certaines pages sont magnifiques, dessins et couleurs, de plus en plus belles jusqu'à la fin du livre.
Salade César
Je l’avais déjà apprécié à l’époque de sa sortie mais Salade César a été ma lecture fou rire de cet été. Je l’ai dégusté à raison de quelques pages par soir. Même si j’étais dans de bonnes conditions (vacances toussa toussa), je trouve cet album bien au-dessus de Waterlose. Nos 2 héros sont tout aussi débiles l’un que l’autre mais César garde la palme. Devant un tel niveau de bêtise, je n’ai pas arrêté de me gausser. Les gags sont ici tous réussis. Si vous aimez l’humour absurde et bien con, que vous ne tiquez pas de voir apparaître un nunchaku à l’époque romaine, cet album est fait pour vous, de l’antidépresseur naturel.
Koko n'aime pas le capitalisme
Belle découverte que cette BD et cet auteur ! Il s'agit d'une suite de gags soit en une image soit en quelques cases. Reprenant en partie l'actualité ou des éléments de la culture populaire (cinéma, télévision, internet, et autres...), ils jouent sur un certain sens de l'absurde et du décalage. Ils consistent régulièrement à donner des paroles décorrélées de leur contexte initial à des personnages célèbres, ou à tourner en dérision des situations qu'on pensait classiques. Comme le titre et la présentation de l'album l'indiquent, beaucoup de ces dialogues usent de références de la gauche prolétarienne voire de discours parfaitement révolutionnaires. Pour autant, il serait bien difficile de classer politiquement cette BD tant elle se moque de tout le monde, tournant en ridicule autant les figures et symboles du libéralisme économique que le wokisme, l'écologie hypocrite et autres militants gauchistes. Ce n'est pas toujours aussi drôle mais de nombreux gags sont excellents et m'ont vraiment fait rire. Et par bonheur, les sujets et idées de scènes sont suffisamment variés pour ne pas lasser. A cela s'ajoute un graphisme très appréciable. L'auteur dessine au crayon, parfois simple crayon de papier mais aussi souvent des crayons de couleur qui offrent des illustrations contrastées et lumineuses. La mise en scène est impeccable et la majorité des gags tombent juste. Un auteur et dessinateur humoristique que je suivrai avec plaisir.