Hotel Particulier

Note: 3.29/5
(3.29/5 pour 14 avis)

Un récit fantastique très personnel de Guillaume Sorel.


Dans mon immeuble... Fantômes

De nos jours, une jeune femme se suicide dans son appartement… mais ce n’est que le début de son histoire. Sous le regard d’un chat complice, manifestement capable de continuer à la voir, elle se met à hanter l’immeuble où elle a vécu, témoin involontaire mais intéressé du quotidien intime de ses anciens voisins. Ici un couple illégitime vit une passion charnelle, avec la complicité un peu perverse du mari trompé, là ce sont des parents dévorés d’angoisse face à la disparition inexplicable de leur petite fille, ou encore ce solitaire apparemment capable de faire surgir d’incroyables bacchanales des trésors de sa bibliothèque – sans oublier un jeune peintre sans le sou pour lequel la défunte ressent manifestement une attirance certaine… .

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 29 Mai 2013
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Hotel Particulier
Les notes (14)
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29/05/2013 | pol
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Par Ro
Note: 3/5
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Si j'apprécie le graphisme de Sorel, je suis en général assez réservé sur ses scénarios. C'est le cas pour cet album que je trouve sympathique sans plus. C'est l'histoire d'une femme qui se suicide dans la baignoire de son appartement et se retrouve fantôme à hanter son immeuble, découvrant les secrets des appartements des voisins et ayant pour confident un chat qui peut la voir et lui parler. Au fantastique de la thématique du fantôme s'ajoute celui de différents phénomènes surnaturels qui composent le mystère de certains des appartements en question. La jolie fantôme se contente généralement d'être témoin des événements mais va aussi tenter de s'impliquer autant qu'elle puisse, puisque théoriquement personne ne la voit ni ne la sent. A l'instar du graphisme, le ton est un peu gris et sombre. Ayant vu ce que Sorel peut produire avec des couleurs, comme dans Algernon Woodcock, je suis toujours frustré de le voir peindre en noir et blanc, ou en couleurs un peu sépia comme ici. Je trouve ce style triste et morne. Pourtant son trait est assez excellent et il y a un vrai soin apporté au graphisme, mais je ne suis pas sous le charme. Le ton du récit au départ est assez distant, assez contemplatif. On a droit à des extraits de poème en guise de narration, une héroïne à laquelle on ne s'attache pas vraiment et des situations qui ressemblent un peu à une suite de saynètes, appartement après appartement. Ce n'est que peu à peu que l'atmosphère s'humanise un peu, que l'ensemble s'imbrique un peu mieux et qu'on finit par s'attacher aux personnages qui participent enfin pour de bon à l'action. Néanmoins, l'atmosphère reste romantique-artistique, sombre et mélancolique, et je dois dire que ce n'est pas trop ma tasse de thé dans le cas présent.

23/12/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Le point fort de Sorel, c'est son dessin qui parvient toujours à envoûter le lecteur ; ici, son dessin en forme de sépia au ton grisé est magnifique et donne indéniablement une ambiance fascinante à ce récit, c'est un beau travail graphique, mais tout ceci ne m'a pas transporté comme je l'aurais souhaité. L'idée de départ, à mi-chemin entre Lovecraft et Lewis Carroll, est intéressante, mais très vite, l'ennui s'est installé ; cet univers interpelle quelque part mais je n'ai pas réussi à me passionner ou à entrer dans cette atmosphère, c'est un récit étrange de fantôme mêlé d'érotisme, trop déroutant pour moi, je m'attendais à quelque chose de plus onirique ou de beaucoup plus fantastique chez un auteur comme Sorel, dans le genre de Algernon Woodcock... ce n'est pas ce fantastique là qui m'intéresse. C'est dommage que la plupart des sujets qu'il traite n'aient pas le même brio que son dessin.

