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Couverture de la série Les Peaux-Rouges
Les Peaux-Rouges

Cette brillante saga est l'oeuvre d'un des plus talentueux dessinateurs hollandais, Hans Kresse, qui déja reconnu dans son pays, désirait s'implanter sur le marché français. Hélas, malgré 9 albums publiés à partir de 1974 par Casterman, la série s'interrompt faute d'un succès franc. Sans doute l'attente d'un public français assidu de western, fut-elle déçue, car il ne s'agit pas d'un western sur le monde indien au sens traditionnel, l'époque choisie étant bien antérieure. On est en 1581 lorsque la seconde expédition espagnole commandée par Chamuscado vient envahir le Nouveau Mexique à la recherche continuelle d'or, la première colonisation des Espagnols commandés par Coronado ayant eu lieu dans cette région en 1540. La seconde raison de l'insuccès de cette bande est aussi l'absence d'une prépublication dans la presse BD, comme le journal Tintin qui aurait eu l'opportunité de la diffuser; elle fut donc stoppée en 1982 par Casterman après 9 albums. Et pourtant, Kresse réussit ici une fresque historique d'une ampleur inégalée, remarquablement documentée, en s'appuyant sur une petite tribu Apache, où à travers 2 personnages principaux (et quelques autres), le lecteur assiste à la lutte contre les guerriers barbus et casqués, à leur cruauté, au non respect des peuples indiens et au génocide qui s'en suivit, tâche qui sera facilitée aux conquistadors par les incessantes querelles et rivalités profondes opposant les tribus, entraînant ainsi leur perte. Cet aspect de la conquête vu du côté indien, les coutumes et la vie pure de ces peuples au sein d'une belle nature, sont donc bien rendus par Kresse auxquels le graphisme soigné et superbe apporte un atout supplémentaire, malgré un dialogue abondant. Une série injustement oubliée qui gagne à être connue, que je recommande (on trouve certains albums en occasion assez facilement).

30/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Cori le Moussaillon
Cori le Moussaillon

Cette superbe fresque maritime qui conte les aventures d'un petit mousse fin XVIème-début XVIIème, débute dans le journal Tintin en 1951, et ne sera reprise qu'en 1977. C'est à ce moment que je découvre la série qui d'emblée m'a intéressé même si la période et les pays concernés (rivalité maritime, économique et politique entre les grandes puissances Angleterre, Espagne, France, Provinces Unies) ne me passionne pas outre mesure. Etant plus habitué au style humoristique de Bob De Moor sur Barelli, j'étais surpris de voir avec quel brio il a pu concevoir cette fresque extrêmement bien documentée, car dans cette bande que l'on doit lire avec attention pour bien tout comprendre, il faut aussi bien regarder et détailler chaque image, surtout quand le crayon s'égare sur les vaisseaux, les ports et les édifices où tout est détaillé avec la minutie héritée d'Hergé dont De Moor fut le plus proche collaborateur. C'est d'ailleurs en partie pour ça qu'il interrompra cette série, car il a non seulement crée sa série Barelli, mais aussi participé à de multiples travaux sur "Tintin", dessiné un épisode de Lefranc pour Martin, et terminé le dernier récit de Blake et Mortimer après la mort de Jacobs. En 1977, lors de sa reprise de "Cori" dans le journal Nouveau Tintin, De Moor fait évoluer son jeune héros au temps de l'Invincible Armada, épisode qui a ma préférence pour son exactitude historique; le siècle d'Elizabeth Ière avec ses acteurs comme le célèbre "pirate de la reine" Francis Drake, est parfaitement rendu. Une magnifique série qui prouve le talent d'un grand monsieur dans le domaine réaliste.

