J'ai pas mal rigolé et souvent souri à la lecture de ce chéquier de la Banque Princière de Neuilly.
Sarko et Sarkozy junior sont caricaturés à l'extrême(?) et nous offrent de la bêtise à l'état pur. Père essaye de ne pas craquer nerveusement aux questions complètement débiles et infantiles de son fils. Le fiston est pourri gâté capricieux et apparemment n'a pas l'habitude de se servir de son cerveau; ça donne des perles dignes d'un enfant de huit ans. Presqu'une lecture salvatrice, tant il est agréable de se moquer de ces personnes de pouvoir qui se prennent trop au sérieux mais tellement à coté de la plaque.
Benoît Delépine n'a eu aucun mal visiblement,à être inspiré (BIG UP au Groland au passage!). Les dessins de Diego Aranega (un de mes favoris de l'équipe Fluide Glacial actuelle) sont parfaits pour ce boulot. Son style crade nonchalant colle bien au concept du contre-chéquier princier (les deux individus concernés par l'oeuvre ici-présente ne méritaient pas un joli portrait).
Un magnifique objet insolite qui ne fait pas tâche dans ma collections de bds.Fier d'avoir un chéquier rangé dans ma bibliothèque.
Il y a des bd dont je ne me pose pas la question sur la notation. En l'occurrence, Silas Corey mérite un 4 étoiles direct. J'ai lu le premier diptyque avec un certain plaisir. Cette bd possède toutes les qualités requises. Il y a un héros intéressant, une histoire passionnante, un dessin tout à fait correct et une intelligence de la mise en scène avec pas mal de trouvailles.
Fabien Nury possède un talent de scénariste hors du commun. Il nous le prouve une fois de plus avec Silas Corey dans un registre pourtant difficile. La première Guerre mondiale sert de toile de fond à cette nouvelle aventure. Il apporte une crédibilité à la thèse de Joseph Caillaux qui fut accusé d'intelligence avec l'ennemi ce qui profita à son adversaire Georges Clémenceau pour diriger le gouvernement et mener notre pays à la victoire.
Au final, nous avons là une excellente série à déguster sans modération.
L'oeuvre est tiré d'un célèbre roman d'Albert Camus qui est considéré comme l'un des plus grands écrivain du XXème siècle. Je n'ai pas une grande connaissance de sa littérature. La bd me permet de pallier à cette carence. Bref, le support est bien choisi pour véhiculer son oeuvre.
C'est Jacques Ferrandez qui s'y colle une seconde fois après L'Hôte. J'aime beaucoup son dessin que j'ai déjà pu apprécier dans sa série consacrée à l'Algérie à savoir Carnets d'Orient qui relate la saga d'une famille de pieds-noirs des années 1830 à la fin des années 1950. Il y a surtout ces aquarelles lumineuses qui restituent ce paysage algérien écrasé par la chaleur. La scène de l'enterrement de la mère sera d'ailleurs assez caractéristique. La chaleur va d'ailleurs baigner toute l'histoire...
L'étranger nous permet de découvrir un homme plutôt insaisissable dont le regard extérieur n'attire pas forcément la sympathie. Il y a ce côté "je ne sais pas, cela m'est égal" qui revient à chaque fois. A un moment donné sa vie va basculer et plus rien ne pourra arrêter une machine judiciaire infernale. A la fin, on éprouve quelque chose pour lui que cela soit de la compassion ou de la pitié. Bref, j'ai aimé cette évolution de notre perception alors que le personnage ne change pas.
Au final, l'étranger est un drame sourd qui ne laissera pas indifférent. On cherche encore des réponses qu'on ne trouvera pas forcément sous l'aveuglement du soleil.
Figure éminente de l’Amérique des années 50, le banquier Jay Sherman est à deux doigts de réaliser son rêve : permettre à son fils de devenir le président de la République. Seulement, ce dernier est assassiné par un mystérieux ennemi qui menace de détruire tout ce que Sherman a construit dans sa vie (fortune et famille).
On peut dire que la série démarre fort et le lecteur est immédiatement pris dans l’intrigue.
