En 1975, Dany s'associe à Van Hamme pour conter un des meilleurs récits de l'époque, alors que le concept du one-shot était encore balbutiant. Le récit est publié dans le numéro 127 du journal Tintin alors dans sa nouvelle formule Hedoptimiste.
A bord d'un boeing 707 qui s'est crashé dans la jungle amazonienne, figurent 15 survivants qui vont révéler leur vraie nature.
Le récit démarre un peu en préfigurant la série Lost, sauf que là, il n'y a rien de fantastique, c'est de la pure aventure où Van Hamme y développe une psychologie des personnages assez appuyée, plutôt rare à l'époque en BD, et distille un savant suspense jusqu'au mot Fin, empli de péripéties dramatiques, une lutte pour la survie en situation extrême, qui démontre que les héros ne sont plus ce qu'ils étaient.
En effet, le récit est révélateur de la nature humaine, puisque chaque personnage va montrer ses faiblesses, sa veulerie ou son courage; ceux que l'on croit forts sont en fait, des salopards, tandis que des hommes ordinaires deviennent des héros. D'inévitables poncifs n'affectent pas trop la qualité du récit (le trop ignoble Juan Larga, les trop belles femmes comme Maria, le geste rédempteur du trop pathétique James Gray...). Entre coups de gueule, tensions, rapports de force au sein d'une jungle impitoyable, ce récit palpitant où Dany livre de belles planches réalistes, deviendra un best-seller absolu traduit en une douzaine de langues, plusieurs fois réédité, et suivi en 1997 du nouvel opus où les 8 rescapés de l'enfer vert amazonien sont brutalement rattrapés par leur destin commun. Une suite digne du premier, même si une légère once de déception plane (les auteurs ont cédé au succès commercial et étaient attendus au tournant).
Ma note concerne cependant uniquement le premier opus, seul et unique pour moi, qui n'aurait légitimement pas dû avoir de suite: un one-shot, c'est un one-shot, point final. Un achat qui s'impose.
Les séries médiévales ont toute mon attention vu ma passion pour cette période historique, et je guette les erreurs. Ce n'est pas de la pinaillerie de maniaque, mais aujourd'hui, avec les Bd historiques et les moyens qui s'offrent à eux, les auteurs ne sont pas pardonnables s'ils se plantent dans les costumes, les décors ou pire, les évènements. Avec cette formidable saga moyenageuse qui débute en 1985 dans Vécu, j'ai été plus que ravi, car la série traite d'un siècle très intéressant politiquement (le XIIIème), et que dès le premier cycle de 3 albums, on est tout de suite dedans, tout y est précis.
Nous sommes en 1241, sous le règne du jeune roi de France Louis IX, qui n'est pas encore Saint-Louis, mais qui gouverne enfin débarrassé de la tutelle de sa terrible mère Blanche de Castille. On y apprend l'origine du personnage principal, Hugues, qui finalement, on l'apprend plus tard, n'est pas celui qu'on croit. Une rapide suite d'événements survient en plein conflit entre le frère du roi, Alphonse de Poitiers et son vassal, le puissant comte de la Marche, Hugues de Lusignan qui a épousé Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean Sans Terre et mère du roi d'Angleterre régnant, Henri III.
Comme on le voit, les auteurs jettent habilement leur héros au sein d'événements politiques qui s'entrecroisent avec des faits fictifs (la grande scène d'exposition au début, par le bailli, explique cette révolte vassale qui est authentique). Des personnages sont réels ainsi que des lieux tels Cuzion, la bataille de Taillebourg, et surtout Crozant, orthographié ici Crozenc, aujourd'hui ruines romantiques situées dans un méandre de la Creuse, que j'ai visitées plusieurs fois pour étudier sa topographie. C'était jadis la plus grande forteresse du royaume (le dessin de dernière page du 1er album en dresse une vue reconstituée très fidèle).
La série aligne une suite de péripéties très réussie, les personnages se télescopent, se rencontrent, se perdent, se retrouvent (les retrouvailles entre Hugues et Alix seront longues) comme dans un vrai roman-feuilleton au suspense bien dosé, qui utilise habilement les événements historiques, même s'il use parfois de raccourcis bienvenus. La série est trop longue, c'est son défaut, la corde s'use et lasse un peu le lecteur que je suis, et par la suite, la bande s'éloigne de ses références historiques, se contentant d'utiliser le décor médiéval.