29/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Cap'tain Swing
Cap'tain Swing

Ah ces petits formats qui reviennent dans l'estime des historiens de la BD, ceux-là même qui reniaient avec acharnement ces publications à bon marché il y a encore 30 ans, et qui aujourd'hui, sont les premiers à les louer, quelle hypocrisie ! Devant la cote de ces fascicules qui ne cesse de grimper, ils sont bien obligés de reconnaitre que certains avaient une valeur graphique et scénaristique ; il n'y a qu'à voir les prix effarants de certains bouquinistes peu scrupuleux qui profitent de la hausse de ce marché. Dans cette catégorie, il faut donc être prudent, et "Cap'tain Swing" au vu de ses qualités, peut suivant les lieux et les revendeurs, atteindre des prix conséquents. Moi je n'ai pas attendu tous ces profiteurs et ces faux-culs qui jadis crachaient sur les petits formats, j'en ai eu des tonnes , j'en bouffais au kilo, et beaucoup me plaisaient, j'en ai perdu énormément au gré des échanges ou des déménagements, et ce qui me reste, je le garde précieusement, même ceux que je n'aime pas. Après cette parenthèse d'humeur, parlons de Swing. En 1966, le Studio Esse.G.Esse lance cette série en Italie sous le nom de "Commandante Mark", et la même année en France chez Aventures & Voyages, éditeur de pockets bien connu à l'époque pour Akim qui faisait un carton chez nous. Ce pocket au nom de "Cap'tain Swing" comportera 296 numéros jusqu'en 1991. L'esprit est sensiblement le même que dans Blek le roc des mêmes auteurs, avec une petite variante d'époque : les années 1770 juste avant la guerre d'Indépendance, dans une Amérique peuplée de trappeurs et d'Indiens où des colons luttent contre l'oppresseur anglais, les "Homards rouges" qui s'imposent par la force. Un groupe de résistants surnommés les Loups de l'Ontario se bat pour son indépendance, aux ordres de leur chef, Swing, beau héros intrépide lui aussi coiffé d'une toque de renard, et assisté de 2 acolytes qui amènent une note comique réjouissante : la barbu Mister Bluff, un gourmand bavard, et l'Indien Hibou Lugubre, sans oublier le chien Pouik souvent utile dans certaines situations. Swing a aussi une fiancée du nom de Dorothy. Ces aventures mouvementées et humoristiques adoptent un rythme trépidant agrémenté d'une touche de romanesque. C'est une série populaire de qualité, bien dessinée, aux personnages attachants, pleine d'action, sans complications, qui enchantaient les gamins comme moi dans les années 70, et qui a remporté un succès à peu près égal à celui de Blek, aussi bien en France qu'en Italie. D'où le fait qu'elle est recherchée maintenant. Un beau souvenir de jeunesse, qui gagne à être connu.

29/06/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Gloire d'Héra
La Gloire d'Héra

Une toute petite série que je trouve vraiment magnifique, le trait de Rossi étant vraiment à son paroxysme d'excellence (son plus beau travail). J'admire vraiment cet auteur (Jim Cutlass un excellent western du niveau de Blueberry, ce qui n'est pas un mince exploit, ou encore Julius Antoine un autre petit chef d'oeuvre). Son trait semi-réaliste est vraiment unique et superbement maitrisé. Le scénario mi-historique, mi-fantastique de Le Tendre est également très bon comme d'habitude avec cet auteur. L'univers de la Grèce antique (formidablement reconstitué) est superbe et on est vraiment envouté. Le héros musculeux, les superbes femmes méditerranéennes, la colère des dieux ... C'est lyrique, violent, ensoleillé et même parfois drôle... La scène dans le tome 2 où Alcée combat la statue d'Hera ( et finit par tuer son fils) est vraiment un sommet de la bd. C'est superbe ! Un véritable peplum fantastique de haute volée. Donc pour ceux qui ne connaissent pas cette oeuvre, ruez vous dessus, vous ne serez pas déçu du voyage.