L’histoire n’est pas follement originale mais diablement efficace. Elle se divise en deux. Il y a d’une part l’enquête pour retrouver l’agresseur et d’autre part la vie de Sherman depuis son enfance au début du 20ème siècle. La vie très romanesque de Sherman se mêle plusieurs fois à la Grande Histoire, ce qui donne encore plus d’ampleur à l’intrigue.
Narration et suspense sont parfaitement maitrisés et le changement de colorisation en fonction des époques est bien vu.
Les dessins sont classiques et agréables même si le talent de Griffo est loin d’être exploité à son maximum.
Au final, Sherman est une très bonne série policière, plutôt grand public, qui en dépit de quelques défauts, ravira les amateurs.
Je pense que je suis définitivement réconcilié avec cet auteur que j'avais au départ assez mal jugé. Cette oeuvre traduit également ma pensée sur l'évolution de notre société ainsi que son mal endémique que les politiques tentent de cacher sous des artifices avec l'aide bienveillante des médias.
Il est vrai que Saison brune m'avait un peu échaudé. Cependant, j'avais apprécié le fait que l'auteur défendait sa thèse avec passion ce qui rencontrait un large succès auprès de son public acquis à la cause. Il en est de même en l'espèce mais cette fois-ci, c'est bien en accord avec mes idées.
Dol est un terme juridique qui signifie manoeuvre frauduleuse. Il va y avoir une démonstration plutôt pertinente de la manipulation des politiques avec certains thèmes comme l'insécurité. L'auteur s'appuie notamment sur des interviews de journalistes, d'avocats ou encore d'économistes ce qui crédibilise le propos.
Le constat sera celui de l'augmentation des inégalités et du fossé qui se creuse encore entre les favorisés et les plus démunis. Malheureusement depuis 2006, il y a une crise qui est passée par là et qui n'a rien arrangé aux choses. Il serait sans doute intéressant pour l'auteur d'aller plus loin comme proposer des solutions viables.
Les Innocents coupables est une série que j'ai découverte au détour d'une séance de dédicaces, et c'est une série que j'ai bien apprécié, et dont la lecture m'a été agréable.
Graphiquement d'abord (puisque c'est ce critère qui a motivé mon achat), j'ai trouvé ça bon, et comme évoqué avec Anlor la dessinatrice, j'ai pu constater que le dessin a évolué (dans le bon sens) au cours de ces 3 tomes. Les cadrages et la mise en page sont bons, les couleurs sombres comme il faut pour raconter une histoire pas forcement très gaie. Les personnages qui au départ se ressemblent un peu avec leurs cranes rasés sont finalement très identifiables, de par leurs traits caractéristiques. Du bon travail !
Niveau histoire, pour le contexte, je ne connaissais pas l’existence de ces colonies pénitentiaires pour jeunes délinquants, mais de la façon dont est racontée l'histoire, ça semble vraiment crédible. Mais finalement c'est l'histoire de nos 4 jeunes qui est importante, chacun ayant son background (que l'on découvre au fil des 3 tomes), chacun ayant ses objectifs, tout ça est bien amené et bien raconté avec justesse.
Une belle découverte, ayant hésité entre un 3/5 et un 4/5, j'opte finalement pour la note plus généreuse, un peu de bonne pub ne pourra pas faire de mal ;)
Au départ j’étais assez sceptique de voir ce roman très connu en BD, il faut oser !
Très fidèle au roman d’Albert Camus, l’adaptation en BD de Jacques Fernandez est une véritable réussite.
Pour avoir lu le roman à plusieurs reprises, j’ai retrouvé dans cet ouvrage la même atmosphère. Le personnage principal Meursault, très bien représenté, est aussi déroutant que dans le roman, ce non-conformiste va payer au prix le plus fort son attitude.
Le dessin est un autre point fort de cet ouvrage, l’ambiance de l’époque est retranscrite de façon fantastique et plonge le lecteur entièrement dans le récit.
Ces recueils Panini ne font que reprendre les récits que j'ai connu dans les années 70 par les pockets Arédit et les brochés grand format Lug, mais c'est une bonne initiative pour les nouvelles générations. Je préfère évidemment mes pockets qui faisaient la joie de tous les ados de mon époque. Quand on a découvert le film avec Schwarzy en 1982, ça a été un véritable choc, parce que ce mec peu connu avec la musculature qu'il avait, était pour nous Conan en chair et en os.
