Les derniers avis (32069 avis)

Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Pionniers de l'Espérance
Les Pionniers de l'Espérance

J'avais entendu beaucoup de bien de cette vieille série et je me suis décidé à emprunter les albums parus chez Futuropolis (j'avais aussi trouvé l'album paru chez Glénat, mais c'était un récit paru en 1957 donc déjà disponible dans l'intégrale). Je ne suis pas un grand fan de la science-fiction à la Flash Gordon, mais là j'ai vraiment aimé. Certes, il y a une certaine naïveté dans les scénarios humanistes de Roger Lécureux et si on pense trop, on va vite se rendre compte des dizaines de trucs qui ne font pas de sens (Spooky a énuméré plusieurs exemples), mais les histoires sont solides et j'étais souvent captivé du début jusqu'à la fin parce que je voulais savoir comment l'histoire se terminait. Le scénariste fait aussi preuve de beaucoup d'imagination et j'ai été surpris à plus d'une reprise. Mais le meilleur pour moi c'est le dessin de Raymond Poivet. Au début, c'est sympa et son trait me faisait penser à du Milton Caniff et puis au fil des histoires son trait évolue pour devenir un des plus beaux dessins réalistes que j'ai vus !

24/06/2013 (modifier)
Par dut
Note: 4/5
Couverture de la série Le Bois des Vierges
Le Bois des Vierges

La 1ere chose que j'ai envie de dire sur "Le bois des vierges", c'est de louer le dessin de Beatrice Tillier ! C'est vraiment magnifique, fin, raffiné, très détaillé, les couleurs sont elles aussi magnifiques, bravo ! Humaniser des animaux n'est pas forcement facile, Masbou pour De Cape et de Crocs et Guarnido pour Blacksad l'ont très bien fait, Tillier le fait donc très bien mais dans un style plus réaliste. L'histoire n'est certes pas révolutionnaire, mais Dufaux arrive à nous faire rentrer dans ce joli conte, c'est très agréable à lire, on se laisse porter par l'histoire. Une petit bémol sur Aube qui est censée être le personnage central de l'histoire que j'ai trouvée un peu fade. Par contre, le seigneur Clam est pour moi le personnage de cette histoire ! Torturé, charismatique, puissant et faible à la fois... La fin est un peu facile certes (ça reste un conte, rappelons-le), mais pas de quoi pour moi gâcher le plaisir que j'ai eu en lisant "Le bois des vierges".

24/06/2013 (modifier)
Par C502
Note: 4/5
Couverture de la série M. Rectitude et Génial Olivier
M. Rectitude et Génial Olivier

J'ai relativement bien aimé cette série, elle est apparue dans Spirou en 1963... et a été présente jusqu'en 1988... la série avait quelque peu vieilli vers la fin mais faisait partie des meilleures séries humoristiques de l'époque... De plus il y avait pas mal d'idées impressionnantes dans ces histoires même si il y avait une sorte d'humour qui n'était pas compris pour tout public...

24/06/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série Le Sommet des dieux
Le Sommet des dieux

Cette conséquente série reste tout au long de ses pages assez exceptionnelle. De magnifiques scènes vous couperons le souffle, à intervalles réguliers. Le scénario, sans être linéaire, est sans grande surprise, mais remarquablement bien maitrisé... Pas un instant on ne s'ennuie au fil des pages, et on ne voit pas passer la série, pleine de suspenses palpitants et d'"actions" à couper le souffle, quoique la BD reste relativement "zen". Le dessin de Taniguchi est toujours, sans surprise (puisque son style n'évolue pas au fil des années) fin et racé, avec beaucoup de recherches dans les cadrages pour varier dans toutes ces images de montagnes (néanmoins magnifiques)... Je suis depuis de nombreuses années sous le charme de ce style ultra-précis et travaillé manquant néanmoins quelques fois d'un brin de panache. Ce n'était pas gagné d'avance, mais grâce au talent de Taniguchi et de Baku, cette escalade fut un vrai plaisir.