18/09/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

Cet album possède plusieurs qualités, celles-ci ne pouvaient que m'inciter a lui mettre cette note. Tout d'abord le dessin de Sorel dont je suis assez fan depuis de nombreuses années et qui à mon sens excelle dans le genre fantastique ou onirique. Ses teintes pastel, sépia qui jouent sur de subtils effets d'ombre et de lumière sont ici autre chose qu'un simple noir et blanc. Comment dire? Il y a comme un effet de transparence dans les planches qui s'offrent à nos yeux. Un autre point qui m'a fait apprécier cette histoire c'est que l'auteur qui n'abuse pas des dialogues, que par ailleurs je trouve très justes, cite quelques strophes de poèmes d'auteurs que j'aime beaucoup. Pensez donc, nous avons droit à Baudelaire, Rimbaud et Lewis Caroll. En aucun cas cela ne plombe le récit, tout au contraire cela ajoute à sa charge onirique. Il y a énormément de poésie, de magie dans cette œuvre, elle possède également un charme suranné qui nous propose autant de voyages qu'il y a d’appartements et de propriétaires. Laissez vous embarquer dans celui de ce collectionneur de livres, grand épicurien qui "anime" les personnages des romans qu'il possède. Affligez vous face au sort réservé à cet enfant coincé dans son placard et dont les parents ne savent plus rien. Méditez sur la bêtise banale de cette concierge qui n'aurait pas du .... et souffrez les affres de la création avec ce peintre aux abois qui recherche une image entraperçue dans un miroir. Enfin dernier hommage à Baudelaire, il y a le sphinx, le destin, en fait le chat!!!!

14/03/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Welcome to the Hotel California… euh, Hotel Particulier, pardon. Soyez prêt à être déroutés, déboussolés, désorientés… transportés dans un univers parallèle, illogique, étrange et fascinant. Pour guide, Sorel vous propose une bien séduisante trépassée et pour compagnons de voyages… et bien ceux-là, je vous laisse les découvrir par vous-mêmes puisque c’est là que réside tout l’intérêt du récit. Ici, le fantastique se cache derrière chaque porte, l’aventure se croise au détour d’une page et les miroirs ont des réflexions qui n’appartiennent qu’à eux. Ce récit risque de dérouter. Moi, il m’a charmé. Il est original, léger, étrange, triste voire sordide, amusant. A-t-il une logique ? Une finalité ? Honnêtement, je n’en sais trop rien. J’ai apprécié le voyage et ne me suis finalement jamais inquiété de la destination. Et puis, il y a le dessin de Sorel. Un grand artiste ! Je lui reproche parfois d’avoir un style pas toujours bien adapté à la bande dessinée mais, ici, c’est parfait et très bien mis en valeur par une colorisation sépia raffinée. Prêts à embarquer pour ailleurs ?

23/04/2014 (modifier)
Par fab11
Note: 3/5

Comme deux posteurs précédents (je ne citerai pas leur nom pour ne pas les vexer) c'est la première fois que je lis une œuvre de Guillaume Sorel et celle-ci ne me laissera pas un souvenir impérissable. C'est surtout l'histoire qui ne m'a pas emballé car le dessin lui est irréprochable. J'avoue que cette histoire fantastique m'a laissé plutôt froid , pourtant en règle générale j'affectionne beaucoup les histoires de fantômes. C'est dommage car l'idée de départ était intéressante , mais tout au long du récit j'ai senti l'ennui m'envahir. Pourtant l'idée de faire naviguer une jolie revenante dans un immeuble habité par des personnages aussi variés que bizarres aurait pu réussir à me fasciner, mais finalement ce ne fut pas le cas. Par contre j'ai bien aimé que ce charmant fantôme discute avec un chat et qu'un voisin réussisse à faire apparaître les personnages de romans classiques , mais les autres idées abordées dans ce one shot n'ont pas réussi à me passionner. Par contre comme je l'ai signalé plus haut le dessin est superbe . Ce dessinateur a vraiment beaucoup de talent et je ne vais pas tarder à me lancer dans ses autres séries, en espérant que son dessin soit aussi réussi que dans cet album. Alors je conseille tout de même aux fans de l'auteur la lecture de ce one shot, ne serait-ce que pour le dessin car celui-ci vaut vraiment le coup d'œil.