L'univers qu'a crée Robert Howard dans ses nouvelles était totalement nouveau dans les années 30 (il est mort en 1936) et ne fut redécouvert qu'en 1966 par les couvertures de Frazetta ; c'est à partir de là que la jeunesse américaine s'intéresse au musculeux guerrier de l'âge Hyborien, et que le mythe prend forme. Le genre heroic fantasy jusqu'alors méconnu et seulement abordé par des romanciers anglais (dont le plus fameux est Tolkien) qui lui avaient donné un niveau littéraire d'une grande richesse, est lancé et va connaître le succès que l'on sait.
En 1970, Roy Thomas et le dessinateur anglais Barry Smith donne vie en BD à Conan en imposant la fantasy du style "peaux de bête et gros serpent" différente de la fantasy anglaise à la Tolkien. De grands artistes vont illustrer le monde de Conan, comme Gil Kane, Esteban Maroto, Mike Kaluta, Neal Adams entre autres, mais c'est pour moi John Buscema qui donnera au personnage sa véritable dimension et une grande vigueur par son trait à la fois fluide et puissant, qui représente toujours le Cimmérien les muscles saillants et le visage dur ou rageur.
Les séquences de batailles y sont farouches et violentes, les personnages féminins très glamour, surtout que Conan considère les femmes comme des monnaies d'échange ou des objets de plaisir. Pour s'opposer à la force brutale d'un tel guerrier, les auteurs lui associent parfois Red Sonja, pendant féminin de Conan qui connaîtra ensuite ses propres aventures sous le crayon de Frank Thorne.
Contrées hostiles, cité de Zamora, le dieu Crom, Stygiens ou Hyrkaniens, sorciers, souverains cupides, créatures de cauchemar sont parmi les ingrédients de cette Bd qui brille par ces qualités graphiques et son imaginaire chaotique et fascinant.
A essayer d'abord en biblio pour les non-initiés.
Ce qui m'a poussé à me procurer le premier tome de "Notre Mère la Guerre" fut sa très belle couverture. Aussi ai-je été plutôt désemparé par le style graphique que je découvris à l'intérieur, au fil des pages.
En effet, mon premier réflexe fut de refermer l'album, car le style que je jugeais alors "brouillon" m'empêchait de me concentrer sur l'atmosphère du scénario et me rendait difficile l'identification des personnages (combien de fois ai-je dû revenir en arrière pour m'assurer que je ne les confondais pas). Puis, est arrivée la première scène d'assaut sur le front... et j'ai alors réalisé que ce style "brouillon" correspondait parfaitement au chaos des combats dans les tranchées, plongées dans les explosions des obus, les cris des assaillants et des mourants, le crépitement des armes à feu, la pluie et la boue...pour, alors que je refermais le dernier tome, me rendre compte que le dessin ne m'avait plus du tout gêné.
Enfin, l'enquête, qui mêle à la fois fiction et réalité historique, m'a emballé. J'ai notamment apprécié le passage où les "poilus" de retour à l'arrière, se rendent compte que les civils sont indifférents à leur sort, un thème qui n'est que peu abordé dans les différents médias. J'ai également aimé l'utilisation des ellipses temporelles, nous permettant d'observer l'évolution des protagonistes, au cours de la guerre.
De cette série, je retiens d'abord le travail très méticuleux sur les dialogues, notamment les répliques du romantique bretteur Armand Raynal de Maupertuis : un travail sur la syntaxe qui rend cette bande dessinée difficile d'accès à un jeune public, contrairement à ce que pourraient laisser croire les tons colorés des planches et les héros animaliers de l'histoire.
Ensuite, et cela va de pair avec les dialogues, je pense que le point fort de cette série réside dans la personnalité des deux personnages principaux : le fougueux Don Lope de Villalobos y Sangrin, et l'Amoureux transi Armand Raynal de Maupertuis.
Enfin, les multiples références au théâtre ancrent "De Cape et de Crocs" dans une atmosphère que je n'ai encore croisée nulle part ailleurs.