Malgré un héros peu charismatique, la série est passionnante aussi graphiquement; c'est dessiné de belle façon par Kraehn qui réussit de belles compositions d'images, les dialogues de Pellerin emploient un beau langage avec moult vocables moyenageux, mais sans abus, Arnoux et Pierret les remplaçant ensuite en respectant l'unité de l'ensemble.
Vu le nombre conséquent d'albums, l'achat se fera en occase.
Le décalogue, c'est une série concept, articulée autour de 10 tomes + 1 complémentaire sur un mystérieux bout d'os qui contiendrait la dernière sourate secrète du prophète Mahomet capable de renverser toutes les croyances musulmanes.
Adoptant un compte à rebours depuis nos jours jusqu'à remonter le fil de l'histoire avec au bout la fameuse création de la sourate au 7ème siècle et du passage entre générations du livre Nahik, la série se révèle accrocheuse et relativement cohérente. Certes, comme tout concept changeant à chaque volume de dessinateur, d'époque et plus globalement de contexte, certains tomes se montreront plus marquants que d'autres (les deux premiers, les 3 derniers par exemple) de par la qualité du scénario d'une part mais aussi par la finesse de l'illustration. Parfois invraisemblable, la qualité d'ensemble du Décalogue est quand même au rendez-vous pour attendre les révélations finales avec une impatience significative et ne se montre guère décevant une fois arrivé.
Dans Le genre « pastiche déjanté » cette série bénéficie de plusieurs atouts non négligeables qu’il me déplairait de passer sous silence quand bien même leur énumération risquerait d’alourdir une chronique que par ailleurs et sans tenir compte de ce qui précède, ce qui serait malheureux car cela signifierait que l’écriture de ce qui précède aurait pu être omise, j’aimerais aussi alerte que la plume, au demeurant vigoureuse et agile, des auteurs.
La chair est faible et Yann et Conrad l’ont bien compris, eux qui usent et abusent de leurs héros pour la plus grande joie de mes zygomatiques, titillés à plus d’une reprise par des envolées lyrique que n’aurait pas répudié Wagner si celui-ci avait été auteur de bande dessinée plutôt que compositeur. La phrase est belle et le verbe est haut, le ton sentencieux et emphatique rappelle au joyeux lecteur la prose originelle. Oui ! Nous sommes dans un pastiche et les allusions fusent telles de vives et agiles fléchettes au travers d’un café embrumé par les effluves d’alcool frelaté, atteignant leur cible avec la sureté du sioux remontant la piste du bison complaisant (ou non, ça dépend des saisons, mais là n'est pas la question (à votre demande, la traque du bison pourrait faire l'objet d'une rubrique à part entière)).
Le trait est rond et alerte, vif et joyeux. Devant tant d’efficacité, on ne peut que se taire (d’autant plus qu’il parait quelque peu stupide de parler devant des planches de dessin naturellement dépourvues d’oreilles).
L’histoire nous entraine dans de folles aventures qu’il vaut mieux prendre au 80ème degré (de latitude nord, ce qui ne nous éloigne pas trop du pôle du même nom, raison pour laquelle les auteurs parviennent à nous faire parcourir une rotation complète du globe dans un si petit espace). Les allusions sexuelles, et orifices du même nom sont nombreux et exploités avec autant de grivoiserie que d’élégance. Les comparaisons absconses magnifient un narratif par ailleurs éloquent, à l’image d’une poitrine opulente : lourd et moite mais invitant le lecteur à s’y attarder.
Traduction :
C’est bien !
Le narratif est excellent.
Les situations sont souvent savoureuses.
Le scénario est débile.
Le pastiche est réussi.
Suite de la saga Blackest Night, Brightest Day est un évènement majeur de DC. Il faut dire que sa réputation n'est pas usurpée.
Là où Blackest Night faisait surtout dans l'action, cette saga elle privilégie le côté psychologique. Il faut dire que les personnages revenant à la vie ne savent pas pourquoi ils ont été choisis alors que d'autres restent morts. Ils ont de plus tous une personnalité altérée et doivent faire face aux conséquences liées à la manipulation de leur cadavre par Nekron. Ce premier tome est assez lent mais pose bien les bases de cette nouvelle saga. On poursuit la lecture et au fil des révélations on est de plus en plus curieux. On s'attarde ici vraiment sur 6 des ressuscités et nul doute que les autres prendront plus d'importances dans les prochains tomes. Ne vous inquiétez pas ce tome renferme tout de même son lot d'action.