29/06/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Bidochon
Les Bidochon

Les Bidochon notés *** étoiles au guide michel...bdtheque !!! Ce qui m'énerve souvent sur bdtheque, c'est que nombre de séries cultes des années 80 et 90, unanimement acclamées à l'époque sont notées moyennement par la nouvelle géneration de lecteurs. Exemple: "Les Bidochon" ou L'Etat morbide ( au hasard ): *** , et De Cape et de Crocs ou Persepolis **** ! Enfin bon c'est un phénomène normal et nous sommes en démocratie. Donc les Bidochon c'est une série vraiment culte de fluide glacial (la plus connue on peut le dire) incroyablement drôle et caustique. Je ne m'étendrai pas sur Robert et Raymonde, tout le monde connais je pense. Un sans faute sur pratiquement tous les albums. C'est quand même assez rare pour le signaler. Les vacances toutes pourries en Normandie, les voyages organisés, la télé, la vie en habitation à loyer moderé, la secu, la route, la belle môman ... de véritables petits chefs d'oeuvre d'humour noir gentiment corrosifs (mais tendres) à chaque fois. Ces 2 français très moyens sont finalement très attachants et c'est un peu comme s'ils faisaient partie de la famille. De très grands points communs avec mes grands parents par exemple (mais sans le côté beauf) malheureusement décédés (Robert seul à table : "on a pas le droit à la moutarde ? " ). Le trait est simple et immédiatement reconnaissable. C'est du Binet, il n'en faut pas plus. En 3, 4 traits il rend vivant une multitude d'expressions différentes sur les visages de Robert et Raymonde. C'est très fort. Donc pour conclure ... les Bidochon dans le top 5 des meilleures productions fluide glacial (avec Edika, Carmen cru ou Jean Claude Thergal ... )

29/06/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lucha Libre
Lucha Libre

Tombé par hasard sur 4 numéros de "Lucha Libre" bradés (juste attiré par l'originalité des dessins et leur vitalité) je ne les ai lus que bien longtemps après. Une fois que j'eu entamé le premier Magazine, impossible de m'en défaire. Hop !! les quatres d'un coup! Le ton caustique et cynique, présent à chaque page, est appréciable dans ce politiquement correct ambiant étouffant (et il n'est pas souvent là où on l'attend). L'édito nous l'annonce clairement pour éviter toute méprise, le lecteur de Lucha Libre est une vache à lait que l'équipe se plaît à vanner régulièrement. Et moi ça me fait rire, ça me distrait de l'hypocrisie de mes "bienfaiteurs" businessmen. Le contenu est varié malgré la présence de Jerry Frissen sur chaque série. Ses personnages sont vraiment attachants (souvent par leurs défauts) et les dialogues sont également assez "vivants". J'ai l'impression que l'auteur démarre doucement et progresse en inspiration et développe davantage ses personnages au fur-et-à mesure du déroulement du récit. Chaque série gagne en intensité et en intérêt après le tour de chauffe. A part la série Tequila, qui est ultra-violente, les scènes d'action ne sont pas le nerf de chaque série. L'humour grinçant est omniprésent mais pas dénué d'une certaine tendresse (cf. les acteurs retraités cow-boys séniles paranoïaques dans les Luchadores five). Pour Tequila, Luchadores five et Les Tikitis,on ressent bien l'influence manga dans le découpage des scènes d'action mais hélas celles-ci sont parfois à la limite de l'illisibilité (Tequila). Profesor Furia et Les Luchadoritos sont plus dans un style graphique "franco-belge". Furia est une infâme crapule tandis que les "mignons" petits "Luchadoritos" servent de sas de décompression à la fin de chaque Magazine. Car oui, il faut décompresser; on en prend plein la tronche et on rigole presque coupablement. Prochains achats, les trilogies Tequila et Luchadores five en "beaux Albums".kr kr kr

