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Futuropolis

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 4 avis)

Une société archi-technologique défie des hommes revenus à l'état sauvage : serait-ce la fin des temps ?


Format à l’italienne Les Pionniers de la BD

A des milliers de siècles dans le futur, une société s'est élevée très fort technologiquement : celle des Indiens (d'Inde), qui ont fondé Futuropolis, où une poignée de sages règne sur toute création, grâce à l'électricité. Mais des remous aux frontières avec le peuple de l'Abîme suscitent l'inquiétude : la race blanche dégénérée se serait-elle révoltée contre les maîtres de la terre ? Râo et Maïa, deux jeunes guetteurs, sont chargés d'emmener une armée de robots pour calmer les troubles. Mais rien de ce à quoi les a préparés leur société utopique ne les attend au-delà des frontières.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1977
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Futuropolis
Les notes (4)
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20/03/2005 | Spooky
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Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'ai lu cet album par pur intérêt historique et effectivement c'est une bonne histoire qui n'a pas trop mal vieilli malgré son mode de narration. Dommage d'ailleurs que ça soit une de ces vieilles bandes dessinée où le texte est en-dessous des illustrations parce que si ça avait été fait avec des bulles de textes j'aurais sûrement encore plus accroché au scénario. Le point fort du récit est sans aucun doute le dessin de Pellos qui est vraiment très bon et plus dynamique que plusieurs séries réalistes de la même époque. La manière dont sont placées les cases était révolutionnaire pour l'époque. Le scénario est pas mal même si certains thèmes abordés sont moins originaux aujourd'hui. Je comprends que les lecteurs de l'époque aient accroché au point que l'un d'eux devenu libraire a nommé sa librairie Futuropolis et qui deviendra plus tard la maison d'édition du même nom. Bref, une bande dessinée à lire si on veut découvrir les œuvres qui ont marqué les premières décennies de cet art et qu'on n'est pas trop allergique aux trucs un peu moisis.

08/09/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Des combats titanesques, de l'ultra violence, la folie hallucinatoire des hommes qui cherchent toujours à dominer le monde, un goût d'apocalypse. Une série sf des années 2000 direz-vous ? Pas du tout, on est dans "Futuropolis" réalisée en 1937 par René Pellos, surtout connu comme dessinateur sportif et comme dessinateur populaire des Pieds Nickelés, ce qui a souvent occulté son passé de créateur réaliste de talent, tel qu'il est montré ici. Cette superbe bande est certainement la plus belle de toutes les créations de Pellos, et reste malgré son âge l'un des grands classiques de la BD française. Première véritable bande de science-fiction, elle conte l'histoire d'une société toute puissante qui domine la planète, et contre laquelle se révoltent des habitants insoumis et des animaux, jusqu'à la chute de ce pouvoir implacable, faisant place au retour à la nature. Ce qui frappe ici, c'est l'audace de la mise en pages, bien en avance sur son temps, bousculant l'ordre établi et défiant la forme de la BD traditionnelle: le découpage, les cadres éclatés, les images prenant toutes les formes, en diagonale, en losange, en zigzag, en arrondi, en triangle, empiétant les unes sur les autres selon les besoins de l'action. Certes, le texte reste calé sous l'image, mais le dessin d'une étonnante nervosité confère un extraordinaire dynamisme à l'histoire. Tous ces éléments prouvent que cette oeuvre visionnaire pouvait amplement rivaliser avec les BD américaines de l'époque. Ce récit donne le vertige, et pourtant, il a plus de 70 ans, comme quoi, les auteurs modernes n'ont rien inventé et ont puisé dans de vieilles recettes, car c'est bien connu, c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. Glénat a réussi le pari de rééditer cet ouvrage légendaire en 1999, mais attention cependant, la lecture sera-t-elle bien reçue par les nouvelles générations ? Ma note n'est pas plus élevée, car si je reconnais la valeur de cette oeuvre pionnière, je dois avouer que ce n'est pas ma tasse de thé.

14/06/2013 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5

C'est très vieux. Mais qu'est-ce que c'est bien fait !... "Futuropolis" démarre dans l'hebdo "Junior" n° 54 du 7 Avril 1937. Il s'y termine dans le n° 110 du 4 Mai 1938. J'ai fait l'acquisition de cette "fresque" en 1980. Une véritable découverte : celle d'une SF française pensée et conçue voici... 70 ans ! "Futuropolis" est une fresque, une vraie, teintée de philosophie. Elle mélange la "grande aventure" et une science-fiction très imaginative. Bien sûr, tout ceci est inspiré du film Métropolis réalisé par Fritz Lang en 1927, où un jeune homme de la "ville des Maîtres" prend parti de la "ville des humbles"... grâce à l'amour d'une jeune fille. Mais c'est néanmoins passionnant ! Au vu des règles graphiques de l'époque : à savoir des cases "normales" et une mise en page formatée, Pellos parvient néanmoins à faire preuve d'une très grande créativité. C'est -parfois- étriqué mais, n'empêche : le graphisme est réellement innovant, créatif, les cadrages sont audacieux. Le dessinateur renouvelle ici -avec un véritable dynamisme- un genre qui était, à l'époque, parmi les plus classiques. Une très belle oeuvre, bien oubliée, réalisée -à l'origine- en un magnifique noir/blanc et qui se révèle, encore actuellement, bien enthousiasmante. Futuropolis fera l'objet d'un très bel album... 40 ans plus tard.