Le dessin est magnifique et uniforme tout du long de ce tome. Urban fait bien les choses en présentant rapidement les personnages en début d'ouvrage et en réalisant une fiche assez complète sur chacun d'eux en fin d'ouvrage avec plusieurs couvertures en "bonus".
Une lecture passionnante qui donne envie de découvrir la suite qui cerise sur le gâteau sort dans les prochains mois (il faut dire que cela fait plus d'un qu'elle est parue aux USA).
Savant mélange de tragédie historique, drame d'immigrant, thriller mafieux et histoire d'amour impossible, l'écrivain Kevin Baker nous a concocté un cocktail aux relents de tord-boyaux servi par le très talentueux illustrateur croate, Danijel Zezelj.
Son graphisme indéniablement particulier, est puissant,violent et colle parfaitement à la narration complexe, bourrée de flash-backs. Il sculpte les ombres et d'un trait juste retranscrit parfaitement les émotions des personnages ou le climat oppressant d'un décor. Les visages semblent tourmentés, marqués par la rudesse de leur vie.
Le scénario, quant à lui est assez compliqué et se durcit au fur-et-à-mesure du déroulement de l'intrigue. Les retours en arrière deviennent de plus en plus présents pour finalement nous faire totalement perdre pied (une volonté évidente de l'auteur). Il y a plusieurs niveaux de lecture qui s'entrelacent : passé, présent et futur mais aussi les interprétations: réalité et folie, conscient et inconscient. Personnellement j'aime bien les casse-tête !
Et au passage un petit cours d'histoire sur la Russie...
Le choix du coloriste Dave Stewart de n'utiliser que quatre couleurs n'est pas dérangeant, au contraire. Les atmosphères ainsi dégagées paraissent revenir inlassablement hanter nos protagonistes, où qu'ils se trouvent.J'ai juste le regret que la qualité du papier ne rende pas véritablement hommage à celles-ci (le point noir de l'album).
Bon album, intelligent, dramatiquement humain, magistralement illustré qui met nos neurones et notre imagination à l'épreuve.
Scénarisée par Ramaïoli (sous son pseudo de Simon Rocca), et dessinée par T. Girod, d'un trait ferme très inspiré de Giraud et de Swolfs, il est clair que cette série s'inscrit parmi la nouvelle génération de westerns de la décennie 90-2000, mais qu'elle marche ouvertement sur les plate-bandes de Durango à laquelle elle ressemble beaucoup dans son traitement : ultra violence, sadisme, héros solitaire, superbes paysages, graphisme vigoureux, réalisme sanglant...auxquels s'ajoute le sexe. Sans compter l'aspect référentiel ; la série lorgne vers le cinéma de Sam Peckinpah (la Horde Sauvage surtout) et ouvertement celui de Sergio Leone et les personnages de Clint Eastwood pour de nombreux clins d'oeil (le héros dans la baignoire, identique au plan de L'Homme des Hautes Plaines), des plans leoniens (les revolvers qui tirent en même temps sur la victime), des répliques des films de Leone (Quand on tue, on fait pas des discours), des noms de ville (Tucumcari). De même qu'au début du 3ème album, une scène reprend une séquence entière du Bon la Brute et le Truand.
Il n'est donc pas étonnant que Girod ait repris Durango. Il offre un chasseur de primes plutôt vénal mais dont la conscience lui dicte parfois de bonnes actions, puisqu'il aide un métis à se venger des ignobles salopards que sont les frères Bull. J'ai tout de suite accroché avec ce genre de western pas compliqué qui permet de passer un bon moment de lecture, j'aime ses ambiances, ses personnages pas toujours nets, et son style Mex. J'en recommande même l'achat en regrettant vivement qu'il n'y aura certainement plus d'épisodes.
Quand j'ai découvert cette Bd en 1981 dans le magazine Circus, j'ai été vraiment soufflé par la virtuosité graphique, ce côté visuel d'une beauté formelle, rarement atteint dans une Bd, et que je n'avais jamais vu ailleurs. Avec le temps, j'ai lu tous les albums.
Cette bande d'heroïc fantasy parue d'abord dans le mensuel espagnol Cimoc, pêche cependant par quelques défauts; Segrelles en tant qu'illustrateur et aquarelliste, soigne bien-sûr la partie graphique, réalisée à la peinture à l'huile, et oublie un peu son scénario, ce qui donne des creux parfois dans la narration, des approximations et des dialogues abondants qui d'un seul coup tentent d'expliquer ce qui n'a pas été dit avant. Sinon, ces belles images hyperréalistes qui constituent des petits tableaux, illustrent un schéma classique de la fantasy, où les idées ne manquent pas, notamment le mélange de civilisations et de mythologies qui est un des aspects intéressants de la série.
