Les derniers avis (32069 avis)

Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Temudjin
Temudjin

Temüdjin, ce nom vous dit sans doute absolument rien, pourtant c'était le premier nom du futur Gengis Khan qui fut le fondateur de l'Empire Mongol au début du XIIIème siècle. Il faut rappeler que ce fut le plus vaste empire de tous les temps. Bon maintenant que la petite leçon d'Histoire est terminée , je vais enfin vous parler de ce très beau one shot qui nous narre la jeunesse du nouveau Temudjin qui est censé suivre les traces du "Khan" ( cela signifie dirigeant ). Ce récit mêle la fiction à la réalité pour notre plus grand plaisir. J'ai dévoré d'une traite cette BD et je ne pense pas être le seul. Mon libraire m'avait vanté les mérites de cet album mais j'avais réussi à résister à l'appel de ce magnifique ouvrage qui nous plonge au plus profond de la Mongolie médiévale et nous permet de découvrir la beauté de ses immenses steppes. Puis l'avis de PAco , très élogieux à juste titre d'ailleurs, a fini par me convaincre d'investir dans cette BD. Par contre j'ai préféré acheter l'édition limitée de la collection "Les Toilés de Canal BD" et je ne le regrette pas du tout. La couverture est bien plus belle à mon goût que dans l'édition classique , de plus cette édition comprend de nombreux suppléments ainsi qu'un ex-libris qui n'est rien d'autre que la couverture de l'édition courante. Cet album graphiquement très beau nous plonge dans une histoire dans laquelle le chamanisme est omniprésent . Le jeune Temudjin possède des pouvoirs magiques qui font de lui un être exceptionnel , ce qui confirme à ses proches qu'il est le nouveau khan. D'ailleurs si l'on se réfère à la biographie de Gengis Khan on peut apprendre que la légende lui attribuait des ancêtres mythiques, en particulier un loup bleu. Je n'en dirai pas plus mais j'espère vous avoir mis l'eau à la bouche. Je ne connaissais pas les autres séries des auteurs de Temudjin mais je compte bien remédier à cette lacune en me plongeant dans L'Ombre blanche qui je l'espère me ravira autant que ce très bel album dont je ne citerai plus le nom. Alors n'hésitez pas, plongez vous dans ce spectaculaire one shot car vous ne regretterez pas ce voyage magique dans l'immensité des steppes mongoles .

27/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Les Forêts d'Opale
Les Forêts d'Opale

Cette série d'heroïc fantasy reprend une trame similaire à celle de Lanfeust De Troy, et pour cause, puisqu'elle a le même scénariste Arleston, qui y insuffle de l'humour en plus des codes habituels du genre. Mais je ne comprends pas pourquoi il a tenté une resucée de Lanfeust franchement, car il use un genre déja bien rebattu où plus rien ne peut surprendre le lecteur basique tant le sujet a été sucé jusqu'à l'os. Malgré ce manque d'originalité, on s'y laisse prendre, le monde d'Opale est un univers fabuleux et finalement assez riche de trouvailles, peuplé de créatures étranges et parfois terrifiantes, qui cohabitent avec les humains. Une touche de sensualité s'insinue encore grâce aux 2 filles qui accompagnent Darko, mais les auteurs n'abusent pas des clichés qui consistent à dénuder trop souvent leurs héroïnes. Les personnages principaux sont bien typés : Darko est un ingénu qui doit assumer son destin au poids écrasant, et cette quête initiatique le fait grandir; Urfold est un vieux briscard rompu à toute sorte de tours; Sleilo est une aguichante danseuse au caractère indépendant; Ghorg est une créature inquiétante surgie d'un autre monde en même temps qu'un allié précieux et fidèle; enfin Tara, blonde à la beauté sublime qui séduit Darko, garde de son passé de paladin des talents de guerrière redoutable. Ces péripéties passionnantes sont rehaussées par les dessins somptueux de Pellet qui donne vie à cette sympathique Bd de fantasy offrant un moment de lecture sans ennui, car il est certain que si les dessins avaient été moyens, la sauce n'aurait pas pris, donc l'intérêt de cette série se fait d'abord pour le dessin.