22/10/2006 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
L'avatar du posteur Spooky

Attention, monument ! Futuropolis est considéré – à juste titre- comme l’un des titres fondateurs de l’âge d’or de la BD. Originellement paru en 1937-38 dans l’hebdomadaire Junior, il a durablement marqué l’imaginaire de nos parents et grands-parents. Mais malheureusement, elle tomba dans l’oubli pendant près de quarante ans, jusqu’à ce que l’éditeur Jacques Glénat décide de la rééditer. Commence alors une longue quête afin de retrouver toutes les planches. Le dessinateur, René Pellarin (dit Pellos), est encore vivant (il est né en 1900), mais ne possède plus son œuvre originale. Ce n’est que grâce à un collectionneur et à la technologie Ektachrome que les 56 planches sont reproduites. C’est donc une espèce de fac-similé qui sort des presses en 1977. À noter que les reliures des 30 000 exemplaires ont alors toutes été faites à la main. Aucune restauration n’a été effectuée sur les clichés, ce qui fait que cette édition présente quelques « défauts » : courbure des pages, cheveux sur le cliché ( !), texte parfois illisible ou carrément absent parfois ! Une touche d’authenticité qui ne nuit pas vraiment à la lecture. L’éditeur a respecté le format d’origine, à l’italienne, si bien que l’album ouvert fait 88 cm de large ! En 1999, Glénat a réédité les « classiques » de son catalogue, et Futuropolis en faisait partie. N’ayant pas lu cette édition (qui n’est plus en vente), c’est de celle de 1977 que je parlerai. L’histoire de la création de Futuropolis est originale, puisque le directeur de Junior demande un jour à Martial cendres, un de ses collaborateurs, d’écrire un roman abondamment illustré par Pellos, alors illustrateur sportif célèbre. Ce dernier en profite pour développer et amplifier l’histoire originale, et laisser s’exprimer sa fibre créative. Pellos fait ainsi éclater les cadres de l’époque (pas de cases, mais des cadres à la symétrie évolutive, destinée à servir le récit). Mais qu’importe ! l’histoire est d’une telle puissance évocatrice, les pages débordent de la créativité et du génie graphique du dessinateur. C’est de l’aventure pure et dure, où la péripétie le dispute au coup de théâtre, où s’affrontent hommes, demi-dieux, animaux et robots, où l’amour, le courage et l’intelligence sont exaltés, où la vanité technologique de l’homme affronte la force tranquille de la nature… Et, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas gnangnan, ça amène à réfléchir quelque peu, même si, en 1938, les événements mondiaux réels inscrivirent Futuropolis dans une cruelle actualité… A noter que les auteurs se sont inspirés de classiques du genre : Jules Verne, H. G. Wells… Un bel héritage, jusque-là inédit en BD. Il y a aussi une belle influence du film de Fritz Lang, Metropolis, notamment dans les attitudes de Maïa. On pourrait ergoter également sur le message de la BD, puisqu’une « race » d’humains (les blancs) a complètement dégénéré, et que c’est une autre (les Indiens) qui s’est élevée, technologiquement parlant. Dans ce cas, si cet ouvrage était unique dans son genre, pourquoi ne lui attribué-je pas la note suprême ? Parce que, même pour un lecteur de l’époque, il était impossible de ne pas relever quelques petits défauts. Un goût prononcé pour le renversement de situation, une valse des alliances des personnages… cela perturbe quelque peu le récit, et peut rebuter le lecteur impatient. Au bout d’un moment, on a l’impression que les choses sont confuses. Dessiné dans l’urgence, Futuropolis paie sans doute la précipitation de ses auteurs (une planche était publiée chaque semaine). Bien sûr, Pellos restera à jamais comme un dessinateur fabuleux, avec ses humains à la morphologie sans reproche, ses créatures de cauchemar et son armée de fer impitoyable. Son style est d’ailleurs assez proche de celui des auteurs américains de l’époque. Il inspirera de nombreux dessinateurs, comme le tout jeune Jacques martin (graphiquement, mais aussi sur le plan de la structure du récit, les premiers Alix sont calqués sur Futuropolis), ou bien Edgar P ; Jacobs, qui réutilisera l’aspect « Vierge de fer » de Maïa. J’ai été déçu par l’histoire en elle-même. Oh, bien sûr, les évocations de combat, de fin du monde sont passionnantes, mais je trouve que cela manque quand même d’ampleur, et que la fin est trop vite expédiée, alors que le reste du bouquin paraît long, long, long… C’est sans doute dû au fait qu’il n’y a aucun phylactère dans le bouquin, et que chaque case surmonte un pavé de texte qui décrit ce qu’il s’y passe (futur syndrome Blake et Mortimer ?). Enfin, quelquefois, il y a un décalage entre ces deux éléments. Dernier point, visiblement Pellos, qui répétons-le fut un grand dessinateur- manquait de documentation, avait du mal à croquer les animaux ; à titre d’exemple, je citerai ces deux dauphins qui ressemblent à des sardines géantes !! Mais ce ne sont là que des détails, et il ne faut retenir que l’essentiel : Futuropolis fut, en son temps, une œuvre fondatrice, puissante, une révélation et une étape importante dans l’histoire de la BD. J’aurais bien aimé avoir 12 ans en 1937…

20/03/2005 (modifier)