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Les Derniers Jours de Stefan Zweig

Note: 3.36/5
(3.36/5 pour 14 avis)

Magistralement adapté du roman de Laurent Seksik, Les derniers jours de Stefan Zweig évoque la fuite éperdue de l'écrivain dévoré par les démons du nazisme et ses propres tourments intérieurs.


Adaptations de romans en BD Brésil Nazisme et Shoah Suicide

Le célèbre écrivain autrichien, Stefan Zweig quitte New York en bateau pour rejoindre le Brésil, accompagné de sa deuxième épouse, Lotte. Au premier abord, les deux époux sont très différents : Lotte a trente ans tandis que Stefan en a soixante. Elle aime l’agitation, la compagnie tandis que lui apprécie le calme et la solitude. Mais surtout l’écrivain est habité par une mélancolie profonde, par un véritable mal être qui semble être lié en grande partie à la seconde guerre mondiale et aux traitements réservés aux Juifs.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Février 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Derniers Jours de Stefan Zweig

25/02/2012 | jurin
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Par Yann135
Note: 3/5
L'avatar du posteur Yann135

Stefan Zweig et sa jeune épouse - son ancienne secrétaire - fuient le régime nazi. Ils décident de tout quitter pour se réfugier au Brésil à Pétropolis à proximité de Rio de Janeiro. Nous sommes en septembre 1941. Malgré un cadre idyllique, Stefan Zweig, toujours à l’écoute de l’actualité, ne supporte pas l’horreur réservé aux juifs. En parallèle son épouse est souffrante. Le couple dans son exil forcé perd pied peu à peu. Nous les suivrons jusqu’à leur fin tragique. Comme ça, vous l’avouerez ce n’est pas un album très drôle mais plutôt émouvant et intimiste. La narration se fait avec délicatesse pour laisser la place aux sentiments. On avance dans le récit pas à pas, sans à coup, pour mieux ressentir les émotions. Et ça fonctionne admirablement bien. Chaque page lue, nous amène inéluctablement vers la fin tragique de Stéfane Zweig et de son épouse, un couple uni jusque dans l’éternité. Le graphisme délicat est somptueux. Des aquarelles admirables de beauté. Visuellement c’est terrible. Un vrai régal pour vos yeux. Un bel album au final qui mérite d’être lu.

04/05/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

« Les derniers jours d’un condamné », étais-je tenté de lire, de dire, tant ces derniers jours passés par Zweig au Brésil sont étouffant – d’autant plus que nous connaissons la fin dès le départ ! Je crois n’avoir jamais rien lu de Zweig, je ne connais que par la bande certains de ses livres. Mais je connais surtout de lui cette fuite éperdue devant l’avancée de l’hydre nazie, jusqu’au bout du monde, jusqu’au bout de lui-même, jusqu’au suicide. Car Zweig n’a pas supporté de voir le fascisme triompher. L’ironie de l’histoire, c’est qu’il est probablement mort en croyant qu’Hitler allait vaincre (avant les retournements de situation des années 1942-43). De toute façon, il ne supportait pas de voir anéantie cette Europe cosmopolite, brillante, les « bouillons de culture » de Vienne ou de Berlin, ce monde dont il était l’un des derniers représentants. Et les nouvelles concernant le destin des Juifs d’Europe ont eu raison de sa volonté. En cela la mort de Zweig est symbolique d’un monde qui disparaît, d’une certaine idée de la culture qui s’efface (l’un des dirigeants des Jeunesses Hitlériennes, von Schirach disait : « lorsque j’entends le mot culture, je sors mon révolver »). Je n’ai pas lu le roman dont s’inspire cet album, mais j’ai bien apprécié ma lecture. D’autant plus que le trait de Sorel (très joli, à l’aquarelle) est plutôt chouette, jusqu’à l’idée finale (les décors, puis les corps de Zweig et de sa femme qui s’estompent). Beau et triste.

