Les derniers avis (32292 avis)

Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Requiem pour un champion
Requiem pour un champion

3 pour la BD mais 4 pour lecture avec le CD en fond sonore. Une histoire classique de type film noir avec des plans qui foirent, des gangsters en manteau et des boxeurs songeurs. Le dessin est accrocheur pour ceux qui aiment le charadesigner Yoji Shinkawa (derrière Metal Gear Solid par exemple). Et puis surtout il y a le CD qui s'accorde à merveille avec la lecture, plus lente mais plus respectueuse du travail de l'auteur. Un petit air jazzy et on se croit dans une enquête de Marlowe. Le même effet que m'a produit l'excellente série Melvile.

18/09/2023 (modifier)
Par Cosme
Note: 4/5
Couverture de la série La République du Crâne
La République du Crâne

Avec cet album je me suis fait avoir, dans le bon sens du terme. Il est 21h, je me mets au lit après 36 heures épuisantes, blotti contre ma fille de 6 mois qui a le Covid avec de fortes fièvres, je tombe de fatigue. Je décide de prendre cet album, marque page juste à côté de moi en me disant qu’au bout de 20 ou 30 pages, je le poserais et sombrerais dans le sommeil… J’étais complètement à côté de la plaque! Je lis l’introduction, ça titille ma curiosité, et j’attaque le premier chapitre, puis je me dis « allez, le deuxième », et ainsi de suite jusqu’à m’engloutir les 200 et quelques planches de l’album. Et quand ça fait ça, et bien je sais que je suis face à un album de qualité, je ne voulais plus le lâcher. De ces deux auteurs je n’ai lu que Ira Dei qui m’avait laissé assez septique, et leur album dans la série Conan le Cimmérien qui n’est pas vraiment le meilleur de la collection. Autant dire que je pensais lire un album sympathique mais sans plus. Et bien je ne saurais expliquer pourquoi j’ai autant été transporté dans cette aventure de piraterie. Après il faut dire que j’aime les histoires de pirates, qui ont maintes fois été traitées en BD, et dont j’ai une bonne quantité de série sur le sujet. Alors ce n’est pas là meilleur c’est sur, mais elle fait partie du haut du panier. Le scénario est classique, mais quand je me plonge dans ce genre d’aventure, ce n’est pas forcément l’originalité que je cherche. Mais plutôt une histoire de pirate avec tous les clichés qui vont avec, qu’elle soit bien construite et qu’elle me fasse voyager. Et le contrat est parfaitement remplis. Une intrigue assez simple, un voyage des Caraïbes aux côtes africaines, des combats, des abordages, un peu de culture sur la piraterie (d’ailleurs j’ai beaucoup aimé le petit dossier en fin d’album, et cette manière dans la préface de mettre à l’honneur les pirates, hommes libres, en faisant des comparaisons avec le monde moderne et l’esclavage contemporain du libéralisme, je regrette presque que ça n’est pas plus été exploité dans le scénario). C’est vraiment bien écrit, même avec mon énorme fatigue j’ai lu sans problème, c’est fluide. Et niveau dessin, je pense que pour le moment c’est l’album que j’ai le plus apprécié de ce dessinateur (en attendant d’en découvrir plus), c’est beau, des pleines pages, du dynamisme, du mouvement. Un dessin très travaillé et vraiment de qualité. Alors c’est sur, ne vous attendez pas à un chef d’œuvre qui révolutionne le genre, mais si vous aimez les histoires de pirateries, et bien c’est tout à fait le genre d’album qui pourrait vous plaire et vous faire passer un très bon moment.

17/09/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Cinq branches de coton noir
Cinq branches de coton noir

Voilà une bien belle BD sur la question de la problématique de la question ethnique, toujours bien prépondérante aujourd'hui comme de nombreux incidents en témoignent, sans parler de la peur du grand remplacement. La BD parle d'une histoire inventée pour l'occasion mais qui permet de lier de façon très fluide deux périodes temporelles : la guerre de Sécession, où les États-Unis rêvent de liberté, et la Seconde Guerre Mondiale, où des noirs commencent à rêver aussi d'émancipation. La quête de liberté pour les noirs américains est ainsi replacée dans deux contextes différents (esclavage et ségrégation) avec ce qu'il faut de contexte à chaque fois. J'aime beaucoup le développement des personnages sur la question du racisme, entre l'acceptation passive, la résignation, la colère ou la revendication politique. Ce spectre est bien étalé, montrant que ce ne fut jamais le combat d'un seul ni de tous. Le traitement des noirs dans l'armée est d'ailleurs assez cruel, exploitation et utilisation en première ligne notamment. L'ensemble de l'histoire est prenante, et pour une fois je ne me suis pas senti blasé par l'utilisation de la Seconde Guerre Mondiale qui semble revenir à toutes les sauces dans bien trop d’œuvres diverses et variées. La tension dramatique monte avec cette découverte puis recherche d'un drapeau, ces liens entre personnages progressivement liés. Le final est à la hauteur du reste et n'a pas été sans m'évoquer d'autres histoires qui savent ainsi finir sur une note tragique et cruelle, montrant parfois la banalité tragique de certains faits divers. Une très chaude recommandation, c'est parfaitement bien exécuté !