24/01/2014 (modifier)
Par dut
Note: 3/5

Je n'avait rien lu de Guillaume Sorel, je le découvre donc avec Hotel Particulier. C'est le dessin qui m'a d'abord attiré ! J'aime beaucoup ce trait, ces teintes de couleurs, à mi chemin entre le sépia et le noir et blanc, c'est parfait pour l'ambiance que veut donner l'auteur. Dans Hotel Particulier, on suit cette jeune femme fantôme, qui hante son immeuble et on va donc à travers elle suivre des tranches de vie, on est en quelques sorte un peu voyeur. Les histoires de ces voisins sont parfois dans l'imaginaire, le fantastique, voir un peu onirique avec par exemple un voisin qui prends du bon temps avec des personnages de ses romans préférés, ou alors plus terre à terre avec les difficultés du quotidien d'un artiste, une petite vieille qui déteste "vraiment" les chats. Le récit le plus important restant sans doute la "relation" qu'elle a avec ce voisin a travers le miroir. Même si j'ai apprécié ma lecture, je n'ai pas été transporté par ces petites tranches de vie, ces histoires. L’interaction avec le chat est très bonne, mais j'aurais aimé en savoir un peu plus sur cette femme, pourquoi le suicide ? Un peu épaisseur à ce personnage principal m'aurait intéressé.

30/12/2013 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Sorel nous propose ici un voyage au sein d’un immeuble dont il brise les murs pour le transformer en un vaste continent des rêves et de l’imaginaire. C’est totalement sous le charme que l’on suit cette Ophélie rimbaldienne flottant dans les airs et traversant comme bon lui semble les parois et les plafonds, prenant un plaisir croissant à hanter les lieux et pénétrer à leur insu l’intimité des vivants. C’est ainsi que l’on survole les joies et les souffrances des protagonistes. Ici un couple désemparé dont l’enfant a mystérieusement disparu, là un amant au cœur brisé pourchassé par les huissiers, ou encore un étage plus haut, une sorcière pour qui les chats sont juste bons à faire des civets… Cette « promenade » donne également lieu à des rencontres aussi incongrues que surprenantes entre personnages de contes et de fiction, grâce à l’un des habitants, hédoniste solitaire amateur de bonne chère et de littérature, capable d’insuffler la vie aux personnages de son imposante bibliothèque. Il est plutôt amusant en effet de voir Miss Marple en compagnie notamment de Lolita et du baron de Münchhausen. L’ouvrage abonde également de références littéraires, à commencer par « Alice au pays des merveilles » qui lui permet de jouer de façon très poétique avec les miroirs… L’histoire est sublimée par le magnifique trait au lavis de Sorel, qui d’après moi fait partie des dessinateurs les plus talentueux dans le monde du neuvième art, aussi doué dans l’utilisation de cette technique que dans l’aquarelle (« Les Derniers Jours de Stefan Zweig »). Impossible de rester de glace en contemplant ces vues splendides des toits de Paris. Je me suis laissé très vite charmer par ce fantastique du quotidien, intemporel, bien plus troublant que tout ce qu’a à proposer l’ensemble des blockbusters hollywoodiens réunis… On pourra peut-être juste reprocher une certaine froideur, compensée largement par la poésie des images et un humour tout en retenue pour une histoire dont le point de départ (le suicide) était plutôt glauque. Sinon j’ai bien aimé le matou, sorte de sphinx mystérieux régnant sur la vie de cet immeuble et à qui rien n’échappe, habitué aux frasques des humains mais prêt à sortir les griffes dès lors que l’on s’attaque à ses congénères. Pour ma part, je ne regarde plus les chats tout à fait de la même manière depuis cette lecture…

29/12/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Hôtel particulier est surtout une bd d'atmosphère qui possède de magnifiques planches à admirer. On va suivre au fil des pages les déambulations d'une belle fantômette qui se balade à travers un immeuble et qui explore la vie de ses voisins. Il y a de la magie et de la poésie. Il faut être sensible à cela pour pénétrer dans cet univers particulier tout en délicatesse. Les textes sont lyriques à souhait et on peut vite succomber entre l'ennui et la mélancolie. A ne pas lire dans la période de Noël par exemple... On retrouve également le fameux chat si cher à l'auteur et qui nous avait terrorisé dans Algernon Woodcock comme une sorte de clin d'oeil. En conclusion, c'est très beau graphiquement mais il faudra repasser par la case scénario car son absence pèse.