27/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Arthur
Arthur

Contrairement à la série "Merlin" de Lambert et Istin chez Soleil, qui opte pour une approche plus fantastique, "Arthur" se situe dans un créneau historique celte qui prend sa source à la légende originelle, antérieure aux récits arthuriens teintés de merveilleux décrits par Geoffrey de Monmouth ou Chrétien de Troyes, avec notamment la légende d'Excalibur. On est ici en l'an 500 en Bretagne (l'île britannique, pas la province française), en des temps primitifs, bien avant sa conversion à la chrétienté, où le royaume est assailli par des peuples farouches : Lloegriens (Saxons venus de Germanie), Gaëls (Irlandais venus de l'île d'Iwerddon), Pictes et Scots (ancêtres des Gallois et des Ecossais) qui convoitent les terres bretonnes où vivent les Kymry (Arthur étant roi des Bretons). Merlin, appelé ici Myrddin, est au centre des récits, il apparaît dès le tome 1 qui lui est consacré, mais c'est le personnage d'Arthur qui apparaît au tome 2 qui reste le héros central de cette saga-fleuve, dont l'apogée nous est contée dans son intégralité. Chaque album a pour titre le nom d'un personnage qui gravite autour d'Arthur, qui ont pour noms Gwalchmei son neveu, Gwenhwyfar (Guenièvre) son épouse, Morgwen (Morgane) sa soeur disciple de Myrddin, Kei son demi-frère, Bedwyr le Manchot, Gereint, Gweir ou Taliesin ses compagnons et amis. Tous les noms propres à consonance gaëlique, les personnages nombreux, et la complexité du récit réclamant une attention soutenue, rendent cette série très ambitieuse et difficile à suivre si l'on en perd le fil, à tel point que les auteurs livrent un lexique dans chaque album, mais la narration très littéraire de David Chauvel, qui peut rendre cette saga ardue, ainsi que les dessins lumineux et précis de Jérôme Lereculey (qui s'affinent après le tome 2) rendent la lecture de la série passionnante. Les coutumes celtiques du Haut Moyen Age sont bien reproduites grâce à une documentation sans faille, agrémentées de belles couleurs, de personnages mythiques et de formidables scènes de bataille au souffle épique. Dans cette Bretagne de légende, l'honneur, la loyauté, la force sont des vertus qui dirigent les hommes ; la rudesse du climat et de l'existence, la violence des combats, les créatures chimériques leur forgent le caractère, c'est ce qui fait d'Arthur un roi juste et grand. Une série envoûtante et somptueuse que je recommande d'aborder avec circonspection en cas de déception devant la densité de l'ensemble, à tester d'abord en biblio, et plus si affinité.

27/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Zoulouland
Zoulouland

Cette superbe création de Ramaïoli commencée en 1987 (avec son compère Durand pour les 2 premiers tomes) raconte les excès du colonialisme sauvage, ici perpétrés par les Britanniques en Afrique australe. Pour atténuer l'aspect trop didactique qui aurait pu nuire à la série, Ramaïoli conte l'épopée des Zoulous, peuple puissant et fier organisé en terribles castes militaires, à travers les destins de 2 personnages principaux : les Ecossais Kevin Stuart et John Dundee. Kevin est un soldat impulsif qui a tous les défauts de la jeunesse, sensible aux provocations, mais dont le caractère se forge au fil du récit, car être témoin si jeune de carnages abominables et de haine aveugle, bouscule ses idéaux. De son côté, Dundee donne l'impression d'un éclaireur au coeur endurci, il a vécu longtemps parmi le peuple Zoulou et il a le respect de certains chefs ; c'est un homme complexe, dont les yeux ont vu beaucoup de sang, d'injustice et de folie humaine, et il n'approuve pas la façon dont l'Empire britannique mène cette guerre contre le "Peuple du ciel". Certes, les Anglais ne peuvent tolérer une telle menace à leurs frontières, mais leur méthode basée sur l'extermination, le mépris et le racisme (toujours le bon vieux cliché du sauvage non civilisé) rebute Dundee qui en plus, est un bourru sympathique ayant des problèmes avec l'autorité. Ce vieux briscard qui est finalement très humain sous ses dehors rageurs, a la physionomie de Kirk Douglas, ce qui n'est sûrement pas un hasard. Son rôle sera déterminant dans de nombreuses séquences. Ramaïoli assurant seul dessin et scénario, dépeint avec talent dans le premier cycle la formidable apogée du peuple Zoulou menée par le roi Cetewayo, à la limite de la folie jusqu'à sa capitulation face à l'armée britannique. Entretemps, les Zoulous ont infligé à l'Angleterre sa pire défaite coloniale à Isandhlawna le 22 janvier 1879, et il fallut l'appoint d'une armée de renfort de 10 000 hommes et plus de 6 mois de campagne pour écraser ce peuple, régi par une discipline de fer et pratiquant la guerre d'une manière impitoyable. Cet épisode a été bien illustré en 1964 dans le film Zoulou, puis en 1979 dans le film L'Ultime attaque. Le second cycle conte en flash-back la mise en place de la tactique guerrière des Zoulous par leur premier roi Shaka ; ces séquences sont habilement narrées par Dundee, on en apprend un peu plus sur lui plus jeune, et l'érotisme y est parfois présent. A l'aide d'une documentation solide et d'images fortes au trait vigoureux (la violence des combats est bien réelle), Ramaïoli tient son lecteur en haleine en réussissant une saga passionnante en 3 cycles de 6 albums, totalisant ainsi 18 albums ; c'est là que le bât blesse car il aurait pu aisément la raccourcir, par endroits le récit traîne un peu, et à l'achat, même en occase, ça fait cher le kilo. Mais ça reste une belle série.

