Valérian

Note: 4/5
(4/5 pour 45 avis)

Angoulême 1992 : Alph-Art jeunesse mention spéciale pour le HS Les Habitants du Ciel. 1997 : Prix Tournesol pour le tome 16. La référence en BD de Science-Fiction... Bien avant Aquablue et les autres. Valérian rencontre Laureline en 1967 ! On sussure que Lucas s'est inspiré de la série pour Star Wars.


Angoulême : récapitulatif des séries primées BDs adaptées en film Best of 1960-1969 Dargaud Pierre Christin Pilote Prix Tournesol Science-Fiction, le best-of Space Opera Voyages dans le temps

Raconter l'histoire des deux plus célèbre agents spatio-temporels de l'histoire à des mordus de BD, c'est raconter l'histoire de Tintin au capitaine Haddock... Valérian et Laureline (les deux agents spatio-temporels pré-cités) sont des "régulateurs" du temps, ils sont employés par Galaxity afin de remettre un peu d'ordre dans la galaxie. Leurs aventures sont faites de multiples rencontres (bestiaire intergalactique impressionant) et ce dans de multiples mondes. L'imagination graphique de Mézières au service de scénarios d'un Christin qui livre le meilleur de lui-même au cours des 12 premiers albums (les tomes 11 et 12 sont à mourir). petite période transitoire de 3 /4 albums et retour en forme dans le dernier opus (18) qui laisse présager une relance de la série ; de plus Mézières nous gratifie d'une double page finale en couleurs directes... Bref, on en redemande...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 1967
Statut histoire Une histoire par tome (série finie en 21 tomes + 5 hors-série) 26 tomes parus
Couverture de la série Valérian
Les notes (45)
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14/03/2002 | Ludo
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Une série SF culte essentiellement pour sa première moitié. Les huit premiers tomes forment un ensemble d'aventures futuristes à l'imagination débordante et à l'enthousiasme communicatif, où les univers colorés alternent avec des milieux plus sombres. 'Les Héros de l'équinoxe', 'Les Oiseaux du Maître' ou encore 'L'Empire des Mille Planètes' sont des exemples de créativité. Le tome 0 paru en 2000, qui raconte la rencontre entre les deux héros, est dans la même veine même si moins bien ficelé. Arrive ensuite au début des années 80 le diptyque Métro Chatelet/Brooklyn Station qui bien que très réussi va subtilement changer l'orientation de la série. C'est à partir du diptyque suivant, Inverloch/Hypsis, que les choses vont commencer à se gâter. Le tome 11 est l'une des BD les plus barbantes qu'il m'ait été donné de lire et survient dans le tome 12 un paradoxe temporel que les auteurs vont se traîner comme un boulet jusqu'à la fin de la série sans jamais trop savoir comment s'en dépatouiller, le pire étant sans doute le dernier cycle composé des tomes 19 à 21 qui est proprement foutraque. Dans cette seconde moitié de la série, seuls les tomes 14 à 16, qui constituent un retour à la formule SF débridée des huit premiers tomes, tirent leur épingle du jeu, mais sans toutefois retrouver la magie de ces tomes 1 à 8, à l'exception d''Otages de l'Ultralum'. 'Valérian et Laureline' constitue donc une série hétéroclite pour laquelle je conseille l'achat uniquement pour les huit à dix premiers tomes, ainsi que le tome 0. Pour la suite, c'est à vous de voir, mais attendez-vous à être déçu. Les notes détaillées des albums : 0 - Les Mauvais Rêves **** 1 - La Cité des Eaux Mouvantes ***** 2 - L'Empire des Mille Planètes ***** 3 - Le Pays sans Etoile ***** 4 - Bienvenue sur Alflolol **** 5 - Les Oiseaux du Maître ***** 6 - L'Ambassadeur des Ombres ***** 7 - Sur les Terres Truquées **** 8 - Les Héros de l'Equinoxe ***** 9 - Métro Chatelet Direction Cassiopée ***** 10 - Brooklyn Station Terminus Cosmos **** 11 - Les Spectres d'Inverloch * 12 - Les Foudres d'Hypsis ** 13 - Sur les Frontières *** 14 - Les Armes Vivantes **** 15 - Les Cercles du Pouvoir **** 16 - Otages de l'Ultralum ***** 17 - L'Orphelin des Astres ** 18 - Par des Temps incertains ** 19 - Au Bord du Grand Rien ** 20 - L'Ordre des Pierres ** 21 - L'Ouvretemps **