31/12/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

Il est toujours délicat de juger une bédé inspirée d’un roman qu’on n’a pas lu. Mais si l’on s’en tient ici à l’aspect visuel, c’est tout bonnement époustouflant. Le trait dentelé de Sorel s’allie parfaitement à ses aquarelles sublimes que l’on admire tels des petits tableaux, avec des effets de lumière sidérants. Et ce quel qu’en soit l’échelle. Si les paysages brésiliens sont grandioses, on est tout autant ému par les délicats reflets d’une coupe de champagne ou de l’eau dans une piscine. Les souvenirs du « monde d’hier », en l’occurrence l’Europe de la culture et des arts avant la barbarie nazie, sont évoqués avec sensibilité, dans une ambiance à la fois crépusculaire et flamboyante. Je dois dire que je me suis tellement laissé emporter par la magnificence du travail de Sorel que pour moi le scénario passe presque au second plan. D’autant que celui-ci n’est pas vraiment à créer puisqu’il est basé sur des faits réels : la retraite de l’écrivain au Brésil avec sa jeune épouse Lotte, quelques jours avant leur suicide en 1942. Bref, j’ai trouvé que Sorel rend ici un magnifique hommage à Stefan Zweig et qu’il a parfaitement compris l’état d’esprit dans lequel il pouvait se trouver à ce moment-là. C’est vrai, le récit est lent et contemplatif, et risquera de laisser en dehors ceux qui ne connaissent pas cet auteur dont les œuvres furent traversées par un humanisme inquiet et qui ressentit d’autant plus durement la folie destructrice qui s’était emparée de son pays et de l’Europe toute entière. Certes, le personnage n’est pas très drôle non plus, mais comment pouvait-il l’être dans un tel contexte ? Comment le pouvait-il, lui l’amoureux des arts qui déprimait de voir le monde prêt à succomber au fascisme (et qui ne croyait pas à la victoire des Américains), et souffrait d’entraîner vers un abîme inéluctable sa chère Lotte qui aspirait à la vie malgré son asthme sévère, lui qui disait ne plus pouvoir vivre avec sa « bile noire » que rien ne pouvait chasser ? Ce que l’on peut dire aussi de cette œuvre, c’est que les auteurs jouent beaucoup sur les contrastes. Tout d’abord celui entre deux mondes opposés, l’Europe en proie au chaos et le Brésil baigné d’une douceur de vivre réconfortante et hors du temps. Puis celui entre Stefan Zweig lui-même, en proie à un abattement inconsolable, lassé d’être devenu un exilé permanent considéré comme juif par les uns et ennemi allemand par les autres, et sa jeune épouse Lotte, portée par un fort désir de vivre et aspirant à l’insouciance, alors même que sa maladie lui rappelle que cela est impossible. Sorel parvient à rendre avec délicatesse tout l’amour et la tendresse qui unirent ces deux êtres jusqu’à leur fin romanesque, et cela aussi est vraiment très émouvant.

30/11/2013 (modifier)
Par Puma
Note: 4/5

Très beau graphisme à l'aquarelle dont Guillaume Sorel est passé maître ! Un régal à la lecture. Pour le scénario, il nous raconte la vie de l'écrivain juif exilé en Amérique du Sud pendant la guerre 40-45. En tant que lecteur, cet ouvrage m'aura fait approcher la raison de la fin tragique connue de Zweig, alors au comble du désespoir. Et lui donne un sens. Elle nous fait prendre conscience aussi à quel point , en 1942, l'on pouvait très raisonnablement croire proche le règne absolu de l’Allemagne nazie sur le monde entier, vu toutes les alliances étrangères et extra-européennes qu'elle opérait à toute allure, et les réussites militaires tout azimut de cette nation à cette époque. Sur le seul plan de l'attrait de la lecture intrinsèque de cette BD, certes sans le côté bibliographie ou essai bibliographique ici intéressant, j'ai autrement préféré la lecture de Hotel Particulier du même auteur, où l'on a une vraie place au rêve et à l'imagination. Ces qualités sont relativement absentes dans cette BD de Zweig, un peu trop cadrée scénaristiquement à mes yeux. Et cet ouvrage intéressera surtout les fans de cet écrivain. S'il n'y avait le beau beau beau graphisme de Sorel pour racheter la rigidité du scénario, je n'aurais sûrement pas mis ces 4 étoiles d’extrême justesse !