Le lecteur suit sans déplaisir ce Mercenaire (sans nom, autre petit défaut de Segrelles qui ne creuse pas assez son héros) chevauchant son dragon volant au-dessus d'un monde intemporel aux vallées étroites et aux montagnes peuplées de grands reptiles; de ces vallées noyées sous d'épais nuages, surgissent des cités fantastiques et des petits royaumes soumis par des tyrans. Sa route croise des femmes à la beauté troublante, parfois totalement nues (vieux fantasmes des dessinateurs espagnols de l'époque), et il affronte monstres et sortilèges... oui bien-sûr, ça peut paraître léger pour certains, mais ne boudons pas notre plaisir. Les albums se trouvent facilement en occase.
Quand en 1976, la très sérieuse maison Larousse, parrainée par FR3, lance cette série de fascicules brochés grand format, j'étais encore adolescent et je n'étais pas encore passionné d'Histoire comme aujourd'hui, j'en ai lu d'un oeil distrait. Mais plus tard, j'ai acheté le tome 1 cartonné qui reprenait les chapitres par 6, depuis la Gaule de Vercingétorix jusqu'aux invasions Vikings ; le travail de Ribera, De La Fuente ou Marcello m'ont donné envie de trouver la suite, ce que j'ai réussi en dégotant les originaux en fascicules brochés (groupant 2 chapitres), jusqu'au n°13 sur le siècle de Louis XIV.
J'ai passé des heures à feuilleter ces pages en me remémorant des souvenirs d'école primaire, et je suis tombé sous le charme de cette série.
Quel coup d'éclat pour Larousse : sous la houlette d'une équipe d'historiens auxquels se sont joints d'excellents scénaristes aux qualités narratives reconnues, et les meilleurs dessinateurs du moment (Coelho, Marcello, Ribera, La Fuente, Manara, Poïvet, Bielsa, Tacconi, Buzzelli, Forton, Battaglia et d'autres...), l'éditeur nous offrait les grands épisodes de notre Histoire, de la Gaule à nos jours. Même si c'est parfois une suite de séquences anecdotiques et même si l'ensemble sacrifie à quelques clichés (notamment en utilisant des mots historiques contestés ou apocryphes), le travail accompli est remarquable, et surtout conté d'une façon aventureuse qui donne envie de s'intéresser à l'Histoire, au contraire des méthodes scolaires rébarbatives.
C'est ce que Larousse a compris en franchissant le pas et en utilisant comme support pédagogique la bande dessinée, qui enfin en cette fin d'année 70, est prise au sérieux et reconnue comme un art et un moyen d'expression.
Par cette formule, l'éditeur du Dictionnaire affichait clairement ses ambitions didactiques tout en cautionnant le support BD. Et ça fera des petits, combien de Régions françaises illustrent leur histoire de cette façon ?
La première édition de fascicules obtient un tel succès entre 1976 et 78, que Larousse lance l'édition cartonnée en 1979, suivie en 1983-84 d'une édition en 8 albums thématiques, de même qu'il lancera "la Découverte du monde en BD", Histoire du Far West etc, avec la même formule et souvent les mêmes grands pros du crayon. Un achat chaudement recommandé pour les amateurs d'Histoire et les nostalgiques.
Petite BD sans prétention et très sympathique.
Ce n'est pas un humour qui nous rend hilare mais qui nous maintient un sourire aux lèvres, du début à la fin (c'est déjà pas si mal). Le graphisme est agréable et retranscrit à merveille les expressions faciales et corporelles de ce petit diablotin de Melindez. Celui-ci prend souvent des postures grotesque lorsqu'il "combat" et il m'a beaucoup fait rire, surtout qu'il se prend complètement au sérieux.Malgré le stoïcisme de son mannequin d'entrainement, la victoire n'est pas forcément chose acquise. Ses "exploits" de catcheur virtuel m'ont rappelé avec une douce nostalgie, mon enfance, lorsque je faisais du "air Kung-Fu" et que je me rêvais indestructible.
Les dialogues sont aussi savoureux; étant plus fins que ce qu'ils laissent voir de prime abord.
Un album rempli de tendresse. Un petit rayon de soleil et un dépaysement pas très "carte postale".