22/09/2019 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

J’ai découvert Valérian il y a quelques mois en empruntant l’intégrale des albums. J’avais un peu peur d’être déçu en me lançant si tardivement dans une série, certes culte, mais assez ancienne. Il faut bien reconnaitre que Valérian fait un peu daté au regard de productions SF récentes, notamment lors de ses premiers opus. Mais la magie opère toujours tant la saga regorge de qualités. Valérian, c’est d’abord un univers incroyablement riche et créatif, un space opera foisonnant et immersif qui semble sans limite. Les auteurs ont laissé libre court à leur imagination débordante qui dépoussière joyeusement des thématiques pourtant éculées de la science-fiction, tout en dénonçant avec beaucoup d’humour certains maux de notre époque. Le ton souvent léger et complètement décalé participe aussi à la très grande singularité de l’œuvre. Les deux héros sont particulièrement attachants ; notamment Laureline qui au fil des albums prend largement le pas sur compagnon. Au final, Valérian tient bien le choc de son âge et demeure un incontournable de la SF.

20/09/2018 (modifier)

"Avant nous, personne n'avais jamais raconté des aventures comme celles-là. Dans cette série, tout est possible. Chaque nouvel album peut nous conduire où nous voulons" dixit Jean-Claude Mézières. Valérian et Laureline est le prototype même de la BD expérimentale. Lorsqu'il est publié pour la première fois en 1967 dans Pilote, ce space opéra fait l'effet d'une bombe : Cette liberté totale, cette explosion de créativité visuelle, c'est du jamais vu en France à l'époque. On y retrouve aussi ce qui caractérise la BD française des années 70 : anticonformisme, prise de risque, empreinte SF très marquée et rejetant crânement le style "Gros-Nez" d'un 9ème art encore inféodé aux codes esthétiques belges. Porté par des noms illustres et quelques séries et magazines phares ( Enki Bilal, Gotlib, Mézières et Christin, Métal Hurlant, Phillippe Druillet, Valérian, Mandryka, etc) cet "aggiornamento" artistique lancé par la France va s'avérer être très influent dans le développement de la science fiction mondiale qui va suivre , en particulier la SF américaine (Star Wars, Avatar, Independance Day, Alien, Blade Runner, et d'autres ont tous une dette envers cette période de la BD francophone). Valérian et Laureline, c'est l'histoire d'un âge futur ou les hommes se sont essaimés dans l'espace, constituant un empire vaste dirigé depuis Galaxity, la capitale terrienne. Le SST (pour Service Spatio-Temporel) est un organisme dépendant de Galaxity qui emploie des agents spéciaux, véritables baroudeurs de l'espace chargés de préserver les intérêts de Galaxity dans le temps et dans le cosmos. Valérian et Laureline font justement partie de ces agents spatio-temporels et la BD nous raconte la série de missions diverses et variées qu'ils doivent accomplir dans l'infini et au-delà, tout en vivant leur joyeuse idylle .L'un est un James Bond de l'espace étourdi et souvent sot, un héros au grand coeur un peu mal dégrossi. L'autre, sa James Bond Girl, est une héroïne flamboyante et intrépide, toujours divinement sexy dans sa combinaison moulante. Elle n'est pas qu'un simple faire-valoir et elle le montre, à plusieurs reprises c'est d'ailleurs elle qui sauve la situation lorsque son partenaire s'emmêle un peu les pinceaux. Au fil des tomes on découvre, médusés, un univers fantasmagorique peuplé de créatures complètement loufoques : des jaunes, des verts, des petits, des grands, des intelligents, des moins intelligents...on visite des planètes lointaines aux noms exotiques, on repasse le fil entier de l'histoire humaine...l'estampille "space opéra" ne peut être plus méritée. Oeuvre oscillant entre Star Trek et la Patrouille du Temps, elle est un vibrant éloge à l'aventure et à la beauté de l'espace, cet insondable voile sans fin. Elle brasse un large éventail de thèmes, du voyage spatio-temporel à la critique sociale, dans une palette tonale allant du sombre au baroque et au comique. Cet éclectisme assumé peut déstabiliser, car ça donne à la série une allure tarabiscotée et non-monolithique, comme si les auteurs se laissaient aller au gré de leur imagination sans se soucier de cohérence. Comme toutes les oeuvres pionnières, elle n'est pas parfaite. Je conseille à tout bédéphile de la lire au moins pour prendre conscience par ses propre yeux de l'influence qu'elle a eu dans l'histoire de la science-fiction d'après guerre( "elle est pleine d'idées géniales à voler" aurait fameusement dit l'artiste américain Frank Kelly). Avec ces 23 albums parus c'est une portion significative de notre culture populaire qui s'ouvre à nous. Luc Besson a acquis les droits d'adaptation de cette BD malheureusement tombée dans l'oubli. Tenter de la remettre au goût du jour par le biais du cinéma ? Je reste circonspect. Tout simplement parce que son univers visuel est devenu trop commun au 7ème art pour que le film puisse espérer se démarquer. Besson a quelques wagons de retard, c'était dans les années 70 que le cinéma français aurait dû avoir l'audace et les moyens de l'adapter, pas en 2017 avec des spectateurs blasés pour qui ce sera du vu et revu. Mais bon, we'll see...