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S & fils
J'ai pas mal rigolé et souvent souri à la lecture de ce chéquier de la Banque Princière de Neuilly. Sarko et Sarkozy junior sont caricaturés à l'extrême(?) et nous offrent de la bêtise à l'état pur. Père essaye de ne pas craquer nerveusement aux questions complètement débiles et infantiles de son fils. Le fiston est pourri gâté capricieux et apparemment n'a pas l'habitude de se servir de son cerveau; ça donne des perles dignes d'un enfant de huit ans. Presqu'une lecture salvatrice, tant il est agréable de se moquer de ces personnes de pouvoir qui se prennent trop au sérieux mais tellement à coté de la plaque. Benoît Delépine n'a eu aucun mal visiblement,à être inspiré (BIG UP au Groland au passage!). Les dessins de Diego Aranega (un de mes favoris de l'équipe Fluide Glacial actuelle) sont parfaits pour ce boulot. Son style crade nonchalant colle bien au concept du contre-chéquier princier (les deux individus concernés par l'oeuvre ici-présente ne méritaient pas un joli portrait). Un magnifique objet insolite qui ne fait pas tâche dans ma collections de bds.Fier d'avoir un chéquier rangé dans ma bibliothèque.
Silas Corey
Il y a des bd dont je ne me pose pas la question sur la notation. En l'occurrence, Silas Corey mérite un 4 étoiles direct. J'ai lu le premier diptyque avec un certain plaisir. Cette bd possède toutes les qualités requises. Il y a un héros intéressant, une histoire passionnante, un dessin tout à fait correct et une intelligence de la mise en scène avec pas mal de trouvailles. Fabien Nury possède un talent de scénariste hors du commun. Il nous le prouve une fois de plus avec Silas Corey dans un registre pourtant difficile. La première Guerre mondiale sert de toile de fond à cette nouvelle aventure. Il apporte une crédibilité à la thèse de Joseph Caillaux qui fut accusé d'intelligence avec l'ennemi ce qui profita à son adversaire Georges Clémenceau pour diriger le gouvernement et mener notre pays à la victoire. Au final, nous avons là une excellente série à déguster sans modération.
L'Etranger
L'oeuvre est tiré d'un célèbre roman d'Albert Camus qui est considéré comme l'un des plus grands écrivain du XXème siècle. Je n'ai pas une grande connaissance de sa littérature. La bd me permet de pallier à cette carence. Bref, le support est bien choisi pour véhiculer son oeuvre. C'est Jacques Ferrandez qui s'y colle une seconde fois après L'Hôte. J'aime beaucoup son dessin que j'ai déjà pu apprécier dans sa série consacrée à l'Algérie à savoir Carnets d'Orient qui relate la saga d'une famille de pieds-noirs des années 1830 à la fin des années 1950. Il y a surtout ces aquarelles lumineuses qui restituent ce paysage algérien écrasé par la chaleur. La scène de l'enterrement de la mère sera d'ailleurs assez caractéristique. La chaleur va d'ailleurs baigner toute l'histoire... L'étranger nous permet de découvrir un homme plutôt insaisissable dont le regard extérieur n'attire pas forcément la sympathie. Il y a ce côté "je ne sais pas, cela m'est égal" qui revient à chaque fois. A un moment donné sa vie va basculer et plus rien ne pourra arrêter une machine judiciaire infernale. A la fin, on éprouve quelque chose pour lui que cela soit de la compassion ou de la pitié. Bref, j'ai aimé cette évolution de notre perception alors que le personnage ne change pas. Au final, l'étranger est un drame sourd qui ne laissera pas indifférent. On cherche encore des réponses qu'on ne trouvera pas forcément sous l'aveuglement du soleil.