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Histoire sans Héros
En 1975, Dany s'associe à Van Hamme pour conter un des meilleurs récits de l'époque, alors que le concept du one-shot était encore balbutiant. Le récit est publié dans le numéro 127 du journal Tintin alors dans sa nouvelle formule Hedoptimiste. A bord d'un boeing 707 qui s'est crashé dans la jungle amazonienne, figurent 15 survivants qui vont révéler leur vraie nature. Le récit démarre un peu en préfigurant la série Lost, sauf que là, il n'y a rien de fantastique, c'est de la pure aventure où Van Hamme y développe une psychologie des personnages assez appuyée, plutôt rare à l'époque en BD, et distille un savant suspense jusqu'au mot Fin, empli de péripéties dramatiques, une lutte pour la survie en situation extrême, qui démontre que les héros ne sont plus ce qu'ils étaient. En effet, le récit est révélateur de la nature humaine, puisque chaque personnage va montrer ses faiblesses, sa veulerie ou son courage; ceux que l'on croit forts sont en fait, des salopards, tandis que des hommes ordinaires deviennent des héros. D'inévitables poncifs n'affectent pas trop la qualité du récit (le trop ignoble Juan Larga, les trop belles femmes comme Maria, le geste rédempteur du trop pathétique James Gray...). Entre coups de gueule, tensions, rapports de force au sein d'une jungle impitoyable, ce récit palpitant où Dany livre de belles planches réalistes, deviendra un best-seller absolu traduit en une douzaine de langues, plusieurs fois réédité, et suivi en 1997 du nouvel opus où les 8 rescapés de l'enfer vert amazonien sont brutalement rattrapés par leur destin commun. Une suite digne du premier, même si une légère once de déception plane (les auteurs ont cédé au succès commercial et étaient attendus au tournant). Ma note concerne cependant uniquement le premier opus, seul et unique pour moi, qui n'aurait légitimement pas dû avoir de suite: un one-shot, c'est un one-shot, point final. Un achat qui s'impose.
Les Aigles décapitées
Les séries médiévales ont toute mon attention vu ma passion pour cette période historique, et je guette les erreurs. Ce n'est pas de la pinaillerie de maniaque, mais aujourd'hui, avec les Bd historiques et les moyens qui s'offrent à eux, les auteurs ne sont pas pardonnables s'ils se plantent dans les costumes, les décors ou pire, les évènements. Avec cette formidable saga moyenageuse qui débute en 1985 dans Vécu, j'ai été plus que ravi, car la série traite d'un siècle très intéressant politiquement (le XIIIème), et que dès le premier cycle de 3 albums, on est tout de suite dedans, tout y est précis. Nous sommes en 1241, sous le règne du jeune roi de France Louis IX, qui n'est pas encore Saint-Louis, mais qui gouverne enfin débarrassé de la tutelle de sa terrible mère Blanche de Castille. On y apprend l'origine du personnage principal, Hugues, qui finalement, on l'apprend plus tard, n'est pas celui qu'on croit. Une rapide suite d'événements survient en plein conflit entre le frère du roi, Alphonse de Poitiers et son vassal, le puissant comte de la Marche, Hugues de Lusignan qui a épousé Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean Sans Terre et mère du roi d'Angleterre régnant, Henri III. Comme on le voit, les auteurs jettent habilement leur héros au sein d'événements politiques qui s'entrecroisent avec des faits fictifs (la grande scène d'exposition au début, par le bailli, explique cette révolte vassale qui est authentique). Des personnages sont réels ainsi que des lieux tels Cuzion, la bataille de Taillebourg, et surtout Crozant, orthographié ici Crozenc, aujourd'hui ruines romantiques situées dans un méandre de la Creuse, que j'ai visitées plusieurs fois pour étudier sa topographie. C'était jadis la plus grande forteresse du royaume (le dessin de dernière page du 1er album en dresse une vue reconstituée très fidèle). La série aligne une suite de péripéties très réussie, les personnages se télescopent, se rencontrent, se perdent, se retrouvent (les retrouvailles entre Hugues et Alix seront longues) comme dans un vrai roman-feuilleton au suspense bien dosé, qui utilise habilement les événements historiques, même s'il use parfois de raccourcis bienvenus. La série est trop longue, c'est son défaut, la corde s'use et lasse un peu le lecteur que je suis, et par la suite, la bande s'éloigne de ses références historiques, se contentant d'utiliser le décor médiéval. Malgré un héros peu charismatique, la série est passionnante aussi graphiquement; c'est dessiné de belle façon par Kraehn qui réussit de belles compositions d'images, les dialogues de Pellerin emploient un beau langage avec moult vocables moyenageux, mais sans abus, Arnoux et Pierret les remplaçant ensuite en respectant l'unité de l'ensemble. Vu le nombre conséquent d'albums, l'achat se fera en occase.