20/03/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Si j’avais vaguement feuilleté et beaucoup entendu parler de cette série depuis très longtemps, ce n’est qu’assez tardivement finalement que je me suis plongé dans l’intégrale, empruntée à ma bibliothèque municipale. C’est en fait la « relecture » qu’en a fait il y a quelques années Larcenet qui m’a fait réellement entrer dans cette série, qui a clairement influencé bien des réalisateurs (pas mal de choses reprises – ou est-ce seulement du hasard ? dans « Star Wars » [bestiaire, certaines scènes ou décors…], puis « Le cinquième élément » par exemple). C’est aussi une série qui s’est nourrie d’influences multiples (Asimov par exemple). Les premiers albums ont un peu vieilli et sont un peu simplistes je trouve (il faut passer outre certaines facilités, comme l’acceptation de Laureline par Galaxity – et son extraordinaire et rapide adaptation pour une « moyen-âgeuse » !), même s’ils se laissent lire (je n’ai par contre pas du tout aimé l’intrigue du « Pays sans étoile », malgré un riche bestiaire). Mais l’idée de départ avait un énorme potentiel, puisqu’elle permettait aux auteurs d’utiliser leurs deux héros dans le passé ou le futur plus ou moins lointains, un peu partout dans l’espace, et donc de multiplier les possibilités scénaristiques et les décors. Dessin et scénario vont ensuite s’améliorer, à partir de « L’ambassadeur des ombres », pour atteindre un point d’orgue avec les deux diptyques Métro Châtelet / Brooklyn Station et Les spectres d’Inverloch/ Les foudres d’Hypsis, clairement les albums les plus riches de la série (avec des pointes d’humour de plus en plus prononcés, comme les apparitions récurrentes des très vénaux Shingouz). Les albums suivants (je n’ai lu que les 16 premiers albums) sont un peu en dessous de ces quatre albums, mais restent quand même sympas à lire. Bref, ces aventures (d’ailleurs de plus en plus « spatiales » et de moins en moins « temporelles », au fur et à mesure que la série s’avance) procurent d’agréables moments de lecture. Elles permettent aussi de découvrir, avec Laureline (la série aurait aussi bien pu s’intituler « Les aventures de Laureline et Valérian », tant celle-ci semble plus mature et décidée : c’est elle qui « mène la barque », prend les décisions lorsque la situation l’exige), une des plus belles héroïnes (dans tous les sens du terme !) de la Science-Fiction avec la Cyann de Bourgeon. C’est clairement une série qui peut postuler au titre de « culte », même si je ne lui attribue pas les cinq étoiles. En tout cas, il serait dommage de ne pas en lire quelques albums. Note réelle 3,5/5.