Sherman
Figure éminente de l’Amérique des années 50, le banquier Jay Sherman est à deux doigts de réaliser son rêve : permettre à son fils de devenir le président de la République. Seulement, ce dernier est assassiné par un mystérieux ennemi qui menace de détruire tout ce que Sherman a construit dans sa vie (fortune et famille). On peut dire que la série démarre fort et le lecteur est immédiatement pris dans l’intrigue. L’histoire n’est pas follement originale mais diablement efficace. Elle se divise en deux. Il y a d’une part l’enquête pour retrouver l’agresseur et d’autre part la vie de Sherman depuis son enfance au début du 20ème siècle. La vie très romanesque de Sherman se mêle plusieurs fois à la Grande Histoire, ce qui donne encore plus d’ampleur à l’intrigue. Narration et suspense sont parfaitement maitrisés et le changement de colorisation en fonction des époques est bien vu. Les dessins sont classiques et agréables même si le talent de Griffo est loin d’être exploité à son maximum. Au final, Sherman est une très bonne série policière, plutôt grand public, qui en dépit de quelques défauts, ravira les amateurs.
Dol
Je pense que je suis définitivement réconcilié avec cet auteur que j'avais au départ assez mal jugé. Cette oeuvre traduit également ma pensée sur l'évolution de notre société ainsi que son mal endémique que les politiques tentent de cacher sous des artifices avec l'aide bienveillante des médias. Il est vrai que Saison brune m'avait un peu échaudé. Cependant, j'avais apprécié le fait que l'auteur défendait sa thèse avec passion ce qui rencontrait un large succès auprès de son public acquis à la cause. Il en est de même en l'espèce mais cette fois-ci, c'est bien en accord avec mes idées. Dol est un terme juridique qui signifie manoeuvre frauduleuse. Il va y avoir une démonstration plutôt pertinente de la manipulation des politiques avec certains thèmes comme l'insécurité. L'auteur s'appuie notamment sur des interviews de journalistes, d'avocats ou encore d'économistes ce qui crédibilise le propos. Le constat sera celui de l'augmentation des inégalités et du fossé qui se creuse encore entre les favorisés et les plus démunis. Malheureusement depuis 2006, il y a une crise qui est passée par là et qui n'a rien arrangé aux choses. Il serait sans doute intéressant pour l'auteur d'aller plus loin comme proposer des solutions viables.
Les Innocents coupables
Les Innocents coupables est une série que j'ai découverte au détour d'une séance de dédicaces, et c'est une série que j'ai bien apprécié, et dont la lecture m'a été agréable. Graphiquement d'abord (puisque c'est ce critère qui a motivé mon achat), j'ai trouvé ça bon, et comme évoqué avec Anlor la dessinatrice, j'ai pu constater que le dessin a évolué (dans le bon sens) au cours de ces 3 tomes. Les cadrages et la mise en page sont bons, les couleurs sombres comme il faut pour raconter une histoire pas forcement très gaie. Les personnages qui au départ se ressemblent un peu avec leurs cranes rasés sont finalement très identifiables, de par leurs traits caractéristiques. Du bon travail ! Niveau histoire, pour le contexte, je ne connaissais pas l’existence de ces colonies pénitentiaires pour jeunes délinquants, mais de la façon dont est racontée l'histoire, ça semble vraiment crédible. Mais finalement c'est l'histoire de nos 4 jeunes qui est importante, chacun ayant son background (que l'on découvre au fil des 3 tomes), chacun ayant ses objectifs, tout ça est bien amené et bien raconté avec justesse. Une belle découverte, ayant hésité entre un 3/5 et un 4/5, j'opte finalement pour la note plus généreuse, un peu de bonne pub ne pourra pas faire de mal ;)
L'Etranger
Au départ j’étais assez sceptique de voir ce roman très connu en BD, il faut oser ! Très fidèle au roman d’Albert Camus, l’adaptation en BD de Jacques Fernandez est une véritable réussite. Pour avoir lu le roman à plusieurs reprises, j’ai retrouvé dans cet ouvrage la même atmosphère. Le personnage principal Meursault, très bien représenté, est aussi déroutant que dans le roman, ce non-conformiste va payer au prix le plus fort son attitude. Le dessin est un autre point fort de cet ouvrage, l’ambiance de l’époque est retranscrite de façon fantastique et plonge le lecteur entièrement dans le récit.