27/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Chinaman
Chinaman

Dans un genre depuis longtemps bien encombré, il fallait un western au ton original, c'est chose faite avec "Chinaman" que j'ai découvert sans conviction à la bibliothèque, peu après sa création vers 1998. J'ai tant aimé que j'ai lu les 4 premiers tomes à la suite, et j'ai ensuite acheté les autres. Ce qui m'a attiré c'est non seulement l'éclairage différent sur l'Histoire de l'Ouest, à travers le rôle de la communauté chinoise dans l'expansion des Etats-Unis, mais aussi le mode de narration en voix-off du héros, l'action est vue à travers lui. La série qui allie western pour le décor et le contexte, et arts martiaux pour certaines scènes d'action, fait penser parfois à la série TV Kung Fu, et montre de façon claire la difficile intégration des Chinois dans ce Far West des années 1850 encore à peine conquis, et la place qu'ils y occupent. On y voit bien-sûr les coolies aidant à la construction du chemin de fer, et une certaine philosophie orientale comme l'honneur et des codes de combattants ou de hiérarchie dans la culture chinoise. Mais au travers des péripéties du héros toujours solitaire et rejeté, on perçoit le racisme envers son peuple, l'Amérique étant probablement le pays le plus raciste du monde. Chinaman, en quête de liberté, bouscule tout ça, car il n'hésite pas à se dresser contre les Blancs mais aussi contre ses propres congénères, au nom des traditions ancestrales chinoises. Héros farouche et volontaire, il se reconnaît un peu dans les Indiens qu'il croise parfois, et qui comme lui, sont victimes de la haine des Blancs. Il rencontre aussi Ada, une jolie institutrice, mais sa solitude reprend toujours le dessus et nourrit son amertume, il est souvent contraint de partir à la fin de chaque épisode, non sans avoir éveillé des questions ou de la réflexion, voire des sentiments (notamment dans le tome 3 , Pour Rose). Une belle série, au ton humaniste, dont le dessin de Taduc s'affine dès le 4ème opus, magnifiée par quelques beaux paysages. Un achat qui ne sera pas regretté.

27/06/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Dernière des Salles Obscures
La Dernière des Salles Obscures

J'ai bien aimé cette biographique (qui est peut-être mensongère) sur un producteur de cinéma qui n'a jamais existé. Voir l'histoire à travers un personnage fictif n'est pas nouveau, mais je trouve que le fait qu'il voit l'histoire à travers son métier dans le cinéma est intéressant. Le personnage principal est terriblement humain et j'ai eu du plaisir à découvrir sa vie. Surtout que j'ai appris quelques notions d'histoire durant ma lecture ! Le dessin de Gillon est très bon. Même si ses personnages semblent parfois un peu figé, je trouve que son style à de la classe et ses décors sont merveilleux.

27/06/2013 (modifier)
Couverture de la série James Healer
James Healer

Cette histoire de détective qui met ses aptitudes de médium au service de la police m'a enthousiasmé dès la lecture du 1er album. C'est une sorte de Mentalist avant la lettre. Le héros est bien cerné, mystérieux, solitaire, au look de routard, charismatique à souhait, il résoud des enquêtes inextricables à travers l'Amérique profonde d'aujourd'hui, tout en essayant d'élucider sa propre énigme. Ecrites par Yves Swolfs qui, après avoir ébloui en tant que dessinateur, se consacre avec un égal talent au scénario, ces aventures se composent d'un diptyque et d'un one-shot. Sa peinture des bleds bouseux de cette Amérique profonde au sein de paysages typiques de l'Ouest, est fort bien rendue, elle me rappelle beaucoup certains films où l'action se déroule lentement et prend son temps, pour créer une atmosphère ; c'est exactement ce que je retrouve dans cette série : un faux manque de rythme qui en fait, suscite un climat très spécial. La partie graphique est somptueuse et contribue à cette ambiance lente, les dessins du jeune De Vita qui venait de réaliser le tome 2 du "Décalogue" pour Frank Giroud, sont une pure merveille, son trait fin, ses savantes mises en page sont une des clefs de la réussite de cette série pourtant peu reconnue à sa juste valeur. Elle restera d'autant plus peu connue qu'elle ne compte que 3 albums, alors que j' aurais bien voulu voir ce héros évoluer encore un peu plus longtemps, il y avait un riche potentiel avec ce personnage, mais c'est hélas improbable, De Vita étant à présent embarqué dans "les Mondes de Thorgal". Une belle courte série, dont l'achat sera peu onéreux, facile à trouver en occase.