17/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Algues vertes - L'Histoire interdite
Algues vertes - L'Histoire interdite

Mon avis ne sera pas aussi "coup de gueule " que bon nombre de mes prédécesseurs. Bien sûr la très bonne enquête d'Inès Léraud donne des haut-le-coeurs et pas seulement à cause de l'odeur de l'hydrogène sulfuré, nos bonnes vieilles boules puantes. J'ignorais d'ailleurs la toxicité à haute concentration de ce gaz et c'est le premier point positif de la série d'accroitre ma vigilence pour ma santé et celle de mes enfants si nous croisons cette ignominie au détour d'une promenade sur une plage ou un cours d'eau. Ensuite il y a le fond de l'enquête. Le récit de l'autrice est très bien construit. Elle réussit à capter notre attention dès les premières pages en introduisant une forte émotion dans sa proposition en nous présentant cette inertie qui fait perdre une vingtaine d'années à la tentative de solution. 20 ans où des promeneurs inconscients du danger ont pu se faire piéger mais que leurs disparitions soient classées comme noyades comme l'explique la fin de l'enquête. En face il y a des prises de positions politiques des années 60/70 que l'on peut contester mais qui répondaient à une certaine logique pour une région pauvre et enclavée. À cette époque on cherchait encore dans le dictionnaire le sens du mot écologie et c'est le progrès (énergétique, alimentaire, mobilité) qui guidait les décisions des politiques à quelques très rares exceptions. Une fois la menace détectée c'est désolant de constater le manque de réactivité des autorités même si l'ouvrage d'Inès Léraud concentre les erreurs et les parapluies sur quelques pages ce qui amplifie l'effet d'indignation. Dans la pratique bouger un système administratif aussi complexe demande plus qu'un unique rapport de médecin (il peut aussi faire une erreur). C'est d'ailleurs la partie que j'aime le moins dans l'enquête où Léraud multiplie les cases avec des juges qui donnent des non-lieux. Cela m'a donné l'impression d'une justice orientée dans cette affaire. Ce que je refuse de penser. C'est évident qu'au-delà de la toxicité des algues, des mesures fortes auraient dû être prises bien antérieurement (odeur, esthétique). Mais là encore il faut connaître le circuit décisionnaire pour savoir que c'est long et coûteux sauf si un premier ministre décide que c'est prioritaire et débloque des fonds en urgence. C'est aussi le rôle des assos, très bien mis en valeur par Léraud, de ne jamais laisser le couvercle se refermer. Le graphisme de Pierre Van Hove accompagne très bien le documentaire. Il traduit bien l'asopect journalistique du scénario. Cela rend le récit très fluide et captivant avec des rebondissements qui maintiennent l'indignation à son haut niveau. Une très bonne lecture qui interroge sur la volonté actuelle des politiques de changer de cap derrière les discours annonces sur le futur de la planète.

17/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Dernier assaut
Le Dernier assaut

C'est le premier ouvrage de Tardi sur le Grande Guerre que je lis. J'ai beaucoup aimé cette balade en enfer du brancardier Augustin. Tardi n'a rien perdu de son pouvoir d'indignation à propos de cet absurde conflit. Il rappelle que l'immensité des victimes de tous les bords n'avaient rien à faire dans les tranchées boueuses de la Somme ou de Verdun (ou ailleurs en Europe). Les sauts de puce d'Augustin nous permettent de découvrir des situations à l'extrême du non-sens et de la cruauté au sein même de ses propres troupes (tirailleurs, Bantams, médecins à la recherche des faux blessés). J'ai bien aimé le personnage d'Augustin qui transgresse son pacifisme sous la pression des événements mais qui se reprend en conscience. J'ai trouvé l'épisode d'Hitler un peu facile et souvent utilisé pour toucher du doigt la contingence. Les dialogues sont très présents, toujours justes avec cette pointe de distance cynique qui fait réfléchir. Le graphisme de Tardi est très abouti au sommet de sa maîtrise dans les scènes de combats apocalyptiques. Une très bonne lecture toujours aussi moderne. Je n'avais pas le CD.