26/09/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 2/5
L'avatar du posteur PAco

Cette adaptation du récit du même nom que nous proposent Guillaume Sorel et Laurent Seksik me sera complètement passé au dessus de la tête. Non pas qu'elle soit mauvaise, mais le rythme narratif qui s'étiole sur 90 pages pour arriver à une conclusion attendue n'a pas réussi à m'accrocher et/ou à faire vibrer ma corde sensible. Dommage, car le travail graphique tout en aquarelle de Guillaume Sorel et son coup de crayon réaliste et dynamique avaient attisé ma curiosité. Mais voilà, pour que je m'y retrouve dans mes lectures, remplir mes mirettes d'étoiles ne suffit pas, il faut aussi que je m'y retrouve dans l'histoire et là ce ne fût pas le cas. Encore une fois, c'est plus une question de goût, que de qualité. C'est le genre de BD dont le traitement ne laissera pas indifférent : soit on adhère, soit on ne rentre pas dedans. Je rentre malheureusement dans cette dernière catégorie. Trop posé pour moi, le personnage torturé de Stefan Zweig m'a un peu insupporté... Bref, je retenterai peut-être une relecture plus tard ; ce n'était peut-être pas le bon moment pour cet album assez négative dans le ton...

09/09/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
L'avatar du posteur montane

Une très belle adaptation du Roman du même nom sur les derniers jours d'un homme qui ne supporta pas de voir le monde ancien balayé par la montée en puissance du nazisme. Exilé aux Etats Unis puis au Brésil Stefan Sweig pensait attendre calmement que les alliés prennent le dessus sur le régime Hitlérien, pour retourner vivre dans la Vienne de l'art nouveau. Mais il fut rongé par le pessimisme, pensant que la victoire des alliés n'était pas possible, il fut également échaudé par le traitement que lui et son épouse reçurent en certaines circonstances à l'occasion desquelles on lui faisait comprendre qu'il n'était pas forcément le bienvenue. Sombrant progressivement dans la mélancolie et le désespoir, il décida de mettre fin à ses jours avec son épouse. Le dessin de Sorel, qui fait penser à Mael est superbe, même si on a le sentiment qu'il n'est peut être pas encore totalement abouti avec notamment de superbes couleurs directes. La fin du récit est également une réussite avec un suicide qui est seulement suggéré et non pas proposé brutalement aux lecteurs. A lire sans aucun doute

14/07/2013 (modifier)
Par Tomeke
Note: 3/5

Contrairement à d’autres, je n’ai pas du me forcer à lire cet album. Bien installé et un minimum préparé au type d’histoire que j’avais entre les mains, j’ai débuté ce one-shot calmement pour le terminer dans une forme de douceur et de mélancolie qu’il parvient si bien à dégager. Curieux à bien des égards, l’album nous propose de suivre Stephan Zweig lorsqu’il se retire dans le Brésil des années 40. Sa retraite est mise en parallèle avec les bouleversements géo-politiques de l’époque et cela permet au récit de bien se définir sur le plan historique. Le reste du récit décrit la personnalité torturée de Zweig. Ses démons qui le poursuivent par-delà sa recherche de paix et de sérénité, la maladie de sa compagne, autant d’éléments qui apportent au récit cette forme de tristesse, de mélancolie dont je parlais au début. Selon moi, c’est subtilement abordé. Cela ne tombe pas du ciel et je me suis senti invité à vivre avec lui ses souffrances passées. La beauté graphique est d’après moi exceptionnelle. J’étais déjà un grand fan de Sorel et il ne m’a pas déçu sur cet ouvrage. Bref, c’est une lecture qui ne plaira pas à tout le monde, c’est certain. Faisant fi de la moindre dose d’action, le récit vous propose de vivre lentement les derniers jours d’un homme hanté par les ombres de son passé et qui ne peut entrevoir d’issues positives à son mal-être. À essayer, vraiment !