06/03/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Valérian, à mes yeux, c’est la preuve même que donner du temps à une série est parfois nécessaire si l’on veut obtenir une œuvre résolument novatrice. Car il ne faut pas se leurrer, les deux premiers tomes sont plus que moyens. Construits sur le principe du voyage dans le temps (sans quitter notre bonne vieille terre), dessinés avec un enthousiasme maladroit (mais communicatif), ces deux albums ne laissent en rien présager ce qui va suivre. Ce n’est qu’au fil des tomes que la série va développer des thèmes qui la différencieront de toutes les séries de science-fiction de l’époque. Il ne faut pas oublier que nous sommes alors à la fin des années ’60. Le héros de science-fiction de l’époque, c’est un grand castard qui maîtrise une technologie futuriste de pointe. Ses rencontres avec d’autres civilisations se résument à des bourres pifs face aux représentants de civilisations perfides barbares et/ou primitives. Valérian va balayer tout ça, avec un personnage principal à l’opposé du héros traditionnel, un agent spatio-temporel touchant de maladresse, un charmeur parfois suffisant qui ne serait rien sans sa compagne d’aventure, la troublante Laureline. Les civilisations qu’ils vont croiser ne sont pas primaires ni construites sur un modèle unique. La nature même des formes de vie est diversifiée et démontre d’une véritable quête de fantaisie, d’une réelle volonté de sortir des lieux communs. Grâce à ces aventures, Christin ne va pas seulement renouveler le style en divertissant ses lecteurs. Il va leur permettre de réfléchir à la société dans laquelle ils vivent. Je demeure convaincu à ce jour que Valérian a été une des étincelles qui, chez les jeunes lecteurs de l’époque, a éveillé leur conscience politique. Mais sans faire montre de démagogie ! Simplement, insidieusement serais-je tenté de dire, en montrant différentes formes de société, en parlant sans avoir l’air d’y toucher de féminisme, de racisme, de la société des loisirs, de vie en communauté. Et cela sans jamais oublier le caractère distrayant de la bande dessinée ! Car Valérian, ça reste avant toutes choses, des albums amusants, prenants, vivants ! Le dessin de Mezières va, à l’image de la série, suivre une courbe ascendante. Son découpage audacieux n’est pas toujours logique (le nombre de fois où j’ai lu certaines cases dans le désordre !!!) mais permet de composer des planches très visuelles, très immersives. Le trait, lui, va s’affiner au fil des planches. La grande force de l’artiste restera cependant dans sa facilité à enrichir son univers grâce à des personnages et à des décors originaux, différents, intrigants. La série est actuellement rééditée sous forme d’intégrale en surfant sur la vague de curiosité suscitée par l’adaptation que veut en faire Luc Besson. Je ne suis pas convaincu qu’un jeune lecteur y trouvera son compte, l’époque n’est plus la même, et je dois bien avouer craindre un peu ce film, mais cette intégrale, soignée et enrichie d’entretiens avec les auteurs (et avec Luc Besson), est une belle occasion d’acquérir la série complète à moindre frais. Et relire ces albums permet de constater combien cette série a influencé les auteurs de sf d’aujourd’hui (« Orbital » et « Le Cycle de Cyann » sont pour moi deux exemples de séries où l’influence de Valérian est manifeste).