17/09/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série D
D

Un scénario qui au premier coup d’œil semble assez classique mais au fil de l’histoire, il se complexifie, ouvre de nouvelles pistes, et finit par surprendre le lecteur au moment où il s’y attend le moins. Ayrolles nous propose une histoire de vampires, avec tous ses codes, transposée au cœur de la bonne société victorienne de l’Angleterre du XIXe. Plusieurs histoires se jouent en même temps : la traque d’un vampire, la bonne société anglaise confrontée aux manières un peu rudes d’un aventurier au grand cœur, la haine féroce que se vouent Richard Drake, notre découvreur du monde et son pire ennemi. Qui est vraiment le héros de cette série ? Voilà une bonne série aux dialogues alertes, aux notes d’humour bien placées, au dessin élégant et au scénario riche et surprenant qu’il faut lire avec une mise en perspective de l’époque à laquelle il se déroule. Un très bon moment de lecture.

17/09/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Joseph Kessel - L'Indomptable
Joseph Kessel - L'Indomptable

J'étais vraiment curieux de lire cet album, pour plusieurs raisons. De Joseph Kessel je n'ai lu qu'un roman, comme des centaines de milliers d'écoliers de ma génération : Le Lion, lequel racontait une amitié fusionnelle entre un enfant et un lion. Une lecture qui, bien qu'imposée par les programmes scolaires, était plutôt agréable. Même alors à l'aube de mes lectures plus sérieuses, j'arrivais à discerner la profondeur du roman. Plus tard, à l'occasion de reportages postérieurs à son décès, je sus qu'il avait eu une vie aventureuse, sans en savoir beaucoup plus. Et en dernier lieu, à l'occasion d'une manifestation organisée par les Éditions Jungle il y a quelques mois, le dessinateur Nicolas Otéro, dont je suis le travail depuis plusieurs années, m'avait dit travailler sur un album racontant la vie de Kessel. Et le voici donc, cet album. Et même si je suis frustré par ma lecture (j'y reviendrai), je peux dire que c'est un excellent album. Sur le plan graphique, on ne reconnaît pas vraiment le style de Nicolas Otéro, assez caractéristique. Il a en effet choisi de s'attacher de manière presque photo-réaliste aux visages, aux images d'archives qu'il a dû consulter pour réaliser l'album. Et contre toute attente, il s'en sort plutôt bien, mieux que d'autres dessinateurs utilisant ce subterfuge de manière systématique. Il gagne en authenticité, ce qui me fait dire qu'après 20 ans de carrière (déjà), il continue d'évoluer. Il est accompagné aux couleurs par son épouse Vérane, qui apporte une profondeur supplémentaire avec ses aquarelles changeant en fonction des ambiances. Elle est vraiment en phase avec la solennité du sujet. L'album raconte en effet, sur une centaine de pages, une sélection de la vie aventureuse de cet auteur qui tient une place particulière dans la littérature française du XXème siècle. De ses ascendances russes, de sa condition juive, des errances de ses parents à sa vieillesse blessée et lasse en passant par sa propre carrière de reporter de guerre (une passion dévorante, jusqu'à presque flinguer sa lune de miel au Kenya avec sa troisième femme), on nous donne quelques clés de compréhension de cette vie de fuite en avant, de cette envie de côtoyer la mort. Je ne vous en dirai pas plus, mais la mort tenait une grande part dans sa vie, étrange paradoxe. Pourquoi cette lecture me laisse-t-elle sur ma faim ? Un peu seulement. Parce que j'aurais aimé en savoir plus, sur sa jeunesse par exemple, pendant laquelle il a côtoyé certaines figures culturelles de premier plan. Mais je pense que l'album aurait alors fait 200 pages, ce qui en aurait peut-être fait un truc impossible à digérer. Ce qui est sûr, c'est qu'en lisant ça, ça m'a donné envie de relire Le Lion, et de lire ses autres bouquins... Si ça ce n'est pas un signe de qualité... A noter en annexes quelques photos de Kessel, quelques repères biographiques et une petite profession de foi des auteurs. Un petit complément sympa.