Les Chroniques de Conan
Ces recueils Panini ne font que reprendre les récits que j'ai connu dans les années 70 par les pockets Arédit et les brochés grand format Lug, mais c'est une bonne initiative pour les nouvelles générations. Je préfère évidemment mes pockets qui faisaient la joie de tous les ados de mon époque. Quand on a découvert le film avec Schwarzy en 1982, ça a été un véritable choc, parce que ce mec peu connu avec la musculature qu'il avait, était pour nous Conan en chair et en os. L'univers qu'a crée Robert Howard dans ses nouvelles était totalement nouveau dans les années 30 (il est mort en 1936) et ne fut redécouvert qu'en 1966 par les couvertures de Frazetta ; c'est à partir de là que la jeunesse américaine s'intéresse au musculeux guerrier de l'âge Hyborien, et que le mythe prend forme. Le genre heroic fantasy jusqu'alors méconnu et seulement abordé par des romanciers anglais (dont le plus fameux est Tolkien) qui lui avaient donné un niveau littéraire d'une grande richesse, est lancé et va connaître le succès que l'on sait. En 1970, Roy Thomas et le dessinateur anglais Barry Smith donne vie en BD à Conan en imposant la fantasy du style "peaux de bête et gros serpent" différente de la fantasy anglaise à la Tolkien. De grands artistes vont illustrer le monde de Conan, comme Gil Kane, Esteban Maroto, Mike Kaluta, Neal Adams entre autres, mais c'est pour moi John Buscema qui donnera au personnage sa véritable dimension et une grande vigueur par son trait à la fois fluide et puissant, qui représente toujours le Cimmérien les muscles saillants et le visage dur ou rageur. Les séquences de batailles y sont farouches et violentes, les personnages féminins très glamour, surtout que Conan considère les femmes comme des monnaies d'échange ou des objets de plaisir. Pour s'opposer à la force brutale d'un tel guerrier, les auteurs lui associent parfois Red Sonja, pendant féminin de Conan qui connaîtra ensuite ses propres aventures sous le crayon de Frank Thorne. Contrées hostiles, cité de Zamora, le dieu Crom, Stygiens ou Hyrkaniens, sorciers, souverains cupides, créatures de cauchemar sont parmi les ingrédients de cette Bd qui brille par ces qualités graphiques et son imaginaire chaotique et fascinant. A essayer d'abord en biblio pour les non-initiés.
Notre Mère la Guerre
Ce qui m'a poussé à me procurer le premier tome de "Notre Mère la Guerre" fut sa très belle couverture. Aussi ai-je été plutôt désemparé par le style graphique que je découvris à l'intérieur, au fil des pages. En effet, mon premier réflexe fut de refermer l'album, car le style que je jugeais alors "brouillon" m'empêchait de me concentrer sur l'atmosphère du scénario et me rendait difficile l'identification des personnages (combien de fois ai-je dû revenir en arrière pour m'assurer que je ne les confondais pas). Puis, est arrivée la première scène d'assaut sur le front... et j'ai alors réalisé que ce style "brouillon" correspondait parfaitement au chaos des combats dans les tranchées, plongées dans les explosions des obus, les cris des assaillants et des mourants, le crépitement des armes à feu, la pluie et la boue...pour, alors que je refermais le dernier tome, me rendre compte que le dessin ne m'avait plus du tout gêné. Enfin, l'enquête, qui mêle à la fois fiction et réalité historique, m'a emballé. J'ai notamment apprécié le passage où les "poilus" de retour à l'arrière, se rendent compte que les civils sont indifférents à leur sort, un thème qui n'est que peu abordé dans les différents médias. J'ai également aimé l'utilisation des ellipses temporelles, nous permettant d'observer l'évolution des protagonistes, au cours de la guerre.
De Cape et de Crocs
De cette série, je retiens d'abord le travail très méticuleux sur les dialogues, notamment les répliques du romantique bretteur Armand Raynal de Maupertuis : un travail sur la syntaxe qui rend cette bande dessinée difficile d'accès à un jeune public, contrairement à ce que pourraient laisser croire les tons colorés des planches et les héros animaliers de l'histoire. Ensuite, et cela va de pair avec les dialogues, je pense que le point fort de cette série réside dans la personnalité des deux personnages principaux : le fougueux Don Lope de Villalobos y Sangrin, et l'Amoureux transi Armand Raynal de Maupertuis. Enfin, les multiples références au théâtre ancrent "De Cape et de Crocs" dans une atmosphère que je n'ai encore croisée nulle part ailleurs.