23/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Michel Vaillant
Michel Vaillant

Les exploits de Michel Vaillant m'ont toujours passionné dans l'hebdo Tintin, et j'en ai acheté plusieurs albums, mais il faut faire la part des choses, la série n'est plus ce qu'elle était, sa durée sur 70 albums, c'est comme pour Ric Hochet, c'est beaucoup trop long; pour ma part, j'ai décroché après le tome 29, les histoires se répétant trop, les dessins n'étant plus exécutés par Graton seul , mais par son studio, la qualité n'était plus la même, donc ma note ici concerne ces 29 albums, et plus particulièrement certains préférés, car dans une telle floraison, il faut faire un tri : le Grand Défi (premier grand récit long qui voit l'affrontement entre le héros et Warson) le Pilote sans visage la Trahison de Steve Warson les Casse-Cou (dans le monde des cascadeurs du cinéma, auprès de Gil Delamare) le 8ème pilote (le décor des 24h du Mans) le Retour de Steve Warson Suspense à Indianapolis (le héros à la célèbre mèche va défier les Ricains chez eux) le Cirque infernal (le monde du stock-car) De l'huile sur la piste 5 filles dans la course / Des filles et des moteurs (le monde du rallye) Rodeo sur deux roues (le moto cross auprès du champion Joël Robert) Série Noire San Francisco Circus Ces titres sont d'un très bon niveau, mais il faut aborder la série avec l'idée que le lecteur va se trouver plongé dans une époque qui est celle de la décennie 60 et un peu 70, c'est bien-sûr l'un des défauts, malgré l'évolution du sport automobile et des voitures. Ce sport était déja à cette époque un vrai panier de crabes avec ses rivalités, ses jalousies, ses intérêts engagés, et la bande a rectifié cette vision négative en personnifiant le pilote probe, courageux et loyal, des valeurs qui sont d'un autre temps et qu'il faut accepter comme telles. Sinon on referme l'album et c'est tout. De plus, il y a le côté familial et chaleureux souvent un peu naïf qui fait sourire, lié aux autres personnages tels Mr et Mme Vaillant, Jean-Pierre le frère de Michel, son épouse Agnès, Françoise la jolie journaliste et photographe (qui plus tard épousera Michel), Joseph le mécano des usines Vaillant......tout cette tribu vit à la Jonquière, et là aussi, le côté bien propret des relations, le respect et l'effacement soumis des femmes...tout ça est d'une autre époque, on y souscrit ou pas. D'autres personnages contrebalancent heureusement cet aspect un peu obsolète de la famille : Ruth, femme amoureuse de Steve, son père le Leader, mégalo qui s'acharne à la perte des Vaillant, Bob Cramer ou Payntor, des champions américains pas très fair-play qui donneront du fil à retordre aux héros, également la championne de moto Julie Wood qui aura ensuite sa propre série.... Le grand truc de Graton, c'est l'exactitude, le souci du détail et la reproduction des grands circuits mondiaux, sans oublier les combi des pilotes, l'atmosphère fiévreuse des paddocks, l'ambiance des stands, l'univers des course....tout ceci est rendu à la perfection, et bien-sûr les voitures, car nombreux sont ceux qui guettent l'erreur qui sonne faux sur le décor d'un circuit ou la mécanique d'une voiture. Cette perfection, ajoutée au fait que Graton a toujours mélangé habilement la réalité et la fiction en faisant côtoyer ses héros avec les plus grands champions du moment (aux visages assez bien reproduits), a fait qu'on s'est souvent demandé si Michel Vaillant existait vraiment. Tout cela, sans oublier l'emploi (un peu abusif) des onomatopées VROAAAAW et autres IIIIIIH, va attirer un large public à cette série, et pas seulement un lectorat d'initiés. Le hic, c'est que le trop grand soin apporté aux décors et aux voitures, a sacrifié un peu l'aspect graphique des personnages aux visages souvent semblables, aux mentons très carrés, et accusant un statisme dans les mouvements; ce détail souvent raillé est l'un des petits défauts de cette bande qui devint vite populaire en mettant à la portée du néophyte les sports mécaniques. Surtout que certains scénarios n'étaient pas entièrement tourné vers ce sujet, certaines trames policières s'y ajoutant, mais ce qu'on attend de cette série, c'est que le héros joue le plus souvent son rôle de pilote. Alors, il faut la lire en essayant de faire abstraction des défauts qu'on lui reproche, ce qui n'est pas facile pour les nouvelles générations qui n'ont pas trempé dedans comme moi.