14/02/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Ben oui, celle là je l'avais bêtement zappé et pourtant les dieux savent si je l'ai lu et relu cette série. Mon avis sera donc celui d'un lecteur des origines et donc forcément partial. La lecture de cette série s'inscrit chez moi en parallèle de la découverte de la science fiction en romans avec les grands auteurs J. Vance, R. Silverberg, I. Asimov, F. Herbert j'en passe et non des moindres. Joie et bonheur donc de voir à cette époque que des auteurs pouvaient mettre en images ce que je lisais par ailleurs. En BD il y avait P. Druillet plus torturé, Caza, très mystique et ce duo Christin et Mézière qui proposait des images dans un autre style, fort réjouissantes. Voir New York sous les eaux! je dois avouer que cette image m'a profondément marqué. Tout a été dit sur le couple Valérian Laureline et sans avoir été amoureux de la belle je regrettais toutefois qu'il manque un peu de sel dans leur relation. Série divertissante, bien foutue, des univers riches et foisonnants qui comme toute longue série reste inégale et a tendance à s'essouffler, elle reste un must de la BD, c'est peu de dire que j'attends son adaptation cinématographique avec impatience.

26/12/2016 (modifier)
L'avatar du posteur eric2vzoul

Les aventures de Valérian, agent spatio-temporel font partie de ces rares séries du répertoire classique que l'on peut lire, et relire, et re-relire à différents âges en y prenant un plaisir toujours renouvelé. Il n'est pas si commun, en effet, de rencontrer des personnages qui proposent plusieurs niveaux de lecture, suscitent des sentiments si changeants et ne dévoilent leur complexité qu'au fil du temps. Adolescent, je me souviens que j'étais fasciné par l'univers de la série, alors intitulée Valérian, agent spatio-temporel, mais souvent agacé par ce héros souvent maladroit et lourdaud, qui n'assumait pas son statut de super-agent macho et se laissait ridiculiser et rabrouer par sa compagne… Devenu adulte, j'ai appris à apprécier le couple constitué par Valérian et Laureline, deux personnages traités à égalité par leurs auteurs, ce qui était rarissime à l'époque… et je suis tombé amoureux de la jolie rousse, plus mature que son compagnon un peu primaire. Ayant atteint un âge (un peu) plus avancé, elle me paraît finalement bien rigoureuse et souvent casse-pieds, face à un Valérian plus fantaisiste et finalement attachant malgré (ou à cause) des ses défauts… J'espère que, dans un lointain futur, arborant une longue barbe blanche et enfin enfin touché par la grâce de la sagesse, j'aurai encore une autre vision de cette série ! L'autre attrait de Valérian réside dans l'incroyable richesse des univers créés par Christin et Mézières. Ils ont inventé la trame du plus grand space opera jamais créé, souvent copié, mais jamais égalé. Le septième art leur doit énormément. Tous les Star wars et Star Trek du monde peuvent se rhabiller ; ils n'arrivent pas à la hauteur de l'imaginaire débordant des deux auteurs, de leur bestiaire fantastique, ni de leur cosmographie délirante. Il n'existe que peu de scénaristes pour reconnaître à quel point ils se sont inspirés de cette BD débordante d'inventivité. Seul Besson semble l'assumer honnêtement avec son Cinquième Élément ; ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il prépare une adaptation de Valérian pour 2017 (et j'espère qu'il ne foirera pas ce coup là !). Mais il est incontestable que beaucoup – pour ne pas dire tous (sauf peut-être Terry Gilliam) – n'ont pas l'imagination assez fertile pour s'en tirer seuls et qu'ils y ont puisé nombre d'idées. Objectivement, je reconnais que série souffre ici et là de menus défauts, lesquels expliquent que je me contente de ne lui attribuer que 4 étoiles (allez : 4+ !) : quelques albums sont plus faibles, certains ayant mal vieilli, surtout les premiers, d'autres se bornent à recycler des lieux déjà explorés… Le point d'orgue est atteint avec les deux diptyques “Métro Châtelet – direction Cassiopée” / “Brooklyn station, Terminus Cosmos” et “Les Spectres d'Inverloch” / “Les Foudres d'Hypsis”, aventure trépidante qui devient une réflexion eschatologique et métaphysique, dans laquelle Dieu revêt l'aspect de Hank Quinlan, le flic adipeux et corrompu joué par Orson Welles dans La soif du mal. Mais cet acmé scénaristique ne prend du sens que parce qu'il est précédé par une série d'histoires courtes fourmillant d'idées inventives, surprenantes, géniales et saugrenues qui posent les bases de l'univers de Valérian et Laureline. Personnellement, je voue un culte particulier à “Bienvenue sur Alflolol”, fable écolo hilarante, et au tome 8, “Sur Les Terres Truquées”, qui nous fait douter des réalités spatio-temporelles de Galaxity. Si le soufflé semble retomber après le tome 12, c'est juste parce que les auteurs savent enfin où ils vont et sont déjà en train d'envisager la fin de la série. Ils s'en donnent à cœur joie et leur imagination explose. Le ton est plus humoristique, la peinture en filigrane des travers de nos sociétés plus cinglante, les rebondissements plus tordus et la perception du multivers plus vertigineuse. À partir du tome 18, “Par des temps incertains”, le fil conducteur de la série se précise et s'achemine tranquillement vers son point final, lequel donne une cohérence époustouflante à une série d'albums dont la rédaction s'échelonne sur presque quatre décennies. Chapeau ! Pour moi, Valérian s'impose comme une référence incontournable, digne de figurer au panthéon de la science fiction aux côtés des plus grandes œuvres.