Le Décalogue
Le décalogue, c'est une série concept, articulée autour de 10 tomes + 1 complémentaire sur un mystérieux bout d'os qui contiendrait la dernière sourate secrète du prophète Mahomet capable de renverser toutes les croyances musulmanes. Adoptant un compte à rebours depuis nos jours jusqu'à remonter le fil de l'histoire avec au bout la fameuse création de la sourate au 7ème siècle et du passage entre générations du livre Nahik, la série se révèle accrocheuse et relativement cohérente. Certes, comme tout concept changeant à chaque volume de dessinateur, d'époque et plus globalement de contexte, certains tomes se montreront plus marquants que d'autres (les deux premiers, les 3 derniers par exemple) de par la qualité du scénario d'une part mais aussi par la finesse de l'illustration. Parfois invraisemblable, la qualité d'ensemble du Décalogue est quand même au rendez-vous pour attendre les révélations finales avec une impatience significative et ne se montre guère décevant une fois arrivé.
Bob Marone
Dans Le genre « pastiche déjanté » cette série bénéficie de plusieurs atouts non négligeables qu’il me déplairait de passer sous silence quand bien même leur énumération risquerait d’alourdir une chronique que par ailleurs et sans tenir compte de ce qui précède, ce qui serait malheureux car cela signifierait que l’écriture de ce qui précède aurait pu être omise, j’aimerais aussi alerte que la plume, au demeurant vigoureuse et agile, des auteurs. La chair est faible et Yann et Conrad l’ont bien compris, eux qui usent et abusent de leurs héros pour la plus grande joie de mes zygomatiques, titillés à plus d’une reprise par des envolées lyrique que n’aurait pas répudié Wagner si celui-ci avait été auteur de bande dessinée plutôt que compositeur. La phrase est belle et le verbe est haut, le ton sentencieux et emphatique rappelle au joyeux lecteur la prose originelle. Oui ! Nous sommes dans un pastiche et les allusions fusent telles de vives et agiles fléchettes au travers d’un café embrumé par les effluves d’alcool frelaté, atteignant leur cible avec la sureté du sioux remontant la piste du bison complaisant (ou non, ça dépend des saisons, mais là n'est pas la question (à votre demande, la traque du bison pourrait faire l'objet d'une rubrique à part entière)). Le trait est rond et alerte, vif et joyeux. Devant tant d’efficacité, on ne peut que se taire (d’autant plus qu’il parait quelque peu stupide de parler devant des planches de dessin naturellement dépourvues d’oreilles). L’histoire nous entraine dans de folles aventures qu’il vaut mieux prendre au 80ème degré (de latitude nord, ce qui ne nous éloigne pas trop du pôle du même nom, raison pour laquelle les auteurs parviennent à nous faire parcourir une rotation complète du globe dans un si petit espace). Les allusions sexuelles, et orifices du même nom sont nombreux et exploités avec autant de grivoiserie que d’élégance. Les comparaisons absconses magnifient un narratif par ailleurs éloquent, à l’image d’une poitrine opulente : lourd et moite mais invitant le lecteur à s’y attarder. Traduction : C’est bien ! Le narratif est excellent. Les situations sont souvent savoureuses. Le scénario est débile. Le pastiche est réussi.
Brightest Day
Suite de la saga Blackest Night, Brightest Day est un évènement majeur de DC. Il faut dire que sa réputation n'est pas usurpée. Là où Blackest Night faisait surtout dans l'action, cette saga elle privilégie le côté psychologique. Il faut dire que les personnages revenant à la vie ne savent pas pourquoi ils ont été choisis alors que d'autres restent morts. Ils ont de plus tous une personnalité altérée et doivent faire face aux conséquences liées à la manipulation de leur cadavre par Nekron. Ce premier tome est assez lent mais pose bien les bases de cette nouvelle saga. On poursuit la lecture et au fil des révélations on est de plus en plus curieux. On s'attarde ici vraiment sur 6 des ressuscités et nul doute que les autres prendront plus d'importances dans les prochains tomes. Ne vous inquiétez pas ce tome renferme tout de même son lot d'action. Le dessin est magnifique et uniforme tout du long de ce tome. Urban fait bien les choses en présentant rapidement les personnages en début d'ouvrage et en réalisant une fiche assez complète sur chacun d'eux en fin d'ouvrage avec plusieurs couvertures en "bonus". Une lecture passionnante qui donne envie de découvrir la suite qui cerise sur le gâteau sort dans les prochains mois (il faut dire que cela fait plus d'un qu'elle est parue aux USA).