23/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Vo'Hounâ
Vo'Hounâ

Je ne suis absolument pas d'accord avec le classement dans la fiche série de "Vo'Houna" en fantasy, c'est un récit historique, car la Préhistoire comme son nom l'indique, c'est les débuts de l'Histoire de l'humanité, d'autant plus que Roudier avec ce récit passionnant, n'a pas fait du Soleil, c'est peut-être pour ça qu'ils l'ont viré et qu'il a changé d'éditeur pour Neandertal. Si cette série historique se présente comme un grand récit d'aventure si réussi et si juste, c'est parce qu'il se présente aussi comme une tentative fidèle de reconstitution de nos lointains ancêtres encore parfois si mal connus, au moment où les Cro-Magnon et les derniers Néandertaliens vivaient côte à côte il y a 35 000 ans, sur un immense territoire qui deviendrait bien plus tard le sud de la France. Le travail de documentation fut important dans cette série pour restituer avec soin le climat, la faune, la flore, la vie sociale, la chasse, l'outillage auxquels se mêle une idylle entre Cheval-Cabré, de race Cro-Magnon, et Vo'Houna, femme de race néandertalienne. Le surnaturel, le chamanisme, la magie s'invitent dans ces récits au réalisme brut de l'environnement glaciaire, ce qui a permis à la série d'être bien accueillie par les scientifiques, son approche étant beaucoup plus sérieuse que les anciennes Bd préhistoriques Tounga et Rahan, qui ont certes fait le bonheur d'une génération de lecteurs, mais qui misaient surtout sur l'aspect aventureux. Roudier régale l'amateur de Préhistoire grâce à son dessin superbe, de beaux décors de cavernes tels qu'on peut en voir dans le Périgord actuel, et des couleurs étudiées. Je l'ai rencontré lors d'une dédicace, c'est un gars adorable qui met un grand soin dans tout ce qu'il fait, c'est un passionné de Préhistoire et d'archéologie, c'est simplement dommage qu'il n'ait poussé cette série sur plus d'albums. En tout cas, c'est une totale réussite, à lire absolument, pour mieux comprendre aussi d'où l'on vient.

22/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Dampierre
Dampierre

Cette création d'Y. Swolfs en 1987 sur les guerres de Vendée, suit le destin de Julien Dampierre, jeune palefrenier mêlé malgré lui à ce conflit sanglant. Ayant un oncle vendéen (très impliqué dans les reconstitutions historiques qui ont lieu dans sa région), j'ai arpenté souvent ces lieux chargés d'Histoire, et j'ai fait lire la série à cet oncle (qui n'est pourtant pas familiarisé avec la bande dessinée), son verdict fut bon. C'est dire si Swolfs a dû se documenter sérieusement pour passer du western Durango à cette période particulièrement complexe de l'Histoire de France, nourrie de nombreux événements. Swolfs étant Belge, n'adopte aucun parti pris et surmonte ce handicap grâce à une grande rigueur historique, le texte est abondant et verse dans une authenticité qui devient vite passionnante, en dépit de la brutalité du récit. C'est pourquoi je n'aime pas trop cette période de Révolution et d'après-Révolution. En tout cas, les lieux comme Bressuire ou Thouars, je les connais bien, ils sont vrais, les noms des chefs vendéens aussi (Bonchamps, La Rochejacquelein...) sont authentiques. En perfectionniste du décor, Swolfs peaufine ses dessins grâce à l'élégance vigoureuse de son trait qui restitue à merveille de beaux décors poitevins de maisons, de villages et de lieux bien réels (la vue de Thouars avec son pont sur le Thouët, et son château est bien reconstituée). Beaucoup de lecteurs apprendront des épisodes peu connus de cette sombre période, et les raisons de ces guerres de Vendée qui vont pendant 3 ans ravager ces contrées du Poitou et laisser ce pays exsangue. Le conflit a été d'abord politique: les Républicains bafouent les coutumes religieuses, pratiquent la conscription forcée et sont adeptes d'une justice sectaire et expéditives; de leur côté, les nobles veulent maintenir dans les campagnes un semblant d'ordre féodal obsolète, il était donc fatal que ces deux camps s'affrontent. Tout ceci donne une série de grande qualité, que j'ai bien failli lacher en 1991, car après 2 albums, Swolfs continue à scénariser mais en laissant le dessin à Eric, qui saborde la série par son trait horrible, jusqu'à la reprise par Legein; son dessin est moins beau que celui de Swolfs, mais il s'en tire pas trop mal. Pour découvrir cette série, acheter d'abord les 2 premiers albums de Swolfs, et après à vous de voir.