25/12/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Lorsque cette bande d'une phénoménale richesse apparut en 1967 dans Pilote, j'étais très jeune et elle m'intrigua avec son court récit Les Mauvais Rêves, mais ensuite, n'étant pas attiré par la SF, je l'ai toujours lu avec intérêt mais sans réelle passion. Mes récits préférés restent La Cité des Eaux mouvantes (malgré son aspect encore peu abouti), l'Empire des Mille planètes, Sur les terres truquées, et le diptyque culte Métro Châtelet/Brooklyn Station. Les Mauvais Rêves reste intéressant par l'époque du Moyen Age où Valérian rencontre celle qui va devenir sa future co-équipière, Laureline. Tous deux sont encore à peine ébauchés, mais le ton est donné, ils formeront l'un des plus célèbres couples de la BD. La bande ira ensuite vers une science-fiction plus élaborée. Elle a atteint à l'époque un niveau où bien peu de réalisations du genre pouvaient rivaliser en Europe. Aujourd'hui, au milieu d'innombrables Bd de SF plus modernes, elle fait figure de pionnière. Surtout, elle venait après quelques tentatives assez rares en France comme Futuropolis ou Les Pionniers de l'Espérance, la science-fiction étant encore un terrain risqué en 1967. Conçue par J.C. Mézières et P. Christin qui sont un modèle de collaboration comme l'étaient Goscinny et Uderzo, la bande a influencé de nombreux scénaristes de SF, et on y relève un effort imaginatif continu de recherches esthétiques et graphiques auxquelles le décor se prête. Le dessin clair et lisible de Mézières est pourtant semi-réaliste, parfois simplifié, où l'efficacité n'est pas sacrifiée à la beauté du trait, auquel s'ajoutent des couleurs travaillées. De son côté, Christin apporte sa culture littéraire influencée par Asimov, ses nuances, son humour. Les auteurs ont donc crée un imaginaire d'une grande richesse, en inventant des univers fabuleux remplis d'architectures grandioses, de paysages galactiques étonnants, de créatures insectoïdes ou aquatiques étranges, de machines complexes, et par le biais de la SF, ils portent un regard ironique sur notre époque. Plusieurs aventures sont traversées par des préoccupations politiques, sociales et humanistes alliées à l'esprit créatif et à la fantaisie. Au fil des épisodes, ils ont aussi donné à la séduisante Laureline une psychologie intéressante, en contraste avec les faiblesses de Valérian qui en est réduit parfois à un rôle de faire-valoir; de plus, Mézières améliorant son graphisme, a pu lui donner au gré des années une silhouette de plus en plus sexy. Les lecteurs de Bd de science-fiction étant déja à l'époque plus avertis et plus exigeants, il est certain que cet aspect a été perçu par Mézières et Christin qui ont fait de "Valérian" non seulement une des meilleures bandes de SF, mais aussi un incontestable chef-d'oeuvre du 9ème art, ayant séduit un public très large aussi bien d'enfants que d'adultes. L'influence s'exporte loin, on dit que George Lucas y aurait piqué des trucs pour sa trilogie Star Wars en 1977. Une grande série, même si je n'en suis pas fan.