15/06/2013 (modifier)

C'était la meilleure bd du début d'année 2012 pour moi (il faut dire que l'actualité n'était pas très riche). Tout d'abord, j'adore le dessin de Sorel. J'apprécie de le voir quitter les récits lovecraftiens (bien que j'adore le fils du grimacier). Il signe des planches d'une grande beauté formelle accentuée par de splendides couleurs qui rendent justice au Brésil. Je n'avais pas lu le livre de Seksik dont cette bd est l'adaptation. Je ne peux donc que parler de mon plaisir de lecture et non émettre de jugement sur la qualité de cette adaptation. Toute l'histoire peut se résumer au titre. Je pense que si on n'apprécie pas l'œuvre de Stefan Zweig on ne pourra pas apprécier cet ouvrage (d'ailleurs aura t'on envie de le lire ?) Je trouve que le scénario fait bien ressentir le spleen si particulier de Zweig. L'ouvrage n'est pas particulièrement tendre avec lui. Son choix peut paraître d'une grande lâcheté. L'émotion vient du sort de cette jeune épouse qui par amour accepte de suivre son mari dans une voie où elle va à reculons. Nous avons donc une belle histoire d'amour mais aussi la description d'une période dure pour les juifs ayant fui l'Allemagne nazie. Ils ont survécu mais toutes les horribles nouvelles de l'Europe les affectent au plus haut point. Enfin, je n'avais qu'une envie à la fin de la lecture de cette bd : me replonger dans l'œuvre de Zweig. Je pense que c'était aussi le but des auteurs. Pari réussi. Bref 85 pages de très bonne lecture : 4,5/5. ps : Je pense cependant que cette bd pourra être un sommet d'ennui pour certains. On peut être hermétique à la beauté de cette œuvre. Il ne s'y passe pas grand chose, la fin est connue etc.

07/05/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

On découvre ce qu'a été l'exil brésilien de Stefan Zweig, un écrivain autrichien d'origine juive qui a dû fuir le nazisme. Ses ouvrages seront d'ailleurs brûlés par le régime d'Hitler. Malheureusement, le désespoir va le conduire à commettre l'irréparable en compagnie de son épouse bien-aimée. Et pourtant, le Brésil semblait une bonne terre d'accueil. Cependant, la presse ne sera pas tendre avec lui malgré ce qu'il a apporté. Il sera toujours suspecté comme un étranger. A la chute de Singapour prise par les japonais, il voyait la domination nazie sur le monde. Il ne voulait pas finir comme ses semblables en Europe. Néanmoins, on sent chez lui également une culpabilité de vivre quand d'autres meurent... Un petit détail m'a chiffonné. Visiblement, dès 1941, on savait ce qui se passait à Dachau d'après le témoignage d'un rescapé que l'on trouve au début de cette bd sur un paquebot en partance. Pourquoi les alliés par la suite n'ont-ils pas bombardé les camps de concentration ? J'ai toujours crû naïvement qu'ils n'avaient pas connaissance de l'horreur nazie ou seulement à la fin de ce conflit meurtrier. Cette bd nous apporte un témoignage sincère et mélancolique d'un couple qui cherche à fuir leur démon. C'est dommage de ne pas avoir gardé espoir car après 1942, les choses iront beaucoup mieux pour les alliés. Même au loin, la guerre a fait des ravages.

24/02/2013 (modifier)
Par Chéreau
Note: 2/5

J'avais lu avec passion deux livres de Zweig : la Pitié dangereuse et surtout Le monde d'hier, dans lequel perce ce sentiment de perte irréparable qui le conduira à son geste fatal. Mais je me suis forcé à terminer cette bande dessinée dont je n'ai apprécié ni le dessin, un peu figé et parfois maladroit à mon goût, ni les couleurs, criardes, ni la composition des personnages, qui restent trop schématiques. Le roman dont est tirée la BD a probablement perdu de sa substance dans cette adaptation assez courte. Et les épisodes s'enchaînent sans qu'on ait le temps d'entrer dans l'atmosphère de ce Brésil des années 40 ou de s'attacher aux personnages principaux, et encore moins secondaires. Une lecture prometteuse au départ, donc, mais qui m'a laissé sur ma faim avec un sentiment d'ennui.

10/06/2012 (modifier)