17/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Slum kids
Slum kids

Je suis une habituée des séries plus légères, mais sortir de ma zone de confort comme avec Mutafukaz, c’est pas déplaisant. Cette série, n’est pas faite pour les jeunes enfants, pas pour rien que je l’ai trouvée dans le rayon ados-adultes. On suit 3 enfants surtout, qui vivent dans un environnement qui est une décharge, au sens littéral du terme. La violence est omniprésente, la drogue également. Peu d’humour voire quasiment pas, on est transportés par le récit mais choqués par certains moments et on ressent une peine importante pour nos protagonistes (surtout un en particulier…). Ce sont des adolescents et des enfants et pourtant la cruauté ne leur est guère épargnée. Le dessin est excellent, comme le design des personnages. J’ai pas ri, je me suis pas reposé l’esprit, mais ça fait réfléchir, car dans certains quartiers défavorisés, la vie de certains enfants pourraient se comparer, le récit est tristement proche d’une réalité quasiment ignorée. J’ai hâte de voir le volume 2 !

16/09/2023 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Au nom du fils  - Dans l'enfer de la prison de San Pedro
Au nom du fils - Dans l'enfer de la prison de San Pedro

Il existe pas mal d'oeuvres qui racontent la vie d'un fils parti sur les traces d'un père disparu. Il est souvent question d'un parcours initiatique à la recherche d'un père méconnu ou incompris, en quête de réponses à des questions existentielles. Cet album scénarisé par Pauline et Jean-Blaise Djian a l'originalité et la bonne idée d'inverser les rôles. Lorsque il apprend le décès de son fils, avec qui il était fâché depuis des années, Stéphane va partir sur ses traces pour trouver les réponses aux questions que soulève l'annonce de son décès. Le cadre de ce récit est une autre originalité de cet album. Le fils de Stéphane a été assassiné dans une prison bolivienne. Pas n'importe laquelle : San Pedro. Il s'agit d'une prison qui existe réellement et qui a la particularité d'être auto gérée par les détenus. Pas de gardiens, mais un système où l'on peut travailler, louer une chambre pour la nuit, acheter à manger ou de la drogue. Assez dément comme prison. Stéphane décide de s'y faire enfermer volontairement pour retrouver l'assassin de son fils, comprendre ce qu'a vécu son fils avec qui il avait coupé les ponts, et surtout pourquoi c'est lui qu'il a voulu faire prévenir en premier. La recherche de ces réponses ne sera pas un parcours simple, on s'en doute. D'abord il faut des papiers boliviens, puis il faut se faire incarcérer. Le ton est donné avec ces premières épreuves, mais ce n'est rien à coté de ce qui l'attend à l'intérieur. La violence et la terreur sont le quotidien de l'autre coté des murs. Tout cela est très bien raconté, l'histoire se lit d'une traite. Les investigations de Stéphane et les bouts de réponses qu'il trouve progressivement sont intéressantes. La tension monte petit à petit. Les relations entre les personnages sont également efficaces, sincères et crédibles. Il va sympathiser avec 2 personnes, une jeune restauratrice et un gamin de 12 ans qui vends des cigarettes aux détenus et aux touristes (oui, San Pedro se visite). Les liens qu'il va tisser avec ces personnages sont forts et l'aideront à tenir le coup et à poursuivre ses investigations. Au final c'est peut être pas la plus émouvante des histoires de ce type, mais en tout cas c'est très plaisant à lire. Il n'y a pas de baisse de rythme, l'intrigue est intéressante de bout en bout. L'ambiance carcérale originale et le cadre atypique de ce récit contribuent pleinement à rendre cette lecture très agréable.

16/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Hardland
Hardland

L’intrigue, ou plutôt les intrigues, sont plutôt linéaires, et les personnages (à peu près tout ce que l’univers fantasy compte de races ou genres est représenté dans ces trois albums) sont typés et presque caricaturaux. J’ai trouvé le dernier tome un peu moins intéressant, trop basé sur les bastons, avec un peu moins de dialogues « musclés ». Voilà pour les bémols. Parce que sinon, c’est une lecture très sympathique, qui arrive à faire du neuf avec du vieux. Dans un monde où la magie semble avoir disparu, un groupe de personnages, commandés par un dragon mystérieux, tente de faire régner l’ordre. Et ils ont fort à faire ! Entre un sanglier tueur en série, une goule et autres excités, violence et baston ne manquent pas d’être au rendez-vous. Le dessin est très dynamique, très caricatural, et convient très bien au ton développé dans ces albums. Surtout les dialogues sont au diapason. Grossiers, voire vulgaires, ils donnent un humour potache et pas prise de tête à ces aventures assez violentes. En tout cas j’ai bien aimé cette lecture (malgré un dernier tome un peu en deçà des précédents). Note réelle 3,5/5.

16/09/2023 (modifier)