26/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Les Franval
Les Franval

Marc Franval, son épouse Cathy et leur fils Didi sont des chasseurs sans armes. A bord de leur fourgon Volkswagen, ils sillonnent le monde fascinés par la découverte et surtout l'image animalière qui servira à Marc pour étoffer ses films documentaires ; une sorte de Christian Zuber avant la lettre qui se heurte à de nombreux individus dangereux, trafiquants, contrebandiers et autres criminels qui empoisonnent la nature ou se livrent à des trafics illégaux, en terrorisant parfois les populations autochtones. Marc se dresse contre ces bandits, sans violence, avec ses moyens ; il y a peu de morts, les coupables sont le plus souvent remis aux autorités locales. Qu'est-ce que j'aimais bien cette Bd au parfum exotique ! Pour le gosse que j'étais, c'était une véritable évasion, car à cette époque (création en 1963), on voyageait encore peu, et voir des images de jungles, savanes, déserts ou villes exotiques d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du Sud était très évocateur. Ces décors servaient de toile de fond à ces aventures passionnantes, bien dans l'esprit des sixties, à une époque où il restait encore des lieux, des peuples ou des animaux à découvrir. Cette belle création d'Edouard Aidans sur des textes d' Yves Duval ou Jacques Acar (scénaristes piliers du journal Tintin) sera très appréciée des lecteurs, mais la reprise de Tounga obligera Aidans à abandonner progressivement cette sympathique famille dont les découvertes faisaient rêver. Graphiquement, ça se situe entre les premiers Tounga et Les Panthères, dans un style franco-belge classique et soigné. A découvrir, même si ça peut paraître un peu vieilli pour certains.

26/06/2013 (modifier)
Par Lallier
Note: 4/5
Couverture de la série Meteors
Meteors

Très belle BD d'anticipation/science fiction. Un bel imaginaire soutenu et étoffer par un scénario riche et des personnages fouillés. Beaucoup de détails de narration, le scénario peut paraître un peu lourd en termes de quantité d'informations, mais c'est ce qui fait aussi le charme et le suspense. Une BD qui tient en haleine le lecteur à la fin de chaque opus on se dit vivement le prochain tome. Graphiquement, c'est pour moi (pt de vue subjectif oblige) de très grande qualité. Texture, dessin, choix des couleurs, etc, bien en lien avec le contexte futuriste de l'histoire. Je recommande

26/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Les Mangeurs de Cailloux
Les Mangeurs de Cailloux

Sympathique album que cette petite histoire ! En Noir et Blanc, elle raconte un pays où les gens mourraient jeunes avec de grises mines… Un de ces "pays noirs" déjà d’un autre temps, depuis que les mines ont fermé. Au travers des yeux d’un enfant, l’auteur lui-même visiblement, on découvre une vie quotidienne faite d’angoisses et de plaisirs simples. On découvre aussi un auteur, capable d’enchanter un quotidien plutôt réfractaire en la matière. Dans un langage simple – la seule difficulté pour un lecteur parisien comme moi est l’emploi de formulation "chtis" (mais sans que cela n’ait vraiment gêné ma lecture), Jean-Luc Loyer revisite la banalité, la dureté de la vie, mais aussi et surtout l’incroyable potentiel de l’imagination pour changer le charbon en or : voilà un alchimiste qui décore de merveilleux les "moments nuls de la vie". En fait, le Noir et Blanc s’impose ici, comme s’impose l’incroyable capacité du jeune héros à croire – dans tous les sens du terme, à la vie, à ce que les adultes lui disent, alors même que tout semble n’être qu’illusion, que douleur. L’optimisme de la jeunesse, voilà ce qui est exalté ici. Et donc, au milieu de toute cette noirceur, cet album est une pépite. Issu d’un filon inépuisable, et qu’aucun principe de réalité ne saurait condamner. Un vrai coup de cœur et une lecture grandement recommandée !

26/06/2013 (modifier)