22/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Iznogoud
Iznogoud

J'ai toujours adoré le graphisme de Tabary que ce soit dans Totoche ou Valentin le vagabond, et ici, c'est l'explosion, il se lache totalement dans la démesure des gags, de l'inventivité et du décor exotique, avec bien évidemment le délire verbal, les jeux de mots et les calembours de Goscinny ; tous deux ont dû beaucoup s'amuser, et moi aussi, je sautais sur cette bande à chaque parution du journal Pilote où je l'ai découverte dès 1968. Ce grand Vizir qui tente par tous les moyens, y compris les plus tordus, de se débarrasser du calife Haroun el-Poussah, sorte de gros potentat fainéant et candide, perpétuellement somnolent sur les coussins profonds de son palais, est le letmotiv le plus simple qui existe, mais sur ce faible écheveau, les auteurs vont bâtir une succession de gags (répétitifs d'après certains avis), mais c'est justement cette exagération dans la répétition qui en devient drôle. Malgré les tentatives multiples qui échouent toujours (objets enchantés, magiciens, potions, sortilèges, mouche tsé-tsé...), Iznogoud capte étrangement la sympathie du lecteur ; son dessein de "devenir calife à la place du calife" est tellement associé à cette Bd, que ça fait partie du langage courant. Les personnages aux trognes savoureuses, la vision loufoque de l'univers des Mille et une nuits, le dessin très expressif de Tabary dont les couleurs vives accentuent le côté somptueux d'un Orient de fantaisie, la perpétuelle agitation, les personnages secondaires tordants (comme ce magicien couvert de bosses qui n'arrive pas à traverser les murs) et les trouvailles de Goscinny sont parmi les nombreuses raisons du succès de cette bande qui pour moi est l'une des plus drôles dans le domaine humoristique. Je trouve que les récits courts de 8 planches étaient les meilleurs, même si après la mort de Goscinny, Tabary a su conserver un bon niveau ; pour cela, il a sacrifié plus ou moins ses autres créations. J'étais à deux doigts de mettre 5 étoiles, mais cette note est réservée selon moi à des Bd vraiment exceptionnelles ; disons qu' "Iznogoud" n'en est pas loin.

22/06/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le Grand Pouvoir du Chninkel

Que dire de plus sur cette oeuvre culte lue et relue maintes fois durant ma jeunesse. Rien. C'est vachement bien. C'est du Rosinsky. J'ai été transporté par cette relecture de La vie de Jesus christ à la sauce Tolkien - Thorgal. Les dessins sont très beaux. Nos 2 petits héros sont charmants (en particulier la scène de cul en chute libre). Les 3 méchants sont très méchants. Il y a le monolithe de 2001. C'est assez triste à la fin ... C'est finalement assez classique mais très bon. Un incontournable.

22/06/2013 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série La Valse des Alliances
La Valse des Alliances

Le titre colle parfaitement à cette BD menée tambour battant et sans temps morts. Il fallait sans doute le talent de Will Eisner pour parvenir, en 170 pages, à créer une fable universelle en se basant sur une vie imaginaire mais tout à fait crédible, celle de Conrad Arnheim, fils d’un immigré juif allemand qui fit fortune aux USA. Le style graphique légèrement désuet et pourtant vif est bien adapté à l’histoire, qui démarre à la fin du XIXème siècle et s’achève dans les années 60. A l’aide des témoignages de son épouse, et de son propre sens aiguisé de l’observation, en particulier pour tout ce qui touche au genre humain, l’auteur, lui-même fils d’immigrants juifs, dissèque avec un humour implacable et une certaine cruauté les us et coutumes des grandes familles juives américaines. Ces nouveaux « aristocrates », ayant fait du rêve américain une réalité, étaient prêts à toutes les machinations pour ne pas le laisser filer. A commencer par nouer des alliances avec des familles de même rang social et de même confession. Ils constituèrent, à force de mariage arrangés, les membres d’une caste privilégiée et soucieuse avant tout de sa réputation, « d’ancien argent », par opposition aux immigrés de plus fraîche date, nouveaux riches et intrus, de « nouvel argent ». On pourra toujours reprocher à l’auteur d’avoir forcé le trait de ses personnages, qui apparaissent plus comme des caricatures. Mais il l’a fait ici à bon escient, son objectif étant de montrer d’abord les rouages d’un système à la fois vertical (avec comme but permanent l’ascension sociale) et cloisonné (donc non horizontal, excluant impérativement les « Gentils » ou non-juifs). Will Eisner assaisonne son récit d’anecdotes historiques qui permettent de mieux comprendre les motivations de ces familles (ayant fui les pogroms et la misère dans leurs pays d’origine) et de relativiser. On croit d’ailleurs déceler une certaine magnanimité de sa part, malgré la répugnance que semblent provoquer chez lui l’arrivisme, le sectarisme et l’hypocrisie… car oui, Eisner indéniablement ne peut s’empêcher d’être humaniste ! Globalement, j’ai beaucoup aimé cette histoire qui permet d’en apprendre un peu plus sur la communauté juive américaine grâce à sa part documentaire non négligeable, et peut se lire telle une fable contemporaine, un conte de fées moderne où industriels, financiers et traders ont remplacé monarques, chevaliers et princes d’antan. Certes, ça fait bien moins rêver, d'ailleurs il n'y a ici ni héros ni gentils (dans les deux sens du terme), mais comme chacun le sait, la nature a horreur du vide…

21/06/2013 (modifier)