28/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Mac Coy
Mac Coy

Il faut avant tout dénoncer une injustice : ce western brillant dans le fond et la forme a trop souvent été comparé à Blueberry, alors qu'il a de multiples qualités ; bien-sûr qu'il aborde un sujet voisin, mais combien d'autres Bd font de même dans d'autres genres ? Ceci étant dit, les années 70 apportent des Bd western au ton nouveau, c'est le cas de "Mac Coy" qui se hisse alors rapidement parmi les grandes séries du genre. Vision âpre et parfois sordide de l'Ouest américain, aussi marquée par le western spaghetti bien avant Durango, volontairement éloignée du western classique à l'image bien propre, la série gagnera en puissance au fur et à mesure des récits. Le dessinateur espagnol Palacios, qui s'était déja distingué dans le genre avec Manos Kelly (western rude qui annonçait sa maîtrise future), ne cessera d'améliorer son trait. Sa rencontre avec le scénariste Gourmelen va lui permettre de se consacrer exclusivement au dessin, en créant une série au souffle épique et aux personnages solides, tout en peaufinant son style heurté. En effet, son dessin énergique va apporter une grande force à la série, notamment grâce à son utilisation de la couleur dans des contrastes surprenants et des dégradés de rouge, d'orange, de jaune, puis de vert et de bleu, créant ainsi des ambiances. Son héros ressemble il est vrai à Blueberry, il est comme lui une tête brûlée qui méprise les gradés imbéciles qui envoient au casse-pipe des pauvres types, il est un de ces hommes pour qui la guerre est le lot quotidien, mais il a été brisé moralement par la guerre de Sécession. Chaque épisode est un segment dans l'évolution de la bande, et contient une résonance historique (comme le massacre de Little Big Horn). Enfin, autre atout et non des moindres : Palacios puise dans le réservoir d'images du cinéma, bon nombre de ses plans sont des plans cinématographiques, on y relève des références à de grands westerns hollywoodiens, et pour couronner le tout, son héros Mac Coy a la physionomie de Robert Redford. Une belle série western, dont tous les épisodes sont à peu près d'égale qualité, je l'ai découverte dans le Journal Tintin (alors dans sa formule Nouveau Tintin) en 1976 lorsque fut prépublié le Triomphe de Mac Coy (actuel tome 4 de la série), et j'ai immédiatement été emballé ; la Bd a ensuite poursuivi sa route dans Pilote à partir de 1980.

28/06/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Kongo
Kongo

Excellent album que ce "Kongo" ! Les deux auteurs que j'avais déjà découvert dans des registres assez différents (Christian Perrissin au scénario avec Martha Jane Cannary et Tom Tirabosco dans Sous-sols) unissent leur talent pour nous proposer le récit biographique de l'écrivain Joseph Conrad. D'emblée on est marqué par le graphisme marqué et si personnel de Tom Tirabosco (C'est d'ailleurs ce qui m'avait séduit dans l'album Sous-sols dont je parlais précédemment). Son utilisation charbonneuse du noir et blanc restitue ici à merveille les difficiles conditions du voyage de Conrad au Congo et l'état d'esprit dans lequel il évolue. Et posé sur le récit taillé par Christian Perrissin, tout cela fonctionne à merveille. Déjà dans Martha Jane Cannary, j'avais adoré sa façon de traiter le personnage, et le graphisme particulier de Matthieu Blanchin passait comme une lettre à la poste. Ici, la combinaison des deux devient envoutante et nous suivons ce personnage étonnant, presque anachronique poursuivre son périple à travers un monde qui fait tout sauf lui ressembler. Cela donne au final un récit d'une grande force et qui aura également réussi le tour de force de me donner envie de me plonger dans les œuvres de Joseph Conrad. Encore une belle réussite de chez Futuro' !