28/06/2013 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

La série Valérian est entrée dans les classiques de la SF et de la BD. Pourtant, la série n'est pas d'égale valeur tout au long de ses tomes. Les premiers récits ont trop mal vieilli notamment. Les 3 premiers tomes sont naïfs et désuets. Ils se lisent bien mais s'oublient aussi vite. La série commence à gagner en qualité à partir du 4e tome et son intérêt va croissant jusqu'à son apogée dans le diptyque Métro Chatelet/Brooklyn Station qui fait preuve d'une très grande maturité et d'une grande intelligence. Par la suite, avec la disparition de Galaxity, mon intérêt pour la série va hélas aller décroissant. Le scénario des histoires en un tome se lisent un peu trop vite sans vraiment marquer la mémoire. L'ensemble reste plaisant mais nettement plus dispensable. Mais alors qu'est-ce qui faisait la force de cette série et le fait qu'elle ait autant posé sa marque dans l'univers de la BD et de la SF ? Cela tient à plusieurs choses. D'abord son couple de héros originaux et attachants, véritable couple amoureux soit dit en passant, ce qui est très rare dans le domaine de la bande dessinée. Valérian, l'aventurier fort et courageux, se révèle plus ou moins un anti-héros parfois tant il garde la réflexion aux vestiaires pour laisser la part belle à l'action amenant parfois à de véritables mauvaises décisions. A ses côtés, Laureline est l'incarnation de la beauté mais aussi de ces femmes de tête qui ne se laissent pas faire et prennent l'initiative avec intelligence tout en restant féminine, attachante et surtout amoureuse de son Valérian. Puis vient l'univers de SF débridée dans lequel ces deux là évoluent, un univers où l'imagination graphique de Mézières a pu dévoiler son envergure et sa liberté. Cela a déjà été dit de nombreuses fois mais c'est bien cet univers et ce graphisme qui ont inspiré de nombreuses oeuvres de SF au cinéma allant de Star Wars au Cinquième Elément. Toute le série fourmille d'idées, aussi bien scénaristiques que graphiques. Et nombre de scénarios présentent de vrais moments d'intelligence, des thématiques qui restent fortes et d'actualité comme ce dialogue à la fin de l'album "Brooklyn Station, Terminus Cosmos" : "Comment peut-on vivre dans la joie dans un monde où tourne une telle limousine ?" Comme dit plus haut, à titre personnel, je préfère ne posséder que les tomes allant de "Bienvenue à Aflolol" jusqu'aux "Cercles du Pouvoir" mais je lis et relis avec plaisir les autres tomes également.

07/02/2004 (MAJ le 21/02/2011) (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je viens de finir de lire une dizaine de tomes et j'avoue que c'est pas mal. Tout d'abord, le dessin est une pure merveille. J'aime ce style un peu vieillot et dynamique. Les histoires sont de la pure science-fiction et j'ai bien aimé malgré le fait que je ne suis pas un grand fan de ce genre. Cela vient du fait que les scénarii font preuve d'imagination et d'intelligence. Il n'y a rien de vraiment révolutionnaire, mais c'est bien écrit et cela se laisse lire. Je trouve toutefois que la qualité est inégale. Certains tomes m'ont paru très profonds alors que j'ai trouvé que d'autres avaient un scénario beaucoup plus léger comme 'Les Héros de l'équinoxe' que j'ai réussi à lire en moins de dix minutes. Il n'y a que les tomes deux et trois (le premier tome n'était pas disponible à la bibliothèque) que je n'ai pas appréciés. La narration est trop lourde et cela a fait en sorte que je n'ai pas accroché. On voit que c'était les débuts des deux auteurs.

23/12/2010 (modifier)