22/12/2013 (modifier)
Par jul
Note: 3/5

C'est la 1ère fois que je lis une œuvre de Guillaume Sorel (j'ai souvent failli acheter son œuvre la plus connue, sa fameuse ''Ile des morts'' mais ce n'est pas encore fait). Là, en la feuilletant, j'ai été attiré par ce dessin très sensible et cet univers d'appartements parisiens éclairés par une pâle lumière d'hiver avec cette femme fantôme qui erre à travers les murs en observant les habitants. De plus il y a un chat qui parle ... Tout pour me plaire. Après lecture c'est un peu décevant et c'est bien dommage car on avait là tout les ingrédients pour une très belle bd. Bon cela reste une très belle bd car le graphisme de Sorel est très très beau. Mais les petites intrigues sont assez étranges. Ce sont diverses choses presque toujours fantastiques reliées entre elles par cette héroïne spectrale. Il n'y a en fin de compte pas tellement de rapports entre ces personnages habitants l'immeuble, ni même de logique à tous ces évènements surnaturelles... En vrac : un miroir qui fait passer "de l'autre côté", une petite fille enfermée dans une pièce noire, un homme qui fait littéralement sortir les héros et héroïnes de ses livres et qui passe du bon temps avec eux dans son appartement, une vieille mangée par des chats... C'est un peu (pardonnez moi Mr Sorel) n'importe quoi scénaristiquement. Et puis les dialogues sont un peu monotones, très réguliers. ça parle tout du long (104 pages tout de même) sans vraiment de pauses. Je pense qu'il aurait fallu alterner entre des moments plus calmes sans dialogues et d'autres remplis de textes. Là c'est un peu mécanique, rendant le tout un peu trop bavard par rapport à l'ambiance (même le chat parle !). Il n’empêche que malgré cette semi-relative déception, cette œuvre a réussi à m'emporter grâce avant tout à cette merveilleuse ambiance douce-amère. On y parle de suicide, de femme mangée par des chats, un homme se pend, beaucoup de sexe entre les habitants ... C'est sombre mais doux, hivernal, fantastique, sensuel et chaleureux. Le dessin des appartements, des toits, du plancher est vraiment magnifique, il y a un superbe travail sur l'aquarelle, sur les lumières, c'est vraiment magique. De plus certaines scènes sont vraiment très belles. L'épilogue triste et romantique, le début également, les chats qui hurlent à la mort sur les toits, en fait c'est vraiment très beau tout du long mais avec les critiques formulées plus haut. Donc un *** mention très bien.

20/11/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
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Après ma lecture récente de l'album Les Derniers Jours de Stefan Zweig de Guillaume Sorel qui m'avait plus ennuyé qu'autre chose, je retente l'expérience avec sa dernière BD en date "Hôtel particulier". D'emblée on retrouve son coup de crayon et son talent pour l'aquarelle. Monsieur a du talent, et on apprécie. Reste a voir si derrière ce savoir faire, l'ennui qui m'avait gagné lors de ma dernière lecture n'allait pas repointer le bout de son nez... Premier bon point, le récit pourtant ancré dans le réalisme, bascule rapidement dans le fantastique. On se retrouve à suivre les errances fantomatiques à travers cet immeuble, pivot de notre histoire, d'une jeune femme qui vient de se suicider. On découvre alors petit à petit les étranges personnages qui peuplent cette habitation... Chacun a ses secrets, et le fantastique s'invite souvent pour donner à chacun force et caractère. Rapidement confrontée à un compréhensible sentiment de solitude (personne ne la voit ni ne l'entend), la jeune Emilie finit par se découvrir un compagnon avec qui échanger : un chat. Etrange et pourtant très important personnage que ce chat, avec qui elle va apprendre bien des secrets sur cet immeuble... Pourtant, malgré cette foultitude de bonnes idées, de références littéraires et la qualité graphique de cet ouvrage, je n'ai pas trouvé la petite étincelle qui fait ressortir un album du lot. C'est très bien réalisé, les petites intrigues qui tissent le canevas de ce récit m'ont plu, mais l'ensemble manque peut-être à mon goût d'un fil conducteur plus conséquent. Cela reste quand même une BD très agréable à lire. 3.5/5

30/09/2013 (modifier)