Luna Park
Savant mélange de tragédie historique, drame d'immigrant, thriller mafieux et histoire d'amour impossible, l'écrivain Kevin Baker nous a concocté un cocktail aux relents de tord-boyaux servi par le très talentueux illustrateur croate, Danijel Zezelj. Son graphisme indéniablement particulier, est puissant,violent et colle parfaitement à la narration complexe, bourrée de flash-backs. Il sculpte les ombres et d'un trait juste retranscrit parfaitement les émotions des personnages ou le climat oppressant d'un décor. Les visages semblent tourmentés, marqués par la rudesse de leur vie. Le scénario, quant à lui est assez compliqué et se durcit au fur-et-à-mesure du déroulement de l'intrigue. Les retours en arrière deviennent de plus en plus présents pour finalement nous faire totalement perdre pied (une volonté évidente de l'auteur). Il y a plusieurs niveaux de lecture qui s'entrelacent : passé, présent et futur mais aussi les interprétations: réalité et folie, conscient et inconscient. Personnellement j'aime bien les casse-tête ! Et au passage un petit cours d'histoire sur la Russie... Le choix du coloriste Dave Stewart de n'utiliser que quatre couleurs n'est pas dérangeant, au contraire. Les atmosphères ainsi dégagées paraissent revenir inlassablement hanter nos protagonistes, où qu'ils se trouvent.J'ai juste le regret que la qualité du papier ne rende pas véritablement hommage à celles-ci (le point noir de l'album). Bon album, intelligent, dramatiquement humain, magistralement illustré qui met nos neurones et notre imagination à l'épreuve.
Wanted (Rocca/Girod)
Scénarisée par Ramaïoli (sous son pseudo de Simon Rocca), et dessinée par T. Girod, d'un trait ferme très inspiré de Giraud et de Swolfs, il est clair que cette série s'inscrit parmi la nouvelle génération de westerns de la décennie 90-2000, mais qu'elle marche ouvertement sur les plate-bandes de Durango à laquelle elle ressemble beaucoup dans son traitement : ultra violence, sadisme, héros solitaire, superbes paysages, graphisme vigoureux, réalisme sanglant...auxquels s'ajoute le sexe. Sans compter l'aspect référentiel ; la série lorgne vers le cinéma de Sam Peckinpah (la Horde Sauvage surtout) et ouvertement celui de Sergio Leone et les personnages de Clint Eastwood pour de nombreux clins d'oeil (le héros dans la baignoire, identique au plan de L'Homme des Hautes Plaines), des plans leoniens (les revolvers qui tirent en même temps sur la victime), des répliques des films de Leone (Quand on tue, on fait pas des discours), des noms de ville (Tucumcari). De même qu'au début du 3ème album, une scène reprend une séquence entière du Bon la Brute et le Truand. Il n'est donc pas étonnant que Girod ait repris Durango. Il offre un chasseur de primes plutôt vénal mais dont la conscience lui dicte parfois de bonnes actions, puisqu'il aide un métis à se venger des ignobles salopards que sont les frères Bull. J'ai tout de suite accroché avec ce genre de western pas compliqué qui permet de passer un bon moment de lecture, j'aime ses ambiances, ses personnages pas toujours nets, et son style Mex. J'en recommande même l'achat en regrettant vivement qu'il n'y aura certainement plus d'épisodes.