28/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Valérian
Valérian

Lorsque cette bande d'une phénoménale richesse apparut en 1967 dans Pilote, j'étais très jeune et elle m'intrigua avec son court récit Les Mauvais Rêves, mais ensuite, n'étant pas attiré par la SF, je l'ai toujours lu avec intérêt mais sans réelle passion. Mes récits préférés restent La Cité des Eaux mouvantes (malgré son aspect encore peu abouti), l'Empire des Mille planètes, Sur les terres truquées, et le diptyque culte Métro Châtelet/Brooklyn Station. Les Mauvais Rêves reste intéressant par l'époque du Moyen Age où Valérian rencontre celle qui va devenir sa future co-équipière, Laureline. Tous deux sont encore à peine ébauchés, mais le ton est donné, ils formeront l'un des plus célèbres couples de la BD. La bande ira ensuite vers une science-fiction plus élaborée. Elle a atteint à l'époque un niveau où bien peu de réalisations du genre pouvaient rivaliser en Europe. Aujourd'hui, au milieu d'innombrables Bd de SF plus modernes, elle fait figure de pionnière. Surtout, elle venait après quelques tentatives assez rares en France comme Futuropolis ou Les Pionniers de l'Espérance, la science-fiction étant encore un terrain risqué en 1967. Conçue par J.C. Mézières et P. Christin qui sont un modèle de collaboration comme l'étaient Goscinny et Uderzo, la bande a influencé de nombreux scénaristes de SF, et on y relève un effort imaginatif continu de recherches esthétiques et graphiques auxquelles le décor se prête. Le dessin clair et lisible de Mézières est pourtant semi-réaliste, parfois simplifié, où l'efficacité n'est pas sacrifiée à la beauté du trait, auquel s'ajoutent des couleurs travaillées. De son côté, Christin apporte sa culture littéraire influencée par Asimov, ses nuances, son humour. Les auteurs ont donc crée un imaginaire d'une grande richesse, en inventant des univers fabuleux remplis d'architectures grandioses, de paysages galactiques étonnants, de créatures insectoïdes ou aquatiques étranges, de machines complexes, et par le biais de la SF, ils portent un regard ironique sur notre époque. Plusieurs aventures sont traversées par des préoccupations politiques, sociales et humanistes alliées à l'esprit créatif et à la fantaisie. Au fil des épisodes, ils ont aussi donné à la séduisante Laureline une psychologie intéressante, en contraste avec les faiblesses de Valérian qui en est réduit parfois à un rôle de faire-valoir; de plus, Mézières améliorant son graphisme, a pu lui donner au gré des années une silhouette de plus en plus sexy. Les lecteurs de Bd de science-fiction étant déja à l'époque plus avertis et plus exigeants, il est certain que cet aspect a été perçu par Mézières et Christin qui ont fait de "Valérian" non seulement une des meilleures bandes de SF, mais aussi un incontestable chef-d'oeuvre du 9ème art, ayant séduit un public très large aussi bien d'enfants que d'adultes. L'influence s'exporte loin, on dit que George Lucas y aurait piqué des trucs pour sa trilogie Star Wars en 1977. Une grande série, même si je n'en suis pas fan.

28/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Hotel Particulier
Hotel Particulier

Sorel assume cette fois-ci le scénario en plus du dessin, et cela se voit beaucoup. Lorsque l’on a rencontré le bonhomme on a compris qu’il a un univers personnel très particulier. Entouré de livres sur la littérature gothique anglaise (au sens gothique originel et pas au sens ados habillés en noir), d’un chat et souvent enclin aux histoires compliquées avec la gente féminine, Sorel nous livre ici un album totalement représentatif de ses passions. Le chat avait déjà été magnifiquement croqué dans Algernon Woodcock, le voici de retour avec une vision sociétale parallèle à la vie humaine. Vous qui scrutez chaque planche, vous aurez un très bel aperçu d’une jolie bibliothèque du roman gothique si vous notez tous les titres visibles dans cet album, et enfin les femmes, ah les femmes… Notre histoire nous fait voyager dans un immeuble qu’une fantôme vient hanter, elle rencontrera tout un tas de fantômes avec qui elle pourra communiquer. Un immeuble rendu glauque par ses habitants vivants deviendra tout à fait vivant et passionnant par ses horlas. Entre les mégères, les artistes maudits, les hommes peu enclins à l’engagement, la dureté financière d’une vie matérielle et les hommes qui se coupent de la société pour profiter de la vie : quelle belle tranche de société… (j’ai perçu par ailleurs une certaine ressemblance physique entre notre bon vivant de l’album et son auteur en sus de goût littéraires proches…) Sorel nage dans son univers, son trait si particulier s’en trouve tout à fait pertinent, nous sommes dans un autre siècle, nous sommes dans un mode différent, nous voyageons, nous rêvons et là réside l’essentiel. Évidemment certains pourront reprocher une certaine ressemblance physique entre certains personnages du Mâle de mer, du Les Derniers Jours de Stefan Zweig et cet album. Mais la technique de couleur directe est arrivée à maturité, chaque planche est un bijou qui met en relief la narration pour mieux faire sortir le lecteur de sa réalité. Un très bon album, comme Sorel en devient coutumier, à découvrir avec passion.

28/06/2013 (modifier)