Le Mercenaire
Quand j'ai découvert cette Bd en 1981 dans le magazine Circus, j'ai été vraiment soufflé par la virtuosité graphique, ce côté visuel d'une beauté formelle, rarement atteint dans une Bd, et que je n'avais jamais vu ailleurs. Avec le temps, j'ai lu tous les albums. Cette bande d'heroïc fantasy parue d'abord dans le mensuel espagnol Cimoc, pêche cependant par quelques défauts; Segrelles en tant qu'illustrateur et aquarelliste, soigne bien-sûr la partie graphique, réalisée à la peinture à l'huile, et oublie un peu son scénario, ce qui donne des creux parfois dans la narration, des approximations et des dialogues abondants qui d'un seul coup tentent d'expliquer ce qui n'a pas été dit avant. Sinon, ces belles images hyperréalistes qui constituent des petits tableaux, illustrent un schéma classique de la fantasy, où les idées ne manquent pas, notamment le mélange de civilisations et de mythologies qui est un des aspects intéressants de la série. Le lecteur suit sans déplaisir ce Mercenaire (sans nom, autre petit défaut de Segrelles qui ne creuse pas assez son héros) chevauchant son dragon volant au-dessus d'un monde intemporel aux vallées étroites et aux montagnes peuplées de grands reptiles; de ces vallées noyées sous d'épais nuages, surgissent des cités fantastiques et des petits royaumes soumis par des tyrans. Sa route croise des femmes à la beauté troublante, parfois totalement nues (vieux fantasmes des dessinateurs espagnols de l'époque), et il affronte monstres et sortilèges... oui bien-sûr, ça peut paraître léger pour certains, mais ne boudons pas notre plaisir. Les albums se trouvent facilement en occase.
Histoire de France en Bandes Dessinées
Quand en 1976, la très sérieuse maison Larousse, parrainée par FR3, lance cette série de fascicules brochés grand format, j'étais encore adolescent et je n'étais pas encore passionné d'Histoire comme aujourd'hui, j'en ai lu d'un oeil distrait. Mais plus tard, j'ai acheté le tome 1 cartonné qui reprenait les chapitres par 6, depuis la Gaule de Vercingétorix jusqu'aux invasions Vikings ; le travail de Ribera, De La Fuente ou Marcello m'ont donné envie de trouver la suite, ce que j'ai réussi en dégotant les originaux en fascicules brochés (groupant 2 chapitres), jusqu'au n°13 sur le siècle de Louis XIV. J'ai passé des heures à feuilleter ces pages en me remémorant des souvenirs d'école primaire, et je suis tombé sous le charme de cette série. Quel coup d'éclat pour Larousse : sous la houlette d'une équipe d'historiens auxquels se sont joints d'excellents scénaristes aux qualités narratives reconnues, et les meilleurs dessinateurs du moment (Coelho, Marcello, Ribera, La Fuente, Manara, Poïvet, Bielsa, Tacconi, Buzzelli, Forton, Battaglia et d'autres...), l'éditeur nous offrait les grands épisodes de notre Histoire, de la Gaule à nos jours. Même si c'est parfois une suite de séquences anecdotiques et même si l'ensemble sacrifie à quelques clichés (notamment en utilisant des mots historiques contestés ou apocryphes), le travail accompli est remarquable, et surtout conté d'une façon aventureuse qui donne envie de s'intéresser à l'Histoire, au contraire des méthodes scolaires rébarbatives. C'est ce que Larousse a compris en franchissant le pas et en utilisant comme support pédagogique la bande dessinée, qui enfin en cette fin d'année 70, est prise au sérieux et reconnue comme un art et un moyen d'expression. Par cette formule, l'éditeur du Dictionnaire affichait clairement ses ambitions didactiques tout en cautionnant le support BD. Et ça fera des petits, combien de Régions françaises illustrent leur histoire de cette façon ? La première édition de fascicules obtient un tel succès entre 1976 et 78, que Larousse lance l'édition cartonnée en 1979, suivie en 1983-84 d'une édition en 8 albums thématiques, de même qu'il lancera "la Découverte du monde en BD", Histoire du Far West etc, avec la même formule et souvent les mêmes grands pros du crayon. Un achat chaudement recommandé pour les amateurs d'Histoire et les nostalgiques.
Les Luchadoritos
Petite BD sans prétention et très sympathique. Ce n'est pas un humour qui nous rend hilare mais qui nous maintient un sourire aux lèvres, du début à la fin (c'est déjà pas si mal). Le graphisme est agréable et retranscrit à merveille les expressions faciales et corporelles de ce petit diablotin de Melindez. Celui-ci prend souvent des postures grotesque lorsqu'il "combat" et il m'a beaucoup fait rire, surtout qu'il se prend complètement au sérieux.Malgré le stoïcisme de son mannequin d'entrainement, la victoire n'est pas forcément chose acquise. Ses "exploits" de catcheur virtuel m'ont rappelé avec une douce nostalgie, mon enfance, lorsque je faisais du "air Kung-Fu" et que je me rêvais indestructible. Les dialogues sont aussi savoureux; étant plus fins que ce qu'ils laissent voir de prime abord. Un album rempli de tendresse. Un petit rayon de soleil et un dépaysement pas très "carte postale".